Biographies

Gouverneurs/Intendants
- Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay, Louis d'
- Beauharnois de La Boische, Charles de
- Beauharnois de La Chaussaye, François de
- Bégon de La Picardière, Michel
- Bigot, François
- Bochart de Champigny, Jean
- Boutroue d’Aubigny, Claude de
- Brisay de Denonville, Jacques-René de
- Buade de Frontenac, Louis de
- Callière, Louis-Hector de
- Dubois Davaugour, Pierre
- Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault, Jacques
- Dupuy, Claude-Thomas
- Duquesne de Menneville, Ange
- Hocquart, Gilles
- Huault de Montmagny, Charles
- Lauson, Jean de
- Le Febvre de La Barre, Joseph-Antoine
- Meulles, Jacques de
- Raudot, Antoine-Denis
- Raudot, Jacques
- Rémy de Courcelle, Daniel de
- Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, Pierre de
- Rigaud de Vaudreuil, Philippe de
- Saffray de Mézy, Augustin de
- Taffanel de La Jonquière, Jacques-Pierre de
- Talon, Jean
- Voyer d'Argenson, Pierre de

Premiers ministres
- Barrette, Antonio
- Bertrand, Jean-Jacques
- Bouchard, Lucien
- Boucher de Boucherville, Charles-Eugène
- Bourassa, Robert
- Chapleau, Joseph-Adolphe
- Charest, Jean
- Chauveau, Pierre-Joseph-Olivier
- Couillard, Philippe
- Duplessis, Maurice Le Noblet
- Flynn, Edmund James
- Godbout, Joseph-Adélard
- Gouin, Lomer
- Johnson (père), Daniel
- Johnson, Pierre Marc
- Joly de Lotbinière, Henri-Gustave
- Landry, Bernard
- Legault, François
- Lesage, Jean
- Lévesque, René
- Marchand, Félix-Gabriel
- Marois, Pauline
- Mercier, Honoré
- Mousseau, Joseph-Alfred
- Ouimet, Gédéon
- Parent, Simon-Napoléon
- Parizeau, Jacques
- Ross, John Jones
- Sauvé, Joseph-Mignault-Paul
- Taillon, Louis-Olivier
- Taschereau, Louis-Alexandre

Personnages historiques
- Abbott, Maude
- Albani , Emma
- Barry, Robertine
- Beaugrand, Honoré
- Bengle, Marie-Aveline
- Bernier, Joseph-Elzéar
- Borduas, Paul-Émile
- Boucher, Pierre
- Cartier, Jacques
- Casgrain, Thérèse
- Champlain, Samuel de
- Chaurès-Louard, Berthe
- Chiriaeff, Ludmilla
- Chomedey de Maisonneuve, Paul de
- Conan, Laure
- Cyr, Louis
- David, Athanase
- de Saint-Père, Agathe
- Dubuc, Julien-Édouard-Alfred
- Duvernay, Ludger
- Ferron, Marcelle
- Fortin, André
- Galt, Alexander
- Garneau, François-Xavier
- Gaudreault, Laure
- Guyart, Marie
- Hébert, Louis
- Hémon, Louis
- Jasmin, Judith
- Labelle, Antoine
- Lacoste-Gérin-Lajoie, Marie
- Lapalme, Georges-Émile
- Laval, François de
- Le Jeune, Olivier
- Le May, Pamphile
- Le Moyne, Charles
- Le Vasseur, Irma
- Leclerc, Félix
- Mance, Jeanne
- Marchand, Joséphine
- Monk, Elizabeth
- Montferrand, Jos
- Nantel, Antonia
- Papineau, Louis-Joseph
- Paradis, Élodie
- Reford, Elsie
- Richard, Maurice
- Riopelle, Jean Paul
- Rollet, Marie
- Roy, Gabrielle
- Saint-Jean, Idola
- Thierry dit Primot, Catherine
- Travers, Mary
- Villeneuve, Gilles
- Vincent Lawinonkie, Marguerite
- Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay, Louis d'
- Beauharnois de La Boische, Charles de
- Beauharnois de La Chaussaye, François de
- Bégon de La Picardière, Michel
- Bigot, François
- Bochart de Champigny, Jean
- Boutroue d’Aubigny, Claude de
- Brisay de Denonville, Jacques-René de
- Buade de Frontenac, Louis de
- Callière, Louis-Hector de
- Dubois Davaugour, Pierre
- Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault, Jacques
- Dupuy, Claude-Thomas
- Duquesne de Menneville, Ange
- Hocquart, Gilles
- Huault de Montmagny, Charles
- Lauson, Jean de
- Le Febvre de La Barre, Joseph-Antoine
- Meulles, Jacques de
- Raudot, Antoine-Denis
- Raudot, Jacques
- Rémy de Courcelle, Daniel de
- Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, Pierre de
- Rigaud de Vaudreuil, Philippe de
- Saffray de Mézy, Augustin de
- Taffanel de La Jonquière, Jacques-Pierre de
- Talon, Jean
- Voyer d'Argenson, Pierre de
- Barrette, Antonio
- Bertrand, Jean-Jacques
- Bouchard, Lucien
- Boucher de Boucherville, Charles-Eugène
- Bourassa, Robert
- Chapleau, Joseph-Adolphe
- Charest, Jean
- Chauveau, Pierre-Joseph-Olivier
- Couillard, Philippe
- Duplessis, Maurice Le Noblet
- Flynn, Edmund James
- Godbout, Joseph-Adélard
- Gouin, Lomer
- Johnson (père), Daniel
- Johnson, Pierre Marc
- Joly de Lotbinière, Henri-Gustave
- Landry, Bernard
- Legault, François
- Lesage, Jean
- Lévesque, René
- Marchand, Félix-Gabriel
- Marois, Pauline
- Mercier, Honoré
- Mousseau, Joseph-Alfred
- Ouimet, Gédéon
- Parent, Simon-Napoléon
- Parizeau, Jacques
- Ross, John Jones
- Sauvé, Joseph-Mignault-Paul
- Taillon, Louis-Olivier
- Taschereau, Louis-Alexandre
- Abbott, Maude
- Albani , Emma
- Barry, Robertine
- Beaugrand, Honoré
- Bengle, Marie-Aveline
- Bernier, Joseph-Elzéar
- Borduas, Paul-Émile
- Boucher, Pierre
- Cartier, Jacques
- Casgrain, Thérèse
- Champlain, Samuel de
- Chaurès-Louard, Berthe
- Chiriaeff, Ludmilla
- Chomedey de Maisonneuve, Paul de
- Conan, Laure
- Cyr, Louis
- David, Athanase
- de Saint-Père, Agathe
- Dubuc, Julien-Édouard-Alfred
- Duvernay, Ludger
- Ferron, Marcelle
- Fortin, André
- Galt, Alexander
- Garneau, François-Xavier
- Gaudreault, Laure
- Guyart, Marie
- Hébert, Louis
- Hémon, Louis
- Jasmin, Judith
- Labelle, Antoine
- Lacoste-Gérin-Lajoie, Marie
- Lapalme, Georges-Émile
- Laval, François de
- Le Jeune, Olivier
- Le May, Pamphile
- Le Moyne, Charles
- Le Vasseur, Irma
- Leclerc, Félix
- Mance, Jeanne
- Marchand, Joséphine
- Monk, Elizabeth
- Montferrand, Jos
- Nantel, Antonia
- Papineau, Louis-Joseph
- Paradis, Élodie
- Reford, Elsie
- Richard, Maurice
- Riopelle, Jean Paul
- Rollet, Marie
- Roy, Gabrielle
- Saint-Jean, Idola
- Thierry dit Primot, Catherine
- Travers, Mary
- Villeneuve, Gilles
- Vincent Lawinonkie, Marguerite
Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay, Louis d'
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.

Né vers 1612 à Ancy-le-Franc, en France, Louis d'Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay est le fils d'Antoine d'Ailleboust, conseiller ordinaire du prince de Condé, et de Suzanne Hotman.
À l'âge de 26 ans, d'Ailleboust est établi à Paris avec sa femme. Il a la réputation d'être un ingénieur militaire expérimenté. En 1641, il décide de se rendre en Nouvelle-France, accompagné de son épouse et de la sœur de celle-ci, Philippine-Gertrude de Boullongne. Avec ces dernières, il joint la Société Notre-Dame de Montréal, puis s'embarque pour la Nouvelle-France en 1643. Il arrive à Ville-Marie (Montréal) en septembre de la même année, après une courte escale à Québec. Rapidement, il est sollicité par Paul de Chomedey de Maisonneuve pour améliorer les fortifications de la cité. Il ajoute quatre bastions au fort. En 1645, il se fait confier la direction du poste de Ville-Marie lorsque Maisonneuve part en France.
En 1647, d'Ailleboust est appelé à la cour de France. À son arrivée, il est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en remplacement de Charles Huault de Montmagny. Il entre en fonction à l'automne 1648 et s'établit avec sa femme dans le nouveau château Saint-Louis. À ce poste, il s'efforce de combattre les Iroquois. Il met en place un camp volant visant à protéger la population des attaques iroquoises et nomme son neveu, Charles d'Ailleboust des Muceaux, à son commandement. Il améliore les fortifications de Trois-Rivières en 1650, ce qui permet notamment de sauver le bourg lors d'une attaque de 500 Agniers (Mohawks) en 1653. Il reprend les négociations entamées par Montmagny en 1647 avec les colonies de la Nouvelle-Angleterre, mais celles-ci refusent une alliance militaire contre les Iroquois, ce qui met fin à une possible entente. Dans la dernière année de son contrat, le gouverneur s'occupe de la traite de l'eau-de-vie avec les Autochtones et ordonne de faire cesser ce trafic au poste de Tadoussac.
Lorsque son mandat prend fin en 1651, d'Ailleboust se retire sur sa propriété, qu'il nomme de Coulonge, un domaine érigé en fief et châtellenie quelques années plus tard. En 1652 et 1653, il reçoit l'arrière-fief d'Argentenay, dans la seigneurie de l'Île-d'Orléans, et l'arrière-fief Saint-Vilmé, dans la seigneurie de Lauzon. Cette même année, il est élu syndic et marguillier de Québec. Il est nommé directeur général de la traite des pelleteries en Nouvelle-France par le gouverneur Jean de Lauson.
Lorsque le gouverneur Charles de Lauson de Charny quitte son poste en 1657, d'Ailleboust assume la charge de gouverneur par intérim de la colonie jusqu'à l'arrivée de Pierre de Voyer d'Argenson. En 1658, en qualité de gouverneur, il pose la première pierre de l'église du Petit Cap (église de Sainte-Anne-de-Beaupré) avec l'abbé Guillaume Vignal. Après l'entrée en fonction du gouverneur d'Argenson, il part pour Ville-Marie, où il entreprend la fortification du coteau Saint-Louis et la construction des bases de la citadelle. L'année suivante, il participe à l'accueil de Mgr François de Laval à Québec.
Il est décédé à Ville-Marie en mai 1660. Il est inhumé au cimetière de l'hôpital (à l'emplacement de la place d'Armes) à Ville-Marie.
Il avait épousé à Paris, en 1638, Marie-Barbe de Boullongne.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
DAVELUY, Marie-Claire. « Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay, Louis d' ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GAGNON, Ernest. Louis d'Ailleboust. Montréal, Librairie Beauchemin Limité, 1942. 189 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Beauharnois de La Boische, Charles de
Né(e) le 12 octobre 1671Décédé(e) le 12 juillet 1749

Baptisé le 12 octobre 1671 près d'Orléans, en France, Charles de Beauharnois de La Boische est le fils de François de Beauharnois de La Boische, avocat au parlement et directeur des finances et gabelles de la généralité d'Orléans, et de Marguerite-François Pyvart de Chastullé. Il est le frère de François de Beauharnois de La Chaussaye, intendant de la Nouvelle-France.
Entré dans l'armée en 1691, Beauharnois de La Boische participe à la guerre de la Ligue d'Augsbourg et la guerre de la Succession d'Espagne. Au cours de cette période, il passe vingt ans en mer. Il fait une expédition avec Pierre Le Moyne d'Iberville pour découvrir l'embouchure du Mississippi en 1698. Il reçoit le commandement du bateau La Seine en 1703. Il vient alors à Québec où son frère François est intendant. Il commande le bateau L'Achille en 1707 et est muté à Rochefort en 1710.
Beauharnois de La Boische est nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1726. Au cours de son mandat, il doit alors faire face aux volontés expansionnistes des colonies américaines. Il doit aussi négocier la paix avec des groupes autochtones, en plus de mener la politique d'exploration et d'expansion vers l'Ouest que le roi met en place après le traité d'Utrecht (1713).
Beauharnois de La Boische doit assurer la défense de la colonie lors de la guerre opposant la France à la Grande-Bretagne en 1744. Il doit également maintenir les alliances avec les groupes autochtones en Amérique du Nord. Il propose d'améliorer la défense de Québec, mais cette demande n'est pas entendue en France. Il est rappelé dans la métropole vers 1747 et est nommé lieutenant-général des armées navales en 1748.
Il est décédé à Paris le 12 juillet 1749.
Il avait épousé à La Rochelle, en 1716, Renée Pays.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
STANDEN, S. Dale. « Beauharnois de la Boische, Charles de, marquis de Beauharnois ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Beauharnois de La Chaussaye, François de
Né(e) le 19 septembre 1665Date exacte du décès inconnue.
Né le 19 septembre 1665 à Orléans, en France, François de Beauharnois de La Chaussaye est le fils de François de Beauharnois de La Boische, avocat au Parlement et directeur des finances et gabelles de la généralité d'Orléans, et de Marguerite-Françoise Pyvart de Chastullé. Il est le frère de Charles de Beauharnois de La Boische, gouverneur de la Nouvelle-France.
Issu d'une famille séculairement impliquée dans la magistrature française, Beauharnois de La Chaussaye chemine à travers différents offices au service de la marine. Avant 1694, il sert à Toulon à titre d'écrivain principal, puis y est promu commissaire ordonnateur. Il conserve cette fonction lorsqu'il travaille à Rochefort, en 1694, au Havre, un an plus tard, puis à Brest, en 1697. Fils aîné, il hérite de la plus grosse part des possessions de son père, notamment la seigneurie de La Chaussaye.
Beauharnois de La Chaussaye est choisi en 1702 pour remplacer Jean Bochart de Champigny comme intendant de la Nouvelle-France. Son intendance est surtout marquée par une tentative d'assainir les finances publiques, qui souffrent d'un déficit endémique sous l'administration de la Compagnie de la Colonie. Il cherche aussi à fortifier l'économie par la diversification des industries coloniales en stimulant la production de bois, la culture du lin et du chanvre ainsi que le développement des pêcheries. Il oeuvre à bonifier les délibérations des magistrats du Conseil souverain en demandant à Versailles le budget nécessaire à l'établissement d'une bibliothèque de traités de droit. Pour ses initiatives, l'intendant remporte toutefois un succès mitigé, notamment en raison d'un mièvre appui métropolitain. Son passage dans la colonie n'est que de courte durée; il rentre en France dès 1705.
Dès son retour dans la métropole, Beauharnois de La Chaussaye est nommé pour remplacer Antoine-François Phélypeaux d'Herbault, son cousin, à titre d'intendant des armées navales. Il occupe ce poste pendant cinq ans avant d'être choisi pour combler l'office d'intendant des classes. Quelques mois plus tard, à la mort de Michel Bégon de La Picardière, il remplace ce dernier comme intendant de la marine et de la généralité de La Rochelle. Il y demeure jusqu'en 1739, année où le ministre Jean-Frédéric Phélypeaux de Maurepas le nomme à nouveau intendant des armées navales, une fonction essentiellement honorifique. Il occupe cette charge jusqu'à sa mort.
En 1707, Beauharnois de La Chaussaye reçoit la baronnie de Beauville, en Acadie, que le roi érige à partir de la seigneurie de Port-Maltais.
Il est décédé à Orléans le 9 septembre 1746.
Il avait épousé en France, en 1691, Anne Desgrez, fille de François Desgrez, lieutenant de la compagnie du guet de la ville de Paris, et d'Anne Hugot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. « BEAUHARNOIS DE LA CHAUSSAYE, FRANÇOIS DE, baron de BEAUVILLE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/fr/bio/beauharnois_de_la_chaussaye_francois_de_3F.html
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Les intendants de la Nouvelle-France et la République des Lettres ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 1 (1975), p. 31-48.
MELANÇON, François. « LA BIBLIOTHÈQUE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE QUÉBEC (1717-1760) : FORMATION ET CONTENU. ». Mens. Vol. 5, no 2 (2005), p. 278-305.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
ROY, Pierre-Georges. Lettres de noblesse, généalogies, érections de comtés et baronnies insinuées par le Conseil souverain de la Nouvelle-France. Beauceville, L'Éclaireur, 1920. 282 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bégon de La Picardière, Michel
Né(e) le 21 mars 1667Décédé(e) le 18 janvier 1747

Né le 21 mars 1667 à Blois, en France, Michel Bégon de La Picardière est le fils de Michel Bégon de La Picardière, intendant de Saint-Domingue, intendant des galères à Marseille et intendant du port de Rochefort. Sa famille est apparentée à Jean-Baptiste Colbert, intendant des finances sous Louis XIV.
Bégon de La Picardière reçoit une commission d'écrivain principal à Toulon en 1686. Il devient commissaire à la Marine en 1690 et participe à la bataille de Béveziers en Angleterre. Il obtient une licence en droit à Orléans en 1694 et occupe le poste de conseiller au Parlement de Metz à partir de 1697. Il est inspecteur général de la Marine des provinces d'Aunis et de Saintonge à partir de 1704.
Bégon de La Picardière est nommé intendant de la Nouvelle-France en 1710 et arrive dans la colonie deux ans plus tard, dans un contexte marqué par la fin de la guerre de la Succession d'Espagne. Son mandat est caractérisé par le relèvement de l'économie de la colonie, qui est notamment affaiblie par le problème de la monnaie de cartes. Soupçonné d'utiliser ses pouvoirs officiels pour s'enrichir, il reçoit un avertissement du Conseil de la Marine en 1715. Il est alors placé sous la tutelle du gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil. Il intervient peu dans les affaires de la colonie au cours des cinq années suivantes.
Bégon de La Picardière met en place une culture du chanvre en Nouvelle-France, à partir de 1720. À deux reprises, il demande au Conseil de la Marine d'envoyer des esclaves noirs au Canada. Il est nommé intendant du Havre en 1723. Il quitte la Nouvelle-France en 1726 à l'arrivée de son successeur. Il est nommé intendant des armées navales en 1746.
Il est décédé à La Picardière, en France, le 18 janvier 1747.
Il avait épousé, en 1711, Jeanne-Élisabeth de Beauharnois de La Boische.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
BEAUREGARD, France. « Bégon de La Picardière, Michel ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
ZOLTVANY, Yves F. « Bégon de La Picardière, Michel ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bigot, François
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 12 janvier 1778
Né probablement en janvier 1703 à Bordeaux, en France, François Bigot est le fils de Louis-Amable Bigot, avocat, conseiller et greffier en chef, et de Marguerite Lombard.
Bigot étudie probablement le droit à Bordeaux. Il entre dans l'administration, au ministère de la Marine, en 1723. Il y est d'abord écrivain, commissaire, puis écrivain principal.
En 1739, Bigot est nommé commissaire ordonnateur à Louisbourg (île Royale). Au cours de son mandat, sa préoccupation majeure consiste à assurer le ravitaillement de la forteresse, en cas de guerre. Durant la guerre de la Succession d'Autriche, Bigot doit faire face à une révolte de la garnison. Plus tard, il subit le blocus de la forteresse par les bateaux anglais. Il fait partie du conseil de guerre qui confirme la capitulation de Louisbourg, le 26 juin 1745. Il rentre par la suite en France, où il est chargé de veiller à l'équipement des bateaux à Rochefort. Il participe aussi à la vaine tentative de reprendre Louisbourg, en 1746.
Bigot est nommé intendant de la Nouvelle-France en 1748. Il sera d'ailleurs le dernier. Avec le gouverneur Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière, il œuvre à soulever et armer les Autochtones d'Acadie contre Halifax, en 1750. Il pousse également les Français d'Acadie à la révolte contre la Grande-Bretagne. Il se consacre aussi à pourvoir la Nouvelle-France de vivres. Soupçonné de fraude et de corruption, il subit le mécontentement populaire pendant la guerre de Sept Ans. Il revient en France en 1760 à la suite de la défaite militaire.
En 1761, Bigot est arrêté et condamné à l'emprisonnement à la Bastille. Il y reste enfermé deux années. Il est traduit en justice, avec d'anciens associés, au cours du procès surnommé l'affaire du Canada. Le 10 décembre 1763, Bigot est condamné au bannissement à vie de la France en plus de devoir rembourser une importante somme d'argent. Il s'installe à Neuchâtel en Suisse et prend alors le nom de François Bar.
Il est décédé à Neuchâtel le 12 janvier 1778. Il est inhumé dans l'église Saint-Martin-L'Évêque de Cressier, près de Neuchâtel.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
BOSHER, J. F. et J.-C. DUBÉ. « Bigot, François ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
FRÉGAULT, Guy. François Bigot, administrateur français. Montréal, Guérin, 1994. 415 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
PORTEOUS, Hugh A. « Bigot, François ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bochart de Champigny, Jean
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 27 septembre 1720
Né vers 1643 en France, Jean Bochart de Champigny est le fils de Jean Bochart de Champigny, seigneur et administrateur royal, et de Marie de Boyvin.
Issu d'une des plus illustres familles de la noblesse de robe, Bochart de Champigny étudie dans un collège des Jésuites. Par la suite, il suit probablement une formation en droit, conformément à la tradition familiale, mais ne pratique jamais le métier d'avocat.
Avant son mariage, Bochart de Champigny reçoit de son père les seigneuries de Noroy et de Bachaumont. À la mort de ce dernier, en 1691, il hérite de la seigneurie de Champigny-sur-Marne.
En 1686, Bochart de Champigny est choisi pour remplir la charge d'intendant de la Nouvelle-France. Son intendance, d'une durée de seize années, est particulièrement marquée par des conflits contre les Cinq Nations iroquoises et les colonies anglaises. Bien que la conduite de la guerre repose pour l'essentiel sur les épaules du gouverneur, son rôle dans les opérations militaires est néanmoins vital. Il est notamment responsable d'administrer les assises logistiques des campagnes, au nombre desquelles figurent le budget, l'érection de forts ainsi que le transport et l'entretien des troupes. En 1701, il participe aux négociations menant à la signature du traité de la Grande Paix de Montréal.
En ce qui a trait à sa politique intérieure, Bochart de Champigny parvient à mener certaines réformes. Constatant la situation particulièrement déplorable des indigents de la colonie, il contribue à mettre en place les Bureaux des pauvres, un dispositif d'assistance visant à soulager la misère des plus pauvres et à leur trouver du travail. Il oeuvre, non sans difficultés, à réduire les abus qui sont devenus le corollaire de la traite des fourrures dans l'Ouest. L'intendant tente également de stimuler et diversifier l'économie en encourageant les pêcheries, l'exploitation des ressources forestières et la culture du lin et du chanvre, mais remporte un succès mitigé.
En 1702, après avoir occupé ses fonctions sous trois gouverneurs, Bochart de Champigny retourne en France pour servir d'intendant maritime au Havre. Dans les années qui suivent, le secrétaire d'État de la Marine, Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain, le consulte régulièrement sur l'administration de la colonie.
Il est décédé au Havre le 27 septembre 1720.
Il avait épousé, en 1666, Marie-Madeleine de Chaspoux, fille de Jacques de Chaspoux, contrôleur général des mines et minières de France et trésorier de France à Tours, et de Marie-Esther d'Archambault.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Les intendants de la Nouvelle-France et la République des Lettres ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 1 (1975), p. 31-48.
ECCLES, William John. « BOCHART DE CHAMPIGNY, JEAN ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=655
ECCLES, William John. Jean Bochart de Champigny - Intendant of New France 1686-1702. McGill, 1951. 396 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Boutroue d’Aubigny, Claude de
Né(e) le 9 juillet 1615Date exacte du décès inconnue.
Né le 9 juillet 1615 en France, Claude de Boutroue (Bouteroue) d'Aubigny est le fils de Claude de Boutroue, procureur au Parlement de Paris, et de Claude Rolland.
Après avoir effectué des études en droit, Boutroue d'Aubigny pratique le métier d'avocat. De 1634 à 1654, il travaille pour le Parlement de Paris et plaide notamment aux requêtes du Palais et à la Cour des aides. En 1654, alors qu'il est aussi premier marguiller de la paroisse de Saint-Josse, il achète une charge de conseiller à la Cour des monnaies. Numismate, il étudie les monnaies de France et tente de contrecarrer leur contrefaçon.
En 1668, Boutroue d'Aubigny est convoqué par Jean-Baptiste Colbert pour remplacer Jean Talon à titre d'intendant de la Nouvelle-France. Dans ses nouvelles fonctions, il doit, entre autres, stimuler le défrichement des terres par les habitants et s'assurer de l'augmentation de la population, notamment par une politique d'incitation au mariage précoce. Spécialiste des questions financières, il a la responsabilité de développer le secteur manufacturier, le commerce maritime, les pêcheries et possiblement le secteur minier.
Boutroue d'Aubigny reçoit aussi la tâche d'enquêter sur les avantages et les inconvénients de la vente d'eau-de-vie aux Autochtones, interdite jusqu'alors par un arrêt royal. Il fait adopter par le Conseil souverain en 1668 une ordonnance permettant, avec peu de réserve, la vente d'alcool aux peuples autochtones. Constatant les effets pervers de la consommation d'eau-de-vie chez les Autochtones, l'intendant prohibe, un an plus tard, la vente d'alcool dans les villages autochtones.
Au printemps 1669, Boutroue d'Aubigny est rappelé en France. Il demeure dans la colonie jusqu'au retour de Talon en 1670, mais c'est le secrétaire de ce dernier, Jean-Baptiste Patoulet, qui dirige les affaires courantes pendant l'intérim.
En 1671, Boutroue d'Aubigny est lieutenant général civil et criminel à l'amirauté de Dunkerque, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort.
Il a publié Recherches curieuses des monnayes de France... (1666).
Il est décédé en France vers 1678.
Il avait épousé, en 1644, Marie Lescot, fille de François Lescot, marchand drapier, et de Marie Lescot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Les intendants de la Nouvelle-France et la République des Lettres ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 1 (1975), p. 31-48.
ECCLES, William John. « BOUTROUE D'AUBIGNY, CLAUDE DE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada
Législature de Québec. Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France. Québec, Imprimerie A. Côté et cie, 1885. 1084 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. La seigneurie de la Compagnie des Indes occidentales, 1663-1674. Montréal, Fides, 1997. 895 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Brisay de Denonville, Jacques-René de
Né(e) le 10 décembre 1637Décédé(e) le 22 décembre 1710

Né le 10 décembre 1637 en France, Jacques-René de Brisay de Denonville est le fils de Pierre de Brisay de Denonville, militaire et conseiller du roi, et de Louise d'Alès de Corbet.
Le marquis de Denonville entre au service de l'armée française et devient capitaine dans le régiment royal en 1663. Il participe à plusieurs campagnes et occupe quelques fonctions importantes avant d'accéder au grade de général de brigade en 1683.
Denonville est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en 1685. Dès son arrivée en poste, il se rend jusqu'au fort Frontenac (Kingston, Ontario) pour observer l'état de la colonie. Il met en place une série de mesures visant à améliorer les conditions sociales et sanitaires en Nouvelle-France et conçoit l'idée de faire entrer les fils des nobles canadiens dans l'armée française pour assurer la défense de la colonie. Il met aussi en place une école de navigation à Québec, fait dessiner des cartes de la vallée du Saint-Laurent, régit la vente d'alcool et impose de nouvelles règles pour le commerce des fourrures. Le gouverneur prend également des mesures afin de minimiser les risques d'incendie à Montréal, à Trois-Rivières et à Québec. Il dénonce les pratiques de l'intendant Jacques de Meulles au ministre de la Marine, Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, qui le remplace par Jean Bochart de Champigny.
Durant son mandat, le gouverneur Denonville doit également prendre les armes pour affronter les menaces qui pèsent sur la colonie. Afin de contrecarrer la concurrence britannique, il envoie une expédition militaire qui s'empare de trois forts anglais à la baie James. Il fait aussi la guerre aux Iroquois, mais ne peut éviter le massacre de Lachine en 1689. Il est remplacé par Louis de Buade de Frontenac la même année.
De retour en France en 1689, Denonville est nommé maréchal des camps et armées du roi.
Il est décédé en France le 22 décembre 1710.
Il avait épousé, en France, en 1668, Catherine Courtin, fille de Germain Courtin de Tangeux.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
ECCLES, William John. « Brisay de Denonville, Jacques-René de, marquis de Denonville ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MARSH, James. « Denonville, Jacques-René de Brisay, marquis de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Buade de Frontenac, Louis de
Né(e) le 22 mai 1622Décédé(e) le 28 novembre 1698

Né le 22 mai 1622 à Saint-Germain, en France, Louis de Buade de Frontenac et de Palluau est le fils d'Henri de Buade, comte de Frontenac et baron de Palluau, et d'Anne Phélypeaux de Pontchartrain. Lors de son baptême, célébré en 1623, son parrain est le roi Louis XIII.
Frontenac étudie probablement chez les Jésuites. Il entre au service de l'armée et participe à la guerre de Trente Ans. En 1643, il devient maître de camp au régiment de Normandie. Blessé lors du siège d'Orbitello en 1646, il est récompensé par une nomination de maréchal de camp. Frontenac fréquente la cour du roi avant de faire partie de l'entourage de Gaston d'Orléans vers 1651. Il a un train de vie princier et cumule des dettes importantes. En 1669, il est lieutenant général des troupes en Crète durant quelques mois.
Frontenac est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en 1672. Il arrive à Québec au moment où l'intendant Jean Talon quitte la colonie sans successeur. Frontenac cumule alors les deux charges, ce qui entraîne des frictions avec le Conseil souverain de la Nouvelle-France et le gouverneur de Montréal. Frontenac met en place une politique d'expansion vers l'Ouest. Il établit un poste de traite sur le lac Ontario en 1673. Deux ans plus tard, le roi Louis XIV nomme Jacques Duchesneau au poste d'intendant de la Nouvelle-France afin de restreindre l'autorité du gouverneur général. Après plusieurs années de conflits avec l'intendant, le clergé et le Conseil souverain, Frontenac est rappelé en France en 1682.
Nommé à nouveau gouverneur de la Nouvelle-France en 1689, Frontenac doit faire face aux attaques des Iroquois, de même qu'aux offensives des Anglais lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Il tente sans succès d'apaiser les tensions avec les Cinq Nations. En 1690, après avoir organisé une offensive contre trois établissements anglais, il doit défendre Québec contre une attaque anglaise. Il établit de nouveaux postes de traite à l'ouest de la colonie, malgré les directives des autorités françaises qui craignent de voir les colons se disperser. Il participe ainsi à l'essor du commerce des fourrures, mais il contribue, du même coup, à l'expansion du territoire, le rendant difficile à défendre. En 1696, Frontenac envoie des troupes attaquer les Iroquois et les Outaouais qui ont formé une alliance contre les Français.
Il est décédé à Québec le 28 novembre 1698. Il est inhumé dans la chapelle des Récollets, à Québec.
Il avait épousé en France, en 1648, Anne de La Grange, fille du seigneur de Trianon et de Neufville.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ECCLES, William John. « Buade, Louis de, comte de Frontenac et de Palluau ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MOOGK, Peter N. « Frontenac, Louis de Buade, comte de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Callière, Louis-Hector de
Né(e) le 12 novembre 1648Décédé(e) le 26 mai 1703

Né le 12 novembre 1648 à Thorigny-sur-Vire, en France, Louis-Hector de Callière est le fils de Jacques de Callières, maréchal de camp et gouverneur de la ville de Cherbourg, et de Madeleine Potier de Courcy.
Callière se joint à l'armée vers 1664. Il est nommé gouverneur de Montréal en 1684. Faisant office de chef militaire, il est chargé d'organiser les défenses de la ville lors de la guerre avec les Iroquois. En 1687, il participe à une attaque contre les Cinq Nations. Avec le gouverneur de la Nouvelle-France, Jacques-René de Brisay de Denonville, il propose au roi Louis XIV d'attaquer New York afin de mettre un terme à la menace anglaise et afin de forcer les Iroquois à commercer avec les Français. Ce projet est finalement abandonné en 1689.
La même année, Callière met en place des mesures pour protéger la région de Montréal. Il mène une expédition de plus de 2 000 hommes contre les Onontagués en 1696. Deux ans plus tard, à la mort de Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, Callière remplace ce dernier au poste de gouverneur de la Nouvelle-France. En 1701, il négocie la Grande Paix de Montréal avec 39 nations autochtones, dont les Cinq Nations iroquoises. Il émet des réserves sur l'établissement du poste de Détroit, craignant de briser la paix avec les Autochtones. Il proteste également contre l'établissement de la Louisiane. Il souhaite que cette colonie soit placée sous son commandement, mais on le lui refuse. En 1702, lors de la guerre de la Succession d'Espagne, Callière guide la stratégie de la France en Amérique du Nord.
Il est décédé à Québec le 26 mai 1703. Il est inhumé dans la chapelle des Récollets à Québec.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
GREER, Allan. « Callière, Louis-Hector de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
ZOLTVANY, Yves F. « Callière, Louis-Hector de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Dubois Davaugour, Pierre
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 24 juillet 1664

Pierre Dubois Davaugour est né en France entre 1601 et 1611.
Militaire de carrière, Dubois Davaugour combat le Saint Empire romain germanique au cours de la guerre de Trente Ans. D'abord colonel dans la cavalerie française, il est plus tard attaché aux troupes de la Suède. En 1646, il agit en tant qu'officier de liaison du général Henri de La Tour d'Auvergne auprès du commandant des forces suédoises. À la fin de la guerre, il est déployé en Flandre avec les troupes françaises chargées de surveiller l'application du traité de paix. En 1658, il participe à une mission diplomatique en Suède.
En 1661, Dubois Davaugour est nommé gouverneur de la Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés. Au cours de la première année de son gouvernement, il appuie les recommandations des Jésuites et de Mgr François de Laval et interdit la vente d'eau-de-vie aux Autochtones. Il contribue également à peupler la colonie et à y renforcer la présence militaire en obtenant, avec le concours de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, l'envoi de 200 colons et de 100 soldats français. En outre, il abolit le Conseil de la Traite pour le remplacer par le Conseil général, un organe administratif dans lequel les conseillers ne sont plus élus, mais nommés par le gouverneur.
L'année suivant son arrivée, Dubois Davaugour prend le parti des marchands de fourrure et autorise la vente d'alcool aux peuples autochtones. Cette décision l'oppose notamment à Mgr de Laval et au gouverneur de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve, lesquels contestent cette volte-face. Alors que le premier persiste à menacer d'excommunication quiconque est pris à fournir des boissons enivrantes aux Autochtones, le second publie un édit interdisant ce commerce sur le territoire de son gouvernement.
Le mécontentement suscité par la question de l'eau-de-vie est accentué par les nouvelles réformes que Dubois Davaugour entreprend dans les structures administratives de la colonie. En 1662, il abolit le Conseil général qu'il avait établi l'année précédente pour le remplacer par un autre conseil au sein duquel il exerce une influence encore plus grande. Il renvoie les syndics, qui représentent les habitants auprès du Conseil depuis 1647, n'invite aucun ecclésiastique à siéger et augmente à dix le nombre de conseillers, tous nommés par lui.
En 1663, Dubois Davaugour est relevé de ses fonctions après que Mgr de Laval se soit plaint de sa conduite auprès du Conseil du roi Louis XIV. L'ancien gouverneur quitte la colonie le 23 juillet de la même année. De retour en Europe, il entre au service de l'électeur de Mayence et guerroie l'Empire ottoman dans les Balkans.
Il est décédé à la frontière de l'actuelle Croatie le 24 juillet 1664.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
ECCLES, William John. « Dubois Davaugour, Pierre ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault, Jacques
Né(e) le 20 février 1631Date exacte du décès inconnue.
Baptisé le 20 février 1631 à Tours, en France, Jacques Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault est le fils de Jacques Duchesneau, trésorier de France en la généralité de Tours, et de Renée Robin.
Issu d'une famille appartenant à la noblesse de robe, Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault hérite de l'office de trésorier de France en la généralité de Tours vers 1664 ainsi que des seigneuries de La Doussinière et d'Ambrault.
En 1675, Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault est nommé intendant de la Nouvelle-France, un poste laissé sans titulaire depuis le départ de Jean Talon trois ans plus tôt. Il reçoit la mission de perpétuer le travail de ce dernier en contribuant à développer différentes industries. Le manque de subventions de la métropole l'empêche toutefois de mener à bien cette tâche.
L'intendance de Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault est marquée par de fréquents accrochages avec le gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau. Le retour d'un intendant à Québec diminue le rôle du gouverneur dans l'administration de la colonie, une situation qui ne plaît pas à Frontenac. Les deux hommes entrent très tôt en opposition à propos de la présidence du Conseil souverain, que l'édit de réforme du Conseil de 1675 accorde dans les faits à l'intendant, mais que le gouverneur refuse de lui reconnaître. Les rapports difficiles de Duchesneau avec Frontenac persistent tout au long de son mandat en Nouvelle-France et portent sur divers sujets, dont la vente de l'eau-de-vie aux Autochtones, qu'il souhaite interdire. Il est rappelé en France en 1682, en même temps que le gouverneur.
À son retour en Europe, Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault reprend sa charge de trésorier de France, une fonction qu'il occupe vraisemblablement jusqu'en 1687.
Il est décédé à Ambrault, en France, en 1696.
Il avait épousé, en 1654, Jeanne Gilles de La Grue, fille de Jean Gilles, seigneur de La Grue, et de Geneviève Le Blatier du Belloy.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
Fédération québécoise des sociétés de généalogie. Fichier Origine [En Ligne]. http://www.fichierorigine.com/
GIRARD, Jacques. « Les industries de transformation de la Nouvelle-France ». Cahiers de géographie du Québec. Vol. 3, no 6 (1959), p. 305-320.
LAMONTAGNE, Léopold. « DUCHESNEAU DE LA DOUSSINIÈRE ET D'AMBAULT, JACQUES ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=188
LANCTOT, Gustave. « Les fonctions de l'intendant ». Rapports annuels de la Société historique du Canada. Vol. 8, no 1 (1929), p. 73-90.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
STANLEY, George Francis Gilman. « The Indians and the Brandy Trade During the Ancien Regime ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 6, no 4 (1953), p. 489-505.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Dupuy, Claude-Thomas
Né(e) le 10 décembre 1678Décédé(e) le 15 septembre 1738

Né le 10 décembre 1678 à Paris, Claude-Thomas Dupuy est le fils de Claude Dupuy, marchand, et d'Élisabeth Aubry.
Dupuy étudie au collège de Beauvais à Paris de 1688 à 1696 et obtient sa licence en droit en 1699. Deux ans plus tard, ses parents lui achètent une charge de conseiller et d'avocat du roi au siège présidial du Châtelet de Paris. Il devient avocat général au Grand Conseil en 1708, maître des requêtes en 1720, puis maître des requêtes honoraire à partir de 1723.
Nommé intendant de la Nouvelle-France en 1725, Dupuy arrive à Québec l'année suivante. Il est chargé d'administrer la justice dans la colonie. Durant son mandat, il examine les problèmes posés par la colonisation française en Amérique du Nord, notamment la question des droits des Français sur le territoire des Iroquois. Il œuvre également à l'exploitation des sols et encourage la culture du chanvre, sans obtenir beaucoup de succès. Dupuy s'intéresse aussi à l'aménagement de la ville de Québec et légifère sur l'exploitation des cabarets. Il se penche sur la question des finances et en vient à la conclusion que la métropole n'envoie pas suffisamment de ressources dans la colonie canadienne.
L'intendant Dupuy ne s'entend pas avec le gouverneur de la Nouvelle-France, Charles de Beauharnois. À la mort de l'évêque de Québec, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, en décembre 1727, Dupuy est nommé exécuteur testamentaire et doit arbitrer un conflit au sujet de la présidence des obsèques de l'évêque. Sa mauvaise gestion de la crise lui vaut les reproches du roi Louis XV, qui le rappelle en France en 1728. Comme l'intendant avait contracté des dettes importantes lors de son mandat, ses biens sont saisis, puis vendus. Dupuy passe les dernières années de sa vie à la construction de machines hydrauliques.
Il est décédé au château de Carcé, en France, le 15 septembre 1738.
Il avait épousé, en 1724, Marie-Madeleine Lefouyn.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Claude-Thomas Dupuy, intendant de la Nouvelle-France, 1678-1738. Montréal, Fides, 1969. 395 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Dupuy, Claude-Thomas ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
MAUDE, Mary McDougall. « Dupuy, Claude-Thomas ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Duquesne de Menneville, Ange
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 17 septembre 1778

Né vers 1700 à Toulon, en France, Ange Duquesne de Menneville est le fils d'Abraham Duquesne, officier dans la Marine, et d'Ursule-Thérèse Possel.
Issu d'une famille de marins, de commerçants et de militaires, Duquesne de Menneville entre dans les troupes de la Marine vers l'âge de 13 ans alors qu'il sert comme garde-marine à Toulon. En 1726, il devient enseigne en second avant d'être nommé lieutenant de vaisseau en 1735. Il participe à la guerre de Succession d'Autriche et connaît du succès contre les Britanniques et les pirates africains. Lors des dernières années du conflit, il reçoit le grade de major et le commandement du port de Toulon, un poste qu'il abandonne en 1749 pour reprendre la mer.
Duquesne de Menneville est choisi en 1751 pour succéder à Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière au poste de gouverneur général de la Nouvelle-France. Sa mission consiste, entre autres, à protéger le commerce des fourrures, à expulser les marchands britanniques de la vallée de l'Ohio et à pacifier les nations autochtones. Il a également la responsabilité d'aider l'intendant François Bigot à diminuer les dépenses de la France liées à l'administration de la colonie.
À son arrivée à Québec le 1er juillet 1752, Duquesne de Menneville met de l'ordre dans l'armée et la milice. Il prépare une première expédition vers la région de l'Ohio, qu'il confie à Paul-Marin de La Malgue. Le résultat de cette opération de 1753 et 1754 est mitigé. Le gouverneur général lance une seconde expédition qui culmine en 1754 avec la construction du fort Duquesne et la mainmise française sur la région. Face à la menace d'une riposte anglaise, il concentre ses troupes à la frontière sud-ouest et consolide le fort Duquesne et les postes annexes.
À l'été 1755, Duquesne de Menneville est remplacé par Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial et quitte la Nouvelle-France. Blâmé par son successeur pour avoir délaissé, au profit de l'Ohio, le renforcement des forts et des postes de l'Acadie et du lac Champlain, l'ancien gouverneur général est dégagé de toutes responsabilités à son retour en France. Il réintègre la Marine et est nommé inspecteur général des côtes de France en 1756. L'année suivante, il assure le commandement, à titre intérimaire, de la flotte de Toulon. Défait en 1758, il perd son navire et est fait prisonnier en Angleterre. À sa libération, l'officier reste au service de la Marine jusqu'en 1776.
Il est décédé à Antony, en France, le 17 septembre 1778.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
CÔTÉ, Pierre-L. « Duquesne de Menneville, Ange ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MAUDE, Mary McDougall. « Duquesne, Ange Duquesne de Menneville, marquis de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Hocquart, Gilles
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 1er avril 1783

Né en 1694 à Mortagne-au-Perche, en France, Gilles Hocquart est le fils de Jean-Hyacinthe Hocquart, intendant, et de Marie-Françoise Michelet Du Cosnier.
Hocquart devient écrivain au commissariat de la Marine à Rochefort en 1702. Il réside à Brest avec son père de 1706 à 1716, puis s'installe à Toulon en 1716 à titre de petit commissaire. Entre 1722 et 1729, il travaille comme commissaire ordinaire et contrôleur à Rochefort. Au moment où il quitte cette ville, il possède le titre de commandant en second.
Hocquart est nommé commissaire ordonnateur et intendant intérimaire de la Nouvelle-France en 1729, puis intendant de la Nouvelle-France en 1731. Il est chargé de promouvoir le commerce canadien au sein de l'empire atlantique français, tout en s'assurant de limiter les dépenses de la métropole envers sa colonie. Il décide donc de favoriser l'émergence d'une bourgeoisie commerciale canadienne et se rend en France en 1736 dans le but de solliciter de l'aide pour mettre en place des réformes.
Hocquart travaille sur plusieurs plans pour améliorer le commerce de la colonie. Il est, entre autres, le promoteur des forges du Saint-Maurice, il favorise l'expansion de la traite des fourrures, il appuie les expéditions de Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye dans les années 1730, il fait construire des routes et il permet l'agrandissement du chemin du Roi, sur la rive nord du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec. Il favorise également le développement de l'industrie navale. Avec le gouverneur Charles de Beauharnois, Hocquart encourage l'expansion du système seigneurial. Il favorise aussi la culture de la pomme de terre, du lin et du tabac en Nouvelle-France et tente d'ouvrir différents marchés pour les produits d'exportation canadiens.
L'effet des différentes réformes implantées par Hocquart est amoindri par de mauvaises récoltes, par la faillite des forges du Saint-Maurice en 1741 et par la guerre entre la France et la Grande-Bretagne à partir de 1744. Remplacé par l'intendant François Bigot en 1748, il est intendant à Brest de 1749 à 1764.
Il est décédé à Paris le 1er avril 1783.
Il avait épousé à Brest, en France, en 1750, Anne-Catherine de La Lande.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
HORTON, Donald J. « Hocquart, Gilles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MAUDE, Mary McDougall. « Hocquart, Gilles ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Huault de Montmagny, Charles
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.

Charles Huault de Montmagny est né en France vers 1583.
Éduqué par les Jésuites en France, Huault de Montmagny entre dans l'ordre de Malte en 1622. Il devient ensuite officier de marine et combat contre les Turcs et les corsaires d'Alger et de Tripoli. En 1632, il devient un des directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France et est nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1635.
Huault de Montmagny arrive à Québec en 1636 et fait le tour de la colonie, du cap Tourmente à l'île Montmagny (aujourd'hui Laval). Il réorganise les défenses militaires de la colonie et fortifie le château Saint-Louis à Québec. Il nomme les premières rues de la ville de Québec et fait également construire un magasin et une plate-forme fortifiée à Trois-Rivières. Vers 1641, Huault de Montmagny tente de convaincre Maisonneuve de s'installer sur l'île d'Orléans plutôt que sur l'île de Montréal. Lorsque les Iroquois déclarent la guerre aux Français en 1642, il parlemente avec eux et fait construire le fort Richelieu. Il conclut un traité de paix avec les Agniers, à Trois-Rivières, en 1645.
Huault de Montmagny est rappelé en France en 1648 et devient receveur du prieuré de France. Il obtient le gouvernement de l'île Saint-Christophe, aux Antilles quatre ans plus tard.
Il est décédé dans l'île Saint-Christophe, aux Antilles, vers 1653.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
HAMELIN, Jean. « Huault de Montmagny, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MAUDE, Mary McDougall. « Montmagny, Charles Huault de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lauson, Jean de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 16 février 1666

Né vers 1584 en France, Jean de Lauson est le fils de François de Lauson, conseiller au Parlement de Paris, et d'Isabelle Lottin.
Lauson est nommé conseiller au Parlement de Paris en 1613, puis maître des requêtes en 1622. Il devient successivement président du grand conseil, intendant de Provence puis de Guyenne, et intendant du Dauphiné en 1640.
En 1627, Lauson participe à la fondation de la Compagnie des Cent-Associés. Il est nommé intendant de la compagnie et la dirige en l'absence du cardinal de Richelieu. Il s'occupe des négociations après la prise de Québec par les frères Kirke en 1629 et supporte les Jésuites dans leur campagne pour obtenir l'exclusivité de l'apostolat au Canada. Comme intendant de la compagnie, Lauson obtient de vastes concessions pour sa famille. En 1640, les Lauson, père et fils, deviennent les plus grands propriétaires fonciers de la Nouvelle-France.
En 1651, Lauson est nommé gouverneur de Nouvelle-France alors que la situation de la colonie se détériore en raison des guerres iroquoises. Il est le seul gouverneur français qui ait établi ses fils au Canada. Il négocie des traités avec les Autochtones, prend des mesures économiques et tente de relancer le commerce de la fourrure pour ramener la prospérité dans une colonie menacée par la faillite. Il tente, sans succès, de s'emparer du monopole de la fourrure, puis rentre en France en 1656, après s'être approprié d'une part importante de la cargaison annuelle.
Il est décédé à Paris le 16 février 1666. Il est inhumé à Paris.
Il avait épousé, avant 1632, Marie Gaudar, fille de François Gaudar, conseiller au Parlement de Paris, et de Denize Canaye.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
MARCHI, François. Généalogie Québec [En Ligne]. http://genealogiequebec.info
MONET, J. « Lauson, Jean de (père) ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Febvre de La Barre, Joseph-Antoine
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 4 mai 1688

Né en 1622 à Crépy-en-Valois, en France, Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre est le fils d'Antoine Le Febvre de La Barre, conseiller au parlement de Paris, prévôt des marchands, et de Madeleine Belin.
En 1645, Le Febvre de La Barre obtient un siège de conseiller au parlement. Cinq ans plus tard, il assume la charge de maître des requêtes. Après avoir travaillé un court moment comme intendant de Paris, puis de Grenoble, il remplit le même rôle dans la province du Dauphiné en 1659. À la suite d'une plainte de Jean-Baptiste Colbert, il doit quitter l'administration.
Le Febvre de La Barre s'illustre dans l'armée française. En 1661, il agit en tant que capitaine de vaisseau dans la marine royale et, trois années plus tard, il commande une escadre envoyée à la Guyane aux côtés d'Alexandre de Prouville de Tracy. Le militaire reprend Cayenne aux Hollandais, puis est nommé gouverneur de la Guyane. Il développe la colonie et dresse les fortifications. En 1666, il est créé lieutenant général et part pour les Antilles, où il s'allie avec les Hollandais afin de combattre les navires anglais. Au cours des années suivantes, il commande d'autres vaisseaux lors du conflit opposant la France et l'Angleterre (Royaume-Uni) à la Hollande (Pays-Bas).
En 1682, Le Febvre de La Barre est affecté comme gouverneur général de la Nouvelle France par le roi Louis XIV. À son arrivée à Québec, il est notamment confronté à la pression des Anglais dans la baie d'Hudson. En multipliant les ententes commerciales avec des marchands canadiens, il favorise la création de la Compagnie du Nord, qui rivalise pendant quelques années avec les activités de traite exercées par la Compagnie de la Baie d'Hudson.
Devant également faire face à la menace iroquoise, Le Febvre de La Barre dirige, à l'été 1684, une expédition contre ces derniers. Il part avec une petite armée de 700 Canadiens, 150 réguliers et 400 Autochtones jusqu'au fort Frontenac. Ses troupes sont rapidement décimées par la maladie et la disette et il doit conclure un traité de paix peu avantageux pour les Français et leurs alliés. Le gouverneur s'attire les reproches de ses supérieurs pour cette guerre mal préparée et il est démis de ses fonctions en 1685. En août, il quitte Québec puis se retire en France.
Il est décédé à Paris le 4 mai 1688. Il est inhumé dans la même ville, à l'église Saint Gervais-Saint-Protais.
Il avait épousé en 1645, Marie Mandat, fille de Gallot Mandat, maître des comptes.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
GREER, Allan. « La Barre, Joseph-Antoine Le Febvre de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
LA ROCQUE DE ROQUEBRUNE, R. « Le Febvre de La Barre, Joseph-Antoine ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
ROY, Regis. « Joseph-Antoine Lefebvre, sieur de la Barre, gouverneur de la Nouvelle-France en 1682 ». Bulletin de recherches historiques. Vol. 20, no 2 (1914), p. 46-51.
ZOLTVANY, Yves F. « Le Ber, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Meulles, Jacques de
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.
Jacques de Meulles est né en France, vers 1650.
De Meulles est intendant de la Nouvelle-France de 1682 à 1686. Il arrive à Québec, avec le gouverneur Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre, au mois d'octobre 1682. Dès leur arrivée, ils permettent aux colons de commercer avec les Autochtones du Nord afin de freiner l'expansion de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Ils planifient également une expédition contre les Iroquois.
Constatant plusieurs problèmes organisationnels en Nouvelle-France, De Meulles met en place quelques pratiques originales. Il croit notamment que la corruption règne dans les cours de justice. Il leur retire plusieurs causes et les juge lui-même. Durant son mandat, l'intendant incite la couronne à acheter la brasserie de Jean Talon et fait transformer le bâtiment en palais de justice. Il introduit également la monnaie de carte en Nouvelle-France pour acquitter les gages des troupes régulières françaises. Il s'agit de la première monnaie de papier utilisée en Amérique du Nord. Il doit par ailleurs prendre des mesures contre une épidémie de grippe espagnole en 1684.
De Meulles critique certaines décisions du gouverneur Le Febvre de La Barre, qui est rappelé en 1685. L'intendant voyage en Acadie en 1685 et 1686, mais est soupçonné de malversations, ce qui entraîne son rappel en France en 1686.
Il est décédé en France en mai 1703.
Il avait épousé, en 1674, la fille de Michel Bégon.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
ECCLES, William John. « Meulles, Jacques de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Raudot, Antoine-Denis
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 28 juillet 1737
Né en 1679 en France, Antoine-Denis Raudot est le fils de Jacques Raudot, conseiller à la Cour des aides de Paris et intendant de la Nouvelle-France, et de Françoise Gioux.
Raudot occupe, en 1699, le poste d'écrivain ordinaire du département de la marine et, cinq ans plus tard, celui d'inspecteur général de la marine en Flandre et en Picardie.
En 1705, Raudot reçoit, conjointement avec son père, la commission d'intendant de la Nouvelle-France. Nommé pour seconder ce dernier, dont la santé est chancelante, il doit le remplacer lorsque celui-ci se trouve dans l'incapacité d'exercer ses fonctions. Doué pour l'économie, il est responsable des finances de l'intendance.
À son arrivée, Raudot dresse un portrait accablant de la situation économique de la colonie. La guerre et le manque de capitaux empêchent le développement de nouvelles entreprises et la saturation du marché des fourrures en Europe ruine la principale activité commerciale du Canada. La solution pour redresser l'économie de la Nouvelle-France passe selon lui par la diversification du commerce. Il suggère l'ouverture des secteurs du bois, de l'agriculture et de la pêche. Constatant les longues distances qui séparent la colonie de la France et des Antilles, il propose la création d'une ville située sur l'île du Cap-Breton, qui deviendrait un marché pour les produits canadiens. Son rapport suscite l'enthousiasme du ministre de la Marine, mais la crise financière que traverse la France empêche la concrétisation de son projet.
Au nombre de ses réalisations, Raudot contribue à améliorer les conditions de travail des agriculteurs et encourage la création d'une bourse à Québec pour les commerçants. Il s'emploie aussi à promouvoir les affaires de la Nouvelle-France en émettant plusieurs ordonnances touchant à l'économie et aux moeurs. En 1710, sa mésentente avec le gouverneur général Philippe de Rigaud de Vaudreuil le pousse toutefois à demander son rappel en France.
De retour en sol français, Raudot cumule plusieurs fonctions, dont celles d'intendant des classes (1710), de conseiller aux affaires coloniales (1711), de directeur de la Compagnie des Indes (1717) et de conseiller de la marine (1728).
Il a écrit Relation par lettres de l'Amérique septentrionale (années 1709 et 1710), un ouvrage publié à titre posthume en 1904.
Il est décédé à Versailles le 28 juillet 1737.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
HORTON, Donald J. « Raudot, Antoine-Denis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Raudot, Jacques
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 20 février 1728

Né en 1638, Jacques Raudot est le fils de Jean Raudot, seigneur de Bazernes et de Coudray, fermier général et secrétaire du roi, et de Marguerite Talon, fille de Jean Talon, receveur général des « boettes et monnoyes de France ».
Raudot reçoit une formation en droit et exerce la profession d'avocat au Parlement de Paris jusqu'en 1673. Il devient conseiller au Parlement de Metz, puis conseiller à la Cour des aides de Paris à partir de 1678. En 1705, à l'âge de 66 ans, il est nommé intendant de la Nouvelle-France, conjointement avec son fils Antoine-Denis. Tous deux arrivent à Québec la même année.
La Nouvelle-France connaît alors une situation économique précaire, à laquelle s'ajoutent des rumeurs de corruption des membres du Conseil supérieur et des administrateurs de la Compagnie de la Colonie. Tout au long de son mandat, l'intendant Raudot critique sévèrement les institutions coloniales et les fonctionnaires, ainsi que la tolérance de la population envers leurs abus. Convaincu de la nécessité de réformes importantes, il confie l'administration des finances à son fils afin de concentrer ses efforts sur l'ordre public et l'administration de la justice.
L'intendant s'attaque à la Compagnie de la Colonie, dont les administrateurs sont accusés de malversations. Sa résolution à dissoudre le conseil d'administration de la compagnie et de le remplacer par des délégués soulève toutefois une vive opposition de la part des directeurs et de l'administration coloniale. Se sentant humilié par les protestations émises au cours d'une assemblée par le procureur général du Conseil supérieur, François-Madeleine-Fortuné Ruette d'Auteuil de Monceaux, Raudot parvient à le faire démettre de ses fonctions et à gérer lui-même la justice.
Dans le but de mettre fin aux abus des seigneurs envers les habitants, Raudot propose aussi, sans succès, une importante réforme du régime seigneurial. Les décrets qu'il rédige à ce propos, bien que jamais appliqués, attirent néanmoins l'attention des autorités françaises sur les inconvénients du système seigneurial et sur la nécessité de sa refonte.
Au cours de son mandat en Nouvelle-France, Raudot tente de renforcer le pouvoir de l'intendant par rapport à celui du gouverneur. Les dernières années de son règne sont d'ailleurs marquées par une querelle personnelle et administrative avec le gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil, contre lequel Raudot émet une imposante série de griefs et d'accusations, espérant ruiner sa carrière.
En 1709, Raudot invoque l'animosité de Vaudreuil et la rigueur du climat canadien pour demander son rappel, ainsi que celui de son fils. Antoine-Denis rentre en France l'année suivante pour occuper les fonctions d'intendant des classes. Son père le suit en 1711 et occupe des fonctions prestigieuses au sein du département de la Marine. En 1722, il accède au poste de conseiller honoraire à la Cour des aides, couronnement de sa carrière.
Il est décédé à Paris le 20 février 1728.
Il avait épousé Françoise Gioux, fille d'un procureur au parlement, probablement de Paris. Il est le père d'Antoine-Denis Raudot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
HORTON, Donald J. « Raudot, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MAUDE, Mary McDougall. « Raudot, Jacques ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rémy de Courcelle, Daniel de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 24 octobre 1698

Daniel de Rémy de Courcelle, sieur de Montigny, de La Fresnaye et de Courcelle, est né en 1626.
Rémy de Courcelle est d'abord gouverneur de Thionville, en Lorraine, avant d'être nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1665. Il arrive à Québec la même année, en même temps que l'intendant Jean Talon.
Son règne est marqué par les guerres contre les Iroquois, qui attaquent régulièrement la colonie canadienne. En qualité de commandant des troupes, Rémy de Courcelle tente à deux reprises d'envahir le pays des Agniers, ennemis des Français. La première expédition, partie de Québec au cours de l'hiver 1666, se solde par un échec en raison du froid intense et de l'absence de guides autochtones. À l'automne 1666, une nouvelle expédition, plus imposante que la première, parvient à conquérir les territoires agniers et à faire cesser les attaques iroquoises contre les alliés autochtones des Français.
Au cours des années suivantes, Rémy de Courcelle veille à maintenir la paix conclue avec les Agniers. En 1670, les hostilités reprennent dans l'Ouest entre Iroquois et Algonquins. Afin d'éviter que la guerre ne s'étende aux Français, le gouverneur mène dès l'année suivante une expédition de Ville-Marie (Montréal) jusqu'au lac Ontario, à la recherche d'un endroit propice à la construction d'un fort et d'un poste de traite. Un poste sera finalement établi deux ans plus tard, à l'embouchure de la rivière Cataracoui, par Louis de Buade, comte de Frontenac, son successeur à la fonction de gouverneur.
Le règne de Rémy de Courcelle est également marqué par d'incessantes querelles avec les intendants Jean Talon et Claude de Boutroue d'Aubigny, ainsi qu'avec certains de ses subordonnés. Le gouverneur favorise activement l'exploration de l'Ouest, permettant ainsi à la France de réclamer de vastes territoires et d'établir des relations commerciales avec les nations autochtones. Les milices de la Nouvelle-France sont instituées sous son règne.
En 1671, Rémy de Courcelle invoque des raisons de santé pour demander son rappel. Il s'embarque pour la France à la fin de novembre 1672.
Il est décédé le 24 octobre 1698, peut-être à Toulon.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ECCLES, William John. « Rémy de Courcelle (Courcelles), Daniel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GREER, Allan. « Courcelle, Daniel de Rémy de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, Pierre de
Né(e) le 22 novembre 1698Décédé(e) le 4 août 1778

Né le 22 novembre 1698 à Québec, Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial est le fils de Philippe de Rigaud de Vaudreuil, marquis de Vaudreuil et gouverneur général de la Nouvelle-France, et de Louise-Élisabeth de Joybert de Soulanges et de Marson.
Vaudreuil entreprend une carrière militaire dans les troupes de la Marine. En 1708, il reçoit une commission d'enseigne, puis, trois ans plus tard, il est promu lieutenant et garde-marine. Envoyé en France par son père en 1713, il rentre à Québec en 1715 avec le grade de capitaine. À la mort de ce dernier en 1725, sa mère retourne en France et lui obtient le titre de major des troupes au Canada. En 1728, il se voit décerner le grade d'aide-major et, deux ans plus tard, il accède au rang de lieutenant de vaisseau.
En 1733, Vaudreuil est nommé gouverneur de Trois-Rivières. En 1742, il obtient le même poste en Louisiane où il a la responsabilité de maintenir la souveraineté française dans la région. Ses efforts lui valent, quatre ans plus tard, d'être promu capitaine. Durant sa gouvernance de la Louisiane, il s'allie plusieurs nations autochtones et instaure une relative prospérité économique.
Lors d'un séjour en France en 1755, Vaudreuil obtient le poste de gouverneur général de la Nouvelle-France. Pendant son absence, des altercations surviennent dans la vallée de l'Ohio marquant le début de la guerre de la Conquête. En tant que gouverneur, sa principale préoccupation est d'ordre guerrier. Il assure la conduite des opérations militaires, et les victoires de 1756 et de 1757 semblent alors donner raison à sa tactique de combat.
L'année 1758 marque le point tournant de la guerre. Le gouvernement britannique est déterminé à éliminer la présence française en Amérique du Nord. Cette même année, le conflit entre Vaudreuil et le lieutenant général des forces armées, Louis-Joseph de Montcalm, s'accentue. Les deux dirigeants ne s'accordent pas sur la stratégie militaire à adopter durant le conflit. Vaudreuil favorise une guerre menée aux frontières tandis que Montcalm préconise une guerre à l'européenne concentrée au centre de la colonie. Alors que la ville de Québec est assiégée en juin 1759, le gouverneur donne provisoirement le commandement de toutes les forces armées à Montcalm qui tient les Britanniques en échec pendant tout l'été. En septembre, surviennent la bataille des Plaines d'Abraham et la chute de Québec. Le gouverneur, présent sur les lieux, est contraint de fuir.
Le printemps suivant, Vaudreuil lance avec succès une nouvelle attaque sur Québec, mais devant l'arrivée d'une flotte britannique, il doit se replier sur Montréal qui capitule en septembre 1760. Avant de signer la reddition de la ville, il réussit à acquérir des conditions protégeant les droits des Canadiens en matière de propriété, de loi et de religion, mais n'obtient pas les honneurs de la guerre pour les troupes.
De retour en France le 28 novembre 1760, Vaudreuil doit faire face au mécontentement du roi et du gouvernement français qui cherchent un coupable pour la perte de la colonie et pour les énormes dépenses effectuées pour en assurer la défense. La responsabilité lui incombe en grande partie et il est envoyé à la Bastille le 30 mars 1762 où il demeure jusqu'au 18 mai. Il est disculpé l'année suivante et se retire dans sa maison de Paris où il profite de sa retraite jusqu'à sa mort.
Il est décédé le 4 août 1778 à Paris.
Il avait épousé en 1746, Jeanne-Charlotte de Fleury Deschambeault, veuve de François le Verrier de Rousson.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ECCLES, William John. « Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, Pierre de, marquis de Vaudreuil ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MCDOUGALL, Maude Mary. « Vaudreuil, Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, marquis de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rigaud de Vaudreuil, Philippe de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 10 octobre 1725

Né vers 1643 près de Revel, en France, Philippe de Rigaud de Vaudreuil est le fils de Jean-Louis de Rigaud, cornette dans l'armée française, et de Marie de Chateauverdun.
Rigaud de Vaudreuil est mousquetaire de 1672 à 1687 et participe à la guerre contre la Hollande à partir de 1672. Il est aide de camp en Allemagne par la suite.
Nommé commandant des troupes françaises au Canada en 1687, Rigaud de Vaudreuil est gouverneur intérimaire de Montréal en 1689. Cette année-là, son manque d'expérience et de jugement aurait causé le désastre de Lachine. Il dirige plusieurs expéditions contre les Iroquois entre 1690 et 1700. À la mort de Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, survenue en 1698, il demande à le remplacer à titre de gouverneur de la Nouvelle-France. C'est plutôt Louis-Hector de Callière qui obtient le poste. Rigaud de Vaudreuil est alors nommé gouverneur de Montréal. Il fait interdire la vente d'eau-de-vie aux Autochtones en 1702, ce qui lui vaut plus tard l'appui des Sulpiciens.
Rigaud de Vaudreuil devient gouverneur de la Nouvelle-France en 1703. Il fait alors face à la menace des colonies américaines dans le contexte de la guerre de la Succession d'Espagne. Il doit également gérer la question des alliances avec les Autochtones, mises en danger par la baisse du commerce des fourrures. De 1703 à 1710, il est en conflit avec les intendants Jacques et Antoine-Denis Raudot. Il envoie un détachement à Détroit vers 1712 pour éviter un conflit entre les groupes autochtones à l'ouest de la colonie. En 1715, il se trouve en France et encourage le Conseil de la Marine à raffermir la position géopolitique de la Nouvelle-France. Pour se faire, il recommande d'augmenter l'émigration vers la colonie et de consolider les alliances avec les Autochtones. Il reçoit l'aval du Conseil de la Marine pour mettre en place son programme. On lui ordonne cependant de ménager la paix avec les colonies américaines.
À compter de 1717, le gouverneur Vaudreuil fait face à des tensions entre le Canada et la colonie de la Louisiane. Il doit également empêcher l'expansion des colonies britanniques dans la région des Grands Lacs et dans l'Est. Pour ce faire, il obtient des Iroquois l'autorisation d'ériger trois postes commerciaux sur les rives du lac Ontario. Il incite par ailleurs les Abénaquis à s'opposer à l'expansion britannique dans la baie du Massachusetts.
Rigaud de Vaudreuil participe à la traite des fourrures avant 1716. Par la suite, il exploite les postes de Témiscamingue et de l'île aux Tourtes.
Il est décédé à Québec le 10 octobre 1725. Il est inhumé dans la chapelle des Récollets, mais son cœur est envoyé en France.
Il avait épousé en Nouvelle-France, Louise-Élisabeth Joybert.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ZOLTVANY, Yves F. Philippe de Rigaud de Vaudreuil : governor of New France, 1703-1725. Toronto, McClelland and Stewart, 1974. 242 p.
ZOLTVANY, Yves F. « Rigaud de Vaudreuil, Philippe de, marquis de Vaudreuil ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Saffray de Mézy, Augustin de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 6 mai 1665

Augustin de Saffray de Mézy est le fils d'Odet de Saffray, officier et seigneur de Mézy, de Vimont et d'Escoville, et d'Anne Thiboust.
Major de la ville et de la citadelle de Caen, Saffray de Mézy entre à l'Ermitage de Caen où il mène une vie de dévotion religieuse. Il s'y fait notamment connaître de François de Laval, évêque de Pétrée et vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Protestant converti au catholicisme, il est un disciple du fondateur de l'Ermitage, Jean de Bernières.
En 1663, Saffray de Mézy est choisi par Mgr de Laval pour combler l'office de gouverneur général de la Nouvelle-France. Premier à occuper cette fonction depuis l'établissement d'un gouvernement royal dans la colonie, il doit, avec le concours de l'évêque, constituer le premier Conseil souverain. Étant donné son manque de connaissance du pays, il se contente d'approuver les choix de Mgr de Laval pour la nomination des conseillers. Il appuie le prélat dans divers dossiers, comme l'interdiction de la vente d'eau-de-vie aux Autochtones, l'enregistrement de la loi de la dîme et l'octroi d'allocations aux communautés religieuses. Il se fait aussi accompagner par l'évêque lors d'un voyage diplomatique à Ville-Marie (Montréal) où il rencontre des ambassadeurs iroquois.
Après des mois de gouvernement marqués par la coopération, Saffray de Mézy cherche progressivement à exercer les prérogatives liées à sa fonction. En établissant une sénéchaussée royale à Ville-Marie, il entre cependant en conflit avec les Sulpiciens, qui perdent leurs droits seigneuriaux en matière de justice sur l'île de Montréal. Ses rapports avec Mgr de Laval se détériorent également. Convaincu que l'évêque cherche à miner son autorité, il modifie la composition du Conseil souverain, allant jusqu'à expulser les conseillers qu'il juge de connivence avec le prélat. L'animosité entre l'évêque et le gouverneur s'estompe en 1665, lorsque ce dernier tombe gravement malade.
Il est décédé à Québec le 6 mai 1665. Il est inhumé dans le cimetière des pauvres de l'Hôtel-Dieu de Québec.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
CHAPAIS, Thomas. Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, 1665-1672. Québec, Imprimerie de S.-A. Demers, 1904. 540 p.
ECCLES, William John. « SAFFRAY DE MÉZY, AUGUSTIN DE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=250
GOSSELIN, Auguste. Le Vénérable François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec. Québec, Charrier & Dugal, 1923. 430 p.
JUCHEREAU DE SAINT-IGNACE, Jeanne-Françoise. Les Annales de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1636-1716. Québec, Les Augustines de l'Hôtel-Dieu, 1984. 444 p.
MARCHAL, Léon. Les origines de Montréal: Ville-Marie, 1642-65. Montréal, Beauchemin, 1942. 214 p.
ROY, Pierre-Georges. La ville de Québec sous le régime français. Vol. 1. Québec, Service des Archives du gouvernement de la Province de Québec, 1930. 548 p.
ROY, Pierre-Georges. Les cimetières de Québec. Lévis, 1941. 270 p.
Société des Dix. Les Cahiers des Dix.. Vol. 39. Québec, Éditions du Bien Public, 1974. 289 p.
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Taffanel de La Jonquière, Jacques-Pierre de
Né(e) le 18 avril 1685Décédé(e) le 17 mars 1752

Né le 18 avril 1685 au château de Lasgraïsse, en France, Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière est le fils de Jean de Taffanel de La Jonquière, capitaine de vaisseau, et de Catherine de Bonnes.
En 1697, Taffanel de La Jonquière entre dans la compagnie des gardes de la marine à Toulon, en France. Il participe à des opérations navales à Constantinople (Istanbul) en 1698, dans le Levant (Proche-Orient) en 1699 et à Cadix en 1701. Promu enseigne de vaisseau en 1703, il est fait prisonnier des Anglais au cours d'une patrouille au large de l'Espagne en 1706. L'année suivante, il est de nouveau aux commandes d'un navire. Il prend par la suite part à la prise de Rio de Janeiro en 1711, à titre de premier lieutenant, et à la répression du commerce clandestin dans les Antilles en 1727, en tant que commandant de frégate. Au cours de la guerre de l'oreille de Jenkins, qui oppose la Grande-Bretagne à l'Espagne, il sert comme capitaine de pavillon sur deux navires amiraux puis, en 1746, comme chef d'escadre.
Taffanel de La Jonquière est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en 1746. Alors qu'il se rend au Canada, il assiste Jean-Baptiste-Louis-Frédéric de La Rochefoucauld de Roye dans sa campagne acadienne visant, entre autres, à reprendre Louisbourg aux Britanniques. L'expédition s'avère désastreuse et il doit rentrer en France. En 1747, il entreprend une autre traversée de l'Atlantique, mais il est une seconde fois capturé par les Britanniques. Son emprisonnement entraîne la nomination de Roland-Michel Barrin de La Galissonière à titre de gouverneur général de la Nouvelle-France par intérim.
Libéré après la signature du traité d'Aix-la-Chapelle de 1748, Taffanel de La Jonquière gagne Québec l'année suivante et prend le commandement de la Nouvelle-France. Son gouvernement est caractérisé par la gestion des tensions avec les colonies britanniques, notamment en Acadie où les francophones s'opposent à leur assujettissement à la couronne anglaise et à la présence croissante des Britanniques dans la région. Le gouverneur œuvre donc à consolider le réseau d'infrastructures défensives de la Nouvelle-France, à renforcer l'armée coloniale et à maintenir de bonnes relations avec les peuples autochtones alliés à la France, qu'il emploie pour harceler les postes britanniques.
Taffanel de La Jonquière est mêlé à des activités commerciales illicites menées en compagnie d'autres administrateurs et officiers coloniaux, dont l'intendant François Bigot. Avec ses associés, il exploite des postes de traite de l'Ouest malgré l'interdiction formelle des autorités métropolitaines, suscitant leur mécontentement et celui de nombreux négociants.
Il est décédé à Québec le 17 mars 1752. Il est inhumé dans les caves de la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec.
Il avait épousé, en 1721, Marie-Angélique de La Valette.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
PRITCHARD, James. Anatomy of a Naval Disaster - The 1746 French Expedition to North America. Montréal, McGill-Queen's University Press, 1995. 322 p.
ROY, Pierre-Georges. La ville de Québec sous le régime français. Vol. 1. Québec, Service des Archives du gouvernement de la Province de Québec, 1930. 548 p.
ROY, Pierre-Georges. La ville de Québec sous le régime français. Vol. 2. Québec, Service des Archives du gouvernement de la Province de Québec, 1930. 519 p.
TAILLEMITE, Etienne. « TAFFANEL DE LA JONQUIÈRE, JACQUES-PIERRE DE, marquis de LA JONQUIÈRE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=1672
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Talon, Jean
Né(e) le 8 janvier 1626Décédé(e) le 24 novembre 1694

Baptisé le 8 janvier 1626 à Châlon-sur-Marne, en France, Jean Talon est le fils de Philippe Talon et d'Anne de Bury.
Talon étudie auprès des Jésuites au collège Clermont à Paris. Il est commissaire des guerres en Flandre et intendant de l'armée de Turenne en 1653, puis commissaire du Quesnoy en 1654. Il devient intendant du Hainaut en 1655.
En 1665, Talon devient le premier intendant de la Nouvelle-France. Il remplit deux mandats à ce titre, de 1665 à 1668, puis de 1669 à 1672. Il doit mettre en place la réorganisation administrative ordonnée par le roi Louis XIV. Au cours de son mandat, Talon instaure une série de réformes importantes, notamment le rétablissement du Conseil souverain en 1666 et la restauration de la justice seigneuriale en 1668. Jean-Baptiste Colbert lui confie également le mandat de surveiller les ecclésiastiques. Il se heurte à l'Église, notamment lors de l'affaire des Dames de la Sainte-Famille, en 1667, et de l'expropriation d'une partie de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges.
Talon adopte des politiques favorisant la colonisation et la natalité de la Nouvelle-France. De 1665 à 1672, plus de 2 000 colons arrivent dans la colonie. Il favorise ensuite l'installation de militaires démobilisés du régiment de Carignan et assure l'arrivée de plus de mille filles du roi. En 1671, il signe une ordonnance obligeant les hommes célibataires à se marier avec celles-ci et accorde des rentes aux chefs de familles nombreuses. Ces politiques favorisent une hausse importante de la population canadienne.
Talon favorise le développement de l'agriculture, du commerce, des pêcheries et de l'exploitation forestière et minière en Nouvelle-France, puis en 1667, implante un commerce triangulaire avec la mère-patrie et les Antilles. L'intendant applique par ailleurs des mesures pour accélérer le développement et, surtout, l'occupation du territoire. Il fonde Bourg-Royal et Bourg-la-Reine à proximité de Québec. Il distribue environ soixante fiefs non-concédés sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Dès 1667, Talon ordonne la confection du papier terrier qui lui permet d'avoir une vue d'ensemble de l'étendue des seigneuries et prévoit diviser celles qui sont trop grandes. Dans cette veine, il nomme deux arpenteurs en 1672. Il encourage également l'exploration du continent nord-américain et cherche à découvrir le passage vers la mer de l'Ouest. De plus, Talon propose la construction d'une route reliant Québec à l'Acadie.
Après son retour définitif en France, en 1672, plusieurs des réformes de Talon sont abandonnées. Il est fait capitaine et gouverneur du château de Mariemont en 1670, baron des Islets en 1671 et comte d'Orsainville en 1675.
Il est l'auteur du Mémoire sur l'état présent du Canada (1667).
Il est décédé à Paris le 24 novembre 1694. Il est inhumé dans la chapelle Sainte-Catherine de l'église de Notre-Dame-en-Vaux, à Châlons-sur-Marne.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
MOOGK, Peter N. « Talon, Jean ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
VACHON, André. « Talon, Jean ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Ville de Québec. Répertoire des toponymes [En Ligne]. http://www.ville.quebec.qc.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Voyer d'Argenson, Pierre de
Né(e) le 19 novembre 1625Date exacte du décès inconnue.

Pierre de Voyer d'Argenson est baptisé le 19 novembre 1625.
Voyer d'Argenson devient bailli de Touraine en 1643, enseigne dans les gardes du roi sept ans plus tard puis, conseiller d'État. En 1657, il obtient le poste de gouverneur de la Nouvelle-France.
À son arrivée, Voyer d'Argenson doit faire face à deux principaux problèmes. Les Iroquois menacent la survie de la colonie et la chute du prix du castor déstabilise l'économie. Il propose ainsi l'établissement d'un monopole de traite à une seule compagnie. Il suggère également de favoriser l'arrivée des colons qui constitueraient une barrière contre les Iroquois. Sur les plans militaires et diplomatiques, il adopte des mesures de prudence et de fermeté, car il est bien décidé à ce que ses politiques conduisent à la fin des hostilités. Malgré ses bonnes intentions, les incursions iroquoises continuent dans la vallée du Saint-Laurent et ses suggestions pour réanimer l'économie ne sont pas adoptées.
En 1661, le gouverneur obtient son retour en France comme il l'avait demandé. Il est possible que le conflit l'opposant à Mgr François de Laval, évêque de Québec, sur une question de partage des pouvoirs, ne soit pas étranger à son départ.
Il est décédé près de Mouzay, en France, probablement en 1709.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
MATHIEU, Jacques. « Voyer d'Argenson, Pierre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Barrette, Antonio
Né(e) le 26 mai 1899Décédé(e) le 15 décembre 1968

Né à Joliette le 26 mai 1899, Antonio Barrette est le fils d'Ernest Barrette, employé civil, et de Robéa Côté.
Barrette travaille comme messager au Canadien National de 1914 à 1921, puis comme machiniste de 1921 à 1931. Il est ensuite ingénieur-mécanicien en chef à l'Acme Glove Work Ltd. de Joliette de 1931 à 1935. Devenu courtier d'assurances, il est le cofondateur de la société Barrette et Lépine en 1936.
Député de l'Union nationale de Joliette à l'Assemblée législative de 1936 à 1960, Barrette est secrétaire du comité d'étude du Syndicat national de rachat des rentes seigneuriales en 1938 et 1939 et ministre du Travail de 1944 à 1960. Son mandat comme ministre du Travail est marqué par des grèves majeures: les grèves d'Asbestos (1949) et de Murdochville (1957) dans le secteur minier ainsi que celle de Louiseville (1952) dans l'industrie du textile. En 1949, il présente le projet de loi 5, pour restreindre la liberté syndicale et le droit de grève. Le projet de loi est retiré en raison de l'opposition qu'il soulève.
Aux élections générales de 1952, il est réélu dans la circonscription de Joliette, contre le chef du Parti libéral, Georges-Émile Lapalme. En 1954, il fait adopter la loi 19, qui permet au gouvernement de retirer l'accréditation d'un syndicat qui compterait des « communistes » parmi ses dirigeants, ainsi que la loi 20, qui permet de retirer l'accréditation d'un syndicat d'employés publics dont un membre encourage la tenue d'une grève.
En janvier 1960, à la mort du premier ministre Paul Sauvé, qui avait succédé à Maurice Duplessis décédé quelques mois plus tôt, Antonio Barrette est choisi comme chef de l'Union nationale et devient premier ministre du Québec. Son gouvernement crée la commission d'enquête sur l'assurance-hospitalisation, qui sera mise sur pied par le gouvernement Lesage en 1961. Comme plusieurs ministres et officiers de l'Union nationale, il a acheté des actions de la Corporation de gaz naturel du Québec la veille de sa nationalisation, ce qui lui a permis de réaliser un profit important. Cette transaction, dénoncée par le journal Le Devoir et le Parti libéral du Québec, plombe la campagne de l'Union nationale aux élections générales de 1960. L'Union nationale réussit tout de même à faire élire 43 députés face à 51 libéraux. Bien qu'il ait été réélu dans le comté de Joliette, Barrette quitte la vie politique.
Il est ambassadeur du Canada en Grèce de 1963 à 1966 et président de la maison d'assurances Antonio Barrette et fils de 1966 à 1968.
Il a publié Considérations sur les relations industrielles en démocratie (1953), Le communisme est-il une menace ? (1954) et Mémoires (1966).
Il est décédé à Montréal, le 15 décembre 1968. Il est inhumé à Joliette, dans le cimetière de la paroisse de Saint-Pierre.
Il avait épousé à Joliette, en 1924, Marie-Estelle Guilbault, fille d'Osias Guilbault, notaire et régistrateur, et de Victoria Froment.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
LATOUCHE, Daniel. « Antonio Barrette ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/antonio-barrette
RUMILLY, Robert. Maurice Duplessis et son temps. Vies canadiennes. Montréal, Fides, 1973. s.p.
SARRA-BOURNET, Michel. « Maurice Le Noblet Duplessis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bertrand, Jean-Jacques
Né(e) le 20 juin 1916Décédé(e) le 22 février 1973

Né à Sainte-Agathe-des-Monts le 20 juin 1916, Jean-Jacques Bertrand est le fils de Lorenzo Bertrand, chef de gare et télégraphiste, et de Bernadette Bertrand.
Bertrand étudie aux universités d'Ottawa et de Montréal. Admis à la pratique du droit en 1941, il exerce sa profession au cabinet de Louis-Arthur Giroux à Sweetsburg. Il s'associe plus tard à l'avocat Gérard Turmel, puis aux avocats Jacques Meunier et Gilles Mercure. Il est directeur de la Compagnie d'expansion industrielle de Cowansville, secrétaire-trésorier des corporations municipales et scolaires de Sweetsburg de 1942 à 1948 et président de la Chambre de commerce des jeunes de Cowansville en 1946 et 1947.
Député de l'Union nationale dans la circonscription de Missisquoi à l'Assemblée législative et à l'Assemblée nationale de 1948 à 1973, Bertrand est nommé adjoint parlementaire du ministre des Terres et Forêts et du ministre des Ressources hydrauliques en 1954. Il est ministre des Terres et Forêts de 1958 à 1960, ministre de la Jeunesse et du Bien-être social en 1960, ministre de l'Éducation en 1966 et 1967 et ministre de la Justice de 1966 à 1968. Il est candidat à la chefferie de l'Union nationale en 1961, mais il est battu par Daniel Johnson.
Nommé chef intérimaire de l'Union nationale le 2 octobre 1968, à la suite du décès du premier ministre Daniel Johnson, il remporte la course à la chefferie en 1969 contre son collègue ministre de l'Éducation, Jean-Guy Cardinal. Bertrand est premier ministre du Québec du 2 octobre 1968 au 12 mai 1970. Il occupe également les fonctions de ministre de la Justice et ministre des Affaires intergouvernementales de 1968 à 1969, et de ministre des Finances en 1969.
De 1867 à 1968, le Parlement de Québec est composé du lieutenant-gouverneur, de l'Assemblée législative et du Conseil législatif, « chambre haute » formée de conseillers législatifs nommés par le lieutenant-gouverneur. En 1968, le gouvernement Bertrand mène à terme une réforme majeure des institutions politiques en abolissant le Conseil législatif. L'Assemblée législative devient alors l'Assemblée nationale du Québec.
En 1969, Bertrand présente et fait adopter le projet de loi qui accorde le droit de vote aux Autochtones lors d'élections provinciales. La même année, le Parlement adopte la Loi pour promouvoir la langue française au Québec, aussi connue sous le nom de « loi 63 ». La loi, qui consacre le libre choix de la langue d'enseignement, engendre une scission au sein de l'Union nationale et un mécontentement général au sein de la population.
En 1970, l'Union nationale perd les élections générales, mais Bertrand est réélu. Il est chef de l'opposition officielle de 1970 à 1971. Le 19 juin 1971, il démissionne en faveur du nouveau chef de l'Union nationale, Gabriel Loubier.
Il est décédé en fonction à Montréal le 22 février 1973. Il est inhumé à Cowansville, dans le cimetière de la paroisse de Sainte-Rose-de-Lima.
Il avait épousé à Sweetsburg, en 1944, Gabrielle Giroux, fille de Louis-Arthur Giroux, avocat, et de Juliette Bolduc.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Encyclopédie du parlementarisme québécois [En Ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
LATOUCHE, Daniel. « Bertrand, Jean-Jacques ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bouchard, Lucien
Né(e) le 22 décembre 1938Est toujours en vie

Né à Saint-Cœur-de-Marie (Lac-Saint-Jean) en 1938, fils de Philippe Bouchard et d'Alice Simard.
Étudia au Collège de Jonquière. Titulaire d'un baccalauréat ès arts depuis 1959, d'un baccalauréat en sciences sociales et d'une licence en droit de l'Université Laval. Admis au Barreau du Québec en 1964.
Exerça sa profession d'avocat à Chicoutimi jusqu'en 1985. Fut président des tribunaux d'arbitrage du secteur de l'éducation de 1970 à 1976. Procureur en chef de la Commission de l'industrie de la construction (commission Cliche) en 1974 et en 1975. Membre de la Commission d'étude et de consultation dans les secteurs public et parapublic (Commission Martin-Bouchard) en 1975. Représentant du gouvernement du Québec dans les négociations collectives des secteurs public et parapublic et dans les affaires constitutionnelles. À compter de 1978, fut successivement bâtonnier du Barreau du Saguenay, membre du comité administratif et président du comité de spécialisation du Barreau du Québec.
Fut membre du conseil d'administration de la Société générale de financement du Québec, de Donohue et de la Corporation de développement des investissements du Canada.
Ambassadeur du Canada en France de juillet 1985 à mars 1988. Présida, en 1986, le Comité international de préparation du deuxième Sommet de la Francophonie tenu à Québec en septembre 1987.
Nommé Secrétaire d'État du Canada le 31 mars 1988. Élu député du Parti progressiste-conservateur (PPC) dans Lac-Saint-Jean à l'élection partielle fédérale du 20 juin 1988. Réélu aux élections générales de 1988. Ministre de l'Environnement du 30 janvier 1989 au 22 mai 1990. Démissionna comme ministre et membre du caucus du PPC et siégea comme indépendant. Dirigea à partir de juillet 1990 le Bloc québécois, puis en fut président et chef à partir du 15 juin 1991. Réélu sous la bannière de ce parti en 1993. Chef de l'opposition officielle d'octobre 1993 à janvier 1996. Démissionna de ses fonctions de chef de l'opposition officielle, de député de Lac-Saint-Jean et de chef du Bloc québécois le 15 janvier 1996.
Président du Parti québécois du 27 janvier 1996 au 11 janvier 2001. Premier ministre du Québec du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001. Élu député du Parti québécois dans Jonquière à l'élection partielle du 19 février 1996. Réélu en 1998. Démissionna le 8 mars 2001.
Retourna à la pratique privée. Associé au cabinet d'avocats Davies Ward Phillips & Vineberg à compter d'avril 2001. Président de l'Association pétrolière et gazière du Québec de janvier 2011 au 6 février 2013. Médiateur spécial en relations de travail à l'aluminerie de Bécancour ABI depuis avril 2011. En janvier 2015, fut nommé médiateur entre Produits forestiers Résolu, le gouvernement du Québec et les communautés cries et innues au Lac-Saint-Jean.
Président du conseil d'administration de l'Orchestre symphonique de Montréal depuis le 27 septembre 2004. Devint membre de plusieurs conseils d'administration: Transcontinental en 2001, Saputo et Groupe BMTC en 2004. Membre du conseil consultatif de Dessau-Soprin depuis mars 2003.
Décoré de la médaille Gloire de l'Escolle de l'Association des diplômés de l'Université Laval en octobre 2001. Fait commandeur de la Légion d'honneur le 9 octobre 2002. Reçut un doctorat honorifique de l'Université du Québec à Chicoutimi le 27 avril 2007. Désigné « avocat émérite » par le Barreau du Québec le 9 mai 2007. Élevé au rang de grand officier de l'Ordre national du Québec pour sa contribution exceptionnelle à la vie québécoise le 19 juin 2008. Fait Citoyen d'honneur de la Ville de Montréal en juin 2021.
Publia À visage découvert (1992) et Lettre à un jeune politicien (2012). Auteur de plusieurs articles spécialisés.
Source : Assemblée nationale du Québec
Boucher de Boucherville, Charles-Eugène
Né(e) le 4 mai 1822Décédé(e) le 10 septembre 1915

Né à Montréal le 4 mai 1822, Charles-Eugène Boucher de Boucherville est le fils de Pierre-Amable Boucher de Boucherville, seigneur de Boucherville, et de Marguerite-Émilie Sabrevois de Bleury.
Après avoir obtenu un doctorat en médecine au McGill College, Boucherville se rend en France pour parfaire sa formation et fait un stage dans des cliniques à Paris. En 1843, il reçoit son permis du Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada. Il ouvre un cabinet à Varennes et pratique la médecine jusqu'en 1861.
Député de Chambly à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1861 à 1867, Boucherville siège comme indépendant avant d'appuyer les conservateurs. Il appuie le projet de Confédération. En juillet 1867, il est nommé conseiller législatif de la division de Montarville, poste qu'il conserve jusqu'à sa mort. La même année, il est nommé président du Conseil législatif. En 1873, John Jones Ross lui succède sous la gouverne du nouveau premier ministre Gédéon Ouimet.
En 1874, Boucherville est nommé premier ministre du Québec, après la démission de Ouimet dont la crédibilité s'effrite avec le scandale des Tanneries. De 1874 à 1876, il occupe également les fonctions de secrétaire et de registraire de la province et de ministre de l'Instruction publique. Enfin, il est commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics de 1876 à 1878. Sous son gouvernement, le Parlement adopte une grande réforme électorale qui instaure notamment le scrutin secret et force la tenue des élections dans toutes les circonscriptions le même jour. Il abolit le ministère de l'Instruction publique et confie ses responsabilités au Conseil de l'Instruction publique, où dominent les évêques catholiques et les leaders protestants.
Le gouvernement Boucherville finance et dirige la construction du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental. Le projet étant menacé par les difficultés financières du gouvernement, les conservateurs présentent un projet de loi pour obliger les municipalités à respecter leurs engagements financiers vis-à-vis de la construction du chemin de fer. En cette même année 1878, sur une accusation de dilapidation des fonds publics, le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just destitue le cabinet de Boucherville. Il nomme le libéral Henri-Gustave Joly à la tête du gouvernement.
Au lendemain des élections générales de 1878, une majorité libérale est élue à l'Assemblée. Boucherville quitte la direction du Parti conservateur. L'année suivante, il entre au Sénat à Ottawa comme représentant de la division de Montarville. Siégeant toujours au Conseil législatif, il se dissocie du gouvernement de Joseph-Adolphe Chapleau en 1882. Il réclame alors une enquête sur la vente du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, derrière laquelle il soupçonne de la corruption. Il s'oppose à un projet de loi de Chapleau pour restreindre l'immigration chinoise. En 1888, il défend le compromis d'Honoré Mercier sur la question des biens des jésuites au Conseil législatif.
Boucherville redevient premier ministre du Québec en 1891 à la suite de la révocation du gouvernement d'Honoré Mercier par le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers. Son parti remporte les élections générales de 1892. Il accorde le droit de voter aux femmes célibataires propriétaires et aux veuves aux élections municipales et scolaires. Il démissionne en 1892 après la nomination de Joseph-Adolphe Chapleau comme lieutenant-gouverneur.
Il est décédé en fonction à Montréal le 10 septembre 1915. Il est inhumé dans la crypte de l'église de Sainte-Famille, à Boucherville.
Il avait épousé à Montréal, en 1861, Susan Elizabeth Morrogh, fille du protonotaire Robert Lester Morrogh et de Catherine Margaret Mackenzie; puis, à Varennes, en 1866, Marie-Céleste-Esther Lussier, fille du seigneur Félix Lussier et d'Angélique Deschamps.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Encyclopédie du parlementarisme québécois [En Ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
MUNRO, Kenneth. « Boucher de Boucherville Charles-Eugène-Napoléon ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bourassa, Robert
Né(e) le 14 juillet 1933Décédé(e) le 2 octobre 1996

Né à Montréal le 14 juillet 1933, Robert Bourassa est le fils d'Aubert Bourassa et d'Adrienne Courville.
Après ses études à l'Université de Montréal, Bourassa est admis au Barreau du Québec en 1957. Il obtient une maîtrise en sciences économiques et politiques de l'Université d'Oxford en 1959, et une maîtrise en fiscalité et droit financier de l'Université Harvard en 1960.
D'abord conseiller fiscal au ministère fédéral du Revenu national de 1960 à 1963, Bourassa occupe ensuite les fonctions de secrétaire et de directeur des recherches de la Commission Bélanger sur la fiscalité de 1963 à 1965. Il est également conseiller spécial sur les questions économiques et fiscales auprès du ministère fédéral des Finances.
À la même époque, Bourassa occupe des postes de professeur en sciences économiques et en fiscalité à l'Université d'Ottawa (1961-1963) et en finances publiques à l'Université Laval et à l'Université de Montréal (1966-1969).
Député libéral du comté de Mercier à l'Assemblée nationale de 1966 à 1976, Bourassa devient chef du Parti libéral du Québec en 1970. Premier ministre du Québec de 1970 à 1976, il occupe aussi les fonctions de ministre des Finances (1970) et de ministre des Affaires intergouvernementales (1971, 1972 et 1976).
Peu après son accession au pouvoir, il fait face à la crise d'Octobre. Très actif sur le plan législatif, son gouvernement met en place notamment le régime d'assurance maladie en 1970 et l'aide juridique en 1972. En 1971, le gouvernement de Bourassa lance le projet de la baie James, un vaste chantier de construction d'installations hydroélectriques. Le projet est contesté par les Cris et les Inuits, ce qui mène à la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975. Celle-ci permet la poursuite du projet sur les territoires autochtones en échange de compensations et accorde aux communautés autochtones qui peuplent le territoire une autonomie politique et certaines responsabilités gouvernementales. Le gouvernement de Bourassa doit également composer avec le front commun intersyndical de 1972, qui déclenche une grève générale dans les secteurs public et parapublic. En 1975, il fait adopter la Charte québécoise des droits et libertés. Son parti est battu aux élections générales de 1976 et lui-même est battu dans sa circonscription.
En 1978, il enseigne au Center of Advanced International Studies de l'Université John Hopkins et, à partir de 1979, aux départements de science politique de l'Université Laval et de l'Université de Montréal.
Bourassa est réélu chef du Parti libéral du Québec en 1983. Élu député dans Bertrand en 1985 lors d'une élection partielle, il devient chef de l'opposition officielle. Le Parti libéral remporte les élections générales de 1985 et Bourassa devient premier ministre, mais il est battu dans son comté. Il est élu député de Saint-Laurent lors d'une élection partielle en 1986. En 1988, son gouvernement vote le projet de loi 178, qui proclame la prééminence du français dans l'affichage. En 1990, il institue la taxe de vente du Québec (TVQ). Pour réformer la constitution canadienne et amener le Québec à la signer, ce qui n'avait pas été fait lors du rapatriement de 1982, Bourassa signe l'Accord du lac Meech en 1987 et l'Accord de Charlottetown en 1992. Le premier échoue, faute d'être ratifié, et le deuxième est rejeté par voie de référendum. Son deuxième mandat comme premier ministre est également marqué par la crise d'Oka en 1990. Affaibli par la maladie, il quitte la politique en 1994.
Il a entre autres publié La Baie James (1973), Deux fois la Baie James (1981) et Gouverner le Québec (1995).
Il est décédé à Montréal le 2 octobre 1996. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Sorel, en 1958, Andrée Simard, fille d'Édouard Simard, industriel, et d'Orise Brunelle.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BOURASSA, Robert. Gouverner le Québec. Montréal, Fides, 1995. 305 p.
FOOT, Richard et Daniel LATOUCHE. « Robert Bourassa ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/robert-bourassa
GERMAIN, Georges-Hébert. Robert Bourassa. Montréal, Libre Expression, 2012. 416 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chapleau, Joseph-Adolphe
Né(e) le 9 novembre 1840Décédé(e) le 13 juin 1898

Naissance - Mort : 1840 – 1898
Né à Sainte-Thérèse le 9 novembre 1840, Joseph-Adolphe Chapleau est le fils de Pierre Chapleau, maçon, et de Zoé Sigouin.
Chapleau étudie le droit à Montréal auprès des avocats Gédéon Ouimet, Louis-Siméon Morin et Louis-François-Wilfrid Marchand. Admis à la pratique en 1861, il exerce la profession d'avocat à Montréal. En 1862, Chapleau participe à la fondation du journal Le Colonisateur. Plus tard, il devient actionnaire et directeur politique du journal La Minerve, de même que bailleur de fonds, puis directeur politique, du journal La Presse.
Chapleau est député conservateur de Terrebonne à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1867 à 1882, presque sans interruption. Il critique la loi sur l'instruction publique du gouvernement conservateur, qui selon lui accorde trop de privilèges à la minorité protestante. Il vote contre le double mandat malgré l'opposition du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, qui siège lui-même à Québec et à Ottawa. Il s'oppose à la faction ultramontaine du Parti conservateur, qui réclame la suprématie de l'Église sur l'État. Chapleau occupe le poste de solliciteur général dans le gouvernement de Gédéon Ouimet de 1873 à 1874. Il est contraint de démissionner après avoir été impliqué dans le « scandale des Tanneries ». Il est nommé ministre sans portefeuille en 1876, puis secrétaire et registraire de la province, postes qu'il occupe jusqu'en 1878. Chef des conservateurs à partir de 1878, il dirige l'opposition de 1878 à 1879. Il place le gouvernement en minorité en ralliant cinq députés libéraux qui votent avec lui une motion de blâme. En 1879, le gouvernement libéral est renversé et Chapleau est appelé par le lieutenant-gouverneur à former le nouveau gouvernement.
Premier ministre du Québec de 1879 à 1882, il exerce aussi les fonctions de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics, de 1879 à 1881, et de commissaire des Chemins de fer en 1881. Son gouvernement réduit la dette du Québec en privatisant le chemin de fer de la rive nord entre Montréal et Québec. Ami du curé Antoine Labelle, Chapleau soutient le projet de colonisation des Laurentides. Grâce à l'appui financier de banquiers français, il crée le Crédit foncier franco-canadien pour accorder des prêts aux agriculteurs, aux municipalités et aux gouvernements. Durant son mandat, Chapleau s'oppose à maintes reprises aux ultramontains de son parti, qui défendent le principe de subordination de l'État à l'Église.
Chapleau poursuit sa carrière politique sur la scène fédérale en 1882. Il est alors élu député conservateur de Terrebonne à la Chambre des communes. Il est secrétaire d'État de 1882 à 1892 et ministre des Douanes en 1892. Après la pendaison de Louis Riel en 1885, il refuse l'invitation d'Honoré Mercier de revenir à Québec pour devenir premier ministre d'un gouvernement de coalition. En 1892, il refuse de participer au gouvernement du nouveau premier ministre du Canada, John Sparrow David Thompson. Il est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec, fonction qu'il occupe de 1892 à 1898.
Au cours de sa carrière, Chapleau est également directeur de la Laurentides Railway Co. et de la Pontiac & Pacific Railway Co. Promoteur et vice-président du Crédit foncier franco-canadien, il est aussi directeur du Crédit foncier du Bas-Canada et de la Banque d'épargne de la cité et du district de Montréal. Il est également professeur de droit criminel à l'Université Laval à Montréal de 1878 à 1885, puis professeur titulaire de droit international de 1885 à 1898.
Il est décédé à Montréal le 13 juin 1898. Il est inhumé à Montréal, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Sherbrooke, en 1874, Marie-Louise King, fille de Charles King, lieutenant-colonel et major de brigade, et de Bessie Harrington.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
DÉSILETS, Andrée. « Chapleau Joseph-Adolphe ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Charest, Jean
Né(e) le 24 juin 1958Est toujours en vie

Né à Sherbrooke en 1958, fils de Claude Charest et de Rita Léonard.
Étudia au secondaire à l'École Montcalm et au collégial au Séminaire de Sherbrooke. Obtint un baccalauréat en droit de l'Université de Sherbrooke en 1980. Admis au Barreau du Québec en 1981.
Compléta un stage en droit à l'Aide juridique en 1980 et en 1981 et fut avocat chez Beauchemin, Dussault à Sherbrooke de 1981 à 1984.
Élu député du Parti progressiste-conservateur dans Sherbrooke aux élections fédérales de 1984. Réélu en 1988, en 1993 et en 1997. Vice-président adjoint de la Chambre des communes du 18 septembre 1984 au 29 juin 1986, ministre d'État à la Jeunesse dans le cabinet Mulroney du 30 juin 1986 au 24 janvier 1990. Ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur et leader adjoint du gouvernement du 30 avril 1988 au 24 janvier 1990. Président du comité parlementaire spécial sur le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord constitutionnel du lac Meech en 1990. Ministre de l'Environnement du 21 avril 1991 au 24 juin 1993, vice-premier ministre, ministre de l'Industrie et des Sciences et ministre responsable du Bureau fédéral de développement économique régional du Québec dans le cabinet Campbell du 25 juin au 26 octobre 1993. Candidat défait à la chefferie du Parti progressiste-conservateur à Ottawa en 1993. Chef par intérim de ce parti du 14 décembre 1993 au 28 avril 1995, puis chef à partir du 29 avril 1995. Vice-président du Comité national des Québécoises et des Québécois pour le Non de juin au 1er novembre 1995.
Chargé de cours au département de science politique de l'Université Concordia en 1994 et en 1995.
Démissionna comme chef du Parti progressiste-conservateur le 3 avril 1998. Devint candidat à la direction du Parti libéral du Québec le 6 avril suivant, puis démissionna comme député fédéral de Sherbrooke le 30 avril 1998, date où il devint chef du Parti libéral du Québec.
Élu député de ce parti dans Sherbrooke en 1998. Réélu en 2003, en 2007 et en 2008. Chef de l'opposition officielle du 15 décembre 1998 au 29 avril 2003. Premier ministre et président du Conseil exécutif du 29 avril 2003 au 19 septembre 2012. Défait en 2012.
Avocat associé chez McCarthy-Tétreault à Montréal de 2013 à 2024, joignit ensuite Therrien, Couture, Joli-Cœur. Devint président du conseil des gouverneurs de l'Idée fédérale en 2013 et coprésident du Conseil d'affaires Canada-Émirats arabes unis en 2018.
Candidat défait à la chefferie du Parti conservateur du Canada le 10 septembre 2022.
Reçut plusieurs décorations et honneurs: Prix Vanier (The Outstanding Young Persons Award) (1989), Ordre du mérite de Bavière (juillet 2007), Grand Croix de l'Ordre de la Pléïade (novembre 2007), commandeur de la Légion d'honneur (2 février 2009), Médaille de l'Academy of Distinguished Canadians and Americans of the Maple Leaf Foundation (novembre 2009), South Australian International Climate Change Leadership Award (décembre 2010), Statesman Award de la Foreign Policy Association (juin 2011), Woodrow Wilson Award for Public Service (octobre 2011). Reçut également plusieurs doctorats honoris causa: Université Pierre-Mendès (France, 2009), Champlain College (Vermont, 2011), Université Bishop's (2013), Canadian University Dubai (Émirats arabes unis, 2016) et Lakehead University (2016).
Publia J'ai choisi le Québec en 1998 et plusieurs articles sur divers aspects de la politique canadienne.
Source : Assemblée nationale du Québec
Chauveau, Pierre-Joseph-Olivier
Né(e) le 30 mai 1820Décédé(e) le 8 avril 1890

Né le 30 mai 1820 à Charlesbourg (Québec), Pierre-Joseph-Olivier Chauveau est le fils de Pierre-Charles Chauveau, marchand, et de Marie-Louise Roy.
Il étudie au Petit Séminaire de Québec de 1829 à 1837, puis fait son apprentissage du droit auprès d'André-Rémi Hamel, de Louis-David Roy et de George Okill Stuart. Il est admis au Barreau le 30 août 1841.
En plus de pratiquer le droit avec Roy, puis en association avec Philippe Baby Casgrain, Chauveau prend activement part à la vie intellectuelle et culturelle de Québec. Il participe à la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec en 1842, puis de la Société canadienne d'études littéraires et scientifiques en 1843. La même année, il est nommé président de la Société littéraire et historique de Québec. Conférencier et président de l'Institut canadien de Québec en 1851 et 1852, il devient vice-président de l'Association de la bibliothèque de Québec.
Chauveau se lance en politique au côté de Louis-Hippolyte La Fontaine et devient député de Québec à l'Assemblée législative de la province du Canada en 1844. Siégeant dans l'opposition, il défend notamment l'usage du français en chambre, le gouvernement responsable et la représentation proportionnelle de la population. Réélu en 1848, 1851 et 1854, il est solliciteur général de 1851 à 1853, puis secrétaire provincial de 1853 à 1855. Il appuie les démarches du premier ministre Auguste-Norbert Morin pour abolir le régime seigneurial et rendre le Conseil législatif électif. En 1855, Chauveau quitte son siège de député pour être nommé surintendant du bureau d'Éducation, poste qu'il occupe jusqu'en 1868. Il y travaille notamment à la création d'écoles normales et du conseil de l'Instruction publique. En 1857, il fonde le Journal de l'Instruction publique, qu'il dirige et rédige presque en totalité jusqu'en 1867.
En 1867, après l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, Chauveau fait un retour sur la scène politique alors qu'il devient le premier titulaire du poste de premier ministre de la province de Québec. Il est également président du Conseil exécutif, secrétaire et registraire de la province de 1867 à 1873 ainsi que ministre de l'Instruction publique de 1868 à 1873. Son gouvernement met en place l'appareil étatique de la nouvelle province. En tant que ministre de l'Instruction publique, Chauveau préside à la séparation du système scolaire entre catholiques et protestants. Il négocie le partage de la dette avec l'État fédéral. Il quitte la politique provinciale en 1873 pour devenir sénateur. Il est nommé président du Sénat, mais l'arrivée au pouvoir des libéraux en 1874 l'oblige à démissionner. Il quitte son siège de sénateur pour se présenter dans Charlevoix aux élections fédérales de 1874, mais il est défait.
En 1876, il devient membre puis président de la Commission du havre de Québec. En 1877, il est nommé shérif de Montréal, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. Chauveau est aussi professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval à Montréal de 1878 à 1890. Il préside plusieurs sociétés scientifiques et culturelles: la Société historique de Montréal, l'Institut canadien-français de Montréal, la Société d'archéologie et de numismatique de Montréal et la Société royale du Canada.
Il est notamment l'auteur de Charles Guérin: roman de mœurs canadiennes (1853), L'instruction publique au Canada: précis historique et statistique (1876) et François-Xavier Garneau: sa vie et ses œuvres (1883).
Il est décédé à Québec le 4 avril 1890. Il est inhumé dans la chapelle des Ursulines.
Il avait épousé à Québec, en 1840, Marie-Louise-Flore Masse, fille de Pierre Masse et de Marie-Anne Boucher.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
GALLICHAN, Gilles. « Pierre-Joseph-Olivier Chauveau : Portrait en trois temps ». Histoire Québec. Vol. 12, no 2 (2006), p. 24-30.
HAMELIN, Jean et Pierre POULIN. « Chauveau, Pierre-Joseph-Olivier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Couillard, Philippe
Né(e) le 26 juin 1957Est toujours en vie

Né à Montréal en 1957, fils de Pierre Couillard, professeur et docteur en biologie, et d'Hélène Pardé.
Obtint un doctorat en médecine en 1979 et un diplôme en neurochirurgie en 1985 de l'Université de Montréal, un certificat de spécialiste du Collège des médecins du Québec et un certificat de spécialiste du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada en 1985.
Fut chirurgien-chef au département de neurochirurgie de l'Hôpital Saint-Luc de 1989 à 1992 et cofondateur du Service de neurochirurgie de Dharam (Arabie Saoudite) de 1992 à 1996. Professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke de 1996 à 2003 et chirurgien-chef et directeur du département de chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke de 2000 à 2003.
Fut représentant canadien au conseil d'administration de la Société de neurochirurgie de langue française de 1999 à 2003. Membre du conseil d'administration et du Comité des affaires publiques et des politiques de la santé du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada de 2000 à 2003. Membre de la James IV Association of Surgery à compter de 2002.
Élu député libéral dans Mont-Royal en 2003. Réélu dans Jean-Talon en 2007. Ministre de la Santé et des Services sociaux dans le cabinet Charest du 29 avril 2003 au 25 juin 2008, date de sa démission en tant que député.
Devint partenaire du Fonds d'investissement PCP (Persistence Capital Partners) le 18 août 2008. Chercheur principal en droit de la santé à l'Université McGill en janvier 2009, y enseigna jusqu'en décembre 2011. Fut membre à partir de 2009 du conseil consultatif international mis sur pied par le ministre de la Santé d'Arabie Saoudite. Nommé le 24 juin 2010 membre du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS). Devint conseiller stratégique en santé et en sciences de la vie chez Secor en février 2011, puis consultant à titre personnel à partir de juillet 2012.
Membre du conseil d'administration d'Amorfix Life Sciences et de Thallion Pharmaceuticals. Président de la Fondation canadienne de recherche en santé et du Regroupement des soins de santé personnalisés. Administrateur du Collège royal Canada international.
Annonça le 3 octobre 2012 avoir quitté ces fonctions et devint candidat à la direction du Parti libéral du Québec. Élu chef de ce parti le 17 mars 2013. Élu député libéral d'Outremont à l'élection partielle du 9 décembre 2013. Élu dans Roberval en 2014 et réélu en 2018. Chef de l'opposition officielle du 9 décembre 2013 au 5 mars 2014. Premier ministre du 23 avril 2014 au 16 octobre 2018. Annonça sa démission comme chef du Parti libéral du Québec le 4 octobre 2018. Démissionna comme député le 9 octobre 2018.
Reçut en 2006 le Prix médecine, culture et société de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et la médaille Jacques-Cartier en 2007.
Source : Assemblée nationale du Québec
Duplessis, Maurice Le Noblet
Né(e) le 20 avril 1890Décédé(e) le 7 septembre 1959

Né à Trois-Rivières le 20 avril 1890, Maurice Le Noblet Duplessis est le fils de Nérée Le Noblet Duplessis, avocat et homme politique, et de Berthe Genest.
Duplessis fait ses études de droit à l'Université Laval à Montréal. Admis à la pratique en 1913, il exerce la profession d'avocat à Trois-Rivières. Il est nommé bâtonnier du Barreau de Trois-Rivières en 1937 et bâtonnier du Barreau de la province de Québec en 1937 et en 1938.
Candidat conservateur dans la circonscription de Trois-Rivières, il est battu aux élections générales de 1923. En 1927, il est élu député conservateur dans cette circonscription à l'Assemblée législative de la province de Québec. Réélu en 1931, Duplessis dirige le Parti conservateur de 1933 à 1935. Il est chef de l'opposition de 1932 à 1936. En 1935, il conclut une alliance avec l'Action libérale nationale puis fonde l'Union nationale. Quelques mois plus tard, aux élections de 1936, le nouveau parti déloge le Parti libéral qui était au pouvoir depuis près de quarante ans et Duplessis devient premier ministre du Québec. Il occupe aussi les fonctions de Procureur général de la province de Québec de 1936 à 1939 et de 1944 à 1959, ministre des Terres et Forêts de 1937 à 1938 et ministre de la Voirie en 1938. En 1936, il crée l'Office du crédit agricole, ce qui lui vaudra l'appui durable des régions rurales. Son gouvernement adhère au régime fédéral des pensions de vieillesse. En 1937, il fait adopter la Loi des salaires raisonnables, ancêtre de la loi du salaire minimum. Il met en place la Loi contre la propagande communiste, aussi connue sous le nom de « loi du cadenas », qui limite les rassemblements et la diffusion de certaines idées. Pour lutter contre le chômage, il met en place un régime de travaux publics qui permet notamment la construction du Jardin botanique de Montréal. L'Union nationale perd les élections de 1939.
Aux élections de 1944, Duplessis et l'Union nationale reprennent le pouvoir. Le nouveau gouvernement attire les capitaux américains en ouvrant le Nord québécois à l'exploitation de ses ressources naturelles et en maintenant des redevances à un faible taux. L'Office de l'électrification rurale, qu'il crée en 1945, fait passer la distribution de l'électricité en milieu rural de 20 % en 1945 à près de 90 % dix ans plus tard. Il abolit la Commission d'assurance-maladie de Québec, créée par le gouvernement Godbout pour étudier la mise en place d'un programme d'assurance maladie. En 1948, le fleurdelisé est adopté comme drapeau officiel du Québec. En 1954, le gouvernement de Duplessis crée un impôt provincial sur le revenu. Il dirige de grands projets de construction d'autoroutes, de ponts, d'hôpitaux et d'écoles.
Le gouvernement de Duplessis est critiqué entre autres pour son attitude envers le mouvement ouvrier. En 1954, il fait adopter les projets de loi 19 et 20, qui permettent au gouvernement de retirer l'accréditation d'un syndicat dont un membre se rend coupable d'activités communistes, ainsi que de retirer l'accréditation d'un syndicat d'employés publics dont un membre encourage la tenue d'une grève. Le deuxième gouvernement Duplessis est marqué par des grèves majeures: les grèves d'Asbestos (1949) et de Murdochville (1957) dans le secteur minier ainsi que celle de Louiseville (1952) dans l'industrie du textile. L'Union nationale de Duplessis rompt avec les méthodes traditionnelles de mise en image des partis politiques en ayant recours à des stratégies publicitaires commerciales. Sa formation se maintient au pouvoir pendant 16 ans, notamment grâce à un système d'achat gouvernemental contrôlé à des fins partisanes, sur lequel la commission Salvas fera la lumière en 1963.
Maurice Duplessis est décédé en fonction à Schefferville le 7 septembre 1959. Il est inhumé à Trois-Rivières, dans le cimetière Saint-Louis.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
GARIÉPY, Odette. « Maison Le Noblet-Duplessis ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 242-243.
LAVIGNE, Alain. Duplessis, pièce manquante d'une légende. L'invention du marketing politique. Québec, Septentrion, 2012. 200 p.
SARRA-BOURNET, Michel. « Maurice Le Noblet Duplessis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Flynn, Edmund James
Né(e) le 16 novembre 1847Décédé(e) le 7 juin 1927

Né à Percé le 16 novembre 1847, Edmund James Flynn est le fils de James Flynn, pêcheur, et d'Elizabeth Tostevin.
De 1867 à 1869, Flynn travaille comme registraire adjoint, protonotaire adjoint et greffier adjoint à la Cour du banc de la reine. Il est aussi registraire à la Cour de circuit de Gaspé et secrétaire-trésorier de la municipalité de Gaspé avant d'entreprendre ses études de droit à l'Université Laval en 1871. Admis à la pratique en 1873, il exerce d'abord sa profession d'avocat en Gaspésie. En 1874, il s'installe à Québec, où il s'associe avec Édouard Rémillard, François-Xavier Drouin et Jean Gosselin, puis avec son fils Francis.
Flynn est élu député de Gaspé à l'Assemblée législative de la province de Québec en 1878. Il siège d'abord avec les libéraux avant de rejoindre les conservateurs, avec quatre de ses collègues, en 1879. Il est nommé commissaire des Terres de la couronne en 1879 par le premier ministre Joseph-Adolphe Chapleau. En 1882, Chapleau démissionne et le nouveau premier ministre, Joseph-Alfred Mousseau, n'inclut pas Flynn dans son cabinet. Flynn revient au gouvernement en 1884 lorsque le successeur de Mousseau, John Jones Ross, le nomme commissaire des Chemins de fer (1884-1886), puis solliciteur général (1885-1887). Battu dans son comté aux élections générales de 1890, il se présente dans le comté de Québec aux élections fédérales de 1891, sans succès. En 1891, le premier ministre Charles-Eugène Boucher de Boucherville le nomme à nouveau commissaire des Terres de la couronne. Il conserve ce poste jusqu'en 1896. On doit à Flynn la création en 1895 du plus vieux parc du Québec, le parc de la Montagne tremblante, et celle du parc des Laurentides.
Réélu en 1892 dans les circonscriptions de Matane et de Gaspé, Flynn choisit cette dernière. En 1896, il est choisi par le lieutenant-gouverneur, Joseph-Adolphe Chapleau, pour succéder à Louis-Olivier Taillon comme premier ministre. Flynn se réserve le portefeuille des Travaux publics. Son mandat est marqué par les débats sur la dette publique et les subsides aux chemins de fer. Flynn s'intéresse également à l'enseignement primaire à travers l'aide financière aux municipalités pauvres et l'augmentation du salaire du personnel enseignant. Son gouvernement adopte la loi dite des « homesteads », qui protège les colons contre la saisie de leurs biens essentiels.
Les conservateurs sont battus aux élections générales de 1897. Réélu de justesse dans Gaspé, Flynn devient chef de l'opposition. Il se présente dans Nicolet aux élections de 1900 et il est élu avec une faible majorité. Il s'abstient de se présenter aux élections générales de 1904 pour protester contre le déclenchement hâtif des élections par le premier ministre Simon-Napoléon Parent et la courte durée de la campagne électorale. Sans siège, il renonce en 1905 à son poste de chef du Parti conservateur.
Flynn est professeur de droit romain à l'Université Laval, à Québec, de 1874 à 1927. Il est secrétaire de la Faculté de droit de 1874 à 1880, membre du conseil de l'Université Laval de 1891 à 1927 et doyen de la Faculté de droit de 1915 à 1921. Il est bâtonnier du Barreau de Québec de 1907 à 1909, juge à la Cour supérieure du district de Beauce de 1914 à 1920, puis juge à la Cour du banc du roi de 1920 jusqu'à sa mort.
Il est décédé à Québec le 7 juin 1927. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Québec.
Il avait épousé dans la paroisse Notre-Dame de Québec, en 1875, Augustine Côté, fille d'Augustin Côté, propriétaire du Journal de Québec, et d'Émilie Lemieux; puis dans la paroisse Notre-Dame de Montréal, en 1912, Marie-Cécile Pouliot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
DESJARDINS, Marc. « Flynn, Edmund James ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Godbout, Joseph-Adélard
Né(e) le 24 septembre 1892Décédé(e) le 18 septembre 1956

Né à Saint-Éloi le 24 septembre 1892, Joseph-Adélard Godbout est le fils d'Eugène Godbout, cultivateur, et de Marie-Louise Duret.
Godbout étudie à l'école d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, puis au Amherst Agricultural College, dans l'État du Massachusetts. Professeur à l'École d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière de 1918 à 1930, il est aussi agronome pour le ministère de l'Agriculture dans le comté de L'Islet de 1922 à 1925. Codirecteur de l'Association des éleveurs de Holstein-Friesian, il est également nommé président de la section Sainte-Anne-de-la-Pocatière de la Société des agronomes canadiens en 1929 et président de l'Association des techniciens agricoles en 1933.
Député libéral de L'Islet à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1929 à 1936 et de 1939 à 1948, Godbout est ministre de l'Agriculture dans le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau, de 1930 à 1936. Il devient premier ministre du Québec à la suite de la démission de Taschereau en 1936. Il est en même temps ministre de l'Agriculture et de la Colonisation. Son parti perd le pouvoir aux élections de 1936, mais le reprend en 1939. Godbout est de nouveau premier ministre jusqu'en 1944. Il occupe toujours les fonctions de ministre de l'Agriculture et de ministre de la Colonisation. Pendant son dernier mandat, les femmes obtiennent le droit de vote aux élections provinciales et la fréquentation scolaire devient obligatoire jusqu'à l'âge de quatorze ans. Godbout est chef de l'opposition de 1944 à 1948. Défait dans sa circonscription aux élections de 1948, il est nommé sénateur de la division de Montarville en 1949 et occupe ce poste jusqu'à sa mort.
Il est décédé à Montréal le 18 septembre 1956. Il est inhumé à Frelighsburg, dans le cimetière de la paroisse de Saint-François-d'Assise.
Il avait épousé à L'Islet, en 1923, Dorilda Fortin, fille de Florent Fortin et d'Éliza Lebourdais.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
GENEST, Jean-Guy. Godbout. Sillery, Éditions du Septentrion, 1996. 390 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Gouin, Lomer
Né(e) le 19 mars 1861Décédé(e) le 28 mars 1929

Né à Grondines le 19 mars 1861, Lomer Gouin est le fils de Joseph-Nérée Gouin, médecin, et de Séraphine Fugère.
Gouin fait l'apprentissage du droit auprès de Toussaint-Antoine-Rodolphe Laflamme et de John Joseph Caldwell Abbott. Il est admis à la pratique en 1884. Au cours de sa carrière d'avocat, il exerce, entre autres, avec Louis-Olivier Taillon, Raymond Préfontaine, Honoré Mercier (père) et Rodolphe Lemieux.
Lomer Gouin occupe le poste de directeur ou d'administrateur de nombreuses banques et compagnies telles que la Banque d'épargne de la cité et du district de Montréal, la Banque de Montréal, la Shawinigan Water and Power Co., la Mutual Life Insurance, la Montreal Light, Heat and Power Co., la Canada Insurance et la Canadian International Paper Co. Il représente également plusieurs compagnies ferroviaires, dont la Compagnie du Grand Tronc de chemin de fer du Canada. Il est aussi membre du bureau de contrôle de la Banque Provinciale du Canada et du Conseil de l'instruction publique de la province de Québec. En 1920, il devient président du conseil d'administration de l'Université de Montréal et directeur politique du journal La Presse.
Gouin est député libéral à l'Assemblée législative dans Montréal no 2 de 1897 à 1908, puis député de Portneuf de 1908 à 1920. En 1900, il siège également au conseil municipal de Montréal. Commissaire des Travaux publics dans le gouvernement de Simon-Napoléon Parent, de 1900 à 1901, il est ensuite nommé ministre de la Colonisation et des Travaux publics. Gouin devient premier ministre du Québec en 1905 et le demeure jusqu'à sa démission en 1920. Il occupe en même temps la fonction de procureur général. Élu député libéral dans Laurier-Outremont aux élections fédérales de 1921, il est ministre de la Justice dans le gouvernement de William Lyon Mackenzie King, de 1921 à 1924. En janvier 1929, il est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
Il est décédé en fonction à Québec, le 28 mars 1929. Il est inhumé à Montréal, dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Montréal, en 1888, Éliza Mercier, fille d'Honoré Mercier (père), premier ministre, et de Léopoldine Boivin; puis, dans la cathédrale de Montréal, en 1911, Alice Amos, fille d'Auguste Amos, industriel, et de Marie-Louise Boyer.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
JONES, Richard. « Gouin, sir Lomer ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Johnson (père), Daniel
Né(e) le 9 avril 1915Décédé(e) le 26 septembre 1968

Né le 9 avril 1915 à Danville, Daniel Johnson est le fils de Francis Johnson, journalier, et de Marie-Adéline Daniel.
Johnson fait des études de droit à l'Université de Montréal. Il est président de l'Association générale des étudiants de cette université, de la Fédération canadienne des étudiants catholiques et de la section française de l'Union des jeunesses catholiques du Canada.
Johnson fait sa cléricature auprès de l'avocat Henri Crépeau. Admis à la pratique du droit en 1940, il exerce sa profession à Montréal. Il est conseiller juridique de plusieurs associations telles que le Conseil central de Montréal de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, l'Association des hebdomadaires de langue française, l'Association des hôteliers du Québec, l'Association professionnelle des employés d'Acton Rubber Inc. et la Chambre de commerce des jeunes de la province de Québec et du Canada.
Député de l'Union nationale dans la circonscription de Bagot à l'Assemblée législative de 1946 à 1968, Johnson est adjoint parlementaire du président du Conseil exécutif en 1955, orateur suppléant de 1955 à 1958 et ministre des Ressources hydrauliques de 1958 à 1960. Élu chef de l'Union nationale en 1961, il dirige l'opposition jusqu'en 1966, alors qu'il devient premier ministre du Québec. Il occupe aussi les fonctions de ministre des Richesses naturelles et de ministre des Affaires fédérales-provinciales de 1966 à 1967, puis celles de ministre des Affaires intergouvernementales de 1967 à 1968. Son mandat politique prend brusquement fin alors qu'il meurt au cours d'une visite du chantier du barrage Manic-5 (barrage Daniel-Johnson).
Il a publié, en collaboration avec Réginald D. Tormey, Index to Supreme Court Cases 1923-1950 (1951). Il est aussi l'auteur de l'ouvrage Égalité ou indépendance (1965).
Il est décédé au barrage Manic-5 le 26 septembre 1968. Il est inhumé dans le cimetière de Saint-Pie.
Il avait épousé à Montréal, en 1943, Reine Gagné, fille d'Horace-J. Gagné, avocat, et de Lauretta Demers. Il est le père de Pierre Marc Johnson et de Daniel Johnson, premiers ministres du Québec respectivement en 1985 et en 1994.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
GODIN, Pierre. Daniel Johnson. Montréal, Éditions de l'homme, 1980. s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Johnson, Pierre Marc
Né(e) le 5 juillet 1946Est toujours en vie

Né à Montréal en 1946, fils de Daniel Johnson (père), avocat, et de Reine Gagné.
Étudia au couvent des Sœurs de la Providence et aux collèges Stanislas et Saint-Laurent. Bachelier en science politique summa cum laude du Collège Jean-de-Brébeuf en 1967. Licencié en droit de l'Université de Montréal en 1970 et admis au Barreau du Québec en 1971. Diplômé en médecine de l'Université de Sherbrooke en 1975 et admis au Collège des médecins du Québec et à la licence de pratique au Canada en 1976 après un internat dans les hôpitaux universitaires de Montréal.
Occupa divers postes de 1966 à 1973 au sein de plusieurs associations étudiantes ainsi qu'à OXFAM-International. Professeur au cégep de Sherbrooke en 1972 et en 1973. Participa à une recherche sur l'analyse des fonds de recherche en santé pour le ministère de l'Éducation en 1973. Fut membre du conseil d'administration de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke. Exerça la médecine à l'Hôpital Maisonneuve à Montréal.
Élu député du Parti québécois dans Anjou en 1976. Réélu en 1981 et en 1985. Ministre du Travail et de la Main-d'œuvre dans le cabinet Lévesque du 6 juillet 1977 au 6 novembre 1980. Ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières du 6 novembre 1980 au 30 avril 1981. Ministre des Affaires sociales du 30 avril 1981 au 5 mars 1984. Ministre de la Justice et Procureur général du 5 mars 1984 au 3 octobre 1985. Ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes du 5 mars 1984 au 12 décembre 1985. Ministre par intérim des Communautés culturelles et de l'Immigration du 27 novembre au 20 décembre 1984. Élu président du Parti québécois le 29 septembre 1985. Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif du 3 octobre au 12 décembre 1985. Chef de l'Opposition officielle du 12 décembre 1985 au 10 novembre 1987, date de sa démission comme président du Parti québécois, chef de l'opposition officielle et député d'Anjou.
Professeur invité de droit constitutionnel à l'University York de Toronto en 1988. Avocat-conseil au cabinet Guy et Gilbert de 1988 à 1996 puis chez Heenan Blaikie. Professeur à la Faculté de droit et directeur de recherche au Centre de médecine d'éthique et de droit de l'Université McGill de 1988 à 1998. Devint conseiller spécial du secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement en 1991.
Président de comités de la Conférence des parties de la Convention des Nations unies pour combattre la désertification (1992-1994) et conseiller auprès du Secrétariat depuis 1992. Chargé de mission en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l'Ouest depuis 1994, pour des organes liés à la Convention. Conseiller auprès de la Commission nord-américaine de coopération environnementale de 1994 à 2002. Coprésident du Symposium international, sur le commerce et le développement durable à l'occasion du Sommet des Amériques à Québec en 2001.
Membre du conseil d'administration d'organisations et d'institutions liées au développement durable: membre fondateur, vice-président du conseil d'administration et président du comité des affaires étrangères de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie à Ottawa (1989-1997); l'Institut international de développement durable à Winnipeg (1990-1996); Environmental Training Institute of North America de Mexico (1994-1999); l'Union mondiale de conservation de la nature à Genève (1997 et 2000); l'Institut Véolia pour l'environnement à Paris (2000).
Membre du conseil d'administration de sociétés commerciales à capitalisation ouverte ou fermée: Unimédia (1990-1998), SNC, devenue SNC Lavalin (1990-1998), comité aviseur sur l'environnement de la société Dow Chemical (Midland, Michigan, 1990-1996), Compagnie de chauffage urbaine de Montréal (Montréal, 1993-1998), SOGEMA (Montréal, 1997-2000), Vincor International (Toronto, depuis 1998), Divertissements Muse Inc. (Montréal, depuis 1998), Civigenics (Bonton, 1998-2000), Entourage Solutions technologiques (Montréal, 2000-2005), Air Canada (2000-2003), H2O Innovation (2001-2003), Ciments Saint-Laurent (Montréal, depuis 2001), Celmed Bioscience (Montréal, 2003-2004), Ace Aviation Holdings (Montréal, depuis 2003) et ses filiales Aéroplan (depuis 2004) et Jazz (depuis 2005), Orthosoft (Montréal, depuis 2004), First National Alarmcap (Calgary, depuis 2005) et Noveko international (juin 2008).
Conseiller et négociateur principal du gouvernement du Québec dans le dossier opposant les États-Unis au Canada sur le bois d'œuvre depuis 2001. Membre du groupe de travail sur l'avenir de l'Amérique du Nord du Conseil des relations extérieures des États-Unis en en 2004 et en 2005. Juriste-conseil auprès du Conseil de la magistrature du Canada dans l'affaire du juge en chef, Michel Robert, de la Cour d'appel du Québec en 2005. Conseiller spécial de GO5 pour la défense de la gestion de l'offre de 2004 à 2006. Président de la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde en 2006 et en 2007. Nommé en mai 2009 négociateur en chef du Québec dans le cadre des négociations du projet d'accord transatlantique entre le Canada et l'Union européenne afin de faciliter le commerce et étendre les domaines de coopération.
Devint avocat-conseil chez Lavery en février 2014.
Auteur d'essais et articles sur la mondialisation en regard de l'environnement et de la participation de la société civil; auteur d'un ouvrage de droit du commerce international intituté: The Environment and NAFTA: Understanding and Implementing the New Continental Law (1995).
Nommé membre de la Société Royale du Canada en mai 1993. Nommé grand officier de l'Ordre de la Pléiade le 28 janvier 2000. Honoré du titre de Grand Ambassadeur par le Réseau des diplômés de l'Université de Sherbrooke en novembre 2005. Le 19 juin 2008, fut élevé au rang de grand officier de l'Ordre national du Québec pour sa contribution exceptionnelle à la vie québécoise. Reçut un doctorat honorifique de l'Université de Montréal en 2014.
Frère de Daniel Johnson (fils). Neveu de Maurice Johnson, député à la Chambre des communes de 1958 à 1962.
Source : Assemblée nationale du Québec
Joly de Lotbinière, Henri-Gustave
Né(e) le 5 décembre 1829Décédé(e) le 16 novembre 1908

Né à Épernay, en France, le 5 décembre 1829, Henri-Gustave Joly de Lotbinière est le fils de Gaspard-Pierre-Gustave Joly, marchand, et de Julie-Christine Chartier de Lotbinière.
Après des études à Paris, Joly fait l'apprentissage du droit au Bas-Canada à compter de 1850. Admis à la pratique en 1855, il exerce sa profession à Québec. Il s'occupe aussi de la seigneurie de Lotbinière, propriété de sa mère qui, en 1860, lui en cède les droits.
Élu député de Lotbinière en 1861, il appuie le Parti rouge et s'oppose au projet de Confédération. En 1867, il est député libéral de Lotbinière au fédéral comme au provincial. Il quitte la Chambre des communes en 1874, mais conserve son siège à l'Assemblée législative jusqu'en 1885. Premier ministre du Québec de 1878 à 1879, il est en même temps commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics.
En 1896, Joly de Lotbinière effectue un retour en politique fédérale et se fait élire député libéral dans Portneuf. Il est ministre du Revenu de l'intérieur de 1897 à 1900, puis lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique de 1900 à 1906.
Joly s'est également intéressé au commerce du bois, aux chemins de fer et aux sciences naturelles. Président du Conseil d'agriculture de la province de Québec en 1869, il prôna la modernisation de l'agriculture. Tout au long de sa vie, Joly fût un ardent protecteur et promoteur du patrimoine naturel, et notamment de la forêt. Sa réputation s'étendait jusqu'aux États-Unis et en Europe.
Il est décédé à Québec le 16 novembre 1908. Il est inhumé dans le cimetière de Mount Hermon, à Sillery (Québec).
Il avait épousé, à Québec, en 1856, Margaretta Josepha Gowen, fille du commerçant Hammond Gowen.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
HAMELIN, Marcel. « Joly de Lotbinière, Henri-Gustave ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Landry, Bernard
Né(e) le 9 mars 1937Décédé(e) le 6 novembre 2018

Né à Saint-Jacques, le 9 mars 1937, fils de Bernard Landry et de Thérèse Granger.
Étudia à l'Académie Saint-Louis et au Séminaire de Joliette. Licencié en droit de l'Université de Montréal. Admis au Barreau du Québec en juin 1965. Diplômé en économie et en finances de l'Institut d'études politiques de Paris. Stagiaire au Ministère des Finances et des Affaires économiques à Paris.
Président fondateur du Conseil étudiant du Séminaire de Joliette. Président de l'Association des étudiants de la Faculté de droit de l'Université de Montréal et de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal. Président du comité de fondation de l'Union générale des étudiants du Québec et président fondateur de l'Association générale des étudiants québécois en France. Officier d'infanterie de milice. Membre de l'exécutif de fondation de la Ligue des droits de l'homme, de l'Association canadienne des sciences politiques et de l'Association du Barreau canadien.
Conseiller technique au cabinet du ministre des Richesses naturelles, puis adjoint au directeur général de la planification de ce ministère de 1964 à 1968. Chargé de mission au cabinet du ministre de l'Éducation. Pratiqua le droit à Joliette et à Montréal de 1969 à 1976. Comme avocat, représenta plusieurs groupes ou associations, notamment les grévistes de la compagnie Firestone et de la Canadian Gypsum à Joliette, le Comité de citoyens de Laval et les expropriés de la région de Gentilly.
Secrétaire exécutif du Comité ouvrier juif des droits de l'homme (Congrès du travail du Canada). Fondateur et premier titulaire de la Chaire en mondialisation des marchés agroalimentaires de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
Candidat du Parti québécois défait dans Joliette en 1970 et dans Joliette-Montcalm en 1973. Membre de l'exécutif national du Parti québécois à compter de 1974. Élu député du Parti québécois dans Fabre en 1976. Réélu dans Laval-des-Rapides en 1981. Assermenté membre du Conseil exécutif le 26 novembre 1976 et ministre d'État au Développement économique dans le cabinet Lévesque le 2 février 1977. Occupa ce poste jusqu'au 9 septembre 1982. Ministre délégué au Commerce extérieur du 9 septembre 1982 au 12 janvier 1983. Ministre du Commerce extérieur dans les cabinets Lévesque et Johnson (Pierre Marc) du 12 janvier 1983 au 16 octobre 1985. Ministre des Relations internationales dans les cabinets Lévesque et Johnson (Pierre Marc) du 5 mars 1984 au 16 octobre 1985. Ministre des Finances dans le cabinet Johnson (Pierre Marc) du 16 octobre au 12 décembre 1985. Candidat à la direction du Parti québécois en 1985, retira sa candidature le 16 août. Défait dans Laval-des-Rapides en 1985.
Co-animateur et personne-ressource à l'émission de télévision d'affaires publiques Le Monde magazine en 1986 et en 1987. Professeur au Département des sciences administratives de l'UQAM de 1986 à 1994. Membre du conseil d'administration de Micro-Logic Applications à compter de 1987.
Vice-président du Parti québécois de 1989 à 1994. Élu dans Verchères en 1994. Réélu en 1998 et en 2003. Vice-premier ministre et ministre des Affaires internationales, de l'Immigration et des Communautés culturelles dans le cabinet Parizeau du 26 septembre 1994 au 2 novembre 1995. Ministre des Affaires internationales du 3 novembre 1995 au 28 janvier 1996. Vice-premier ministre, vice-président du Conseil exécutif et ministre d'État à l'Économie et aux Finances dans le cabinet Bouchard du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie du 29 janvier 1996 au 23 septembre 1998. Ministre de l'Industrie et du Commerce du 15 décembre 1998 au 8 mars 2001. Ministre des Finances du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001. Ministre du Revenu du 29 janvier 1996 au 15 décembre 1998 et du 28 avril au 10 novembre 1999.
Chef du Parti québécois du 2 mars 2001 au 6 juin 2005. Premier ministre du Québec du 8 mars 2001 au 29 avril 2003. Chef de l'opposition officielle du 29 avril 2003 au 6 juin 2005, date de sa démission.
Devint conseiller stratégique auprès de la firme d'avocats Lapointe Rosenstein de Montréal en novembre 2005. Professeur au Département de stratégie des affaires de l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal. Chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'UQAM. Professeur invité à l'École polytechnique de Montréal.
Récipiendaire du premier prix Louis-Joseph-Papineau pour avoir consacré plus de 35 ans à la cause souverainiste, en 2005, et du titre de Patriote de l'année 2006. Commandeur de la Légion d'honneur, grand-croix de l'Ordre de la Pléiade et décoré de l'Ordre du Mérite de la Bavière. Élevé au rang de grand officier de l'Ordre national du Québec pour sa contribution exceptionnelle à la vie québécoise le 19 juin 2008. Reçut le prix Pierre-Bourgault le 22 juin 2008.
Décédé le 6 novembre 2018, à l'âge de 81 ans et 7 mois.
Avait épousé à Outremont, dans la paroisse Saint-Germain, le 6 juillet 1963, Lorraine Laporte, fille de Donat Laporte, pharmacien, et de Simone Jacquemin; puis, en secondes noces à Verchères, le 26 juin 2004, Chantal Renaud.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Bernard Landry est le 28e premier ministre du Québec. Il a occupé cette fonction du 8 mars 2001 au 29 avril 2003;
Impliqué au sein du Parti québécois dès 1968, il a connu une longue carrière politique marquée par un engagement profond en faveur de l'accession du Québec à la souveraineté. Député à l'Assemblée nationale de 1976 à 1985 et de 1994 à 2005, il a dirigé plusieurs ministères à vocation économique dans les gouvernements de René Lévesque, de Pierre Marc Johnson, de Jacques Parizeau, puis de Lucien Bouchard. Il a contribué de façon significative au développement économique du Québec, notamment dans les domaines du commerce extérieur et des nouvelles technologies. C'est au cours de son mandat comme premier ministre que le gouvernement du Québec a conclu une entente historique avec les Cris pour le développement du territoire de la Baie-James, surnommée « la paix des braves »;
Il a également enseigné à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal de 1986 à 1994, puis de 2005 à 2018. Il s'est intéressé à la question du libre-échange, thème auquel il a consacré un ouvrage en 1987."
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Legault, François
Né(e) le 26 mai 1957Est toujours en vie

Né à Sainte-Anne-de-Bellevue en 1957
Marié et père de 2 garçons
Formation
Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec (2000)
Maîtrise en administration des affaires (MBA), option finances, HEC, Montréal (1984)
Baccalauréat en administration des affaires, option comptabilité publique, École des hautes études commerciales (HEC), Montréal (1978)
Expérience professionnelle
Membre du conseil d’administration de Provigo inc., Culinar, Sico inc., Technilab inc. et Bestar inc. (1995-1998)
Président-directeur général et cofondateur d’Air Transat (1986-1997)
Directeur du marketing chez Québecair (1985-1986)
Directeur des finances et de l'administration chez Nationair Canada (1984-1985)
Vérificateur et chef d'équipe chez Ernst & Young (1978-1984)
Engagement communautaire et politique
Chef de la Coalition avenir Québec (depuis 2011)
Membre du conseil d’administration du Musée Marc-Aurèle-Fortin (1998)
Président du conseil d'administration du Fonds régional de Solidarité Laurentides (1996-1998)
Source : Assemblée nationale du Québec
Lesage, Jean
Né(e) le 10 juin 1912Décédé(e) le 12 décembre 1980

Né le 10 juin 1912 à Montréal, Jean Lesage est le fils de Xavéri Lesage, enseignant et fonctionnaire, et de Cécile Côté.
Lesage fait des études de droit à l'Université Laval. Admis à la pratique en 1934, il exerce la profession d'avocat à Québec. De 1939 à 1944, il est procureur de la couronne et procureur de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.
Député libéral de Montmagny-L'Islet à la Chambre des communes de 1945 à 1958, Lesage occupe les fonctions d'adjoint parlementaire du secrétaire d'État aux Affaires extérieures de 1951 à 1952, d'adjoint parlementaire du ministre des Finances en 1953, de ministre des Ressources et du Développement économique dans le gouvernement de Louis-Stephen St-Laurent en 1953, puis de ministre du Nord canadien et des Ressources nationales de 1953 à 1957. Il démissionne du gouvernement fédéral à la suite de son élection à la direction du Parti libéral du Québec en 1958.
Député libéral de Québec-Ouest à l'Assemblée législative de 1960 à 1966, Lesage est premier ministre du Québec et ministre des Finances. Il occupe aussi les postes de ministre des Affaires fédérales-provinciales de 1961 à 1966 et de ministre du Revenu en 1963. Il est considéré comme le père de la Révolution tranquille. Sous son administration, le ministère de l'Éducation, le ministère des Affaires culturelles, la Société générale de financement, la Caisse de dépôt et placement et la Régie de rentes du Québec sont créés et plusieurs compagnies d'électricité sont nationalisées. Élu dans Louis-Hébert en 1966, il est chef de l'opposition jusqu'en 1970.
Lesage est membre de plusieurs conseils d'administration, notamment des compagnies Lever Brothers Ltd., Montreal Trust Co., Mondev Corporation Ltd., Campbell Chibougamau Mines Ltd., J. J. Baker Ltd. et Canadian Reynolds Metals Co. Il est président du conseil d'administration des Nordiques de Québec à partir de 1972.
Il est décédé à Sillery (Québec) le 12 décembre 1980. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec).
Il avait épousé à Saint-Raymond, en 1938, Corinne Lagarde, cantatrice, fille d'Alexandre Lagarde, gérant de commerce, et de Valéria Matte.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
THOMSON, Dale C. Jean Lesage et la Révolution tranquile. Québec, Édition du Trécarré, 1984. 615 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lévesque, René
Né(e) le 24 août 1922Décédé(e) le 1er novembre 1987

Né le 24 août 1922 à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, René Lévesque est le fils de Dominique Lévesque, avocat, et de Diane Dionne-Pineault.
Lévesque entreprend sa vie professionnelle à la radio comme annonceur et rédacteur de nouvelles à la station CHNC de New Carlisle. Il travaille ensuite aux stations CHRC et CBV. En 1944 et 1945, il est agent de liaison et correspondant de guerre pour les forces armées américaines. De retour au pays, il travaille pour le service international de Radio-Canada de 1946 à 1951. Il est correspondant en Corée en 1952, chef du service des reportages radiotélévisés de 1952 à 1956 et animateur de l'émission télévisée « Point de mire » de 1956 à 1959.
Lévesque est député libéral de Montréal-Laurier à l'Assemblée législative de 1960 à 1966. Dans le gouvernement de Jean Lesage, il est ministre des Ressources hydrauliques et des Travaux publics en 1960 et 1961, ministre des Richesses naturelles de 1961 à 1966, puis ministre de la Famille et du Bien-être social en 1965 et 1966. Il est un moteur de la Révolution tranquille, en raison notamment de son rôle clé dans l'assainissement des mœurs politiques et la nationalisation des compagnies d'électricité.
Réélu dans Laurier en 1966, Lévesque quitte toutefois les libéraux l'année suivante pour fonder le Mouvement souveraineté-association, qui devient le Parti québécois en 1968. Pendant 17 années, il dirige ce parti dont le principal objectif est la réalisation de la souveraineté du Québec et l'établissement d'une nouvelle forme d'association avec le Canada.
Lévesque devient premier ministre du Québec en 1976 et le demeure jusqu'en 1985. Pendant cette période, le gouvernement québécois adopte, entre autres, la Charte de la langue française et la Loi sur le financement des partis politiques, en plus de tenir un référendum afin de se voir confier le mandat de négocier la souveraineté-association avec le reste du Canada, ce qu'il n'obtient pas. Après sa vie politique, l'ancien premier ministre retourne au journalisme.
Il a publié Option Québec (1968), La passion du Québec (1978), Oui (1980) et Attendez que je me rappelle... (1986).
Il est décédé à Montréal le 1er novembre 1987. Il est inhumé à Sillery (Québec) dans le cimetière Saint-Michel.
Il avait épousé à Québec, en 1947, Louise L'Heureux, fille d'Eugène L'Heureux, directeur de l'Action catholique de Québec, et de Jeannette Magnan; puis à Montréal, en 1979, Corinne Côté, fille de Roméo Côté et d'Irma Tremblay.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BÉLANGER, Yves, dir. René Lévesque : l'homme, la nation, la démocratie. Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1992. 495 p.
DESBARATS, Peter. René Lévesque : ou, Le projet inachevé. Montréal, Fides, 1977. 270 p.
FRASER, Graham. PQ : René Lévesque & the Parti québécois in power. Toronto, Macmillan of Canada, 1984. 434 p.
GODIN, Pierre. René Lévesque, un homme et son rêve, 1922-1987. Montréal, Boréal, 2007. 716 p.
PROVENCHER, Jean. René Lévesque : portrait d'un Québécois. Montréal, Éditions de La Presse, 1973. 270 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Marchand, Félix-Gabriel
Né(e) le 9 janvier 1832Décédé(e) le 25 septembre 1900

Né le 9 janvier 1832 à Saint-Jean-sur-Richelieu, Félix-Gabriel Marchand est le fils de Gabriel Marchand, propriétaire terrien, négociant et officier supérieur dans la milice, et de Mary Macnider.
Marchand fait sa cléricature auprès de Thomas-Robert Jobson en 1850 et est reçu notaire en 1855. Il ouvre une étude à Saint-Jean-sur-Richelieu, où il a hérité des terres de son père.
Marchand est conseiller municipal de Saint-Jean-sur-Richelieu en 1858 et en 1859. En 1862, aidé de Charles-Joseph Laberge, Marchand forme un corps de volontaires et participe aux opérations contre les féniens. Il est président de la commission scolaire de Saint-Jean de 1863 à 1896. En 1866, il obtient le poste de lieutenant-colonel du 21e bataillon d'infanterie légère de Richelieu et demeure en service actif jusqu'en 1880. En 1873, avec Louis Molleur, il fonde la Banque de Saint-Jean. Président de la Chambre des notaires en 1894, il occupe aussi les postes de vice-président de l'Association d'agriculture du Bas-Canada et de président de la Société royale du Canada en 1898.
Marchand est élu député libéral de Saint-Jean à l'Assemblée législative de la province de Québec en 1867, et le demeure jusqu'à son décès en 1900. Secrétaire et registraire de la province dans le gouvernement de Henri-Gustave Joly de Lotbinière de 1878 à 1879, il occupe aussi la fonction de commissaire des Terres de la Couronne en 1879. En 1887, Honoré Mercier (père) le choisit comme orateur de l'Assemblée législative. À la suite de l'élection de 1892, Marchand occupe la fonction de chef de l'opposition. En 1897, il devient premier ministre du Québec. Il est en même temps trésorier de la province.
Il a collaboré à plusieurs journaux et en a fondé quelques-uns, dont le Franco-Canadien de Saint-Jean et le quotidien Le Temps de Montréal. Il est aussi l'auteur d'œuvres littéraires telles que Erreur n'est pas compte ou Les inconvénients d'une ressemblance (1872), Un bonheur en attire un autre (1883) et Les faux brillants (1885).
Il est décédé en fonction à Québec le 25 septembre 1900. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec). C'est en son honneur que, pour la première fois au Québec, ont eu lieu des funérailles d'État.
Il avait épousé à Terrebonne, en 1854, Hersélie Turgeon, fille de Louis Turgeon et de Pélagie Marchand.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BRASSARD, Michèle et Jean HAMELIN. « Marchand, Félix-Gabriel ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Marois, Pauline
Né(e) le 29 mars 1949Est toujours en vie

Née à Québec en 1949, fille de Grégoire Marois, mécanicien, et de Marie-Paule Gingras.
Étudia au Collège Jésus-Marie. Obtint un baccalauréat en service social de l'Université Laval en 1971 et une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'École des hautes études commerciales de l'Université de Montréal en 1976.
Collabora à la mise sur pied de l'Association coopérative d'économie familiale de l'Outaouais en 1970, puis fut consultante budgétaire et agente de formation de cet organisme en 1971. Responsable du service animation-participation au Conseil régional de développement de l'Outaouais de septembre 1971 à février 1973. Coordonnatrice du cours de technique en assistance sociale au Cégep de Hull de mars à septembre 1973. Participa à la création de CFVO, la première coopérative de télévision au Québec, en 1973. Directrice générale du CLSC de l'Île-de-Hull de juillet 1973 à septembre 1974. Initiatrice des services d'urgence sociale du Centre de services sociaux (CSS) du Montréal métropolitain et responsable de l'orientation, de la programmation et de la gestion des services spécialisés à l'enfance en 1976.
Attachée de presse du ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau, d'octobre 1978 à mars 1979. Consultante pour l'Association des CSS du Québec en avril 1979. Directrice du cabinet de la ministre d'État à la Condition féminine, Lise Payette, en 1979. Membre du bureau de direction de l'Association Québec-France en 1978 et en 1979. Élue députée du Parti québécois (PQ) dans La Peltrie en 1981. Ministre d'État à la Condition féminine dans le cabinet Lévesque du 30 avril 1981 au 9 septembre 1982. Vice-présidente du Conseil du trésor du 9 septembre 1982 au 12 décembre 1985. Ministre déléguée à la Condition féminine du 9 septembre 1982 au 29 novembre 1983. Ministre de la Main-d'œuvre et de la Sécurité du revenu dans les cabinets Lévesque et Johnson (Pierre Marc) du 29 novembre 1983 au 12 décembre 1985. Ministre déléguée à la Condition féminine du 17 juin au 16 octobre 1985. Candidate défaite à la direction du PQ le 29 septembre 1985. Défaite en 1985. Membre de l'exécutif du Parti québécois jusqu'au 12 juin 1987.
Trésorière de la Fédération des femmes du Québec en 1987. Consultante à la Société Elizabeth Fry en 1988. Chargée de cours à l'Université du Québec à Hull en 1988.
Candidate du PQ défaite dans Anjou à l'élection partielle du 20 juin 1988. Conseillère au programme du PQ de mars à novembre 1988. Vice-présidente du PQ de novembre 1988 à septembre 1989. Élue députée dans Taillon en 1989. Réélue en 1994, en 1998 et en 2003. Présidente de la Commission des affaires sociales du 29 novembre 1989 au 24 juillet 1994. Ministre déléguée à l'Administration et à la Fonction publique et présidente du Conseil du trésor du 26 septembre 1994 au 3 novembre 1995, ministre responsable de la Condition féminine et ministre de la Sécurité du revenu du 31 août au 12 septembre 1995, puis ministre des Finances et ministre du Revenu dans le cabinet Parizeau du 3 novembre 1995 au 29 janvier 1996.
Ministre de l'Éducation dans le cabinet Bouchard du 29 janvier 1996 au 15 décembre 1998 et ministre de la Famille et de l'Enfance du 2 juillet 1997 au 15 décembre 1998. Ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Santé et des Services sociaux et ministre de la Famille et de l'Enfance du 15 décembre 1998 au 8 mars 2001. Vice-première ministre du 8 mars 2001 au 29 avril 2003, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre des Finances et ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie dans le cabinet Landry du 8 mars 2001 au 25 septembre 2002, ministre de l'Industrie et du Commerce du 30 janvier au 25 septembre 2002 et ministre des Finances, de l'Économie et de la Recherche du 25 septembre 2002 au 29 avril 2003. Candidate défaite à la direction du PQ le 15 novembre 2005. Démissionna comme députée le 20 mars 2006.
Devint chef du PQ le 26 juin 2007. Élue députée dans Charlevoix à l'élection partielle du 24 septembre 2007. Réélue en 2008 et dans Charlevoix−Côte-de-Beaupré en 2012. Chef du deuxième groupe d'opposition du 1er octobre 2007 au 5 novembre 2008, puis chef de l'opposition officielle du 15 décembre 2008 au 1er août 2012. Première ministre du 19 septembre 2012 au 23 avril 2014. Ministre du développement durable, de l'Environnement et des Parcs par intérim du 29 novembre au 3 décembre 2012. Défaite en 2014.
Présidente d'honneur des cérémonies commémorant le 25e anniversaire de Polytechnique en 2014. Présidente de la campagne de financement de la Fondation pour la langue française en 2019. Nommée présidente du conseil d'administration de la Fondation Forces AVENIR en 2023.
Reçut le prix MBA en 2001 décerné par l'Association des MBA du Québec. Décorée du grade de commandeur de l'Ordre de la Pléiade le 17 mars 2004. Récipiendaire du prix Louis-Joseph-Papineau en 2011 et de l'Appreciation plaque de l'Asian Citizen's Center for Environment and Health School of Public Health le 21 décembre 2012. Faite Grand-Croix de l'Ordre de la Pléiade le 18 mars 2015. Récipiendaire d'un doctorat honoris causa en travail social de l'Université Laval le 17 juin 2018, puis d'un doctorat honoris causa de l'Université du Québec en Outaouais le 16 novembre 2019.
Source : Assemblée nationale du Québec
Mercier, Honoré
Né(e) le 15 octobre 1840Décédé(e) le 30 octobre 1894

Né le 15 octobre 1840 à Saint-Athanase, près d'Iberville, Honoré Mercier est le fils de Jean-Baptiste Mercier, cultivateur, et de Marie-Catherine Timineur (Kemeneur).
Mercier fait l'apprentissage du droit auprès de Maurice Laframboise et d'Augustin-Cyrille Papineau à Saint-Hyacinthe, et auprès de Joseph-Adolphe Chapleau à Montréal. Il est admis à la pratique en 1865. Il exerce d'abord sa profession d'avocat à Saint-Hyacinthe de 1865 à 1881, puis s'établit à Montréal. Au cours des années 1860, il est rédacteur au Courrier de Saint-Hyacinthe.
En 1871, Mercier participe à la fondation de la section montréalaise du Parti national. Il est député libéral de Rouville à la Chambre des communes de 1872 à 1874. Cinq ans plus tard, il est élu député libéral de Saint-Hyacinthe à l'Assemblée législative et assermenté solliciteur général dans le gouvernement de Henri-Gustave Joly de Lotbinière. Chef de l'opposition libérale de 1883 à 1887, il fonde le nouveau Parti national, regroupant les libéraux et les conservateurs dissidents, indignés par la pendaison du chef métis Louis Riel en 1885.
Premier ministre du Québec de 1887 à 1891, Mercier occupe les fonctions de procureur général de 1887 à 1888 et de commissaire de l'Agriculture et de la Colonisation en 1888, 1890 et 1891. À la suite du scandale du chemin de fer de la baie des Chaleurs, il est renvoyé d'office par le lieutenant-gouverneur, Auguste-Réal Angers, en 1891. Traduit en justice sous une accusation de fraude, il est acquitté, mais ruiné et affligé par la maladie. Pendant son passage au pouvoir, il soutient la colonisation et la construction ferroviaire, procède au règlement de la question des biens des Jésuites et convoque la première conférence des premiers ministres provinciaux de l'histoire de la Confédération canadienne.
Il est décédé à Montréal le 30 octobre 1894. Il est inhumé dans la même ville dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Saint-Hyacinthe, en 1866, Léopoldine Boivin, fille de Narcisse Boivin, marchand, et d'Élisabeth Maillette; puis au même endroit, en 1871, Virginie Saint-Denis, fille de Jean-Baptiste Saint-Denis, marchand, et d'Hermine Boivin.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COUTURE, Pierre. Honoré Mercier : l'un des plus grands premiers ministres du Québec. Montréal, M. Brûlé, 2008. 170 p.
DUFOUR, Pierre et Jean HAMELIN. « Mercier, Honoré ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GALLICHAN, Gilles. Honoré Mercier. La politique et la culture. Sillery, Québec, Septentrion, 1994. 212 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Mousseau, Joseph-Alfred
Né(e) le 17 juillet 1837Décédé(e) le 30 mars 1886

Né le 18 juillet 1838 à Sainte-Geneviève-de-Berthier (Berthierville), Joseph-Alfred Mousseau est le fils de Louis Mousseau, cultivateur, et de Sophie Duteau, dit Grandpré.
Mousseau entreprend ses études de droit auprès de Louis-Auguste Olivier, Thomas Kennedy Ramsay, Lewis Thomas Drummond et Louis Bélanger. Admis à la pratique en 1860, il exerce sa profession à Montréal dans le cabinet Mousseau, Chapleau et Archambault, qui devient plus tard Mousseau et Archambault.
De 1862 à 1863, Mousseau est l'un des propriétaires du journal Le Colonisateur. En 1870, il fonde, avec George-Édouard Desbarats et Laurent-Olivier David, l'hebdomadaire L'Opinion publique.
Député conservateur de Bagot à la Chambre des communes de 1874 à 1882, Mousseau est président du Conseil privé de 1880 à 1881, puis secrétaire d'État en 1881. Il poursuit sa carrière politique sur la scène provinciale comme député conservateur de Jacques-Cartier à l'Assemblée législative de 1882 à 1884. Il est premier ministre du Québec et procureur général de 1882 jusqu'à sa nomination comme juge à la Cour supérieure du district de Rimouski, en 1884.
Mousseau est l'auteur de deux oeuvres littéraires, Lecture publique [...] sur Cardinal et Duquet victimes de 1837-1838 (1860) et Contre-poison: la Confédération, c'est le salut du Bas-Canada: il faut se méfier des ennemis de la Confédération (1867).
Il est décédé à Montréal le 30 mars 1886. Il est inhumé dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Sainte-Geneviève-de-Berthier, en 1862, Hersélie Desrosiers, fille de Léopold Desrosiers, notaire, et de Louise Douaire Bondy.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
DÉSILETS, Andrée. « Mousseau Joseph-Alfred ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Ouimet, Gédéon
Né(e) le 2 juin 1823Décédé(e) le 23 avril 1905

Né à Sainte-Rose (Laval), le 2 juin 1823, Gédéon Ouimet est le fils de Jean Ouimet, cultivateur, et de Marie Beautron dit Major.
Ouimet fait l'apprentissage du droit auprès de son frère André, avocat et ancien Fils de la liberté. Admis à la pratique en 1844, il exerce d'abord sa profession à Vaudreuil. Il est maire de cette municipalité de 1852 à 1854. Il s'établit à Montréal en 1853 et compte parmi ses associés Joseph-Adolphe Chapleau et Louis-Siméon Morin.
Ouimet est député de Beauharnois à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1858 à 1861. Il appuie le Parti bleu. De 1867 à 1876, il est élu député conservateur de Deux-Montagnes à l'Assemblée législative de la province de Québec. Il est procureur général dans le gouvernement de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, de 1867 à 1873. Premier ministre du Québec de 1873 à 1874, il occupe aussi les fonctions de ministre de l'Instruction publique et de secrétaire et registraire provincial. En 1876, il est nommé surintendant de l'Instruction publique. Il garde ce poste jusqu'en 1895, alors qu'il est nommé conseiller législatif de la division de Rougemont.
Ouimet est aussi bâtonnier du Barreau de Montréal en 1869 et bâtonnier du Barreau de la province de Québec en 1869 et en 1870. Il est momentanément président du Conseil général du Barreau de la province et substitut du procureur général à Sainte-Scholastique. Président de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal en 1869 et en 1870, Ouimet préside l'Institut canadien-français de Montréal en 1872.
Il est décédé en fonction à Saint-Hilaire, le 23 avril 1905. Il est inhumé dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.
Il avait épousé à Montréal, en 1850, Marie-Jeanne Pellant, fille du cultivateur Alexis Pellant et d'Élizabeth Lionais.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BRASSARD, Michèle et Jean HAMELIN. « Ouimet Gédéon ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Parent, Simon-Napoléon
Né(e) le 12 septembre 1855Décédé(e) le 7 septembre 1920

Né à Beauport (Québec), le 12 septembre 1855, Simon-Napoléon Parent est le fils de Simon-Polycarpe Parent, cultivateur et commerçant, et de Luce Bélanger.
Après des études en droit à l'Université Laval, Parent fait sa cléricature auprès des avocats Thomas Chase Casgrain et Guillaume Amyot. Admis à la pratique en 1881, il ouvre son cabinet d'avocat dans la paroisse de Saint-Sauveur, à Québec, et s'associe notamment à Charles Fitzpatrick, Louis-Alexandre Taschereau et Lawrence Arthur Cannon.
Conseiller municipal du quartier Saint-Vallier au conseil municipal de Québec de 1890 à 1894, Parent est maire suppléant en 1892, puis maire de 1894 à 1906. Député libéral de Saint-Sauveur à l'Assemblée législative de 1890 à 1905, il occupe le poste de commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries dans le gouvernement de Félix-Gabriel Marchand de 1897 à 1900. Premier ministre du Québec de 1900 à 1905, il exerce aussi les fonctions de commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries de 1900 à 1901, de commissaire des Terres, Mines et Pêcheries de 1901 à 1905 et de trésorier intérimaire en 1903. Trois de ses ministres, Lomer Gouin, Adélard Turgeon et William Alexander Weir, prennent la tête d'un mouvement qui aboutit à sa démission en 1905.
Parent a aussi été président de la Compagnie du pont de Québec en 1897, de la Commission du chemin de fer Transcontinental de 1905 à 1911 et de la Commission du régime des eaux courantes de Québec de 1911 à 1920.
Il a publié la Loi de la cession des biens (1892) et Discours sur la question des droits de coupe sur le bois de pulpe (1903).
Il est décédé à Montréal le 7 septembre 1920. Il est inhumé dans le cimetière Saint-Charles à Québec.
Il avait épousé à Beauport, en 1877, Clara Gendron, fille d'Ambroise Gendron, inspecteur de bois et arpenteur, et d'Esther Chamberland.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BRASSARD, Michèle et Jean HAMELIN. « Parent Simon-Napoléon ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http:/www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Parizeau, Jacques
Né(e) le 9 août 1930Décédé(e) le 1er juin 2015

Né le 9 août 1930 à Montréal, Jacques Parizeau est le fils de Gérard Parizeau, courtier d'assurances, et de Germaine Biron.
Parizeau entame son parcours scolaire au Collège Stanislas de Montréal, puis de 1947 à 1950, fréquente l'École des hautes études commerciales. Il se rend ensuite en Europe pour compléter sa formation. Il étudie à l'Institut d'études politiques et à la Faculté de droit de Paris et il obtient en 1955 un doctorat en économie de la London School of Economics.
Commençant sa carrière dans le milieu de l'éducation, Parizeau est professeur en économie à l'École des hautes études commerciales de 1955 à 1976. Il y est directeur de l'Institut d'économie appliquée de 1973 à 1975. Il est aussi directeur du journal L'Actualité économique de 1955 à 1961. Il enseigne de nouveau à l'École des hautes études commerciales de 1985 à 1989.
Parizeau œuvre également au sein de plusieurs institutions et organismes publics. Consultant pour plusieurs ministères du gouvernement du Québec, il est conseiller économique et financier du premier ministre et du Conseil des ministres de 1961 à 1969. Il préside le comité d'étude sur les institutions financières de 1966 à 1969. En tant que conseiller économique, Parizeau prend une part active aux grands chantiers de la Révolution tranquille. Il contribue au projet de nationalisation de l'électricité, à la création de la Société générale de financement et est l'un des instigateurs de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il est aussi membre des conseils d'administration de la Société d'exploitation minière et de la Régie de l'assurance-dépôts dès leur création, et ce, jusqu'en 1969.
En 1969, Parizeau adhère au Parti québécois où il préside le conseil exécutif du parti de 1970 à 1973. Il est député de la circonscription de L'Assomption de 1976 à 1984. Sous le gouvernement de René Lévesque, il est ministre des Finances de 1976 à 1984, président du Conseil du trésor de 1976 à 1981 et ministre du Revenu de 1976 à 1979. Il occupe également le poste de ministre des Institutions financières et Coopératives en 1981 et 1982. Parizeau démissionne de ses postes de ministre et de député en 1984 après que René Lévesque, chef du Parti québécois, adopte une nouvelle orientation pour les prochaines élections qui ne situe pas la souveraineté au premier plan.
Succédant à Pierre Marc Johnson, Parizeau est élu chef du Parti Québécois en 1988. L'année suivante, il est réélu député de la circonscription de L'Assomption. Chef de l'opposition officielle jusqu'en 1994, il préside le comité du Non pour le référendum de 1992 sur l'Accord de Charlottetown qui vise une nouvelle proposition constitutionnelle canadienne.
Parizeau devient premier ministre du Québec en 1994. Il occupe également le poste de ministre de la Culture et des Communications en 1995. En octobre de la même année, il tient un référendum sur la souveraineté du Québec. Le résultat du référendum concède la victoire au camp du non. Parizeau démissionne le 29 janvier 1996. Après sa vie politique, il demeure un observateur et critique de la scène politique québécoise.
Il a publié Pour un Québec souverain (1997). Il est également l'auteur de Le Québec et la mondialisation : une bouteille à la mer? (1998) et de La souveraineté du Québec hier, aujourd'hui et demain (2009).
Il est décédé à Montréal le 1er juin 2015.
Il avait épousé à Montréal, en 1956, Alicya Poznanski, fille de Stanislas Poznanski, industriel, et de Bronislawa Ostrowska; puis à Sainte-Agathe-des-Monts, en 1992, Lisette Lapointe, fille de Philippe Lapointe, enseignant et cadre scolaire, et de Laurette Picard, enseignante.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
La ministre de la Culture et des Communications est responsable en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel de la commémoration des premiers ministres décédés du Québec.
Jacques Parizeau a été le 26e premier ministre du Québec. Il a occupé cette fonction du 26 septembre 1994 au 29 janvier 1996.
Auparavant, il a été professeur en économie à l'École des hautes études commerciales de 1955 à 1976 et de 1985 à 1989, et haut fonctionnaire de 1961 à 1969. Il a été l'un des principaux artisans de la Révolution tranquille en raison de sa contribution à la nationalisation de l'électricité, à la création de la Société générale de financement et de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et à la mise en place de la Régie des rentes du Québec.
De 1976 à 1984, il a été ministre des Finances dans le gouvernement de René Lévesque. Il a instauré le régime d'épargne-actions et a joué un rôle clé dans la création du Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.
Assemblée nationale du Québec. « Jacques Parizeau ». Assemblée nationale du Québec. Assemblée nationale du Québec [En ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/parizeau-jacques-4781/biographie.html
DUCHESNE, Pierre. Jacques Parizeau - Le Baron. Vol. 2. Montréal, Éditions Québec Amérique, 2001. 534 p.
DUCHESNE, Pierre. Jacques Parizeau - Le Croisé. Vol. 1. Montréal, Éditions Québec Amérique, 2001. 622 p.
DUCHESNE, Pierre. Jacques Parizeau - Le Régent. Vol. 3. Montréal, Éditions Québec Amérique, 2001. 603 p.
RICHARD, Laurence. Jacques Parizeau, un bâtisseur. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 1992. 249 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Ross, John Jones
Né(e) le 16 août 1831Décédé(e) le 4 mai 1901

Né à Québec le 16 août 1831, John Jones Ross est le fils de George McIntosh Ross, marchand, et de Sophie-Éloïse Gouin.
Ross fait l'apprentissage de la médecine dans la région de Trois-Rivières. Admis à la pratique de sa profession en 1853, il exerce à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Il occupe aussi le poste de médecin dans le 1er bataillon de la milice du comté de Champlain.
Député de Champlain à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1861 à 1867, Ross appuie le Parti bleu. Après la Confédération, il devient député conservateur de Champlain à l'Assemblée législative et à la Chambre des communes. Au Québec, il est conseiller législatif de la division de Shawinigan de 1867 jusqu'à son décès en 1901. Il préside le Conseil législatif en 1873 et 1874, de 1876 à 1878 et de 1879 à 1882. Il occupe aussi les fonctions de ministre sans portefeuille en 1876, de commissaire des Chemins de fer par intérim et de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics de 1881 à 1882, puis de 1884 à 1887. Il est premier ministre du Québec de 1884 à 1887. Il est nommé sénateur de la division de La Durantaye en 1887 et préside le Sénat de 1891 à 1896. Membre du Conseil privé à partir de 1896, il est ministre sans portefeuille dans le gouvernement de Charles Tupper en 1896.
Ross est aussi membre du Conseil d'agriculture de Québec de 1862 à 1890. En 1870, il est élu membre du conseil d'administration de la Compagnie du chemin de fer de la rive nord, puis vice-président à partir de 1875. Enfin, il représente le district de Trois-Rivières au conseil du Collège des médecins et chirurgiens à partir de 1865 et est président de ce conseil de 1889 à 1895.
Il est décédé en fonction à Sainte-Anne-de-la-Pérade, le 4 mai 1901. Il est inhumé dans l'église paroissiale.
Il avait épousé à Champlain, en 1854, Arline Lanouette, fille de Joseph-Édouard Lanouette, lieutenant-colonel dans la milice, et d'Antoinette-Adélaïde Pezard de Champlain.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
MUNRO, Kenneth. « Ross, John Jones ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Sauvé, Joseph-Mignault-Paul
Né(e) le 24 mars 1907Décédé(e) le 2 janvier 1960

Né à Saint-Benoît (Mirabel) le 24 mars 1907, Joseph-Mignault-Paul Sauvé est le fils d'Arthur Sauvé, journaliste et homme politique, et de Marie-Louise Lachaîne.
Après ses études à l'Université de Montréal, Sauvé fait sa cléricature auprès de l'avocat Aldéric Blain, puis au cabinet Chauvin, Walker, Stewart et Martineau. Il est admis à la pratique du droit en 1930.
Sauvé est député conservateur de Deux-Montagnes à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1930 à 1935, puis député de l'Union nationale dans la même circonscription de 1936 à 1960. Il exerce la fonction d'orateur de l'Assemblée législative de 1936 à 1940. Mobilisé en 1939, il devient capitaine et commandant de compagnie au Centre de Sorel en 1940. Il est l'un des organisateurs de l'école d'officiers et de sous-officiers de Saint-Hyacinthe en 1941 et du Centre d'instruction avancée de Farnham en 1942. Il sert en Europe avec les Fusiliers du Mont-Royal en 1943 et 1944 en tant que commandant en second, lieutenant-colonel et commandant.
À son retour de la guerre, Sauvé est ministre du Bien-être social et de la Jeunesse, de 1946 à 1959. Le 11 septembre 1959, il succède à Maurice Duplessis comme chef de l'Union nationale et premier ministre du Québec. Son mandat est toutefois de courte durée.
Il est décédé en fonction à Saint-Eustache, le 2 janvier 1960. Il est inhumé dans le cimetière de cette paroisse.
Il avait épousé à Montréal, en 1936, Luce Pelland, fille de Zéphirin Pelland, cultivateur, et d'Armina Laferrière.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
LATOUCHE, Daniel. « Sauvé, Joseph-Mignault-Paul ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Taillon, Louis-Olivier
Né(e) le 26 septembre 1840Décédé(e) le 25 avril 1923

Né à Terrebonne, le 26 septembre 1840, Louis-Olivier Taillon est le fils d'Aimé Taillon, cultivateur, et de Josephte Donet.
Taillon fait l'apprentissage du droit auprès des avocats Hector Fabre, Siméon Lesage, Louis-Amable Jetté et Désiré Girouard. Admis à la pratique en 1865, il exerce sa profession à Terrebonne, puis à Montréal, où il s'associe notamment à François-Xavier-Anselme Trudel. Il sera élu bâtonnier et conseiller du Barreau de Montréal en 1892, puis bâtonnier du Barreau de la province de Québec en 1892 et 1893.
Taillon est député conservateur de Montréal-Est, à l'Assemblée législative de la province de Québec, de 1875 à 1886, député de Montcalm de 1886 à 1890 et député de Chambly de 1892 à 1896. Il est commissaire chargé d'examiner les montants dus au Fonds consolidé d'emprunt municipal du Bas-Canada de 1880 à 1882, orateur de l'Assemblée législative de 1882 à 1884, puis procureur général de 1884 à 1887. En 1887, il est premier ministre pendant quatre jours, avant de devenir chef de l'opposition de 1887 à 1890. En 1891, il est assermenté ministre sans portefeuille. Taillon est de nouveau premier ministre de 1892 à 1896 et trésorier provincial. Par la suite, il est membre du Conseil privé et ministre des Postes au gouvernement fédéral en 1896. En 1911, il est nommé maître des Postes à Montréal, fonction qu'il exerce jusqu'en 1915.
Il est décédé à Montréal le 25 avril 1923. Il est inhumé à Montréal, dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à L'Assomption, en 1875, Louise-Georgiana Archambault, fille de Pierre-Urgel Archambault, marchand, et de Joséphine Beaupré.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
MUNRO, Kenneth. « Taillon, Louis-Olivier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Taschereau, Louis-Alexandre
Né(e) le 5 mars 1867Décédé(e) le 6 juillet 1952

Né à Québec le 5 mars 1867, Louis-Alexandre Taschereau est le fils de Jean-Thomas Taschereau, avocat et juge à la Cour suprême, et de Marie-Louise-Joséphine Caron.
Taschereau fait sa cléricature auprès de François Langelier. Il est admis à la pratique du droit en 1889 et commence sa carrière dans le cabinet de Charles Fitzpatrick et de Simon-Napoléon Parent, puis exerce sa profession avec Lawrence Arthur Cannon et Georges Parent. Il s'associe également à Léon Casgrain et à ses deux fils, Paul et Robert Taschereau. Il est syndic du Barreau de Québec en 1908, puis bâtonnier du Barreau du Québec en 1912 et en 1913.
Taschereau représente le quartier Saint-Pierre au conseil municipal de Québec en 1906 et en 1907. Député libéral de Montmorency à l'Assemblée législative de 1900 à 1936, il est ministre des Travaux publics et du Travail de 1907 à 1919 et procureur général de 1919 à 1920 dans le gouvernement de Lomer Gouin. Premier ministre du Québec de 1920 jusqu'à sa démission, le 11 juin 1936, il occupe également les fonctions de procureur général (1920 à 1936), de ministre des Affaires municipales (1924 à 1935) et de trésorier de la province (1930 à 1932).
Taschereau aura aussi été directeur et vice-président de la Banque d'économie de Québec et siégé aussi aux conseils d'administration de plusieurs autres banques et entreprises. Il a été journaliste à l'Action libérale, président du comité exécutif de l'hôpital Laval et membre de la Commission des champs de bataille nationaux.
Il est décédé à Québec le 6 juillet 1952. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec).
Il avait épousé à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, en 1891, Adine Dionne, fille d'Élisée Dionne, avocat, et de Clara Têtu.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Abbott, Maude
Né(e) le 18 mars 1869Décédé(e) le 2 septembre 1940

Née le 18 mars 1869 à St Andrews East (Saint-André-d'Argenteuil), Maude Abbott (Maude Elizabeth Seymour Babin) est la fille de Jeremie Babin et d'Elizabeth Bayley Abbott. Orpheline dès l'âge de sept mois, elle est adoptée par sa grand-mère.
Maude Abbott reçoit son éducation auprès de professeurs privés avant de fréquenter l'école de Mlles Symmers et Smith à Montréal. En 1886, elle reçoit une bourse pour les filles du Collège Royal Victoria, affilié à l'Université McGill. En 1890, elle obtient un diplôme en enseignement et un baccalauréat ès arts de l'Université McGill. Elle tente d'y poursuivre des études en médecine et bénéficie d'appuis à cet effet, mais elle est refusée, les femmes n'étant pas encore acceptées à cette faculté de médecine. Elle est toutefois acceptée à l'Université Bishop's (Lennoxville) et obtient, avec mention, son diplôme de médecine en 1894. Elle est la deuxième femme québécoise diplômée en médecine. Elle se perfectionne ensuite en Europe et fréquente les universités de Zurich, de Vienne, de Glasgow et d'Édimbourg.
En 1897, Maude Abbott ouvre un cabinet privé à Montréal, où elle soigne les femmes et les enfants. Elle travaille également à l'Hôpital Royal Victoria et fait de la recherche en pathologie. L'article qu'elle publie sur les bruits fonctionnels du cœur est présenté à la Montreal Medico-Chirurgical Society, mais c'est le Dr James Stewart qui en fait la lecture puisque les femmes n'y sont pas admises. L'association se ravisera et Maude Abbott devient la première femme admise dans ses rangs.
Maude Abbott est nommée conservatrice adjointe du Musée médical McGill en 1898, puis conservatrice en 1901, fonction qu'elle remplit jusqu'à sa retraite en 1936. Rapidement, elle constate le rôle que peut jouer une telle institution du point de vue pédagogique. Elle effectue plusieurs voyages aux États-Unis et visite des institutions muséales se consacrant à la médecine. L'observation des méthodes de travail des musées américains l'amène à mettre au point un système de classification de spécimens d'organes et de diverses parties du corps. Durant un congrès à Baltimore, elle rencontre le médecin William Osler, qui l'encourage à se consacrer à l'étude des maladies cardiovasculaires congénitales. Abbott devient une sommité internationale dans ce domaine et ses recherches contribueront au développement de la chirurgie cardiaque.
Pionnière dans l'accession des femmes à la pratique de la médecine, Maude Abbott est au surplus la première femme à enseigner la médecine au Québec en devenant, en 1910, maître de conférences en pathologie à l'Université McGill. De 1923 à 1926, elle enseigne la pathologie au Woman's Medical College of Pennsylvania et, à partir de 1926, elle est professeure adjointe à l'Université McGill. Elle innove en utilisant les artéfacts muséaux comme outils pédagogiques. Malgré ses compétences et la reconnaissance du milieu médical, elle n'accédera jamais au rang de professeure titulaire.
Fondatrice de l'Association internationale des musées médicaux en 1906, elle est la secrétaire de l'association et la rédactrice en chef de sa revue de 1907 à 1938. En 1924, elle fonde avec cinq autres femmes médecins la Fédération des femmes médecins du Canada. En 1936, l'Université McGill lui décerne un doctorat honorifique. À titre posthume, elle fut intronisée en 1994 au nouveau Temple de la renommée médicale canadienne, seule femme parmi les dix premiers lauréats.
Elle a publié de nombreux ouvrages, dont On So-Called Functional Heart Murmurs (1899), Descriptive Catalogue of Specimens From the Pathological Museum, McGill University (1908), Congenital Cardiac Disease (1908), Women in Medicine (1911), History of Medicine in the Province of Quebec (1931) et Atlas of Congenital Cardiac Disease (1936). Elle est également l'auteure de plus de 140 articles et textes scientifiques.
Elle est décédée à Montréal le 2 septembre 1940.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Maude Abbott est une pionnière de l'accession des femmes à la pratique et à l'enseignement de la médecine au Québec et au Canada. Elle est la deuxième femme à obtenir un diplôme en médecine au Québec (Université Bishop's, 1894), après Octavia Grace Ritchie England. À compter de 1897, Maude Abbott prodigue des soins aux femmes et aux enfants dans son cabinet privé de Montréal. Elle se consacre également à la recherche scientifique et devient une sommité dans l'étude des cardiopathies congénitales. Elle est la première femme admise à la Montreal Medico-Chirurgical Society. De 1898 à 1901, elle occupe le poste de conservatrice adjointe du Musée médical de McGill, puis, de 1901 à 1936, celui de conservatrice. En 1906, elle participe à la fondation de l'Association internationale des musées médicaux, dont elle est la secrétaire de 1907 à 1938. Durant cette période, elle est également rédactrice en chef de la revue de l'Association. En 1910, elle est la première femme à enseigner la médecine au Québec, comme maître de conférences en pathologie à l'Université McGill. De 1923 à 1926, elle enseigne la pathologie en Pennsylvanie et, à partir de 1926, elle est professeure adjointe à l'Université McGill. Avec cinq autres femmes médecins, Maude Abbott fonde la Fédération des femmes médecins du Canada, en 1924. Elle a également œuvré dans un grand nombre de sociétés de bienfaisance consacrées à l'avancement de la médecine et au progrès des femmes dans la société.
ABBOTT, Maude. All Heart: Notes on the Life of Dr. Maude Elizabeth Seymour Abbott, M.D., Pioneer Woman Doctor and Cardiologist. Sainte-Anne-de-Bellevue, E. L. Abbott, 1997. 104 p.
BEAULIEU, Jacques. Ces médecins qui ont marqué le Québec. Montréal, Éditions Multimonde, 2014. 130 p.
Bibliothèque et archives Canada, Femmes à l'honneur. Abbott, Maude [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
GAGNON, Robert et Denis GOULET. Histoire de la médecine au Québec 1800-2000. Québec, Septentrion, 2014. 450 p.
GILLETT, Margaret. « Abbott, Maude Elizabeth Seymour ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
GILLETT, Margaret. We Walked Very Warily : A History of Women at McGill. Montréal, Eden Press Women's Publications, 1981. 476 p.
INNIS, Mary Quayle. The Clear Spirit. Twenty Canadian Women and their Times. Toronto, University of Toronto Press, 1966. 304 p.
WAUGH, Douglas. Maudie of McGill. Dr. Maude Abbott and the Foundations of Heart Surgery.. Canadian Medical Lives. Toronto et Oxford, Hannah Institute et Dundurn Press, 1992. 142 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Albani , Emma
Né(e) le 1er novembre 1847Décédé(e) le 3 avril 1930

Emma Albani, née Emma Lajeunesse, est née à Chambly le 1er novembre 1847. Fille de parents musiciens, Joseph Lajeunesse et Mélina Mignault, elle commence l'apprentissage du piano avec sa mère et reçoit dès l'âge de 5 ans une formation musicale complète avec son père. À la suite du décès de sa mère en 1856, Emma devient pensionnaire au couvent des Religieuses du Sacré-Cœur de Sault-au-Récollet, où son père a obtenu un poste de professeur de musique. À huit ans, Emma donne son premier concert à l'Institut des artisans de Montréal, qui reçoit l'éloge de la critique. En 1860, elle chante lors de la venue du prince de Galles à l'occasion de l'inauguration du pont Victoria.
Encouragée par la supérieure du couvent à faire une carrière musicale, Emma se heurte à la difficulté de vivre de la scène dans la société canadienne-française de l'époque, ce métier étant jugé inconvenant pour une femme. Après avoir tenté sans succès de réunir des fonds pour envoyer Emma étudier à Paris, Joseph Lajeunesse quitte Montréal avec sa famille en 1865 pour s'établir à Albany, dans l'État de New York. Emma est engagée comme soliste à l'église de la paroisse Saint-Joseph, dirige une chorale et compose des œuvres pour voix, piano ou harpe. En 1868, grâce aux concerts bénéfices organisés par les citoyens d'Albany, elle a amassé assez d'argent pour poursuivre sa formation en Europe. Elle étudie le chant à Paris avec Gilbert-Louis Duprez, puis à Milan auprès de Francesco Lamperti. C'est en Italie qu'elle adopte le nom de scène Albani, suivant la recommandation de son professeur d'élocution. Elle fait ses débuts à l'opéra à Messine en 1870 et se produit à Florence et à Malte, puis elle se rend à Londres où elle obtient un contrat avec la compagnie d'opéra de Covent Garden, dirigée par son futur beau-père Frederick Gye. Première Canadienne à se produire dans ce prestigieux théâtre lyrique, elle remporte un grand succès lors de sa première prestation en 1872 et demeure au sein de la compagnie jusqu'en 1896. En 1878, elle épouse Ernest Gye, qui deviendra son impresario et succède à son père à la tête du Covent Garden de 1878 à 1885.
Après ses débuts à Londres, sa carrière prend véritablement son envol. Durant son parcours d'une quarantaine d'années, Emma Albani tient plus de 40 rôles à l'opéra et se distingue dans l'oratorio, en plus de présenter de nombreux récitals. Elle fait également d'ambitieuses tournées en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Inde et au Ceylan (Sri Lanka). Après 20 ans d'absence, elle revient au Canada en 1883 pour une série de concerts et reçoit un accueil triomphal à Montréal. Par la suite, elle effectue plusieurs tournées pancanadiennes. En 1890, elle devient la première Canadienne française à brûler les planches du Metropolitan Opera à New York. Sa renommée l'amène à travailler avec de grands compositeurs de son temps, dont Gounod et Dvorák, et à se produire devant plusieurs souverains d'Europe. Amie de la reine Victoria, qu'elle rencontre à l'occasion d'un concert au château de Windsor en 1874, elle chante pour elle à maintes reprises et même lors de ses obsèques en 1901.
En 1906, Emma Albani fait sa tournée d'adieux au Canada. Elle se produit pour la dernière fois en public en 1911 au Royal Albert Hall de Londres. Sa retraite est marquée par des soucis financiers qui l'obligent à enseigner et à chanter dans des music-halls, mais une rente versée par le gouvernement britannique et des concerts bénéfices organisés à Londres, Montréal et Chambly lui assurent une fin de vie paisible.
En 1911, elle publie à Londres son autobiographie, Forty years of song.
En 1925, le roi George V honore Emma Albani du titre de Dame Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique.
Veuve depuis 1925, Emma Albani décède dans sa demeure de Kensington le 3 avril 1930.
Elle avait épousé Ernest Gye à Londres le 6 août 1878. Leur fils unique Ernest Frederick est né le 4 juin 1879.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Considérée comme la première cantatrice provenant du Québec à atteindre une renommée internationale, Emma Albani est l'une des sopranos les plus célèbres du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Reconnue par le milieu musical mondial, tant pour l'opéra et l'oratorio qu'en récital, sa carrière d'une quarantaine d'années est marquée par plus de 40 rôles et d'ambitieuses tournées sur plusieurs continents. Collaborant avec d'éminents compositeurs de son époque, cette cantatrice émérite ouvre la voie à de nombreux chanteurs canadiens en étant la première à se produire sur les grandes scènes lyriques du monde. En 1890, elle devient la première Canadienne française à brûler les planches du Metropolitan Opera à New York."
ALBANI, Emma. Mémoires d'Emma Albani; l'éblouissante carrière de la plus grande cantatrice québécoise / traduits et annotés par Gilles Potvin, avec chronologie, discographie et bibliographie. Montréal, Éditions du jour, 1972. 206 p.
LABRÈCHE-LAROUCHE, Michelle. Emma Albani : la diva, la vedette mondiale. Montréal, XYZ, 2001. 179 p.
POTVIN, Gilles. « Albani, Dame Emma ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
POTVIN, Gilles. « Albani, Emma ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
VACHON, Pierre. Emma Albani. Montréal, Lidec, 2000. 62 p.
VACHON, Pierre. « Lajeunesse, Emma ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Barry, Robertine
Né(e) le 26 février 1863Décédé(e) le 7 janvier 1910

Robertine Barry est née à L'Isle-Verte le 26 février 1863. Elle est la fille de John Edmond Barry et d'Aglaé Rouleau.
Elle grandit dans une famille aisée, sa mère étant la fille d'un marchand de bois de L'Isle-Verte et son père le directeur d'une scierie qui fut également maire, juge de paix et marguillier. De 1880 à 1882, elle est pensionnaire au couvent des Ursulines de Québec, où elle fait ses premières armes au journal étudiant L'Écho du cloître. Dès cette époque, elle rêve d'écrire. De retour dans le Bas-du-Fleuve à la sortie du couvent, elle soumet des textes à des éditeurs de journaux sans succès.
En 1891, elle publie ses premiers textes, sous le pseudonyme de Françoise, dans le quotidien montréalais La Patrie, journal libéral dirigé par Honoré Beaugrand (1848-1906). Celui-ci lui offre ensuite d'écrire une chronique hebdomadaire, intitulée « Chronique du lundi ».Signée Françoise, cette rubrique très personnelle de paraît durant neuf ans, du 21 septembre 1891 au 5 mars 1900. Robertine est alors la première femme à faire partie de l'équipe de rédaction du journal. Elle participe aussi chaque semaine à la page féminine du journal, « Le coin de Fanchette », où elle répond aux questions de ses lecteurs, animant ainsi le premier courrier du cœur au Québec. Ces succès permettent à Robertine Barry de vivre de sa plume, ce qui ferait d'elle la première femme à vivre du métier de journaliste au Québec.
Au moment où Robertine Barry fait ses débuts dans la presse montréalaise, son père décède et elle déménage à Montréal avec plusieurs membres de sa famille. Durant ses années à La Patrie, Robertine Barry écrit à l'occasion dans d'autres publications, dont la revue féminine Le coin du feu, fondée et dirigée par son amie Joséphine Marchand (1861-1925). En 1895, elle publie le recueil de nouvelles Fleurs champêtres, qui récolte un succès critique immédiat. Elle subit toutefois les foudres du directeur du journal La Vérité Jules Paul Tardivel, qui lui reproche de ne pas parler assez de religion et d'être en proie à la mauvaise influence de ses collègues de La Patrie. Robertine Barry ose en effet défier le conservatisme de son temps et réclamer plus de droits pour les femmes, dont celui de s'instruire et de participer à la vie civique. Bonne oratrice, elle est fréquemment sollicitée pour donner des conférences au profit d'œuvres de charité; en 1899, elle est la première femme conférencière invitée à l'Institut canadien de Québec.
En 1900, Robertine Barry est nommée représentante des Canadiennes à l'Exposition universelle de Paris et participe au Congrès international des femmes. En 1902, elle fonde Le journal de Françoise, une revue bimensuelle qui présente des rubriques variées s'adressant à tous, bien que les femmes soient particulièrement visées. La revue paraît du 29 mars 1902 au 15 avril 1909 et publie des auteurs et personnalités de divers horizons.
En 1904, Robertine Barry reçoit le titre d' « Officier d'Académie » décerné par la France. La même année, elle se rend à la Foire universelle de Saint-Louis en compagnie de quinze autres journalistes canadiennes. Elles fondent ensemble le Canadian Women's Press Club, dont Robertine Barry est élue vice-présidente. Elle préside également l'Association des femmes journalistes canadiennes-françaises. En 1907, Robertine Barry fait partie du comité de fondation de la première association féministe canadienne-française, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, dont Marie Gérin-Lajoie est la présidente. En 1909, le premier ministre du Québec, Lomer Gouin, lui offre un poste d'inspectrice du travail féminin dans les manufactures, possiblement en reconnaissance de ses dénonciations envers les mauvaises conditions de travail dans les usines.
Elle est décédée à Montréal le 7 janvier 1910. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Figure de proue du féminisme du tournant du XXe siècle, Robertine Barry est réputée pour être la première femme à vivre du métier de journaliste au Québec. Elle fait ses premières armes dans ce domaine en collaborant au journal étudiant du couvent des Ursulines de Québec. Après avoir publié quelques articles et contes dans les pages du journal libéral La Patrie, elle est engagée en 1891 par le directeur Honoré Beaugrand pour rédiger une chronique hebdomadaire. Signée sous le pseudonyme de Françoise, cette « Chronique du lundi » paraît du 21 septembre 1891 au 5 mars 1900. Robertine Barry connaît beaucoup de succès grâce à ses chroniques et à ses autres articles. Devenue une personnalité en vue, elle est fréquemment sollicitée pour donner des conférences. En 1899, elle est d'ailleurs la première femme conférencière invitée de l'Institut canadien de Québec. L'année suivante, elle est nommée représentante des Canadiennes à l'Exposition universelle de Paris et participe alors au Congrès international des femmes. Elle collabore activement à la création de la Canadian Women's Press Club en 1904 et à la fondation de la première association féministe canadienne-française, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, en 1907. Elle est aussi la fondatrice du Journal de Françoise, une revue bimensuelle publiée de 1902 à 1909. Défiant les idées reçues, elle a entre autres réclamé, pendant toute sa vie, davantage de droits pour les femmes, dont celui de s'instruire et de participer à la vie civique, et de meilleures conditions de vie et de travail pour les moins nantis de la société. De 1984 à 2000, l'Institut canadien de recherches sur les femmes a décerné chaque année le prix Robertine-Barry pour récompenser le meilleur article portant sur la condition féminine. »
CARRIER, Anne. « Barry, Robertine, dite Françoise ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/barry_robertine_13F.html
DESJARDINS, Sergine. « Robertine Barry (Françoise) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/robertine-barry-francoise
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Beaugrand, Honoré
Né(e) le 24 mars 1848Décédé(e) le 7 octobre 1906

Naissance - Mort : 1848 – 1906
Né à Lanoraie, le 24 mars 1848, Honoré Beaugrand est le fils de Louis Beaugrand dit Champagne, navigateur, et de Marie-Josephte (Joséphine) Marion.
Il étudie quelque temps au collège de Joliette et au noviciat des Clercs de Saint-Viateur. Il reçoit également un entraînement à l’école militaire de Montréal.
En 1865, il part combattre au Mexique dans les rangs de l’armée de l’empereur Maximilien. Il suit les troupes qui retournent en France en 1867 et y séjourne quelques mois. Il se rend ensuite aux États-Unis, où il exerce divers métiers. Son parcours le mène à Fall River (Massachusetts), ville industrielle où réside une importante communauté canadienne-française. Il s’y établit en 1871. Beaugrand s’implique dans la vie culturelle locale et fonde des journaux, dont il est convaincu de la nécessité comme outil d’éducation civique. Ces publications lui permettent de promouvoir ses idéaux: le patriotisme, le républicanisme et le libéralisme.
De retour au Canada en 1878, il fonde quelques journaux éphémères et collabore à d’autres, avant de lancer son entreprise la plus fructueuse, La Patrie, en 1879. Ce quotidien est non seulement profitable financièrement grâce aux publicités, mais il marque aussi son temps en diffusant des idées libérales et progressistes. Les propos de Beaugrand détonnent dans un contexte où le conservatisme et l’ultramontanisme récoltent un large appui. Parmi les grandes réformes qu’il préconise dans ses textes se trouvent l’éducation obligatoire et gratuite, le suffrage universel et la laïcisation de l’État, ce qui suscite à la fois l’enthousiasme et l’indignation. Il demeure directeur du journal jusqu’en 1886, et propriétaire jusqu’en 1897.
Indépendant de fortune grâce au succès commercial de La Patrie, et figure influente des cercles libéraux montréalais, Honoré Beaugrand se tourne vers la politique, domaine où il laisse également sa marque. Il est élu maire de Montréal en 1885. Une fois en poste, il amorce des réformes et lance de nombreux chantiers d’infrastructures et d’amélioration de l’hygiène publique. Son mandat est marqué par deux crises: l’épidémie de variole qui s’abat sur Montréal en 1885 et, la même année, la pendaison de Louis Riel à la suite de la résistance des Métis. Beaugrand se positionne en faveur de la vaccination obligatoire et dénonce la condamnation de Riel. Malgré ses prises de position polarisantes, il est réélu pour un second mandat avec une plus forte majorité. Toutefois, sa mauvaise santé le pousse à quitter ses fonctions en 1887.
Il consacre le reste de sa vie à voyager et à cultiver ses nombreux champs d’intérêt. Il a le loisir d’éditer et de publier ses nombreux écrits, rassemblant ainsi un corpus épars produit au fil des années. Figure littéraire marquante de la fin du XIXe siècle et artisan de la littérature nationale, Honoré Beaugrand laisse une œuvre variée. Parmi les genres qu’il visite se trouvent les récits de voyage, les œuvres romanesques, les écrits journalistiques et les contes et légendes. Il partage avec certains contemporains, dont Louis Fréchette, un intérêt pour la tradition orale canadienne-française. Pour éviter qu’elle ne sombre dans l’oubli, il entreprend de compiler et de consigner des contes, menant à sa contribution la plus importante: La Chasse-galerie, légendes canadiennes, publiée en 1900. Richement illustré par Henri Julien, Henry Sandham et Raoul Barré, le livre relève autant de la littérature que de l’objet d’art. Il est aussi le fondateur, en 1902, de l’Alliance française de Montréal.
Il a aussi publié Jeanne la fileuse: épisode de l’émigration franco-canadienne aux États-Unis (1878), la traduction anglaise de son ouvrage phare La Chasse galerie and Other Canadian Stories (1900) et New Studies of Canadian Folklore (1904).
Il est décédé à Westmount le 7 octobre 1906. Il est inhumé au cimetière Mont-Royal.
Il avait épousé à Fall River, au Massachusetts, en 1873, Eliza Walker.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Journaliste, écrivain, propriétaire de journaux et homme politique, Honoré Beaugrand est une figure marquante du paysage culturel et politique de la fin du XIXe siècle. Après avoir œuvré dans la presse canadienne-française de la Nouvelle-Angleterre, il fonde en 1879 le quotidien La Patrie, à Montréal. Ce dernier devient un organe de diffusion majeur des idées libérales, progressistes et républicaines, défendant notamment l'éducation obligatoire et gratuite, le suffrage universel et la laïcisation de l'État. Élu maire de Montréal en 1885, Beaugrand entreprend des réformes d'envergure en matière d'hygiène publique et d'infrastructures, tout en affirmant une vision moderne de la ville dont la gestion doit être dégagée des querelles de langue ou de religion. Son passage à la mairie, marqué par l'épidémie de variole et la pendaison de Louis Riel, lui vaut la réputation d'administrateur intègre et courageux. Homme de plume, Beaugrand s'impose aussi comme l'un des pionniers des lettres québécoises avec ses récits de voyage et ses écrits romanesques. Son œuvre phare, La Chasse-galerie, légendes canadiennes, témoigne de son souci de préserver la tradition orale canadienne-française et occupe une place centrale dans le patrimoine littéraire et folklorique québécois. Ainsi, par son action journalistique, politique et littéraire, Honoré Beaugrand a marqué durablement l'histoire du Québec. Défenseur de la liberté et du bien public, il est une figure incontournable de la vie intellectuelle et civique de son temps. »
HAMEL, Réginald, John HARE et Paul WYCZYNSKI. Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord. Montréal, Fides, 1989. 1364 p.
LAFRENIÈRE, Suzanne. « La chasse-galerie, et autres contes d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEBEL, Maurice. « Lettres de voyage, France, Italie, Sicile, Malte, Tunisie, Algérie, Espagne, d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEBEL, Maurice. « Mélanges, trois conférences, d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEBEL, Maurice. « Six mois dans les montagnes Rocheuses, Colorado, Utah, Nouveau-Mexique, essai d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEMIRE, Maurice. « Jeanne la fileuse, roman d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
RICARD, François. « Beaugrand, Honoré ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
WARREN, Jean-Philippe. Honoré Beaugrand : la plume et l’épée (1848-1906). Montréal, Éditions du Boréal, 2015. 536 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bengle, Marie-Aveline
Né(e) le 15 octobre 1861Décédé(e) le 13 mars 1937

Née le 15 octobre 1861 à Saint-Paul d'Abbotsford, Marie-Aveline Bengle est la fille de Guillaume Bengle, cultivateur, et de Philomène Pion.
De 1875 à 1880, Marie-Aveline Bengle étudie au Mont-Notre-Dame de la congrégation de Notre-Dame, où elle obtient en 1880 un brevet d'enseignement pour l'école modèle. Alors qu'elle n'a pas encore vingt ans, elle entre au noviciat de la congrégation de Notre-Dame à Montréal. Admise à la profession religieuse sous le nom de sœur Sainte-Anne-Marie le 14 septembre 1882, elle commence sa carrière d'enseignante en 1883 au pensionnat Mont Sainte-Marie. Devenue assistante de la supérieure en 1897, elle est nommée supérieure du pensionnat en 1903.
Convaincue de la nécessité de rendre accessibles les études préuniversitaires aux jeunes filles, sœur Sainte-Anne-Marie projette d'ouvrir à Montréal le premier collège classique féminin de la province. En 1904, la congrégation de Notre-Dame tente d'implanter une école d'enseignement supérieur pour jeunes filles, mais ce projet se heurte à la résistance des autorités religieuses, du comité catholique du Conseil de l'instruction publique et de l'Université Laval. Le vent tourne en 1908 avec l'annonce de l'ouverture à Montréal d'un lycée laïque et neutre destiné aux jeunes filles: la congrégation charge alors sœur Sainte-Anne-Marie et sœur Sainte-Sophronie de faire les démarches et d'obtenir les appuis nécessaires. Dès octobre 1908, l'École d'enseignement supérieur pour jeunes filles accueille un premier groupe de 42 étudiantes, parmi lesquelles se trouve la fille de Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Marie Gérin-Lajoie, première étudiante à y obtenir son baccalauréat en 1911. Afin de ne pas heurter l'opinion publique, le nouvel établissement reçoit l'appellation d'école et non de collège, en dépit du souhait de sa fondatrice. En plus d'être la directrice de ce premier collège classique féminin, fonction qu'elle occupera jusqu'à son décès, sœur Sainte-Anne-Marie est nommée en 1913 maîtresse générale des études de sa communauté. Devant se munir des diplômes nécessaires à son rôle de directrice, elle obtient en 1913 l'autorisation de présenter une licence de philosophie. Elle reçoit son baccalauréat ès arts en 1915, devenant l'une des premières religieuses québécoises à obtenir ce diplôme.
Sœur Sainte-Anne-Marie s'affaire ensuite à obtenir les fonds nécessaires à la fondation d'un Institut pédagogique, projet qui devient réalité en 1924 avec la Loi relative à l'établissement d'un institut pédagogique à Montréal et l'obtention d'une subvention du gouvernement de 25 000 $ durant 15 ans. L'établissement dispensera en français le baccalauréat, la licence et le doctorat en pédagogie, diplômes décernés par l'Université de Montréal. L'année suivante, sœur Sainte-Anne-Marie fait entreprendre la construction d'un édifice pour loger ses deux fondations. Ouvert en 1926, le nouveau Collège Marguerite-Bourgeoys abrite l'Institut pédagogique et l'École d'enseignement supérieur pour jeunes filles.
En 1928, sœur Sainte-Anne-Marie est nommée à la commission pédagogique de la Commission des écoles catholiques de Montréal, devenant la première femme à en faire partie. Sa contribution exceptionnelle au domaine de l'éducation et en particulier à la promotion de l'enseignement aux jeunes filles fut reconnue de son vivant. En 1932, à l'occasion de son jubilé d'or, l'Université de Montréal lui décerne un doctorat honoris causa en pédagogie. Bien qu'elle ait signé « sœur Sainte-Anne-Marie » jusqu'à la fin de sa vie, elle était appelée « mère Sainte-Anne-Marie » tant par ses interlocuteurs laïcs que ses élèves et les religieuses de la Congrégation et c'est ainsi qu'elle est identifiée dans plusieurs documents officiels.
Elle est décédée le 13 mars 1937 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière de Villa Maria. En 1988, ses restes sont transférés au cimetière Notre-Dame-des-Neiges avec ceux des autres religieuses de la Congrégation inhumées à Villa Maria.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Marie-Aveline Bengle, dite mère Sainte-Anne-Marie, a contribué de manière exceptionnelle au développement de l'éducation des filles, à une époque où celles-ci n'avaient pas accès aux études supérieures. Religieuse de la congrégation de Notre-Dame à Montréal, elle commence sa carrière d'enseignante en 1883 au pensionnat Mont Sainte-Marie. Elle devient assistante de la supérieure en 1897 et supérieure du pensionnat en 1903. En 1908, elle est à l'origine de la fondation de l'École d'enseignement supérieur, le premier collège classique féminin du Québec. Directrice de l'établissement jusqu'à son décès, sœur Sainte-Anne-Marie est aussi maîtresse générale des études de la congrégation de Notre-Dame à compter de 1913. En 1924, elle obtient une subvention du gouvernement de la province de Québec pour établir un Institut pédagogique à Montréal afin d'assurer la formation des enseignantes. Les deux établissements créés par sœur Sainte Anne-Marie sont logés dans le nouveau Collège Marguerite Bourgeoys à compter de 1926. En 1928, sœur Sainte Anne-Marie devient la première femme à être nommée à la commission pédagogique de la Commission des écoles catholiques de Montréal.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DUMONT, Micheline. « Bengle, Marie-Aveline, dite Sainte-Anne-Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/fr/bio/bengle_marie_aveline_16F.html
GRAVEL, Claude. La féministe en robe noire : Mère Sainte-Anne-Marie. Montréal, Libre Expression, 2013. 224 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bernier, Joseph-Elzéar
Né(e) le 1er janvier 1852Décédé(e) le 26 décembre 1934

Né le 1er janvier 1852 à L'Islet, Joseph-Elzéar Bernier est le fils de Thomas Bernier, navigateur, et d'Henriette-Célina Paradis.
En septembre 1859, Bernier entre au collège de L'Islet tenu par les Frères des écoles chrétiennes. Il quitte les études à l'âge de 14 ans pour suivre une formation de marin auprès de son père. Il débute en tant que mousse et est promu matelot en avril 1867. En juillet 1869, Bernier est nommé commandant du brigantin le Saint-Joseph. À l'âge de 17 ans, il est déjà capitaine et veille au transport de bois entre Québec et Montréal. En mars 1872, Bernier débute des cours intensifs à l'école de navigation de Québec.
Rapidement, Bernier accumule les traversées transatlantiques et navigue dans les ports les plus importants. Ses allées et venues se font remarquer en raison des nombreux records de vitesse qu'il établit. Ses exploits font la manchette de plusieurs journaux, au Québec et à l'étranger. Bernier devient un navigateur fort populaire. Au printemps 1874, Bernier accepte de diriger le chantier de Peter Baldwin, à la Pointe-aux-Lièvres sur la rivière Saint-Charles. De 1886 à 1889, Bernier est directeur du nouveau chantier de Pointe-Lévy. Au terme de cette période, il poursuit sa carrière sur les eaux en direction des ports transatlantiques de Boston, New York et Portland. Sur une période de 20 ans, Bernier a effectué plus de 250 traversées océaniques.
Le 13 février 1895, Bernier obtient la direction de la prison de Québec. Dès son arrivée en fonction, il tente d'instaurer une discipline auprès de ses employés, mais il rencontre plusieurs embûches. Il quitte alors ses fonctions à la prison de Québec et décide d'entreprendre un projet qui lui est cher: l'exploration de l'Arctique. Durant son séjour à la prison, Bernier documente la navigation dans les glaces en s'inspirant de récits de voyages nordiques. De concert avec les membres de la Société de géographie de Québec, il dresse une carte de l'Arctique et prononce plusieurs conférences sur son projet. Les négociations entre le Canada et les États-Unis au sujet de la délimitation des frontières de l'Alaska provoquent alors plusieurs débats et posent la question des frontières du pays au nord. Dans ce contexte, le projet du capitaine Bernier intéresse fortement la population. Il entre en contact avec le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, afin de lui faire part de l'importance de l'expédition. Ce dernier ne semble toutefois pas convaincu. Au cours de l'année 1900, Bernier présente son projet au Parlement canadien qui rejette toutefois sa demande pour des raisons budgétaires. Au printemps 1901, il entame une campagne de souscription qui prend une place importante dans les journaux. Bernier est rapidement dépeint comme l'homme du Grand Nord. Il établit finalement en septembre 1904 des postes de gendarmerie à la baie d'Hudson.
Entre 1906 et 1911, le capitaine commande trois expéditions pour le compte du gouvernement canadien dans l'archipel arctique afin de patrouiller les eaux et annexer les îles et territoires cédés par la Couronne britannique. Le 1er juillet 1909, le capitaine Bernier prend possession symboliquement de tout l'archipel arctique canadien sur l'île Melville. En 1917, il commande des navires transatlantiques dans le cadre de la Première Guerre mondiale. En juillet 1922, il retourne patrouiller pour le gouvernement canadien en Arctique et se retire trois ans plus tard. Il est intronisé Chevalier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre le 21 janvier 1934 dans la cathédrale de Lévis.
Joseph-Elzéar Bernier publie trois rapports intitulés: « Reports on the Dominion Government Expeditions to the Arctic Islands and Hudson Strait, 1906-1910 ». Il rédige également ses mémoires.
Il est décédé le 26 décembre 1934 à Lévis. Il est inhumé à Lévis dans le cimetière Mont-Marie.
Il avait épousé à L'Islet, le 8 novembre 1870, Rose-Lima Caron; puis à la suite du décès de sa femme, il épouse Marie-Alma Julie Albertine Lemieux.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Joseph-Elzéar Bernier est l'un des navigateurs les plus populaires du Québec et du Canada au cours des XIXe et XXe siècles. Fils et petit-fils de marin, il apprend son métier à L'Islet et devient capitaine à l'âge de 17 ans. Pendant sa carrière, il commande plus de 100 navires, dont plusieurs embarcations de marchandises sur le fleuve Saint-Laurent. Il traverse l'Atlantique à plus de 250 reprises, en établissant des records de vitesse. Il effectue aussi une dizaine d'expédition dans l'Arctique et est l'un des artisans de l'affirmation de la souveraineté canadienne sur ce territoire. Pendant quelques années, il dirige les chantiers maritimes de Québec et de Pointe-Lévy.
DORION-ROBITAILLE, Yolande. Le capitaine J-E Bernier et la souveraineté du Canada dans l'Arctique. Ottawa, Affaires indiennes et du nord, 1978. 110 p.
MACEACHERN, Alan. « J.E Bernier's Claims to Fame ». Scienta Canadensis : Canadian Journal of the History of Science. Vol. 33, no 2 (2010), p. 43-73.
SAINT-PIERRE, Marjolaine. Joseph-Elzéar Bernier, capitaine et coureur des mers. Québec, Septentrion, 2005. 366 p.
TERRIEN, Paul. Les mémoires de J.-E. Bernier. Marin, explorateur et découvreur. Québec, Presses de l'Université Laval, 2013. 201 p.
s.a. « Bernier, Joseph-Elzéar ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/bernier-joseph-elzear/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Borduas, Paul-Émile
Né(e) le 1er novembre 1905Décédé(e) le 22 février 1960

Né le 1er novembre 1905 à Saint-Hilaire (Mont-Saint-Hilaire), Paul-Émile Borduas est le fils de Magloire Borduas, voiturier, et d'Éva Perreault.
Il fréquente l'école primaire de Saint Hilaire, puis suit des cours particuliers de 1912 à 1921. En 1921, alors âgé de seulement 16 ans, il rencontre le peintre Ozias Leduc qui le prend comme apprenti pour la réalisation de ses projets de décors d'églises. En 1923, Borduas s'inscrit à l'École des beaux-arts de Montréal où il obtient son diplôme en 1927. Il s'envole ensuite pour la France afin de parfaire sa formation aux Ateliers d'art sacré, à Paris, jusqu'en 1930. Son séjour parisien lui permet notamment de fréquenter les musées et de découvrir des artistes de l'avant-garde européenne. De retour au Québec, le jeune artiste complète son cursus avec un diplôme en enseignement du dessin en 1932.
Dans la première moitié des années 1930, Borduas continu de travailler aux côtés d'Ozias Leduc à la réalisation de décors d'église. Parallèlement à sa carrière d'artiste, il commence à enseigner le dessin au collège André-Grasset et dans les écoles de la Commission des écoles catholiques de Montréal. En 1937, il devient professeur de dessin et de décoration à l'École du meuble de Montréal.
Après sa découverte du surréalisme et des écrits d'André Breton, Borduas embrasse l'idée selon laquelle la peinture peut être exécutée de manière spontanée ou « automatique », sans modèle ni sujet. À partir du début des années 1940, il délaisse ainsi la figuration pour se consacrer à l'abstraction et aux fondements esthétiques de ce qu'il désignera comme la peinture automatiste. Sa démarche inspire certains de ses étudiants de l'École du meuble et d'autres jeunes artistes et intellectuels du milieu montréalais. Ensemble, ils forment le groupe dit « des Automatistes ». Parmi eux, on retrouve des peintres comme Marcel Barbeau, Marcelle Ferron, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau et Jean Paul Riopelle, mais aussi des créateurs et créatrices appartenant à d'autres disciplines comme Claude Gauvreau, poète et dramaturge, et Françoise Sullivan, danseuse et chorégraphe.
En 1948, il écrit le texte principal du manifeste Refus global, cosigné par 15 membres des Automatistes. Les critiques de Borduas à l'endroit du conservatisme ambiant dans la société de l'époque suscitent la polémique, de telle sorte qu'il est remercié de l'École du meuble moins d'un mois après la parution du Refus Global. À l'été 1949, il publie Projections libérantes , un essai dans lequel il défend ses idées et tente de recontextualiser la parution du Refus global en marge de ses activités professorales. Cette nouvelle publication ne lui permet toutefois pas de récupérer son poste d'enseignant. Il se dédie alors à son art, d'abord au Québec, puis à New York et à Paris où il demeurera jusqu'à la fin de ses jours. Durant cette période d'exil, il expose notamment à Londres (1957 et 1958), à Düsseldorf (1958) et à Paris (1959). Il représente également le Canada à la Biennale de São Paulo en 1955 et à l'Exposition universelle de Bruxelles en 1958.
L'année de son décès, une importante exposition monographique est présentée au Stedelijk Museum à Amsterdam. C'est alors le début d'une consécration posthume qui donnera lieu à plusieurs autres expositions lui rendant hommage. Aujourd'hui, les peintures aussi bien que les écrits de Borduas témoignent d'une quête de liberté et d'un désir de renouveau qui ont eu d'importantes répercussions sur l'histoire de l'art et des idées au Québec.
Il est décédé à Paris, le 21 février 1960. Ses cendres ont été transférées dans le cimetière de Mont-Saint-Hilaire en 1989.
Il avait épousé à Granby, en 1935, Gabrielle Goyette.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Paul-Émile Borduas est un peintre et un intellectuel qui a profondément influencé le développement des arts visuels et l'évolution de la pensée du Québec moderne. Apprenti d'Ozias Leduc et formé à l'École des beaux-arts de Montréal, Borduas devient professeur de dessin et de décoration à l'École du meuble de Montréal en 1937. À partir du début des années 1940, notamment inspiré par les surréalistes et les écrits d'André Breton, il délaisse la figuration pour se consacrer à l'abstraction et aux fondements esthétiques de ce qui sera reconnu plus tard comme la peinture automatiste. Sa démarche inspire certains de ses élèves de l'École du meuble et d'autres jeunes artistes, intellectuels et intellectuelles du milieu montréalais. Ensemble, ils forment le groupe dit des « automatistes » à partir de 1941. En 1948, il écrit le texte principal du manifeste Refus global, cosigné par 15 autres membres des automatistes. Dans ce document phare, il remet en question l'orthodoxie sociale, intellectuelle et artistique de l'époque et fait appel à une société plus libre et ouverte sur le monde. Les idées qu'il a véhiculées dans ses écrits sont aujourd'hui reconnues comme précurseures de la Révolution tranquille. »
BÉLISLE, Josée et Marcel SAINT-PIERRE. Paul-Émile Borduas. Catalogue d'exposition. Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal et les 400 Coups, 1998. 110 p.
DUBOIS, Sophie. Refus global : histoire d'une réception partielle. Nouvelles études québécoises, 16. Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 2017. 429 p.
GAGNON, François-Marc. « Borduas, Paul-Émile ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GAGNON, François-Marc. Paul-Émile Borduas. Ottawa, Galerie nationale du Canada, 1976. 95 p.
GAGNON, François-Marc. « Sa vie et son œuvre : Paul-Émile Borduas ». s.a. Art Canada Institute [En ligne]. https://www.aci-iac.ca/fr/livres-dart/paul-emile-borduas/biographie/
GODBOUT, Jacques. « Paul-Emile Borduas ». Liberté. Vol. 2, no 2 (1960), p. 133.
GODBOUT, Jacques. « Paul-Émile Borduas [1905-1960] ». Office national du film du Canada. Office national du film du Canada [En ligne]. https://www.onf.ca/film/paul-emile_borduas_1905-1960/
VIGNEAULT, Louise. « Peinture et territoire en dialogue. Regard de Paul-Émile Borduas sur l’Amérique ». s.a. Érudit [En ligne]. https://www.erudit.org/fr/revues/mensaf/2009-v10-n1-mensaf01210/1023159ar/
WARREN, Jean-Philippe. L’art vivant. Autour de Paul-Émile Borduas. Montréal, Les Éditions du Boréal, 2011. 220 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Boucher, Pierre
Né(e) le 1er août 1622Décédé(e) le 19 avril 1717

Né à Mortagne, en France, le 1er août 1622, Pierre Boucher est le fils de Gaspard Boucher, menuisier, et de Nicole Lomer (Lemaire).
Boucher serait arrivé en Nouvelle-France avec sa famille vers 1634 et aurait reçu son éducation auprès des Jésuites à la ferme de Notre-Dame-des-Anges. Séjournant en Huronie de 1637 à 1641 comme aide missionnaire, il est sérieusement blessé à un bras lors d'une révolte des Hurons. De retour à Québec, Boucher est nommé soldat, interprète et agent auprès des Autochtones par le gouverneur Charles-Jacques Huault de Montmagny. Il accompagne ce dernier dans ses expéditions contre les Iroquois. Il est présent lors de la fondation du poste de Ville-Marie par Pierre de Chomedey de Maisonneuve en 1642 et participe aux négociations de paix de 1645-1646 avec les Autochtones, dont le chef agnier Kiotseaeton, ambassadeur auprès des Français.
Boucher s'installe à Trois-Rivières en 1645 et assure la défense du fort contre les attaques iroquoises. Le gouverneur d'Ailleboust le nomme commis en chef du poste de Trois-Rivières. Nommé capitaine du bourg en 1651, il élabore un plan de défense qui présente une palissade agrémentée de corps de garde. En l'absence du gouverneur Jacques Leneuf de La Poterie et devant la menace iroquoise, il est nommé gouverneur intérimaire. Après un siège de plusieurs jours, il conclut en 1653 une paix avec plus de 600 Iroquois venus attaquer Trois-Rivières. Il est élu conseiller du roi à Québec en 1657, mais se retire la même année sur ses terres de l'arrière-fief Sainte-Marie, détaché de la seigneurie du Cap-de-la-Madeleine.
Choisi par les Jésuites et les notables de la colonie pour plaider la cause de la Nouvelle-France à la cour du roi, Boucher s'embarque pour la France en 1661. Il présente aux administrateurs coloniaux les doléances des habitants de la Nouvelle-France et est anobli par Louis XIV. Boucher revient l'année suivante accompagné de deux navires et de 100 soldats. Sa mission auprès des autorités françaises permet entre autres la proclamation, en 1663, d'un gouvernement royal pour la colonie. Boucher rédige par la suite un rapport qui a comme objectif d'accroître l'intérêt de la métropole envers la Nouvelle-France. En 1664, le roi ordonne l'envoi du régiment Carignan-Salières afin de stabiliser la colonie aux prises avec des incursions iroquoises sur son territoire. À son retour de France, Boucher reçoit la commission de gouverneur de Trois-Rivières. Il est nommé juge royal en 1663 et se voit concéder l'année suivante le fief des Îles-Percées en aval de Ville-Marie (Montréal). Boucher conserve ses fonctions de gouverneur de Trois-Rivières jusqu'en 1667, année où il décide de s'établir sur ses terres.
Boucher organise sa seigneurie des Îles-Percées, renommé Boucherville, selon un modèle qu'il a lui-même développé et est déterminé à démontrer que l'agriculture est viable en Nouvelle-France. L'implication de Boucher dans le développement de sa seigneurie lui vaut l'éloge des autorités coloniales. Il est l'un des premiers seigneurs à ajouter l'élevage à ses activités agricoles en louant un troupeau de bovins à ses censitaires. La seigneurie de Boucherville est l'une des plus prospères et des mieux organisées. Ce n'est qu'en 1672 que l'indentant Jean Talon cède officiellement à Pierre Boucher la seigneurie de Boucherville. Durant ses dernières années, Boucher rédige ses mémoires.
Il est l'auteur d'une Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada (1664), dédiée au ministre du roi Jean-Baptiste Colbert.
Il est décédé à Boucherville, le 19 avril 1717.
Il avait épousé à Québec, en 1649, Marie Ouebadinskoue, appelée Marie-Madeleine Chrestienne. Huronne et élève des Ursulines de Québec. Elle décède la même année. Il épouse ensuite, en 1652, Jeanne Crevier, fille de Christophe Crevier.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Pierre Boucher, interprète, soldat et seigneur, est un des personnages les plus importants de l'histoire de la Nouvelle-France. Il a souvent joué un rôle déterminant dans la résolution de conflits, dans l'établissement de relations plus fructueuses avec la métropole et dans la ratification de divers traités de paix avec les Autochtones. Arrivé à Québec, vraisemblablement en 1635, il vit en Huronie de 1637 à 1641 et apprend des langues autochtones. De retour à Québec, il agit à titre d'interprète et d'agent auprès des Autochtones pour le gouverneur Charles Huault de Montmagny. Boucher accompagne le gouverneur dans ses expéditions chez les Iroquois et participe à des pourparlers de paix. Établi à Trois-Rivières à partir de 1645, il s'illustre dans la défense du bourg et est nommé gouverneur en 1654. Boucher est anobli par Louis XIV en 1661 et est dépêché à la cour du roi, par l'élite de la colonie, pour y plaider la cause de la Nouvelle-France, laquelle est alors dans un état précaire. Convaincu par le témoignage de Boucher, le roi place la Nouvelle-France sous sa protection en 1663 et prend des mesures permettant d'accroître son développement, comme l'envoi du régiment de Carignan-Salières, des Filles du roi et de l'intendant Jean Talon. En 1667, Boucher devient le premier seigneur des Îles-Percées, renommées Boucherville. Il met son fief en valeur selon ses propres préceptes, et Boucherville devient l'une des seigneuries les plus prospères et les mieux organisées de la colonie.
BOUCHER, Pierre. Histoire véritable et naturelle des moeurs et productions du pays de la Nouvelle France, vulgairement dite le Canada (texte moderne établi par Christophe Horguelin avec une postface de Thomas Wien). Montréal, Almanach, 2014. 245 p.
BOUCHER, Pierre. Histoire véritable et naturelle des moeurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada (texte établi en français moderne par Pierre Benoit). Québec, Septentrion, 2014. 240 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DOUVILLE, Raymond. « Boucher, Pierre ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
LEBLANC, Léopold. « Histoire véritable et naturelle des moeurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada, de Pierre Boucher ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
MARION, Séraphin. Pierre Boucher. Québec, Imprimeur du roi, 1927. 290 p.
MARSH, James. « Boucher, Pierre ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
MITCHELL, Estelle. Messire Pierre Boucher (écuyer), seigneur de Boucherville, 1622-1717. Montréal, Librairie Beauchemin, 1967. 389 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Cartier, Jacques
Né(e) le 1er janvier 1491Décédé(e) le 1er septembre 1557

Jacques Cartier est né à Saint-Malo, en France, vers 1491.
Il est initié à la navigation dès sa jeunesse. Il dispose vraisemblablement d’une bonne connaissance des environs de Terre-Neuve et aurait longé les côtes du Brésil.
Recommandé par l’évêque de Saint-Malo, Jean Le Veneur, Jacques Cartier est désigné en 1534 par le roi François Ier pour diriger une expédition vers l’Amérique du Nord pour trouver de l’or et un passage menant vers l’Asie. Il quitte Saint-Malo le 20 avril avec deux navires. Après avoir atteint le détroit de Belle Isle, il visite la côte occidentale de Terre-Neuve. Il identifie ensuite les îles de la Madeleine et l’île du Prince-Édouard, puis il explore la baie des Chaleurs. Le 24 juillet 1534, il fait ériger une croix à Gaspé au nom du roi France. Il repart en Europe avec deux des fils du chef iroquoïen Donnacona.
Cartier prend la tête d’une seconde expédition en 1535. Cette fois, trois navires et quelque 110 hommes l’accompagnent. Il explore la région de Natashquan et donne à une baie le nom de Saint-Laurent. Ce même nom désignera plus tard le golfe et le fleuve. Guidé par les deux fils de Donnacona, Cartier accède à l’estuaire du Saint-Laurent et parvient jusqu’à Stadaconé (Québec), le 14 septembre. Il atteint ensuite le village appelé Hochelaga, situé sur l’actuelle île de Montréal. Tout près du village se trouve une montagne qu’il désigne sous le nom de mont Royal. Demeurant à proximité de Stadaconé au cours de l’hiver, Cartier en profite pour explorer le territoire. Un climat de méfiance teinte les rapports entre Européens et Autochtones, et une épidémie de scorbut au sein de son équipage fait plusieurs morts. Au printemps, il repart en France avec le chef Donnacona. Les rapides de Lachine ainsi que le royaume de Saguenay restent à explorer et, aux dires des Iroquois, promettent notamment de riches minéraux.
De retour en France, Cartier souhaite préparer une nouvelle expédition. Cependant, la guerre entre la France et l’Espagne l’oblige à repousser son départ de quelques années. En 1540, Cartier reçoit une nouvelle commission pour poursuivre les explorations en Amérique. Quelques mois plus tard, François Ier choisit plutôt Jean-François de La Rocque de Roberval, qu’il nomme lieutenant-général du Canada, pour diriger une expédition ayant comme objectif d’établir une colonie française en Amérique du Nord. Cartier est désigné maître-pilote de l’entreprise et, en mai 1541, il part avec cinq navires et plus de 300 personnes, sans Roberval qui subit quelques retards dans ses préparatifs.
Le 23 août 1541, Cartier fixe l’établissement français le long du fleuve Saint-Laurent, à l’embouchure de la rivière du Cap Rouge, et le nomme Charlesbourg-Royal. Il fait construire deux forts, explore les alentours et remonte le fleuve jusqu’aux rapides de Lachine à la recherche du passage convoité. Pendant ce temps, les relations entre les nouveaux arrivants et les Autochtones de Stadaconé semblent s’envenimer. Au printemps 1542, après un dur hiver pendant lequel plusieurs colons décèdent, Cartier décide de regagner la France. Il a aussi en sa possession des métaux précieux qu’il pense avoir découverts. À la mi-juin, il croise Roberval dans le havre de Saint-Jean, à Terre-Neuve. Ce dernier lui demande de poursuivre la mission coloniale, mais Cartier préfère reprendre la direction de la métropole.
En France, les métaux précieux rapportés par Cartier sont analysés et se révèlent être sans valeur. Le navigateur se retire dans son domaine de Limoilou, près de Saint-Malo, et n’aura pas l’occasion de participer à une autre expédition en Amérique.
Des relations des trois expéditions de Cartier ont été publiées à partir de 1545. Elles auraient été inspirées du journal de bord du navigateur.
Cartier est décédé à Saint-Malo le 1er septembre 1557.
Il avait épousé, probablement à Saint-Malo, en 1520, Catherine Des Granches, fille de Jacques Des Granges, chevalier du roi et connétable de Saint-Malo.
Navigateur originaire de Saint-Malo, en France, Jacques Cartier figure parmi les principaux explorateurs européens de l’Amérique. Sous le patronage de François Ier, il effectue des expéditions en 1534, en 1535-1536 et en 1541-1542. Au cours du premier voyage, il explore le golfe du Saint-Laurent et établit des relations avec des Autochtones. Pendant le deuxième voyage, il remonte le fleuve Saint-Laurent, hiverne près du village de Stadaconé et se rend jusqu’au village d’Hochelaga, dans l’espoir de découvrir un passage maritime vers l’Asie. Pour son dernier voyage, Cartier est le maître-pilote de Jean-François de La Rocque de Roberval, lieutenant-général du Canada, qui a le mandat de fonder un établissement français en Amérique du Nord. Le 23 août 1541, Cartier s’installe avec plus de 300 personnes le long du fleuve, à l’embouchure de la rivière du Cap Rouge, près de Stadaconé. Il nomme Charlesbourg-Royal cette première colonie française en Amérique du Nord. Il y fait construire 2 forts, explore les alentours et remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu’aux rapides de Lachine. Il regagne la France en 1542. Pendant ces voyages, Cartier n’a pas trouvé les richesses anticipées ni le fameux passage maritime vers l’Asie. Il demeure néanmoins le premier Européen à cartographier le golfe du Saint-Laurent et à remonter son fleuve, ce qui a permis aux Français de pénétrer à l’intérieur du continent et de s’implanter durablement en Amérique du Nord.
ALLAIRE, Bernard. La rumeur dorée : Roberval et l’Amérique. Montréal, Les Éditions La Presse, 2013. 159 p.
BERTHIAUME, André. « Bref récit et succincte narration de la navigation faite aux îles de Canada, Hochelaga et Saguenay et autres, de Jacques Cartier ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
BRAUDEL, Fernand, dir. Le monde de Jacques Cartier. Montréal, Libre-expression, 1984. 316 p.
CARTIER, Jacques. Voyages de découvertes entre les années 1534 et 1542. Textes et documents retrouvés. Paris, Antropos, 1968. 206 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l’Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LITALIEN, Raymonde. Les explorateurs de l’Amérique du Nord, 1492-1795. Québec, Septentrion, 1993. 261 p.
MATHIEU, Jacques. « Napou Jacques Cartier ». Cap-aux-Diamants : la revue d’histoire du Québec. No 41 (1995), p. 10-14.
PORTES, Jacques. « 1934 : le 400e anniversaire du voyage de Jacques Cartier en perspective ». Journal of Canadian studies/Revue d’études canadiennes. No 17 (1984), p. 207-213.
TRUDEL, Marcel. « Cartier, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Tome 1 : Les vaines tentatives 1524-1603. Montréal, Fides, 1963. 307 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Casgrain, Thérèse
Né(e) le 10 juillet 1896Décédé(e) le 3 novembre 1981

Née le 10 juillet 1896 à Montréal, Thérèse Casgrain est la fille de Rodolphe Forget, avocat, financier et homme politique, et de Blanche MacDonald.
De 1904 à 1912, Thérèse Casgrain étudie au pensionnat du Sacré Coeur au Sault-au-Récollet. Elle souhaite ensuite entreprendre des études en droit à l'université, mais se bute au refus de son père.
Thérèse Casgrain est l'une des principales figures de la lutte pour l'obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises. Elle se fait remarquer pendant la campagne électorale fédérale de 1921 lorsqu'elle prononce un discours à Baie-Saint-Paul en remplacement de son époux, le député libéral sortant de Charlevoix—Montmorency, Pierre-François Casgrain. L'année suivante, elle participe à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin. À partir de 1928, elle dirige la Ligue des droits de la femme. Elle prononce plusieurs conférences, participe aux travaux de la Commission Dorion sur les droits civils des femmes au Québec et anime l'émission de radio Fémina à Radio-Canada. En 1938, alors qu'elle est vice-présidente du Club des femmes libérales du Canada, elle mène une importante délégation de femmes au congrès du Parti libéral du Québec et parvient, après presque deux décennies d'échecs, à faire inscrire le suffrage féminin au programme électoral du parti. En 1940, le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité. Thérèse Casgrain est alors reconnue comme l'une des principales artisanes de cette victoire pour les femmes québécoises. Elle quitte la présidence de la Ligue des droits de la femme en 1942.
Parallèlement à la lutte pour l'obtention du droit de vote, Thérèse Casgrain s'implique dans des œuvres de bienfaisance et soutient d'autres causes pour l'avancement des droits des femmes. En 1926, elle fonde la Ligue de la jeunesse féminine du Québec, qui vient en aide aux personnes malades et démunies. En 1935, elle donne son appui aux revendications de Laure Gaudreault et des institutrices du Québec visant l'amélioration de leurs conditions de travail.
Thérèse Casgrain s'engage en politique à compter de 1942. Elle est alors candidate libérale indépendante lors de l'élection partielle de la circonscription fédérale de Charlevoix Saguenay. En 1946, elle se joint au parti Fédération du Commonwealth coopératif, l'ancêtre du Nouveau Parti démocratique, nommé le Parti social démocratique à compter de 1955 au Québec. Elle est vice-présidente du conseil national de ce parti de 1948 à 1963, puis chef de la formation provinciale de 1951 à 1957, devenant la première femme chef d'un parti politique au Québec. Jusqu'en 1962, elle brigue les suffrages à neuf reprises aux élections fédérales et provinciales, sans succès.
En 1961, Thérèse Casgrain fonde la section québécoise de la Voix des femmes, un organisme dédié à la paix dans le monde. Présidente de l'organisation jusqu'en 1963, elle milite sur la scène internationale contre la menace nucléaire. En 1963, elle participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme et agit comme présidente de 1966 à 1970. En 1966, elle fonde la Fédération des femmes du Québec, chargée de coordonner les efforts des associations féminines dans un cadre non confessionnel.
Le 8 octobre 1970, Thérèse Casgrain est nommée sénatrice de la division des Mille-Îles. Elle ne siège que jusqu'au 10 juillet 1971, ayant atteint l'âge de retraite obligatoire des sénateurs. Elle parvient néanmoins à faire bouger plusieurs dossiers qui concernent la condition féminine, notamment sur la question des droits des femmes autochtones.
Elle a publié Une femme chez les hommes (1971).
Elle est décédée à Montréal le 3 novembre 1981. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Elle avait épousé à Montréal, en 1916, Pierre-François Casgrain, avocat et homme politique, fils de François Casgrain, médecin, et de Marie-Hélène-Adèle Berthelot.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Thérèse Casgrain est l'une des principales figures de l'avancement du droit des femmes et la plus connue des suffragettes du Québec. En 1922, elle participe à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin, organisme luttant pour l'obtention du droit de vote des femmes québécoises. De 1928 à 1942, elle est présidente de cet organisme, devenu en 1929 la Ligue des droits de la femme. En 1938, elle parvient à faire inscrire le suffrage féminin au programme électoral du Parti libéral du Québec. En 1940, lorsque le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité, Thérèse Casgrain est reconnue comme l'une des principales artisanes de cette victoire pour les femmes québécoises. En 1951, elle devient la première femme chef d'un parti politique au Québec en dirigeant la branche provinciale de la Fédération du Commonwealth coopératif. En 1961, elle fonde la section québécoise de la Voix des femmes et demeure présidente de cette organisation jusqu'en 1963. Elle milite alors sur la scène internationale contre la menace nucléaire. Cette même année, elle participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme et agit comme présidente de 1966 à 1970. En 1966, elle fonde la Fédération des femmes du Québec. Grande réformatrice et politicienne chevronnée, Thérèse Casgrain a porté les revendications des femmes sur les scènes provinciale, fédérale et internationale.
BAILLARGEON, Denyse. Brève histoire des femmes au Québec. Montréal, Boréal, 2012. 281 p.
Collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Le Jour, 1992. 646 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
FORGET, Nicolle. Thérèse Casgrain : la gauchiste au collier de perles. Montréal, Fides, 2013. 534 p.
STODDART, Jennifer. « Thérèse Casgrain ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/therese-casgrain
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Champlain, Samuel de
Né(e) le 13 août 1574Décédé(e) le 25 décembre 1635

Baptisé le 13 août 1574 à La Rochelle, en France, Samuel de Champlain est le fils d'Antoine (Anthoynne) Chapeleau, capitaine de la Marine, et de Marguerite Le Roy.
Enrôlé dans l'armée du roi Henri IV de 1595 à 1598, Champlain sert à titre de fourrier, d'aide de camp, d'enseigne, puis de maréchal des logis.
En 1599, Champlain prend part à un premier voyage en Amérique. Il accompagne la flotte espagnole afin d'approvisionner les colonies des Indes occidentales. À son retour en Europe vers 1600, il rédige probablement un récit de voyage intitulé Brief discours...
Champlain participe à une seconde expédition vers le Nouveau Monde avec François Gravé Du Pont en 1603. Il se rend à Tadoussac, remonte le fjord du Saguenay, puis parcourt le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Iroquois (Richelieu). Il nomme certains lieux, dont les chutes Montmorency et le lac Saint-Pierre. Il effectue un troisième voyage au Nouveau Monde de 1604 à 1607, au cours duquel il accompagne Pierre Du Gua de Monts dans l'exploration de la région de l'Acadie et la fondation de Port-Royal. Il cartographie une partie du littoral est du continent nord-américain.
Champlain revient en Amérique en 1608 à titre de lieutenant du sieur de Monts et fonde Québec le 3 juillet. Il y fait construire des bâtiments et une palissade. Après avoir exploré la rivière des Iroquois, il atteint un grand lac, auquel il donne son nom. En 1609, il affronte les Iroquois au sud de ce lac. Il s'agit alors de la première opération militaire en Nouvelle-France. De retour dans la colonie en 1610 et en 1611, il se rend sur la future île de Montréal pour trouver un endroit où construire une habitation.
En 1612, Champlain devient le lieutenant du vice-roi Henri de Bourbon, prince de Condé. Mandaté pour poursuivre l'oeuvre de Québec, il détient les pouvoirs de gouverneur sans en avoir le titre ni la commission. Il revient en Nouvelle-France en 1613. Il explore et décrit la rivière des Outaouais. L'année suivante, en France, il fonde la Compagnie des Marchands de Rouen et de Saint-Malo, aussi appelée Compagnie de Champlain. Il retourne à Québec en 1615 accompagné de récollets. Il se rend en Huronie et, avec ses alliés hurons, attaque un fort iroquois à proximité du lac Onondaga. Au cours de l'hiver, qu'il passe avec les Hurons, il dresse un portrait ethnographique relativement complet de ces derniers.
En 1618, Champlain remet un mémoire à Louis XIII dans lequel il décrit ses projets pour la Nouvelle-France. Sa politique de colonisation reçoit l'approbation du roi et de la Chambre du Commerce. Lorsque Champlain arrive à Québec en 1620, il prend possession du pays au nom du vice-roi Henri II, duc de Montmorency. Il délaisse l'exploration du territoire pour se consacrer à l'administration de la colonie. Il commence les travaux de construction du fort Saint-Louis.
En 1627, le cardinal de Richelieu prend la Nouvelle-France sous son autorité et crée la Compagnie des Cent Associés, dont Champlain fait partie. Deux ans plus tard, Champlain est confirmé dans son rôle de lieutenant. Lors de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, il gagne l'Angleterre où il s'entretient avec l'ambassadeur de France à Londres et cherche à récupérer la colonie. En 1632, celle-ci est restituée à la France. Champlain revient à Québec l'année suivante avec le titre de commandant de la Nouvelle-France. Il fait construire une chapelle à Québec (1633) et charge le sieur de Laviolette de fonder un poste de traite à Trois-Rivières (1634).
Champlain a dessiné plusieurs cartes de la Nouvelle-France. Il est l'auteur de nombreux récits de voyage, dont Voyages de la Nouvelle-France (1632).
Il est décédé à Québec le 25 décembre 1635.
Il avait épousé, en 1610, Hélène Boullé, fille de Nicolas Boullé, secrétaire de la Chambre du roi, et de Marguerite Alix.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Samuel de Champlain, explorateur et cartographe, est reconnu comme étant le fondateur de Québec, le premier établissement français permanent en Amérique. C'est le 3 juillet 1608 que Champlain et son groupe, commandités par Pierre Du Gua de Monts, détenteur du monopole de la traite des fourrures, fondent le comptoir de Québec. À partir de cet emplacement stratégique, Champlain poursuit l'exploration du territoire, forge des alliances avec des groupes autochtones et développe un vaste réseau de commerce des fourrures. Par la fondation de Québec, comptoir devenu ville, puis capitale, et son rôle dans le développement de la colonie, Champlain marquera d'une manière indélébile les débuts de la civilisation française en Amérique et passera à l'histoire comme étant le père de la Nouvelle-France.
BERTHIAUME, André. « Les voyages, de Samuel de Champlain ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
FISCHER, David Hackett. Le rêve de Champlain. Montréal, Boréal, 2011. 998 p.
GERME, Jean-Marie. « Origines des émigrants vers les côte d'Acadie XVIIe-XVIIIe s. : Champlain Samuel, Chuquet Pierre ». Bulletin AGCF. No 34 (2012), p. 6.
LITALIEN, Raymonde et Denis VAUGEOIS. Champlain : la naissance de l'Amérique française. Québec/Paris, Les éditions du Septentrion/Nouveau Monde éditions, 2004. 397 p.
MATHIEU, Annie. « Samuel de Champlain serait né protestant ». La Presse. La Presse [En ligne]. http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201204/16/01-4515991-samuel-de-champlain-serait-ne-protestant.php
SÉGUIN, Maurice K. Samuel de Champlain : l'entrepreneur et le rêveur. Québec, Septentrion, 2008. 380 p.
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chaurès-Louard, Berthe
Né(e) le 2 octobre 1889Décédé(e) le 7 février 1968

Berthe Clémence Chaurès naît le 2 octobre 1889 à Verviers, en Belgique.
Cardeuse de laine dans une filature, elle fuit la Belgique en 1914 et se réfugie en Hollande, puis en Angleterre où elle rejoint son mari, le contrebassiste Édouard Louard. Employée dans une usine de munitions, elle perd quatre doigts de sa main droite dans un accident. En 1920, le couple s'installe à Montréal, où Édouard trouve une place dans l'Orchestre symphonique et Berthe gagne sa vie durant un temps avec la couture.
Berthe Louard réunit chez elle dès 1935 un Cercle d'études économico-sociales, où elle prêche les vertus de la coopération. Sa rencontre en novembre 1936 avec Victor Barbeau, professeur à l'École des Hautes études commerciales, est déterminante et lui permet de passer à l'action. Lors d'une conférence sur la coopération prononcée par ce dernier, elle lui propose de fonder une coopérative de consommation. L'une des premières coopératives de consommation au Québec, La Familiale est fondée le 8 juin 1937 ; Barbeau en est le président et Louard la secrétaire puis la gérante du magasin, fonction qu'elle assume bénévolement.
La Familiale devient un modèle et le mouvement coopératif s'étend dans la province. Des coopératives de consommation sont fondées dans plusieurs régions et Berthe Louard se rend dans plusieurs localités pour propager le mouvement et aider à l'organisation de magasins coopératifs. En octobre 1938, La Familiale réunit les coopératives de consommation du Québec pour établir les fondements d'une fédération. Louard assume le secrétariat du nouvel organisme, l'Alliance des Coopératives de Consommation, dont le siège social est à La Familiale. Ce réseau national devient en 1958 la Fédération des Magasins Coop, connue plus tard sous le nom de Cooprix.
En 1939, un Conseil supérieur de la coopération voit le jour, présidé par le père Georges-Henri Lévesque. Lors du premier congrès du Conseil, Victor Barbeau représente l'Alliance des coopératives et Berthe Louard est « rapporteuse du comité des dames ». Elle est la seule femme signataire du Manifeste de la coopération publié par le Conseil en 1940. Son implication dans différentes instances et l'illégalité de son statut de gérante et de secrétaire-trésorière de La Familiale dérangent, mais l'appui de Barbeau et de Lévesque lui permet de garder sa place. En effet, avant la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée de 1964, les femmes mariées ne pouvaient contracter sans la signature de leur mari ni accepter une charge dans un conseil d'administration. La femme mariée devait obtenir une caution de son époux pour être membre d'une coopérative. À partir de 1942, grâce aux efforts de Louard et de Barbeau, les femmes peuvent participer officiellement au congrès des coopérateurs.
Pour faciliter la participation des femmes au mouvement coopératif, Berthe Louard fonde en juillet 1939 la Guilde des coopératrices, qui mène des campagnes de financement d'œuvres sociales au service des membres. Pour elle, la coopérative n'est pas qu'un mouvement économique: elle s'inscrit dans un mouvement social. Son action mène à des initiatives variées, dont un fonds de prévoyance en cas de maladie ou d'accident.
Au début des années 1950, elle s'engage pour la construction de logis à prix modique dans le Domaine Saint-Sulpice pour favoriser l'accès à la propriété aux familles à faibles revenus. Après des années de démarches auprès de la Ville de Montréal, la construction des premières maisons commence en 1962. Au fil du temps, le domaine devient un véritable complexe coopératif, comprenant notamment une caisse populaire et un magasin d'alimentation.
En 1947, l'Université de Montréal lui décerne un doctorat honoris causa en sciences sociales. C'est la deuxième fois seulement qu'une femme reçoit cet honneur. En 1949, elle est la première femme récipiendaire de l'Ordre du mérite coopératif et mutualiste québécois.
Berthe Louard décède à Montréal le 7 février 1968.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Berthe Chaurès-Louard est une figure de proue de la coopération au Québec des années 1930 à 1960. Militante, gestionnaire et organisatrice de nombreuses œuvres sociales, elle est l'instigatrice et la cofondatrice de La Familiale, l'une des premières coopératives de consommation au Québec, et œuvre au développement d'un réseau de magasins coopératifs qui s'étend dans plusieurs régions du Québec. À une époque où une femme mariée ne peut occuper un poste à un conseil d'administration, Berthe Louard est secrétaire-trésorière de La Familiale et s'implique dans les instances traditionnellement réservées aux hommes, en plus de lutter pour la participation des femmes au mouvement coopératif. En 1949, elle est la première femme récipiendaire de l'Ordre du Mérite coopératif et mutualiste québécois. Dans les années 1950, elle milite pour la construction, sur le modèle coopératif, de propriétés abordables pour les familles à faibles revenus. Ouvrière immigrante, Berthe Chaurès-Louard a su mobiliser des personnalités en vue de la société québécoise au bénéfice des familles pauvres et ouvrières."
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DESCHÊNES, Gaston. « Associations coopératives et institutions similaires au XIXe siècle ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 4 (1976), p. 539-554.
DESCHÊNES, Gaston. Ensemble! : revue de la coopération, 1940-1951 (mémoire de maîtrise). Université Laval, 1975. 131 p.
FORGET, Nicolle, Francine HAREL GIASSON et Marie-Claire MALO. « La solution de Berthe Louard : l’idéal coopératif, 1937-1968 ». Bulletin du RCHTQ. Vol. 23, no 67 (1997), p. 5-20.
POULIN, Pierre. « Berthe Chaurès-Louard (1889-1968) ; Audace et dévouement au service de la coopération ». s.a. Coopoint [En ligne]. https://mc2m.coop/berthe-chaures-louard-1889-1968/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chiriaeff, Ludmilla
Né(e) le 10 janvier 1924Décédé(e) le 22 septembre 1996

Née le 10 janvier 1924 à Berlin, en Allemagne, Ludmilla Chiriaeff (Ludmilla Otzup) est la fille d'Alexandre Otzup, commerçant et écrivain russe, et de Katerina Radziwill.
Dès l'enfance, Ludmilla Chiriaeff consacre son temps à l'étude de la danse et de la musique. Elle reçoit par ailleurs une formation en danse classique fortement imprégnée des fondements de l'école russe, perfectionnant son art à travers les enseignements de danseurs et danseuses renommés.
La jeune danseuse débute dans les années 1930 comme soliste au sein des Ballets russes du colonel de Basil, à Berlin. Malgré les restrictions imposées par le régime politique allemand, elle continue de danser professionnellement dans cette ville jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Après la guerre, Chiriaeff s'installe en Suisse. Elle décroche alors plusieurs contrats, tantôt comme danseuse, tantôt comme chorégraphe. Puis, en 1950, elle fonde sa propre compagnie à Genève: le Ballet du Théâtre des Arts.
En 1952, elle immigre à Montréal. Rapidement, elle s'intègre à la communauté artistique de la métropole. C'est dans ce contexte qu'elle fait la rencontre du réalisateur Jean Boisvert, qui lui ouvre les portes de Radio-Canada en lui donnant l'occasion d'introduire des numéros danse dans la programmation de la chaine.
En 1955, elle fonde les Ballets Chiriaeff. La troupe performe régulièrement à la télévision, notamment lors de l'émission L'Heure du Concert, diffusée à Radio-Canada. Cette présence affirmée et récurrente de la troupe dans l'offre télévisuelle de l'époque contribue de manière inédite au rayonnement de la danse classique, mais également à sa démocratisation auprès du public québécois.
En 1957, les Ballets Chiriaeff deviennent les Grands Ballets Canadiens. Ludmilla Chiriaeff fonde en 1958 l'Académie des Grands Ballets Canadiens, vouée à la formation de la relève pour la compagnie de danse. Au cours des années suivantes, la compagnie s'illustre dans de nombreux théâtres et évènements de danse au Canada, aux États-Unis et dans plusieurs pays d'Europe. À de nombreuses reprises, le public et la critique saluent le caractère novateur des chorégraphies de Chiriaeff où sont souvent intégrées des œuvres d'artistes visuels et de musiciens locaux.
En 1966, elle fonde l'École supérieure de danse du Québec, devenue l'École supérieure de ballet du Québec. En 1974, elle se retire de la direction des Grands Ballets Canadiens afin de se consacrer à son école et de s'impliquer dans l'implantation du programme de concentration en danse dans le système d'éducation du Québec.
Ludmilla Chiriaeff a reçu de nombreux honneurs et prix. Elle est notamment récipiendaire du prix du Gouverneur général pour les arts de la scène et du prix Denise-Pelletier. L'Université de Montréal lui a remis un doctorat honoris causa et elle est grande officière de l'Ordre national du Québec.
Elle est décédée à Montréal, le 22 septembre 1996.
Elle avait épousé, en 1945, Frans van der Spek; puis, en 1947, Alexis Chiriaeff, artiste; et, en 1964, Uriel Luft, directeur général des Grands Ballets Canadiens.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Ludmilla Chiriaeff est une danseuse, chorégraphe et enseignante qui a exercé une influence déterminante sur l'évolution, le rayonnement et la démocratisation du ballet classique au Québec. Après avoir grandi en Allemagne et vécu quelques années en Suisse, elle s'établit avec son mari, Alexis Chiriaeff, en 1952 à Montréal, où elle enseigne et réalise des chorégraphies pour la télévision de Radio-Canada. Elle fonde les Ballets Chiriaeff, qui deviennent en 1957 les Grands Ballets Canadiens, la première compagnie professionnelle de ballet au Québec. La troupe se produit au Québec et au Canada, et acquiert une solide réputation sur la scène internationale. Soucieuse de former une relève de danseurs et de professeurs, Ludmilla Chiriaeff crée l'Académie des Grands Ballets Canadiens en 1958, puis l'École supérieure de danse du Québec en 1966. Elle s'implique également pour implanter un programme de danse dans le système public québécois d'éducation dans les années 1970. En plus de ces diverses institutions, l'œuvre de cette pionnière comprend aussi la chorégraphie de plus de 300 ballets qui ont permis de jeter de nombreux ponts entre la danse classique et les autres disciplines artistiques, et de mettre en valeur les créations d'artistes visuels et de musiciens locaux.
BAILLARGEON, Normand et André-G. BOURASSA. Arts et littérature. Les entretiens du Devoir, 1990-1994. Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 1995. 231 p.
BEAULIEU, Marie. « L’auto-mythification : un moyen de survie ». Recherches en danse. Perspectives genrées sur les femmes dans l’histoire de la danse. No 3 (2015), p. 270-288.
BEAULIEU, Marie. « Ludmilla Chiriaeff : visionnaire du développement de la danse au Canada ». Études canadiennes / Canadian Studies : « Grâce à elle(s) ? » : le rôle des femmes dans la construction du Canada. No 88 (2020), p. 255-268.
FORGET, Nicolle. Chiriaeff : danser pour ne pas mourir. Biographie. Montréal, Québec Amérique, 2006. 664 p.
HOWE-BECK, Linde. « Chiriaeff, Ludmilla ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/chiriaeff-ludmilla
LORRAIN, Roland. Les Grands Ballets canadiens : ou cette femme qui nous fit danser. Montréal, Éditions du jour, 1973. 219 p.
Regroupement québécois de la danse (RQD). « Ludmilla Chiriaeff : Interprète, Chorégraphe ». Regroupement québécois de la danse (RQD). Regroupement québécois de la danse [En ligne]. https://www.quebecdanse.org/repertoire/ludmilla-chiriaeff/
TEMBECK, Iro. Danser à Montréal : Germination d'une histoire chorégraphique. Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1991. 336 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chomedey de Maisonneuve, Paul de
Né(e) le 13 février 1612Date exacte du décès inconnue.

Né le 13 février 1612 à Neuville-sur-Vanne, en France, Paul de Chomedey de Maisonneuve est le fils de Louis de Chomedey de Maisonneuve, seigneur, et de Marie de Thomelin.
Dans sa jeunesse, Maisonneuve s'engage dans l'armée française et participe probablement à la guerre dans les Pays-Bas espagnols vers 1635.
En 1639, Jérôme Le Royer de La Dauversière et Jean-Jacques Olier fondent la Société de Notre-Dame de Montréal dans le but d'établir une colonie missionnaire en Nouvelle-France. Bientôt, ils choisissent Paul de Chomedey de Maisonneuve pour la diriger. En mai 1641, le projet missionnaire se met en branle lorsque deux navires quittent le port de La Rochelle à destination de la Nouvelle-France. À bord se trouvent les premiers colons de Montréal et les deux figures emblématiques de la fondation de Ville-Marie, soit Maisonneuve et Jeanne Mance. Le premier navire atteint Québec au mois d'août, mais le second tarde à arriver. La fondation du nouvel établissement est reportée au printemps suivant. Les colons passent l'hiver dans la région de Québec. Maisonneuve doit faire face à l'opposition du gouverneur Charles Huault de Montmagny qui tente de le convaincre de s'installer sur l'île d'Orléans plutôt que sur l'île de Montréal, en raison de la menace iroquoise. Cependant, Maisonneuve ne se détourne pas de son projet de fonder une colonie sur l'île de Montréal.
Le 17 mai 1642, Maisonneuve et son groupe prennent possession de l'île de Montréal en s'installant à l'endroit identifié par Samuel de Champlain en 1611, qui sera connu sous le nom de Pointe-à-Callière. C'est la fondation de Ville-Marie. Maisonneuve occupe la fonction de gouverneur. Possédant d'importants pouvoirs civils et militaires, il entame dès lors les travaux pour l'installation de la colonie. Dès l'année suivante, les colons doivent faire face à l'hostilité des Iroquois. La même année, le roi Louis XIII remet aux associés de Montréal le bateau Notre-Dame, qui est chargé de ravitailler annuellement la colonie.
À la mort de son père, en 1645, Maisonneuve se rend en France et, l'année suivante, prend possession d'un fief qui portera son nom. Il revient en Nouvelle-France en 1646, mais il est rapidement rappelé à Paris. Il participe à la nomination de Louis d'Ailleboust comme futur gouverneur de la Nouvelle-France, après avoir été lui-même pressenti au poste. Dans la métropole, Maisonneuve rencontre aussi les membres de la Société de Notre-Dame de Montréal, quelques bienfaiteurs et voit au soutien de la colonie.
En 1647, Maisonneuve est de retour à Ville-Marie. L'année suivante, il concède les premières terres à des colons, mais, vers 1649, la colonie est menacée par la perte d'appuis financiers venant de France et surtout par les Iroquois qui ont pratiquement anéanti les Hurons. En 1651, Maisonneuve incite les colons à se réfugier dans le fort de Montréal et retourne en France pour recruter des soldats et trouver de nouveaux appuis financiers. Plus d'une centaine d'hommes arrivent avec lui, en 1653, ce qui contribue à stabiliser la situation. En 1663, devant la recrudescence des attaques iroquoises, Maisonneuve met sur pied la milice de la Sainte-Famille. La même année, la seigneurie de l'Île-de-Montréal est cédée aux Sulpiciens et, deux ans plus tard, le fondateur de Montréal reçoit l'ordre de rentrer en France.
Il est décédé à Paris en 1676.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Jeanne Mance, pour les motifs suivants:
Paul de Chomedey de Maisonneuve est une figure emblématique de la fondation de Ville-Marie, qui est devenue Montréal. Le 17 mai 1642, Maisonneuve et un premier groupe de colons prennent possession de l'île de Montréal au nom de la Société Notre-Dame de Montréal, dont le mandat était d'établir une colonie missionnaire en Nouvelle-France. Gouverneur, il cumule les fonctions civiles et militaires. Ses actions ont contribué à l'essor de la cité naissante.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DAVELUY, Marie-Claire. « Chomedey de Maisonneuve, Paul de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Boréal, 1992. 165 p.
MAUDE, Mary McDougall. « Maisonneuve, Paul de Chomedey de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Société de développement de Montréal. Vieux-Montréal [En Ligne]. http://www.vieux.montreal.qc.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Conan, Laure
Né(e) le 9 janvier 1845Décédé(e) le 6 juin 1924

Née le 9 janvier 1845 à La Malbaie, Félicité Angers est la fille d'Élie Angers, forgeron, et de Marie Perron.
De 1859 à 1862, Félicité Angers effectue des études auprès des Ursulines de Québec, où elle se distingue par ses talents littéraires. Elle est d'ailleurs inscrite à la classe supérieure réservée aux élèves les plus douées en 1862. Ses récits intimistes, qui mettent en avant des thématiques historiques et religieuses, retiennent l'attention de l'abbé George-Louis Lemoine (1816-1890), aumônier des Ursulines, qui apprécie grandement les textes de la jeune femme.
Aux côtés de ses frères Charles et Élie, Félicité Angers côtoie au tournant des années 1880 certains intellectuels de son époque, notamment le futur historien Thomas Chapais et l'abbé Paul Bruchési, qui deviennent ses principaux protecteurs.
À 33 ans, Félicité Angers publie son premier texte, Un amour vrai, une nouvelle qui paraît en feuilleton dans la Revue de Montréal en 1878 et en 1879. L'écrivaine adopte dès lors le pseudonyme de Laure Conan.
Au cours des années 1880, Laure Conan devient la première femme du Canada français à gagner sa vie grâce à la littérature. Elle produit d'ailleurs à un rythme soutenu de nombreuses œuvres littéraires à partir de cette période.
C'est à cette époque que paraît son œuvre phare, Angéline de Montbrun, publiée d'abord en feuilleton dans la Revue canadienne en 1881 et en 1882. Le succès qu'elle rencontre alors pousse Laure Conan à envisager la publication de ce roman sous forme de livre, projet pour lequel elle cherche conseil auprès de l'abbé Bruchési. Ce dernier la recommande à l'abbé Henri-Raymond Casgrain, historien et auteur, qui s'emploie à la faire connaître. Veillant aux intérêts de l'écrivaine, il parvient à faire éditer et publier son roman en livre en 1884.
Vers le milieu des années 1880, Laure Conan délaisse le genre intimiste au profit du roman historique et du genre biographique, avant d'entamer une carrière journalistique dans les années 1890. De 1894 à 1898, Laure Conan dirige la revue Voix du Précieux Sang à Saint-Hyacinthe. Elle y publie 90 articles, dont la plupart sont des biographies religieuses que l'on retrouve dans son livre Physionomies de saints, publié en 1913. Puis, après avoir livré plusieurs nouvelles biographies dans la revue des dominicains de Saint-Hyacinthe, Laure Conan les rassemble et publie Silhouettes canadiennes en 1917, brossant les portraits de grandes figures canadiennes-françaises. Elle revient par la suite progressivement au récit intimiste, caractéristique à la fois du début et de la fin de sa carrière.
Tout en œuvrant dans le domaine journalistique, Laure Conan publie plusieurs de ses œuvres les plus marquantes au tournant du XXe siècle, notamment À l'œuvre et à l'épreuve (1891), L'oublié (1902) et La sève immortelle (1925), qui paraît après sa mort. Elle remporte quelques prix et distinctions, dont l'ordre des Palmes académiques que lui décerne le gouvernement français en 1898 pour À l'œuvre et à l'épreuve et le prix Montyon de l'Académie française en 1903 pour L'oublié.
Elle est décédée le 6 juin 1924 à l'Hôtel-Dieu de Québec. Elle est inhumée dans le cimetière de La Malbaie.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
« Félicité Angers, dite Laure Conan, est considérée comme étant la première femme d'expression francophone à avoir mené une carrière dans le domaine de la littérature au Québec et au Canada. Sa première nouvelle, Un amour vrai, paraît en feuilleton dans la Revue de Montréal en 1878 et en 1879. Félicité Angers adopte dès lors le pseudonyme de Laure Conan. Vivant dans une situation financière précaire, l'auteure choisit de gagner sa vie en écrivant. En 1882, elle publie en feuilleton son œuvre phare, Angéline de Montbrun, un roman psychologique précurseur, qui est imprimé en livre en 1884. À compter de ce moment, Laure Conan produit des œuvres littéraires à un rythme soutenu, dont À l'œuvre et à l'épreuve (1891), L'oublié (1902) et La sève immortelle (1925). L'auteure innove par ailleurs en campant des personnages féminins forts dans ses récits, une nouveauté pour la société patriarcale de l'époque. Si le récit intimiste caractérise le début et la fin de sa carrière, elle se distingue également dans le roman historique et le genre biographique, publiant de nombreuses biographies religieuses et plusieurs portraits de grandes figures historiques. Laure Conan entame aussi une carrière de journaliste dans les années 1890. Elle signe près de 200 articles dans plusieurs revues et journaux. Elle a reçu des distinctions prestigieuses pendant sa vie, telles que l'ordre des Palmes académiques du gouvernement français en 1898 et le prix Montyon de l'Académie française en 1903. »
BRUNET, Manon. « Angers, Félicité, dite Laure Conan ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
POULIN, Gabrielle. « Félicité Angers (Laure Conan) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/felicite-angers-laure-conan
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Cyr, Louis
Né(e) le 10 octobre 1863Décédé(e) le 10 novembre 1912

Né le 10 octobre 1863 à Saint-Cyprien (Napierville), Louis Cyr (baptisé Cyprien-Noé Cyr) est le fils de Pierre Cyr, agriculteur, et de Philomène Berger.
Doté d'une force extraordinaire dès son jeune âge, Cyr travaille d'abord sur la ferme de son père et réalise déjà des prouesses de force physique. En 1878, sa famille émigre à Lowell, aux États-Unis, où il prend le prénom Louis. Dans cette ville manufacturière, il travaille dans une usine de textile ainsi que sur une terre et s'adonne à des démonstrations de force de plus en plus fréquentes. De retour au Québec en 1882, il se marie et oeuvre comme bûcheron dans les environs de Saint-Jean-de-Matha.
En 1883, après un court séjour à Lowell, Cyr amorce une tournée dans les provinces maritimes en tant qu'homme fort sous la direction d'un dénommé Mac Sohmer. Exploité, Cyr le quitte et s'installe à Sainte-Hélène (Sainte-Hélène-de-Bagot), où vivent, à ce moment, ses parents. Reprenant ses spectacles, cette fois sous la direction de son père, il se produit à divers endroits au Québec. Toujours en 1883, Cyr obtient un poste de policier à la Ville de Sainte-Cunégonde (Montréal). Deux ans plus tard, il repart en tournée avec une troupe dirigée par Gustave Lambert. En 1886, il est reconnu comme l'homme le plus fort au Canada lorsqu'il bat, à Québec, David Michaud, le champion de l'époque, en soulevant 2 371 livres sur son dos. Il acquiert par la suite un hôtel et un club athlétique à Montréal, puis effectue de nouvelles tournées aux États-Unis et au Québec.
En 1890, Cyr est reconnu comme l'homme le plus fort au monde, notamment par la National Police Gazette, une revue new-yorkaise, et par son propriétaire Richard Kyle Fox. Un des exploits de l'athlète à cette époque consiste à retenir deux chevaux à l'aide de ses bras, performance qu'il réalise à quelques reprises au parc Sohmer à Montréal. Avec l'appui de Fox, il se rend à Londres en 1891 dans le but de mettre son titre en jeu, mais les principaux hommes forts d'Europe n'osent pas l'affronter. Il établit toutefois plusieurs records dans la capitale britannique, dont ceux réalisés le 19 janvier 1892 alors qu'il effectue un dévissé à un bras de 273 ¼ livres et soulève une plate-forme de 3 655 livres avec son dos.
De 1892 à 1896, Cyr mène une tournée américaine avec sa famille réunie au sein de la troupe Cyr Brothers Specialty Company. Il se joint ensuite au John Robinson's Circus et au Ringling Brothers Circus en compagnie de son partenaire Horace Barré. Les deux hommes montent leur propre cirque en 1899 et se produisent au Québec jusqu'en 1904. Durant cette période, la santé de Louis Cyr décline rapidement. Il cède son titre de champion à Barré, puis se retire temporairement sur sa ferme de Saint-Jean-de-Matha. Sa dernière compétition publique a lieu au parc Sohmer contre Hector Décarie, auquel il livre un match nul en 1906. Il lui concède néanmoins le titre d'homme le plus fort à la suite de l'épreuve de force.
Il est décédé à Montréal le 10 novembre 1912. Il est inhumé à Saint-Jean-de-Matha.
Il avait épousé à Saint-Jean-de-Matha, en 1882, Mélina Comtois, fille d'Évariste Comtois et d'Odile Boucher.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Louis Cyr est l'athlète originaire du Québec le plus important de son époque. Considéré comme un véritable héros et une gloire nationale, Louis Cyr a marqué ses contemporains par ses exploits physiques. Il a amorcé sa carrière d'homme fort en Nouvelle-Angleterre où il a donné nombre de spectacles avant de poursuivre ses démonstrations de force dans la province de Québec. Champion canadien, il part en tournée en Europe et bat plusieurs records qui font de lui l'homme le plus fort du monde. Louis Cyr devient ainsi le premier ambassadeur du Canada français. À son retour en Amérique du Nord, il sillonne le Canada et les États-Unis au sein de diverses troupes de cirques. Par ses prouesses et sa détermination, Louis Cyr a fait la fierté de son peuple et est devenu une source d'inspiration pour de nombreux hommes forts et athlètes.
CLOUTIER, Richard. Louis Cyr : la marque d'un géant. Montréal, Lidec, 2013. 59 p.
CYR, Céline. « Cyr, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
CYR, Louis. Mémoires de l'homme le plus fort du monde. s.l. Éditions du Club Québec Loisirs Inc., 1982. 277 p.
OHL, Paul. Louis Cyr. Montréal, Les Éditions Libre Expression, 2013. 427 p.
OHL, Paul. Louis Cyr, une épopée légendaire. Montréal, Les Éditions Libre Expression, 2005. 632 p.
WEIDER, Ben. Louis Cyr, l'homme le plus fort du monde. Montréal-Nord, vlb éditeur, 1976. 173 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
David, Athanase
Né(e) le 24 juin 1882Décédé(e) le 26 janvier 1953

Avocat de profession, Athanase David pratique le droit dans divers cabinets de la métropole avant de se lancer en politique en 1916. Il est député libéral du comté de Terrebonne de 1916 à 1936 ainsi qu’en 1939 et 1940, puis est nommé sénateur. Le premier ministre Lomer Gouin lui confie le poste de secrétaire de la province en 1919. Il conservera ce poste avec le successeur de Gouin, Louis-Alexandre Taschereau, jusqu’en 1936. C’est à ce titre qu’il laissera sa marque en adoptant diverses mesures pour promouvoir la culture. Surnommé le « ministre des beaux-arts », Athanase David a jeté les bases de l’institutionnalisation de la culture au Québec.
C’est en effet à son initiative que sont établis les Archives nationales (aujourd’hui Bibliothèque et Archives nationales du Québec), les écoles des beaux-arts de Québec et de Montréal, le Musée de la province (devenu le Musée national des beaux-arts du Québec) ainsi que la Commission des monuments historiques (l’ancêtre du Conseil du patrimoine culturel du Québec). On lui doit aussi la Loi pour encourager la production d’œuvres littéraires ou scientifiques adoptée en 1922, qui est l’ancêtre des Prix du Québec. Enfin, sans en être l’initiateur, il favorise le développement d’un programme de bourses de perfectionnement en France pour les diplômés universitaires et les artistes. Il soutient également la radiodiffusion en achetant du temps d’antenne à la nouvelle station de radio CKAC à Montréal, ouverte en 1929, pour une émission diffusant des contenus culturels et éducatifs.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Avocat et homme politique, Athanase David est député à l'Assemblée législative du Québec de 1916 à 1936, et de 1939 à 1940, puis sénateur de 1940 à 1953. Comme secrétaire de la province dans les cabinets des premiers ministres Lomer Gouin et Louis-Alexandre Taschereau de 1919 à 1936, il a pris des mesures et a fait adopter des lois qui ont eu un impact décisif dans l'essor culturel du Québec. Parmi ses principales réalisations, il y a la création du Service des archives de la province (devenu les Archives nationales du Québec) en 1920, la création des prix David en 1922, l'adoption de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d'art ayant un intérêt historique ou artistique et la création de la Commission des monuments historiques en 1922, l'adoption de la Loi concernant les musées de la province en 1922, la création des écoles des beaux-arts de Québec et de Montréal en 1922 et en 1923, l'ouverture du Musée de la province (devenu le Musée national des beaux-arts du Québec) en 1933 et l'appui constant prodigué au développement de programmes de bourses pour favoriser le perfectionnement des artistes et des diplômés universitaires en Europe. Il a soutenu également, à compter de 1929, la diffusion de contenus éducatifs et culturels à la radio via l'émission L'Heure provinciale sur les ondes de CKAC. »
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
HARVEY, Fernand. « La politique culturelle d'Athanase David, 1919-1936 ». Les Cahiers des Dix. No 57 (2003), p. 31-83.
HARVEY, Fernand. La vision culturelle d'Athanase David. Montréal, Delbusso, 2012. 265 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
de Saint-Père, Agathe
Né(e) le 25 février 1657Décédé(e) le 19 août 1747

Agathe de Saint-Père est née à Montréal le 25 février 1657. Fille de Mathurine Godé et de Jean de Saint-Père, premier greffier et notaire de Ville-Marie, elle appartient à une famille de pionniers de Ville-Marie. En 1657, elle devient orpheline de père lorsque son père, son grand-père et son parrain meurent lors d'une attaque des Iroquois. En 1658, elle intègre la famille Le Moyne avec le remariage de sa mère avec le négociant Jacques Lemoyne de Sainte-Marie. Après la mort de sa mère en 1672, Agathe de Saint-Père, âgée de 15 ans, prend la relève auprès de ses dix demi-frères et sœurs Le Moyne, dont le dernier est un nouveau-né, ce qui pourrait expliquer qu'elle ne se marie qu'à l'âge de 28 ans.
En raison de sa carrière militaire, son mari Pierre Legardeur de Repentigny est fréquemment absent, ce qui l'amène à désigner Agathe de Saint-Père comme sa procuratrice. À une époque où la femme mariée est considérée comme mineure devant la loi et où le mari est normalement responsable d'administrer les biens du ménage, Agathe de Saint-Père signe ainsi des contrats, achète et vend des terres, effectue des emprunts et règle elle-même ses comptes ainsi que les dettes de son mari et de ses beaux-frères.
Au début du 18e siècle, la pénurie de tissus et de vêtements incite Agathe de Saint-Père à faire diverses expérimentations pour mettre au point des étoffes à partir des ressources locales, par exemple les orties, les filaments d'écorce, l'asclépiade ou la laine de bœuf Illinois. À la suite de la capture du navire la Seine par les Anglais en 1704, qui emporte le ravitaillement annuel de la colonie, elle établit une manufacture de toile dans sa maison. Pour obtenir de la main-d'œuvre, elle rachète neuf tisserands anglais prisonniers des Autochtones et leur adjoint des apprentis canadiens. Elle fait fabriquer des métiers à tisser et des habitants de l'île s'initient au métier, de sorte que bientôt, plus de 20 métiers fournissent quotidiennement 120 aunes d'étoffes et de toiles grossières à bon marché. Mettant à profit les plantes indigènes connues des autochtones, cette femme industrieuse met également au point des colorants et de nouveaux procédés de fixation et de teinture. En 1705, elle écrit au secrétaire d'État à la Marine pour lui demander de soutenir son entreprise. Les échantillons de toile qu'elle envoie alors au roi sont jugés réussis, ce qui lui vaut une gratification annuelle de 200 livres, au moins jusqu'en 1712. En plus de sa manufacture de toiles, Agathe de Saint-Père s'associe à une tannerie et s'intéresse au sucre d'érable, qu'elle envoie aux autorités coloniales sous forme de confiseries.
La manufacture de toiles d'Agathe de Saint-Père survit au départ des neuf tisserands, rachetés en 1707 par les Bostonnais, et conserve son rythme de production tant qu'elle en est propriétaire. En octobre 1713, l'entreprise passe aux mains du maître-boulanger Pierre Thuot Duval. Agathe de Saint-Père semble alors cesser ses activités et on perd sa trace quelque temps.
Pierre Legardeur de Repentigny décède à Montréal en 1736. Sa veuve décide de terminer ses jours à l'Hôpital général de Québec, où elle rejoint sa fille Marie-Joseph Legardeur de Repentigny (sœur de la Visitation), qui deviendra supérieure du monastère en 1747. Dans son testament daté du 6 février 1746, Agathe de Saint-Père demande à être inhumée à l'Hôpital général, où elle est vraisemblablement décédée. Ses dernières volontés prévoient aussi un legs en argent à l'Hôpital général.
L'acte de décès d'Agathe de Saint-Père n'a pas été retrouvé, mais une lettre de 1748 de l'intendant Bigot et du gouverneur La Galissonière mentionne qu'elle est décédée le 19 août 1747. Elle était âgée de 90 ans.
Elle avait épousé Pierre Legardeur de Repentigny, le 28 novembre 1685. Elle a donné naissance à huit enfants.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Fondatrice d'une manufacture de toile à Montréal, Agathe de Saint-Père est considérée comme l'une des rares « femmes d'affaires » en Nouvelle-France et constitue un personnage féminin fort de l'histoire du Québec pour la période du Régime français. À une époque où la femme mariée est considérée comme mineure devant la loi, Agathe de Saint-Père est remarquablement active dans la sphère économique en assumant la gestion des biens familiaux, en plus de saisir les occasions d'acquisitions foncières. Dans un contexte où le Canada dépend de la métropole pour son approvisionnement en produits manufacturés, elle innove en mettant à profit les ressources locales et répond ainsi aux besoins de la colonie en textile. De 1705 à 1712, elle reçoit une gratification royale sur une base annuelle pour soutenir sa manufacture de toile. Pour une femme, recevoir une gratification du roi n'est pas banal et témoigne de l'intérêt que suscite son activité à l'époque. La viabilité et la longévité de son entreprise démontrent son grand sens des affaires, puisqu'au début du XVIIIe siècle, le développement industriel de la colonie est encore embryonnaire. En dépit des ambitions des marchands et des dirigeants, l'économie est toujours basée sur le commerce de la fourrure, principal produit d'exportation. Aux côtés d'industries plus connues comme la brasserie de Talon à Québec ou les forges du Saint-Maurice, la manufacture de toile d'Agathe de Saint-Père fait œuvre de pionnière et constitue un jalon du développement industriel de la colonie."
ASSELIN, Alain, Jacques CAYOUETTE et Jacques MATHIEU. Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 2, 1670-1760. Québec, Septentrion, 2015. 328 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DOYON-FERLAND, Madeleine. « Saint-Père, Agathe de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/saint_pere_agathe_de_3F.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Dubuc, Julien-Édouard-Alfred
Né(e) le 21 janvier 1871Décédé(e) le 27 octobre 1947

Né le 21 janvier 1871 à Saint-Hugues, en Montérégie, Julien-Édouard-Alfred Dubuc est le fils de Joseph-Alfred Dubuc, commis et marchand, et de Marie Blanchard.
Il commence ses études au séminaire Saint-Charles-Borromée à Sherbrooke. De 1880 à 1885, il suit le cours commercial bilingue.
Peu avant la fin de sa scolarité, Dubuc est engagé comme commis à la Banque Nationale de Sherbrooke. Il gravit rapidement les échelons administratifs de la banque pour devenir, en 1890, comptable et, deux ans plus tard, chef du bureau. En 1892, il dirige la nouvelle succursale de la Banque Nationale de Chicoutimi (Saguenay). Il quitte cette institution en 1896 afin de commencer une carrière d'entrepreneur.
Avec des hommes d'affaires, dont le maire de Chicoutimi, Joseph-Dominique Guay, Dubuc fonde la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1896. Il en est le directeur-gérant jusqu'en 1923. La compagnie connaît beaucoup de succès et il devient un des entrepreneurs les plus influents de la région. En 1900, il reçoit la médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris pour la qualité de sa production de pâte à papier.
Dubuc acquiert la Compagnie de pulpe de Ouiatchouan en 1909 et nomme Val-Jalbert le hameau situé à proximité de la pulperie. En 1915, il s'associe à un groupe de financiers américains pour former la North American Pulp and Paper Company, dont il devient président. Grâce à des capitaux britanniques, il fonde, en 1917, la Ha! Ha! Bay Sulfite Company, qui fabrique de la pâte chimique. L'implantation de la nouvelle usine donne naissance au village de Port-Alfred (Saguenay). En 1919, la North American Pulp and Paper Company, devenue la Compagnie de pulpe et de pouvoirs d'eau du Saguenay, possède de nombreuses usines et entreprises qu'il a mises sur pied, dont la Compagnie de pulpe de Chicoutimi.
Au début des années 1920, la baisse de la demande de pâte à papier, la hausse de la concurrence et le manque de fonds pour moderniser les équipements entraînent le déclin de l'industrie de la pulpe. En 1923, Dubuc démissionne des conseils d'administration des pulperies de Chicoutimi et de Val-Jalbert. Il reste toutefois actif dans le monde des affaires et continue d'investir dans les secteurs de l'électricité, de la téléphonie, ainsi que dans la propriété foncière.
Dubuc prend part à la vie publique. Il est député de Chicoutimi à la Chambre des communes de 1925 à 1945. D'abord élu à titre de député libéral indépendant, il adhère au Parti libéral du Canada à compter de 1930. Il est également maire de Chicoutimi de 1932 à 1936.
Il est décédé le 27 octobre 1947 à Laterrière (Saguenay).
Il avait épousé à Saint-Hugues, en 1893, Anne-Marie Palardy.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Julien-Édouard-Alfred Dubuc est un important homme d'affaires qui a marqué le développement industriel du territoire québécois, surtout celui de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Après avoir travaillé dans le secteur bancaire dès l'âge de 14 ans, Dubuc participe à la fondation de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1896 et en devient le directeur général l'année suivante. Entre 1904 et 1909, il crée une dizaine de filiales pour accroître la compétitivité de l'entreprise. Il se retrouve ainsi, en 1910, à la tête de la plus importante compagnie de pâte mécanique au Québec et au Canada, tant pour le volume de sa production que pour les profits réalisés. En 1915, la Compagnie de pulpe de Chicoutimi et ses filiales sont intégrées dans le conglomérat de la North American Pulp and Paper Companies, dont Dubuc est le président. Cette entreprise devient la Compagnie de Pulpe et de pouvoirs d'eau du Saguenay en 1922, avant d'être liquidée deux ans plus tard. Pendant ces années, Dubuc acquiert le surnom du « Roi de la pulpe », son consortium étant devenu la principale organisation de pâtes et papiers en Amérique, et l'une des plus importantes au monde. Il a ainsi contribué de manière décisive au développement de certaines localités, comme Chicoutimi et Chandler. Dans les années 1920, Dubuc réoriente ses activités dans la production d'électricité, la téléphonie, la presse écrite et la propriété foncière. Il fait aussi de la politique en tant que député de Chicoutimi à la Chambre des communes de 1925 à 1945 et est maire de Chicoutimi de 1932 à 1936. Le parcours entrepreneurial de Julien-Édouard-Alfred Dubuc, sa participation aux réseaux industriels internationaux et le rôle prépondérant qu'il a joué dans l'essor économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean en font un personnage significatif de l'histoire du Québec. »
BOUCHARD, Russel et Normand PERRON. Chicoutimi: la formation de la métropole régionale. Chicoutimi, Société historique du Saguenay, 1998. 78 p.
Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999. 428 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DUBUC, Alfred. « Julien-Édouard-Alfred Dubuc : le jeune banquier ». Saguenayensia (2005), p. 22-31.
HÉBERT, Jean-François. La pulperie de Chicoutimi: Un siècle d'histoire. Chicoutimi, La Pulperie de Chicoutimi, 1998. 100 p.
Parlement du Canada. Parlement du Canada. Sénateurs et députés [En Ligne]. http://www.parl.gc.ca/
Source : Conseil du patrimoine culturel
Duvernay, Ludger
Né(e) le 22 janvier 1799Décédé(e) le 28 novembre 1852

Né à Verchères le 22 janvier 1799, Ludger Duvernay est le fils de Joseph Crevier Duvernay, maître menuisier, et de Marie-Anne-Julie Rocbert de La Morandière.
Duvernay fait l'apprentissage du métier d'imprimeur à Montréal, de 1813 à 1815, dans l'atelier du Spectateur. Il travaille dans cette entreprise jusqu'en 1817, puis met sur pied une première imprimerie à Trois-Rivières. Il publie la Gazette des Trois-Rivières (1817-1821), L'Ami de la religion et du roi (1820), Le Constitutionnel (1823-1824) et L'Argus (1826).
De retour à Montréal en 1827, il fait paraître le Canadian Spectator jusqu'en 1829 et La Minerve jusqu'en 1837. La Minerve, l'un des plus importants journaux du Bas-Canada, défend alors les intérêts des Canadiens français et diffuse les idées du Parti patriote, soit des idéaux démocratiques et républicains, et notamment les principes de liberté de presse et de responsabilité ministérielle. De son imprimerie dans le quartier des affaires de Montréal, Duvernay devient le principal imprimeur de livres, de brochures et de pamphlets de la ville. Il s'affaire à éduquer la population sur les enjeux sociaux et politiques de son temps. Accusé de diffamation pour ses écrits, il est emprisonné en 1828, 1832 et 1836.
En 1834, Duvernay est l'un des fondateurs et le président de la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera », une société nationale pour les Canadiens français dont les membres s'intéressent à la politique et à la littérature. La même année, il organise le premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en vue de rassembler les Canadiens français de l'époque autour d'une fête nationale qui se veut annuelle.
Duvernay est député de Lachenaie à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada de 1837 jusqu'à la suspension de la Constitution, le 27 mars 1838. Il quitte Montréal lorsqu'un mandat d'arrêt est lancé contre lui et d'autres patriotes le 16 novembre 1837. Il dirige un groupe de patriotes à la bataille de Moore's Corner (Saint-Armand-Station) en décembre de la même année. Réfugié aux États-Unis, il fait paraître à Burlington, au Vermont, Le Patriote canadien en 1839 et 1840.
Revenu à Montréal en 1842, Duvernay reprend la publication de La Minerve jusqu'en 1852, prônant cette fois les idées des réformistes de Louis Hippolyte LaFontaine. Membre fondateur de l'Association Saint Jean Baptiste de Montréal en 1843, il en devient le président en 1851. L'organisme s'occupe notamment à l'organisation des fêtes nationales de la Saint Jean-Baptiste.
Ludger Duvernay est décédé à Montréal le 28 novembre 1852. Il est alors inhumé dans le cimetière de la rue Saint-Antoine. Ses restes sont ensuite transférés dans le cimetière de Notre Dame des Neiges en 1855.
Il avait épousé à Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup (Louiseville), en 1825, Reine Harnois, fille du capitaine Augustin Harnois et de Josephte Déjarlais.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Figure de proue du journalisme et de l'imprimerie, Ludger Duvernay est aussi un personnage marquant du mouvement patriote ainsi qu'un acteur clé de la vie politique et intellectuelle du Bas-Canada de la première moitié du XIXe siècle. En 1827, Duvernay achète La Minerve pour en faire l'un des journaux les plus lus du Bas-Canada et la voix du Parti patriote. À ce titre, il devient l'un des principaux représentants du mouvement, défendant dans les pages de son journal des idéaux démocratiques et républicains, notamment les principes de liberté de presse et de responsabilité ministérielle. En 1834, Duvernay cofonde la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera » dont il est le premier président. Il organise en 1834 le premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en vue de rassembler les Canadiens français de l'époque autour d'une fête nationale annuelle. Il est élu député de Lachenaie en 1837, mais ne siège que brièvement à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. À la suite de la rébellion de 1837, il se réfugie aux États-Unis, mais il relance La Minerve dès son retour en 1842. La Minerve devient alors le premier grand journal de langue française à Montréal, et soutient désormais les réformistes de Louis-Hippolyte LaFontaine. Duvernay fonde ou réorganise en 1843 l'Association Saint-Jean-Baptiste (devenue la Société Saint-Jean-Baptiste). Que ce soit en tant que patriote, éditeur, imprimeur, intellectuel ou homme politique, Ludger Duvernay s'impose donc comme l'un des personnages les plus influents de son temps. Il s'est affairé à éduquer la population sur les enjeux sociaux et politiques de son temps, en plus de participer activement à façonner l'identité nationale et le sentiment d'appartenance des Canadiens français de l'époque. »
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
AUDET, Francis-J. « Ludger Duvernay ». Revue nationale. Vol. VII (s.d.), p. 133-136.
LEBEL, Jean-Marie. « Duvernay, Ludger ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Ferron, Marcelle
Né(e) le 29 janvier 1924Décédé(e) le 19 novembre 2001

Née le 29 janvier 1924 à Louiseville, Marcelle Ferron est la fille de Joseph-Alphonse Ferron, notaire, et d'Adrienne Caron. Elle est la sœur de Jacques et de Madeleine Ferron.
Après des études chez les Dames de Sainte-Anne de Lachine et au collège Marguerite-Bourgeois, à Montréal, elle fréquente l'École des beaux-arts de Québec de 1942 à 1944. Elle s'installe ensuite à Montréal où elle y fait la rencontre du peintre Paul-Émile Borduas qui l'initie aux principes esthétiques de la peinture automatiste. Elle se joint officiellement au groupe des Automatistes en 1946 et, deux ans plus tard, cosigne le manifeste Refus global.
En 1953, Ferron quitte le Québec pour s'installer à Paris où elle demeure jusqu'en 1966. Durant cette période, elle poursuit ses explorations en peinture, mais s'initie également à d'autres médiums, notamment au vitrail. Au cours ce séjour parisien, Ferron prend part à d'importantes manifestations artistiques et fréquente des artistes de renoms tels qu'Alberto Giacometti, Eugène Ionesco et Olivier Todd. Elle fait aussi la rencontre de l'historienne de l'art Herta Wescher qui contribue à lancer sa carrière internationale.
En 1966, Ferron revient s'établir au Québec. Elle se consacre alors davantage au travail du verre. Elle met au point une méthode novatrice afin d'adapter les techniques de la verrerie au climat du Québec. Elle réalise une première verrière monumentale pour l'Expo 67, à Montréal, et en conçoit plusieurs autres par la suite, notamment pour les stations Champ-de-Mars et Vendôme du métro de Montréal, ainsi que pour des édifices publics au Québec et à l'international.
En 1976, Ferron rejoint le conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal. Elle démissionne trois ans plus tard, en protestation devant la trop petite place accordée aux artistes québécois par le conseil. Préoccupée de justice sociale et impliquée dans le milieu des arts, elle a mené plusieurs combats aux fils des années en faveur d'une meilleure reconnaissance du statut de l'artiste – notamment des artistes femmes –, et d'une plus grande représentativité des créateurs et créatrices du Québec sur la scène culturelle canadienne.
Outre sa carrière d'artiste, Marcelle Ferron a enseigné à l'Université Laval, d'abord l'architecture de 1967 à 1969, puis les arts visuels de 1969 à 1988.
Elle est décédée à Montréal le 19 novembre 2001. Elle est inhumée dans le cimetière du Mont-Royal.
Elle avait épousé, en 1944, René Hamelin.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Marcelle Ferron est une pionnière dans le domaine des arts au Québec. Elle est notamment l'une des premières femmes artistes visuelles québécoises à se consacrer complètement à son art et l'une des rares de sa génération dont l'œuvre rayonne, de son vivant, chez elle comme à l'international. Après sa formation, elle adhère aux principes esthétiques énoncés par Paul-Émile Borduas et les automatistes, qui revendiquent plus de liberté sociale, intellectuelle et artistique, et cosigne le manifeste Refus global en 1948. Au fil de sa carrière, elle déploie une peinture foncièrement abstraite qui fait appel à des techniques originales, notamment l'emploi de larges palettes à peindre chargées de plusieurs couleurs. Ses recherches picturales l'amènent ensuite au travail du verre. Elle réalise ainsi plusieurs verrières intégrées à l'architecture d'édifices publics, dont l'œuvre monumentale Verre-écran (1968) de la station de métro Champ-de-Mars à Montréal. Son travail en art public lui permet d'innover, notamment par le perfectionnement de techniques de fabrication et d'assemblage mieux adaptées au climat québécois. Artiste engagée et préoccupée de justice sociale, elle a pavé la voie à des générations de créatrices et créateurs grâce aux combats qu'elle a menés en faveur d'une meilleure reconnaissance du statut de l'artiste et pour une plus grande place de l'art dans l'espace public. »
Bibliothèque et Archives Canada. Femmes à l'honneur: leurs réalisations [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/index-f.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
DAVIS, Ann. « Ferron, Marcelle ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
Ministère du Conseil exécutif du Québec. Ordre national du Québec [En Ligne]. http://www.ordre-national.gouv.qc.ca/
Musée d'art de Joliette. L'école des femmes : 50 artistes canadiennes au musée. Joliette, Musée d'art de Joliette, 2003. 56 p.
Musée national des beaux-arts du Québec. Femmes artistes du XXe siècle au Québec : oeuvres du Musée national des beaux-arts du Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2010. 287 p.
Société Radio-Canada. « Marcelle Ferron, peintre ». Société Radio-Canada. Les archives de Radio-Canada [En ligne]. http://archives.radio-canada.ca/clip.asp?IDClip=9152&IDCat=155&IDCatPa=145
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Fortin, André
Né(e) le 17 novembre 1962Décédé(e) le 8 mai 2000

Né le 17 novembre 1962 à Saint-Thomas-Didyme, André Fortin est le fils d’Alfred Fortin et de Gisèle Tremblay.
Avant-dernier d’une famille de 11 enfants, il se distingue dès son jeune âge par son imagination vive et sa grande curiosité. Il grandit à Normandin, où il s’initie à la musique vers l’âge de 10 ans. Il acquiert par la suite sa première guitare. Durant un échange scolaire en Alberta, il découvre le cinéma.
Fortin s’établit à Montréal vers 1980. Il fait des études en cinéma au Cégep du Vieux-Montréal, puis à l’Université de Montréal. En marge de ses cours, il travaille comme monteur et joue de la batterie dans le groupe Les Sneakers. En 1985, il participe au projet Perfo 30, qui vise la production de 30 vidéoclips pour des groupes émergents. Il ressort épuisé de cette expérience.
Après un séjour à l’hôpital et quelques mois de repos, Fortin œuvre comme monteur pour la télévision à compter de 1986 et cumule les petits contrats au cinéma. Il crée avec des amis le groupe Hollywood Mufflers et joue par la suite de la batterie dans la formation Cha Cha and the Chain Gang.
En 1989, Fortin emménage avec un ami, Pierre Lanthier, avec lequel il fonde un duo nommé Les Colocs. L’année suivante, il s’installe au 2116, boulevard Saint-Laurent (édifice Joseph-Arthur-Godin), un immeuble habité par des artistes visuels et des musiciens. Dans cet environnement stimulant, il décide de se consacrer entièrement à la musique et de faire des Colocs un groupe professionnel, dont il sera le chanteur et principal compositeur.
Les Colocs donnent leur premier spectacle en octobre 1990. Ils se produisent par la suite dans plusieurs salles et bars de Montréal, ainsi que dans les festivals. À cette époque, Les Colocs sont complétés de Jimmy Bourgoing (batterie), Patrick Esposito di Napoli (harmonica), Serge Robert (basse) et Mike Sawatzky (guitare). Les prestations énergiques du groupe captent le regard du public et de la critique. Soucieux d’enregistrer rapidement un album avant le décès d’Esposito, le groupe se retire du concours L’Empire des futures stars en 1992. Le premier album éponyme paraît en mars 1993. Il se distingue par ses sonorités festives et ses textes engagés interprétés par Fortin dans un registre québécois décomplexé. L’album connaît un succès commercial considérable, propulsant le groupe sur les scènes du Québec et jusqu’à Paris. Fortin met également à profit sa formation en cinéma pour concevoir des vidéoclips qui constituent la signature visuelle du groupe.
Le deuxième album « Atrocetomique » paraît le 30 octobre 1995, en même temps que la tenue du second référendum sur la souveraineté du Québec. Fortin s’exprime d’ailleurs en faveur de cette option politique. Il prend aussi position sur plusieurs enjeux sociaux. Le groupe entreprend ensuite une tournée au Québec, puis en France, en Belgique et en Suisse.
Les années suivantes sont moins effervescentes. Des membres quittent le groupe et Fortin ressent la pression de produire un troisième album qui serait tout aussi acclamé que le premier. Les Colocs deviennent alors un trio formé de Fortin, Mike Sawatzky et André Vanderbiest (basse), entouré de nombreux collaborateurs, dont les frères d’origine sénégalaise Karim et El Hadji (Elage) Diouf. En 1998, le groupe lance « Dehors novembre », qui connaît un succès commercial, mais aussi critique. L’album se distingue par l’intégration au son du groupe du reggae et des percussions africaines, ainsi que par la profondeur des textes, qui altèrent l’image festive des débuts.
Malgré le succès, Fortin subit une forte pression et traverse des épisodes dépressifs. Il continue néanmoins de composer des chansons et d’explorer de nouvelles sonorités, et souhaite de plus retravailler dans le domaine du cinéma. Le 10 mai 2000, il est retrouvé sans vie dans son appartement de la rue Rachel, à Montréal.
Il est décédé le 8 mai 2000, à Montréal. Il est inhumé dans le cimetière de Normandin.
« Musicien multi-instrumentiste et auteur-compositeur-interprète, André « Dédé » Fortin est une figure marquante de l’histoire de la musique populaire québécoise. Meneur charismatique du groupe Les Colocs, Fortin a profondément influencé le paysage musical des années 1990 et a laissé une empreinte tangible sur la culture populaire québécoise. Il a notamment contribué à la renaissance de la chanson québécoise d’expression française au tournant des années 1990. Les trois albums qu’il a enregistrés avec Les Colocs se sont écoulés à des centaines de milliers d’exemplaires, le premier et le troisième disque du groupe sont d’ailleurs considérés parmi les albums québécois les plus marquants des dernières décennies. En abordant les injustices sociales, les ruptures amoureuses et la solitude, le mal de vivre, la pauvreté, la maladie, et les dépendances, les textes d’André Fortin et des Colocs ont aussi participé au renouveau de la chanson québécoise engagée des années 1960 et 1970, tout en y apportant une touche originale. Sur le plan musical, l’une des contributions importantes d’André Fortin est d’avoir intégré au rock francophone un large éventail de styles musicaux, reflétant la diversité culturelle du Québec et le cosmopolitisme montréalais. Enfin, en assumant le registre parlé québécois pour interpréter ses chansons, Fortin a affirmé de manière décomplexée son appartenance à la culture populaire québécoise. Son œuvre continue de résonner 25 ans après son décès tragique et la dissolution des Colocs, comme en témoignent les nombreuses marques de reconnaissance reçues et les artistes qui se réclament de son influence.»
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Galt, Alexander
Né(e) le 6 septembre 1817Décédé(e) le 19 septembre 1893

Né à Chelsea (Londres), le 6 septembre 1817, Alexander Tilloch Galt est le fils de John Galt, homme d'affaires, et d'Elizabeth Tilloch.
En 1828, Galt immigre au Canada avec sa famille et étudie au séminaire anglican de Chambly. En 1830, les problèmes financiers de son père forcent la famille à retourner en Grande-Bretagne.
Nommé commis aux écritures au bureau de Sherbrooke de la British American Land Company, Galt revient s'installer dans la colonie en 1835. En 1843, il devient secrétaire de la compagnie. L'année suivante, il est désigné commissaire de la compagnie, poste qu'il occupera pendant douze ans. Galt s'implique aussi dans la Compagnie du chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique, dont il devient le président en 1849. Ce chemin de fer, terminé en 1853, relie notamment Montréal et Sherbrooke à l'océan Atlantique. Il s'engage enfin dans les secteurs minier, manufacturier et dans celui des banques.
En plus d'être un homme d'affaires aguerri, Galt est un politicien important de son époque. En 1850 et 1851, puis de 1853 à 1867, il est député de Sherbrooke à l'Assemblée législative de la province du Canada. Bien qu'indépendant, il appuie d'abord les réformes préconisées par les rouges comme la sécularisation des réserves foncières du clergé, la séparation de l'Église et de l'État et le vote secret. Il passe néanmoins du côté des libéraux-conservateurs en 1858 et devient inspecteur général du ministère formé par George-Étienne Cartier et John Alexander Macdonald. Cette année-là, il se rend à Londres avec Cartier et John Ross pour présenter un projet de fédération des colonies de l'Amérique du Nord britannique, qui ne reçoit pas l'assentiment du Parlement en raison notamment de l'absence d'un lien ferroviaire entre les provinces.
De 1864 à 1866, Galt est membre des ministères formé par Macdonald avec Étienne-Paschal Taché puis Narcisse-Fortunat Belleau. Il prend également une part active aux conférences de Québec, de Charlottetown et de Londres, qui mènent à l'avènement de la Confédération canadienne. Il est le représentant de la minorité anglo protestante du Bas-Canada et le principal artisan des arrangements financiers de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Il est ainsi l'un des Pères de la Confédération. Député de la circonscription de Sherbrooke à la Chambre des communes, de 1867 à 1872, il est brièvement ministre des Finances dans le gouvernement Macdonald, avant de démissionner en 1867.
Quelques années plus tard, Galt devient diplomate. Il représente le Canada aux réunions de la commission d'arbitrage sur les pêches, à Halifax, en 1877, puis est haut-commissaire du Canada à Londres, de 1880 à 1883.
Il a publié de nombreux discours et analyses politiques, dont Canada: 1849 to 1859 (1860), Church and State (1876), Civil Liberty in Lower Canada (1876) et The Relations of the Colonies to the Empire, Present and Future (1883).
Il est décédé à Montréal, le 19 septembre 1893. Il est inhumé dans le cimetière du Mont-Royal.
Il avait épousé, en 1848, Elliot Torrance, fille de John Torrance; puis, en 1851, Amy Gordon Torrance, la sœur de sa première femme.
Cet personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Alexander Tilloch Galt est l'un des 36 Pères de la Confédération canadienne. Au cours des conférences qui ont mené à l'adoption de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, Galt a contribué à l'organisation des relations financières entre le pouvoir fédéral et les provinces et a été le représentant de la population angloprotestante du Canada-Est. Précédemment, Galt avait occupé plusieurs fonctions importantes au sein de la British American Land Company. Il s'était aussi impliqué dans la Compagnie du chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique, dont il était devenu le président en 1849. En 1850 et 1851, puis de 1853 à 1867, Galt a été député de Sherbrooke à l'Assemblée législative de la province du Canada. Il a par la suite été député de la circonscription de Sherbrooke à la Chambre des communes, de 1867 à 1872.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
KESTEMAN, Jean-Pierre. « Galt, sir Alexander Tilloch ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MCCALLUM, Margaret E. « Galt, Alexander Tilloch ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
SKELTON, Oscar Douglas. Life and Times of Sir Alexander Tilloch Galt. Toronto, McClelland and Stewart, 1966. 293 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Garneau, François-Xavier
Né(e) le 15 juin 1809Décédé(e) le 3 février 1866

Né le 15 juin 1809 à Québec, François-Xavier Garneau est le fils de François-Xavier Garneau, aubergiste et charretier, et de Gertrude Amiot-Villeneuve.
Garneau étudie dans une école de quartier, puis dans une école mutuelle instituée par Joseph-François Perrault. Il travaille ensuite dans le bureau du greffier de la Cour du banc du roi, poste qu'occupe alors Perrault. Il fait sa cléricature dans l'étude d'Archibald Campbell à partir de 1825 et reçoit sa commission de notaire en 1830.
De 1831 à 1833, Garneau est secrétaire de Denis-Benjamin Viger, représentant à Londres de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Il y découvre les coulisses de la politique coloniale et y publie quatre poèmes. De retour à Québec, il exerce sa profession en ouvrant sa propre étude et fait paraître plusieurs poèmes principalement dans Le Canadien. Garneau publie son premier poème d'inspiration bonapartiste en juillet 1830: La Coupe. Jusqu'en 1845, Garneau est principalement connu comme poète en raison de ses multiples publications. Il publie également L'Abeille canadienne pendant deux mois en 1833 et 1834. Partisan des idées avancées par le Parti canadien puis par l'aile modérée du Parti patriote, il observe le conflit se développer entre la Chambre d'assemblée et le pouvoir exécutif. Il participe au mouvement réclamant le rappel de l'Union. Il s'adresse à deux reprises aux gouverneurs généraux afin de réclamer le respect des droits des Canadiens-français. En 1837, il délaisse son étude notariale et travaille à la Banque de l'Amérique septentrionale britannique et à la Banque de Québec.
En 1840, il publie son poème le plus connu: Le Dernier Huron qui traite du sort d'un peuple disparu. Il est nommé traducteur français à l'Assemblée législative de la province du Canada en 1842 et devient greffier de la Ville de Québec de 1844 à 1864. Haut fonctionnaire de l'administration municipale, Garneau devient un intermédiaire important avec l'administration coloniale. En marge de ses occupations professionnelles, il fonde L'Institut, ou Journal des étudiants (sic) en 1841 et participe à de nombreuses associations, dont la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec et l'Institut canadien de Québec qu'il préside en 1852.
Au début des années 1840, Garneau amorce son travail d'historien en entreprenant la rédaction d'une histoire des Canadiens-français. Il est notamment motivé par le contexte politique de l'époque, marqué par l'union des Canadas, qui met selon lui en péril l'avenir de la nation canadienne-française. Il publie son œuvre maîtresse de 1845 à 1852 et est consacré historien national de son vivant. L'œuvre a fait l'objet de plusieurs rééditions et d'une augmentation par le fils de l'historien, Alfred Garneau.
Il a publié Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours (1845-1848, supplément en 1852), rééditée à neuf reprises, Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833 (1855), Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducation (1856), ainsi que de nombreux poèmes pour la plupart publiés dans Le Canadien.
Il est décédé à Québec le 3 février 1866.
Il avait épousé à Québec, en 1835, Marie-Esther Bilodeau.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Homme de lettres, notaire et greffier de la Ville de Québec, François-Xavier Garneau publie son œuvre majeure, Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, en quatre tomes, de 1845 à 1852. Cela lui vaut d'être proclamé historien national. Par cet ouvrage historique, Garneau vise à rétablir la mémoire de ses compatriotes de langue et de religion, à défendre leurs droits politiques et à promouvoir la culture d'expression française. Il publie des versions révisées en 1852 et 1859, auxquelles s'ajoutent six autres rééditions au XIXe et au XXe siècle. Garneau est considéré comme le plus important auteur de la littérature québécoise de son époque et est reconnu comme le fondateur des sciences historiques au Québec.
BERGERON, Gérard. Lire François-Xavier Garneau : 1809-1866 «historien national». Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994. 244 p.
BERRÉHAR, Marie-Hélène. François-Xavier Garneau et Jules Michelet : figures du peuple. Université de Montréal, 1997. 128 p.
SAINT-JACQUES, Denis, dir., Gilles GALLICHAN et Kenneth LANDRY. François-Xavier Garneau, une figure nationale. Québec, Éditions Nota bene, 1998. 398 p.
GAUVIN, Lise, dir. François-Xavier Garneau et son histoire. Montréal, Presses de l'université de Montréal, 1995. 172 p.
SAVARD, Pierre. « Garneau, François-Xavier ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
SAVARD, Pierre et Paul WYCZYNSKI. « Garneau, François-Xavier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
SAVARD, Pierre et Paul WYCZYNSKI. « Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, de François-Xavier Garneau ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
WYCZYNSKI, Paul. « Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833, de François-Xavier Garneau ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
WYCZYNSKI, Paul. « [Poèmes épars], de François-Xavier Garneau ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Gaudreault, Laure
Né(e) le 25 octobre 1889Décédé(e) le 19 janvier 1975

Laure Gaudreault est née à La Malbaie le 25 octobre 1889.
Elle suit une formation à l'École normale Laval à Québec et reçoit son brevet d'enseignement en 1905. Sa carrière d'enseignante débute dès l'âge de 16 ans, alors qu'elle devient institutrice dans une école du village des Éboulements. Elle enseigne ensuite dans plusieurs localités du comté de Charlevoix et à Chicoutimi.
Durant les années 1920, des problèmes de santé la forcent à prendre une pause de l'enseignement. De 1927 à 1942, elle collabore au journal Le Progrès du Saguenay, où elle est directrice de la page féminine et du Coin des enfants. Elle profite de sa tribune pour sensibiliser les lecteurs aux conditions de vie difficiles des institutrices rurales, marquées par l'isolement et les écarts de salaire avec les enseignants en milieu urbain ainsi qu'entre les hommes et les femmes de la profession.
Cette expérience journalistique marque le début de son militantisme syndical. À l'initiative de Laure Gaudreault, les institutrices de sa région se réunissent pour fonder en 1936 l'Association catholique des institutrices rurales de Charlevoix. Dans la foulée, Laure Gaudreault participe à la création de treize autres associations régionales d'institutrices et fonde, l'année suivante, un regroupement de ces associations: la Fédération catholique des institutrices rurales, devenant la première syndicaliste rémunérée de l'histoire du Québec. Elle en assume la présidence jusqu'en 1946.
En 1946, Laure Gaudreault contribue à l'unification des syndicats d'enseignants par la fondation de la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec, qui regroupe la Fédération catholique des institutrices rurales, la Fédération provinciale des instituteurs ruraux et la Fédération des instituteurs et institutrices des cités et villes. Elle en assumera la vice-présidence jusqu'en 1965. Devenue en 1967 la Corporation des enseignants du Québec, l'organisation change de nom en 1972 pour devenir la Centrale de l'enseignement du Québec, puis adopte en 2000 sa dénomination actuelle, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Laure Gaudreault défend également la cause des enseignants retraités. En 1961, elle fonde l'Association des retraités de l'enseignement du Québec (AREQ), dont elle s'occupe jusqu'en 1974.
Elle est décédée le 19 janvier 1975 à Clermont.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Laure Gaudreault est une pionnière du syndicalisme dans le monde de l'éducation. Elle reçoit son brevet d'enseignement en 1905 et devient institutrice dans une école du village des Éboulements. Elle enseigne ensuite dans plusieurs localités du comté de Charlevoix et à Chicoutimi. À compter de 1927, elle collabore au journal Le Progrès du Saguenay, où elle dirige notamment la page féminine. Elle profite de cette tribune pour sensibiliser les lecteurs aux conditions de vie difficiles des institutrices rurales. Pour améliorer ces conditions, elle réunit les enseignantes de sa région et crée en 1936 l'Association catholique des institutrices rurales de Charlevoix. L'année suivante, elle fonde un regroupement d'associations régionales d'institutrices: la Fédération catholique des institutrices rurales. En 1946, Laure Gaudreault contribue à l'unification des syndicats d'enseignants du Québec par la fondation de la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec. Elle assume la vice-présidence de cet organisme jusqu'en 1965. Elle défend également la cause des enseignants retraités en fondant, en 1961, l'Association des retraités de l'enseignement du Québec.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
GAUTHIER, Serge. Laure Gaudreault, la syndicaliste de Charlevoix. Montréal, XYZ éditeur, 2005. 171 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Guyart, Marie
Né(e) le 28 octobre 1599Décédé(e) le 30 avril 1672

Née le 28 octobre 1599 à Tours, en France, Marie Guyart est la fille de Florent Guyart, maître boulanger, et de Jeanne Michelet.
Dès son jeune âge, Marie Guyart apprend à lire et à écrire auprès de sa mère et poursuit son apprentissage dans une école. Elle est initiée à la broderie et à la peinture, acquiert des notions de menuiserie et se familiarise avec la gestion des affaires au sein de l'entreprise familiale.
Dès l'âge de 14 ans, Marie Guyart manifeste un intérêt pour le cloître, elle est toutefois poussée au mariage par ses parents. Veuve en 1619, elle se retire chez son père avec son fils âgé de six mois. Vers 1625, elle gère l'entreprise de transport de marchandises de son beau-frère, Paul Buisson. Six ans plus tard, elle quitte la maison familiale, confie son fils à sa sœur et entre au noviciat des Ursulines de Tours. Elle prend le nom de Marie de l'Incarnation et prononce ses vœux en 1633.
Après quelques années, Marie de l'Incarnation précise sa vocation apostolique alors qu'elle s'anime d'un élan missionnaire. À la lecture des Relations des Jésuites, elle se renseigne sur les missions en Nouvelle-France et nourrit le désir de s'y rendre. En 1639, elle fait la rencontre de Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie, qui aspire elle aussi à évangéliser et à instruire les Autochtones. La religieuse s'embarque pour la Nouvelle-France avec deux compagnes et madame de La Peltrie, afin de fonder un monastère régulier d'Ursulines.
Marie de l'Incarnation débarque à Québec le 1er août 1639. Cette année-là, elle installe la communauté naissante dans une maison en Basse-Ville. En peu de temps, elle accueille les premières Autochtones choisies par les Jésuites et, après quelques mois, elle s'occupe d'une vingtaine de pensionnaires. En 1642, elle conçoit le premier monastère de son ordre en Amérique, dont elle supervise la construction en Haute-Ville.
Au cours des années suivantes, Marie de l'Incarnation sert son ordre en assumant les fonctions de supérieure (1639-1645, 1651-1657, 1663-1669) et de dépositaire (1645-1651, 1657-1663). Elle occupe aussi les postes d'assistante (1669-1672), de maîtresse des pensionnaires et de maîtresse des novices. Elle gère toutes les responsabilités de la fondation et confie au père Jérôme Lalemant la tâche de rédiger des constitutions adaptées à la colonie. Par ailleurs, elle prend part à la reconstruction du monastère, à la suite de l'incendie de 1650. Également femme d'affaires, elle signe des contrats et participe au développement économique de la Nouvelle-France. La fondatrice spirituelle des Ursulines de Québec devient une référence pour les gouverneurs, intendants et notables, qui la consultent au sujet de divers problèmes séculiers.
En plus d'effectuer des tâches administratives, Marie de l'Incarnation poursuit sa mission principale d'éduquer les jeunes filles autochtones. Elle participe également à l'apostolat des adultes et reçoit les premières jeunes Canadiennes au noviciat. Ayant appris les langues autochtones auprès des Jésuites à son arrivée dans la colonie, elle écrit, quelques années plus tard, des dictionnaires iroquois, français-algonquin et algonquin-français, ainsi qu'un catéchisme iroquois.
Tout au long de sa vie en Nouvelle-France, Marie de l'Incarnation tient de nombreuses correspondances avec son fils, divers membres de sa famille et quelques supérieurs d'institutions religieuses de France. Elle est aussi l'auteure d'autobiographies intitulées Relation (1633, 1654).
Elle est décédée à Québec le 30 avril 1672. Elle est inhumée dans l'oratoire Marie-de-l'Incarnation du monastère des Ursulines-de-Québec. Elle est béatifiée par le pape Jean-Paul II le 20 juin 1980, puis canonisée par le pape François le 3 avril 2014.
Elle avait épousé en France, en 1617, Claude Martin, maître ouvrier en soie.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Fondatrice et première supérieure du monastère des Ursulines de Québec, Marie Guyart, dite Marie de l'Incarnation, a jeté les bases de son ordre en Nouvelle-France. Elle figure aussi parmi les pionnières de l'enseignement féminin et a mis sur pied le premier établissement consacré à cette tâche en Amérique du Nord. Marie Guyart entre au noviciat des Ursulines de Tours en 1631. Elle prononce ses vœux en 1633 et prend le nom de Marie de l'Incarnation. En 1639, elle fait la rencontre de Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie, qui aspire à évangéliser et à instruire les Autochtones. Elle arrive à Québec le 1er août 1639 avec Mme de La Peltrie et deux religieuses. Elle installe la communauté naissante dans une maison de la Basse-Ville et accueille des Autochtones et de jeunes Canadiennes. Marie de l'Incarnation prend une part active à la conception du premier monastère des Ursulines en 1642 et, après sa destruction par un incendie, elle supervise les travaux de construction du deuxième monastère. Pendant toutes les années qu'elle a passées à Québec, Marie de l'Incarnation assume tour à tour les fonctions de supérieure, d'assistante, de dépositaire et de maîtresse des novices au sein de sa communauté. Elle participe aussi au développement de la Nouvelle-France en conseillant les gouverneurs, les intendants et les notables relativement à certains problèmes séculiers.
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Guyart, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
DEROY-PINEAU, Françoise. Marie de l'Incarnation: femme d'affaires, mystique et mère de la Nouvelle-France.
Montréal, Bibliothèque québécoise, 2008. 329 p.
GOURDEAU, Claire. Les délices de nos cœurs. Marie de l'Incarnation et ses pensionnaires amérindiennes, 1639-1672. Sillery, Septentrion, 1994. 132 p.
JAENEN, Cornelius J. « Marie de l'Incarnation ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
OURY, Guy-Marie. Marie de l'Incarnation (1599-1672). Vol. 1. Québec, Presses de l'Université Laval, 1973. s.p.
OURY, Guy-Marie. Marie de l'Incarnation (1599-1672), Correspondance. Solesmes, Abbaye Saint-Pierre, 1985. 1071 p.
SAINT-THOMAS, mère. Les Ursulines de Québec depuis leur établissement jusqu'à nos jours. Tome 1. Québec, C. Darveau, 1863. 579 p.
s.a. Annales du monastère des Ursulines de Québec de 1639 à 1984.
Tome 1 (1639-1822). Québec, Archives du monastère des Ursulines de Québec, s.d. s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Hébert, Louis
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 23 janvier 1627

Né vers 1575 à Paris, Louis Hébert est probablement le fils de Nicolas Hébert, apothicaire, et de Jacqueline Pajot.
En 1604, Hébert participe à l'expédition de Pierre Du Gua de Monts en Acadie et, en 1606, il accompagne Samuel de Champlain et Jean de Poutrincourt lors de l'exploration des côtes du continent nord-américain. Avec Poutrincourt, il fait une plantation pour tester la fertilité du sol à l'emplacement actuel de Gloucester, au Massachusetts. En 1607, les concessions accordées à Du Gua de Monts sont révoquées et Hébert rentre en France.
En 1610, Hébert revient en Amérique en tant qu'apothicaire à Port-Royal. Il y soigne les colons et des autochtones, notamment le chef micmac Henri Membertou. En 1613, il dirige l'établissement lors de l'arrivée de René Le Coq de La Saussaye en Amérique. La même année, Port-Royal est détruit par les Anglais et il est contraint de repartir en Europe.
Au cours de l'hiver 1617, Hébert rencontre Champlain à Paris qui lui propose de s'installer à Québec comme apothicaire, ce qu'il accepte. Le traitement promis par ce dernier ne s'avère toutefois pas aussi profitable que prévu. Arrivé à Québec au printemps 1617, Hébert défriche une parcelle de terre. Il devient ainsi le premier colon canadien à tirer sa subsistance du sol. Avec Champlain, il demeure le seul à cultiver la terre à Québec durant quelques années.
Champlain revient en Nouvelle-France en 1620 et nomme Hébert procureur du roi. Il a alors la responsabilité d'administrer la justice dans la colonie. En 1623, il obtient la propriété des terres qu'il cultive à proximité de la rivière Saint-Charles, le fief de Sault-au-Matelot. Trois ans plus tard, ses possessions terriennes sont agrandies du fief de Lespinay, près de la rivière Saint-Charles, et élevées à la dignité seigneuriale. Ce faisant, il devient le premier seigneur en Nouvelle-France.
Il est décédé à Québec le 23 janvier 1627. Il est inhumé deux jours plus tard dans le cimetière des Récollets, puis en 1678, ses restes sont transférés dans un caveau de la chapelle des Récollets.
Il avait épousé à Paris, en 1602, Marie Rollet.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Marie Rollet, pour les motifs suivants :
Louis Hébert et Marie Rollet sont des figures emblématiques de l'histoire du Québec. Ils s'établissent à Québec, en Nouvelle-France, en 1617, avec leurs trois enfants, Anne, Guillemette et Guillaume. Louis Hébert est reconnu comme le premier colon de la Nouvelle-France, considérant qu'il est le premier Européen à tirer sa subsistance de ses terres, qu'il défriche et cultive. Il est aussi le premier titulaire de la fonction de procureur du roi et est reconnu comme le premier pharmacien et seigneur en Nouvelle-France. Son épouse, Marie Rollet, collabore à la culture du sol, est une soignante et enseigne aux Autochtones. Elle et sa famille font partie des quelques Français qui demeurent à Québec lorsque la cité est occupée par les Anglais entre 1629 et 1632. Louis Hébert et Marie Rollet ont une lignée importante en Amérique du Nord par leur fille Guillemette, mariée à Guillaume Couillard.
ASSELIN, Alain et Jacques MATHIEU. La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet. Québec, Septentrion, 2017. 248 p.
BENNETT, Ethel M. G. « Hébert, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
GRENIER, Benoît. Brève histoire du régime seigneurial. Montréal, Boréal, 2012. 245 p.
MARCHI, François. Généalogie Québec [En Ligne]. http://genealogiequebec.info
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Hémon, Louis
Né(e) le 12 octobre 1880Décédé(e) le 8 juillet 1913

Né le 12 octobre 1880 à Brest, en France, Louis Hémon est le fils de Félix Hémon, professeur et écrivain, et de Louise-Mélanie Le Breton.
Hémon étudie à Paris, au lycée Montaigne, au lycée Louis-le-Grand puis à l'Université de Paris-Sorbonne. Il y obtient, en 1901, un baccalauréat en droit, une licence en droit maritime et un diplôme en langue annamite.
L'année suivante, Hémon quitte la France pour l'Angleterre. Adepte de plusieurs activités sportives, il rédige des articles et de courts textes littéraires pour des périodiques essentiellement dédiés aux sports, notamment Le Vélo. De 1907 à 1911, il écrit ses trois premiers romans. Ils ne seront toutefois publiés que plusieurs années plus tard, après qu'Hémon eut acquis la célébrité. Ils sont intitulés Colin-Maillard (1924), Battling Malone, pugiliste (1925) et Monsieur Ripois et la Némésis (1950).
En octobre 1911, Hémon s'embarque pour le Canada. En 1911 et 1912, il est sténographe pour une compagnie d'assurances de Montréal, puis travaille pour l'agriculteur Samuel Bédard de Péribonka. Installé dans la région du lac Saint-Jean en 1912, il achève l'année suivante la rédaction de son chef-d'œuvre, le roman Maria Chapdelaine, qui s'inspire de la vie des colons. L'ouvrage est publié à Montréal en 1916, après le décès de l'auteur, et enchante la critique. Il est tiré à plusieurs millions d'exemplaires, traduit dans de nombreuses langues et compte plus de 200 éditions.
En 1913, Hémon part pour l'Ouest canadien. Il meurt dans un mystérieux accident, frappé par un train.
L'éditeur parisien Grasset a également publié, de Louis Hémon, La belle que voilà... (1923) et Itinéraire (1927). Une partie de la correspondance de l'auteur est parue sous le titre Lettres à sa famille (1968).
Il est décédé à Chapleau, en Ontario, le 8 juillet 1913.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Louis Hémon, un auteur et un journaliste né en France, est arrivé au Québec en 1911. Travaillant pour l'agriculteur Samuel Bédard de Péribonka, il rédige le roman Maria Chapdelaine: récit du Canada français, qui s'inspire de la vie des colons établis autour du lac Saint Jean. L'ouvrage est publié en France en 1914, puis à Montréal en 1916, après la mort prématurée de son auteur. Il est reconnu comme étant le plus important roman du terroir. Louis Hémon est considéré comme un auteur incontournable de la littérature québécoise.
BOIVIN, Aurélien. « Hémon, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
BOIVIN, Aurélien. « Louis Hémon et Maria Chapdelaine : deux centenaires à célébrer ». Cap-aux-Diamants. No 117 (2014), p. 4-9.
COTNAM, Jacques. « Hémon, Louis ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Jasmin, Judith
Né(e) le 19 juillet 1916Décédé(e) le 20 octobre 1972

Née le 19 juillet 1916 à Terrebonne, Judith Jasmin est la fille d'Amédée Jasmin, notaire, et de Rosaria Desjarlais, secrétaire.
Judith Jasmin part vivre en France avec sa famille au début des années 1920. Elle fait ses études primaires en France, puis fréquente pendant deux ans le Lycée des jeunes filles de Versailles. Elle revient au Québec en 1932 et termine ses études classiques au Collège Marguerite-Bourgeoys de Montréal.
Au début de sa vie professionnelle, elle se consacre d'abord au théâtre. À 22 ans, elle devient l'une des vedettes les plus appréciées de la radio grâce à son rôle dans le radioroman La Pension Velder de Robert Choquette. Au milieu des années 1940, Judith Jasmin devient la première réalisatrice d'émissions radiophoniques au réseau français de Radio-Canada.
Au printemps 1947, elle entre au Service international de la Société Radio-Canada, ce qui marque le début de sa carrière journalistique. Elle passe à la télévision en 1952 et contribue à mettre sur pied avec son collègue René Lévesque le premier service de reportages francophones du réseau d'État. Elle est notamment remarquée à la barre des émissions d'affaires publiques. À compter de 1957, elle devient grand reporter et continue de réaliser des reportages tant sur la scène nationale qu'internationale. Elle parcourt le monde et effectue des entrevues avec les plus grands artistes et écrivains des années 1950 et 1960, en plus de plusieurs chefs d'État, dont certaines des figures les plus controversées de l'époque. Elle est reconnue comme faisant preuve d'une grande rigueur journalistique de même que pour la pertinence de ses reportages et l'habileté avec laquelle elle conduit ses entrevues.
Pionnière du journalisme télévisé au Québec, elle devient la première femme québécoise et canadienne à faire du journalisme politique et international de même que la première correspondante de la Société Radio-Canada à l'étranger. De 1966 à 1968, elle œuvre en effet à New York à titre de correspondante du réseau d'État à l'Organisation des Nations Unies, puis est en poste à Washington de 1968 à 1970.
Femme d'action et d'esprit, Judith Jasmin devient aussi une figure du féminisme du milieu du XXe siècle. Dès les années 1950, elle est une personnalité féminine populaire, notamment pour ses discours encourageant à repenser la place et l'influence des femmes dans la société. Les idées qu'elle formule sont d'ailleurs reprises par les féministes des décennies suivantes et demeurent au cœur des débats entourant l'égalité des sexes.
Judith Jasmin est aussi engagée dans la création en 1961 du Mouvement laïque de langue française, dont l'objectif est de promouvoir la laïcité des institutions politiques québécoises. Elle appuie aussi le mouvement écologiste émergent et le pacifisme. Elle supporte également le mouvement antiraciste.
Convaincue du rôle que peut jouer l'information dans l'éducation des masses et du vecteur de changement social qu'elle peut représenter, Judith Jasmin est reconnue par ses pairs comme une « éveilleuse de consciences ». Dès les années 1950, et tout au long de sa carrière, elle utilise en effet son pouvoir d'influence pour mobiliser l'opinion publique autour des grands enjeux sociaux et politiques de son temps.
Judith Jasmin reçoit plusieurs honneurs qui couronnent sa carrière journalistique. En 1972, elle est récipiendaire de la plus haute distinction du journalisme québécois, le prix Olivar-Asselin. De plus, en hommage à sa carrière d'exception, le prix Judith-Jasmin est créé en 1975 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Ce prix est décerné annuellement aux meilleurs reportages de la presse écrite et électronique québécoise.
Elle est décédée le 20 octobre 1972 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière de Ville Saint-Laurent.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
« Judith Jasmin est une figure marquante du journalisme. Après avoir été comédienne, critique de théâtre et réalisatrice d'émissions radiophoniques, elle entre comme journaliste au Service international de Radio-Canada en 1947. Elle passe à la télévision en 1952 et contribue à la naissance du premier service de reportages francophones du réseau d'État. Elle est notamment remarquée à la barre des émissions d'affaires publiques. À compter de 1957, elle devient grande reporter, effectue des entrevues avec des personnalités internationales et réalise des reportages sur des enjeux de société. En 1966, elle devient correspondante de Radio-Canada aux Nations Unies, puis en 1968, correspondante pour la radio de Radio-Canada à Washington. Pionnière du journalisme électronique, Judith Jasmin est la première femme québécoise et canadienne à faire des reportages politiques et internationaux et la première correspondante de Radio-Canada à l'étranger. Vedette de la télévision, elle est aussi une éveilleuse de consciences qui milite pour les droits des femmes et qui participe aux mouvements en faveur de la laïcité, de l'écologie, du pacifisme et de l'antiracisme. Sa carrière journalistique est couronnée de plusieurs honneurs, dont la plus haute distinction du journalisme québécois, le prix Olivar-Asselin, en 1972. Son nom étant associé à l'excellence journalistique, le prix Judith-Jasmin est créé en 1975 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et est remis annuellement aux meilleurs reportages de la presse écrite et électronique. Judith Jasmin demeure une référence dans le monde de l'information. »
BEAUCHAMP, Colette. Judith Jasmin. De feu et de flamme. Montréal, Boréal, 1992. 426 p.
MALTAIS, Robert. « Judith Jasmin ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/judith-jasmin
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Labelle, Antoine
Né(e) le 24 novembre 1833Décédé(e) le 4 janvier 1891

Né le 24 novembre 1833 à Sainte-Rose-de-Lima (Laval), Antoine Labelle est le fils d'Antoine Labelle, cordonnier, et d'Angélique Maher.
De 1844 à 1852, Labelle étudie au petit séminaire de Sainte-Thérèse. Il y poursuit ses études en théologie jusqu'en 1855, puis fait une année au grand séminaire de Montréal. Il est ordonné prêtre en 1856.
Labelle est d'abord vicaire pour la paroisse de Sault-au-Récollet, de 1856 à 1859, et, pendant trois mois, pour celle de Saint-Jacques-le-Mineur. Il est ensuite curé à Saint-Antoine-Abbé (Franklin), de 1859 à 1863, puis à Saint-Bernard-de-Lacolle, de 1863 à 1868. Cette année-là, il est nommé curé de Saint-Jérôme-de-la-Rivière-du-Nord (Saint-Jérôme) où il officie jusqu'à sa mort. Il contribue largement à l'ouverture, en 1873, de l'Académie commerciale du village de Saint-Jérôme, dirigée par les Frères de Sainte-Croix. En 1887, il demande l'érection canonique du diocèse de Saint-Jérôme. Il ne verra jamais cela se produire de son vivant, mais, en 1889, Rome lui décerne le titre de Pronotaire apostolique, un honneur qui lui vaut d'être appelé Monseigneur.
Labelle souhaite endiguer l'important phénomène d'émigration des Canadiens français vers les États-Unis et l'Ouest par son projet de colonisation au nord de Montréal. L'exode des Canadiens français inquiète les autorités politiques et religieuses de l'époque qui y voient notamment un affaiblissement de la nationalité canadienne-française. Pour Labelle, l'occupation du territoire par son exploitation agricole doit être conjuguée à un développement économique important. Promoteur influent du développement du chemin de fer sur la rive nord du Saint-Laurent, Labelle mise entre autres sur l'exploitation des ressources minières et hydrauliques. Le développement des manufactures, du commerce et du tourisme s'inscrit également dans son projet de colonisation. Grâce à son influence au sein de la sphère politique et à sa position comme curé de Saint-Jérôme, paroisse la plus populeuse du comté de Terrebonne, il met en place de grands projets, notamment le développement du réseau ferroviaire dans la région des Laurentides.
En 1876, il assiste à l'inauguration du chemin de fer reliant le village de Saint-Jérôme à Montréal, outil de communication indispensable à son projet de colonisation des terres au nord-ouest de Saint-Jérôme. Il explore le territoire pour trouver de nouveaux lieux d'implantation et permet la naissance de près de trente cantons, qui forment une vingtaine de nouvelles paroisses, attirant près de 5 000 colons. En 1879, il fonde la Société de colonisation du diocèse de Montréal. Il joue un rôle majeur dans l'établissement, en 1882, de l'usine de papier de Jean-Baptiste Rolland dans la région des Laurentides. Il crée, en 1884, la Loterie nationale de colonisation, qui doit assurer un financement aux colons qui n'ont pas les moyens de s'établir eux-mêmes. À titre de promoteur des territoires de colonisation, Labelle effectue deux missions officielles en Europe afin d'attirer une immigration francophone. La première en 1885 est commandée par le gouvernement fédéral tandis que la deuxième est à la demande du gouvernement provincial. En 1888, il est nommé sous-commissaire au Département de l'agriculture et de la colonisation, poste qu'il occupe jusqu'en 1890. Bien que ses fonctions politiques l'éloignent physiquement de sa cure, le curé Labelle veille toujours à son projet de colonisation qui est notamment freiné par l'influence des compagnies forestières. À la fin du 19e siècle, Labelle s'avère un des rares ecclésiastiques à avoir occupé une fonction au sein du gouvernement québécois.
Il est décédé le 4 janvier 1891 à Québec. Il est inhumé à Saint-Jérôme le 8 janvier 1891.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants :
Personnage marquant de l'histoire du Québec de la seconde moitié du XIXe siècle, Antoine Labelle est un prêtre catholique romain qui a été curé de la paroisse de Saint-Jérôme de 1868 à 1891. Bien connu sous le nom de curé Labelle, il est aussi surnommé le roi du Nord parce qu'il envisage d'endiguer le phénomène d'émigration des Canadiens français vers les États-Unis par leur établissement sur les territoires du nord du Québec, de l'Ontario et du Manitoba, de Montréal jusqu'à Winnipeg. Principal artisan de la colonisation de la région des Laurentides et du développement de son réseau ferroviaire, il participe à la fondation d'une vingtaine de paroisses et à l'établissement de près de 5 000 habitants. Reconnu pour son rôle à l'échelle nationale, il effectue des missions gouvernementales en Europe et est sous-commissaire (sous-ministre) du Département de l'agriculture et de la colonisation de 1888 à 1890. Encore présent dans la mémoire collective, le curé Labelle est l'une des figures les plus populaires de son époque.
ALLAIRE, Jean-Baptiste-Arthur. Dictionnaire biographique du clergé canadien-français. Vol. I: Les anciens. Montréal, Imprimerie de l'École catholique des sourds-muets, 1910. 543 p.
AUCLAIR, Élie-Joseph. Saint-Jérôme de Terrebonne. Saint-Jérôme, L'imprimerie-photogravure J.-H.-A., 1934. 357 p.
CORNEZ, Germaine. Une ville grandit : Saint-Jérôme de 1881 à 1914. Saint-Jérôme, Éditions L'Écho du Nord, 1977. 292 p.
CORNEZ, Germaine. Une ville naquît : Saint-Jérôme de 1821 à 1880. Saint-Jérôme, Éditions L'Écho du Nord, 1973. 191 p.
DUSSAULT, Gabriel. « Labelle, François-Xavier-Antoine ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
LAPLANTE, Robert. « Du curé Labelle et de feu l'agriculturisme ». Recherches sociographiques. Vol. XXVIII, no 1 (1987), p. 71-88.
LAURIN, Serge. Histoire de Saint-Jérôme. Québec, Éditions GID, 2009. 511 p.
LÉVESQUE, Robert. Labelle et Camilien: deux figures du populisme canadien-français. Montréal, Vlb éditeur, 2009. 332 p.
LÉVESQUE, Robert et Robert MIGNER. Le curé Labelle: le colonisateur, le politicien , la légende. Montréal, Édition La Presse, 1979. 203 p.
MORISSONNEAU, Christian. La terre promise: le mythe du Nord québécois. collection ethnologique. Montréal, Hurtubise, 1978. 212 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lacoste-Gérin-Lajoie, Marie
Né(e) le 19 octobre 1867Décédé(e) le 1er novembre 1945

Née le 19 octobre 1867 à Montréal, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie (baptisée Marie-Thaïs-Élodie-Coralie) est la fille d'Alexandre Lacoste, avocat, et de Marie-Louise Globensky.
À l'âge de neuf ans, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie étudie au couvent d'Hochelaga des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. Après ses études secondaires, terminées en 1883, elle souhaite poursuivre à l'université, mais elle se bute au refus des facultés universitaires francophones d'admettre des femmes. Elle poursuivra sa formation de juriste en autodidacte.
En 1900, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie intègre le comité de direction de la section montréalaise du National Council of Women of Canada (NCWC), un groupe anglophone faisant la promotion des droits civiques et politiques des femmes où elle militait depuis 1893. En 1902, elle fait publier un ouvrage de vulgarisation qui renseigne les femmes sur leurs droits. Le succès de ce livre lui vaut d'être réédité et traduit en anglais. En 1908, elle est embauchée pour enseigner le droit usuel à la nouvelle École d'enseignement supérieur, premier collège classique féminin au Québec fondé par mère Sainte-Anne-Marie.
En 1907, elle fonde avec Caroline Béïque la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB), qui milite pour le suffrage féminin, l'égalité des droits entre les femmes et les hommes et la protection des mères et des familles. Marie Lacoste-Gérin-Lajoie est secrétaire de cet organisme jusqu'en 1913 et présidente de 1913 à 1933. Durant ces années, elle intervient sur la place publique en écrivant des articles, en donnant des cours et en prononçant des conférences pour améliorer le sort des femmes et dénoncer leur situation d'infériorité légale dans la province de Québec. Pendant les travaux de la Commission sur les droits civils de la femme (1929), dénommée Commission Dorion, elle suggère de nombreux changements qui se retrouveront dans les recommandations de la Commission, notamment le droit pour les femmes mariées de disposer du fruit de leur travail, qui est intégré dans le Code civil en 1931. Après son départ de la présidence de la FNSJB en 1933, elle continue d'œuvrer dans divers comités de l'association jusqu'en 1936.
Marie Lacoste-Gérin-Lajoie prend une part active dans la lutte pour l'obtention du droit de vote pour les femmes québécoises. En 1922, elle fonde avec Anna Marks Lyman le Comité provincial pour le suffrage féminin, qui coordonne les efforts des différents organismes militants féminins. Sous sa présidence, le Comité parvient en 1922 à faire présenter un premier projet de loi à l'Assemblée législative de la province de Québec pour accorder le droit de vote aux femmes. La même année, afin de sensibiliser l'épiscopat du Québec, elle se rend à Rome pour obtenir un appui des autorités catholiques à sa démarche, mais sans succès. Elle quitte la présidence et demeure dans l'association jusqu'en 1929.
Elle a publié L'état légal des femmes dans la province de Québec (1900), le Traité de droit usuel (1902), La communauté légale (1927) et La femme et le Code civil (1929). Elle a aussi écrit plusieurs textes dans La Bonne Parole, journal de la FNSJB.
Elle est décédée à Montréal le 1er novembre 1945.
Elle avait épousé à Montréal, en 1887, Henri Gérin-Lajoie, fils d'Antoine Gérin-Lajoie, avocat et poète, et de Joséphine-Henriette Parent, fille d'Étienne Parent, journaliste, avocat et député.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Marie Lacoste-Gérin-Lajoie est une pionnière de l'avancement des droits des femmes au Québec. Juriste autodidacte, elle a publié plusieurs ouvrages sur les droits des femmes, dont le Traité de droit usuel (1902). Elle joint les rangs de la section montréalaise du National Council of Women of Canada en 1893 et intègre son comité de direction en 1900. En 1907, elle fonde avec Caroline Béïque la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, qui milite pour le suffrage féminin, l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, ainsi que la protection des mères et des familles. Elle occupe le poste de secrétaire de cet organisme jusqu'en 1913 et celui de présidente, de 1913 à 1933. En 1922, elle fonde avec Anna Marks Lyman le Comité provincial pour le suffrage féminin et prend une part active dans la lutte pour l'obtention du droit de vote des femmes québécoises. Sous sa présidence, le Comité parvient en 1922 à faire présenter un premier projet de loi à l'Assemblée législative pour accorder le droit de vote aux femmes québécoises. À la suite de la Commission Dorion sur les droits civils des femmes (1929), c'est en grande partie grâce à Marie Lacoste-Gérin-Lajoie que l'Assemblée législative modifie en 1931 le Code civil du Québec pour permettre aux femmes mariées de disposer du fruit de leur travail.
Collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Le Jour, 1992. 646 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
SICOTTE, Anne-Marie. « Lacoste, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/lacoste_marie_17E.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lapalme, Georges-Émile
Né(e) le 14 janvier 1907Décédé(e) le 5 février 1985

Né le 14 janvier 1907 à Montréal, Georges-Émile Lapalme est le fils d'Euclide Lapalme, manufacturier, et de Valéda Bazinet.
En 1918, Lapalme entre au Séminaire de Joliette où il fait des études classiques. Sept ans plus tard, il commence ses études en droit à l'Université de Montréal. Après son admission au barreau, il s'installe à Joliette en 1929 où il pratique le droit. En 1939, il s'associe avec Charles-Édouard Ferland. Il agit comme conseiller du Barreau des Laurentides en 1946. Il est fait conseil en loi de la reine en 1960.
En marge de ses études et de sa pratique du droit, Lapalme s'engage dans le milieu journalistique. En 1926 et en 1927, il est secrétaire du Quartier Latin, journal des étudiants de l'Université de Montréal. En 1947, il fonde le Joliette Journal dans lequel il publie une chronique culturelle et une autre politique.
Lapalme est député de la circonscription de Joliette-l'Assomption-Montcalm pour le Parti libéral du Canada à la Chambre des communes de 1945 à 1950, puis député de la circonscription de Montréal-Outremont pour le Parti libéral du Québec à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1953 à 1966. Il est chef du Parti libéral du Québec de 1950 à 1958 et chef de l'opposition officielle de 1950 à 1960. En 1959, il rédige le programme électoral des libéraux qui sera mis en application pendant la Révolution tranquille. Après la victoire des libéraux aux élections de 1960, Lapalme occupe les postes de vice-premier ministre et de procureur général dans le gouvernement de Jean Lesage. En 1961, il devient le premier titulaire du ministère des Affaires culturelles, poste qu'il occupe jusqu'en 1964. Pendant ces années, il crée l'Office de la langue française, renforce les relations entre la France et le Québec et mène plusieurs actions visant à soutenir les artistes, les musées, les bibliothèques publiques et la protection du patrimoine. En raison de son rôle primordial dans le domaine de la culture, Lapalme est ainsi considéré comme un des pères de la Révolution tranquille.
Après sa carrière politique, Lapalme est nommé président de la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne en 1968. De 1972 à 1978, il est président de la Commission des biens culturels du Québec. En 1978, il est président de la Commission d'enquête sur la disparition de biens culturels à place Royale.
Il a publié Pour une politique (1959). Il a également écrit ses mémoires qui ont été publiées en trois volumes: Le bruit des choses réveillées (1969), Le vent de l'oubli (1970) et Le paradis du pouvoir (1973).
Il est décédé à Montréal le 5 février 1985.
Il avait épousé à Montréal, en 1935, Maria Langlois, fille de Léonidas Langlois et de Maria Perreault.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Avocat, journaliste et homme politique, Georges-Émile Lapalme est considéré comme l'un des pères de la Révolution tranquille. D'abord vice-premier ministre et procureur général au sein du gouvernement de Jean Lesage, il devient, en 1961, le premier titulaire du ministère des Affaires culturelles, poste qu'il occupe jusqu'en 1964. Pendant ces années, il crée entre autres l'Office de la langue française, renforce les relations du Québec avec la France et mène plusieurs actions visant à soutenir les artistes, à développer les musées et les bibliothèques publiques, et à préserver le patrimoine. Plusieurs de ses initiatives seront poursuivies et bonifiées par ses successeurs à la tête du ministère des Affaires culturelles, devenu le ministère de la Culture et des Communications.
Assemblée nationale du Québec. Assemblée nationale du Québec [En Ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/index.html
HARVEY, Fernand. « Georges-Émile Lapalme et la politique culturelle du Québec : genèse, projet et désillusion ». Les Cahiers des dix. No 64 (2010), p. 1-46.
Ministère de la Culture et des Communications du Québec et Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Les prix du Québec [En Ligne]. http://www.prixduquebec.gouv.qc.ca
PANNETON, Jean-Charles. Georges-Émile Lapalme, précurseur de la Révolution tranquille. Études québécoises, 53. Montréal, VLB, 2000. 190 p.
Parlement du Canada. Parlement du Canada [En Ligne]. http://www.parl.gc.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Laval, François de
Né(e) le 30 avril 1623Décédé(e) le 6 mai 1708

Né le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre, dans le diocèse de Chartres en France, François de Laval est le fils d'Hugues de Laval, seigneur de Montigny, Montbaudry, Alaincourt et Revercourt, et de Michelle de Péricard.
Il fait ses études auprès des Jésuites, d'abord au collège de La Flèche de 1631 à 1641, puis au collège de Clermont. Ordonné prêtre en 1647, il devient archidiacre du diocèse d'Évreux l'année suivante. En 1649, il obtient une licence en droit canon de l'Université de Paris.
En 1654, François de Laval quitte sa fonction d'archidiacre pour entrer à l'Ermitage de Caen, où il s'occupe des pauvres, des malades et de quelques communautés religieuses. Trois ans plus tard, les Jésuites proposent leur ancien élève comme futur évêque de Québec. Ils cherchent notamment à écarter le candidat sulpicien, Gabriel de Thubières de Levy de Queylus, et à mettre un terme à la dépendance de la Nouvelle-France de l'archevêché de Rouen. La candidature de François de Laval reçoit l'appui de la reine régente, Anne d'Autriche, mais l'évêque de Rouen, Mgr François de Harlay de Champvallon, qui se considère l'évêque légitime de la Nouvelle-France, s'y oppose. Afin d'éviter les conflits, le pape Alexandre VII crée un vicariat apostolique dans la colonie, plutôt qu'un évêché, et accepte la nomination de François de Laval à la tête de cette entité.
Consacré évêque in partibus de Pétrée, Mgr de Laval parvient à Québec en 1659. Sa fonction de vicaire apostolique ne lui donnant pas les mêmes pouvoirs que ceux d'un évêque, il s'efforce dès son arrivée à faire reconnaître son autorité auprès du gouverneur, des colons et des communautés religieuses, avant de se dédier énergiquement à l'édification de l'Église canadienne. En 1663, il fonde le Séminaire de Québec, une communauté de prêtres séculiers chargée de la formation du clergé diocésain et du service des paroisses, que son instigateur considère comme le foyer de l'Église canadienne naissante. L'année suivante, Mgr de Laval érige canoniquement la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, une première en Nouvelle-France, et la place sous la direction du Séminaire. Il crée aussi le Petit Séminaire de Québec, en 1668, qui a pour but notamment d'instruire les garçons se destinant à la vie religieuse, ainsi qu'une école de métiers à la Grande-Ferme de Saint-Joachim.
Après bien des débats, le pape Clément X finit par créer le diocèse de Québec en 1674 et à placer ce diocèse sous l'autorité de Rome. François de Laval devient alors le premier évêque de Québec. Au cours de son épiscopat, il érige une vingtaine de paroisses dans son diocèse, qui comprend toutes les possessions françaises en Amérique, et permet au nombre de religieux et de religieuses d'augmenter. Il fait également valoir à plusieurs reprises, notamment en siégeant au Conseil souverain, ses points de vue sur certains enjeux sociaux aux représentants de l'administration coloniale. S'opposant à la vente d'alcool aux Autochtones, il s'attire à quelques reprises la colère des autorités civiles et des commerçants. Des problèmes de santé l'incitent toutefois à demander sa démission dès 1684. Il demeure en poste jusqu'à la consécration de son successeur, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, en 1688. Il remplace également l'évêque de Québec, retenu en France, de 1700 jusqu'à sa mort.
Il est décédé à Québec le 6 mai 1708. Il est inhumé dans la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec.
François de Laval a été déclaré vénérable en 1890, a été béatifié en 1980 et a été canonisé en 2014 par l'Église catholique.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Mgr François de Laval est une figure importante de l'histoire du Québec. Il est le descendant d'une noble famille de France. Ordonné prêtre en 1647, il est archidiacre du diocèse d'Évreux de 1648 à 1654, puis œuvre à l'Ermitage de Caen, de 1654 jusqu'à son départ pour Québec. En 1658, la Nouvelle-France est érigée en vicariat apostolique par le pape Alexandre VII, et Mgr de Laval, fait évêque in partibus de Pétrée, est nommé à sa tête. Arrivé à Québec l'année suivante, le nouveau prélat se consacre énergiquement à l'organisation de l'Église canadienne en fondant, en 1663, le Séminaire de Québec, une communauté de prêtres séculiers chargée de la formation du clergé diocésain et du service des paroisses. En 1664, Mgr de Laval érige canoniquement la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, une première en Nouvelle-France, et la place sous la direction du Séminaire. Il crée aussi le Petit Séminaire de Québec, en 1668, et une école de métiers à la Grande-Ferme de Saint-Joachim. En 1674, avec l'élévation du vicariat apostolique au rang de diocèse par le pape Clément X, Mgr de Laval devient le premier évêque de Québec. Au cours de son épiscopat, il crée une vingtaine de paroisses dans ce diocèse qui comprend toutes les possessions françaises en Amérique. Personnage influent, Mgr de Laval prend aussi une part active à l'administration générale de la colonie en siégeant au Conseil souverain. Il fait également valoir à plusieurs reprises ses points de vue aux représentants des pouvoirs civils sur certains enjeux sociaux, comme la traite de l'eau-de-vie. Cet évêque bâtisseur est reconnu pour avoir jeté les bases de l'Église canadienne et pour avoir entrepris son édification, ce qui a contribué de manière notable au développement de la Nouvelle-France.
BUREAU, Gilles. François de Laval et son époque. Québec, Séminaire de Québec, 2011. 264 p.
GOSSELIN, Auguste. Le vénérable François de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada : sa vie et ses vertus. Québec, Imprimerie de L.-J. Demers & Frère, 1890. 84 p.
LEBLANC, Jean. Dictionnaire biographique des évêques catholiques du Canada. Montréal, Wilson et Lafleur, 2002. 881 p.
TÊTU, Henri. Monseigneur de Laval, premier évêque de Québec. Québec, Delisle, 1887. 121 p.
VACHON, André. « Laval, François de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Cap-aux-Diamants, numéro spécial « François de Laval : premier évêque de Québec ». Vol. Hors série (1993).
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Jeune, Olivier
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 10 mai 1654

Olivier Le Jeune serait possiblement originaire de Guinée ou de Madagascar. On ignore sa date de naissance, mais les sources tendent à témoigner de son jeune âge à son arrivée en Nouvelle-France.
Olivier Le Jeune est amené à Québec en tant qu'esclave en 1629 lors de l'expédition des frères Kirke, qui s'emparent de la colonie la même année au nom de l'Angleterre. Il est alors la propriété de l'un des frères Kirke, qui le vend pour la somme de 50 écus à Le Baillif, un commis français qui s'était mis au service des Anglais. Juridiquement, le statut d'un esclave est le même que celui d'un bien meuble, c'est-à-dire qu'il peut être donné, prêté, échangé ou vendu selon la volonté de son propriétaire.
À la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye de 1632, l'établissement de Québec est rendu à la France, ce qui met un terme à l'occupation des Kirke. En juillet 1632, Le Baillif fait don de Le Jeune à Guillaume Couillard, un des premiers habitants à s'être établi en permanence dans la colonie. Le 14 mai 1633, son nouveau maître le fait baptiser. On le prénomme Olivier, en l'honneur d'Olivier Letardif, commis général de la Compagnie des Cent-Associés. Il est possible qu'il ait reçu le patronyme Le Jeune à ce moment, en hommage à son instructeur, le jésuite Paul Le Jeune, qui lui a enseigné le catéchisme. Aux 17e et 18e siècles, il est courant de baptiser et de renommer les esclaves, des gestes qui participent à leur perte d'identité.
La vie d'Olivier Le Jeune a laissé peu de traces dans les archives. L'un des seuls événements connus survient le 20 août 1638: Olivier Le Jeune est condamné à demander pardon et à être enchaîné durant 24 heures pour avoir calomnié l'interprète Nicolas Marsolet en racontant qu'il complotait avec Le Baillif. Ses aveux sont signés d'une croix, ce qui montre qu'il ne savait pas écrire.
À sa mort, Olivier Le Jeune est inscrit dans le registre des sépultures comme domestique de Guillaume Couillard. À cette époque, le mot domestique désigne le personnel d'une maison en général de même que l'ouvrier agricole. Si l'on peut être à la fois esclave et domestique, l'emploi de ce terme suggère que Le Jeune a pu être affranchi, d'autant que les esclaves émancipés demeurent souvent au service de leur maître en tant que domestiques. Toutefois, puisqu'aucun acte d'émancipation n'a été retrouvé, l'une ou l'autre de ces hypothèses ne peut être confirmée. On ignore donc si Olivier Le Jeune a le statut d'esclave ou d'homme libre durant ses années au service de Guillaume Couillard.
Olivier Le Jeune est décédé et inhumé à Québec le 10 mai 1654.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
"Arrivé à Québec avec l'expédition des frères Kirke qui s'emparent de la colonie en 1629, Olivier Le Jeune est le premier esclave noir connu de l'histoire de la Nouvelle-France et le premier Noir établi de manière permanente dans la vallée du Saint-Laurent. Sa singularité tient à ce que la présence des Noirs au Canada demeure très rare jusqu'à la fin du XVIIe siècle, moment où l'esclavage est déjà bien établi dans les colonies françaises des Antilles. En dépit du souhait des autorités coloniales de faire venir des esclaves noirs pour pallier le manque de main-d'œuvre, aucun navire négrier n'est venu dans la vallée du Saint-Laurent. Les esclaves noirs qu'on retrouve au Canada sous le Régime français proviennent non pas de la traite, mais principalement des colonies anglaises voisines, d'où ils étaient amenés en contrebande ou comme prisonniers de guerre. D'autres ont été ramenés par des marchands canadiens lors de leurs voyages d'affaires en Louisiane et aux Antilles. Dans la vallée du Saint-Laurent, les esclaves sont surtout au service de l'élite urbaine et de quelques marchands fortunés;
Ce personnage revêt une forte importance symbolique en mettant en lumière la présence des Noirs sur le territoire québécois depuis près de quatre siècles."
BESSIÈRE, Arnaud. La contribution des Noirs au Québec. Quatre siècles d'une histoire partagée. Québec, Publications du Québec, 2012. 176 p.
D'ALLAIRE, Micheline et Marcel TRUDEL. Deux siècles d’esclavage au Québec. Montréal, Hurtubise-HMH, 2004. 408 p.
MACKEY, Frank. L'esclavage et les Noirs à Montréal, 1760-1840. Montréal, Hurtubise, 2013. 672 p.
TRUDEL, Marcel. Dictionnaire des esclaves et leurs propriétaires au Canada français. Montréal, Hurtubise HMH, 1990. 490 p.
TRUDEL, Marcel. « Le Jeune, Olivier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Webster et Valmo. Le grain de sable. Olivier Le Jeune premier esclave au Canada (album jeunesse). Québec, Septentrion, 2019. 80 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le May, Pamphile
Né(e) le 5 janvier 1837Décédé(e) le 11 juin 1918

Né le 5 janvier 1837 à Lotbinière, Pamphile Le May est le fils de Léon Lemay, marchand et hôtelier, et de Marie-Louise Auger.
Le May étudie au collège des Frères des écoles chrétiennes à Trois-Rivières, de 1846 à 1849, puis apprend le latin avec le notaire Thomas Bédard, de Lotbinière. Il fréquente ensuite le petit séminaire de Québec de 1854 à 1857. Un an plus tard, il décide d'étudier le droit et s'engage comme clerc, mais abandonne rapidement ses études pour trouver du travail à Portland aux États-Unis. De retour au Québec, il est engagé comme commis dans un magasin de Sherbrooke. Il délaisse cet emploi pour l'étude de la philosophie afin de devenir prêtre. En 1860, il entreprend son cours de théologie chez les Oblats de Marie-Immaculée à Ottawa. Après deux ans d'étude, sa santé fragile le force à abandonner. Finalement, il complète son cours de droit et est admis à la pratique en 1865.
Pendant ses études de droit, Le May travaille comme traducteur surnuméraire à l'Assemblée législative de la province du Canada, à Québec. Au début des années 1850, Le May joint le mouvement littéraire de Québec, dont font notamment partie François-Xavier Garneau, Joseph-Charles Taché et Antoine Gérin-Lajoie. Il touche à tous les styles littéraires, mais excelle particulièrement dans les contes. En 1865, Le May publie « La découverte du Canada », un premier recueil de poèmes en dix-neuf chapitres. En 1867, le premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau lui offre le poste de bibliothécaire de la nouvelle législature provinciale. Pendant ses 25 années comme bibliothécaire, Le May assure l'accroissement des collections par l'achat de livres répondant aux besoins des parlementaires. Il contribue également personnellement à l'enrichissement de la collection en offrant plusieurs volumes de sa collection personnelle. Le May développe également l'achat et le prêt d'ouvrages de l'étranger. Un système d'échanges est mis en place avec des pays tels que la France, les États-Unis et la Belgique. Il implante de nouvelles techniques de catalogage en vigueur dans les grandes bibliothèques américaines et européennes et prépare plusieurs catalogues des livres de la bibliothèque. Au printemps 1883, un incendie survient au Parlement de Québec et seulement 4 500 livres sont sauvés des flammes. Sous son influence, l'institution demeure ouverte au public. En 1892, il est mis à la retraite forcée avec l'arrivée d'un gouvernement conservateur. Il poursuit toutefois son œuvre littéraire et publie en 1904 un recueil de sonnets en 18 parties intitulé Gouttelettes.
Le May est membre fondateur de la Société royale du Canada. En 1888, il reçoit un doctorat honorifique en lettres de l'Université Laval et la rosette d'officier de l'Instruction publique de France en 1910. Le 16 septembre 1980, l'édifice de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale est nommé en son honneur.
Le May est l'auteur de plus d'une trentaine de poèmes. Il a notamment publié Essais poétiques (1865), Le pèlerin de Sainte-Anne (1877), et sa suite, Picounoc le maudit (1878), Fables canadiennes (1882), L'affaire Sougraine (1884), Fêtes et corvées (1898), Contes vrais (1899) et Les épis (1914). Il est également le traducteur d'œuvres littéraires canadiennes-anglaises marquantes, notamment Évangeline de Henry Wadsworth Longfellow (1870) et Le chien d'or (1884) de William Kirby.
Il est décédé à Deschaillons (Deschaillons-sur-Saint-Laurent) le 11 juin 1918. Il est inhumé dans le cimetière de cette localité.
Il avait épousé à Québec, en 1863, Marie-Honorine-Sélima Robitaille.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Pamphile Le May est un personnage marquant de l'histoire culturelle du Québec. Homme de lettres et avocat, il est le premier bibliothécaire de l'Assemblée législative de la province de Québec, un poste de prestige qu'il occupe de 1867 à 1892. Pendant ces 25 années, Le May reconstitue la collection documentaire de la bibliothèque à deux reprises, soit après le transfert de la bibliothèque de l'Assemblée législative de la province du Canada au nouveau Parlement fédéral en 1867, puis à la suite de l'incendie de l'hôtel du Parlement du 19 avril 1883. Au terme de son mandat, Le May aura doté la bibliothèque parlementaire de 33 804 ouvrages et il aura aussi veillé à ce qu'elle demeure ouverte au public. Parallèlement à ses occupations professionnelles, Le May est l'auteur d'une œuvre littéraire abondante et variée, comprenant des romans, des contes, des poèmes et des traductions de classiques de la littérature canadienne-anglaise et américaine. En 1980, l'Assemblée nationale nomme l'édifice qui abrite sa bibliothèque en l'honneur de ce premier bibliothécaire et du travail qu'il a accompli.
GALLICHAN, Gilles et Maurice PELLERIN. Pamphile Le May, bibliothécaire de la législature et écrivain. Bibliographie et documentation. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 1986. 141 p.
PELLERIN, Maurice. « Le May, Pamphile ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
PELLERIN, Maurice. Pamphile Le May, écrivain et bibliothécaire. Montréal, Ministère des affaires culturelles, Bibliothèque nationale du Québec, 1987. 147 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Moyne, Charles
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 30 janvier 1685

Né vers 1626 à Dieppe, en France, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay est le fils de Pierre Le Moyne, aubergiste, et de Judith Du Chesne.
À l'âge de 15 ans, Charles Le Moyne arrive en Nouvelle-France et œuvre auprès des Jésuites, en Huronie. Il y travaille pendant quatre années et développe une bonne connaissance des langues autochtones. En 1645, il sert à la garnison de Trois-Rivières en tant qu'interprète, commis et soldat. L'année suivante, il s'établit à Ville-Marie. Il participe à plusieurs escarmouches contre les Iroquois, mais agit aussi comme interprète pour les autorités coloniales.
En 1651, Le Moyne est nommé garde-magasin du fort de Ville-Marie. Il s'initie alors au commerce. Il participe aussi en 1653 à la négociation d'une paix avec les Iroquois qui durera cinq ans. Il reçoit en 1654 de la part du gouverneur de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve, une parcelle de terre sur la rue Saint-Paul, où il établit sa résidence, ainsi qu'une concession de 90 arpents, qu'il nomme Pointe-Saint-Charles. En 1657, Jean de Lauson lui concède un arrière-fief de 5 000 arpents dans la seigneurie de La Citière, territoire à l'origine de ce qui deviendra plus tard Longueuil. D'autres terres lui sont ensuite octroyées, dont l'île Sainte-Hélène, l'île Ronde ainsi qu'un établissement au Sault Saint-Louis.
Dans la décennie de 1650, les activités marchandes de Le Moyne s'intensifient. Associé de Médard Chouart des Groseilliers et de son beau-frère, Jacques Le Ber, Le Moyne devient l'un des principaux commerçants de fourrures de Montréal. Le rayon d'action de ses activités commerciales englobe la baie d'Hudson et les Grands Lacs. Le Moyne retirera une fortune de ces activités.
En 1663, Le Moyne reçoit l'office de procureur du roi à la sénéchaussée de Montréal. Dans les années suivantes, il participe à plusieurs expéditions militaires avec le régiment de Carignan-Salières. Il devient de plus un diplomate important des gouverneurs de la Nouvelle-France. À l'été 1665, il est fait prisonnier par les Iroquois et c'est le chef des Onontagués qui procède à sa libération. Pour services rendus, Le Moyne reçoit en 1668 ses lettres de noblesse. En tant qu'interprète, il accompagne ensuite Louis de Buade de Frontenac au lac Ontario afin d'établir le fort Cataracoui (Kingston).
En 1672, le gouverneur Frontenac et l'intendant Jean Talon confirment à Le Moyne la possession des titres de la seigneurie de Longueuil. L'année suivante, Frontenac lui accorde également la seigneurie de Châteauguay, ainsi que l'île Bernard (île de Châteauguay). En 1676, les possessions foncières de Le Moyne sont regroupées grâce à l'intendant Jacques Duchesneau de la Doussinière et d'Ambault qui prolonge la seigneurie de Longueuil.
En 1682, Le Moyne obtient de la part du gouverneur Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre la concession de la traite et des transports au fort Cataracoui, conjointement avec Jacques Le Ber. Il devient également actionnaire de la Compagnie du Nord. En 1684, il acquiert le fief de L'Île-Perrot et prend une part active aux négociations avec les Iroquois qui se concluent par la paix de l'anse de La Famine. Avant son décès, il est recommandé par le gouverneur de La Barre pour être le prochain gouverneur de Montréal.
Il est décédé à Montréal le 30 janvier 1685. Il est inhumé dans la crypte de l'église Notre-Dame de Montréal.
Il avait épousé à Montréal, le 28 mai 1654, Catherine Thierry dit Primot, fille de Guillaume Thierry et d'Elizabeth Messier. Plusieurs de leurs deux filles et douze fils se sont illustrés dans le développement de la Nouvelle-France.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Soldat, interprète, marchand prospère et seigneur, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay est un personnage illustre de la Nouvelle-France. Arrivé à Ville-Marie en 1646, il se signale d'abord dans la défense de l'établissement, puis dans le commerce des fourrures. Grâce à son activité qui s'étend jusqu'à la baie d'Hudson et aux Grands Lacs, il amasse une fortune considérable et devient l'un des principaux marchands de Montréal. Il acquiert également des terres sur la rive sud de Montréal qu'il met en valeur, soit les seigneuries de Longueuil en 1657, de Châteauguay en 1673 et de l'Île-Perrot en 1684. Parallèlement à ces occupations, il participe à quelques campagnes militaires et agit, en raison de sa connaissance des langues autochtones, comme interprète pour les autorités coloniales. Il participe notamment à la négociation de deux paix avec les Iroquois, conclues respectivement en 1653 et en 1684. Pour services rendus, Le Moyne reçoit en 1668 ses lettres de noblesse. Ensemble, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay et son épouse, Catherine Thierry dit Primot, sont considérés comme des pionniers de Montréal et les fondateurs de Longueuil. Leurs 2 filles et 12 fils, parmi lesquels figurent le baron Charles Le Moyne de Longueuil et l'explorateur Pierre Le Moyne d'Iberville et d'Ardillières, se sont illustrés à leur tour dans l'administration et la défense de la colonie. »
LEFEBVRE, Jean-Jacques. « Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Société d'histoire de Longueuil. Marchands et notables de Longueuil, 1850-1915. Longueuil, 1979. 39 p.
TRUDEL, Marcel. « Les débuts d'une société: Montréal, 1642-1663. Étude de certains comportements sociaux ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 23, no 2 (1969), p. 185-208.
Vieux-Montréal. Maisonnée Le Moyne - Thierry (en 1681) [En Ligne]. http://vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_pers.php?id=112
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Vasseur, Irma
Né(e) le 20 janvier 1877Décédé(e) le 18 janvier 1964

Née à Québec le 20 janvier 1877, Irma Le Vasseur est la fille de Nazaire Le Vasseur, journaliste, musicien et écrivain, et de Phédora Venner, cantatrice.
Après avoir étudié au couvent de Jésus-Marie à Sillery et à l'École normale Laval, elle s'inscrit à l'École de médecine de l'Université Saint-Paul au Minnesota, dont elle est diplômée en juin 1900. Ses études complétées, Irma Le Vasseur pratique la médecine quelque temps aux États-Unis. De retour au pays, elle s'adresse à l'Assemblée législative pour obtenir le droit de pratiquer dans la province de Québec. C'est chose faite en 1903: grâce à un projet de loi privé, Irma Le Vasseur obtient son admission au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec. Elle devient alors la première Canadienne française à exercer la médecine au Canada.
Irma Le Vasseur est une pionnière de la pédiatrie québécoise, à une époque où cette spécialisation n'était pas reconnue. Après avoir obtenu son droit de pratique, elle se rend à Paris pour travailler auprès d'une pédiatre réputée. À son retour au pays en 1906, elle œuvre auprès des enfants de mères célibataires à la Crèche de la miséricorde de Montréal, puis au service d'inspection médicale des écoliers instauré par le Bureau de santé de Montréal. Engagée dans la lutte contre la mortalité infantile, Irma Le Vasseur est à l'origine de la fondation, en 1907, de l'Hôpital Sainte-Justine, aux côtés de Justine Lacoste-Beaubien et d'autres médecins montréalais. Il s'agit du premier hôpital pédiatrique canadien-français du Québec. En 1908, elle quitte la direction de l'hôpital et retourne aux États-Unis, où elle travaille comme inspectrice médicale des écoliers pour le Bureau de santé de New York. En 1915, elle se rend en Serbie pour soigner les victimes d'une épidémie de typhus. Elle est la seule femme parmi les médecins canadiens de la mission. En 1918, elle œuvre dans un hôpital militaire en France, puis elle retourne à New York où elle travaille pour la Croix-Rouge.
En 1922, Irma Le Vasseur revient à Québec et fait l'acquisition d'une résidence sur Grande Allée, où elle fonde en 1923 avec deux collègues le premier hôpital pédiatrique de Québec, l'Hôpital de l'Enfant-Jésus. L'établissement déménage la même année et la propriété d'Irma Le Vasseur loge une nouvelle clinique pour enfants handicapés: l'Hôpital des enfants malades. En 1927, Irma Le Vasseur fonde et dirige une école pour enfants handicapés et mères célibataires. Le militantisme d'Irma Le Vasseur pour la cause des enfants handicapés est également à l'origine de la fondation de l'école Cardinal Villeneuve en 1935. Sa carrière médicale s'achève durant la Deuxième Guerre mondiale au Manège militaire de Québec, où elle examine les femmes qui souhaitent intégrer l'armée canadienne.
En 1950, les réalisations d'Irma Le Vasseur sont soulignées par le Cercle des femmes universitaires du Québec à l'occasion de son jubilé d'or. Toutefois, sa contribution à la médecine pédiatrique est peu reconnue à son époque. À la fin des années 1950, elle est internée durant deux ans à l'Hôpital Saint-Michel-Archange.
Elle est décédée à Québec le 18 janvier 1964.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Irma Le Vasseur est une pionnière de l'accession des femmes à la pratique de la médecine. En 1900, elle est diplômée de l'École de médecine de l'Université Saint-Paul au Minnesota. Pour qu'elle soit admise au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, l'Assemblée législative adopte un projet de loi privé en 1903. Irma Le Vasseur devient alors la première Québécoise francophone à exercer la médecine au Canada. Spécialisée en pédiatrie et engagée dans la lutte contre la mortalité infantile, elle est à l'origine de la fondation, en 1907, de l'Hôpital Sainte-Justine à Montréal, aux côtés de Justine Lacoste-Beaubien. En 1923, elle fonde l'Hôpital de l'Enfant-Jésus à Québec. Irma Le Vasseur a ainsi contribué à la création [de deux des] premiers hôpitaux pédiatriques du Québec.
BAILLARGEON, Denyse. « Irma Le Vasseur ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/irma-le-vasseur
Conseil du statut de la femme et YWCA. Hommage aux femmes sur la ligne du temps à Québec: 400 ans, 400 femmes. [En Ligne]. https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/hommage-aux-femmes-sur-la-ligne-du-temps-a-quebec-400-ans-400-femmes.pdf
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Leclerc, Félix
Né(e) le 2 août 1914Décédé(e) le 8 août 1988

Né le 2 août 1914 à La Tuque, Félix Leclerc est le fils de Léo Leclerc, commerçant, et de Fabiola Parrot.
Leclerc entreprend des études à Ottawa, d'abord au juniorat des Oblats de Marie-Immaculée, puis à l'Université d'Ottawa. En 1933, pendant la crise économique, il quitte l'école et retourne travailler sur la terre de ses parents, près de Trois-Rivières.
Leclerc exerce ensuite divers métiers, puis s'installe à Québec et devient annonceur et scripteur à la station radiophonique CHRC, pendant trois ans. Après un bref passage à Trois-Rivières, il entre à l'emploi de Radio-Canada à Montréal en 1939. Il écrit et collabore à plusieurs séries radiophoniques, dont Le restaurant d'en face, au cours de laquelle il interprète sa première chanson, intitulée Notre sentier. Intéressé par le théâtre, il joue dans quelques radio-romans diffusés à Radio-Canada, en plus de faire partie de la compagnie du père Émile Legault, Les compagnons de Saint-Laurent. En 1948, l'artiste fonde, avec Guy Mauffette et Yves Vien, la troupe de théâtre V-L-M, qui met en scène deux de ses pièces, Le p'tit bonheur et La p'tite misère.
C'est toutefois comme chansonnier que Félix Leclerc marquera le Québec. Initié à la musique dès son enfance, il écrit, compose et interprète très tôt ses propres chansons, qu'il intègre dans ses émissions radiophoniques et au théâtre. En 1950, l'impresario parisien Jacques Canetti, directeur artistique des disques Philips, le découvre lors d'une audition à Montréal. Charmé par son talent, Canetti lui fait enregistrer ses premières chansons et organise une série de spectacles à Paris, qui est suivie d'une tournée en France. Devenu une vedette en Europe, le chansonnier revient au Québec en 1953; par la suite, sa carrière musicale demeure partagée entre le Québec et l'Europe francophone, où il continue de donner des spectacles. Il se produira dans les boîtes à chansons, sur les plateaux de télévision et lors de grands rassemblements comme celui de la Superfrancofête, en 1974.
Nourrie d'influences classiques et folkloriques, l'œuvre musicale de Leclerc compte près de 150 chansons originales, dont Le p'tit bonheur, Moi mes souliers, Le train du Nord et Le tour de l'île. Sa chanson L'alouette en colère, inspirée par la crise d'Octobre de 1970, marque une radicalisation de l'engagement du chanteur en faveur de l'indépendance du Québec. La même année, il s'installe sur une terre de l'île d'Orléans acquise deux ans plus tôt, puis fait ses adieux à la scène en 1979.
En plus de sa carrière de chansonnier, Leclerc s'adonne à la littérature. Son premier recueil de contes, Adagio (1943), est suivi de plusieurs pièces de théâtre, de recueils de maximes et de poèmes. Il est également l'auteur des romans Pieds nus dans l'aube (1947), Le fou de l'île (1958) et Carcajou ou Le diable des bois (1973).
Leclerc obtient le prix Denise-Pelletier en 1977, en reconnaissance de l'ensemble de son œuvre dans le domaine des arts de la scène.
Il est décédé à l'île d'Orléans le 8 août 1988.
Il avait épousé, en 1942, Andrée Vien; puis en 1969, Gaëtane Morin.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Félix Leclerc, reconnu comme le père de la chanson québécoise, est l'une des plus importantes personnalités culturelles de l'histoire du Québec. Son œuvre compte près de 150 chansons originales, parmi lesquelles figurent Le p'tit bonheur, Moi, mes souliers, Le train du Nord, Le tour de l'île, Bozo et L'alouette en colère, de même que des romans, des pièces de théâtre, des recueils de maximes et des poèmes. Son succès populaire au Québec et dans les pays francophones d'Europe a influencé considérablement la chanson québécoise et a concouru à faire reconnaître sa valeur. L'homme et son œuvre ont contribué à façonner l'identité collective des Québécoises et des Québécois.
BROUILLARD, Marcel. Félix Leclerc: l'histoire d'une vie. Montréal, Éditions des Intouchables, 2005. 191 p.
BROUILLARD, Marcel. Félix Leclerc: l'homme derrière la légende. Montréal, Québec/Amérique, 1994. 342 p.
JUTRA, Claude. Félix Leclerc, troubadour. [enregistrement vidéo, 27 min 5 sec]. Vaudreuil, Office national du film, 1958. s.p.
MÉNARD, Denise, Christian RIOUX et Bruno ROY. « Leclerc, Félix ». Institut Historica-Dominion. Encyclopédie de la musique au Canada [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
PELLAND, Ginette. Félix Leclerc, écrivain du pays: regard actuel sur l'oeuvre. Montréal, M. Brûlé, 2008. 366 p.
PLOUFFE, Hélène. « Leclerc, Félix ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Fondation Félix-Leclerc [En Ligne]. http://www.felixleclerc.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Mance, Jeanne
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 18 juin 1673

Née en 1606 à Langres, dans la région de Champagne en France, Jeanne Mance est la fille de Charles Mance, procureur au bailliage, et de Catherine Émonnot.
Jeanne Mance entreprend ses études chez les Ursulines, dans sa ville natale. À la mort de sa mère, vers la fin des années 1620, elle prend en charge l'éducation de ses jeunes frères et sœurs. Elle participe également à différentes œuvres de charité et prend soin des malades et des blessés de guerre, lors de la guerre de Trente Ans.
En 1640, Jeanne Mance a un entretien avec son cousin Nicolas Dolebeau, chapelain de la Sainte-Chapelle, à Paris, qui lui parle de la Nouvelle-France et des religieuses missionnaires qui s'y rendent. Elle désire partir pour la colonie française afin de travailler à la conversion des Autochtones à la foi catholique. Elle se rend d'abord à Paris où elle rencontre le père jésuite Charles Lalemant, procureur des missions du Canada, et Angélique Faure de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France, qui la convainc de fonder un nouvel hôpital en Nouvelle-France et lui prête l'argent nécessaire.
En 1641, Jeanne Mance arrive à La Rochelle et fait la rencontre de Jérôme Le Royer de La Dauversière, l'un des fondateurs de la Société de Notre-Dame de Montréal. Celui-ci l'invite à se joindre à l'association qui a comme objectif l'établissement d'une colonie missionnaire à Ville-Marie. La même année, Jeanne Mance s'embarque pour la Nouvelle-France. Elle passe l'hiver dans la région de Québec en compagnie, notamment, de Paul de Chomedey de Maisonneuve, chef du projet et futur gouverneur de l'île de Montréal.
Le 17 mai 1642, Maisonneuve, Jeanne Mance et leur groupe prennent possession de l'île de Montréal en s'installant à l'endroit qui sera connu sous le nom de Pointe-à-Callière. C'est la fondation de Ville-Marie. Elle conseille le gouverneur en plus d'œuvrer à la fondation de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Elle crée d'abord une petite infirmerie à l'intérieur du fort, avant de faire ériger un premier hôpital en 1644 et 1645, qui est agrandi entre 1654 et 1659. En plus des malades, elle soigne les blessés des affrontements avec les Iroquois. Jeanne Mance est ainsi considérée comme la première infirmière laïque au Canada.
En 1649, Jeanne Mance se rend dans la métropole pour promouvoir les intérêts de Montréal. Elle rencontre les membres de la Société de Notre-Dame de Montréal, de même que Mme de Bullion, qui l'assure de son soutien financier. En 1653, elle accueille sœur Marguerite Bourgeoys à Montréal et aide à la fondation d'une école.
Pour l'aider dans son œuvre, Jeanne Mance retourne en France, en 1658, chercher trois hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche désignées par le fondateur de la communauté, Jérôme Le Royer de La Dauversière. Les religieuses arrivent à Montréal l'année suivante.
En 1662, Jeanne Mance est de retour en France afin de veiller à la désignation des Sulpiciens comme seigneurs de l'île de Montréal, à la suite de la dissolution de la Société de Notre-Dame. De retour à Ville-Marie en 1663, elle continue de se consacrer au soin des malades et des blessés jusqu'à sa mort.
Elle est décédée à Montréal le 18 juin 1673.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Paul de Chomedey de Maisonneuve, pour les motifs suivants:
Jeanne Mance est une figure emblématique de la fondation de Ville-Marie, qui est devenue Montréal. Elle s'est jointe à la Société Notre-Dame de Montréal, dont le mandat était d'établir une colonie missionnaire en Nouvelle-France. Le 17 mai 1642, elle figure parmi un groupe de colons qui prennent possession de l'île de Montréal. Elle y fait construire un premier hôpital où elle soigne malades et blessés. Considérée comme la première infirmière laïque du Canada, elle veille également à l'accompagnement des communautés religieuses qui s'établissent à Montréal.
Bibliothèque et Archives Canada. « Femmes à l'honneur. Les femmes en sciences au Canada : Jeanne Mance ». Bibliothèque et Archives Canada. Archives de poésie canadienne [En ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/002026-410-f.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
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JAENEN, Cornelius J. « Mance, Jeanne ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Boréal, 1992. 165 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Marchand, Joséphine
Né(e) le 5 décembre 1861Décédé(e) le 2 mars 1925

Joséphine Marchand naît le 5 décembre 1861 à Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle est la fille d'Hersélie Turgeon et de Félix-Gabriel Marchand, premier ministre du Québec de 1897 à 1900.
Joséphine fait ses études dans sa ville natale chez les Dames de la Congrégation de Notre-Dame. Issue d'un milieu privilégié, cette élève talentueuse affectionne particulièrement la littérature. À la fin des années 1870, elle publie ses premiers textes dans le journal Le Franco-Canadien, dirigé par son père. Elle écrit ensuite pour divers journaux, dont L'Opinion publique et Le Canadien. Rares sont alors les femmes littéraires au Canada français. Sous le pseudonyme de Josette, elle publie Contes de Noël en 1889, des saynètes pour enfants en 1890 et en 1896, une comédie intitulée Rancune, présentée initialement à l'Académie de musique de Québec.
En janvier 1893, Joséphine Marchand devient la première rédactrice en chef canadienne-française en lançant à Montréal le magazine mensuel Le coin du feu, la première revue de langue française visant un public féminin au Québec et au Canada. L'objectif de cette publication est d'œuvrer à l'éducation et à l'émancipation intellectuelle des femmes, préoccupations au cœur du féminisme de Joséphine Marchand. Elle y signe une grande partie des textes, dont une chronique régulière et des articles où elle aborde ses sujets de prédilection comme la littérature, les rapports familiaux et la politique. La revue compte également plusieurs collaboratrices, dont Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Robertine Barry. Invoquant le manque de temps pour se consacrer pleinement au journalisme, Joséphine Marchand met fin à la publication du magazine en décembre 1896, ce qui ne l'empêche pas d'écrire dans plusieurs journaux par la suite, dont le Monde illustré et la Revue moderne. En 1898, elle fonde l'Œuvre des livres gratuits, une organisation philanthropique favorisant l'accès à la lecture dans les milieux défavorisés et les régions éloignées.
Après l'aventure d'Au coin du feu, Joséphine Marchand-Dandurand s'engage plus activement pour la cause des femmes aux côtés des réformistes qui militent notamment pour le droit de vote, l'accès à l'éducation supérieure et aux professions libérales et l'amélioration des droits des femmes mariées. Elle contribue à la fondation d'institutions et d'associations, dont le premier collège classique pour filles en 1908 et la section féminine de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal en 1902. Sa position sociale et sa notoriété l'amènent à s'impliquer sur la scène canadienne et internationale. Désignée par Wilfrid Laurier commissaire du gouvernement canadien pour le Congrès international des femmes lors de l'Exposition universelle de Paris en 1900, elle y représente aussi le National Council of Women of Canada, fédération d'associations féminines dont elle est la vice-présidente de la branche montréalaise. Elle sera également vice-présidente provinciale du National Council of Women en 1912 et en 1913 et de 1917 à 1919.
Habituée de côtoyer des acteurs en vue des milieux politiques et culturels de son époque, Joséphine Marchand joue un rôle clé dans l'avancement de la carrière de son mari Raoul Dandurand en usant de son influence auprès de personnages comme Wilfrid Laurier, avec qui elle a tissé des liens d'amitié. Nommé sénateur en 1898 à l'âge de 36 ans seulement, Raoul Dandurand devient président du Sénat en 1905. Le soutien de son épouse est également déterminant pour sa nomination comme président de l'Assemblée générale de la Société des Nations en 1925.
En 1898, la France reconnait l'engagement de Joséphine Marchand pour la défense de la culture française en lui décernant le titre d' « officier d'académie », un honneur dévolu pour la première fois à une Canadienne.
Joséphine Marchand-Dandurand décède le 2 mars 1925 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Elle avait épousé l'avocat et politicien Raoul Dandurand, le 12 janvier 1886.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Joséphine Marchand est la fondatrice de la première revue féminine de langue française au Canada et la première éditrice d'une revue féminine au Québec. Engagée par ses écrits dans la défense de la langue française et l'émancipation intellectuelle des femmes, elle s'implique également pour la cause des femmes au sein d'associations, tant sur la scène québécoise que canadienne. Elle est aussi la fondatrice de l'Œuvre des livres gratuits, une organisation philanthropique qui a contribué à l'émergence de la lecture publique au Québec. À une époque où rares sont les femmes qui prennent la plume, ses publications nombreuses et variées et sa carrière de journaliste et de chroniqueuse en font une pionnière de l'édition et de la vie littéraire féminine au Québec."
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
GOSSELIN, Line. « Marchand, Joséphine (Dandurand) ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/marchand_josephine_15F.html
HAMEL, Réginald, John HARE et Paul WYCZYNSKI. Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord. Montréal, Fides, 1989. 1364 p.
MONTREUIL, Sophie. « L’Oeuvre des livres gratuits dans l’histoire de la lecture publique au Québec (1898-1908) ». Documentation et bibliothèques. Vol. 49, no 3 (2003), p. 129-135.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Monk, Elizabeth
Né(e) le 4 août 1898Décédé(e) le 26 décembre 1980

Née à Montréal le 4 août 1898, Elizabeth Carmichael Monk est la fille d'Alfred Monk, avocat, et de Mary Elizabeth Monk.
Après avoir obtenu en 1919 un baccalauréat ès arts à l'Université McGill, elle complète une maîtrise du Radcliffe College (Massachusetts, États-Unis) et du Somerville College d'Oxford (Grande-Bretagne). Elle poursuit ensuite des études en droit civil à l'Université McGill, où elle obtient son baccalauréat en 1923 et reçoit la médaille Elizabeth Torrance pour l'excellence de ses résultats académiques. Elle est la première femme à recevoir cette distinction.
Après avoir travaillé comme recherchiste pour un cabinet d'avocats, en 1934 elle se rend en Nouvelle-Écosse pour passer l'examen du barreau de cette province, puisqu'elle ne peut pas être admise au Barreau du Québec. Il faut en effet attendre la décennie suivante pour que les femmes accèdent au Barreau du Québec et qu'elles puissent ainsi obtenir le titre d'avocate, faisant du Québec la dernière province canadienne à admettre les femmes au Barreau.
À son retour à Montréal, Elizabeth Monk travaille pour une firme d'avocats, bien qu'elle n'en ait pas le titre. Durant les décennies 1930 et 1940, elle s'implique dans diverses associations féminines, notamment en tant que présidente du Club des Femmes Universitaires de Montréal. À titre de conseillère en droit, elle s'implique également dans la Ligue des droits de la femme, au nom de laquelle elle présente un mémoire à la commission royale d'enquête sur les relations entre le Dominion et les provinces, connue sous le nom de Commission Rowell-Sirois (1937-1938). Ce mémoire est l'occasion pour Elizabeth Monk de dénoncer l'exclusion des femmes de la politique provinciale, et ce, en dépit du fait qu'elles sont assujetties aux mêmes devoirs civiques que les hommes, dont le paiement des impôts. Il démontre également que le fait que les femmes du Québec n'ont pas le droit de vote les rend inéligibles à des postes fédéraux, notamment au Sénat.
En 1940, Elizabeth Monk devient l'une des premières femmes à siéger au conseil municipal de Montréal. Un amendement à l'Acte des Cités et des Villes sera apporté l'année suivante afin d'accorder le droit d'éligibilité et d'étendre le suffrage à toutes les femmes au niveau municipal. En janvier 1942, Elizabeth Monk devient l'une des deux premières femmes admises au Barreau du Québec, aux côtés de Suzanne Raymond Filion. Près d'une vingtaine d'années se seront ainsi écoulées entre la diplomation d'Elizabeth Monk et son admission à cet ordre professionnel.
En 1955, Elizabeth Monk est la première avocate du Québec à obtenir le titre de conseil en loi de la reine (c.r.). Elle reçoit en 1975 un doctorat honoris causa en droit de l'Université McGill. En 1980, elle est lauréate du prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». Se consacrant surtout au droit immobilier et commercial, elle pratique le droit jusqu'à un âge avancé.
Elle est décédée à Montréal le 26 décembre 1980.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Elizabeth Carmichael Monk est une pionnière de l'accession des femmes québécoises à la profession juridique. Elle obtient son baccalauréat en droit civil de l'Université McGill en 1923 et devient membre du Barreau de la Nouvelle-Écosse en 1934, puisqu'elle ne peut pas être admise au Barreau du Québec. À son retour à Montréal, Elizabeth Monk travaille pour une firme d'avocats et s'implique dans le Club des Femmes Universitaires de Montréal, dont elle est présidente, et dans la Ligue des droits de la femme. En 1940, Elizabeth Monk devient l'une des premières femmes à siéger au conseil municipal de Montréal. En janvier 1942, elle devient l'une des deux premières femmes admises au Barreau du Québec, aux côtés de Suzanne Raymond Filion. Près d'une vingtaine d'années se seront ainsi écoulées entre la diplomation d'Elizabeth Monk et son admission à cet ordre professionnel. En 1955, elle est la première avocate du Québec à obtenir le titre de conseil en loi de la reine. Elle pratique le droit immobilier et commercial jusqu'à un âge avancé.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
GALLICHAN, Gilles. Les Québécoises et le barreau. L’histoire d’une difficile conquête 1914-1941. Sillery, Septentrion, 1999. 249 p.
MAILHOT, Louise. Les premières ! L’histoire de l’accès des femmes à la pratique du droit et à la magistrature. Cowansville, Éditions Yvon Blais, 2014. 234 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Montferrand, Jos
Né(e) le 25 octobre 1802Décédé(e) le 4 octobre 1864

Né en 1802 dans le faubourg Saint-Laurent à Montréal, Joseph (appelé Jos ou Joe) Montferrand est le fils de François-Joseph Favre, dit Montferrand, voyageur, et de Marie-Louise Couvret.
Montferrand hérite de ses ancêtres paternels, dont son grand-père soldat, une taille imposante et une force hors du commun. Dans le faubourg Saint-Laurent où circulent voyageurs (coureurs des bois), matelots et gens de toutes sortes, les bagarres sont fréquentes. Le quartier, qui compte plusieurs tavernes et salles de boxes, est un lieu où la force physique est hautement valorisée. Jos Montferrand acquiert dès son jeune âge une réputation de « boulé », de l'anglais bully, statut alors prestigieux. En 1818, il s'attire l'admiration du voisinage en rossant trois brigands qui terrorisent le quartier; il a alors 16 ans et mesure déjà plus de six pieds quatre pouces (environ deux mètres).
Le premier métier qu'il exerce est celui de charretier, dans le port de Montréal ainsi qu'à Kingston, au Haut-Canada. En 1823, il est engagé par la Compagnie de la Baie d'Hudson pour protéger les chantiers autour de Bytown (Ottawa) contre les malfaiteurs. Quatre ans plus tard, il entre au service d'un marchand de bois qui exploite le secteur de la rivière du Nord. À partir de ce moment, Jos Montferrand adopte une vie nomade en participant à l'aventure de l'exploitation forestière des Laurentides et de l'Outaouais, territoires alors peu connus. Homme de confiance des grands barons du bois, il est tour à tour défricheur, bûcheron, draveur et contremaître.
Durant ces années mouvementées, Montferrand se démarque par une série de hauts faits: défis relevés, combats dont il sort vainqueur, jeux d'adresse, etc. Au fil du temps, ces actions sont grossies par la tradition orale jusqu'à faire de Jos Montferrand une figure presque mythique. Les récits de ses exploits se racontent dans les chantiers de bûcherons, dans les tavernes, dans les chaumières. Les nombreux Canadiens français qui migrent vers l'est des États-Unis à la fin du XIXe siècle apportent avec eux ces histoires, répandant ainsi sa légende en Amérique du Nord. Par exemple, on dit de Jos Montferrand qu'il tient une charrue à bout de bras et d'une seule main, et que sa souplesse exceptionnelle lui permet d'imprimer la trace de son talon sur les poutres du plafond au moyen d'une culbute impressionnante. L'exploit le plus raconté de Jos Montferrand se déroule en 1829 sur le pont Union, qui relie Hull à Bytown. À l'époque, les immigrants Irlandais se disputent avec les Canadiens français la mainmise des emplois dans le domaine forestier, et les bagarres entre les deux groupes ethniques sont fréquentes. Seul, Montferrand se bat contre 150 Irlandais qui lui tendent une embuscade sur le pont, et triomphe.
En 1832, il dirige une équipe de forestiers engagés par le marchand de bois Baxter Bowman et chargés d'ouvrir deux fermes forestières sur les rives de la rivière du Lièvre. Il s'agit de la ferme Rouge et de la ferme Wabassee. Pendant cinq ans, Montferrand et ses hommes défrichent les terres et y construisent des bâtiments. À partir de 1840, c'est plutôt sur les rives de la rivière des Outaouais qu'on le retrouve, où il dirige des « cageux » (draveurs, raftsmen) qui descendent le bois jusqu'à Québec. En 1857, Montferrand se retire à Montréal, où il possède une propriété sur la rue Sanguinet.
Il est décédé à Montréal le 4 octobre 1864.
Il avait épousé à Montréal, en 1864, Esther Bertrand. Ceux-ci auront un fils, nommé Joseph-Louis, qui hérite de la grande taille de son père.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Reconnu pour ses prouesses physiques et les légendes qui l'entourent, Jos Montferrand est une figure emblématique du travail dans l'industrie du bois au Québec. Jos Montferrand s'engage comme bûcheron et draveur à partir de 1823. Chaque automne, il quitte Montréal pour conduire une équipe dans la vallée de l'Outaouais, où l'on s'adonne à la coupe du bois durant l'hiver, et à la drave jusqu'à Québec au printemps. En 1840, il devient contremaître de chantier et guide de cages. Au fil de ses déplacements, il réalise des actions d'éclat qui marquent ses contemporains. De son vivant, les récits oraux font de lui un héros populaire à qui l'on attribue plusieurs exploits. Ses démonstrations de force réalisées fréquemment dans un contexte de compétition entre travailleurs francophones et anglophones fascinent la population. Reprise par la littérature, le théâtre et la chanson, sa légende se transmet au XIXe puis au XXe siècle en se teintant des valeurs et des aspirations de ses énonciateurs, tels que Wilfrid Laurier, Benjamin Sulte, La Bolduc et Gilles Vigneault. Les exploits de Jos Montferrand nourrissent l'imaginaire collectif québécois et son parcours professionnel évoque de façon remarquable le travail dans l'industrie du bois au XIXe siècle. »
GOYER, Gérard et Jean HAMELIN. MONTFERRAND, dit Favre, JOSEPH [En Ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/montferrand_joseph_9F.html
PRÉVOST, Michel. Jos Montferrand, figure légendaire de l'Outaouais [En Ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-670/Jos_Montferrand,_figure_l%C3%A9gendaire_de_l%E2%80%99Outaouais.html#.V6nn7jWf7BU
PRÉVOST, Michel. « Joseph (Jos) Montferrand, roi des forêts de l'Outaouais ou pilier de tavernes? ». Cap-aux-Diamants. No 69 (2002), p. 13-17.
SAUVÉ, Mathieu-Robert. Jos Montferrand : le géant des rivières. Montréal, XYZ, 2007. 188 p.
SULTE, Benjamin. Histoire de Jos Montferrand, l'athlète canadien. Montréal, C.O Beauchemin, 1899. 126 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Nantel, Antonia
Né(e) le 14 avril 1886Décédé(e) le 6 décembre 1955

Née le 14 avril 1886 à Saint-Jérôme, Antonia Nantel est la fille de Guillaume-Alphonse Nantel, journaliste et homme politique, et d'Emma Tassé.
Faisant preuve de grandes aptitudes pour le piano et d'un intérêt pour la musique classique dès l'enfance, Antonia Nantel étudie le piano au Conservatoire national de Montréal, puis le chant et les arts dramatiques à Paris et à Londres, dans l'intention de mener une carrière lyrique.
De retour au Québec, elle entreprend, après son mariage avec Athanase David, une vie de mécène et d'organisatrice. Elle participe notamment à la fondation de l'hôpital Sainte-Justine, de l'Assistance maternelle et de la clinique BCG de Montréal. C'est cependant pour son engagement pour le développement de la vie musicale à Montréal qu'Antonia Nantel est reconnue.
Elle s'investit d'abord dans la fondation et les activités du premier orchestre symphonique professionnel du Québec, le Montreal Orchestra, fondé en 1930, en intégrant son conseil exécutif. Elle quitte toutefois l'organisation en 1934, en désaccord avec sa politique d'engagement des solistes, qu'elle considère discriminatoire envers les francophones.
La même année, souhaitant doter le Québec d'un premier orchestre professionnel francophone, elle œuvre à créer la société des Concerts symphoniques de Montréal, en collaboration avec son mari et des membres en vue du milieu musical classique francophone, dont le chef d'orchestre montréalais Wilfrid Pelletier. Elle est désignée « membre fondateur à vie » de la société qui devient, en 1954, l'Orchestre symphonique de Montréal.
Cherchant à démocratiser l'accès à la musique classique pour les Canadiens français et pour les jeunes en particulier, elle fonde avec Wilfrid Pelletier en 1936 les Matinées symphoniques de Montréal et les Festivals de Montréal, dont elle devient présidente. Par son implication dans cette organisation vouée à la mise sur pied d'événements culturels, comme des concerts gratuits sur le mont Royal, Antonia Nantel contribue non seulement au développement et à la diffusion de la musique classique, mais aussi du théâtre et de la peinture.
Porteuse d'idées novatrices et rassembleuses dans le domaine des arts, Antonia Nantel rallie artistes et mécènes autour de ses projets. Elle parvient au cours de sa carrière à offrir une vitrine aux artistes francophones et à mettre sur pied des institutions musicales durables qui marquent la société québécoise de la première moitié du XXe siècle.
Antonia Nantel est décédée à Montréal, le 6 décembre 1955.
Elle avait épousé à Montréal, en 1908, Athanase David, avocat et homme politique, fils de Laurent-Olivier David, avocat, journaliste, homme politique et auteur, et d'Albina Chenet.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Grande mécène, Antonia Nantel a consacré une partie importante de sa vie à la promotion des arts et au développement de la culture musicale classique à Montréal et au Québec. Après avoir participé à la fondation de l'hôpital Sainte-Justine, de l'Assistance maternelle et de la clinique BCG de Montréal, elle s'investit dans les activités du Montreal Orchestra à compter de 1930. Souhaitant doter la ville de Montréal d'un ensemble symphonique professionnel composé de musiciens d'expression francophone, elle cofonde en 1934 avec son mari, le ministre Athanase David, et le chef d'orchestre Wilfrid Pelletier, la Société des concerts symphoniques de Montréal, devenue l'Orchestre symphonique de Montréal. En 1936, elle cofonde également les Matinées symphoniques afin d'initier les enfants à la musique classique. La même année, elle met sur pied l'organisme qui deviendra les Festivals de Montréal. Comme présidente de cette société de 1939 à 1952, elle organise plusieurs événements culturels, dont des concerts gratuits sur le mont Royal, et contribue à la découverte de nombreux talents. Par ses nombreuses initiatives, Antonia Nantel aura participé à faire de la métropole québécoise un centre culturel nord-américain d'envergure.
HUOT, Cécile. « Antonia David, (née Nantel) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/david-madame-athanase
Orchestre symphonique de Montréal. « Histoire de l'OSM ». Orchestre symphonique de Montréal. Orchestre Symphonique de Montréal [En ligne]. https://www.osm.ca/fr/histoire-osm/
VINCENT, Odette. La vie musicale du Québec: art lyrique, musique classique et contemporaine. Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 2000. 159 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Papineau, Louis-Joseph
Né(e) le 7 octobre 1786Décédé(e) le 23 septembre 1871

Né le 7 octobre 1786 à Montréal, Louis-Joseph Papineau est le fils de Joseph Papineau, arpenteur, notaire, seigneur et homme politique, et de Rosalie Cherrier.
Il fait ses études au collège Saint-Raphaël de Montréal ainsi qu'au Petit séminaire de Québec. Papineau fait l'apprentissage du droit chez son cousin Denis-Benjamin Viger. Il est admis au barreau en 1810 et exerce la profession d'avocat de façon intermittente. Pendant la guerre de 1812, il sert en qualité d'officier de milice. Il acquiert de son père la seigneurie de La Petite-Nation en 1817.
Louis-Joseph Papineau a une longue carrière politique. Il est tout d'abord élu en tant que député de la circonscription de Kent (Chambly) en 1808. Député à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada jusqu'en 1838, Papineau est élu orateur de la Chambre dès 1815 et occupe ce poste jusqu'en 1838, sauf pour un bref intervalle de 1823 à 1825. En 1815, il succède à Pierre-Stanislas Bédard à la tête du Parti canadien. Durant les débats entourant le contrôle des subsides, il fait preuve d'une fine connaissance des institutions parlementaires et croit fermement à l'application des principes de la démocratie parlementaire. Il dirige les débats autour de l'accès aux terres, du contrôle des dépenses du gouvernement, du salaire versé aux hauts fonctionnaires et de l'électivité du Conseil législatif. Il siège au Conseil exécutif de 1820 à 1823. À l'hiver 1823, il se rend à Londres avec John Neilson pour présenter un mémoire contre le projet d'union du Haut et du Bas-Canada. Il est de toutes les confrontations avec les gouverneurs nommés par Londres et l'aristocratie britannique en place.
Papineau est une des figures de proue des événements menant aux rébellions de 1837 et de 1838. Il fait partie du comité qui rédige les 92 Résolutions, adoptées par la Chambre d'assemblée en 1834, et dirige le Comité central et permanent du district de Montréal, qui est chargé de coordonner l'action des patriotes du Bas-Canada. À la suite de l'annonce des résolutions Russel qui suspendent notamment le vote des subsides par la Chambre, Papineau met en place une vaste campagne d'assemblées publiques où il prône le boycottage des produits importés afin d'exercer une pression économique sur le gouvernement. Il quitte Montréal le 16 novembre 1837, après que des mandats d'arrêt aient été lancés contre lui et les autres chefs du parti dans le contexte d'échauffourées survenues dans la ville. À la suite des batailles de Saint-Denis et de Saint-Charles (Saint-Charles-sur-Richelieu), il se réfugie à Saint-Hyacinthe puis aux États-Unis.
Le 8 février 1839, Papineau quitte New York pour Paris. Il obtient une amnistie complète en 1844 et revient d'exil l'année suivante. Il s'occupe alors de la mise en valeur de sa seigneurie et est de nouveau député à l'Assemblée législative de la province du Canada. Il siège comme député de Saint-Maurice de 1848 à 1851, puis comme représentant de Deux-Montagnes de 1852 à 1854. Il appuie d'abord le Groupe canadien-français, mais devient rapidement indépendant de tendance libérale. Il appuie ensuite les Rouges. Il dénonce la constitution imposée et évoque l'idée d'une annexion aux États-Unis, dont il promeut le modèle républicain. Papineau s'oppose par ailleurs fermement au projet d'abolition de la tenure seigneuriale. Il quitte la vie politique pour se consacrer à sa famille et à sa seigneurie.
Il a écrit une Histoire de l'insurrection du Canada (1839) et plusieurs adresses à ses électeurs.
Il est décédé à Montebello le 23 septembre 1871. Il est inhumé dans la chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau, sur son domaine de Montebello.
Il avait épousé à Québec, en 1818, Julie Bruneau, fille de Pierre Bruneau, marchand, et de Marie-Anne Robitaille.
Ce personnage a été désigné pour les motifs suivants:
« Louis-Joseph Papineau est l'un des hommes politiques les plus marquants de son époque et est considéré comme le premier véritable chef politique des Canadiens français, auxquels il consacre sa carrière. Tribun doté d'un fort charisme, il suscite l'admiration de ses contemporains, auprès desquels il promeut ses convictions démocratiques et républicaines. Il est député à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada de 1808 à 1838, orateur de la Chambre et chef du Parti canadien, devenu le Parti patriote, à compter de 1815. À la tête de cette formation politique qui a su rallier une partie de la population autour d'un programme de réformes constitutionnelles, Papineau est une figure de proue des événements menant aux rébellions de 1837 et de 1838. Il fait notamment partie du comité qui rédige les 92 Résolutions. Il participe ensuite à l'organisation du mouvement de protestation à la suite de leur rejet par le Parlement britannique et dirige le Comité central et permanent du district de Montréal, qui est chargé de coordonner l'action des patriotes dans le Bas-Canada. Sa tête étant mise à prix, il est forcé de s'exiler en 1837. À son retour, il se consacre à la mise en valeur de sa seigneurie et siège comme député à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1848 à 1851 et de 1852 à 1854. Toujours présent dans la mémoire collective, Papineau marque l'histoire du Québec et du Canada comme étant un fervent défenseur de son peuple, de ses institutions et de sa démocratie parlementaire. »
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
LAPORTE, Gilles. Brève histoire des patriotes. Québec, Septentrion, 2015. 361 p.
OUELLET, Fernand. « Papineau, Louis-Joseph ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PAULIN, Marguerite. Louis-Joseph Papineau : le grand tribun, le pacifiste. Grandes figures, 26. Montréal, XYZ éditeur, 2000. 205 p.
RUMILLY, Robert. Papineau et son temps. Vol. 2. Vies canadiennes. Montréal, Fides, 1977. s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Paradis, Élodie
Né(e) le 12 mai 1840Décédé(e) le 3 mai 1912

Née le 12 mai 1840 à L'Acadie (Saint-Jean-sur-Richelieu), Élodie Paradis, baptisée Alodie-Virginie Paradis, est la fille de Joseph Paradis et d'Émilie Grégoire.
À l'âge de neuf ans, Élodie Paradis entre au pensionnat des Sœurs de la congrégation de Notre-Dame à La Prairie, puis en 1854, elle se présente au noviciat des Sœurs de Sainte-Croix à Saint-Laurent (Montréal). En 1857, elle prononce ses vœux et reçoit le nom de sœur Marie-de-Sainte-Léonie, mais est communément appelée sœur Marie-Léonie.
Sœur Marie-Léonie enseigne dans trois écoles de la région de Montréal jusqu'en 1862, puis sa communauté l'envoie aux États-Unis. De 1862 à 1874, elle œuvre à New York, en Indiana et au Michigan. En 1874, elle est invitée par la Congrégation de Sainte-Croix à prendre en charge un groupe de sœurs qui assume les travaux domestiques au collège Saint-Joseph, au Nouveau-Brunswick. Elle devient ainsi auxiliaire et collaboratrice des Pères de Sainte-Croix de ce collège dont l'enseignement est destiné aux Acadiens.
Le 31 mai 1880, sœur Marie-Léonie fonde l'Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille au collège Saint-Joseph avec l'accord des Pères de Sainte-Croix. La nouvelle communauté est vouée au service domestique des collèges, des séminaires, des évêchés et des maisons de formation de prêtres. Sœur Marie-Léonie est dorénavant appelée mère Marie-Léonie et devient la supérieure de l'Institut.
En 1895, mère Marie-Léonie déménage la maison mère de sa communauté à Sherbrooke. Mgr John Sweeny, l'évêque de Saint-Jean, refusant d'accorder l'approbation canonique à la communauté, mère Marie-Léonie se tourne vers l'évêque de Sherbrooke, Mgr Paul Larocque, qui cherche du personnel pour son séminaire. En 1896, la communauté reçoit l'approbation canonique et prend rapidement de l'expansion dès ce moment. Mère Marie-Léonie envoie des sœurs pour assurer les services domestiques dans 42 maisons au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis. En 1912, plus de 600 religieuses sont des Petites Sœurs de la Sainte-Famille. Mère Marie-Léonie se fait aussi connaître par la population de Sherbrooke et de la région environnante pour ses nombreuses actions de charité.
Elle est décédée à Sherbrooke le 3 mai 1912.
En 1984, lors de sa visite au Canada, le pape Jean-Paul II béatifie celle qui devient bienheureuse mère Marie-Léonie. Il s'agit de la première cérémonie de béatification tenue en Amérique.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Élodie Paradis, mieux connue sous le nom de mère Marie-Léonie, est la fondatrice et la première supérieure de l'Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, une communauté de religieuses se consacrant au service domestique des collèges, des séminaires, des évêchés et des maisons de formation de prêtres. Élodie Paradis entre chez les Sœurs de Sainte-Croix en 1854 et prononce ses vœux en 1857. Elle reçoit le nom de sœur Marie-de-Sainte-Léonie et est communément appelée sœur Marie-Léonie. Elle œuvre dans la région de Montréal, aux États-Unis et au Nouveau-Brunswick. En 1874, elle est invitée par la Congrégation de Sainte-Croix à prendre en charge un groupe de sœurs qui assume les travaux domestiques au collège Saint-Joseph, au Nouveau-Brunswick. Le 31 mai 1880, elle y fonde l'Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille et est appelée mère Marie-Léonie. Elle déménage la maison mère de sa communauté à Sherbrooke en 1895. L'année suivante, la communauté reçoit l'approbation canonique et prend rapidement de l'expansion dès ce moment. Mère Marie-Léonie envoie des sœurs pour assurer les services domestiques dans 42 maisons au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis. À son décès, plus de 600 religieuses sont des Petites Sœurs de la Sainte-Famille.
AUGER, Christian. « La spiritualité victimale au Canada français. Étude de dix congrégations de religieuses au service du clergé ». Claretianum. Vol. 46 (2006), p. 361-412.
BIENVENUE, Louise et Guy LAPERRIÈRE. « Sans elles, le collège ne serait pas ce qu'il est». Le travail des Petites Soeurs de la Sainte-Famille dans les collèges classiques au Québec ». Histoire sociale/ Social History. Vol. XLVII, no 93 (2014), p. 5-35.
Centre Marie-Léonie Paradis. Centre Marie-Léonie Paradis [En Ligne]. http://www.centremarie-leonieparadis.com/
GAUTHIER, Jacques. Les Chemins de l'Évangile : entretiens avec Marie-Léonie Paradis. s.l. Novalis, 2012. 188 p.
JEAN, Marguerite. Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours. Histoire religieuse du Canada. Montréal, Fides, 1977. 324 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Histoire des communautés religieuses au Québec. Montréal, Vlb éditeur, 2013. 329 p.
LAPERRIÈRE, Guy. « L'implantation des communautés religieuses dans le diocèse de Sherbrooke ». Histoire Québec. Vol. 18, no 1 (2012), p. 18-20.
ROBILLARD, Denise. Mère Marie-Léonie, 1840-1912, fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Montréal, Fides, 1984. 46 p.
ROBILLARD, Denise. « Paradis, Élodie (baptisée Alodie-Virginie), dite mère Marie-Léonie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
VEILLETTE, Denise. Femmes et religions. Québec, Presses de l'Université Laval, 1995. 466 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Reford, Elsie
Né(e) le 22 janvier 1872Décédé(e) le 8 novembre 1967

Née Mary Elsie Stephen Meighen le 22 janvier 1872 à Perth, en Ontario, Elsie Reford est la fille de Robert Meighen, président de la Lake of the Woods Milling Company, et d'Elsie Stephen.
Elsie Meighen s'installe à Montréal avec ses parents en 1882. Faisant partie de la grande bourgeoisie d'affaires, elle est initiée très tôt aux arts et à la musique. En 1890, elle part pour l'Europe et séjourne notamment dans les villes de Dresde et de Paris. Elle y apprend les rudiments des langues française et allemande, en plus d'y parfaire son apprentissage du violon et du piano.
De retour à Montréal, Elsie Meighen épouse l'homme d'affaires Robert Wilson Reford. Elle se consacre alors à plusieurs activités philanthropiques et charitables. Elle est notamment administratrice du comité de direction du Montreal Maternity Hospital, de 1898 à 1913, et directrice de ce comité à compter de 1908. Cherchant à promouvoir la place des femmes dans les débats publics et à ce qu'elles puissent être informées de l'actualité nationale et internationale, elle cofonde en 1907 le Women's Canadian Club de Montréal, un équivalent des Canadian Clubs qui sont réservés aux hommes. Elle fréquente des gens de lettres et de science, des industriels, des diplomates et s'entretient avec des hommes politiques, dont Lord Grey, le gouverneur général du Canada. Elle lui vient notamment en aide pour trouver le financement des fêtes du Tricentenaire de Québec, qui est célébré en 1908.
Pendant la Première Guerre mondiale, Elsie Reford rejoint ses fils en Angleterre, où elle agit comme traductrice pour le gouvernement britannique. À son retour à Montréal, elle soutient publiquement la conscription et prononce des discours pour inciter les femmes à utiliser leur droit de vote nouvellement acquis pour appuyer le Parti conservateur de son cousin, Arthur Meighen.
À l'instar de plusieurs membres de la grande bourgeoisie montréalaise, Elsie Reford passe ses étés en campagne et s'adonne à plusieurs activités de plein air comme la chasse, l'équitation et la pêche au saumon. Elle pratique ces dernières en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, notamment au domaine de Grand-Métis, qui appartient à son oncle, l'homme d'affaires George Stephen (Lord Mount Stephen). En 1918, Stephen fait don de sa propriété à sa nièce.
Forcée de réduire ses activités sportives en raison d'un problème de santé, Elsie Reford se consacre à l'embellissement de son domaine de Grand-Métis à compter de 1926. Sans formation en aménagement paysager, elle utilise comme guide les ouvrages de Gertrude Jekyll et de William Robinson, notamment The English Flower Garden. Pendant plus d'une trentaine d'années, avec l'aide d'une main-d'œuvre locale, elle aménage sur son domaine des jardins d'inspiration anglaise, en y faisant coexister des plantes autant indigènes qu'exotiques, comme des pavots bleus du Tibet, des lys et des gentianes. Ce domaine sera plus tard connu sous le nom des Jardins de Métis.
Elle publie des articles dans les revues Royal Horticultural Society et North American Lily Society. Elle y communique notamment les résultats de ses essais d'acclimatation de différentes plantes dans un climat nordique.
Elle est décédée à Montréal le 8 novembre 1967. Elle est inhumée dans le cimetière Mont-Royal, à Montréal.
Elle avait épousé, à Montréal, en 1894, Robert Wilson Reford, héritier de la Robert Reford Compagny Limited, fils de Robert Reford et de Katherine Drummond.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Elsie Reford a contribué de manière remarquable à l'histoire des grands jardins et à l'avancement des savoirs horticoles au Québec, notamment en tant que conceptrice des Jardins de Métis, qu'elle a élaborés de 1926 à 1958 dans son domaine de Grand-Métis. Malgré des conditions climatiques difficiles, elle y a conçu, aménagé et entretenu, avec l'aide d'une main-d'œuvre locale, de vastes jardins d'inspiration anglaise, qui sont aujourd'hui reconnus comme une véritable prouesse horticole. Elle y a aussi cultivé des espèces rares et fragiles, tant indigènes qu'étrangères, formant ainsi l'une des plus importantes collections de végétaux du Québec. De plus, elle a publié plusieurs articles dans des revues spécialisées en horticulture, ce qui participe à la reconnaissance dont elle jouit encore aujourd'hui.
Elsie Reford est également reconnue pour son engagement dans la défense des droits des femmes ainsi que pour ses activités philanthropiques et politiques. Elle a notamment cofondé en 1907 le Women's Canadian Club à Montréal, l'équivalent des Canadian Clubs qui étaient jusqu'alors réservés aux hommes, afin d'informer les femmes sur les enjeux de l'actualité et de promouvoir leur participation aux débats publics. Elle a contribué à trouver le financement des fêtes du tricentenaire de Québec et a prononcé des discours pour soutenir la conscription et des candidatures politiques. Elle s'est aussi investie, de 1898 à 1913, dans la santé maternelle et infantile en œuvrant pour le Montreal Maternity Hospital. »
BLAIN, Dominique. Elsie; une œuvre-hommage de Dominique Blain. Rimouski, Musée Régional de Rimouski, 2006. 95 p.
GILL, Pauline. Une Bourgeoise d'exception : la femme derrière les Jardins de Métis : Roman. Montréal, Québec Amérique, 2019. s.p.
HÉBERT, Karine. « Elsie Reford ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/
HÉBERT, Karine. « Elsie Reford, une bourgeoise montréalaise et métissienne ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 63 (2009), p. 276-303.
JASMIN, Hélène. Elsie Reford; La grande dame des Jardins de Métis. Saint-Jean-sur-Richelieu, Lidec Inc., 2015. 61 p.
JASMIN, Hélène. Les saisons d’Elsie : recueil des jours. s.l. La belle Amérique, 2018. s.p.
Les amis des Jardins de Métis. Elsie Vue par. s.l. Éditions Umanium, 2018. 167 p.
Les Jardins de Métis. Elsie Reford; 150 objets de passion. s.l. Éditions Umanium, 2022. 351 p.
REFORD, Alexander. « Elsie Reford-Un Jardin de lys dans le Bas-Saint-Laurent ». Cahier de l’Estuaire (2002), p. 21-28.
REFORD, Alexander. Les Jardins de Métis : le paradis d'Elsie Reford. Montréal, Éditions de l'Homme, 2004. 177 p.
WILLIAMS, Ron. Architecture de Paysage Du Canada. Montréal, Presse de l’université de Montréal, 2014. s.p.
s.a. « Histoire- Elsie Reford ». s.a. Jardins de Métis- Reford Gardens [En ligne]. http://www.jardinsdemetis.com/francais/jardins/histoire-elsie-reford.php
s.a. « Les Jardins de Métis ». s.a. Série documentaire Histoires oubliées [En ligne]. http://www.histoiresoubliees.ca/article/les-jardins-de-metis
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Richard, Maurice
Né(e) le 4 août 1921Décédé(e) le 27 mai 2000

Né le 4 août 1921 à Montréal, Maurice Richard est le fils d’Onésime Richard, ouvrier, et d’Alice Laramée.
Il grandit dans le quartier de Bordeaux, à Montréal, et s’adonne au hockey, mais aussi au baseball et à la boxe.
De 1938 à 1940, il porte les couleurs des Maple Leafs de Verdun dans le hockey junior puis senior. En 1940, il joint les Canadiens séniors de Montréal de la Ligue de hockey sénior du Québec. Il joue deux saisons pour cette formation, mais dispute peu de matchs en raison de blessures.
En 1942, Maurice Richard paraphe son premier contrat professionnel avec les Canadiens de Montréal. Une nouvelle blessure à une jambe met cependant fin à sa saison recrue, après seulement 16 parties.
Richard s’impose pendant la saison de 1943-1944. Il compte 32 buts au cours de la saison régulière et en ajoute 12 dans les séries éliminatoires, aidant les Canadiens à remporter une première Coupe Stanley depuis 1931. Le 23 mars 1944, pendant un match de demi-finale contre Toronto, il marque les 5 buts de son équipe dans une victoire de 5 à 1. On lui décerne alors les trois étoiles de la partie.
Pendant la saison de 1944-1945, Richard secoue le monde du hockey en devenant le premier joueur à marquer 50 buts en une saison, un exploit réussit en 50 parties. Il marque d’ailleurs 5 de ces buts dans une victoire de 9 à 1 des Canadiens contre Détroit, le 28 décembre 1944. Richard avait pourtant déménagé les meubles et les effets de sa famille pendant la journée.
Au cours de la saison suivante, Richard marque plusieurs buts victorieux, notamment pendant les séries éliminatoires, permettant aux Canadiens de remporter une nouvelle Coupe Stanley. En 1946-1947, on lui remet le trophée Hart, grâce à ses 45 buts. Maurice Richard est alors reconnu comme le meilleur joueur de la LNH, ce qui nourrit la fierté des amateurs de hockey de Montréal et de la population du Québec.
À la fin des années 1940, les Canadiens connaissent moins de succès en raison de rivalités intenses avec les équipes de Toronto et de Détroit. Pour sa part, Maurice Richard subit de nouvelles blessures qui le forcent à s’absenter plus fréquemment.
Les Canadiens reviennent toutefois en force dans les années 1950 et participent à toutes les finales. Sur le plan individuel, Richard continue de réaliser des exploits qui contribuent à l’édification de sa légende. Le 8 avril 1952, il marque le but gagnant de la demi-finale contre Boston, qui est dès lors reconnu comme le plus sensationnel de l’histoire de la LNH.
Au début de la décennie, Richard se frotte occasionnellement au bureau de direction de la LNH et à son président, Clarence Campbell. Cette confrontation atteint son apogée en 1955. Pendant une empoignade survenue dans une partie disputée à Boston, Richard malmène un arbitre. Le président suspend la vedette des pour le reste de la saison et l’ensemble des séries éliminatoires. À l’occasion du match suivant, le 17 mars au Forum, des amateurs s’en prennent à Campbell, et la grogne se transporte dans les rues environnantes. C’est l’émeute Richard, qui passera à l’histoire.
À charge de revanche, Richard et les Canadiens dominent la LNH pendant les 5 saisons suivantes. Ils remportent 5 coupes Stanley consécutives, donnant naissance à la première dynastie de l’histoire de la LNH. Bien que les blessures et l’âge commencent à le ralentir, le Rocket continue de contribuer aux succès de son équipe.
Maurice Richard se retire du hockey professionnel le 15 septembre 1960, mais continue de participer à des matchs d’exhibition et à des événements promotionnels. Il prête son nom à des publicités et exploite des commerces. En 1972, il est brièvement le premier instructeur chef des Nordiques de Québec, dans l’Association mondiale de hockey.
Il est décédé à Montréal, le 27 mai 2000. Il est inhumé au cimetière Notre Dame des Neiges.
Il avait épousé à Montréal, le 12 septembre 1942, Lucille Norchet, fille de Lucien Norchet et de Léona Bertrand.
« Maurice Richard est l’une des plus grandes figures de l’histoire du hockey sur glace. Joueur de grand talent, il s’est distingué par sa ténacité, son désir de vaincre, son jeu intense, ses aptitudes à marquer des buts et sa rapidité d’exécution, d’où son surnom de « Rocket ». Pendant ses 18 saisons dans la Ligue nationale de hockey (LNH), toutes disputées avec les Canadiens de Montréal, il a participé à la conquête de 8 coupes Stanley et a dominé le palmarès des buteurs à 5 reprises. Il est aussi devenu, en 1944-1945, le premier joueur de la LNH à atteindre le plateau des 50 buts en une saison; un exploit d’autant plus remarquable qu’il a été réalisé en 50 parties. Encore aujourd’hui, il est le meilleur buteur de l’histoire des Canadiens, tant en saison régulière qu’en séries éliminatoires. Pour honorer le meilleur buteur de la saison, la LNH remet depuis 1998 un trophée portant le nom de Maurice Richard.
Au-delà de ses prouesses sportives, Maurice Richard a incarné la fierté et les aspirations de la population canadienne-française. Par l’entremise du joueur de hockey, cette population a eu le sentiment qu’elle pouvait enfin remporter des victoires. En contrepartie, elle ressentait chacun des coups donnés au Rocket comme des coups contre elle-même. Ce sentiment a culminé pendant l’émeute du 17 mars 1955, qui a été déclenchée en réaction à l’imposition à Richard d’une suspension considérée injuste. Cette émeute a d’ailleurs été interprétée par certains comme un prélude au bouillonnement de la Révolution tranquille. Le joueur de hockey a conservé ce statut de héros à la suite de sa retraite, puis de son décès. Véritable légende du hockey, Maurice Richard est devenu l’un des symboles de l’identité québécoise. »
BRANCHU, Marc. « Maurice Richard ». s.a. Biographies de grands hockeyeurs / Hockey sur glace [En ligne]. http://www.hockeyarchives.info/biographies/richard.htm
CARRIER, Roch. Le Rocket. Montréal, Stanké, 2000. 271 p.
DAOUST, Paul. Maurice Richard, le mythe québécois aux 626 rondelles. Notre-Dame-des-Neiges, Québec, Éditions Trois-Pistoles, 2006. 301 p.
DUMAS, Alexandre et Suzanne LABERGE. « L’affaire Richard/Campbell : un catalyseur de l’affirmation des Canadiens français ». Bulletin d’histoire politique. Vol. 11, no 2 (2003), p. 30-44.
MARSH, James H. « Maurice « Rocket » Richard ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/maurice-rocket-richard
MELANÇON, Benoît. Les yeux de Maurice Richard : une histoire culturelle. Montréal, Fides, 2008. 312 p.
MELANÇON, Benoît. « Maurice Richard, 2e partie : le mythe ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-194/Maurice_Richard,_le_mythe.html
PELLERIN, Jean-Marie. Maurice Richard, l’idole d’un peuple. Montréal, Éditions Trustar, 1998. 570 p.
PERRONE, Julie. « Maurice Richard, 1ere partie : le hockeyeur ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-195/Maurice_Richard,_1%C3%A8re_partie:_le_hockeyeur.html
REPENTINY, Alain de. Maurice Richard. Montréal, La Presse, 2005. 126 p.
VIGNEAULT, Michel. « Richard, Maurice ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Riopelle, Jean Paul
Né(e) le 23 octobre 1923Décédé(e) le 12 mars 2002

Né le 7 octobre 1923 à Montréal, Jean Paul Riopelle est le fils de Léopold Riopelle, menuisier et rentier, et d'Anna Riopelle.
Dès l'adolescence, Jean Paul Riopelle s'initie au dessin et à la peinture auprès du peintre et sculpteur Henri Bisson (1900-1973). En 1943, après un bref passage à l'école polytechnique de Montréal, il s'inscrit au programme d'art de l'École du meuble. Il y fait une rencontre déterminante, celle du peintre Paul-Émile Borduas (1905-1960), alors professeur. C'est sous les enseignements de ce dernier que Riopelle réalise ses premières œuvres abstraites et qu'il intègre un groupe d'artistes que l'on nommera plus tard les Automatistes. À cette même époque, il commence à voyager, notamment à New York où il fréquente le studio de graveur Wiliam Hayter, et à Paris où il se rapproche du mouvement des surréalistes. En 1948, Riopelle signe le manifeste Refus Global.
Les années 1950 marquent une période d'effervescence dans la carrière de l'artiste. Installé de manière plus permanente à Paris, il continue néanmoins à voyager régulièrement. Il explore alors différentes techniques, se nourrissant des influences de la scène artistique d'avant-garde pour réaliser ses fameuses mosaïques : des tableaux très grands formats sur lesquels il peint par touches colorées, saturant la surface en créant d'impressionnants empâtements de matière picturale. À cette époque, le travail de Riopelle est encensé, tant par la critique que ses paires. Il représente également le Canada à la prestigieuse Biennale de Venise en 1954, en compagnie de Paul-Émile Borduas et de Bertram Charles Benning.
Les années 1960 sont elles aussi ponctuées de moments de consécration. En 1962, Riopelle représente une fois de plus le Canada à la Biennale de Venise où, de surcroit, il reçoit l'un des trois prix de l'Unesco. En 1967, le Musée du Québec (Musée national des beaux-arts du Québec) présente une grande rétrospective de ses œuvres, la première de cette importance en sol québécois. Au fil de cette décennie, sans jamais délaisser la peinture, l'artiste expérimente de nouveaux médiums, dont la sculpture et l'estampe. Les références à la nature deviennent également de plus en plus explicites dans l'ensemble de sa production.
En 1974, il aménage un atelier à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides. Dès lors, les séjours de Riopelle au Québec se font plus fréquents et plus longs. En 1976, l'artiste visite l'Isle-aux-Oies, où il réalise une série de dessins autour du thème de la chasse aux oies. La même année, La Joute, une sculpture monumentale en bronze, est installée au Parc olympique de Montréal. À la fin des années 1970, à la suite de deux voyages en Arctique, Riopelle réalise une autre importante série de peintures en noir et blanc, les Icebergs.
En 1990, il revient définitivement au Québec. Au fil des années, d'autres expositions rétrospectives sont présentées en France comme au Québec, rendant hommage une fois de plus au parcours exceptionnel de l'artiste. En 1992, dans son atelier de l'Île-aux-Grues, Riopelle réalise une dernière grande peinture, l'une des œuvres phares de sa carrière: L'Hommage à Rosa Luxemburg. L'impressionnante murale est dévoilée au Château de La Roche-Guyon, non loin de Paris, puis au Musée du Québec (Musée national des beaux-arts du Québec) en 1996, où elle est désormais exposée dans la collection permanente.
Il est décédé à l'Île-aux-Grues (Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues), le 12 mars 2002. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.
Il avait épousé à Montréal, en 1946, Françoise Lespérance.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
« Jean Paul Riopelle a profondément marqué la scène artistique et culturelle québécoise. Artiste multidisciplinaire de renommée internationale, il est aujourd'hui reconnu comme une figure incontournable de l'histoire de l'art moderne, ayant redéfini les frontières entre abstraction et figuration. Proche des surréalistes parisiens, il a aussi été membre du groupe des Automatistes et cosignataire du manifeste Refus global. Ouvert sur le monde, il a nourri sa pratique des influences des arts non occidentaux comme des plus grands mouvements d'avant-garde canadiens, américains et européens. Inspiré par les travaux d'anthropologues et d'ethnologues tels que Marius Barbeau et Claude Lévi-Strauss, Riopelle a déployé au fil des années une production imprégnée de thèmes en lien avec la nature, même dans ses œuvres les plus abstraites. Après avoir passé une partie de sa vie en France, il est revenu définitivement au Québec au début des années 1990 où il a continué à créer, notamment dans son atelier à l'Isle-aux-Grues. Reconnu par ses pairs et encensé par la critique et le public, sa carrière de plus de 50 ans est jalonnée de prix et de distinctions. Il a pris part à de nombreuses expositions collectives et fait l'objet de plusieurs expositions individuelles au Québec comme à l'étranger. Des musées français et québécois lui ont d'ailleurs consacré des rétrospectives, soulignant différents moments charnières de son exceptionnel parcours. Riopelle a représenté deux fois le Canada à la prestigieuse Biennale de Venise où il a reçu un prix de l'UNESCO en 1962. Artiste prolifique, il a réalisé plusieurs milliers d'œuvres, dont des centaines de dessins, gravures et sculptures ainsi que plusieurs séries de peintures, désormais emblématiques, conservées et exposées dans des collections privées et publiques d'envergure dans le monde entier. »
AQUIN, Stéphane et Guy COGEVAL. Riopelle. Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal, 2006. 151 p.
DE BILLY, Hélène. Riopelle. Montréal, Éditions Art Global, 1996. 354 p.
Fondation Jean Paul Riopelle. Riopelle 100 [En Ligne]. https://fondationriopelle.com/
GAGNON, François-Marc. « Riopelle, Jean Paul ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rollet, Marie
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.

Marie Rollet est probablement née à Paris en 1580.
Marie Rollet arrive en Nouvelle-France en 1617 avec son mari, l'apothicaire Louis Hébert, et leurs trois enfants. En plus d'aider son époux à soigner les malades, elle s'occupe de l'instruction de jeunes autochtones. Elle est souvent désignée comme marraine lors du baptême d'Autochtones nouvellement convertis.
Devenue veuve en 1627, Marie Rollet se remarie deux ans plus tard avec Guillaume Hubou. Elle demeure à Québec avec sa famille lorsque la Nouvelle-France est occupée par les Anglais entre 1629 et 1632. Après le retour des Français, elle héberge dans sa maison des jeunes filles autochtones recevant leur éducation chez les Jésuites.
Elle est décédée à Québec en mai 1649. Elle est inhumée dans la même ville.
Elle avait épousé à Paris, en 1602, Louis Hébert, fils de Nicolas Hébert, épicier et apothicaire, et de Jacqueline Pajot; puis à Québec, en 1629, Guillaume Hubou, fils de Jean Hubou et de Jeanne Goupil.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Louis Hébert, pour les motifs suivants:
Louis Hébert et Marie Rollet sont des figures emblématiques de l'histoire du Québec. Ils s'établissent à Québec, en Nouvelle-France, en 1617, avec leurs trois enfants, Anne, Guillemette et Guillaume. Louis Hébert est reconnu comme le premier colon de la Nouvelle-France, considérant qu'il est le premier Européen à tirer sa subsistance de ses terres, qu'il défriche et cultive. Il est aussi le premier titulaire de la fonction de procureur du roi et est reconnu comme le premier pharmacien et seigneur en Nouvelle-France. Son épouse, Marie Rollet, collabore à la culture du sol, est une soignante et enseigne aux Autochtones. Elle et sa famille font partie des quelques Français qui demeurent à Québec lorsque la cité est occupée par les Anglais entre 1629 et 1632. Louis Hébert et Marie Rollet ont une lignée importante en Amérique du Nord par leur fille Guillemette, mariée à Guillaume Couillard.
ASSELIN, Alain et Jacques MATHIEU. La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet. Québec, Septentrion, 2017. 248 p.
BENNETT, Ethel M. G. « Rollet, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
MATHIEU, Jacques. « Hébert, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. https://www.biographi.ca/fr/bio/hebert_louis_1F.html
MATHIEU, Jacques. « La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet ». Société Histoire Canada. Histoire Canada [En ligne]. https://www.histoirecanada.ca/consulter/colonisation-et-immigration/la-vie-meconnue-de-louis-hebert-et-marie-rollet
PARENT, France. « Au-delà des rôles, la place des femmes ». Cap-aux-Diamants. Vol. Hors-série (2004), p. 25-29.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Roy, Gabrielle
Né(e) le 22 mars 1909Décédé(e) le 13 juillet 1983

Née le 22 mars 1909 à Saint-Boniface, au Manitoba, Gabrielle Roy est la fille de Léon Roy, agent d'immigration, et de Mélina Landry.
Gabrielle Roy fait des études à l'académie Saint-Joseph, puis à l'école normale de Winnipeg, où elle reçoit son brevet d'institutrice.
En 1929, Gabrielle Roy commence une carrière dans l'enseignement. Elle agit comme institutrice dans les écoles des villages de Marchand et de Cardinal en 1929 et en 1930, à l'Institut collégial Provencher de Saint-Boniface de 1930 à 1937, puis à la Petite-Poule-d'Eau à l'été de 1937. En plus d'enseigner, elle s'adonne à l'écriture et participe aux activités de la troupe de théâtre du Cercle Molière.
En 1937, Gabrielle Roy part étudier les arts dramatiques en France et en Angleterre en vue de devenir comédienne. Elle fréquente notamment la Guildhall School of Music and Drama, à Londres. Pendant son séjour, elle publie ses premiers articles dans la revue française Je suis partout.
En 1939, elle revient au pays et décide de s'installer à Montréal au lieu de retourner au Manitoba. Pendant six ans, elle travaille comme artiste dramatique et surtout comme journaliste à la pige. Conseillée par Henri Girard, directeur littéraire de la Revue moderne, elle publie des chroniques dans de nombreux journaux et revues, des nouvelles dans la Revue moderne et, à compter de 1940, des reportages dans le Bulletin des agriculteurs. Elle délaisse progressivement l'art dramatique pour se consacrer pleinement à l'écriture. Elle découvre la matière d'un premier roman au cours de randonnées dans le quartier défavorisé de Saint-Henri, où elle constate les conditions de vie précaires des classes populaires. Le 28 juin 1945, le roman Bonheur d'occasion paraît à la Société des éditions Pascal et confère à Gabrielle Roy une célébrité instantanée. Elle remporte plusieurs prix, notamment le prestigieux prix Femina, et est admise à la section française de la Société royale du Canada. Plus encore, la parution de ce grand roman urbain contribue à renouveler le genre romanesque québécois.
Gabrielle Roy retourne en France avec son mari en 1947. Elle y reste trois ans et profite de son séjour pour rédiger un nouveau roman, La Petite Poule d'Eau, publié à son retour à Montréal en 1950. Le couple s'établit à Québec en 1952 et achète plus tard un chalet à Petite-Rivière-Saint-François, dans le comté de Charlevoix. Gabrielle Roy passe tous ses étés dans ce chalet et y rédige la plupart de ses romans. Elle se consacre presque exclusivement à son œuvre littéraire, l'une des plus importantes au Québec et au Canada.
En plus de Bonheur d'occasion (1945) et de La Petite Poule d'Eau (1950), elle a publié plusieurs autres œuvres, dont Alexandre Chenevert (1954), Rue Deschambault (1955), La Montagne secrète (1961), La Route d'Altamont (1966), La Rivière sans repos (1970), Cet été qui chantait (1972), Un jardin au bout du monde (1975), Ces enfants de ma vie (1977), Fragiles lumières de la terre (1978) et De quoi t'ennuies-tu, Éveline? (1982).
Considérée comme une grande écrivaine de la condition humaine, Gabrielle Roy aborde dans son œuvre des thèmes comme la solidarité envers les pauvres et les opprimés ou les injustices sociales dont les femmes sont victimes. Elle agit également comme ambassadrice de la langue française, choisissant d'écrire dans cette langue alors qu'elle a grandi au Manitoba à une époque où l'enseignement du français est interdit. Faisant preuve d'une grande maîtrise de la langue française, elle contribue à la mettre en valeur.
Elle est décédée à Québec, le 13 juillet 1983. Elle est inhumée au cimetière La Souvenance de Québec.
Elle avait épousé à Saint-Vital, au Manitoba, en 1947, Marcel Carbotte, médecin.
Ce personnage historique a été désignée pour les motifs suivants:
« Gabrielle Roy est considérée comme l'une des plus grandes écrivaines du Québec et du Canada. Née au Manitoba, elle est d'abord institutrice et artiste dramatique. Elle publie son premier roman, Bonheur d'occasion, en 1945 et remporte le prestigieux prix Femina en 1947, ce qui lui confère une célébrité instantanée. En posant un regard juste et réaliste sur les conditions de vie précaires des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal et en plaçant le narrateur au cœur d'un environnement urbain, elle contribue derechef à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu'alors d'inspiration plutôt rurale et idéaliste. Elle enrichit son œuvre au fil des décennies suivantes par la publication, entre autres, de La Petite Poule d'Eau (1950), Alexandre Chenevert (1954), La Montagne secrète (1961), La Route d'Altamont (1966), La Rivière sans repos (1970) et Ces enfants de ma vie (1977). Avec la traduction de ses romans en plusieurs langues, Gabrielle Roy atteint une renommée internationale. Elle a remporté plusieurs prix importants au cours de sa vie, dont le Prix du Gouverneur général à trois reprises, le prix David à deux occasions, le prix Duvernay, ainsi que le prix Molson. L'Association des littératures canadienne et québécoise décerne chaque année, en son honneur, le prix Gabrielle-Roy afin de couronner des ouvrages de critique littéraire. L'œuvre écrite de Gabrielle Roy demeure l'une des plus importantes au Québec et au Canada. »
FAUCHON, André, dir. Colloque international Gabrielle Roy : actes du colloque soulignant le cinquantième anniversaire de Bonheur d'occasion, 27 au 30 septembre 1995. Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 1996. 756 p.
GAUTHIER, Serge. « Les étés qui chantaient: Gabrielle Roy à Petite-Rivière-Saint-François (1950-1983) ». Institut national de la recherche scientifique. Encyclobec. Les régions du Québec : un passé et un présent à découvrir [En ligne]. http://www.encyclobec.ca/
Maison Gabrielle Roy. Biographie [En Ligne]. http://www.maisongabrielleroy.mb.ca/
RICARD, François. Album Gabrielle Roy. Montréal, Boréal, 2014. 151 p.
RICARD, François. Gabrielle Roy : une vie : biographie. Montréal, Boréal, 1996. 646 p.
RICARD, François. « Roy, Gabrielle ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
SAINT-PIERRE, Annette. Au pays de Gabrielle Roy. Saint-Boniface, Plaines, 2005. 222 p.
TOUSSAINT, Ismène. « Roy, Gabrielle ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
VANASSE, André. Gabrielle Roy: Écrire, une vocation. Montréal, XYZ, 2004. 164 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Saint-Jean, Idola
Né(e) le 19 mai 1880Décédé(e) le 6 avril 1945

Née le 19 mai 1880 à Montréal, Idola Saint-Jean est la fille d'Edmond Saint-Jean, avocat criminaliste, et d'Emma Lemoine.
Idola Saint-Jean étudie chez les religieuses de la Congrégation Notre-Dame, au couvent de Villa-Maria, à Montréal. Elle fréquente aussi l'école de théâtre de Julia Bennati, où elle suit des cours de diction et de mise en scène. Comédienne, elle joue dans quelques pièces de théâtre à Montréal et à Québec. Elle prend aussi des leçons de théâtre à Paris et suit des cours à la Sorbonne.
De retour de Paris, Idola Saint-Jean est embauchée pour enseigner la diction et la littérature française à l'Université McGill. Elle conserve ce poste jusqu'à son décès. Elle enseigne également à l'Université de Montréal, au Mechanic's Institute, au Monument-National et au Young Women's Christian Association. Elle s'implique aussi dans diverses sociétés d'entraide, notamment le comité catholique de la Cour juvénile de Montréal et la Société d'aide aux enfants catholiques.
Idola Saint-Jean est une des figures marquantes du féminisme de la première moitié du XXe siècle, et plus particulièrement de la lutte pour l'obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises. Militante au sein de la Fédération nationale de la Société Saint-Jean-Baptiste, elle participe en 1922 à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin. Elle prend part à la délégation féminine de février 1922 qui rencontre à Québec le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau pour réclamer le droit de suffrage, puis à toutes les marches qui se succèdent par la suite, année après année.
En 1927, Idola Saint-Jean fonde l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, l'une des deux plus importantes associations féministes du Québec. Elle crée notamment pour cet organisme une bibliothèque ambulante et met sur pied un bureau offrant des consultations gratuites aux femmes sur des questions légales et économiques. Devenue une figure publique, Idola Saint-Jean œuvre dans le milieu radiophonique, écrit dans la revue de l'Alliance, La sphère féminine, et tient une chronique dans The Montreal Herald. Dans ces tribunes, elle dénonce le concept de subordination des sexes qui maintient les femmes en situation d'infériorité juridique. Elle réclame également l'autonomie financière pour les femmes. En 1930, elle devient la première femme québécoise à se présenter à des élections fédérales. Candidate libérale indépendante dans la circonscription de Saint-Denis, elle ne parvient toutefois pas à se faire élire. En 1934, elle obtient la modification de la Loi des banques pour permettre aux femmes mariées de disposer d'un compte de banque personnel. L'année suivante, elle récolte 10 000 signatures pour une pétition qu'elle transmet au roi George V pour attirer son attention sur la question du droit de suffrage féminin au Québec. En 1940, l'Assemblée législative de la province de Québec adopte le projet de loi accordant le droit de vote et le droit d'éligibilité aux femmes québécoises. Idola Saint Jean est alors reconnue comme une artisane de cette victoire.
Elle a publié de nombreux manuels éducatifs, dont Récitations enfantines et Récitations pour les élèves du cours supérieur de diction française (1917). Elle est aussi l'auteure de Morceaux à dire (1918).
Elle est décédée à Montréal le 6 avril 1945. Elle est inhumée dans la même ville, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Idola Saint-Jean est une des figures marquantes du féminisme de la première moitié du XXe siècle, et plus particulièrement de la lutte pour l'obtention du droit de vote des femmes québécoises. D'abord comédienne, puis professeure de diction et de littérature française à l'Université McGill, elle milite au sein de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et participe en 1922 à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin. En 1927, elle fonde l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, l'une des deux plus importantes associations féministes du Québec. En 1930, elle devient la première femme québécoise à se présenter à des élections fédérales, dans la circonscription de Saint-Denis. En 1940, lorsque le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité, Idola Saint-Jean est reconnue comme l'une des principales artisanes de cette victoire pour les femmes québécoises.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
GALLICHAN, Gilles. « Idola Saint-Jean : femme de coeur et femme de tête ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 39, no 1 (2010), p. 16-23.
LAVIGNE, Marie et Michèle STANTON-JEAN. Idola Saint-Jean, l'insoumise. Montréal, Boréal, 2017. 384 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Thierry dit Primot, Catherine
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 5 août 1690

Née vers 1640 à Saint-Denis-le-Thiboult, en France, Catherine Thierry dit Primot est la fille de Guillaume Thierry et d'Elizabeth Messier.
À l'âge d'un an, elle est confiée à la sœur de sa mère, Martine Messier, ainsi qu'à son époux Antoine Primot, qui seraient partis pour la Nouvelle-France vers 1642. Elle est légalement adoptée en 1660.
Catherine Thierry dit Primot est éduquée par sa mère adoptive. À l'âge de 14 ans, elle épouse Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, le 28 mai 1654 à Ville-Marie. Elle y réside avec son mari dans une maison située sur la rue Saint-Paul. De 1656 à 1683, elle donne naissance à deux filles et douze fils.
Catherine Le Moyne a une position avantageuse dans la société coloniale. Épouse d'un seigneur et commerçant fortuné, elle s'implique dans les bonnes œuvres religieuses et est souvent nommée marraine à l'occasion de baptêmes de nouveau-nés de familles avoisinantes. En 1668, elle est anoblie en même temps que son époux, ses enfants et sa postérité.
À la suite du décès de son époux en 1685, elle prend la relève de ses activités commerciales et s'associe avec le négociant Antoine Pascaud pour faire fructifier les avoirs de la famille. Elle contribue également à la mise en valeur des propriétés seigneuriales en faisant construire un moulin sur l'île Saint-Bernard (île de Châteauguay) en 1686.
Elle est décédée à Montréal le 5 août 1690. Elle est inhumée avec son mari à l'église Notre-Dame de Montréal. Plusieurs de leurs deux filles et douze fils se sont illustrés dans le développement de la Nouvelle-France.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Catherine Thierry dit Primot est l'épouse de Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, marchand prospère et premier seigneur de Longueuil. Résidant avec son mari dans une maison prestigieuse de la rue Saint-Paul, à Montréal, Catherine Thierry dit Primot est une personne en vue de la société coloniale du XVIIe siècle. Grâce à sa position avantageuse, elle s'implique dans les bonnes œuvres religieuses et est souvent choisie comme marraine des nouveau-nés des familles avoisinantes. Elle donne naissance et élève 2 filles et 12 fils, dont font partie le baron Charles Le Moyne de Longueuil et l'explorateur Pierre Le Moyne d'Iberville et d'Ardillières, qui s'illustreront à leur tour dans l'administration et la défense de la colonie. En 1668, Catherine Thierry dit Primot est anoblie en même temps que son époux, ses enfants et sa postérité. À la suite du décès de son époux, elle s'emploie à faire fructifier la fortune familiale en s'associant entre autres au marchand Antoine Pascaud. Elle contribue également à la mise en valeur des possessions seigneuriales de la famille en faisant notamment construire un moulin sur l'île Saint-Bernard. Ensemble, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay et Catherine Thierry dit Primot sont considérés comme des pionniers de Montréal, les fondateurs de Longueuil et des personnages importants de la Nouvelle-France. »
LEFEBVRE, Jean-Jacques. « Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Vieux-Montréal. Maisonnée Le Moyne - Thierry (en 1681) [En Ligne]. http://vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_pers.php?id=112
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Travers, Mary
Né(e) le 4 juin 1894Décédé(e) le 20 février 1941

Née le 4 juin 1894 à Newport, Mary Travers est la fille de Lawrence Travers et d'Adéline Cyr.
Mary Travers est issue d'une famille irlandaise provenant de la municipalité de Newport en Gaspésie. Elle fréquente peu l'école et apprend la musique de façon autodidacte. Son père lui enseigne le violon, l'accordéon, l'harmonica et la guimbarde. En 1908, elle quitte la Gaspésie pour Montréal, où elle obtient un premier emploi comme domestique. Rapidement, elle se dote d'une machine à coudre et gagne sa vie comme couturière. Elle se marie à vingt ans à Édouard Bolduc. À cette époque, elle travaille, tout comme son mari, dans une usine. Au printemps 1921, faute de pouvoir subvenir aux besoins de la famille qui s'agrandit, les Bolduc prennent la route de Springfield au Massachusetts où ils rejoignent la sœur d'Édouard. Ils font ainsi partie de la vague d'immigrants canadiens-français qui quittent massivement vers les états de la Nouvelle-Angleterre. N'ayant pas trouvé d'emploi, ils retournent à Montréal un an plus tard.
La musique tient une grande place dans la vie de Mary Bolduc. Grâce à des amis, elle entreprend une carrière dans la musique et la comédie. En 1928, Mary Bolduc chante en public lors d'une soirée de variétés au Monument-National. Le 12 avril 1929, elle enregistre un premier disque sous l'étiquette Starr. La première chanson enregistrée s'intitule: Y'a longtemps que je couche par terre. Puis, elle enregistre les chansons La cuisinière et Johnny Monfarleau, qui connaissent un grand succès de vente. De succès en succès, elle enregistre près d'une centaine de titres. Elle participe alors aux représentations des Veillées du bon vieux temps au Monument-National où elle fait connaître ses chansons qui deviennent rapidement des succès populaires. En pleine crise économique, elle devient rapidement une vedette, connue dans toute l'Amérique francophone sous le nom de madame Édouard Bolduc ainsi que La Bolduc.
Elle effectue une première tournée en 1931 qui la mène loin des grandes villes comme Montréal et Québec. L'année suivante, elle dirige sa propre tournée avec des artistes tels que Juliette Pétrie, Olivier Guimond et la danseuse Effie Mack. Les tournées se déplacent de ville en ville, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, en Abitibi, au Nouveau-Brunswick ainsi qu'au nord de la Nouvelle-Angleterre. Les tournées présentent un programme alliant le burlesque et la chanson, et se poursuivent jusqu'en 1937. Elle chante notamment Ça va venir découragez-vous pas (1930), Toujours l'R-100 (1930) Les Américains (1932) et Les cinq jumelles (1935). Elle compose des airs simples d'inspiration folklorique ayant pour thèmes les problèmes du quotidien et les difficultés de la vie ordinaire, qui plaisent à la classe populaire. Elle utilise aussi la turlute qui devient sa signature vocale. Mary Bolduc est considérée comme la première « chansonnière » (auteure-compositrice-interprète) du Québec.
Elle est décédée à Montréal le 20 février 1941.
Elle avait épousé, en 1914, Édouard Bolduc, plombier.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Mary Travers, mieux connue sous le nom de La Bolduc, est considérée comme la première vedette de la chanson québécoise en raison du succès populaire qu'elle obtient dans les années 1930. Musicienne autodidacte, Mary Travers compose environ 300 chansons et en enregistre près d'une centaine sur disque, dont La cuisinière (1929), Ça va venir découragez-vous pas (1930), Toujours l'R-100 (1930), Le commerçant des rues (1931) et Les cinq jumelles (1935). Elle effectue également de nombreuses tournées au Québec et dans les communautés francophones du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario et du Nord-Est des États-Unis. Les chansons de Mary Travers sont composées dans la langue de tous les jours sur des airs enjoués agrémentés de turlute, sa signature vocale. Ses textes, inspirés d'expériences personnelles, de la vie quotidienne et de l'actualité, incarnent la réalité d'une époque. Plusieurs de ses compositions sont devenues des classiques du répertoire de la musique traditionnelle du Québec.
CHAREST, Marie-Josée. Lire Mary Travers (La Bolduc). Chansons et représentations sociales dans le Québec des années 1930. Montréal, Université de Montréal, 2007. 175 p.
DAY, Pierre. Une histoire de La Bolduc, légendes et turlutes. Montréal, Vlb éditeur, 1991. 131 p.
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
LONERGAN, David. La Bolduc, la vie de Mary Travers. Bic, Isaac-Dion Éditeur, 1992. 2012 p.
MELANÇON, Johanne. « Travers, Mary ». s.a. Dictionnaire biographique du Canada. s.l. Université Laval/University of Toronto, 2003, s.p.
VERSAILLES, Claire. « Bolduc, La ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. « Madame Édouard Bolduc (Mary Rose Anne Travers), folkloriste et chansonnière (1894-1941) ». Bibliothèques et Archives Canada. Le Gramophone virtuel : Enregistrements historiques canadiens [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/gramophone/index-f.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Villeneuve, Gilles
Né(e) le 18 janvier 1950Décédé(e) le 8 mai 1982

Né le 15 janvier 1950 à Saint-Jean-sur-Richelieu, Gilles Villeneuve est le fils de Séville Villeneuve, propriétaire d’une industrie textile puis accordeur de pianos, et de Georgette Coupal, ménagère. Son frère Jacques-Joseph, qui sera également pilote automobile, naît en 1953.
La famille Villeneuve emménage à Berthierville en 1958. À l’adolescence, Gilles Villeneuve est passionné par la mécanique et les voitures de course. Il teste à toute vitesse ses bolides modifiés sur les routes et circuits autour de Berthierville.
L’achat d’une motoneige familiale en 1967 marque un tournant: l’aîné est conquis par la vitesse et l’expérience de pilotage qu’offre ce véhicule. Par son talent et sa persévérance, Gilles Villeneuve s’impose rapidement comme un compétiteur féroce des courses régionales. Le berthelais remporte plusieurs championnats québécois, canadien et nord-américain de course de motoneige. Il aménage des véhicules afin que sa famille puisse y loger. La famille Villeneuve accompagnera le pilote sur tous les circuits.
Fort de ces succès et de cette renommée naissante, Gilles Villeneuve décide de se lancer dans la course automobile. Il utilise ses revenus de course en motoneige, dont il domine le circuit, afin de financer son passage en course automobile. Malgré des moyens modestes et des débuts difficiles, il s’impose en Formule Ford et en Formule Atlantique. Le pilote est habitué à la piètre visibilité en motoneige : il manœuvre avec assurance dans de mauvaises conditions météorologiques, ce qui l’avantagera tout au long de sa carrière. Villeneuve se distingue également par le grand intérêt qu’il porte à la mécanique de ses véhicules.
En 1976, Gilles Villeneuve remporte les championnats canadien et américain de Formule Atlantique grâce à 9 victoires en 10 courses. Son talent est remarqué par le circuit de la prestigieuse Formule 1. Il prend part à quelques Grand Prix pour l’écurie McLaren l’année suivante. Son attitude combative et son style de conduite téméraire séduisent l’écurie Ferrari, qui le recrute à la fin de 1977. La presse sportive se montre très critique à son égard, alors qu’il connaît des débuts difficiles. Sa maîtrise du véhicule commence à lui rapporter quelques points au cours de la saison 1978, sa première comme pilote régulier de Ferrari. Le 8 octobre 1978, Gilles Villeneuve remporte son premier Grand Prix à Montréal, devenant le premier pilote canadien à accomplir cet exploit en F1. Cette victoire spectaculaire nourrit une « fièvre Villeneuve ». La presse et les amateurs de F1 apprécient les performances du pilote sur la piste et sa personnalité simple et accessible sur les paddocks. Grâce aux talents et à la complicité de Gilles Villeneuve et de son coéquipier Jody Scheckter, l’écurie Ferrari connaît une très bonne saison 1979. Le Québécois offre des moments de course spectaculaires, où il fait la démonstration de sa grande maîtrise du véhicule.
En 1980, de nombreux problèmes mécaniques et techniques accablent la voiture de course Ferrari. L’année 1981 est sous de meilleurs auspices pour la scuderia, grâce à l’introduction du moteur turbocompressé qui assure une plus grande puissance. En avril 1982, à Imola (Italie), un conflit éclate entre les deux pilotes de l’écurie Ferrari. Didier Pironi, deuxième pilote, remporte la course contre Gilles Villeneuve. Cet acte est contraire au code de conduite qui favorise le premier pilote au sein d’une écurie.
Aux essais de qualifications du Grand Prix de Zolder (Belgique) le 8 mai 1982, le pilote a un violent accident sur la piste. Il est éjecté de sa voiture et se fracture le cou.
Gilles Villeneuve est décédé quelques heures après l’accident. Il est inhumé à Monaco.
Il avait épousé à Joliette, en 1970, Joann Barthe, fille d’Edward Barthe et de Georgette Desmarais. Deux enfants sont nés de cette union, Jacques en 1971 et Mélanie, en 1973.
Ce personnage est désigné pour les motifs suivants:
Figure légendaire du sport automobile, Gilles Villeneuve est le premier Québécois à mener une carrière internationale de pilote de formule 1. Passionné dès son jeune âge par la vitesse et la mécanique, il se distingue d’abord dans des compétitions de motoneige. Malgré des moyens modestes, il s’impose par la suite dans les championnats de Formule Ford et de Formule Atlantique grâce à son talent hors du commun, sa connaissance de la mécanique, son acharnement et sa témérité. En 1976, il remporte les championnats canadien et américain de Formule Atlantique. L’année suivante, il accède au plus prestigieux des circuits de course automobile: celui de la Formule 1. Au volant d’une monoplace de la mythique écurie Ferrari, il remporte 6 courses, dont une victoire historique au premier Grand Prix du Canada disputé à Montréal le 8 octobre 1978. Vice-champion des pilotes en 1979, il est désavantagé pendant les 2 années suivantes en raison de problèmes mécaniques de sa Ferrari. Après un début de saison prometteur en 1982, il meurt tragiquement le 8 mai, lors des essais du Grand Prix de Belgique, à Zolder. Malgré une carrière écourtée, Gilles Villeneuve demeure une figure marquante de l’histoire de la Formule 1. Par sa conduite automobile spectaculaire, sa détermination et son charisme, il a grandement contribué à la popularisation de la Formule 1 au Québec et ailleurs dans le monde. Il continue d’inspirer de nombreux pilotes, et son nom résonne toujours dans l’univers de la Formule 1, notamment à travers le Grand Prix du Canada, couru à Montréal sur le circuit Gilles-Villeneuve qui perpétue sa mémoire.
BASTIEN, Marcel. « Pour en finir (ou pas) avec le musée Gilles-Villeneuve ». La Presse, 8 mai 2025, s.p.
BEAUCHAMP, Jacques. « 1982 : Gilles Villeneuve, talentueux pilote de F1, meurt en piste ». Radio-Canada, 8 mai 2017, s.p.
BÉLAND, Gabriel. « L’Italie n’a pas oublié Gilles Villeneuve ». La Presse, 22 mai 2012, s.p.
BOULAY, Mathieu. « Héritage malmené: la famille de Gilles Villeneuve veut reprendre le contrôle de dizaines d’objets lui ayant appartenu ». Le Journal de Montréal, 27 février 2026, s.p.
CAMUS, Martine. La saga Villeneuve, une dynastie québécoise en F1. Montréal, Éditions La Presse, 2007. 268 p.
CANTIN, Philippe. « Un Québécois, un pilote, une légende… ». La Presse, 9 juin 2018, s.p.
DUVAL, Jacques. « Villeneuve superstar ». Perspectives (1981), p. 4.
École de politique appliquée, Université de Sherbrooke. « 27 septembre 1908, Tenue d’une grande course automobile organisée par l’Automobile Club of Canada au parc De Lorimier ». Université de Sherbrooke. Bilan Québec, Site encyclopédique sur l’histoire du Québec depuis 1900 [En ligne]. https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/evenements/139
FAGNAN, René. « 5 septembre : Gilles Villeneuve bat James Hunt en Atlantique au GP de Trois-Rivières en 1976 ». s.a. Pole Position [En ligne]. https://www.poleposition.ca/actualite/2020/09/05/5-septembre-gilles-villeneuve-bat-james-hunt-en-atlantique-au-gp-de-trois-rivieres-en-1976/
FAGNAN, René. « 9 septembre : Jody Scheckter devient Champion du monde de F1 en 1979 devant son coéquipier chez Ferrari Gilles Villeneuve ». s.a. Pole Position [En ligne]. https://www.poleposition.ca/actualite/2025/09/09/9-septembre-jody-scheckter-devient-champion-du-monde-de-f1-en-1979-devant-son-coequipier-chez-ferrari-gilles-villeneuve/
FAGNAN, René. « De la glace à la piste ». BEAUDRY, Richard. Gilles Villeneuve – 25 ans, album souvenir. Montréal, Gesca, 2007, p. 20.
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GLOUTNAY, François. « Récent timbre sur Gilles Villeneuve (1950-1982) : Postes Canada doit corriger un pli fautif ». Histoire Québec. Vol. 23, no 4 (2018), s.p.
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LACHAUSSÉE, Catherine. « Il y a 55 ans, un Grand Prix automobile sur les plaines d’Abraham ». Radio-Canada, 14 février 2020, s.p.
MOROSINI, Nestore. « Comme un père et son fils ». BEAUDRY, Richard. Gilles Villeneuve – 25 ans, album souvenir. Montréal, Gesca, 2007, p. 33.
PAQUIN, Mali Ilse. « Gilles Villeneuve et les Italiens, une histoire d’amour ». La Presse, 6 septembre 2013, s.p.
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RICHARD, Mylène. « Gilles Villeneuve était un « dieu » en Italie ». Le Journal de Montréal, 27 mai 2025, s.p.
TORTORA, Christian. « L’exception ». BEAUDRY, Richard. Gilles Villeneuve – 25 ans, album souvenir. Montréal, Gesca, 2007, p. 26.
TREMBLAY, Marie-Lyse. « Quel a été l’héritage de Gilles Villeneuve pour les pilotes québécois? 4 d’entre eux nous en parlent… ». s.a. Pole Position [En ligne]. https://www.poleposition.ca/actualite/2022/05/08/quel-a-ete-lheritage-de-gilles-villeneuve-pour-les-pilotes-quebecois-4-dentre-eux-nous-en-parlent/
TURISMO, Fiorano. Monument to Gilles Villeneuve [En Ligne]. https://www.fioranoturismo.it/en/engines/monument-to-gilles-villeneuve
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Vincent Lawinonkie, Marguerite
Né(e) le 1er janvier 1783Décédé(e) le 1er janvier 1865

Lawinonkie Marguerite Vincent est née à la baie de Quinte, sur la rive nord du lac Ontario, en 1783. D'origine wendat, elle est la fille de Sawatanan Louis Vincent et de Marie des Anges Chalifour et la demi-sœur du Grand Chef Tsawenhohi Nicolas Vincent. Son nom wendat, Lawinonkie, signifie « elle est une (belle) jeune femme ».
Lawinonkie Marguerite Vincent s'installe au village de la Jeune-Lorette (aujourd'hui Wendake) au début du XIXe siècle. Enfant, elle aurait fréquenté l'école du village, alors administrée par son père.
À l'époque, les terres peu fertiles de la Jeune-Lorette ne permettent pas d'assurer la prospérité de la communauté par l'entremise de l'agriculture. De plus, la colonisation et la création de clubs privés réduisent les territoires de chasse, de pêche, de trappe et de cueillette des Wendat. Malgré les interdictions, les Wendat poursuivent leurs activités coutumières, mais la situation économique est telle qu'il faut miser sur d'autres secteurs d'activités, en l'occurrence l'artisanat et le commerce. Ainsi, afin d'augmenter les revenus de sa famille Lawinonkie confectionne des mocassins et divers articles de conception et de fabrication artisanale.
Vers 1830, elle met sur pied un atelier dont la production s'adresse à une clientèle touristique, mais également militaire, en fabriquant notamment des chaussures, des mitaines, des raquettes et des toboggans. L'entreprise devient rapidement prospère et fournit des emplois à la plupart des Wendat du village. Son mari, Hondawanhont Paul Picard, son neveu, Philippe Vincent, et son fils, Tahourenche François-Xavier Picard, travaillent par ailleurs avec elle. Plus qu'une histoire de famille et un succès entrepreneurial, l'atelier de Lawinonkie constitue pour sa communauté – et en particulier pour les femmes – une occupation, une source de fierté et un moyen de subsistance à la fois résilient et inventif.
Dans son atelier, Lawinonkie enseigne les techniques de fabrication et de décoration de pièces artisanales, et répartit les tâches quotidiennes de ses artisanes en fonctions de leurs habiletés. Elle innove aussi en utilisant la matière première à sa disposition, en remplaçant notamment le piquant de porc-épic, devenu plus rare en raison de la réduction des territoires de chasse, par le poil d'orignal dans l'ornementation des objets fabriqués et confectionnés à Wendake.
Grâce au succès de son atelier, Lawinonkie fait figure de proue dans l'industrie de la production artisanale de Wendake. En agissant comme intermédiaire entre les artisanes et les acheteurs, elle fait connaître et met en valeur le travail des femmes de sa communauté, leurs savoir-faire et leur créativité. Cela est d'ailleurs rapporté dans les journaux, de manière posthume.
Elle est décédée en 1865. Elle est inhumée dans l'église Notre-Dame-de-Lorette, à Wendake.
Elle avait épousé Hondawanhont Paul Picard, le 9 février 1807 à la Jeune-Lorette.
Elle est la mère de Tahourenche François-Xavier Picard, Grand Chef de la Nation huronne-wendat de 1870 à 1883.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Lawinonkie Marguerite Vincent est une artisane de la Nation huronne-wendat reconnue pour sa contribution significative à la transmission et à la mise en valeur des savoir-faire artisanaux traditionnels. Vers 1830, elle met sur pied un atelier de fabrication de raquettes, de mocassins, de mitaines, de toboggans et d'autres articles destinés aux militaires et à la clientèle touristique. Lawinonkie Marguerite Vincent y organise le travail et y enseigne les techniques de fabrication et de décoration de pièces artisanales. Une forte proportion du village y travaille, tout comme son mari, Hondawanhont Paul Picard Paul, et son neveu, Philippe Vincent. La qualité du travail de Lawinonkie Marguerite Vincent, ainsi que sa créativité, son ingéniosité et sa capacité d'adaptation permettent à son atelier de contribuer à la subsistance de plusieurs familles. Lawinonkie Marguerite Vincent est ainsi considérée comme une pionnière du développement de l'artisanat huron-wendat pendant le XIXe siècle.
Ahatsistari. « Paul Tahourenché, grand-chef des hurons (suite) ». L'Opinion publique, 30 janvier 1879, p. 52.
Ahatsistari. « Paul Tahourenché, grand-chef des hurons (suite) ». L'Opinion publique, 6 février 1879, p. 61-62.
BEAULIEU, Alain, Stéphanie BÉREAU et Jean TANGUAY. Les Wendats du Québec : territoire, économie et identité, 1650-1930. Québec, Les Éditions GID, 2013. 338 p.
DELÂGE, Denis. « La tradition de commerce chez les Hurons de Wendake ». Recherches amérindiennes au Québec. Vol. 30, no 3 (2000), p. 35-51.
MONTPETIT, A. N. « Paul Picard Honda8onhont ». L'Opinion publique, 7 septembre 1871, p. 430-433.
SAVIGNAC, Pierre H. et Marguerite VINCENT TEHARIOLINA. La nation huronne : son histoire, sa culture, son esprit. Québec, Éditions du Pélican, 1984. 507 p.
TANGUAY, Jean. « Marguerite Vincent La8inonkie : « la femme habile aux travaux d’aiguille » ». BEAULIEU, Alain, dir. et Stéphanie CHAFFRAY, dir. Représentation, métissage et pouvoir. La dynamique coloniale des échanges entre Autochtones, Européens et Canadiens (XVIe-XXe siècle). Québec, PUL, 2012, p. 447-474.
s.a. Identification de lieux, personnages ou thèmes d'importance historique nationale. Mémoire présenté dans le cadre du Projet de commémoration de l'histoire des Premières Nations. Wendake, Patrimoine Canadien/Parcs Canada, 1996. 73 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay, Louis d'
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.

Né vers 1612 à Ancy-le-Franc, en France, Louis d'Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay est le fils d'Antoine d'Ailleboust, conseiller ordinaire du prince de Condé, et de Suzanne Hotman.
À l'âge de 26 ans, d'Ailleboust est établi à Paris avec sa femme. Il a la réputation d'être un ingénieur militaire expérimenté. En 1641, il décide de se rendre en Nouvelle-France, accompagné de son épouse et de la sœur de celle-ci, Philippine-Gertrude de Boullongne. Avec ces dernières, il joint la Société Notre-Dame de Montréal, puis s'embarque pour la Nouvelle-France en 1643. Il arrive à Ville-Marie (Montréal) en septembre de la même année, après une courte escale à Québec. Rapidement, il est sollicité par Paul de Chomedey de Maisonneuve pour améliorer les fortifications de la cité. Il ajoute quatre bastions au fort. En 1645, il se fait confier la direction du poste de Ville-Marie lorsque Maisonneuve part en France.
En 1647, d'Ailleboust est appelé à la cour de France. À son arrivée, il est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en remplacement de Charles Huault de Montmagny. Il entre en fonction à l'automne 1648 et s'établit avec sa femme dans le nouveau château Saint-Louis. À ce poste, il s'efforce de combattre les Iroquois. Il met en place un camp volant visant à protéger la population des attaques iroquoises et nomme son neveu, Charles d'Ailleboust des Muceaux, à son commandement. Il améliore les fortifications de Trois-Rivières en 1650, ce qui permet notamment de sauver le bourg lors d'une attaque de 500 Agniers (Mohawks) en 1653. Il reprend les négociations entamées par Montmagny en 1647 avec les colonies de la Nouvelle-Angleterre, mais celles-ci refusent une alliance militaire contre les Iroquois, ce qui met fin à une possible entente. Dans la dernière année de son contrat, le gouverneur s'occupe de la traite de l'eau-de-vie avec les Autochtones et ordonne de faire cesser ce trafic au poste de Tadoussac.
Lorsque son mandat prend fin en 1651, d'Ailleboust se retire sur sa propriété, qu'il nomme de Coulonge, un domaine érigé en fief et châtellenie quelques années plus tard. En 1652 et 1653, il reçoit l'arrière-fief d'Argentenay, dans la seigneurie de l'Île-d'Orléans, et l'arrière-fief Saint-Vilmé, dans la seigneurie de Lauzon. Cette même année, il est élu syndic et marguillier de Québec. Il est nommé directeur général de la traite des pelleteries en Nouvelle-France par le gouverneur Jean de Lauson.
Lorsque le gouverneur Charles de Lauson de Charny quitte son poste en 1657, d'Ailleboust assume la charge de gouverneur par intérim de la colonie jusqu'à l'arrivée de Pierre de Voyer d'Argenson. En 1658, en qualité de gouverneur, il pose la première pierre de l'église du Petit Cap (église de Sainte-Anne-de-Beaupré) avec l'abbé Guillaume Vignal. Après l'entrée en fonction du gouverneur d'Argenson, il part pour Ville-Marie, où il entreprend la fortification du coteau Saint-Louis et la construction des bases de la citadelle. L'année suivante, il participe à l'accueil de Mgr François de Laval à Québec.
Il est décédé à Ville-Marie en mai 1660. Il est inhumé au cimetière de l'hôpital (à l'emplacement de la place d'Armes) à Ville-Marie.
Il avait épousé à Paris, en 1638, Marie-Barbe de Boullongne.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
DAVELUY, Marie-Claire. « Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay, Louis d' ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GAGNON, Ernest. Louis d'Ailleboust. Montréal, Librairie Beauchemin Limité, 1942. 189 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Beauharnois de La Boische, Charles de
Né(e) le 12 octobre 1671Décédé(e) le 12 juillet 1749

Baptisé le 12 octobre 1671 près d'Orléans, en France, Charles de Beauharnois de La Boische est le fils de François de Beauharnois de La Boische, avocat au parlement et directeur des finances et gabelles de la généralité d'Orléans, et de Marguerite-François Pyvart de Chastullé. Il est le frère de François de Beauharnois de La Chaussaye, intendant de la Nouvelle-France.
Entré dans l'armée en 1691, Beauharnois de La Boische participe à la guerre de la Ligue d'Augsbourg et la guerre de la Succession d'Espagne. Au cours de cette période, il passe vingt ans en mer. Il fait une expédition avec Pierre Le Moyne d'Iberville pour découvrir l'embouchure du Mississippi en 1698. Il reçoit le commandement du bateau La Seine en 1703. Il vient alors à Québec où son frère François est intendant. Il commande le bateau L'Achille en 1707 et est muté à Rochefort en 1710.
Beauharnois de La Boische est nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1726. Au cours de son mandat, il doit alors faire face aux volontés expansionnistes des colonies américaines. Il doit aussi négocier la paix avec des groupes autochtones, en plus de mener la politique d'exploration et d'expansion vers l'Ouest que le roi met en place après le traité d'Utrecht (1713).
Beauharnois de La Boische doit assurer la défense de la colonie lors de la guerre opposant la France à la Grande-Bretagne en 1744. Il doit également maintenir les alliances avec les groupes autochtones en Amérique du Nord. Il propose d'améliorer la défense de Québec, mais cette demande n'est pas entendue en France. Il est rappelé dans la métropole vers 1747 et est nommé lieutenant-général des armées navales en 1748.
Il est décédé à Paris le 12 juillet 1749.
Il avait épousé à La Rochelle, en 1716, Renée Pays.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
STANDEN, S. Dale. « Beauharnois de la Boische, Charles de, marquis de Beauharnois ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Beauharnois de La Chaussaye, François de
Né(e) le 19 septembre 1665Date exacte du décès inconnue.
Né le 19 septembre 1665 à Orléans, en France, François de Beauharnois de La Chaussaye est le fils de François de Beauharnois de La Boische, avocat au Parlement et directeur des finances et gabelles de la généralité d'Orléans, et de Marguerite-Françoise Pyvart de Chastullé. Il est le frère de Charles de Beauharnois de La Boische, gouverneur de la Nouvelle-France.
Issu d'une famille séculairement impliquée dans la magistrature française, Beauharnois de La Chaussaye chemine à travers différents offices au service de la marine. Avant 1694, il sert à Toulon à titre d'écrivain principal, puis y est promu commissaire ordonnateur. Il conserve cette fonction lorsqu'il travaille à Rochefort, en 1694, au Havre, un an plus tard, puis à Brest, en 1697. Fils aîné, il hérite de la plus grosse part des possessions de son père, notamment la seigneurie de La Chaussaye.
Beauharnois de La Chaussaye est choisi en 1702 pour remplacer Jean Bochart de Champigny comme intendant de la Nouvelle-France. Son intendance est surtout marquée par une tentative d'assainir les finances publiques, qui souffrent d'un déficit endémique sous l'administration de la Compagnie de la Colonie. Il cherche aussi à fortifier l'économie par la diversification des industries coloniales en stimulant la production de bois, la culture du lin et du chanvre ainsi que le développement des pêcheries. Il oeuvre à bonifier les délibérations des magistrats du Conseil souverain en demandant à Versailles le budget nécessaire à l'établissement d'une bibliothèque de traités de droit. Pour ses initiatives, l'intendant remporte toutefois un succès mitigé, notamment en raison d'un mièvre appui métropolitain. Son passage dans la colonie n'est que de courte durée; il rentre en France dès 1705.
Dès son retour dans la métropole, Beauharnois de La Chaussaye est nommé pour remplacer Antoine-François Phélypeaux d'Herbault, son cousin, à titre d'intendant des armées navales. Il occupe ce poste pendant cinq ans avant d'être choisi pour combler l'office d'intendant des classes. Quelques mois plus tard, à la mort de Michel Bégon de La Picardière, il remplace ce dernier comme intendant de la marine et de la généralité de La Rochelle. Il y demeure jusqu'en 1739, année où le ministre Jean-Frédéric Phélypeaux de Maurepas le nomme à nouveau intendant des armées navales, une fonction essentiellement honorifique. Il occupe cette charge jusqu'à sa mort.
En 1707, Beauharnois de La Chaussaye reçoit la baronnie de Beauville, en Acadie, que le roi érige à partir de la seigneurie de Port-Maltais.
Il est décédé à Orléans le 9 septembre 1746.
Il avait épousé en France, en 1691, Anne Desgrez, fille de François Desgrez, lieutenant de la compagnie du guet de la ville de Paris, et d'Anne Hugot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. « BEAUHARNOIS DE LA CHAUSSAYE, FRANÇOIS DE, baron de BEAUVILLE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/fr/bio/beauharnois_de_la_chaussaye_francois_de_3F.html
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Les intendants de la Nouvelle-France et la République des Lettres ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 1 (1975), p. 31-48.
MELANÇON, François. « LA BIBLIOTHÈQUE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE QUÉBEC (1717-1760) : FORMATION ET CONTENU. ». Mens. Vol. 5, no 2 (2005), p. 278-305.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
ROY, Pierre-Georges. Lettres de noblesse, généalogies, érections de comtés et baronnies insinuées par le Conseil souverain de la Nouvelle-France. Beauceville, L'Éclaireur, 1920. 282 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bégon de La Picardière, Michel
Né(e) le 21 mars 1667Décédé(e) le 18 janvier 1747

Né le 21 mars 1667 à Blois, en France, Michel Bégon de La Picardière est le fils de Michel Bégon de La Picardière, intendant de Saint-Domingue, intendant des galères à Marseille et intendant du port de Rochefort. Sa famille est apparentée à Jean-Baptiste Colbert, intendant des finances sous Louis XIV.
Bégon de La Picardière reçoit une commission d'écrivain principal à Toulon en 1686. Il devient commissaire à la Marine en 1690 et participe à la bataille de Béveziers en Angleterre. Il obtient une licence en droit à Orléans en 1694 et occupe le poste de conseiller au Parlement de Metz à partir de 1697. Il est inspecteur général de la Marine des provinces d'Aunis et de Saintonge à partir de 1704.
Bégon de La Picardière est nommé intendant de la Nouvelle-France en 1710 et arrive dans la colonie deux ans plus tard, dans un contexte marqué par la fin de la guerre de la Succession d'Espagne. Son mandat est caractérisé par le relèvement de l'économie de la colonie, qui est notamment affaiblie par le problème de la monnaie de cartes. Soupçonné d'utiliser ses pouvoirs officiels pour s'enrichir, il reçoit un avertissement du Conseil de la Marine en 1715. Il est alors placé sous la tutelle du gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil. Il intervient peu dans les affaires de la colonie au cours des cinq années suivantes.
Bégon de La Picardière met en place une culture du chanvre en Nouvelle-France, à partir de 1720. À deux reprises, il demande au Conseil de la Marine d'envoyer des esclaves noirs au Canada. Il est nommé intendant du Havre en 1723. Il quitte la Nouvelle-France en 1726 à l'arrivée de son successeur. Il est nommé intendant des armées navales en 1746.
Il est décédé à La Picardière, en France, le 18 janvier 1747.
Il avait épousé, en 1711, Jeanne-Élisabeth de Beauharnois de La Boische.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
BEAUREGARD, France. « Bégon de La Picardière, Michel ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
ZOLTVANY, Yves F. « Bégon de La Picardière, Michel ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bigot, François
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 12 janvier 1778
Né probablement en janvier 1703 à Bordeaux, en France, François Bigot est le fils de Louis-Amable Bigot, avocat, conseiller et greffier en chef, et de Marguerite Lombard.
Bigot étudie probablement le droit à Bordeaux. Il entre dans l'administration, au ministère de la Marine, en 1723. Il y est d'abord écrivain, commissaire, puis écrivain principal.
En 1739, Bigot est nommé commissaire ordonnateur à Louisbourg (île Royale). Au cours de son mandat, sa préoccupation majeure consiste à assurer le ravitaillement de la forteresse, en cas de guerre. Durant la guerre de la Succession d'Autriche, Bigot doit faire face à une révolte de la garnison. Plus tard, il subit le blocus de la forteresse par les bateaux anglais. Il fait partie du conseil de guerre qui confirme la capitulation de Louisbourg, le 26 juin 1745. Il rentre par la suite en France, où il est chargé de veiller à l'équipement des bateaux à Rochefort. Il participe aussi à la vaine tentative de reprendre Louisbourg, en 1746.
Bigot est nommé intendant de la Nouvelle-France en 1748. Il sera d'ailleurs le dernier. Avec le gouverneur Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière, il œuvre à soulever et armer les Autochtones d'Acadie contre Halifax, en 1750. Il pousse également les Français d'Acadie à la révolte contre la Grande-Bretagne. Il se consacre aussi à pourvoir la Nouvelle-France de vivres. Soupçonné de fraude et de corruption, il subit le mécontentement populaire pendant la guerre de Sept Ans. Il revient en France en 1760 à la suite de la défaite militaire.
En 1761, Bigot est arrêté et condamné à l'emprisonnement à la Bastille. Il y reste enfermé deux années. Il est traduit en justice, avec d'anciens associés, au cours du procès surnommé l'affaire du Canada. Le 10 décembre 1763, Bigot est condamné au bannissement à vie de la France en plus de devoir rembourser une importante somme d'argent. Il s'installe à Neuchâtel en Suisse et prend alors le nom de François Bar.
Il est décédé à Neuchâtel le 12 janvier 1778. Il est inhumé dans l'église Saint-Martin-L'Évêque de Cressier, près de Neuchâtel.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
BOSHER, J. F. et J.-C. DUBÉ. « Bigot, François ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
FRÉGAULT, Guy. François Bigot, administrateur français. Montréal, Guérin, 1994. 415 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
PORTEOUS, Hugh A. « Bigot, François ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bochart de Champigny, Jean
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 27 septembre 1720
Né vers 1643 en France, Jean Bochart de Champigny est le fils de Jean Bochart de Champigny, seigneur et administrateur royal, et de Marie de Boyvin.
Issu d'une des plus illustres familles de la noblesse de robe, Bochart de Champigny étudie dans un collège des Jésuites. Par la suite, il suit probablement une formation en droit, conformément à la tradition familiale, mais ne pratique jamais le métier d'avocat.
Avant son mariage, Bochart de Champigny reçoit de son père les seigneuries de Noroy et de Bachaumont. À la mort de ce dernier, en 1691, il hérite de la seigneurie de Champigny-sur-Marne.
En 1686, Bochart de Champigny est choisi pour remplir la charge d'intendant de la Nouvelle-France. Son intendance, d'une durée de seize années, est particulièrement marquée par des conflits contre les Cinq Nations iroquoises et les colonies anglaises. Bien que la conduite de la guerre repose pour l'essentiel sur les épaules du gouverneur, son rôle dans les opérations militaires est néanmoins vital. Il est notamment responsable d'administrer les assises logistiques des campagnes, au nombre desquelles figurent le budget, l'érection de forts ainsi que le transport et l'entretien des troupes. En 1701, il participe aux négociations menant à la signature du traité de la Grande Paix de Montréal.
En ce qui a trait à sa politique intérieure, Bochart de Champigny parvient à mener certaines réformes. Constatant la situation particulièrement déplorable des indigents de la colonie, il contribue à mettre en place les Bureaux des pauvres, un dispositif d'assistance visant à soulager la misère des plus pauvres et à leur trouver du travail. Il oeuvre, non sans difficultés, à réduire les abus qui sont devenus le corollaire de la traite des fourrures dans l'Ouest. L'intendant tente également de stimuler et diversifier l'économie en encourageant les pêcheries, l'exploitation des ressources forestières et la culture du lin et du chanvre, mais remporte un succès mitigé.
En 1702, après avoir occupé ses fonctions sous trois gouverneurs, Bochart de Champigny retourne en France pour servir d'intendant maritime au Havre. Dans les années qui suivent, le secrétaire d'État de la Marine, Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain, le consulte régulièrement sur l'administration de la colonie.
Il est décédé au Havre le 27 septembre 1720.
Il avait épousé, en 1666, Marie-Madeleine de Chaspoux, fille de Jacques de Chaspoux, contrôleur général des mines et minières de France et trésorier de France à Tours, et de Marie-Esther d'Archambault.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Les intendants de la Nouvelle-France et la République des Lettres ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 1 (1975), p. 31-48.
ECCLES, William John. « BOCHART DE CHAMPIGNY, JEAN ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=655
ECCLES, William John. Jean Bochart de Champigny - Intendant of New France 1686-1702. McGill, 1951. 396 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Boutroue d’Aubigny, Claude de
Né(e) le 9 juillet 1615Date exacte du décès inconnue.
Né le 9 juillet 1615 en France, Claude de Boutroue (Bouteroue) d'Aubigny est le fils de Claude de Boutroue, procureur au Parlement de Paris, et de Claude Rolland.
Après avoir effectué des études en droit, Boutroue d'Aubigny pratique le métier d'avocat. De 1634 à 1654, il travaille pour le Parlement de Paris et plaide notamment aux requêtes du Palais et à la Cour des aides. En 1654, alors qu'il est aussi premier marguiller de la paroisse de Saint-Josse, il achète une charge de conseiller à la Cour des monnaies. Numismate, il étudie les monnaies de France et tente de contrecarrer leur contrefaçon.
En 1668, Boutroue d'Aubigny est convoqué par Jean-Baptiste Colbert pour remplacer Jean Talon à titre d'intendant de la Nouvelle-France. Dans ses nouvelles fonctions, il doit, entre autres, stimuler le défrichement des terres par les habitants et s'assurer de l'augmentation de la population, notamment par une politique d'incitation au mariage précoce. Spécialiste des questions financières, il a la responsabilité de développer le secteur manufacturier, le commerce maritime, les pêcheries et possiblement le secteur minier.
Boutroue d'Aubigny reçoit aussi la tâche d'enquêter sur les avantages et les inconvénients de la vente d'eau-de-vie aux Autochtones, interdite jusqu'alors par un arrêt royal. Il fait adopter par le Conseil souverain en 1668 une ordonnance permettant, avec peu de réserve, la vente d'alcool aux peuples autochtones. Constatant les effets pervers de la consommation d'eau-de-vie chez les Autochtones, l'intendant prohibe, un an plus tard, la vente d'alcool dans les villages autochtones.
Au printemps 1669, Boutroue d'Aubigny est rappelé en France. Il demeure dans la colonie jusqu'au retour de Talon en 1670, mais c'est le secrétaire de ce dernier, Jean-Baptiste Patoulet, qui dirige les affaires courantes pendant l'intérim.
En 1671, Boutroue d'Aubigny est lieutenant général civil et criminel à l'amirauté de Dunkerque, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort.
Il a publié Recherches curieuses des monnayes de France... (1666).
Il est décédé en France vers 1678.
Il avait épousé, en 1644, Marie Lescot, fille de François Lescot, marchand drapier, et de Marie Lescot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Les intendants de la Nouvelle-France et la République des Lettres ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 1 (1975), p. 31-48.
ECCLES, William John. « BOUTROUE D'AUBIGNY, CLAUDE DE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada
Législature de Québec. Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France. Québec, Imprimerie A. Côté et cie, 1885. 1084 p.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. La seigneurie de la Compagnie des Indes occidentales, 1663-1674. Montréal, Fides, 1997. 895 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Brisay de Denonville, Jacques-René de
Né(e) le 10 décembre 1637Décédé(e) le 22 décembre 1710

Né le 10 décembre 1637 en France, Jacques-René de Brisay de Denonville est le fils de Pierre de Brisay de Denonville, militaire et conseiller du roi, et de Louise d'Alès de Corbet.
Le marquis de Denonville entre au service de l'armée française et devient capitaine dans le régiment royal en 1663. Il participe à plusieurs campagnes et occupe quelques fonctions importantes avant d'accéder au grade de général de brigade en 1683.
Denonville est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en 1685. Dès son arrivée en poste, il se rend jusqu'au fort Frontenac (Kingston, Ontario) pour observer l'état de la colonie. Il met en place une série de mesures visant à améliorer les conditions sociales et sanitaires en Nouvelle-France et conçoit l'idée de faire entrer les fils des nobles canadiens dans l'armée française pour assurer la défense de la colonie. Il met aussi en place une école de navigation à Québec, fait dessiner des cartes de la vallée du Saint-Laurent, régit la vente d'alcool et impose de nouvelles règles pour le commerce des fourrures. Le gouverneur prend également des mesures afin de minimiser les risques d'incendie à Montréal, à Trois-Rivières et à Québec. Il dénonce les pratiques de l'intendant Jacques de Meulles au ministre de la Marine, Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, qui le remplace par Jean Bochart de Champigny.
Durant son mandat, le gouverneur Denonville doit également prendre les armes pour affronter les menaces qui pèsent sur la colonie. Afin de contrecarrer la concurrence britannique, il envoie une expédition militaire qui s'empare de trois forts anglais à la baie James. Il fait aussi la guerre aux Iroquois, mais ne peut éviter le massacre de Lachine en 1689. Il est remplacé par Louis de Buade de Frontenac la même année.
De retour en France en 1689, Denonville est nommé maréchal des camps et armées du roi.
Il est décédé en France le 22 décembre 1710.
Il avait épousé, en France, en 1668, Catherine Courtin, fille de Germain Courtin de Tangeux.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
ECCLES, William John. « Brisay de Denonville, Jacques-René de, marquis de Denonville ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MARSH, James. « Denonville, Jacques-René de Brisay, marquis de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Buade de Frontenac, Louis de
Né(e) le 22 mai 1622Décédé(e) le 28 novembre 1698

Né le 22 mai 1622 à Saint-Germain, en France, Louis de Buade de Frontenac et de Palluau est le fils d'Henri de Buade, comte de Frontenac et baron de Palluau, et d'Anne Phélypeaux de Pontchartrain. Lors de son baptême, célébré en 1623, son parrain est le roi Louis XIII.
Frontenac étudie probablement chez les Jésuites. Il entre au service de l'armée et participe à la guerre de Trente Ans. En 1643, il devient maître de camp au régiment de Normandie. Blessé lors du siège d'Orbitello en 1646, il est récompensé par une nomination de maréchal de camp. Frontenac fréquente la cour du roi avant de faire partie de l'entourage de Gaston d'Orléans vers 1651. Il a un train de vie princier et cumule des dettes importantes. En 1669, il est lieutenant général des troupes en Crète durant quelques mois.
Frontenac est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en 1672. Il arrive à Québec au moment où l'intendant Jean Talon quitte la colonie sans successeur. Frontenac cumule alors les deux charges, ce qui entraîne des frictions avec le Conseil souverain de la Nouvelle-France et le gouverneur de Montréal. Frontenac met en place une politique d'expansion vers l'Ouest. Il établit un poste de traite sur le lac Ontario en 1673. Deux ans plus tard, le roi Louis XIV nomme Jacques Duchesneau au poste d'intendant de la Nouvelle-France afin de restreindre l'autorité du gouverneur général. Après plusieurs années de conflits avec l'intendant, le clergé et le Conseil souverain, Frontenac est rappelé en France en 1682.
Nommé à nouveau gouverneur de la Nouvelle-France en 1689, Frontenac doit faire face aux attaques des Iroquois, de même qu'aux offensives des Anglais lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Il tente sans succès d'apaiser les tensions avec les Cinq Nations. En 1690, après avoir organisé une offensive contre trois établissements anglais, il doit défendre Québec contre une attaque anglaise. Il établit de nouveaux postes de traite à l'ouest de la colonie, malgré les directives des autorités françaises qui craignent de voir les colons se disperser. Il participe ainsi à l'essor du commerce des fourrures, mais il contribue, du même coup, à l'expansion du territoire, le rendant difficile à défendre. En 1696, Frontenac envoie des troupes attaquer les Iroquois et les Outaouais qui ont formé une alliance contre les Français.
Il est décédé à Québec le 28 novembre 1698. Il est inhumé dans la chapelle des Récollets, à Québec.
Il avait épousé en France, en 1648, Anne de La Grange, fille du seigneur de Trianon et de Neufville.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ECCLES, William John. « Buade, Louis de, comte de Frontenac et de Palluau ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MOOGK, Peter N. « Frontenac, Louis de Buade, comte de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Callière, Louis-Hector de
Né(e) le 12 novembre 1648Décédé(e) le 26 mai 1703

Né le 12 novembre 1648 à Thorigny-sur-Vire, en France, Louis-Hector de Callière est le fils de Jacques de Callières, maréchal de camp et gouverneur de la ville de Cherbourg, et de Madeleine Potier de Courcy.
Callière se joint à l'armée vers 1664. Il est nommé gouverneur de Montréal en 1684. Faisant office de chef militaire, il est chargé d'organiser les défenses de la ville lors de la guerre avec les Iroquois. En 1687, il participe à une attaque contre les Cinq Nations. Avec le gouverneur de la Nouvelle-France, Jacques-René de Brisay de Denonville, il propose au roi Louis XIV d'attaquer New York afin de mettre un terme à la menace anglaise et afin de forcer les Iroquois à commercer avec les Français. Ce projet est finalement abandonné en 1689.
La même année, Callière met en place des mesures pour protéger la région de Montréal. Il mène une expédition de plus de 2 000 hommes contre les Onontagués en 1696. Deux ans plus tard, à la mort de Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, Callière remplace ce dernier au poste de gouverneur de la Nouvelle-France. En 1701, il négocie la Grande Paix de Montréal avec 39 nations autochtones, dont les Cinq Nations iroquoises. Il émet des réserves sur l'établissement du poste de Détroit, craignant de briser la paix avec les Autochtones. Il proteste également contre l'établissement de la Louisiane. Il souhaite que cette colonie soit placée sous son commandement, mais on le lui refuse. En 1702, lors de la guerre de la Succession d'Espagne, Callière guide la stratégie de la France en Amérique du Nord.
Il est décédé à Québec le 26 mai 1703. Il est inhumé dans la chapelle des Récollets à Québec.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
GREER, Allan. « Callière, Louis-Hector de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
ZOLTVANY, Yves F. « Callière, Louis-Hector de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Dubois Davaugour, Pierre
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 24 juillet 1664

Pierre Dubois Davaugour est né en France entre 1601 et 1611.
Militaire de carrière, Dubois Davaugour combat le Saint Empire romain germanique au cours de la guerre de Trente Ans. D'abord colonel dans la cavalerie française, il est plus tard attaché aux troupes de la Suède. En 1646, il agit en tant qu'officier de liaison du général Henri de La Tour d'Auvergne auprès du commandant des forces suédoises. À la fin de la guerre, il est déployé en Flandre avec les troupes françaises chargées de surveiller l'application du traité de paix. En 1658, il participe à une mission diplomatique en Suède.
En 1661, Dubois Davaugour est nommé gouverneur de la Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés. Au cours de la première année de son gouvernement, il appuie les recommandations des Jésuites et de Mgr François de Laval et interdit la vente d'eau-de-vie aux Autochtones. Il contribue également à peupler la colonie et à y renforcer la présence militaire en obtenant, avec le concours de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, l'envoi de 200 colons et de 100 soldats français. En outre, il abolit le Conseil de la Traite pour le remplacer par le Conseil général, un organe administratif dans lequel les conseillers ne sont plus élus, mais nommés par le gouverneur.
L'année suivant son arrivée, Dubois Davaugour prend le parti des marchands de fourrure et autorise la vente d'alcool aux peuples autochtones. Cette décision l'oppose notamment à Mgr de Laval et au gouverneur de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve, lesquels contestent cette volte-face. Alors que le premier persiste à menacer d'excommunication quiconque est pris à fournir des boissons enivrantes aux Autochtones, le second publie un édit interdisant ce commerce sur le territoire de son gouvernement.
Le mécontentement suscité par la question de l'eau-de-vie est accentué par les nouvelles réformes que Dubois Davaugour entreprend dans les structures administratives de la colonie. En 1662, il abolit le Conseil général qu'il avait établi l'année précédente pour le remplacer par un autre conseil au sein duquel il exerce une influence encore plus grande. Il renvoie les syndics, qui représentent les habitants auprès du Conseil depuis 1647, n'invite aucun ecclésiastique à siéger et augmente à dix le nombre de conseillers, tous nommés par lui.
En 1663, Dubois Davaugour est relevé de ses fonctions après que Mgr de Laval se soit plaint de sa conduite auprès du Conseil du roi Louis XIV. L'ancien gouverneur quitte la colonie le 23 juillet de la même année. De retour en Europe, il entre au service de l'électeur de Mayence et guerroie l'Empire ottoman dans les Balkans.
Il est décédé à la frontière de l'actuelle Croatie le 24 juillet 1664.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
ECCLES, William John. « Dubois Davaugour, Pierre ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault, Jacques
Né(e) le 20 février 1631Date exacte du décès inconnue.
Baptisé le 20 février 1631 à Tours, en France, Jacques Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault est le fils de Jacques Duchesneau, trésorier de France en la généralité de Tours, et de Renée Robin.
Issu d'une famille appartenant à la noblesse de robe, Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault hérite de l'office de trésorier de France en la généralité de Tours vers 1664 ainsi que des seigneuries de La Doussinière et d'Ambrault.
En 1675, Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault est nommé intendant de la Nouvelle-France, un poste laissé sans titulaire depuis le départ de Jean Talon trois ans plus tôt. Il reçoit la mission de perpétuer le travail de ce dernier en contribuant à développer différentes industries. Le manque de subventions de la métropole l'empêche toutefois de mener à bien cette tâche.
L'intendance de Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault est marquée par de fréquents accrochages avec le gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau. Le retour d'un intendant à Québec diminue le rôle du gouverneur dans l'administration de la colonie, une situation qui ne plaît pas à Frontenac. Les deux hommes entrent très tôt en opposition à propos de la présidence du Conseil souverain, que l'édit de réforme du Conseil de 1675 accorde dans les faits à l'intendant, mais que le gouverneur refuse de lui reconnaître. Les rapports difficiles de Duchesneau avec Frontenac persistent tout au long de son mandat en Nouvelle-France et portent sur divers sujets, dont la vente de l'eau-de-vie aux Autochtones, qu'il souhaite interdire. Il est rappelé en France en 1682, en même temps que le gouverneur.
À son retour en Europe, Duchesneau de La Doussinière et d'Ambrault reprend sa charge de trésorier de France, une fonction qu'il occupe vraisemblablement jusqu'en 1687.
Il est décédé à Ambrault, en France, en 1696.
Il avait épousé, en 1654, Jeanne Gilles de La Grue, fille de Jean Gilles, seigneur de La Grue, et de Geneviève Le Blatier du Belloy.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
Fédération québécoise des sociétés de généalogie. Fichier Origine [En Ligne]. http://www.fichierorigine.com/
GIRARD, Jacques. « Les industries de transformation de la Nouvelle-France ». Cahiers de géographie du Québec. Vol. 3, no 6 (1959), p. 305-320.
LAMONTAGNE, Léopold. « DUCHESNEAU DE LA DOUSSINIÈRE ET D'AMBAULT, JACQUES ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=188
LANCTOT, Gustave. « Les fonctions de l'intendant ». Rapports annuels de la Société historique du Canada. Vol. 8, no 1 (1929), p. 73-90.
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
STANLEY, George Francis Gilman. « The Indians and the Brandy Trade During the Ancien Regime ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 6, no 4 (1953), p. 489-505.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Dupuy, Claude-Thomas
Né(e) le 10 décembre 1678Décédé(e) le 15 septembre 1738

Né le 10 décembre 1678 à Paris, Claude-Thomas Dupuy est le fils de Claude Dupuy, marchand, et d'Élisabeth Aubry.
Dupuy étudie au collège de Beauvais à Paris de 1688 à 1696 et obtient sa licence en droit en 1699. Deux ans plus tard, ses parents lui achètent une charge de conseiller et d'avocat du roi au siège présidial du Châtelet de Paris. Il devient avocat général au Grand Conseil en 1708, maître des requêtes en 1720, puis maître des requêtes honoraire à partir de 1723.
Nommé intendant de la Nouvelle-France en 1725, Dupuy arrive à Québec l'année suivante. Il est chargé d'administrer la justice dans la colonie. Durant son mandat, il examine les problèmes posés par la colonisation française en Amérique du Nord, notamment la question des droits des Français sur le territoire des Iroquois. Il œuvre également à l'exploitation des sols et encourage la culture du chanvre, sans obtenir beaucoup de succès. Dupuy s'intéresse aussi à l'aménagement de la ville de Québec et légifère sur l'exploitation des cabarets. Il se penche sur la question des finances et en vient à la conclusion que la métropole n'envoie pas suffisamment de ressources dans la colonie canadienne.
L'intendant Dupuy ne s'entend pas avec le gouverneur de la Nouvelle-France, Charles de Beauharnois. À la mort de l'évêque de Québec, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, en décembre 1727, Dupuy est nommé exécuteur testamentaire et doit arbitrer un conflit au sujet de la présidence des obsèques de l'évêque. Sa mauvaise gestion de la crise lui vaut les reproches du roi Louis XV, qui le rappelle en France en 1728. Comme l'intendant avait contracté des dettes importantes lors de son mandat, ses biens sont saisis, puis vendus. Dupuy passe les dernières années de sa vie à la construction de machines hydrauliques.
Il est décédé au château de Carcé, en France, le 15 septembre 1738.
Il avait épousé, en 1724, Marie-Madeleine Lefouyn.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Claude-Thomas Dupuy, intendant de la Nouvelle-France, 1678-1738. Montréal, Fides, 1969. 395 p.
DUBÉ, Jean-Claude. « Dupuy, Claude-Thomas ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
MAUDE, Mary McDougall. « Dupuy, Claude-Thomas ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Duquesne de Menneville, Ange
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 17 septembre 1778

Né vers 1700 à Toulon, en France, Ange Duquesne de Menneville est le fils d'Abraham Duquesne, officier dans la Marine, et d'Ursule-Thérèse Possel.
Issu d'une famille de marins, de commerçants et de militaires, Duquesne de Menneville entre dans les troupes de la Marine vers l'âge de 13 ans alors qu'il sert comme garde-marine à Toulon. En 1726, il devient enseigne en second avant d'être nommé lieutenant de vaisseau en 1735. Il participe à la guerre de Succession d'Autriche et connaît du succès contre les Britanniques et les pirates africains. Lors des dernières années du conflit, il reçoit le grade de major et le commandement du port de Toulon, un poste qu'il abandonne en 1749 pour reprendre la mer.
Duquesne de Menneville est choisi en 1751 pour succéder à Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière au poste de gouverneur général de la Nouvelle-France. Sa mission consiste, entre autres, à protéger le commerce des fourrures, à expulser les marchands britanniques de la vallée de l'Ohio et à pacifier les nations autochtones. Il a également la responsabilité d'aider l'intendant François Bigot à diminuer les dépenses de la France liées à l'administration de la colonie.
À son arrivée à Québec le 1er juillet 1752, Duquesne de Menneville met de l'ordre dans l'armée et la milice. Il prépare une première expédition vers la région de l'Ohio, qu'il confie à Paul-Marin de La Malgue. Le résultat de cette opération de 1753 et 1754 est mitigé. Le gouverneur général lance une seconde expédition qui culmine en 1754 avec la construction du fort Duquesne et la mainmise française sur la région. Face à la menace d'une riposte anglaise, il concentre ses troupes à la frontière sud-ouest et consolide le fort Duquesne et les postes annexes.
À l'été 1755, Duquesne de Menneville est remplacé par Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial et quitte la Nouvelle-France. Blâmé par son successeur pour avoir délaissé, au profit de l'Ohio, le renforcement des forts et des postes de l'Acadie et du lac Champlain, l'ancien gouverneur général est dégagé de toutes responsabilités à son retour en France. Il réintègre la Marine et est nommé inspecteur général des côtes de France en 1756. L'année suivante, il assure le commandement, à titre intérimaire, de la flotte de Toulon. Défait en 1758, il perd son navire et est fait prisonnier en Angleterre. À sa libération, l'officier reste au service de la Marine jusqu'en 1776.
Il est décédé à Antony, en France, le 17 septembre 1778.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
CÔTÉ, Pierre-L. « Duquesne de Menneville, Ange ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MAUDE, Mary McDougall. « Duquesne, Ange Duquesne de Menneville, marquis de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Hocquart, Gilles
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 1er avril 1783

Né en 1694 à Mortagne-au-Perche, en France, Gilles Hocquart est le fils de Jean-Hyacinthe Hocquart, intendant, et de Marie-Françoise Michelet Du Cosnier.
Hocquart devient écrivain au commissariat de la Marine à Rochefort en 1702. Il réside à Brest avec son père de 1706 à 1716, puis s'installe à Toulon en 1716 à titre de petit commissaire. Entre 1722 et 1729, il travaille comme commissaire ordinaire et contrôleur à Rochefort. Au moment où il quitte cette ville, il possède le titre de commandant en second.
Hocquart est nommé commissaire ordonnateur et intendant intérimaire de la Nouvelle-France en 1729, puis intendant de la Nouvelle-France en 1731. Il est chargé de promouvoir le commerce canadien au sein de l'empire atlantique français, tout en s'assurant de limiter les dépenses de la métropole envers sa colonie. Il décide donc de favoriser l'émergence d'une bourgeoisie commerciale canadienne et se rend en France en 1736 dans le but de solliciter de l'aide pour mettre en place des réformes.
Hocquart travaille sur plusieurs plans pour améliorer le commerce de la colonie. Il est, entre autres, le promoteur des forges du Saint-Maurice, il favorise l'expansion de la traite des fourrures, il appuie les expéditions de Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye dans les années 1730, il fait construire des routes et il permet l'agrandissement du chemin du Roi, sur la rive nord du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec. Il favorise également le développement de l'industrie navale. Avec le gouverneur Charles de Beauharnois, Hocquart encourage l'expansion du système seigneurial. Il favorise aussi la culture de la pomme de terre, du lin et du tabac en Nouvelle-France et tente d'ouvrir différents marchés pour les produits d'exportation canadiens.
L'effet des différentes réformes implantées par Hocquart est amoindri par de mauvaises récoltes, par la faillite des forges du Saint-Maurice en 1741 et par la guerre entre la France et la Grande-Bretagne à partir de 1744. Remplacé par l'intendant François Bigot en 1748, il est intendant à Brest de 1749 à 1764.
Il est décédé à Paris le 1er avril 1783.
Il avait épousé à Brest, en France, en 1750, Anne-Catherine de La Lande.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
HORTON, Donald J. « Hocquart, Gilles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MAUDE, Mary McDougall. « Hocquart, Gilles ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Huault de Montmagny, Charles
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.

Charles Huault de Montmagny est né en France vers 1583.
Éduqué par les Jésuites en France, Huault de Montmagny entre dans l'ordre de Malte en 1622. Il devient ensuite officier de marine et combat contre les Turcs et les corsaires d'Alger et de Tripoli. En 1632, il devient un des directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France et est nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1635.
Huault de Montmagny arrive à Québec en 1636 et fait le tour de la colonie, du cap Tourmente à l'île Montmagny (aujourd'hui Laval). Il réorganise les défenses militaires de la colonie et fortifie le château Saint-Louis à Québec. Il nomme les premières rues de la ville de Québec et fait également construire un magasin et une plate-forme fortifiée à Trois-Rivières. Vers 1641, Huault de Montmagny tente de convaincre Maisonneuve de s'installer sur l'île d'Orléans plutôt que sur l'île de Montréal. Lorsque les Iroquois déclarent la guerre aux Français en 1642, il parlemente avec eux et fait construire le fort Richelieu. Il conclut un traité de paix avec les Agniers, à Trois-Rivières, en 1645.
Huault de Montmagny est rappelé en France en 1648 et devient receveur du prieuré de France. Il obtient le gouvernement de l'île Saint-Christophe, aux Antilles quatre ans plus tard.
Il est décédé dans l'île Saint-Christophe, aux Antilles, vers 1653.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
HAMELIN, Jean. « Huault de Montmagny, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MAUDE, Mary McDougall. « Montmagny, Charles Huault de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lauson, Jean de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 16 février 1666

Né vers 1584 en France, Jean de Lauson est le fils de François de Lauson, conseiller au Parlement de Paris, et d'Isabelle Lottin.
Lauson est nommé conseiller au Parlement de Paris en 1613, puis maître des requêtes en 1622. Il devient successivement président du grand conseil, intendant de Provence puis de Guyenne, et intendant du Dauphiné en 1640.
En 1627, Lauson participe à la fondation de la Compagnie des Cent-Associés. Il est nommé intendant de la compagnie et la dirige en l'absence du cardinal de Richelieu. Il s'occupe des négociations après la prise de Québec par les frères Kirke en 1629 et supporte les Jésuites dans leur campagne pour obtenir l'exclusivité de l'apostolat au Canada. Comme intendant de la compagnie, Lauson obtient de vastes concessions pour sa famille. En 1640, les Lauson, père et fils, deviennent les plus grands propriétaires fonciers de la Nouvelle-France.
En 1651, Lauson est nommé gouverneur de Nouvelle-France alors que la situation de la colonie se détériore en raison des guerres iroquoises. Il est le seul gouverneur français qui ait établi ses fils au Canada. Il négocie des traités avec les Autochtones, prend des mesures économiques et tente de relancer le commerce de la fourrure pour ramener la prospérité dans une colonie menacée par la faillite. Il tente, sans succès, de s'emparer du monopole de la fourrure, puis rentre en France en 1656, après s'être approprié d'une part importante de la cargaison annuelle.
Il est décédé à Paris le 16 février 1666. Il est inhumé à Paris.
Il avait épousé, avant 1632, Marie Gaudar, fille de François Gaudar, conseiller au Parlement de Paris, et de Denize Canaye.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
MARCHI, François. Généalogie Québec [En Ligne]. http://genealogiequebec.info
MONET, J. « Lauson, Jean de (père) ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Febvre de La Barre, Joseph-Antoine
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 4 mai 1688

Né en 1622 à Crépy-en-Valois, en France, Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre est le fils d'Antoine Le Febvre de La Barre, conseiller au parlement de Paris, prévôt des marchands, et de Madeleine Belin.
En 1645, Le Febvre de La Barre obtient un siège de conseiller au parlement. Cinq ans plus tard, il assume la charge de maître des requêtes. Après avoir travaillé un court moment comme intendant de Paris, puis de Grenoble, il remplit le même rôle dans la province du Dauphiné en 1659. À la suite d'une plainte de Jean-Baptiste Colbert, il doit quitter l'administration.
Le Febvre de La Barre s'illustre dans l'armée française. En 1661, il agit en tant que capitaine de vaisseau dans la marine royale et, trois années plus tard, il commande une escadre envoyée à la Guyane aux côtés d'Alexandre de Prouville de Tracy. Le militaire reprend Cayenne aux Hollandais, puis est nommé gouverneur de la Guyane. Il développe la colonie et dresse les fortifications. En 1666, il est créé lieutenant général et part pour les Antilles, où il s'allie avec les Hollandais afin de combattre les navires anglais. Au cours des années suivantes, il commande d'autres vaisseaux lors du conflit opposant la France et l'Angleterre (Royaume-Uni) à la Hollande (Pays-Bas).
En 1682, Le Febvre de La Barre est affecté comme gouverneur général de la Nouvelle France par le roi Louis XIV. À son arrivée à Québec, il est notamment confronté à la pression des Anglais dans la baie d'Hudson. En multipliant les ententes commerciales avec des marchands canadiens, il favorise la création de la Compagnie du Nord, qui rivalise pendant quelques années avec les activités de traite exercées par la Compagnie de la Baie d'Hudson.
Devant également faire face à la menace iroquoise, Le Febvre de La Barre dirige, à l'été 1684, une expédition contre ces derniers. Il part avec une petite armée de 700 Canadiens, 150 réguliers et 400 Autochtones jusqu'au fort Frontenac. Ses troupes sont rapidement décimées par la maladie et la disette et il doit conclure un traité de paix peu avantageux pour les Français et leurs alliés. Le gouverneur s'attire les reproches de ses supérieurs pour cette guerre mal préparée et il est démis de ses fonctions en 1685. En août, il quitte Québec puis se retire en France.
Il est décédé à Paris le 4 mai 1688. Il est inhumé dans la même ville, à l'église Saint Gervais-Saint-Protais.
Il avait épousé en 1645, Marie Mandat, fille de Gallot Mandat, maître des comptes.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
GREER, Allan. « La Barre, Joseph-Antoine Le Febvre de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
LA ROCQUE DE ROQUEBRUNE, R. « Le Febvre de La Barre, Joseph-Antoine ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
ROY, Regis. « Joseph-Antoine Lefebvre, sieur de la Barre, gouverneur de la Nouvelle-France en 1682 ». Bulletin de recherches historiques. Vol. 20, no 2 (1914), p. 46-51.
ZOLTVANY, Yves F. « Le Ber, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Meulles, Jacques de
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.
Jacques de Meulles est né en France, vers 1650.
De Meulles est intendant de la Nouvelle-France de 1682 à 1686. Il arrive à Québec, avec le gouverneur Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre, au mois d'octobre 1682. Dès leur arrivée, ils permettent aux colons de commercer avec les Autochtones du Nord afin de freiner l'expansion de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Ils planifient également une expédition contre les Iroquois.
Constatant plusieurs problèmes organisationnels en Nouvelle-France, De Meulles met en place quelques pratiques originales. Il croit notamment que la corruption règne dans les cours de justice. Il leur retire plusieurs causes et les juge lui-même. Durant son mandat, l'intendant incite la couronne à acheter la brasserie de Jean Talon et fait transformer le bâtiment en palais de justice. Il introduit également la monnaie de carte en Nouvelle-France pour acquitter les gages des troupes régulières françaises. Il s'agit de la première monnaie de papier utilisée en Amérique du Nord. Il doit par ailleurs prendre des mesures contre une épidémie de grippe espagnole en 1684.
De Meulles critique certaines décisions du gouverneur Le Febvre de La Barre, qui est rappelé en 1685. L'intendant voyage en Acadie en 1685 et 1686, mais est soupçonné de malversations, ce qui entraîne son rappel en France en 1686.
Il est décédé en France en mai 1703.
Il avait épousé, en 1674, la fille de Michel Bégon.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
ECCLES, William John. « Meulles, Jacques de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Raudot, Antoine-Denis
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 28 juillet 1737
Né en 1679 en France, Antoine-Denis Raudot est le fils de Jacques Raudot, conseiller à la Cour des aides de Paris et intendant de la Nouvelle-France, et de Françoise Gioux.
Raudot occupe, en 1699, le poste d'écrivain ordinaire du département de la marine et, cinq ans plus tard, celui d'inspecteur général de la marine en Flandre et en Picardie.
En 1705, Raudot reçoit, conjointement avec son père, la commission d'intendant de la Nouvelle-France. Nommé pour seconder ce dernier, dont la santé est chancelante, il doit le remplacer lorsque celui-ci se trouve dans l'incapacité d'exercer ses fonctions. Doué pour l'économie, il est responsable des finances de l'intendance.
À son arrivée, Raudot dresse un portrait accablant de la situation économique de la colonie. La guerre et le manque de capitaux empêchent le développement de nouvelles entreprises et la saturation du marché des fourrures en Europe ruine la principale activité commerciale du Canada. La solution pour redresser l'économie de la Nouvelle-France passe selon lui par la diversification du commerce. Il suggère l'ouverture des secteurs du bois, de l'agriculture et de la pêche. Constatant les longues distances qui séparent la colonie de la France et des Antilles, il propose la création d'une ville située sur l'île du Cap-Breton, qui deviendrait un marché pour les produits canadiens. Son rapport suscite l'enthousiasme du ministre de la Marine, mais la crise financière que traverse la France empêche la concrétisation de son projet.
Au nombre de ses réalisations, Raudot contribue à améliorer les conditions de travail des agriculteurs et encourage la création d'une bourse à Québec pour les commerçants. Il s'emploie aussi à promouvoir les affaires de la Nouvelle-France en émettant plusieurs ordonnances touchant à l'économie et aux moeurs. En 1710, sa mésentente avec le gouverneur général Philippe de Rigaud de Vaudreuil le pousse toutefois à demander son rappel en France.
De retour en sol français, Raudot cumule plusieurs fonctions, dont celles d'intendant des classes (1710), de conseiller aux affaires coloniales (1711), de directeur de la Compagnie des Indes (1717) et de conseiller de la marine (1728).
Il a écrit Relation par lettres de l'Amérique septentrionale (années 1709 et 1710), un ouvrage publié à titre posthume en 1904.
Il est décédé à Versailles le 28 juillet 1737.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
HORTON, Donald J. « Raudot, Antoine-Denis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Raudot, Jacques
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 20 février 1728

Né en 1638, Jacques Raudot est le fils de Jean Raudot, seigneur de Bazernes et de Coudray, fermier général et secrétaire du roi, et de Marguerite Talon, fille de Jean Talon, receveur général des « boettes et monnoyes de France ».
Raudot reçoit une formation en droit et exerce la profession d'avocat au Parlement de Paris jusqu'en 1673. Il devient conseiller au Parlement de Metz, puis conseiller à la Cour des aides de Paris à partir de 1678. En 1705, à l'âge de 66 ans, il est nommé intendant de la Nouvelle-France, conjointement avec son fils Antoine-Denis. Tous deux arrivent à Québec la même année.
La Nouvelle-France connaît alors une situation économique précaire, à laquelle s'ajoutent des rumeurs de corruption des membres du Conseil supérieur et des administrateurs de la Compagnie de la Colonie. Tout au long de son mandat, l'intendant Raudot critique sévèrement les institutions coloniales et les fonctionnaires, ainsi que la tolérance de la population envers leurs abus. Convaincu de la nécessité de réformes importantes, il confie l'administration des finances à son fils afin de concentrer ses efforts sur l'ordre public et l'administration de la justice.
L'intendant s'attaque à la Compagnie de la Colonie, dont les administrateurs sont accusés de malversations. Sa résolution à dissoudre le conseil d'administration de la compagnie et de le remplacer par des délégués soulève toutefois une vive opposition de la part des directeurs et de l'administration coloniale. Se sentant humilié par les protestations émises au cours d'une assemblée par le procureur général du Conseil supérieur, François-Madeleine-Fortuné Ruette d'Auteuil de Monceaux, Raudot parvient à le faire démettre de ses fonctions et à gérer lui-même la justice.
Dans le but de mettre fin aux abus des seigneurs envers les habitants, Raudot propose aussi, sans succès, une importante réforme du régime seigneurial. Les décrets qu'il rédige à ce propos, bien que jamais appliqués, attirent néanmoins l'attention des autorités françaises sur les inconvénients du système seigneurial et sur la nécessité de sa refonte.
Au cours de son mandat en Nouvelle-France, Raudot tente de renforcer le pouvoir de l'intendant par rapport à celui du gouverneur. Les dernières années de son règne sont d'ailleurs marquées par une querelle personnelle et administrative avec le gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil, contre lequel Raudot émet une imposante série de griefs et d'accusations, espérant ruiner sa carrière.
En 1709, Raudot invoque l'animosité de Vaudreuil et la rigueur du climat canadien pour demander son rappel, ainsi que celui de son fils. Antoine-Denis rentre en France l'année suivante pour occuper les fonctions d'intendant des classes. Son père le suit en 1711 et occupe des fonctions prestigieuses au sein du département de la Marine. En 1722, il accède au poste de conseiller honoraire à la Cour des aides, couronnement de sa carrière.
Il est décédé à Paris le 20 février 1728.
Il avait épousé Françoise Gioux, fille d'un procureur au parlement, probablement de Paris. Il est le père d'Antoine-Denis Raudot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse : de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
HORTON, Donald J. « Raudot, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MAUDE, Mary McDougall. « Raudot, Jacques ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rémy de Courcelle, Daniel de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 24 octobre 1698

Daniel de Rémy de Courcelle, sieur de Montigny, de La Fresnaye et de Courcelle, est né en 1626.
Rémy de Courcelle est d'abord gouverneur de Thionville, en Lorraine, avant d'être nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1665. Il arrive à Québec la même année, en même temps que l'intendant Jean Talon.
Son règne est marqué par les guerres contre les Iroquois, qui attaquent régulièrement la colonie canadienne. En qualité de commandant des troupes, Rémy de Courcelle tente à deux reprises d'envahir le pays des Agniers, ennemis des Français. La première expédition, partie de Québec au cours de l'hiver 1666, se solde par un échec en raison du froid intense et de l'absence de guides autochtones. À l'automne 1666, une nouvelle expédition, plus imposante que la première, parvient à conquérir les territoires agniers et à faire cesser les attaques iroquoises contre les alliés autochtones des Français.
Au cours des années suivantes, Rémy de Courcelle veille à maintenir la paix conclue avec les Agniers. En 1670, les hostilités reprennent dans l'Ouest entre Iroquois et Algonquins. Afin d'éviter que la guerre ne s'étende aux Français, le gouverneur mène dès l'année suivante une expédition de Ville-Marie (Montréal) jusqu'au lac Ontario, à la recherche d'un endroit propice à la construction d'un fort et d'un poste de traite. Un poste sera finalement établi deux ans plus tard, à l'embouchure de la rivière Cataracoui, par Louis de Buade, comte de Frontenac, son successeur à la fonction de gouverneur.
Le règne de Rémy de Courcelle est également marqué par d'incessantes querelles avec les intendants Jean Talon et Claude de Boutroue d'Aubigny, ainsi qu'avec certains de ses subordonnés. Le gouverneur favorise activement l'exploration de l'Ouest, permettant ainsi à la France de réclamer de vastes territoires et d'établir des relations commerciales avec les nations autochtones. Les milices de la Nouvelle-France sont instituées sous son règne.
En 1671, Rémy de Courcelle invoque des raisons de santé pour demander son rappel. Il s'embarque pour la France à la fin de novembre 1672.
Il est décédé le 24 octobre 1698, peut-être à Toulon.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ECCLES, William John. « Rémy de Courcelle (Courcelles), Daniel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GREER, Allan. « Courcelle, Daniel de Rémy de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, Pierre de
Né(e) le 22 novembre 1698Décédé(e) le 4 août 1778

Né le 22 novembre 1698 à Québec, Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial est le fils de Philippe de Rigaud de Vaudreuil, marquis de Vaudreuil et gouverneur général de la Nouvelle-France, et de Louise-Élisabeth de Joybert de Soulanges et de Marson.
Vaudreuil entreprend une carrière militaire dans les troupes de la Marine. En 1708, il reçoit une commission d'enseigne, puis, trois ans plus tard, il est promu lieutenant et garde-marine. Envoyé en France par son père en 1713, il rentre à Québec en 1715 avec le grade de capitaine. À la mort de ce dernier en 1725, sa mère retourne en France et lui obtient le titre de major des troupes au Canada. En 1728, il se voit décerner le grade d'aide-major et, deux ans plus tard, il accède au rang de lieutenant de vaisseau.
En 1733, Vaudreuil est nommé gouverneur de Trois-Rivières. En 1742, il obtient le même poste en Louisiane où il a la responsabilité de maintenir la souveraineté française dans la région. Ses efforts lui valent, quatre ans plus tard, d'être promu capitaine. Durant sa gouvernance de la Louisiane, il s'allie plusieurs nations autochtones et instaure une relative prospérité économique.
Lors d'un séjour en France en 1755, Vaudreuil obtient le poste de gouverneur général de la Nouvelle-France. Pendant son absence, des altercations surviennent dans la vallée de l'Ohio marquant le début de la guerre de la Conquête. En tant que gouverneur, sa principale préoccupation est d'ordre guerrier. Il assure la conduite des opérations militaires, et les victoires de 1756 et de 1757 semblent alors donner raison à sa tactique de combat.
L'année 1758 marque le point tournant de la guerre. Le gouvernement britannique est déterminé à éliminer la présence française en Amérique du Nord. Cette même année, le conflit entre Vaudreuil et le lieutenant général des forces armées, Louis-Joseph de Montcalm, s'accentue. Les deux dirigeants ne s'accordent pas sur la stratégie militaire à adopter durant le conflit. Vaudreuil favorise une guerre menée aux frontières tandis que Montcalm préconise une guerre à l'européenne concentrée au centre de la colonie. Alors que la ville de Québec est assiégée en juin 1759, le gouverneur donne provisoirement le commandement de toutes les forces armées à Montcalm qui tient les Britanniques en échec pendant tout l'été. En septembre, surviennent la bataille des Plaines d'Abraham et la chute de Québec. Le gouverneur, présent sur les lieux, est contraint de fuir.
Le printemps suivant, Vaudreuil lance avec succès une nouvelle attaque sur Québec, mais devant l'arrivée d'une flotte britannique, il doit se replier sur Montréal qui capitule en septembre 1760. Avant de signer la reddition de la ville, il réussit à acquérir des conditions protégeant les droits des Canadiens en matière de propriété, de loi et de religion, mais n'obtient pas les honneurs de la guerre pour les troupes.
De retour en France le 28 novembre 1760, Vaudreuil doit faire face au mécontentement du roi et du gouvernement français qui cherchent un coupable pour la perte de la colonie et pour les énormes dépenses effectuées pour en assurer la défense. La responsabilité lui incombe en grande partie et il est envoyé à la Bastille le 30 mars 1762 où il demeure jusqu'au 18 mai. Il est disculpé l'année suivante et se retire dans sa maison de Paris où il profite de sa retraite jusqu'à sa mort.
Il est décédé le 4 août 1778 à Paris.
Il avait épousé en 1746, Jeanne-Charlotte de Fleury Deschambeault, veuve de François le Verrier de Rousson.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ECCLES, William John. « Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, Pierre de, marquis de Vaudreuil ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MCDOUGALL, Maude Mary. « Vaudreuil, Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, marquis de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rigaud de Vaudreuil, Philippe de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 10 octobre 1725

Né vers 1643 près de Revel, en France, Philippe de Rigaud de Vaudreuil est le fils de Jean-Louis de Rigaud, cornette dans l'armée française, et de Marie de Chateauverdun.
Rigaud de Vaudreuil est mousquetaire de 1672 à 1687 et participe à la guerre contre la Hollande à partir de 1672. Il est aide de camp en Allemagne par la suite.
Nommé commandant des troupes françaises au Canada en 1687, Rigaud de Vaudreuil est gouverneur intérimaire de Montréal en 1689. Cette année-là, son manque d'expérience et de jugement aurait causé le désastre de Lachine. Il dirige plusieurs expéditions contre les Iroquois entre 1690 et 1700. À la mort de Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, survenue en 1698, il demande à le remplacer à titre de gouverneur de la Nouvelle-France. C'est plutôt Louis-Hector de Callière qui obtient le poste. Rigaud de Vaudreuil est alors nommé gouverneur de Montréal. Il fait interdire la vente d'eau-de-vie aux Autochtones en 1702, ce qui lui vaut plus tard l'appui des Sulpiciens.
Rigaud de Vaudreuil devient gouverneur de la Nouvelle-France en 1703. Il fait alors face à la menace des colonies américaines dans le contexte de la guerre de la Succession d'Espagne. Il doit également gérer la question des alliances avec les Autochtones, mises en danger par la baisse du commerce des fourrures. De 1703 à 1710, il est en conflit avec les intendants Jacques et Antoine-Denis Raudot. Il envoie un détachement à Détroit vers 1712 pour éviter un conflit entre les groupes autochtones à l'ouest de la colonie. En 1715, il se trouve en France et encourage le Conseil de la Marine à raffermir la position géopolitique de la Nouvelle-France. Pour se faire, il recommande d'augmenter l'émigration vers la colonie et de consolider les alliances avec les Autochtones. Il reçoit l'aval du Conseil de la Marine pour mettre en place son programme. On lui ordonne cependant de ménager la paix avec les colonies américaines.
À compter de 1717, le gouverneur Vaudreuil fait face à des tensions entre le Canada et la colonie de la Louisiane. Il doit également empêcher l'expansion des colonies britanniques dans la région des Grands Lacs et dans l'Est. Pour ce faire, il obtient des Iroquois l'autorisation d'ériger trois postes commerciaux sur les rives du lac Ontario. Il incite par ailleurs les Abénaquis à s'opposer à l'expansion britannique dans la baie du Massachusetts.
Rigaud de Vaudreuil participe à la traite des fourrures avant 1716. Par la suite, il exploite les postes de Témiscamingue et de l'île aux Tourtes.
Il est décédé à Québec le 10 octobre 1725. Il est inhumé dans la chapelle des Récollets, mais son cœur est envoyé en France.
Il avait épousé en Nouvelle-France, Louise-Élisabeth Joybert.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
ZOLTVANY, Yves F. Philippe de Rigaud de Vaudreuil : governor of New France, 1703-1725. Toronto, McClelland and Stewart, 1974. 242 p.
ZOLTVANY, Yves F. « Rigaud de Vaudreuil, Philippe de, marquis de Vaudreuil ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Saffray de Mézy, Augustin de
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 6 mai 1665

Augustin de Saffray de Mézy est le fils d'Odet de Saffray, officier et seigneur de Mézy, de Vimont et d'Escoville, et d'Anne Thiboust.
Major de la ville et de la citadelle de Caen, Saffray de Mézy entre à l'Ermitage de Caen où il mène une vie de dévotion religieuse. Il s'y fait notamment connaître de François de Laval, évêque de Pétrée et vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Protestant converti au catholicisme, il est un disciple du fondateur de l'Ermitage, Jean de Bernières.
En 1663, Saffray de Mézy est choisi par Mgr de Laval pour combler l'office de gouverneur général de la Nouvelle-France. Premier à occuper cette fonction depuis l'établissement d'un gouvernement royal dans la colonie, il doit, avec le concours de l'évêque, constituer le premier Conseil souverain. Étant donné son manque de connaissance du pays, il se contente d'approuver les choix de Mgr de Laval pour la nomination des conseillers. Il appuie le prélat dans divers dossiers, comme l'interdiction de la vente d'eau-de-vie aux Autochtones, l'enregistrement de la loi de la dîme et l'octroi d'allocations aux communautés religieuses. Il se fait aussi accompagner par l'évêque lors d'un voyage diplomatique à Ville-Marie (Montréal) où il rencontre des ambassadeurs iroquois.
Après des mois de gouvernement marqués par la coopération, Saffray de Mézy cherche progressivement à exercer les prérogatives liées à sa fonction. En établissant une sénéchaussée royale à Ville-Marie, il entre cependant en conflit avec les Sulpiciens, qui perdent leurs droits seigneuriaux en matière de justice sur l'île de Montréal. Ses rapports avec Mgr de Laval se détériorent également. Convaincu que l'évêque cherche à miner son autorité, il modifie la composition du Conseil souverain, allant jusqu'à expulser les conseillers qu'il juge de connivence avec le prélat. L'animosité entre l'évêque et le gouverneur s'estompe en 1665, lorsque ce dernier tombe gravement malade.
Il est décédé à Québec le 6 mai 1665. Il est inhumé dans le cimetière des pauvres de l'Hôtel-Dieu de Québec.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
CHAPAIS, Thomas. Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, 1665-1672. Québec, Imprimerie de S.-A. Demers, 1904. 540 p.
ECCLES, William John. « SAFFRAY DE MÉZY, AUGUSTIN DE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=250
GOSSELIN, Auguste. Le Vénérable François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec. Québec, Charrier & Dugal, 1923. 430 p.
JUCHEREAU DE SAINT-IGNACE, Jeanne-Françoise. Les Annales de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1636-1716. Québec, Les Augustines de l'Hôtel-Dieu, 1984. 444 p.
MARCHAL, Léon. Les origines de Montréal: Ville-Marie, 1642-65. Montréal, Beauchemin, 1942. 214 p.
ROY, Pierre-Georges. La ville de Québec sous le régime français. Vol. 1. Québec, Service des Archives du gouvernement de la Province de Québec, 1930. 548 p.
ROY, Pierre-Georges. Les cimetières de Québec. Lévis, 1941. 270 p.
Société des Dix. Les Cahiers des Dix.. Vol. 39. Québec, Éditions du Bien Public, 1974. 289 p.
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Taffanel de La Jonquière, Jacques-Pierre de
Né(e) le 18 avril 1685Décédé(e) le 17 mars 1752

Né le 18 avril 1685 au château de Lasgraïsse, en France, Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière est le fils de Jean de Taffanel de La Jonquière, capitaine de vaisseau, et de Catherine de Bonnes.
En 1697, Taffanel de La Jonquière entre dans la compagnie des gardes de la marine à Toulon, en France. Il participe à des opérations navales à Constantinople (Istanbul) en 1698, dans le Levant (Proche-Orient) en 1699 et à Cadix en 1701. Promu enseigne de vaisseau en 1703, il est fait prisonnier des Anglais au cours d'une patrouille au large de l'Espagne en 1706. L'année suivante, il est de nouveau aux commandes d'un navire. Il prend par la suite part à la prise de Rio de Janeiro en 1711, à titre de premier lieutenant, et à la répression du commerce clandestin dans les Antilles en 1727, en tant que commandant de frégate. Au cours de la guerre de l'oreille de Jenkins, qui oppose la Grande-Bretagne à l'Espagne, il sert comme capitaine de pavillon sur deux navires amiraux puis, en 1746, comme chef d'escadre.
Taffanel de La Jonquière est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en 1746. Alors qu'il se rend au Canada, il assiste Jean-Baptiste-Louis-Frédéric de La Rochefoucauld de Roye dans sa campagne acadienne visant, entre autres, à reprendre Louisbourg aux Britanniques. L'expédition s'avère désastreuse et il doit rentrer en France. En 1747, il entreprend une autre traversée de l'Atlantique, mais il est une seconde fois capturé par les Britanniques. Son emprisonnement entraîne la nomination de Roland-Michel Barrin de La Galissonière à titre de gouverneur général de la Nouvelle-France par intérim.
Libéré après la signature du traité d'Aix-la-Chapelle de 1748, Taffanel de La Jonquière gagne Québec l'année suivante et prend le commandement de la Nouvelle-France. Son gouvernement est caractérisé par la gestion des tensions avec les colonies britanniques, notamment en Acadie où les francophones s'opposent à leur assujettissement à la couronne anglaise et à la présence croissante des Britanniques dans la région. Le gouverneur œuvre donc à consolider le réseau d'infrastructures défensives de la Nouvelle-France, à renforcer l'armée coloniale et à maintenir de bonnes relations avec les peuples autochtones alliés à la France, qu'il emploie pour harceler les postes britanniques.
Taffanel de La Jonquière est mêlé à des activités commerciales illicites menées en compagnie d'autres administrateurs et officiers coloniaux, dont l'intendant François Bigot. Avec ses associés, il exploite des postes de traite de l'Ouest malgré l'interdiction formelle des autorités métropolitaines, suscitant leur mécontentement et celui de nombreux négociants.
Il est décédé à Québec le 17 mars 1752. Il est inhumé dans les caves de la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec.
Il avait épousé, en 1721, Marie-Angélique de La Valette.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
PRITCHARD, James. Anatomy of a Naval Disaster - The 1746 French Expedition to North America. Montréal, McGill-Queen's University Press, 1995. 322 p.
ROY, Pierre-Georges. La ville de Québec sous le régime français. Vol. 1. Québec, Service des Archives du gouvernement de la Province de Québec, 1930. 548 p.
ROY, Pierre-Georges. La ville de Québec sous le régime français. Vol. 2. Québec, Service des Archives du gouvernement de la Province de Québec, 1930. 519 p.
TAILLEMITE, Etienne. « TAFFANEL DE LA JONQUIÈRE, JACQUES-PIERRE DE, marquis de LA JONQUIÈRE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/009004-119.01-f.php?id_nbr=1672
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Talon, Jean
Né(e) le 8 janvier 1626Décédé(e) le 24 novembre 1694

Baptisé le 8 janvier 1626 à Châlon-sur-Marne, en France, Jean Talon est le fils de Philippe Talon et d'Anne de Bury.
Talon étudie auprès des Jésuites au collège Clermont à Paris. Il est commissaire des guerres en Flandre et intendant de l'armée de Turenne en 1653, puis commissaire du Quesnoy en 1654. Il devient intendant du Hainaut en 1655.
En 1665, Talon devient le premier intendant de la Nouvelle-France. Il remplit deux mandats à ce titre, de 1665 à 1668, puis de 1669 à 1672. Il doit mettre en place la réorganisation administrative ordonnée par le roi Louis XIV. Au cours de son mandat, Talon instaure une série de réformes importantes, notamment le rétablissement du Conseil souverain en 1666 et la restauration de la justice seigneuriale en 1668. Jean-Baptiste Colbert lui confie également le mandat de surveiller les ecclésiastiques. Il se heurte à l'Église, notamment lors de l'affaire des Dames de la Sainte-Famille, en 1667, et de l'expropriation d'une partie de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges.
Talon adopte des politiques favorisant la colonisation et la natalité de la Nouvelle-France. De 1665 à 1672, plus de 2 000 colons arrivent dans la colonie. Il favorise ensuite l'installation de militaires démobilisés du régiment de Carignan et assure l'arrivée de plus de mille filles du roi. En 1671, il signe une ordonnance obligeant les hommes célibataires à se marier avec celles-ci et accorde des rentes aux chefs de familles nombreuses. Ces politiques favorisent une hausse importante de la population canadienne.
Talon favorise le développement de l'agriculture, du commerce, des pêcheries et de l'exploitation forestière et minière en Nouvelle-France, puis en 1667, implante un commerce triangulaire avec la mère-patrie et les Antilles. L'intendant applique par ailleurs des mesures pour accélérer le développement et, surtout, l'occupation du territoire. Il fonde Bourg-Royal et Bourg-la-Reine à proximité de Québec. Il distribue environ soixante fiefs non-concédés sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Dès 1667, Talon ordonne la confection du papier terrier qui lui permet d'avoir une vue d'ensemble de l'étendue des seigneuries et prévoit diviser celles qui sont trop grandes. Dans cette veine, il nomme deux arpenteurs en 1672. Il encourage également l'exploration du continent nord-américain et cherche à découvrir le passage vers la mer de l'Ouest. De plus, Talon propose la construction d'une route reliant Québec à l'Acadie.
Après son retour définitif en France, en 1672, plusieurs des réformes de Talon sont abandonnées. Il est fait capitaine et gouverneur du château de Mariemont en 1670, baron des Islets en 1671 et comte d'Orsainville en 1675.
Il est l'auteur du Mémoire sur l'état présent du Canada (1667).
Il est décédé à Paris le 24 novembre 1694. Il est inhumé dans la chapelle Sainte-Catherine de l'église de Notre-Dame-en-Vaux, à Châlons-sur-Marne.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres intendants de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
Avec l'instauration d'une province royale, une nouvelle figure d'autorité fait son entrée dans la colonie. Nommé en 1663, mais présent sur le territoire seulement à partir de 1665, l'intendant de la Nouvelle-France dispose de pouvoirs étendus. Figurant hiérarchiquement au second rang derrière le gouverneur, l'intendant n'en occupe pas moins un rôle central dans la direction des affaires coloniales. Le premier à en assumer pleinement la charge est Jean Talon. Responsable de l'administration civile, l'intendant s'occupe de la justice, de la police et des finances. Premier officier de justice, il peut délibérer à la fois sur des causes civiles et criminelles et préside de facto le Conseil souverain. Chargé de la police, il s'affaire à maintenir l'ordre public et à développer le réseau routier. En tant que financier, il détient les cordons de la bourse: de sa gestion du budget dépend le bon fonctionnement de l'administration. Le régime de l'intendance prend fin en 1760 avec la Conquête britannique et le départ de son dernier titulaire, François Bigot.
DUBÉ, Jean-Claude. Les intendants de la Nouvelle-France. Montréal, Fides, 1984. 327 p.
MOOGK, Peter N. « Talon, Jean ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
OUELLET, Marie-Eve. Le métier d'intendant en France et en Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Québec, Septentrion, 2018. 392 p.
VACHON, André. « Talon, Jean ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Ville de Québec. Répertoire des toponymes [En Ligne]. http://www.ville.quebec.qc.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Voyer d'Argenson, Pierre de
Né(e) le 19 novembre 1625Date exacte du décès inconnue.

Pierre de Voyer d'Argenson est baptisé le 19 novembre 1625.
Voyer d'Argenson devient bailli de Touraine en 1643, enseigne dans les gardes du roi sept ans plus tard puis, conseiller d'État. En 1657, il obtient le poste de gouverneur de la Nouvelle-France.
À son arrivée, Voyer d'Argenson doit faire face à deux principaux problèmes. Les Iroquois menacent la survie de la colonie et la chute du prix du castor déstabilise l'économie. Il propose ainsi l'établissement d'un monopole de traite à une seule compagnie. Il suggère également de favoriser l'arrivée des colons qui constitueraient une barrière contre les Iroquois. Sur les plans militaires et diplomatiques, il adopte des mesures de prudence et de fermeté, car il est bien décidé à ce que ses politiques conduisent à la fin des hostilités. Malgré ses bonnes intentions, les incursions iroquoises continuent dans la vallée du Saint-Laurent et ses suggestions pour réanimer l'économie ne sont pas adoptées.
En 1661, le gouverneur obtient son retour en France comme il l'avait demandé. Il est possible que le conflit l'opposant à Mgr François de Laval, évêque de Québec, sur une question de partage des pouvoirs, ne soit pas étranger à son départ.
Il est décédé près de Mouzay, en France, probablement en 1709.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres gouverneurs de la Nouvelle-France, pour les motifs suivants:
La fonction de gouverneur de la Nouvelle-France est exercée de 1636 à 1760, soit de l'arrivée de Charles Huault de Montmagny au départ de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Précédemment, Samuel de Champlain agit comme lieutenant, notamment de Pierre Du Gua de Monts et du cardinal de Richelieu, et dispose des prérogatives d'un gouverneur, sans toutefois en avoir reçu la commission. À titre de plus haut dignitaire de la Nouvelle-France, le gouverneur est le représentant du roi dans la colonie. Jouissant de pouvoirs civils et militaires étendus avant l'arrivée d'un intendant en 1665, ses attributions sont par la suite essentiellement d'ordre militaire et diplomatique. C'est à lui que revient le privilège de commander les armées et d'entretenir des relations avec les Autochtones. La fonction de gouverneur est cruciale dans le développement de la Nouvelle-France en raison de l'influence politique et militaire que son titulaire peut déployer.
MATHIEU, Jacques. « Voyer d'Argenson, Pierre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Barrette, Antonio
Né(e) le 26 mai 1899Décédé(e) le 15 décembre 1968

Né à Joliette le 26 mai 1899, Antonio Barrette est le fils d'Ernest Barrette, employé civil, et de Robéa Côté.
Barrette travaille comme messager au Canadien National de 1914 à 1921, puis comme machiniste de 1921 à 1931. Il est ensuite ingénieur-mécanicien en chef à l'Acme Glove Work Ltd. de Joliette de 1931 à 1935. Devenu courtier d'assurances, il est le cofondateur de la société Barrette et Lépine en 1936.
Député de l'Union nationale de Joliette à l'Assemblée législative de 1936 à 1960, Barrette est secrétaire du comité d'étude du Syndicat national de rachat des rentes seigneuriales en 1938 et 1939 et ministre du Travail de 1944 à 1960. Son mandat comme ministre du Travail est marqué par des grèves majeures: les grèves d'Asbestos (1949) et de Murdochville (1957) dans le secteur minier ainsi que celle de Louiseville (1952) dans l'industrie du textile. En 1949, il présente le projet de loi 5, pour restreindre la liberté syndicale et le droit de grève. Le projet de loi est retiré en raison de l'opposition qu'il soulève.
Aux élections générales de 1952, il est réélu dans la circonscription de Joliette, contre le chef du Parti libéral, Georges-Émile Lapalme. En 1954, il fait adopter la loi 19, qui permet au gouvernement de retirer l'accréditation d'un syndicat qui compterait des « communistes » parmi ses dirigeants, ainsi que la loi 20, qui permet de retirer l'accréditation d'un syndicat d'employés publics dont un membre encourage la tenue d'une grève.
En janvier 1960, à la mort du premier ministre Paul Sauvé, qui avait succédé à Maurice Duplessis décédé quelques mois plus tôt, Antonio Barrette est choisi comme chef de l'Union nationale et devient premier ministre du Québec. Son gouvernement crée la commission d'enquête sur l'assurance-hospitalisation, qui sera mise sur pied par le gouvernement Lesage en 1961. Comme plusieurs ministres et officiers de l'Union nationale, il a acheté des actions de la Corporation de gaz naturel du Québec la veille de sa nationalisation, ce qui lui a permis de réaliser un profit important. Cette transaction, dénoncée par le journal Le Devoir et le Parti libéral du Québec, plombe la campagne de l'Union nationale aux élections générales de 1960. L'Union nationale réussit tout de même à faire élire 43 députés face à 51 libéraux. Bien qu'il ait été réélu dans le comté de Joliette, Barrette quitte la vie politique.
Il est ambassadeur du Canada en Grèce de 1963 à 1966 et président de la maison d'assurances Antonio Barrette et fils de 1966 à 1968.
Il a publié Considérations sur les relations industrielles en démocratie (1953), Le communisme est-il une menace ? (1954) et Mémoires (1966).
Il est décédé à Montréal, le 15 décembre 1968. Il est inhumé à Joliette, dans le cimetière de la paroisse de Saint-Pierre.
Il avait épousé à Joliette, en 1924, Marie-Estelle Guilbault, fille d'Osias Guilbault, notaire et régistrateur, et de Victoria Froment.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
LATOUCHE, Daniel. « Antonio Barrette ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/antonio-barrette
RUMILLY, Robert. Maurice Duplessis et son temps. Vies canadiennes. Montréal, Fides, 1973. s.p.
SARRA-BOURNET, Michel. « Maurice Le Noblet Duplessis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bertrand, Jean-Jacques
Né(e) le 20 juin 1916Décédé(e) le 22 février 1973

Né à Sainte-Agathe-des-Monts le 20 juin 1916, Jean-Jacques Bertrand est le fils de Lorenzo Bertrand, chef de gare et télégraphiste, et de Bernadette Bertrand.
Bertrand étudie aux universités d'Ottawa et de Montréal. Admis à la pratique du droit en 1941, il exerce sa profession au cabinet de Louis-Arthur Giroux à Sweetsburg. Il s'associe plus tard à l'avocat Gérard Turmel, puis aux avocats Jacques Meunier et Gilles Mercure. Il est directeur de la Compagnie d'expansion industrielle de Cowansville, secrétaire-trésorier des corporations municipales et scolaires de Sweetsburg de 1942 à 1948 et président de la Chambre de commerce des jeunes de Cowansville en 1946 et 1947.
Député de l'Union nationale dans la circonscription de Missisquoi à l'Assemblée législative et à l'Assemblée nationale de 1948 à 1973, Bertrand est nommé adjoint parlementaire du ministre des Terres et Forêts et du ministre des Ressources hydrauliques en 1954. Il est ministre des Terres et Forêts de 1958 à 1960, ministre de la Jeunesse et du Bien-être social en 1960, ministre de l'Éducation en 1966 et 1967 et ministre de la Justice de 1966 à 1968. Il est candidat à la chefferie de l'Union nationale en 1961, mais il est battu par Daniel Johnson.
Nommé chef intérimaire de l'Union nationale le 2 octobre 1968, à la suite du décès du premier ministre Daniel Johnson, il remporte la course à la chefferie en 1969 contre son collègue ministre de l'Éducation, Jean-Guy Cardinal. Bertrand est premier ministre du Québec du 2 octobre 1968 au 12 mai 1970. Il occupe également les fonctions de ministre de la Justice et ministre des Affaires intergouvernementales de 1968 à 1969, et de ministre des Finances en 1969.
De 1867 à 1968, le Parlement de Québec est composé du lieutenant-gouverneur, de l'Assemblée législative et du Conseil législatif, « chambre haute » formée de conseillers législatifs nommés par le lieutenant-gouverneur. En 1968, le gouvernement Bertrand mène à terme une réforme majeure des institutions politiques en abolissant le Conseil législatif. L'Assemblée législative devient alors l'Assemblée nationale du Québec.
En 1969, Bertrand présente et fait adopter le projet de loi qui accorde le droit de vote aux Autochtones lors d'élections provinciales. La même année, le Parlement adopte la Loi pour promouvoir la langue française au Québec, aussi connue sous le nom de « loi 63 ». La loi, qui consacre le libre choix de la langue d'enseignement, engendre une scission au sein de l'Union nationale et un mécontentement général au sein de la population.
En 1970, l'Union nationale perd les élections générales, mais Bertrand est réélu. Il est chef de l'opposition officielle de 1970 à 1971. Le 19 juin 1971, il démissionne en faveur du nouveau chef de l'Union nationale, Gabriel Loubier.
Il est décédé en fonction à Montréal le 22 février 1973. Il est inhumé à Cowansville, dans le cimetière de la paroisse de Sainte-Rose-de-Lima.
Il avait épousé à Sweetsburg, en 1944, Gabrielle Giroux, fille de Louis-Arthur Giroux, avocat, et de Juliette Bolduc.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Encyclopédie du parlementarisme québécois [En Ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
LATOUCHE, Daniel. « Bertrand, Jean-Jacques ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bouchard, Lucien
Né(e) le 22 décembre 1938Est toujours en vie

Né à Saint-Cœur-de-Marie (Lac-Saint-Jean) en 1938, fils de Philippe Bouchard et d'Alice Simard.
Étudia au Collège de Jonquière. Titulaire d'un baccalauréat ès arts depuis 1959, d'un baccalauréat en sciences sociales et d'une licence en droit de l'Université Laval. Admis au Barreau du Québec en 1964.
Exerça sa profession d'avocat à Chicoutimi jusqu'en 1985. Fut président des tribunaux d'arbitrage du secteur de l'éducation de 1970 à 1976. Procureur en chef de la Commission de l'industrie de la construction (commission Cliche) en 1974 et en 1975. Membre de la Commission d'étude et de consultation dans les secteurs public et parapublic (Commission Martin-Bouchard) en 1975. Représentant du gouvernement du Québec dans les négociations collectives des secteurs public et parapublic et dans les affaires constitutionnelles. À compter de 1978, fut successivement bâtonnier du Barreau du Saguenay, membre du comité administratif et président du comité de spécialisation du Barreau du Québec.
Fut membre du conseil d'administration de la Société générale de financement du Québec, de Donohue et de la Corporation de développement des investissements du Canada.
Ambassadeur du Canada en France de juillet 1985 à mars 1988. Présida, en 1986, le Comité international de préparation du deuxième Sommet de la Francophonie tenu à Québec en septembre 1987.
Nommé Secrétaire d'État du Canada le 31 mars 1988. Élu député du Parti progressiste-conservateur (PPC) dans Lac-Saint-Jean à l'élection partielle fédérale du 20 juin 1988. Réélu aux élections générales de 1988. Ministre de l'Environnement du 30 janvier 1989 au 22 mai 1990. Démissionna comme ministre et membre du caucus du PPC et siégea comme indépendant. Dirigea à partir de juillet 1990 le Bloc québécois, puis en fut président et chef à partir du 15 juin 1991. Réélu sous la bannière de ce parti en 1993. Chef de l'opposition officielle d'octobre 1993 à janvier 1996. Démissionna de ses fonctions de chef de l'opposition officielle, de député de Lac-Saint-Jean et de chef du Bloc québécois le 15 janvier 1996.
Président du Parti québécois du 27 janvier 1996 au 11 janvier 2001. Premier ministre du Québec du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001. Élu député du Parti québécois dans Jonquière à l'élection partielle du 19 février 1996. Réélu en 1998. Démissionna le 8 mars 2001.
Retourna à la pratique privée. Associé au cabinet d'avocats Davies Ward Phillips & Vineberg à compter d'avril 2001. Président de l'Association pétrolière et gazière du Québec de janvier 2011 au 6 février 2013. Médiateur spécial en relations de travail à l'aluminerie de Bécancour ABI depuis avril 2011. En janvier 2015, fut nommé médiateur entre Produits forestiers Résolu, le gouvernement du Québec et les communautés cries et innues au Lac-Saint-Jean.
Président du conseil d'administration de l'Orchestre symphonique de Montréal depuis le 27 septembre 2004. Devint membre de plusieurs conseils d'administration: Transcontinental en 2001, Saputo et Groupe BMTC en 2004. Membre du conseil consultatif de Dessau-Soprin depuis mars 2003.
Décoré de la médaille Gloire de l'Escolle de l'Association des diplômés de l'Université Laval en octobre 2001. Fait commandeur de la Légion d'honneur le 9 octobre 2002. Reçut un doctorat honorifique de l'Université du Québec à Chicoutimi le 27 avril 2007. Désigné « avocat émérite » par le Barreau du Québec le 9 mai 2007. Élevé au rang de grand officier de l'Ordre national du Québec pour sa contribution exceptionnelle à la vie québécoise le 19 juin 2008. Fait Citoyen d'honneur de la Ville de Montréal en juin 2021.
Publia À visage découvert (1992) et Lettre à un jeune politicien (2012). Auteur de plusieurs articles spécialisés.
Source : Assemblée nationale du Québec
Boucher de Boucherville, Charles-Eugène
Né(e) le 4 mai 1822Décédé(e) le 10 septembre 1915

Né à Montréal le 4 mai 1822, Charles-Eugène Boucher de Boucherville est le fils de Pierre-Amable Boucher de Boucherville, seigneur de Boucherville, et de Marguerite-Émilie Sabrevois de Bleury.
Après avoir obtenu un doctorat en médecine au McGill College, Boucherville se rend en France pour parfaire sa formation et fait un stage dans des cliniques à Paris. En 1843, il reçoit son permis du Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada. Il ouvre un cabinet à Varennes et pratique la médecine jusqu'en 1861.
Député de Chambly à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1861 à 1867, Boucherville siège comme indépendant avant d'appuyer les conservateurs. Il appuie le projet de Confédération. En juillet 1867, il est nommé conseiller législatif de la division de Montarville, poste qu'il conserve jusqu'à sa mort. La même année, il est nommé président du Conseil législatif. En 1873, John Jones Ross lui succède sous la gouverne du nouveau premier ministre Gédéon Ouimet.
En 1874, Boucherville est nommé premier ministre du Québec, après la démission de Ouimet dont la crédibilité s'effrite avec le scandale des Tanneries. De 1874 à 1876, il occupe également les fonctions de secrétaire et de registraire de la province et de ministre de l'Instruction publique. Enfin, il est commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics de 1876 à 1878. Sous son gouvernement, le Parlement adopte une grande réforme électorale qui instaure notamment le scrutin secret et force la tenue des élections dans toutes les circonscriptions le même jour. Il abolit le ministère de l'Instruction publique et confie ses responsabilités au Conseil de l'Instruction publique, où dominent les évêques catholiques et les leaders protestants.
Le gouvernement Boucherville finance et dirige la construction du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental. Le projet étant menacé par les difficultés financières du gouvernement, les conservateurs présentent un projet de loi pour obliger les municipalités à respecter leurs engagements financiers vis-à-vis de la construction du chemin de fer. En cette même année 1878, sur une accusation de dilapidation des fonds publics, le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just destitue le cabinet de Boucherville. Il nomme le libéral Henri-Gustave Joly à la tête du gouvernement.
Au lendemain des élections générales de 1878, une majorité libérale est élue à l'Assemblée. Boucherville quitte la direction du Parti conservateur. L'année suivante, il entre au Sénat à Ottawa comme représentant de la division de Montarville. Siégeant toujours au Conseil législatif, il se dissocie du gouvernement de Joseph-Adolphe Chapleau en 1882. Il réclame alors une enquête sur la vente du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, derrière laquelle il soupçonne de la corruption. Il s'oppose à un projet de loi de Chapleau pour restreindre l'immigration chinoise. En 1888, il défend le compromis d'Honoré Mercier sur la question des biens des jésuites au Conseil législatif.
Boucherville redevient premier ministre du Québec en 1891 à la suite de la révocation du gouvernement d'Honoré Mercier par le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers. Son parti remporte les élections générales de 1892. Il accorde le droit de voter aux femmes célibataires propriétaires et aux veuves aux élections municipales et scolaires. Il démissionne en 1892 après la nomination de Joseph-Adolphe Chapleau comme lieutenant-gouverneur.
Il est décédé en fonction à Montréal le 10 septembre 1915. Il est inhumé dans la crypte de l'église de Sainte-Famille, à Boucherville.
Il avait épousé à Montréal, en 1861, Susan Elizabeth Morrogh, fille du protonotaire Robert Lester Morrogh et de Catherine Margaret Mackenzie; puis, à Varennes, en 1866, Marie-Céleste-Esther Lussier, fille du seigneur Félix Lussier et d'Angélique Deschamps.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Encyclopédie du parlementarisme québécois [En Ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
MUNRO, Kenneth. « Boucher de Boucherville Charles-Eugène-Napoléon ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bourassa, Robert
Né(e) le 14 juillet 1933Décédé(e) le 2 octobre 1996

Né à Montréal le 14 juillet 1933, Robert Bourassa est le fils d'Aubert Bourassa et d'Adrienne Courville.
Après ses études à l'Université de Montréal, Bourassa est admis au Barreau du Québec en 1957. Il obtient une maîtrise en sciences économiques et politiques de l'Université d'Oxford en 1959, et une maîtrise en fiscalité et droit financier de l'Université Harvard en 1960.
D'abord conseiller fiscal au ministère fédéral du Revenu national de 1960 à 1963, Bourassa occupe ensuite les fonctions de secrétaire et de directeur des recherches de la Commission Bélanger sur la fiscalité de 1963 à 1965. Il est également conseiller spécial sur les questions économiques et fiscales auprès du ministère fédéral des Finances.
À la même époque, Bourassa occupe des postes de professeur en sciences économiques et en fiscalité à l'Université d'Ottawa (1961-1963) et en finances publiques à l'Université Laval et à l'Université de Montréal (1966-1969).
Député libéral du comté de Mercier à l'Assemblée nationale de 1966 à 1976, Bourassa devient chef du Parti libéral du Québec en 1970. Premier ministre du Québec de 1970 à 1976, il occupe aussi les fonctions de ministre des Finances (1970) et de ministre des Affaires intergouvernementales (1971, 1972 et 1976).
Peu après son accession au pouvoir, il fait face à la crise d'Octobre. Très actif sur le plan législatif, son gouvernement met en place notamment le régime d'assurance maladie en 1970 et l'aide juridique en 1972. En 1971, le gouvernement de Bourassa lance le projet de la baie James, un vaste chantier de construction d'installations hydroélectriques. Le projet est contesté par les Cris et les Inuits, ce qui mène à la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975. Celle-ci permet la poursuite du projet sur les territoires autochtones en échange de compensations et accorde aux communautés autochtones qui peuplent le territoire une autonomie politique et certaines responsabilités gouvernementales. Le gouvernement de Bourassa doit également composer avec le front commun intersyndical de 1972, qui déclenche une grève générale dans les secteurs public et parapublic. En 1975, il fait adopter la Charte québécoise des droits et libertés. Son parti est battu aux élections générales de 1976 et lui-même est battu dans sa circonscription.
En 1978, il enseigne au Center of Advanced International Studies de l'Université John Hopkins et, à partir de 1979, aux départements de science politique de l'Université Laval et de l'Université de Montréal.
Bourassa est réélu chef du Parti libéral du Québec en 1983. Élu député dans Bertrand en 1985 lors d'une élection partielle, il devient chef de l'opposition officielle. Le Parti libéral remporte les élections générales de 1985 et Bourassa devient premier ministre, mais il est battu dans son comté. Il est élu député de Saint-Laurent lors d'une élection partielle en 1986. En 1988, son gouvernement vote le projet de loi 178, qui proclame la prééminence du français dans l'affichage. En 1990, il institue la taxe de vente du Québec (TVQ). Pour réformer la constitution canadienne et amener le Québec à la signer, ce qui n'avait pas été fait lors du rapatriement de 1982, Bourassa signe l'Accord du lac Meech en 1987 et l'Accord de Charlottetown en 1992. Le premier échoue, faute d'être ratifié, et le deuxième est rejeté par voie de référendum. Son deuxième mandat comme premier ministre est également marqué par la crise d'Oka en 1990. Affaibli par la maladie, il quitte la politique en 1994.
Il a entre autres publié La Baie James (1973), Deux fois la Baie James (1981) et Gouverner le Québec (1995).
Il est décédé à Montréal le 2 octobre 1996. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Sorel, en 1958, Andrée Simard, fille d'Édouard Simard, industriel, et d'Orise Brunelle.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BOURASSA, Robert. Gouverner le Québec. Montréal, Fides, 1995. 305 p.
FOOT, Richard et Daniel LATOUCHE. « Robert Bourassa ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/robert-bourassa
GERMAIN, Georges-Hébert. Robert Bourassa. Montréal, Libre Expression, 2012. 416 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chapleau, Joseph-Adolphe
Né(e) le 9 novembre 1840Décédé(e) le 13 juin 1898

Naissance - Mort : 1840 – 1898
Né à Sainte-Thérèse le 9 novembre 1840, Joseph-Adolphe Chapleau est le fils de Pierre Chapleau, maçon, et de Zoé Sigouin.
Chapleau étudie le droit à Montréal auprès des avocats Gédéon Ouimet, Louis-Siméon Morin et Louis-François-Wilfrid Marchand. Admis à la pratique en 1861, il exerce la profession d'avocat à Montréal. En 1862, Chapleau participe à la fondation du journal Le Colonisateur. Plus tard, il devient actionnaire et directeur politique du journal La Minerve, de même que bailleur de fonds, puis directeur politique, du journal La Presse.
Chapleau est député conservateur de Terrebonne à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1867 à 1882, presque sans interruption. Il critique la loi sur l'instruction publique du gouvernement conservateur, qui selon lui accorde trop de privilèges à la minorité protestante. Il vote contre le double mandat malgré l'opposition du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, qui siège lui-même à Québec et à Ottawa. Il s'oppose à la faction ultramontaine du Parti conservateur, qui réclame la suprématie de l'Église sur l'État. Chapleau occupe le poste de solliciteur général dans le gouvernement de Gédéon Ouimet de 1873 à 1874. Il est contraint de démissionner après avoir été impliqué dans le « scandale des Tanneries ». Il est nommé ministre sans portefeuille en 1876, puis secrétaire et registraire de la province, postes qu'il occupe jusqu'en 1878. Chef des conservateurs à partir de 1878, il dirige l'opposition de 1878 à 1879. Il place le gouvernement en minorité en ralliant cinq députés libéraux qui votent avec lui une motion de blâme. En 1879, le gouvernement libéral est renversé et Chapleau est appelé par le lieutenant-gouverneur à former le nouveau gouvernement.
Premier ministre du Québec de 1879 à 1882, il exerce aussi les fonctions de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics, de 1879 à 1881, et de commissaire des Chemins de fer en 1881. Son gouvernement réduit la dette du Québec en privatisant le chemin de fer de la rive nord entre Montréal et Québec. Ami du curé Antoine Labelle, Chapleau soutient le projet de colonisation des Laurentides. Grâce à l'appui financier de banquiers français, il crée le Crédit foncier franco-canadien pour accorder des prêts aux agriculteurs, aux municipalités et aux gouvernements. Durant son mandat, Chapleau s'oppose à maintes reprises aux ultramontains de son parti, qui défendent le principe de subordination de l'État à l'Église.
Chapleau poursuit sa carrière politique sur la scène fédérale en 1882. Il est alors élu député conservateur de Terrebonne à la Chambre des communes. Il est secrétaire d'État de 1882 à 1892 et ministre des Douanes en 1892. Après la pendaison de Louis Riel en 1885, il refuse l'invitation d'Honoré Mercier de revenir à Québec pour devenir premier ministre d'un gouvernement de coalition. En 1892, il refuse de participer au gouvernement du nouveau premier ministre du Canada, John Sparrow David Thompson. Il est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec, fonction qu'il occupe de 1892 à 1898.
Au cours de sa carrière, Chapleau est également directeur de la Laurentides Railway Co. et de la Pontiac & Pacific Railway Co. Promoteur et vice-président du Crédit foncier franco-canadien, il est aussi directeur du Crédit foncier du Bas-Canada et de la Banque d'épargne de la cité et du district de Montréal. Il est également professeur de droit criminel à l'Université Laval à Montréal de 1878 à 1885, puis professeur titulaire de droit international de 1885 à 1898.
Il est décédé à Montréal le 13 juin 1898. Il est inhumé à Montréal, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Sherbrooke, en 1874, Marie-Louise King, fille de Charles King, lieutenant-colonel et major de brigade, et de Bessie Harrington.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
DÉSILETS, Andrée. « Chapleau Joseph-Adolphe ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Charest, Jean
Né(e) le 24 juin 1958Est toujours en vie

Né à Sherbrooke en 1958, fils de Claude Charest et de Rita Léonard.
Étudia au secondaire à l'École Montcalm et au collégial au Séminaire de Sherbrooke. Obtint un baccalauréat en droit de l'Université de Sherbrooke en 1980. Admis au Barreau du Québec en 1981.
Compléta un stage en droit à l'Aide juridique en 1980 et en 1981 et fut avocat chez Beauchemin, Dussault à Sherbrooke de 1981 à 1984.
Élu député du Parti progressiste-conservateur dans Sherbrooke aux élections fédérales de 1984. Réélu en 1988, en 1993 et en 1997. Vice-président adjoint de la Chambre des communes du 18 septembre 1984 au 29 juin 1986, ministre d'État à la Jeunesse dans le cabinet Mulroney du 30 juin 1986 au 24 janvier 1990. Ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur et leader adjoint du gouvernement du 30 avril 1988 au 24 janvier 1990. Président du comité parlementaire spécial sur le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord constitutionnel du lac Meech en 1990. Ministre de l'Environnement du 21 avril 1991 au 24 juin 1993, vice-premier ministre, ministre de l'Industrie et des Sciences et ministre responsable du Bureau fédéral de développement économique régional du Québec dans le cabinet Campbell du 25 juin au 26 octobre 1993. Candidat défait à la chefferie du Parti progressiste-conservateur à Ottawa en 1993. Chef par intérim de ce parti du 14 décembre 1993 au 28 avril 1995, puis chef à partir du 29 avril 1995. Vice-président du Comité national des Québécoises et des Québécois pour le Non de juin au 1er novembre 1995.
Chargé de cours au département de science politique de l'Université Concordia en 1994 et en 1995.
Démissionna comme chef du Parti progressiste-conservateur le 3 avril 1998. Devint candidat à la direction du Parti libéral du Québec le 6 avril suivant, puis démissionna comme député fédéral de Sherbrooke le 30 avril 1998, date où il devint chef du Parti libéral du Québec.
Élu député de ce parti dans Sherbrooke en 1998. Réélu en 2003, en 2007 et en 2008. Chef de l'opposition officielle du 15 décembre 1998 au 29 avril 2003. Premier ministre et président du Conseil exécutif du 29 avril 2003 au 19 septembre 2012. Défait en 2012.
Avocat associé chez McCarthy-Tétreault à Montréal de 2013 à 2024, joignit ensuite Therrien, Couture, Joli-Cœur. Devint président du conseil des gouverneurs de l'Idée fédérale en 2013 et coprésident du Conseil d'affaires Canada-Émirats arabes unis en 2018.
Candidat défait à la chefferie du Parti conservateur du Canada le 10 septembre 2022.
Reçut plusieurs décorations et honneurs: Prix Vanier (The Outstanding Young Persons Award) (1989), Ordre du mérite de Bavière (juillet 2007), Grand Croix de l'Ordre de la Pléïade (novembre 2007), commandeur de la Légion d'honneur (2 février 2009), Médaille de l'Academy of Distinguished Canadians and Americans of the Maple Leaf Foundation (novembre 2009), South Australian International Climate Change Leadership Award (décembre 2010), Statesman Award de la Foreign Policy Association (juin 2011), Woodrow Wilson Award for Public Service (octobre 2011). Reçut également plusieurs doctorats honoris causa: Université Pierre-Mendès (France, 2009), Champlain College (Vermont, 2011), Université Bishop's (2013), Canadian University Dubai (Émirats arabes unis, 2016) et Lakehead University (2016).
Publia J'ai choisi le Québec en 1998 et plusieurs articles sur divers aspects de la politique canadienne.
Source : Assemblée nationale du Québec
Chauveau, Pierre-Joseph-Olivier
Né(e) le 30 mai 1820Décédé(e) le 8 avril 1890

Né le 30 mai 1820 à Charlesbourg (Québec), Pierre-Joseph-Olivier Chauveau est le fils de Pierre-Charles Chauveau, marchand, et de Marie-Louise Roy.
Il étudie au Petit Séminaire de Québec de 1829 à 1837, puis fait son apprentissage du droit auprès d'André-Rémi Hamel, de Louis-David Roy et de George Okill Stuart. Il est admis au Barreau le 30 août 1841.
En plus de pratiquer le droit avec Roy, puis en association avec Philippe Baby Casgrain, Chauveau prend activement part à la vie intellectuelle et culturelle de Québec. Il participe à la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec en 1842, puis de la Société canadienne d'études littéraires et scientifiques en 1843. La même année, il est nommé président de la Société littéraire et historique de Québec. Conférencier et président de l'Institut canadien de Québec en 1851 et 1852, il devient vice-président de l'Association de la bibliothèque de Québec.
Chauveau se lance en politique au côté de Louis-Hippolyte La Fontaine et devient député de Québec à l'Assemblée législative de la province du Canada en 1844. Siégeant dans l'opposition, il défend notamment l'usage du français en chambre, le gouvernement responsable et la représentation proportionnelle de la population. Réélu en 1848, 1851 et 1854, il est solliciteur général de 1851 à 1853, puis secrétaire provincial de 1853 à 1855. Il appuie les démarches du premier ministre Auguste-Norbert Morin pour abolir le régime seigneurial et rendre le Conseil législatif électif. En 1855, Chauveau quitte son siège de député pour être nommé surintendant du bureau d'Éducation, poste qu'il occupe jusqu'en 1868. Il y travaille notamment à la création d'écoles normales et du conseil de l'Instruction publique. En 1857, il fonde le Journal de l'Instruction publique, qu'il dirige et rédige presque en totalité jusqu'en 1867.
En 1867, après l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, Chauveau fait un retour sur la scène politique alors qu'il devient le premier titulaire du poste de premier ministre de la province de Québec. Il est également président du Conseil exécutif, secrétaire et registraire de la province de 1867 à 1873 ainsi que ministre de l'Instruction publique de 1868 à 1873. Son gouvernement met en place l'appareil étatique de la nouvelle province. En tant que ministre de l'Instruction publique, Chauveau préside à la séparation du système scolaire entre catholiques et protestants. Il négocie le partage de la dette avec l'État fédéral. Il quitte la politique provinciale en 1873 pour devenir sénateur. Il est nommé président du Sénat, mais l'arrivée au pouvoir des libéraux en 1874 l'oblige à démissionner. Il quitte son siège de sénateur pour se présenter dans Charlevoix aux élections fédérales de 1874, mais il est défait.
En 1876, il devient membre puis président de la Commission du havre de Québec. En 1877, il est nommé shérif de Montréal, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. Chauveau est aussi professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval à Montréal de 1878 à 1890. Il préside plusieurs sociétés scientifiques et culturelles: la Société historique de Montréal, l'Institut canadien-français de Montréal, la Société d'archéologie et de numismatique de Montréal et la Société royale du Canada.
Il est notamment l'auteur de Charles Guérin: roman de mœurs canadiennes (1853), L'instruction publique au Canada: précis historique et statistique (1876) et François-Xavier Garneau: sa vie et ses œuvres (1883).
Il est décédé à Québec le 4 avril 1890. Il est inhumé dans la chapelle des Ursulines.
Il avait épousé à Québec, en 1840, Marie-Louise-Flore Masse, fille de Pierre Masse et de Marie-Anne Boucher.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
GALLICHAN, Gilles. « Pierre-Joseph-Olivier Chauveau : Portrait en trois temps ». Histoire Québec. Vol. 12, no 2 (2006), p. 24-30.
HAMELIN, Jean et Pierre POULIN. « Chauveau, Pierre-Joseph-Olivier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Couillard, Philippe
Né(e) le 26 juin 1957Est toujours en vie

Né à Montréal en 1957, fils de Pierre Couillard, professeur et docteur en biologie, et d'Hélène Pardé.
Obtint un doctorat en médecine en 1979 et un diplôme en neurochirurgie en 1985 de l'Université de Montréal, un certificat de spécialiste du Collège des médecins du Québec et un certificat de spécialiste du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada en 1985.
Fut chirurgien-chef au département de neurochirurgie de l'Hôpital Saint-Luc de 1989 à 1992 et cofondateur du Service de neurochirurgie de Dharam (Arabie Saoudite) de 1992 à 1996. Professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke de 1996 à 2003 et chirurgien-chef et directeur du département de chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke de 2000 à 2003.
Fut représentant canadien au conseil d'administration de la Société de neurochirurgie de langue française de 1999 à 2003. Membre du conseil d'administration et du Comité des affaires publiques et des politiques de la santé du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada de 2000 à 2003. Membre de la James IV Association of Surgery à compter de 2002.
Élu député libéral dans Mont-Royal en 2003. Réélu dans Jean-Talon en 2007. Ministre de la Santé et des Services sociaux dans le cabinet Charest du 29 avril 2003 au 25 juin 2008, date de sa démission en tant que député.
Devint partenaire du Fonds d'investissement PCP (Persistence Capital Partners) le 18 août 2008. Chercheur principal en droit de la santé à l'Université McGill en janvier 2009, y enseigna jusqu'en décembre 2011. Fut membre à partir de 2009 du conseil consultatif international mis sur pied par le ministre de la Santé d'Arabie Saoudite. Nommé le 24 juin 2010 membre du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS). Devint conseiller stratégique en santé et en sciences de la vie chez Secor en février 2011, puis consultant à titre personnel à partir de juillet 2012.
Membre du conseil d'administration d'Amorfix Life Sciences et de Thallion Pharmaceuticals. Président de la Fondation canadienne de recherche en santé et du Regroupement des soins de santé personnalisés. Administrateur du Collège royal Canada international.
Annonça le 3 octobre 2012 avoir quitté ces fonctions et devint candidat à la direction du Parti libéral du Québec. Élu chef de ce parti le 17 mars 2013. Élu député libéral d'Outremont à l'élection partielle du 9 décembre 2013. Élu dans Roberval en 2014 et réélu en 2018. Chef de l'opposition officielle du 9 décembre 2013 au 5 mars 2014. Premier ministre du 23 avril 2014 au 16 octobre 2018. Annonça sa démission comme chef du Parti libéral du Québec le 4 octobre 2018. Démissionna comme député le 9 octobre 2018.
Reçut en 2006 le Prix médecine, culture et société de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et la médaille Jacques-Cartier en 2007.
Source : Assemblée nationale du Québec
Duplessis, Maurice Le Noblet
Né(e) le 20 avril 1890Décédé(e) le 7 septembre 1959

Né à Trois-Rivières le 20 avril 1890, Maurice Le Noblet Duplessis est le fils de Nérée Le Noblet Duplessis, avocat et homme politique, et de Berthe Genest.
Duplessis fait ses études de droit à l'Université Laval à Montréal. Admis à la pratique en 1913, il exerce la profession d'avocat à Trois-Rivières. Il est nommé bâtonnier du Barreau de Trois-Rivières en 1937 et bâtonnier du Barreau de la province de Québec en 1937 et en 1938.
Candidat conservateur dans la circonscription de Trois-Rivières, il est battu aux élections générales de 1923. En 1927, il est élu député conservateur dans cette circonscription à l'Assemblée législative de la province de Québec. Réélu en 1931, Duplessis dirige le Parti conservateur de 1933 à 1935. Il est chef de l'opposition de 1932 à 1936. En 1935, il conclut une alliance avec l'Action libérale nationale puis fonde l'Union nationale. Quelques mois plus tard, aux élections de 1936, le nouveau parti déloge le Parti libéral qui était au pouvoir depuis près de quarante ans et Duplessis devient premier ministre du Québec. Il occupe aussi les fonctions de Procureur général de la province de Québec de 1936 à 1939 et de 1944 à 1959, ministre des Terres et Forêts de 1937 à 1938 et ministre de la Voirie en 1938. En 1936, il crée l'Office du crédit agricole, ce qui lui vaudra l'appui durable des régions rurales. Son gouvernement adhère au régime fédéral des pensions de vieillesse. En 1937, il fait adopter la Loi des salaires raisonnables, ancêtre de la loi du salaire minimum. Il met en place la Loi contre la propagande communiste, aussi connue sous le nom de « loi du cadenas », qui limite les rassemblements et la diffusion de certaines idées. Pour lutter contre le chômage, il met en place un régime de travaux publics qui permet notamment la construction du Jardin botanique de Montréal. L'Union nationale perd les élections de 1939.
Aux élections de 1944, Duplessis et l'Union nationale reprennent le pouvoir. Le nouveau gouvernement attire les capitaux américains en ouvrant le Nord québécois à l'exploitation de ses ressources naturelles et en maintenant des redevances à un faible taux. L'Office de l'électrification rurale, qu'il crée en 1945, fait passer la distribution de l'électricité en milieu rural de 20 % en 1945 à près de 90 % dix ans plus tard. Il abolit la Commission d'assurance-maladie de Québec, créée par le gouvernement Godbout pour étudier la mise en place d'un programme d'assurance maladie. En 1948, le fleurdelisé est adopté comme drapeau officiel du Québec. En 1954, le gouvernement de Duplessis crée un impôt provincial sur le revenu. Il dirige de grands projets de construction d'autoroutes, de ponts, d'hôpitaux et d'écoles.
Le gouvernement de Duplessis est critiqué entre autres pour son attitude envers le mouvement ouvrier. En 1954, il fait adopter les projets de loi 19 et 20, qui permettent au gouvernement de retirer l'accréditation d'un syndicat dont un membre se rend coupable d'activités communistes, ainsi que de retirer l'accréditation d'un syndicat d'employés publics dont un membre encourage la tenue d'une grève. Le deuxième gouvernement Duplessis est marqué par des grèves majeures: les grèves d'Asbestos (1949) et de Murdochville (1957) dans le secteur minier ainsi que celle de Louiseville (1952) dans l'industrie du textile. L'Union nationale de Duplessis rompt avec les méthodes traditionnelles de mise en image des partis politiques en ayant recours à des stratégies publicitaires commerciales. Sa formation se maintient au pouvoir pendant 16 ans, notamment grâce à un système d'achat gouvernemental contrôlé à des fins partisanes, sur lequel la commission Salvas fera la lumière en 1963.
Maurice Duplessis est décédé en fonction à Schefferville le 7 septembre 1959. Il est inhumé à Trois-Rivières, dans le cimetière Saint-Louis.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
GARIÉPY, Odette. « Maison Le Noblet-Duplessis ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 242-243.
LAVIGNE, Alain. Duplessis, pièce manquante d'une légende. L'invention du marketing politique. Québec, Septentrion, 2012. 200 p.
SARRA-BOURNET, Michel. « Maurice Le Noblet Duplessis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Flynn, Edmund James
Né(e) le 16 novembre 1847Décédé(e) le 7 juin 1927

Né à Percé le 16 novembre 1847, Edmund James Flynn est le fils de James Flynn, pêcheur, et d'Elizabeth Tostevin.
De 1867 à 1869, Flynn travaille comme registraire adjoint, protonotaire adjoint et greffier adjoint à la Cour du banc de la reine. Il est aussi registraire à la Cour de circuit de Gaspé et secrétaire-trésorier de la municipalité de Gaspé avant d'entreprendre ses études de droit à l'Université Laval en 1871. Admis à la pratique en 1873, il exerce d'abord sa profession d'avocat en Gaspésie. En 1874, il s'installe à Québec, où il s'associe avec Édouard Rémillard, François-Xavier Drouin et Jean Gosselin, puis avec son fils Francis.
Flynn est élu député de Gaspé à l'Assemblée législative de la province de Québec en 1878. Il siège d'abord avec les libéraux avant de rejoindre les conservateurs, avec quatre de ses collègues, en 1879. Il est nommé commissaire des Terres de la couronne en 1879 par le premier ministre Joseph-Adolphe Chapleau. En 1882, Chapleau démissionne et le nouveau premier ministre, Joseph-Alfred Mousseau, n'inclut pas Flynn dans son cabinet. Flynn revient au gouvernement en 1884 lorsque le successeur de Mousseau, John Jones Ross, le nomme commissaire des Chemins de fer (1884-1886), puis solliciteur général (1885-1887). Battu dans son comté aux élections générales de 1890, il se présente dans le comté de Québec aux élections fédérales de 1891, sans succès. En 1891, le premier ministre Charles-Eugène Boucher de Boucherville le nomme à nouveau commissaire des Terres de la couronne. Il conserve ce poste jusqu'en 1896. On doit à Flynn la création en 1895 du plus vieux parc du Québec, le parc de la Montagne tremblante, et celle du parc des Laurentides.
Réélu en 1892 dans les circonscriptions de Matane et de Gaspé, Flynn choisit cette dernière. En 1896, il est choisi par le lieutenant-gouverneur, Joseph-Adolphe Chapleau, pour succéder à Louis-Olivier Taillon comme premier ministre. Flynn se réserve le portefeuille des Travaux publics. Son mandat est marqué par les débats sur la dette publique et les subsides aux chemins de fer. Flynn s'intéresse également à l'enseignement primaire à travers l'aide financière aux municipalités pauvres et l'augmentation du salaire du personnel enseignant. Son gouvernement adopte la loi dite des « homesteads », qui protège les colons contre la saisie de leurs biens essentiels.
Les conservateurs sont battus aux élections générales de 1897. Réélu de justesse dans Gaspé, Flynn devient chef de l'opposition. Il se présente dans Nicolet aux élections de 1900 et il est élu avec une faible majorité. Il s'abstient de se présenter aux élections générales de 1904 pour protester contre le déclenchement hâtif des élections par le premier ministre Simon-Napoléon Parent et la courte durée de la campagne électorale. Sans siège, il renonce en 1905 à son poste de chef du Parti conservateur.
Flynn est professeur de droit romain à l'Université Laval, à Québec, de 1874 à 1927. Il est secrétaire de la Faculté de droit de 1874 à 1880, membre du conseil de l'Université Laval de 1891 à 1927 et doyen de la Faculté de droit de 1915 à 1921. Il est bâtonnier du Barreau de Québec de 1907 à 1909, juge à la Cour supérieure du district de Beauce de 1914 à 1920, puis juge à la Cour du banc du roi de 1920 jusqu'à sa mort.
Il est décédé à Québec le 7 juin 1927. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Québec.
Il avait épousé dans la paroisse Notre-Dame de Québec, en 1875, Augustine Côté, fille d'Augustin Côté, propriétaire du Journal de Québec, et d'Émilie Lemieux; puis dans la paroisse Notre-Dame de Montréal, en 1912, Marie-Cécile Pouliot.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
DESJARDINS, Marc. « Flynn, Edmund James ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Godbout, Joseph-Adélard
Né(e) le 24 septembre 1892Décédé(e) le 18 septembre 1956

Né à Saint-Éloi le 24 septembre 1892, Joseph-Adélard Godbout est le fils d'Eugène Godbout, cultivateur, et de Marie-Louise Duret.
Godbout étudie à l'école d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, puis au Amherst Agricultural College, dans l'État du Massachusetts. Professeur à l'École d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière de 1918 à 1930, il est aussi agronome pour le ministère de l'Agriculture dans le comté de L'Islet de 1922 à 1925. Codirecteur de l'Association des éleveurs de Holstein-Friesian, il est également nommé président de la section Sainte-Anne-de-la-Pocatière de la Société des agronomes canadiens en 1929 et président de l'Association des techniciens agricoles en 1933.
Député libéral de L'Islet à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1929 à 1936 et de 1939 à 1948, Godbout est ministre de l'Agriculture dans le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau, de 1930 à 1936. Il devient premier ministre du Québec à la suite de la démission de Taschereau en 1936. Il est en même temps ministre de l'Agriculture et de la Colonisation. Son parti perd le pouvoir aux élections de 1936, mais le reprend en 1939. Godbout est de nouveau premier ministre jusqu'en 1944. Il occupe toujours les fonctions de ministre de l'Agriculture et de ministre de la Colonisation. Pendant son dernier mandat, les femmes obtiennent le droit de vote aux élections provinciales et la fréquentation scolaire devient obligatoire jusqu'à l'âge de quatorze ans. Godbout est chef de l'opposition de 1944 à 1948. Défait dans sa circonscription aux élections de 1948, il est nommé sénateur de la division de Montarville en 1949 et occupe ce poste jusqu'à sa mort.
Il est décédé à Montréal le 18 septembre 1956. Il est inhumé à Frelighsburg, dans le cimetière de la paroisse de Saint-François-d'Assise.
Il avait épousé à L'Islet, en 1923, Dorilda Fortin, fille de Florent Fortin et d'Éliza Lebourdais.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
GENEST, Jean-Guy. Godbout. Sillery, Éditions du Septentrion, 1996. 390 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Gouin, Lomer
Né(e) le 19 mars 1861Décédé(e) le 28 mars 1929

Né à Grondines le 19 mars 1861, Lomer Gouin est le fils de Joseph-Nérée Gouin, médecin, et de Séraphine Fugère.
Gouin fait l'apprentissage du droit auprès de Toussaint-Antoine-Rodolphe Laflamme et de John Joseph Caldwell Abbott. Il est admis à la pratique en 1884. Au cours de sa carrière d'avocat, il exerce, entre autres, avec Louis-Olivier Taillon, Raymond Préfontaine, Honoré Mercier (père) et Rodolphe Lemieux.
Lomer Gouin occupe le poste de directeur ou d'administrateur de nombreuses banques et compagnies telles que la Banque d'épargne de la cité et du district de Montréal, la Banque de Montréal, la Shawinigan Water and Power Co., la Mutual Life Insurance, la Montreal Light, Heat and Power Co., la Canada Insurance et la Canadian International Paper Co. Il représente également plusieurs compagnies ferroviaires, dont la Compagnie du Grand Tronc de chemin de fer du Canada. Il est aussi membre du bureau de contrôle de la Banque Provinciale du Canada et du Conseil de l'instruction publique de la province de Québec. En 1920, il devient président du conseil d'administration de l'Université de Montréal et directeur politique du journal La Presse.
Gouin est député libéral à l'Assemblée législative dans Montréal no 2 de 1897 à 1908, puis député de Portneuf de 1908 à 1920. En 1900, il siège également au conseil municipal de Montréal. Commissaire des Travaux publics dans le gouvernement de Simon-Napoléon Parent, de 1900 à 1901, il est ensuite nommé ministre de la Colonisation et des Travaux publics. Gouin devient premier ministre du Québec en 1905 et le demeure jusqu'à sa démission en 1920. Il occupe en même temps la fonction de procureur général. Élu député libéral dans Laurier-Outremont aux élections fédérales de 1921, il est ministre de la Justice dans le gouvernement de William Lyon Mackenzie King, de 1921 à 1924. En janvier 1929, il est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
Il est décédé en fonction à Québec, le 28 mars 1929. Il est inhumé à Montréal, dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Montréal, en 1888, Éliza Mercier, fille d'Honoré Mercier (père), premier ministre, et de Léopoldine Boivin; puis, dans la cathédrale de Montréal, en 1911, Alice Amos, fille d'Auguste Amos, industriel, et de Marie-Louise Boyer.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
JONES, Richard. « Gouin, sir Lomer ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Johnson (père), Daniel
Né(e) le 9 avril 1915Décédé(e) le 26 septembre 1968

Né le 9 avril 1915 à Danville, Daniel Johnson est le fils de Francis Johnson, journalier, et de Marie-Adéline Daniel.
Johnson fait des études de droit à l'Université de Montréal. Il est président de l'Association générale des étudiants de cette université, de la Fédération canadienne des étudiants catholiques et de la section française de l'Union des jeunesses catholiques du Canada.
Johnson fait sa cléricature auprès de l'avocat Henri Crépeau. Admis à la pratique du droit en 1940, il exerce sa profession à Montréal. Il est conseiller juridique de plusieurs associations telles que le Conseil central de Montréal de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, l'Association des hebdomadaires de langue française, l'Association des hôteliers du Québec, l'Association professionnelle des employés d'Acton Rubber Inc. et la Chambre de commerce des jeunes de la province de Québec et du Canada.
Député de l'Union nationale dans la circonscription de Bagot à l'Assemblée législative de 1946 à 1968, Johnson est adjoint parlementaire du président du Conseil exécutif en 1955, orateur suppléant de 1955 à 1958 et ministre des Ressources hydrauliques de 1958 à 1960. Élu chef de l'Union nationale en 1961, il dirige l'opposition jusqu'en 1966, alors qu'il devient premier ministre du Québec. Il occupe aussi les fonctions de ministre des Richesses naturelles et de ministre des Affaires fédérales-provinciales de 1966 à 1967, puis celles de ministre des Affaires intergouvernementales de 1967 à 1968. Son mandat politique prend brusquement fin alors qu'il meurt au cours d'une visite du chantier du barrage Manic-5 (barrage Daniel-Johnson).
Il a publié, en collaboration avec Réginald D. Tormey, Index to Supreme Court Cases 1923-1950 (1951). Il est aussi l'auteur de l'ouvrage Égalité ou indépendance (1965).
Il est décédé au barrage Manic-5 le 26 septembre 1968. Il est inhumé dans le cimetière de Saint-Pie.
Il avait épousé à Montréal, en 1943, Reine Gagné, fille d'Horace-J. Gagné, avocat, et de Lauretta Demers. Il est le père de Pierre Marc Johnson et de Daniel Johnson, premiers ministres du Québec respectivement en 1985 et en 1994.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
GODIN, Pierre. Daniel Johnson. Montréal, Éditions de l'homme, 1980. s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Johnson, Pierre Marc
Né(e) le 5 juillet 1946Est toujours en vie

Né à Montréal en 1946, fils de Daniel Johnson (père), avocat, et de Reine Gagné.
Étudia au couvent des Sœurs de la Providence et aux collèges Stanislas et Saint-Laurent. Bachelier en science politique summa cum laude du Collège Jean-de-Brébeuf en 1967. Licencié en droit de l'Université de Montréal en 1970 et admis au Barreau du Québec en 1971. Diplômé en médecine de l'Université de Sherbrooke en 1975 et admis au Collège des médecins du Québec et à la licence de pratique au Canada en 1976 après un internat dans les hôpitaux universitaires de Montréal.
Occupa divers postes de 1966 à 1973 au sein de plusieurs associations étudiantes ainsi qu'à OXFAM-International. Professeur au cégep de Sherbrooke en 1972 et en 1973. Participa à une recherche sur l'analyse des fonds de recherche en santé pour le ministère de l'Éducation en 1973. Fut membre du conseil d'administration de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke. Exerça la médecine à l'Hôpital Maisonneuve à Montréal.
Élu député du Parti québécois dans Anjou en 1976. Réélu en 1981 et en 1985. Ministre du Travail et de la Main-d'œuvre dans le cabinet Lévesque du 6 juillet 1977 au 6 novembre 1980. Ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières du 6 novembre 1980 au 30 avril 1981. Ministre des Affaires sociales du 30 avril 1981 au 5 mars 1984. Ministre de la Justice et Procureur général du 5 mars 1984 au 3 octobre 1985. Ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes du 5 mars 1984 au 12 décembre 1985. Ministre par intérim des Communautés culturelles et de l'Immigration du 27 novembre au 20 décembre 1984. Élu président du Parti québécois le 29 septembre 1985. Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif du 3 octobre au 12 décembre 1985. Chef de l'Opposition officielle du 12 décembre 1985 au 10 novembre 1987, date de sa démission comme président du Parti québécois, chef de l'opposition officielle et député d'Anjou.
Professeur invité de droit constitutionnel à l'University York de Toronto en 1988. Avocat-conseil au cabinet Guy et Gilbert de 1988 à 1996 puis chez Heenan Blaikie. Professeur à la Faculté de droit et directeur de recherche au Centre de médecine d'éthique et de droit de l'Université McGill de 1988 à 1998. Devint conseiller spécial du secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement en 1991.
Président de comités de la Conférence des parties de la Convention des Nations unies pour combattre la désertification (1992-1994) et conseiller auprès du Secrétariat depuis 1992. Chargé de mission en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l'Ouest depuis 1994, pour des organes liés à la Convention. Conseiller auprès de la Commission nord-américaine de coopération environnementale de 1994 à 2002. Coprésident du Symposium international, sur le commerce et le développement durable à l'occasion du Sommet des Amériques à Québec en 2001.
Membre du conseil d'administration d'organisations et d'institutions liées au développement durable: membre fondateur, vice-président du conseil d'administration et président du comité des affaires étrangères de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie à Ottawa (1989-1997); l'Institut international de développement durable à Winnipeg (1990-1996); Environmental Training Institute of North America de Mexico (1994-1999); l'Union mondiale de conservation de la nature à Genève (1997 et 2000); l'Institut Véolia pour l'environnement à Paris (2000).
Membre du conseil d'administration de sociétés commerciales à capitalisation ouverte ou fermée: Unimédia (1990-1998), SNC, devenue SNC Lavalin (1990-1998), comité aviseur sur l'environnement de la société Dow Chemical (Midland, Michigan, 1990-1996), Compagnie de chauffage urbaine de Montréal (Montréal, 1993-1998), SOGEMA (Montréal, 1997-2000), Vincor International (Toronto, depuis 1998), Divertissements Muse Inc. (Montréal, depuis 1998), Civigenics (Bonton, 1998-2000), Entourage Solutions technologiques (Montréal, 2000-2005), Air Canada (2000-2003), H2O Innovation (2001-2003), Ciments Saint-Laurent (Montréal, depuis 2001), Celmed Bioscience (Montréal, 2003-2004), Ace Aviation Holdings (Montréal, depuis 2003) et ses filiales Aéroplan (depuis 2004) et Jazz (depuis 2005), Orthosoft (Montréal, depuis 2004), First National Alarmcap (Calgary, depuis 2005) et Noveko international (juin 2008).
Conseiller et négociateur principal du gouvernement du Québec dans le dossier opposant les États-Unis au Canada sur le bois d'œuvre depuis 2001. Membre du groupe de travail sur l'avenir de l'Amérique du Nord du Conseil des relations extérieures des États-Unis en en 2004 et en 2005. Juriste-conseil auprès du Conseil de la magistrature du Canada dans l'affaire du juge en chef, Michel Robert, de la Cour d'appel du Québec en 2005. Conseiller spécial de GO5 pour la défense de la gestion de l'offre de 2004 à 2006. Président de la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde en 2006 et en 2007. Nommé en mai 2009 négociateur en chef du Québec dans le cadre des négociations du projet d'accord transatlantique entre le Canada et l'Union européenne afin de faciliter le commerce et étendre les domaines de coopération.
Devint avocat-conseil chez Lavery en février 2014.
Auteur d'essais et articles sur la mondialisation en regard de l'environnement et de la participation de la société civil; auteur d'un ouvrage de droit du commerce international intituté: The Environment and NAFTA: Understanding and Implementing the New Continental Law (1995).
Nommé membre de la Société Royale du Canada en mai 1993. Nommé grand officier de l'Ordre de la Pléiade le 28 janvier 2000. Honoré du titre de Grand Ambassadeur par le Réseau des diplômés de l'Université de Sherbrooke en novembre 2005. Le 19 juin 2008, fut élevé au rang de grand officier de l'Ordre national du Québec pour sa contribution exceptionnelle à la vie québécoise. Reçut un doctorat honorifique de l'Université de Montréal en 2014.
Frère de Daniel Johnson (fils). Neveu de Maurice Johnson, député à la Chambre des communes de 1958 à 1962.
Source : Assemblée nationale du Québec
Joly de Lotbinière, Henri-Gustave
Né(e) le 5 décembre 1829Décédé(e) le 16 novembre 1908

Né à Épernay, en France, le 5 décembre 1829, Henri-Gustave Joly de Lotbinière est le fils de Gaspard-Pierre-Gustave Joly, marchand, et de Julie-Christine Chartier de Lotbinière.
Après des études à Paris, Joly fait l'apprentissage du droit au Bas-Canada à compter de 1850. Admis à la pratique en 1855, il exerce sa profession à Québec. Il s'occupe aussi de la seigneurie de Lotbinière, propriété de sa mère qui, en 1860, lui en cède les droits.
Élu député de Lotbinière en 1861, il appuie le Parti rouge et s'oppose au projet de Confédération. En 1867, il est député libéral de Lotbinière au fédéral comme au provincial. Il quitte la Chambre des communes en 1874, mais conserve son siège à l'Assemblée législative jusqu'en 1885. Premier ministre du Québec de 1878 à 1879, il est en même temps commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics.
En 1896, Joly de Lotbinière effectue un retour en politique fédérale et se fait élire député libéral dans Portneuf. Il est ministre du Revenu de l'intérieur de 1897 à 1900, puis lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique de 1900 à 1906.
Joly s'est également intéressé au commerce du bois, aux chemins de fer et aux sciences naturelles. Président du Conseil d'agriculture de la province de Québec en 1869, il prôna la modernisation de l'agriculture. Tout au long de sa vie, Joly fût un ardent protecteur et promoteur du patrimoine naturel, et notamment de la forêt. Sa réputation s'étendait jusqu'aux États-Unis et en Europe.
Il est décédé à Québec le 16 novembre 1908. Il est inhumé dans le cimetière de Mount Hermon, à Sillery (Québec).
Il avait épousé, à Québec, en 1856, Margaretta Josepha Gowen, fille du commerçant Hammond Gowen.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
HAMELIN, Marcel. « Joly de Lotbinière, Henri-Gustave ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Landry, Bernard
Né(e) le 9 mars 1937Décédé(e) le 6 novembre 2018

Né à Saint-Jacques, le 9 mars 1937, fils de Bernard Landry et de Thérèse Granger.
Étudia à l'Académie Saint-Louis et au Séminaire de Joliette. Licencié en droit de l'Université de Montréal. Admis au Barreau du Québec en juin 1965. Diplômé en économie et en finances de l'Institut d'études politiques de Paris. Stagiaire au Ministère des Finances et des Affaires économiques à Paris.
Président fondateur du Conseil étudiant du Séminaire de Joliette. Président de l'Association des étudiants de la Faculté de droit de l'Université de Montréal et de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal. Président du comité de fondation de l'Union générale des étudiants du Québec et président fondateur de l'Association générale des étudiants québécois en France. Officier d'infanterie de milice. Membre de l'exécutif de fondation de la Ligue des droits de l'homme, de l'Association canadienne des sciences politiques et de l'Association du Barreau canadien.
Conseiller technique au cabinet du ministre des Richesses naturelles, puis adjoint au directeur général de la planification de ce ministère de 1964 à 1968. Chargé de mission au cabinet du ministre de l'Éducation. Pratiqua le droit à Joliette et à Montréal de 1969 à 1976. Comme avocat, représenta plusieurs groupes ou associations, notamment les grévistes de la compagnie Firestone et de la Canadian Gypsum à Joliette, le Comité de citoyens de Laval et les expropriés de la région de Gentilly.
Secrétaire exécutif du Comité ouvrier juif des droits de l'homme (Congrès du travail du Canada). Fondateur et premier titulaire de la Chaire en mondialisation des marchés agroalimentaires de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
Candidat du Parti québécois défait dans Joliette en 1970 et dans Joliette-Montcalm en 1973. Membre de l'exécutif national du Parti québécois à compter de 1974. Élu député du Parti québécois dans Fabre en 1976. Réélu dans Laval-des-Rapides en 1981. Assermenté membre du Conseil exécutif le 26 novembre 1976 et ministre d'État au Développement économique dans le cabinet Lévesque le 2 février 1977. Occupa ce poste jusqu'au 9 septembre 1982. Ministre délégué au Commerce extérieur du 9 septembre 1982 au 12 janvier 1983. Ministre du Commerce extérieur dans les cabinets Lévesque et Johnson (Pierre Marc) du 12 janvier 1983 au 16 octobre 1985. Ministre des Relations internationales dans les cabinets Lévesque et Johnson (Pierre Marc) du 5 mars 1984 au 16 octobre 1985. Ministre des Finances dans le cabinet Johnson (Pierre Marc) du 16 octobre au 12 décembre 1985. Candidat à la direction du Parti québécois en 1985, retira sa candidature le 16 août. Défait dans Laval-des-Rapides en 1985.
Co-animateur et personne-ressource à l'émission de télévision d'affaires publiques Le Monde magazine en 1986 et en 1987. Professeur au Département des sciences administratives de l'UQAM de 1986 à 1994. Membre du conseil d'administration de Micro-Logic Applications à compter de 1987.
Vice-président du Parti québécois de 1989 à 1994. Élu dans Verchères en 1994. Réélu en 1998 et en 2003. Vice-premier ministre et ministre des Affaires internationales, de l'Immigration et des Communautés culturelles dans le cabinet Parizeau du 26 septembre 1994 au 2 novembre 1995. Ministre des Affaires internationales du 3 novembre 1995 au 28 janvier 1996. Vice-premier ministre, vice-président du Conseil exécutif et ministre d'État à l'Économie et aux Finances dans le cabinet Bouchard du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie du 29 janvier 1996 au 23 septembre 1998. Ministre de l'Industrie et du Commerce du 15 décembre 1998 au 8 mars 2001. Ministre des Finances du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001. Ministre du Revenu du 29 janvier 1996 au 15 décembre 1998 et du 28 avril au 10 novembre 1999.
Chef du Parti québécois du 2 mars 2001 au 6 juin 2005. Premier ministre du Québec du 8 mars 2001 au 29 avril 2003. Chef de l'opposition officielle du 29 avril 2003 au 6 juin 2005, date de sa démission.
Devint conseiller stratégique auprès de la firme d'avocats Lapointe Rosenstein de Montréal en novembre 2005. Professeur au Département de stratégie des affaires de l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal. Chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'UQAM. Professeur invité à l'École polytechnique de Montréal.
Récipiendaire du premier prix Louis-Joseph-Papineau pour avoir consacré plus de 35 ans à la cause souverainiste, en 2005, et du titre de Patriote de l'année 2006. Commandeur de la Légion d'honneur, grand-croix de l'Ordre de la Pléiade et décoré de l'Ordre du Mérite de la Bavière. Élevé au rang de grand officier de l'Ordre national du Québec pour sa contribution exceptionnelle à la vie québécoise le 19 juin 2008. Reçut le prix Pierre-Bourgault le 22 juin 2008.
Décédé le 6 novembre 2018, à l'âge de 81 ans et 7 mois.
Avait épousé à Outremont, dans la paroisse Saint-Germain, le 6 juillet 1963, Lorraine Laporte, fille de Donat Laporte, pharmacien, et de Simone Jacquemin; puis, en secondes noces à Verchères, le 26 juin 2004, Chantal Renaud.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Bernard Landry est le 28e premier ministre du Québec. Il a occupé cette fonction du 8 mars 2001 au 29 avril 2003;
Impliqué au sein du Parti québécois dès 1968, il a connu une longue carrière politique marquée par un engagement profond en faveur de l'accession du Québec à la souveraineté. Député à l'Assemblée nationale de 1976 à 1985 et de 1994 à 2005, il a dirigé plusieurs ministères à vocation économique dans les gouvernements de René Lévesque, de Pierre Marc Johnson, de Jacques Parizeau, puis de Lucien Bouchard. Il a contribué de façon significative au développement économique du Québec, notamment dans les domaines du commerce extérieur et des nouvelles technologies. C'est au cours de son mandat comme premier ministre que le gouvernement du Québec a conclu une entente historique avec les Cris pour le développement du territoire de la Baie-James, surnommée « la paix des braves »;
Il a également enseigné à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal de 1986 à 1994, puis de 2005 à 2018. Il s'est intéressé à la question du libre-échange, thème auquel il a consacré un ouvrage en 1987."
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Legault, François
Né(e) le 26 mai 1957Est toujours en vie

Né à Sainte-Anne-de-Bellevue en 1957
Marié et père de 2 garçons
Formation
Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec (2000)
Maîtrise en administration des affaires (MBA), option finances, HEC, Montréal (1984)
Baccalauréat en administration des affaires, option comptabilité publique, École des hautes études commerciales (HEC), Montréal (1978)
Expérience professionnelle
Membre du conseil d’administration de Provigo inc., Culinar, Sico inc., Technilab inc. et Bestar inc. (1995-1998)
Président-directeur général et cofondateur d’Air Transat (1986-1997)
Directeur du marketing chez Québecair (1985-1986)
Directeur des finances et de l'administration chez Nationair Canada (1984-1985)
Vérificateur et chef d'équipe chez Ernst & Young (1978-1984)
Engagement communautaire et politique
Chef de la Coalition avenir Québec (depuis 2011)
Membre du conseil d’administration du Musée Marc-Aurèle-Fortin (1998)
Président du conseil d'administration du Fonds régional de Solidarité Laurentides (1996-1998)
Source : Assemblée nationale du Québec
Lesage, Jean
Né(e) le 10 juin 1912Décédé(e) le 12 décembre 1980

Né le 10 juin 1912 à Montréal, Jean Lesage est le fils de Xavéri Lesage, enseignant et fonctionnaire, et de Cécile Côté.
Lesage fait des études de droit à l'Université Laval. Admis à la pratique en 1934, il exerce la profession d'avocat à Québec. De 1939 à 1944, il est procureur de la couronne et procureur de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.
Député libéral de Montmagny-L'Islet à la Chambre des communes de 1945 à 1958, Lesage occupe les fonctions d'adjoint parlementaire du secrétaire d'État aux Affaires extérieures de 1951 à 1952, d'adjoint parlementaire du ministre des Finances en 1953, de ministre des Ressources et du Développement économique dans le gouvernement de Louis-Stephen St-Laurent en 1953, puis de ministre du Nord canadien et des Ressources nationales de 1953 à 1957. Il démissionne du gouvernement fédéral à la suite de son élection à la direction du Parti libéral du Québec en 1958.
Député libéral de Québec-Ouest à l'Assemblée législative de 1960 à 1966, Lesage est premier ministre du Québec et ministre des Finances. Il occupe aussi les postes de ministre des Affaires fédérales-provinciales de 1961 à 1966 et de ministre du Revenu en 1963. Il est considéré comme le père de la Révolution tranquille. Sous son administration, le ministère de l'Éducation, le ministère des Affaires culturelles, la Société générale de financement, la Caisse de dépôt et placement et la Régie de rentes du Québec sont créés et plusieurs compagnies d'électricité sont nationalisées. Élu dans Louis-Hébert en 1966, il est chef de l'opposition jusqu'en 1970.
Lesage est membre de plusieurs conseils d'administration, notamment des compagnies Lever Brothers Ltd., Montreal Trust Co., Mondev Corporation Ltd., Campbell Chibougamau Mines Ltd., J. J. Baker Ltd. et Canadian Reynolds Metals Co. Il est président du conseil d'administration des Nordiques de Québec à partir de 1972.
Il est décédé à Sillery (Québec) le 12 décembre 1980. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec).
Il avait épousé à Saint-Raymond, en 1938, Corinne Lagarde, cantatrice, fille d'Alexandre Lagarde, gérant de commerce, et de Valéria Matte.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
THOMSON, Dale C. Jean Lesage et la Révolution tranquile. Québec, Édition du Trécarré, 1984. 615 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lévesque, René
Né(e) le 24 août 1922Décédé(e) le 1er novembre 1987

Né le 24 août 1922 à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, René Lévesque est le fils de Dominique Lévesque, avocat, et de Diane Dionne-Pineault.
Lévesque entreprend sa vie professionnelle à la radio comme annonceur et rédacteur de nouvelles à la station CHNC de New Carlisle. Il travaille ensuite aux stations CHRC et CBV. En 1944 et 1945, il est agent de liaison et correspondant de guerre pour les forces armées américaines. De retour au pays, il travaille pour le service international de Radio-Canada de 1946 à 1951. Il est correspondant en Corée en 1952, chef du service des reportages radiotélévisés de 1952 à 1956 et animateur de l'émission télévisée « Point de mire » de 1956 à 1959.
Lévesque est député libéral de Montréal-Laurier à l'Assemblée législative de 1960 à 1966. Dans le gouvernement de Jean Lesage, il est ministre des Ressources hydrauliques et des Travaux publics en 1960 et 1961, ministre des Richesses naturelles de 1961 à 1966, puis ministre de la Famille et du Bien-être social en 1965 et 1966. Il est un moteur de la Révolution tranquille, en raison notamment de son rôle clé dans l'assainissement des mœurs politiques et la nationalisation des compagnies d'électricité.
Réélu dans Laurier en 1966, Lévesque quitte toutefois les libéraux l'année suivante pour fonder le Mouvement souveraineté-association, qui devient le Parti québécois en 1968. Pendant 17 années, il dirige ce parti dont le principal objectif est la réalisation de la souveraineté du Québec et l'établissement d'une nouvelle forme d'association avec le Canada.
Lévesque devient premier ministre du Québec en 1976 et le demeure jusqu'en 1985. Pendant cette période, le gouvernement québécois adopte, entre autres, la Charte de la langue française et la Loi sur le financement des partis politiques, en plus de tenir un référendum afin de se voir confier le mandat de négocier la souveraineté-association avec le reste du Canada, ce qu'il n'obtient pas. Après sa vie politique, l'ancien premier ministre retourne au journalisme.
Il a publié Option Québec (1968), La passion du Québec (1978), Oui (1980) et Attendez que je me rappelle... (1986).
Il est décédé à Montréal le 1er novembre 1987. Il est inhumé à Sillery (Québec) dans le cimetière Saint-Michel.
Il avait épousé à Québec, en 1947, Louise L'Heureux, fille d'Eugène L'Heureux, directeur de l'Action catholique de Québec, et de Jeannette Magnan; puis à Montréal, en 1979, Corinne Côté, fille de Roméo Côté et d'Irma Tremblay.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BÉLANGER, Yves, dir. René Lévesque : l'homme, la nation, la démocratie. Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1992. 495 p.
DESBARATS, Peter. René Lévesque : ou, Le projet inachevé. Montréal, Fides, 1977. 270 p.
FRASER, Graham. PQ : René Lévesque & the Parti québécois in power. Toronto, Macmillan of Canada, 1984. 434 p.
GODIN, Pierre. René Lévesque, un homme et son rêve, 1922-1987. Montréal, Boréal, 2007. 716 p.
PROVENCHER, Jean. René Lévesque : portrait d'un Québécois. Montréal, Éditions de La Presse, 1973. 270 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Marchand, Félix-Gabriel
Né(e) le 9 janvier 1832Décédé(e) le 25 septembre 1900

Né le 9 janvier 1832 à Saint-Jean-sur-Richelieu, Félix-Gabriel Marchand est le fils de Gabriel Marchand, propriétaire terrien, négociant et officier supérieur dans la milice, et de Mary Macnider.
Marchand fait sa cléricature auprès de Thomas-Robert Jobson en 1850 et est reçu notaire en 1855. Il ouvre une étude à Saint-Jean-sur-Richelieu, où il a hérité des terres de son père.
Marchand est conseiller municipal de Saint-Jean-sur-Richelieu en 1858 et en 1859. En 1862, aidé de Charles-Joseph Laberge, Marchand forme un corps de volontaires et participe aux opérations contre les féniens. Il est président de la commission scolaire de Saint-Jean de 1863 à 1896. En 1866, il obtient le poste de lieutenant-colonel du 21e bataillon d'infanterie légère de Richelieu et demeure en service actif jusqu'en 1880. En 1873, avec Louis Molleur, il fonde la Banque de Saint-Jean. Président de la Chambre des notaires en 1894, il occupe aussi les postes de vice-président de l'Association d'agriculture du Bas-Canada et de président de la Société royale du Canada en 1898.
Marchand est élu député libéral de Saint-Jean à l'Assemblée législative de la province de Québec en 1867, et le demeure jusqu'à son décès en 1900. Secrétaire et registraire de la province dans le gouvernement de Henri-Gustave Joly de Lotbinière de 1878 à 1879, il occupe aussi la fonction de commissaire des Terres de la Couronne en 1879. En 1887, Honoré Mercier (père) le choisit comme orateur de l'Assemblée législative. À la suite de l'élection de 1892, Marchand occupe la fonction de chef de l'opposition. En 1897, il devient premier ministre du Québec. Il est en même temps trésorier de la province.
Il a collaboré à plusieurs journaux et en a fondé quelques-uns, dont le Franco-Canadien de Saint-Jean et le quotidien Le Temps de Montréal. Il est aussi l'auteur d'œuvres littéraires telles que Erreur n'est pas compte ou Les inconvénients d'une ressemblance (1872), Un bonheur en attire un autre (1883) et Les faux brillants (1885).
Il est décédé en fonction à Québec le 25 septembre 1900. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec). C'est en son honneur que, pour la première fois au Québec, ont eu lieu des funérailles d'État.
Il avait épousé à Terrebonne, en 1854, Hersélie Turgeon, fille de Louis Turgeon et de Pélagie Marchand.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BRASSARD, Michèle et Jean HAMELIN. « Marchand, Félix-Gabriel ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Marois, Pauline
Né(e) le 29 mars 1949Est toujours en vie

Née à Québec en 1949, fille de Grégoire Marois, mécanicien, et de Marie-Paule Gingras.
Étudia au Collège Jésus-Marie. Obtint un baccalauréat en service social de l'Université Laval en 1971 et une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'École des hautes études commerciales de l'Université de Montréal en 1976.
Collabora à la mise sur pied de l'Association coopérative d'économie familiale de l'Outaouais en 1970, puis fut consultante budgétaire et agente de formation de cet organisme en 1971. Responsable du service animation-participation au Conseil régional de développement de l'Outaouais de septembre 1971 à février 1973. Coordonnatrice du cours de technique en assistance sociale au Cégep de Hull de mars à septembre 1973. Participa à la création de CFVO, la première coopérative de télévision au Québec, en 1973. Directrice générale du CLSC de l'Île-de-Hull de juillet 1973 à septembre 1974. Initiatrice des services d'urgence sociale du Centre de services sociaux (CSS) du Montréal métropolitain et responsable de l'orientation, de la programmation et de la gestion des services spécialisés à l'enfance en 1976.
Attachée de presse du ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau, d'octobre 1978 à mars 1979. Consultante pour l'Association des CSS du Québec en avril 1979. Directrice du cabinet de la ministre d'État à la Condition féminine, Lise Payette, en 1979. Membre du bureau de direction de l'Association Québec-France en 1978 et en 1979. Élue députée du Parti québécois (PQ) dans La Peltrie en 1981. Ministre d'État à la Condition féminine dans le cabinet Lévesque du 30 avril 1981 au 9 septembre 1982. Vice-présidente du Conseil du trésor du 9 septembre 1982 au 12 décembre 1985. Ministre déléguée à la Condition féminine du 9 septembre 1982 au 29 novembre 1983. Ministre de la Main-d'œuvre et de la Sécurité du revenu dans les cabinets Lévesque et Johnson (Pierre Marc) du 29 novembre 1983 au 12 décembre 1985. Ministre déléguée à la Condition féminine du 17 juin au 16 octobre 1985. Candidate défaite à la direction du PQ le 29 septembre 1985. Défaite en 1985. Membre de l'exécutif du Parti québécois jusqu'au 12 juin 1987.
Trésorière de la Fédération des femmes du Québec en 1987. Consultante à la Société Elizabeth Fry en 1988. Chargée de cours à l'Université du Québec à Hull en 1988.
Candidate du PQ défaite dans Anjou à l'élection partielle du 20 juin 1988. Conseillère au programme du PQ de mars à novembre 1988. Vice-présidente du PQ de novembre 1988 à septembre 1989. Élue députée dans Taillon en 1989. Réélue en 1994, en 1998 et en 2003. Présidente de la Commission des affaires sociales du 29 novembre 1989 au 24 juillet 1994. Ministre déléguée à l'Administration et à la Fonction publique et présidente du Conseil du trésor du 26 septembre 1994 au 3 novembre 1995, ministre responsable de la Condition féminine et ministre de la Sécurité du revenu du 31 août au 12 septembre 1995, puis ministre des Finances et ministre du Revenu dans le cabinet Parizeau du 3 novembre 1995 au 29 janvier 1996.
Ministre de l'Éducation dans le cabinet Bouchard du 29 janvier 1996 au 15 décembre 1998 et ministre de la Famille et de l'Enfance du 2 juillet 1997 au 15 décembre 1998. Ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Santé et des Services sociaux et ministre de la Famille et de l'Enfance du 15 décembre 1998 au 8 mars 2001. Vice-première ministre du 8 mars 2001 au 29 avril 2003, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre des Finances et ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie dans le cabinet Landry du 8 mars 2001 au 25 septembre 2002, ministre de l'Industrie et du Commerce du 30 janvier au 25 septembre 2002 et ministre des Finances, de l'Économie et de la Recherche du 25 septembre 2002 au 29 avril 2003. Candidate défaite à la direction du PQ le 15 novembre 2005. Démissionna comme députée le 20 mars 2006.
Devint chef du PQ le 26 juin 2007. Élue députée dans Charlevoix à l'élection partielle du 24 septembre 2007. Réélue en 2008 et dans Charlevoix−Côte-de-Beaupré en 2012. Chef du deuxième groupe d'opposition du 1er octobre 2007 au 5 novembre 2008, puis chef de l'opposition officielle du 15 décembre 2008 au 1er août 2012. Première ministre du 19 septembre 2012 au 23 avril 2014. Ministre du développement durable, de l'Environnement et des Parcs par intérim du 29 novembre au 3 décembre 2012. Défaite en 2014.
Présidente d'honneur des cérémonies commémorant le 25e anniversaire de Polytechnique en 2014. Présidente de la campagne de financement de la Fondation pour la langue française en 2019. Nommée présidente du conseil d'administration de la Fondation Forces AVENIR en 2023.
Reçut le prix MBA en 2001 décerné par l'Association des MBA du Québec. Décorée du grade de commandeur de l'Ordre de la Pléiade le 17 mars 2004. Récipiendaire du prix Louis-Joseph-Papineau en 2011 et de l'Appreciation plaque de l'Asian Citizen's Center for Environment and Health School of Public Health le 21 décembre 2012. Faite Grand-Croix de l'Ordre de la Pléiade le 18 mars 2015. Récipiendaire d'un doctorat honoris causa en travail social de l'Université Laval le 17 juin 2018, puis d'un doctorat honoris causa de l'Université du Québec en Outaouais le 16 novembre 2019.
Source : Assemblée nationale du Québec
Mercier, Honoré
Né(e) le 15 octobre 1840Décédé(e) le 30 octobre 1894

Né le 15 octobre 1840 à Saint-Athanase, près d'Iberville, Honoré Mercier est le fils de Jean-Baptiste Mercier, cultivateur, et de Marie-Catherine Timineur (Kemeneur).
Mercier fait l'apprentissage du droit auprès de Maurice Laframboise et d'Augustin-Cyrille Papineau à Saint-Hyacinthe, et auprès de Joseph-Adolphe Chapleau à Montréal. Il est admis à la pratique en 1865. Il exerce d'abord sa profession d'avocat à Saint-Hyacinthe de 1865 à 1881, puis s'établit à Montréal. Au cours des années 1860, il est rédacteur au Courrier de Saint-Hyacinthe.
En 1871, Mercier participe à la fondation de la section montréalaise du Parti national. Il est député libéral de Rouville à la Chambre des communes de 1872 à 1874. Cinq ans plus tard, il est élu député libéral de Saint-Hyacinthe à l'Assemblée législative et assermenté solliciteur général dans le gouvernement de Henri-Gustave Joly de Lotbinière. Chef de l'opposition libérale de 1883 à 1887, il fonde le nouveau Parti national, regroupant les libéraux et les conservateurs dissidents, indignés par la pendaison du chef métis Louis Riel en 1885.
Premier ministre du Québec de 1887 à 1891, Mercier occupe les fonctions de procureur général de 1887 à 1888 et de commissaire de l'Agriculture et de la Colonisation en 1888, 1890 et 1891. À la suite du scandale du chemin de fer de la baie des Chaleurs, il est renvoyé d'office par le lieutenant-gouverneur, Auguste-Réal Angers, en 1891. Traduit en justice sous une accusation de fraude, il est acquitté, mais ruiné et affligé par la maladie. Pendant son passage au pouvoir, il soutient la colonisation et la construction ferroviaire, procède au règlement de la question des biens des Jésuites et convoque la première conférence des premiers ministres provinciaux de l'histoire de la Confédération canadienne.
Il est décédé à Montréal le 30 octobre 1894. Il est inhumé dans la même ville dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Saint-Hyacinthe, en 1866, Léopoldine Boivin, fille de Narcisse Boivin, marchand, et d'Élisabeth Maillette; puis au même endroit, en 1871, Virginie Saint-Denis, fille de Jean-Baptiste Saint-Denis, marchand, et d'Hermine Boivin.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COUTURE, Pierre. Honoré Mercier : l'un des plus grands premiers ministres du Québec. Montréal, M. Brûlé, 2008. 170 p.
DUFOUR, Pierre et Jean HAMELIN. « Mercier, Honoré ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GALLICHAN, Gilles. Honoré Mercier. La politique et la culture. Sillery, Québec, Septentrion, 1994. 212 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Mousseau, Joseph-Alfred
Né(e) le 17 juillet 1837Décédé(e) le 30 mars 1886

Né le 18 juillet 1838 à Sainte-Geneviève-de-Berthier (Berthierville), Joseph-Alfred Mousseau est le fils de Louis Mousseau, cultivateur, et de Sophie Duteau, dit Grandpré.
Mousseau entreprend ses études de droit auprès de Louis-Auguste Olivier, Thomas Kennedy Ramsay, Lewis Thomas Drummond et Louis Bélanger. Admis à la pratique en 1860, il exerce sa profession à Montréal dans le cabinet Mousseau, Chapleau et Archambault, qui devient plus tard Mousseau et Archambault.
De 1862 à 1863, Mousseau est l'un des propriétaires du journal Le Colonisateur. En 1870, il fonde, avec George-Édouard Desbarats et Laurent-Olivier David, l'hebdomadaire L'Opinion publique.
Député conservateur de Bagot à la Chambre des communes de 1874 à 1882, Mousseau est président du Conseil privé de 1880 à 1881, puis secrétaire d'État en 1881. Il poursuit sa carrière politique sur la scène provinciale comme député conservateur de Jacques-Cartier à l'Assemblée législative de 1882 à 1884. Il est premier ministre du Québec et procureur général de 1882 jusqu'à sa nomination comme juge à la Cour supérieure du district de Rimouski, en 1884.
Mousseau est l'auteur de deux oeuvres littéraires, Lecture publique [...] sur Cardinal et Duquet victimes de 1837-1838 (1860) et Contre-poison: la Confédération, c'est le salut du Bas-Canada: il faut se méfier des ennemis de la Confédération (1867).
Il est décédé à Montréal le 30 mars 1886. Il est inhumé dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à Sainte-Geneviève-de-Berthier, en 1862, Hersélie Desrosiers, fille de Léopold Desrosiers, notaire, et de Louise Douaire Bondy.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
DÉSILETS, Andrée. « Mousseau Joseph-Alfred ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Ouimet, Gédéon
Né(e) le 2 juin 1823Décédé(e) le 23 avril 1905

Né à Sainte-Rose (Laval), le 2 juin 1823, Gédéon Ouimet est le fils de Jean Ouimet, cultivateur, et de Marie Beautron dit Major.
Ouimet fait l'apprentissage du droit auprès de son frère André, avocat et ancien Fils de la liberté. Admis à la pratique en 1844, il exerce d'abord sa profession à Vaudreuil. Il est maire de cette municipalité de 1852 à 1854. Il s'établit à Montréal en 1853 et compte parmi ses associés Joseph-Adolphe Chapleau et Louis-Siméon Morin.
Ouimet est député de Beauharnois à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1858 à 1861. Il appuie le Parti bleu. De 1867 à 1876, il est élu député conservateur de Deux-Montagnes à l'Assemblée législative de la province de Québec. Il est procureur général dans le gouvernement de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, de 1867 à 1873. Premier ministre du Québec de 1873 à 1874, il occupe aussi les fonctions de ministre de l'Instruction publique et de secrétaire et registraire provincial. En 1876, il est nommé surintendant de l'Instruction publique. Il garde ce poste jusqu'en 1895, alors qu'il est nommé conseiller législatif de la division de Rougemont.
Ouimet est aussi bâtonnier du Barreau de Montréal en 1869 et bâtonnier du Barreau de la province de Québec en 1869 et en 1870. Il est momentanément président du Conseil général du Barreau de la province et substitut du procureur général à Sainte-Scholastique. Président de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal en 1869 et en 1870, Ouimet préside l'Institut canadien-français de Montréal en 1872.
Il est décédé en fonction à Saint-Hilaire, le 23 avril 1905. Il est inhumé dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.
Il avait épousé à Montréal, en 1850, Marie-Jeanne Pellant, fille du cultivateur Alexis Pellant et d'Élizabeth Lionais.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BRASSARD, Michèle et Jean HAMELIN. « Ouimet Gédéon ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Parent, Simon-Napoléon
Né(e) le 12 septembre 1855Décédé(e) le 7 septembre 1920

Né à Beauport (Québec), le 12 septembre 1855, Simon-Napoléon Parent est le fils de Simon-Polycarpe Parent, cultivateur et commerçant, et de Luce Bélanger.
Après des études en droit à l'Université Laval, Parent fait sa cléricature auprès des avocats Thomas Chase Casgrain et Guillaume Amyot. Admis à la pratique en 1881, il ouvre son cabinet d'avocat dans la paroisse de Saint-Sauveur, à Québec, et s'associe notamment à Charles Fitzpatrick, Louis-Alexandre Taschereau et Lawrence Arthur Cannon.
Conseiller municipal du quartier Saint-Vallier au conseil municipal de Québec de 1890 à 1894, Parent est maire suppléant en 1892, puis maire de 1894 à 1906. Député libéral de Saint-Sauveur à l'Assemblée législative de 1890 à 1905, il occupe le poste de commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries dans le gouvernement de Félix-Gabriel Marchand de 1897 à 1900. Premier ministre du Québec de 1900 à 1905, il exerce aussi les fonctions de commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries de 1900 à 1901, de commissaire des Terres, Mines et Pêcheries de 1901 à 1905 et de trésorier intérimaire en 1903. Trois de ses ministres, Lomer Gouin, Adélard Turgeon et William Alexander Weir, prennent la tête d'un mouvement qui aboutit à sa démission en 1905.
Parent a aussi été président de la Compagnie du pont de Québec en 1897, de la Commission du chemin de fer Transcontinental de 1905 à 1911 et de la Commission du régime des eaux courantes de Québec de 1911 à 1920.
Il a publié la Loi de la cession des biens (1892) et Discours sur la question des droits de coupe sur le bois de pulpe (1903).
Il est décédé à Montréal le 7 septembre 1920. Il est inhumé dans le cimetière Saint-Charles à Québec.
Il avait épousé à Beauport, en 1877, Clara Gendron, fille d'Ambroise Gendron, inspecteur de bois et arpenteur, et d'Esther Chamberland.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
BRASSARD, Michèle et Jean HAMELIN. « Parent Simon-Napoléon ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http:/www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Parizeau, Jacques
Né(e) le 9 août 1930Décédé(e) le 1er juin 2015

Né le 9 août 1930 à Montréal, Jacques Parizeau est le fils de Gérard Parizeau, courtier d'assurances, et de Germaine Biron.
Parizeau entame son parcours scolaire au Collège Stanislas de Montréal, puis de 1947 à 1950, fréquente l'École des hautes études commerciales. Il se rend ensuite en Europe pour compléter sa formation. Il étudie à l'Institut d'études politiques et à la Faculté de droit de Paris et il obtient en 1955 un doctorat en économie de la London School of Economics.
Commençant sa carrière dans le milieu de l'éducation, Parizeau est professeur en économie à l'École des hautes études commerciales de 1955 à 1976. Il y est directeur de l'Institut d'économie appliquée de 1973 à 1975. Il est aussi directeur du journal L'Actualité économique de 1955 à 1961. Il enseigne de nouveau à l'École des hautes études commerciales de 1985 à 1989.
Parizeau œuvre également au sein de plusieurs institutions et organismes publics. Consultant pour plusieurs ministères du gouvernement du Québec, il est conseiller économique et financier du premier ministre et du Conseil des ministres de 1961 à 1969. Il préside le comité d'étude sur les institutions financières de 1966 à 1969. En tant que conseiller économique, Parizeau prend une part active aux grands chantiers de la Révolution tranquille. Il contribue au projet de nationalisation de l'électricité, à la création de la Société générale de financement et est l'un des instigateurs de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il est aussi membre des conseils d'administration de la Société d'exploitation minière et de la Régie de l'assurance-dépôts dès leur création, et ce, jusqu'en 1969.
En 1969, Parizeau adhère au Parti québécois où il préside le conseil exécutif du parti de 1970 à 1973. Il est député de la circonscription de L'Assomption de 1976 à 1984. Sous le gouvernement de René Lévesque, il est ministre des Finances de 1976 à 1984, président du Conseil du trésor de 1976 à 1981 et ministre du Revenu de 1976 à 1979. Il occupe également le poste de ministre des Institutions financières et Coopératives en 1981 et 1982. Parizeau démissionne de ses postes de ministre et de député en 1984 après que René Lévesque, chef du Parti québécois, adopte une nouvelle orientation pour les prochaines élections qui ne situe pas la souveraineté au premier plan.
Succédant à Pierre Marc Johnson, Parizeau est élu chef du Parti Québécois en 1988. L'année suivante, il est réélu député de la circonscription de L'Assomption. Chef de l'opposition officielle jusqu'en 1994, il préside le comité du Non pour le référendum de 1992 sur l'Accord de Charlottetown qui vise une nouvelle proposition constitutionnelle canadienne.
Parizeau devient premier ministre du Québec en 1994. Il occupe également le poste de ministre de la Culture et des Communications en 1995. En octobre de la même année, il tient un référendum sur la souveraineté du Québec. Le résultat du référendum concède la victoire au camp du non. Parizeau démissionne le 29 janvier 1996. Après sa vie politique, il demeure un observateur et critique de la scène politique québécoise.
Il a publié Pour un Québec souverain (1997). Il est également l'auteur de Le Québec et la mondialisation : une bouteille à la mer? (1998) et de La souveraineté du Québec hier, aujourd'hui et demain (2009).
Il est décédé à Montréal le 1er juin 2015.
Il avait épousé à Montréal, en 1956, Alicya Poznanski, fille de Stanislas Poznanski, industriel, et de Bronislawa Ostrowska; puis à Sainte-Agathe-des-Monts, en 1992, Lisette Lapointe, fille de Philippe Lapointe, enseignant et cadre scolaire, et de Laurette Picard, enseignante.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
La ministre de la Culture et des Communications est responsable en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel de la commémoration des premiers ministres décédés du Québec.
Jacques Parizeau a été le 26e premier ministre du Québec. Il a occupé cette fonction du 26 septembre 1994 au 29 janvier 1996.
Auparavant, il a été professeur en économie à l'École des hautes études commerciales de 1955 à 1976 et de 1985 à 1989, et haut fonctionnaire de 1961 à 1969. Il a été l'un des principaux artisans de la Révolution tranquille en raison de sa contribution à la nationalisation de l'électricité, à la création de la Société générale de financement et de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et à la mise en place de la Régie des rentes du Québec.
De 1976 à 1984, il a été ministre des Finances dans le gouvernement de René Lévesque. Il a instauré le régime d'épargne-actions et a joué un rôle clé dans la création du Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.
Assemblée nationale du Québec. « Jacques Parizeau ». Assemblée nationale du Québec. Assemblée nationale du Québec [En ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/parizeau-jacques-4781/biographie.html
DUCHESNE, Pierre. Jacques Parizeau - Le Baron. Vol. 2. Montréal, Éditions Québec Amérique, 2001. 534 p.
DUCHESNE, Pierre. Jacques Parizeau - Le Croisé. Vol. 1. Montréal, Éditions Québec Amérique, 2001. 622 p.
DUCHESNE, Pierre. Jacques Parizeau - Le Régent. Vol. 3. Montréal, Éditions Québec Amérique, 2001. 603 p.
RICHARD, Laurence. Jacques Parizeau, un bâtisseur. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 1992. 249 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Ross, John Jones
Né(e) le 16 août 1831Décédé(e) le 4 mai 1901

Né à Québec le 16 août 1831, John Jones Ross est le fils de George McIntosh Ross, marchand, et de Sophie-Éloïse Gouin.
Ross fait l'apprentissage de la médecine dans la région de Trois-Rivières. Admis à la pratique de sa profession en 1853, il exerce à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Il occupe aussi le poste de médecin dans le 1er bataillon de la milice du comté de Champlain.
Député de Champlain à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1861 à 1867, Ross appuie le Parti bleu. Après la Confédération, il devient député conservateur de Champlain à l'Assemblée législative et à la Chambre des communes. Au Québec, il est conseiller législatif de la division de Shawinigan de 1867 jusqu'à son décès en 1901. Il préside le Conseil législatif en 1873 et 1874, de 1876 à 1878 et de 1879 à 1882. Il occupe aussi les fonctions de ministre sans portefeuille en 1876, de commissaire des Chemins de fer par intérim et de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics de 1881 à 1882, puis de 1884 à 1887. Il est premier ministre du Québec de 1884 à 1887. Il est nommé sénateur de la division de La Durantaye en 1887 et préside le Sénat de 1891 à 1896. Membre du Conseil privé à partir de 1896, il est ministre sans portefeuille dans le gouvernement de Charles Tupper en 1896.
Ross est aussi membre du Conseil d'agriculture de Québec de 1862 à 1890. En 1870, il est élu membre du conseil d'administration de la Compagnie du chemin de fer de la rive nord, puis vice-président à partir de 1875. Enfin, il représente le district de Trois-Rivières au conseil du Collège des médecins et chirurgiens à partir de 1865 et est président de ce conseil de 1889 à 1895.
Il est décédé en fonction à Sainte-Anne-de-la-Pérade, le 4 mai 1901. Il est inhumé dans l'église paroissiale.
Il avait épousé à Champlain, en 1854, Arline Lanouette, fille de Joseph-Édouard Lanouette, lieutenant-colonel dans la milice, et d'Antoinette-Adélaïde Pezard de Champlain.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
MUNRO, Kenneth. « Ross, John Jones ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Sauvé, Joseph-Mignault-Paul
Né(e) le 24 mars 1907Décédé(e) le 2 janvier 1960

Né à Saint-Benoît (Mirabel) le 24 mars 1907, Joseph-Mignault-Paul Sauvé est le fils d'Arthur Sauvé, journaliste et homme politique, et de Marie-Louise Lachaîne.
Après ses études à l'Université de Montréal, Sauvé fait sa cléricature auprès de l'avocat Aldéric Blain, puis au cabinet Chauvin, Walker, Stewart et Martineau. Il est admis à la pratique du droit en 1930.
Sauvé est député conservateur de Deux-Montagnes à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1930 à 1935, puis député de l'Union nationale dans la même circonscription de 1936 à 1960. Il exerce la fonction d'orateur de l'Assemblée législative de 1936 à 1940. Mobilisé en 1939, il devient capitaine et commandant de compagnie au Centre de Sorel en 1940. Il est l'un des organisateurs de l'école d'officiers et de sous-officiers de Saint-Hyacinthe en 1941 et du Centre d'instruction avancée de Farnham en 1942. Il sert en Europe avec les Fusiliers du Mont-Royal en 1943 et 1944 en tant que commandant en second, lieutenant-colonel et commandant.
À son retour de la guerre, Sauvé est ministre du Bien-être social et de la Jeunesse, de 1946 à 1959. Le 11 septembre 1959, il succède à Maurice Duplessis comme chef de l'Union nationale et premier ministre du Québec. Son mandat est toutefois de courte durée.
Il est décédé en fonction à Saint-Eustache, le 2 janvier 1960. Il est inhumé dans le cimetière de cette paroisse.
Il avait épousé à Montréal, en 1936, Luce Pelland, fille de Zéphirin Pelland, cultivateur, et d'Armina Laferrière.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
LATOUCHE, Daniel. « Sauvé, Joseph-Mignault-Paul ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Taillon, Louis-Olivier
Né(e) le 26 septembre 1840Décédé(e) le 25 avril 1923

Né à Terrebonne, le 26 septembre 1840, Louis-Olivier Taillon est le fils d'Aimé Taillon, cultivateur, et de Josephte Donet.
Taillon fait l'apprentissage du droit auprès des avocats Hector Fabre, Siméon Lesage, Louis-Amable Jetté et Désiré Girouard. Admis à la pratique en 1865, il exerce sa profession à Terrebonne, puis à Montréal, où il s'associe notamment à François-Xavier-Anselme Trudel. Il sera élu bâtonnier et conseiller du Barreau de Montréal en 1892, puis bâtonnier du Barreau de la province de Québec en 1892 et 1893.
Taillon est député conservateur de Montréal-Est, à l'Assemblée législative de la province de Québec, de 1875 à 1886, député de Montcalm de 1886 à 1890 et député de Chambly de 1892 à 1896. Il est commissaire chargé d'examiner les montants dus au Fonds consolidé d'emprunt municipal du Bas-Canada de 1880 à 1882, orateur de l'Assemblée législative de 1882 à 1884, puis procureur général de 1884 à 1887. En 1887, il est premier ministre pendant quatre jours, avant de devenir chef de l'opposition de 1887 à 1890. En 1891, il est assermenté ministre sans portefeuille. Taillon est de nouveau premier ministre de 1892 à 1896 et trésorier provincial. Par la suite, il est membre du Conseil privé et ministre des Postes au gouvernement fédéral en 1896. En 1911, il est nommé maître des Postes à Montréal, fonction qu'il exerce jusqu'en 1915.
Il est décédé à Montréal le 25 avril 1923. Il est inhumé à Montréal, dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.
Il avait épousé à L'Assomption, en 1875, Louise-Georgiana Archambault, fille de Pierre-Urgel Archambault, marchand, et de Joséphine Beaupré.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
MUNRO, Kenneth. « Taillon, Louis-Olivier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Taschereau, Louis-Alexandre
Né(e) le 5 mars 1867Décédé(e) le 6 juillet 1952

Né à Québec le 5 mars 1867, Louis-Alexandre Taschereau est le fils de Jean-Thomas Taschereau, avocat et juge à la Cour suprême, et de Marie-Louise-Joséphine Caron.
Taschereau fait sa cléricature auprès de François Langelier. Il est admis à la pratique du droit en 1889 et commence sa carrière dans le cabinet de Charles Fitzpatrick et de Simon-Napoléon Parent, puis exerce sa profession avec Lawrence Arthur Cannon et Georges Parent. Il s'associe également à Léon Casgrain et à ses deux fils, Paul et Robert Taschereau. Il est syndic du Barreau de Québec en 1908, puis bâtonnier du Barreau du Québec en 1912 et en 1913.
Taschereau représente le quartier Saint-Pierre au conseil municipal de Québec en 1906 et en 1907. Député libéral de Montmorency à l'Assemblée législative de 1900 à 1936, il est ministre des Travaux publics et du Travail de 1907 à 1919 et procureur général de 1919 à 1920 dans le gouvernement de Lomer Gouin. Premier ministre du Québec de 1920 jusqu'à sa démission, le 11 juin 1936, il occupe également les fonctions de procureur général (1920 à 1936), de ministre des Affaires municipales (1924 à 1935) et de trésorier de la province (1930 à 1932).
Taschereau aura aussi été directeur et vice-président de la Banque d'économie de Québec et siégé aussi aux conseils d'administration de plusieurs autres banques et entreprises. Il a été journaliste à l'Action libérale, président du comité exécutif de l'hôpital Laval et membre de la Commission des champs de bataille nationaux.
Il est décédé à Québec le 6 juillet 1952. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec).
Il avait épousé à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, en 1891, Adine Dionne, fille d'Élisée Dionne, avocat, et de Clara Têtu.
Ce personnage historique est désigné, avec les autres premiers ministres décédés du Québec, pour les motifs suivants:
Le premier ministre du Québec est, depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le chef et la principale figure politique du gouvernement du Québec. Le titulaire de cette fonction occupe la plus haute fonction démocratique de la société québécoise. Il préside le Conseil exécutif, nomme les ministres et les hauts fonctionnaires, décide de la politique du gouvernement et en détermine les priorités. Désigné par le lieutenant-gouverneur, représentant de la Couronne, il est normalement le chef du parti possédant le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée législative de la province de Québec (1867-1968), puis à l'Assemblée nationale (depuis 1968). Depuis 1867, cette fonction a été occupée par 30 personnes, dont 23 sont aujourd'hui décédées [en date du 1er novembre 2012]. Par leurs décisions et les politiques qu'ils ont mises en œuvre, ces premiers ministres ont influencé le cours de l'histoire du Québec.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Abbott, Maude
Né(e) le 18 mars 1869Décédé(e) le 2 septembre 1940

Née le 18 mars 1869 à St Andrews East (Saint-André-d'Argenteuil), Maude Abbott (Maude Elizabeth Seymour Babin) est la fille de Jeremie Babin et d'Elizabeth Bayley Abbott. Orpheline dès l'âge de sept mois, elle est adoptée par sa grand-mère.
Maude Abbott reçoit son éducation auprès de professeurs privés avant de fréquenter l'école de Mlles Symmers et Smith à Montréal. En 1886, elle reçoit une bourse pour les filles du Collège Royal Victoria, affilié à l'Université McGill. En 1890, elle obtient un diplôme en enseignement et un baccalauréat ès arts de l'Université McGill. Elle tente d'y poursuivre des études en médecine et bénéficie d'appuis à cet effet, mais elle est refusée, les femmes n'étant pas encore acceptées à cette faculté de médecine. Elle est toutefois acceptée à l'Université Bishop's (Lennoxville) et obtient, avec mention, son diplôme de médecine en 1894. Elle est la deuxième femme québécoise diplômée en médecine. Elle se perfectionne ensuite en Europe et fréquente les universités de Zurich, de Vienne, de Glasgow et d'Édimbourg.
En 1897, Maude Abbott ouvre un cabinet privé à Montréal, où elle soigne les femmes et les enfants. Elle travaille également à l'Hôpital Royal Victoria et fait de la recherche en pathologie. L'article qu'elle publie sur les bruits fonctionnels du cœur est présenté à la Montreal Medico-Chirurgical Society, mais c'est le Dr James Stewart qui en fait la lecture puisque les femmes n'y sont pas admises. L'association se ravisera et Maude Abbott devient la première femme admise dans ses rangs.
Maude Abbott est nommée conservatrice adjointe du Musée médical McGill en 1898, puis conservatrice en 1901, fonction qu'elle remplit jusqu'à sa retraite en 1936. Rapidement, elle constate le rôle que peut jouer une telle institution du point de vue pédagogique. Elle effectue plusieurs voyages aux États-Unis et visite des institutions muséales se consacrant à la médecine. L'observation des méthodes de travail des musées américains l'amène à mettre au point un système de classification de spécimens d'organes et de diverses parties du corps. Durant un congrès à Baltimore, elle rencontre le médecin William Osler, qui l'encourage à se consacrer à l'étude des maladies cardiovasculaires congénitales. Abbott devient une sommité internationale dans ce domaine et ses recherches contribueront au développement de la chirurgie cardiaque.
Pionnière dans l'accession des femmes à la pratique de la médecine, Maude Abbott est au surplus la première femme à enseigner la médecine au Québec en devenant, en 1910, maître de conférences en pathologie à l'Université McGill. De 1923 à 1926, elle enseigne la pathologie au Woman's Medical College of Pennsylvania et, à partir de 1926, elle est professeure adjointe à l'Université McGill. Elle innove en utilisant les artéfacts muséaux comme outils pédagogiques. Malgré ses compétences et la reconnaissance du milieu médical, elle n'accédera jamais au rang de professeure titulaire.
Fondatrice de l'Association internationale des musées médicaux en 1906, elle est la secrétaire de l'association et la rédactrice en chef de sa revue de 1907 à 1938. En 1924, elle fonde avec cinq autres femmes médecins la Fédération des femmes médecins du Canada. En 1936, l'Université McGill lui décerne un doctorat honorifique. À titre posthume, elle fut intronisée en 1994 au nouveau Temple de la renommée médicale canadienne, seule femme parmi les dix premiers lauréats.
Elle a publié de nombreux ouvrages, dont On So-Called Functional Heart Murmurs (1899), Descriptive Catalogue of Specimens From the Pathological Museum, McGill University (1908), Congenital Cardiac Disease (1908), Women in Medicine (1911), History of Medicine in the Province of Quebec (1931) et Atlas of Congenital Cardiac Disease (1936). Elle est également l'auteure de plus de 140 articles et textes scientifiques.
Elle est décédée à Montréal le 2 septembre 1940.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Maude Abbott est une pionnière de l'accession des femmes à la pratique et à l'enseignement de la médecine au Québec et au Canada. Elle est la deuxième femme à obtenir un diplôme en médecine au Québec (Université Bishop's, 1894), après Octavia Grace Ritchie England. À compter de 1897, Maude Abbott prodigue des soins aux femmes et aux enfants dans son cabinet privé de Montréal. Elle se consacre également à la recherche scientifique et devient une sommité dans l'étude des cardiopathies congénitales. Elle est la première femme admise à la Montreal Medico-Chirurgical Society. De 1898 à 1901, elle occupe le poste de conservatrice adjointe du Musée médical de McGill, puis, de 1901 à 1936, celui de conservatrice. En 1906, elle participe à la fondation de l'Association internationale des musées médicaux, dont elle est la secrétaire de 1907 à 1938. Durant cette période, elle est également rédactrice en chef de la revue de l'Association. En 1910, elle est la première femme à enseigner la médecine au Québec, comme maître de conférences en pathologie à l'Université McGill. De 1923 à 1926, elle enseigne la pathologie en Pennsylvanie et, à partir de 1926, elle est professeure adjointe à l'Université McGill. Avec cinq autres femmes médecins, Maude Abbott fonde la Fédération des femmes médecins du Canada, en 1924. Elle a également œuvré dans un grand nombre de sociétés de bienfaisance consacrées à l'avancement de la médecine et au progrès des femmes dans la société.
ABBOTT, Maude. All Heart: Notes on the Life of Dr. Maude Elizabeth Seymour Abbott, M.D., Pioneer Woman Doctor and Cardiologist. Sainte-Anne-de-Bellevue, E. L. Abbott, 1997. 104 p.
BEAULIEU, Jacques. Ces médecins qui ont marqué le Québec. Montréal, Éditions Multimonde, 2014. 130 p.
Bibliothèque et archives Canada, Femmes à l'honneur. Abbott, Maude [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
GAGNON, Robert et Denis GOULET. Histoire de la médecine au Québec 1800-2000. Québec, Septentrion, 2014. 450 p.
GILLETT, Margaret. « Abbott, Maude Elizabeth Seymour ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
GILLETT, Margaret. We Walked Very Warily : A History of Women at McGill. Montréal, Eden Press Women's Publications, 1981. 476 p.
INNIS, Mary Quayle. The Clear Spirit. Twenty Canadian Women and their Times. Toronto, University of Toronto Press, 1966. 304 p.
WAUGH, Douglas. Maudie of McGill. Dr. Maude Abbott and the Foundations of Heart Surgery.. Canadian Medical Lives. Toronto et Oxford, Hannah Institute et Dundurn Press, 1992. 142 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Albani , Emma
Né(e) le 1er novembre 1847Décédé(e) le 3 avril 1930

Emma Albani, née Emma Lajeunesse, est née à Chambly le 1er novembre 1847. Fille de parents musiciens, Joseph Lajeunesse et Mélina Mignault, elle commence l'apprentissage du piano avec sa mère et reçoit dès l'âge de 5 ans une formation musicale complète avec son père. À la suite du décès de sa mère en 1856, Emma devient pensionnaire au couvent des Religieuses du Sacré-Cœur de Sault-au-Récollet, où son père a obtenu un poste de professeur de musique. À huit ans, Emma donne son premier concert à l'Institut des artisans de Montréal, qui reçoit l'éloge de la critique. En 1860, elle chante lors de la venue du prince de Galles à l'occasion de l'inauguration du pont Victoria.
Encouragée par la supérieure du couvent à faire une carrière musicale, Emma se heurte à la difficulté de vivre de la scène dans la société canadienne-française de l'époque, ce métier étant jugé inconvenant pour une femme. Après avoir tenté sans succès de réunir des fonds pour envoyer Emma étudier à Paris, Joseph Lajeunesse quitte Montréal avec sa famille en 1865 pour s'établir à Albany, dans l'État de New York. Emma est engagée comme soliste à l'église de la paroisse Saint-Joseph, dirige une chorale et compose des œuvres pour voix, piano ou harpe. En 1868, grâce aux concerts bénéfices organisés par les citoyens d'Albany, elle a amassé assez d'argent pour poursuivre sa formation en Europe. Elle étudie le chant à Paris avec Gilbert-Louis Duprez, puis à Milan auprès de Francesco Lamperti. C'est en Italie qu'elle adopte le nom de scène Albani, suivant la recommandation de son professeur d'élocution. Elle fait ses débuts à l'opéra à Messine en 1870 et se produit à Florence et à Malte, puis elle se rend à Londres où elle obtient un contrat avec la compagnie d'opéra de Covent Garden, dirigée par son futur beau-père Frederick Gye. Première Canadienne à se produire dans ce prestigieux théâtre lyrique, elle remporte un grand succès lors de sa première prestation en 1872 et demeure au sein de la compagnie jusqu'en 1896. En 1878, elle épouse Ernest Gye, qui deviendra son impresario et succède à son père à la tête du Covent Garden de 1878 à 1885.
Après ses débuts à Londres, sa carrière prend véritablement son envol. Durant son parcours d'une quarantaine d'années, Emma Albani tient plus de 40 rôles à l'opéra et se distingue dans l'oratorio, en plus de présenter de nombreux récitals. Elle fait également d'ambitieuses tournées en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Inde et au Ceylan (Sri Lanka). Après 20 ans d'absence, elle revient au Canada en 1883 pour une série de concerts et reçoit un accueil triomphal à Montréal. Par la suite, elle effectue plusieurs tournées pancanadiennes. En 1890, elle devient la première Canadienne française à brûler les planches du Metropolitan Opera à New York. Sa renommée l'amène à travailler avec de grands compositeurs de son temps, dont Gounod et Dvorák, et à se produire devant plusieurs souverains d'Europe. Amie de la reine Victoria, qu'elle rencontre à l'occasion d'un concert au château de Windsor en 1874, elle chante pour elle à maintes reprises et même lors de ses obsèques en 1901.
En 1906, Emma Albani fait sa tournée d'adieux au Canada. Elle se produit pour la dernière fois en public en 1911 au Royal Albert Hall de Londres. Sa retraite est marquée par des soucis financiers qui l'obligent à enseigner et à chanter dans des music-halls, mais une rente versée par le gouvernement britannique et des concerts bénéfices organisés à Londres, Montréal et Chambly lui assurent une fin de vie paisible.
En 1911, elle publie à Londres son autobiographie, Forty years of song.
En 1925, le roi George V honore Emma Albani du titre de Dame Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique.
Veuve depuis 1925, Emma Albani décède dans sa demeure de Kensington le 3 avril 1930.
Elle avait épousé Ernest Gye à Londres le 6 août 1878. Leur fils unique Ernest Frederick est né le 4 juin 1879.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Considérée comme la première cantatrice provenant du Québec à atteindre une renommée internationale, Emma Albani est l'une des sopranos les plus célèbres du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Reconnue par le milieu musical mondial, tant pour l'opéra et l'oratorio qu'en récital, sa carrière d'une quarantaine d'années est marquée par plus de 40 rôles et d'ambitieuses tournées sur plusieurs continents. Collaborant avec d'éminents compositeurs de son époque, cette cantatrice émérite ouvre la voie à de nombreux chanteurs canadiens en étant la première à se produire sur les grandes scènes lyriques du monde. En 1890, elle devient la première Canadienne française à brûler les planches du Metropolitan Opera à New York."
ALBANI, Emma. Mémoires d'Emma Albani; l'éblouissante carrière de la plus grande cantatrice québécoise / traduits et annotés par Gilles Potvin, avec chronologie, discographie et bibliographie. Montréal, Éditions du jour, 1972. 206 p.
LABRÈCHE-LAROUCHE, Michelle. Emma Albani : la diva, la vedette mondiale. Montréal, XYZ, 2001. 179 p.
POTVIN, Gilles. « Albani, Dame Emma ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
POTVIN, Gilles. « Albani, Emma ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
VACHON, Pierre. Emma Albani. Montréal, Lidec, 2000. 62 p.
VACHON, Pierre. « Lajeunesse, Emma ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Barry, Robertine
Né(e) le 26 février 1863Décédé(e) le 7 janvier 1910

Robertine Barry est née à L'Isle-Verte le 26 février 1863. Elle est la fille de John Edmond Barry et d'Aglaé Rouleau.
Elle grandit dans une famille aisée, sa mère étant la fille d'un marchand de bois de L'Isle-Verte et son père le directeur d'une scierie qui fut également maire, juge de paix et marguillier. De 1880 à 1882, elle est pensionnaire au couvent des Ursulines de Québec, où elle fait ses premières armes au journal étudiant L'Écho du cloître. Dès cette époque, elle rêve d'écrire. De retour dans le Bas-du-Fleuve à la sortie du couvent, elle soumet des textes à des éditeurs de journaux sans succès.
En 1891, elle publie ses premiers textes, sous le pseudonyme de Françoise, dans le quotidien montréalais La Patrie, journal libéral dirigé par Honoré Beaugrand (1848-1906). Celui-ci lui offre ensuite d'écrire une chronique hebdomadaire, intitulée « Chronique du lundi ».Signée Françoise, cette rubrique très personnelle de paraît durant neuf ans, du 21 septembre 1891 au 5 mars 1900. Robertine est alors la première femme à faire partie de l'équipe de rédaction du journal. Elle participe aussi chaque semaine à la page féminine du journal, « Le coin de Fanchette », où elle répond aux questions de ses lecteurs, animant ainsi le premier courrier du cœur au Québec. Ces succès permettent à Robertine Barry de vivre de sa plume, ce qui ferait d'elle la première femme à vivre du métier de journaliste au Québec.
Au moment où Robertine Barry fait ses débuts dans la presse montréalaise, son père décède et elle déménage à Montréal avec plusieurs membres de sa famille. Durant ses années à La Patrie, Robertine Barry écrit à l'occasion dans d'autres publications, dont la revue féminine Le coin du feu, fondée et dirigée par son amie Joséphine Marchand (1861-1925). En 1895, elle publie le recueil de nouvelles Fleurs champêtres, qui récolte un succès critique immédiat. Elle subit toutefois les foudres du directeur du journal La Vérité Jules Paul Tardivel, qui lui reproche de ne pas parler assez de religion et d'être en proie à la mauvaise influence de ses collègues de La Patrie. Robertine Barry ose en effet défier le conservatisme de son temps et réclamer plus de droits pour les femmes, dont celui de s'instruire et de participer à la vie civique. Bonne oratrice, elle est fréquemment sollicitée pour donner des conférences au profit d'œuvres de charité; en 1899, elle est la première femme conférencière invitée à l'Institut canadien de Québec.
En 1900, Robertine Barry est nommée représentante des Canadiennes à l'Exposition universelle de Paris et participe au Congrès international des femmes. En 1902, elle fonde Le journal de Françoise, une revue bimensuelle qui présente des rubriques variées s'adressant à tous, bien que les femmes soient particulièrement visées. La revue paraît du 29 mars 1902 au 15 avril 1909 et publie des auteurs et personnalités de divers horizons.
En 1904, Robertine Barry reçoit le titre d' « Officier d'Académie » décerné par la France. La même année, elle se rend à la Foire universelle de Saint-Louis en compagnie de quinze autres journalistes canadiennes. Elles fondent ensemble le Canadian Women's Press Club, dont Robertine Barry est élue vice-présidente. Elle préside également l'Association des femmes journalistes canadiennes-françaises. En 1907, Robertine Barry fait partie du comité de fondation de la première association féministe canadienne-française, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, dont Marie Gérin-Lajoie est la présidente. En 1909, le premier ministre du Québec, Lomer Gouin, lui offre un poste d'inspectrice du travail féminin dans les manufactures, possiblement en reconnaissance de ses dénonciations envers les mauvaises conditions de travail dans les usines.
Elle est décédée à Montréal le 7 janvier 1910. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Figure de proue du féminisme du tournant du XXe siècle, Robertine Barry est réputée pour être la première femme à vivre du métier de journaliste au Québec. Elle fait ses premières armes dans ce domaine en collaborant au journal étudiant du couvent des Ursulines de Québec. Après avoir publié quelques articles et contes dans les pages du journal libéral La Patrie, elle est engagée en 1891 par le directeur Honoré Beaugrand pour rédiger une chronique hebdomadaire. Signée sous le pseudonyme de Françoise, cette « Chronique du lundi » paraît du 21 septembre 1891 au 5 mars 1900. Robertine Barry connaît beaucoup de succès grâce à ses chroniques et à ses autres articles. Devenue une personnalité en vue, elle est fréquemment sollicitée pour donner des conférences. En 1899, elle est d'ailleurs la première femme conférencière invitée de l'Institut canadien de Québec. L'année suivante, elle est nommée représentante des Canadiennes à l'Exposition universelle de Paris et participe alors au Congrès international des femmes. Elle collabore activement à la création de la Canadian Women's Press Club en 1904 et à la fondation de la première association féministe canadienne-française, la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, en 1907. Elle est aussi la fondatrice du Journal de Françoise, une revue bimensuelle publiée de 1902 à 1909. Défiant les idées reçues, elle a entre autres réclamé, pendant toute sa vie, davantage de droits pour les femmes, dont celui de s'instruire et de participer à la vie civique, et de meilleures conditions de vie et de travail pour les moins nantis de la société. De 1984 à 2000, l'Institut canadien de recherches sur les femmes a décerné chaque année le prix Robertine-Barry pour récompenser le meilleur article portant sur la condition féminine. »
CARRIER, Anne. « Barry, Robertine, dite Françoise ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/barry_robertine_13F.html
DESJARDINS, Sergine. « Robertine Barry (Françoise) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/robertine-barry-francoise
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Beaugrand, Honoré
Né(e) le 24 mars 1848Décédé(e) le 7 octobre 1906

Naissance - Mort : 1848 – 1906
Né à Lanoraie, le 24 mars 1848, Honoré Beaugrand est le fils de Louis Beaugrand dit Champagne, navigateur, et de Marie-Josephte (Joséphine) Marion.
Il étudie quelque temps au collège de Joliette et au noviciat des Clercs de Saint-Viateur. Il reçoit également un entraînement à l’école militaire de Montréal.
En 1865, il part combattre au Mexique dans les rangs de l’armée de l’empereur Maximilien. Il suit les troupes qui retournent en France en 1867 et y séjourne quelques mois. Il se rend ensuite aux États-Unis, où il exerce divers métiers. Son parcours le mène à Fall River (Massachusetts), ville industrielle où réside une importante communauté canadienne-française. Il s’y établit en 1871. Beaugrand s’implique dans la vie culturelle locale et fonde des journaux, dont il est convaincu de la nécessité comme outil d’éducation civique. Ces publications lui permettent de promouvoir ses idéaux: le patriotisme, le républicanisme et le libéralisme.
De retour au Canada en 1878, il fonde quelques journaux éphémères et collabore à d’autres, avant de lancer son entreprise la plus fructueuse, La Patrie, en 1879. Ce quotidien est non seulement profitable financièrement grâce aux publicités, mais il marque aussi son temps en diffusant des idées libérales et progressistes. Les propos de Beaugrand détonnent dans un contexte où le conservatisme et l’ultramontanisme récoltent un large appui. Parmi les grandes réformes qu’il préconise dans ses textes se trouvent l’éducation obligatoire et gratuite, le suffrage universel et la laïcisation de l’État, ce qui suscite à la fois l’enthousiasme et l’indignation. Il demeure directeur du journal jusqu’en 1886, et propriétaire jusqu’en 1897.
Indépendant de fortune grâce au succès commercial de La Patrie, et figure influente des cercles libéraux montréalais, Honoré Beaugrand se tourne vers la politique, domaine où il laisse également sa marque. Il est élu maire de Montréal en 1885. Une fois en poste, il amorce des réformes et lance de nombreux chantiers d’infrastructures et d’amélioration de l’hygiène publique. Son mandat est marqué par deux crises: l’épidémie de variole qui s’abat sur Montréal en 1885 et, la même année, la pendaison de Louis Riel à la suite de la résistance des Métis. Beaugrand se positionne en faveur de la vaccination obligatoire et dénonce la condamnation de Riel. Malgré ses prises de position polarisantes, il est réélu pour un second mandat avec une plus forte majorité. Toutefois, sa mauvaise santé le pousse à quitter ses fonctions en 1887.
Il consacre le reste de sa vie à voyager et à cultiver ses nombreux champs d’intérêt. Il a le loisir d’éditer et de publier ses nombreux écrits, rassemblant ainsi un corpus épars produit au fil des années. Figure littéraire marquante de la fin du XIXe siècle et artisan de la littérature nationale, Honoré Beaugrand laisse une œuvre variée. Parmi les genres qu’il visite se trouvent les récits de voyage, les œuvres romanesques, les écrits journalistiques et les contes et légendes. Il partage avec certains contemporains, dont Louis Fréchette, un intérêt pour la tradition orale canadienne-française. Pour éviter qu’elle ne sombre dans l’oubli, il entreprend de compiler et de consigner des contes, menant à sa contribution la plus importante: La Chasse-galerie, légendes canadiennes, publiée en 1900. Richement illustré par Henri Julien, Henry Sandham et Raoul Barré, le livre relève autant de la littérature que de l’objet d’art. Il est aussi le fondateur, en 1902, de l’Alliance française de Montréal.
Il a aussi publié Jeanne la fileuse: épisode de l’émigration franco-canadienne aux États-Unis (1878), la traduction anglaise de son ouvrage phare La Chasse galerie and Other Canadian Stories (1900) et New Studies of Canadian Folklore (1904).
Il est décédé à Westmount le 7 octobre 1906. Il est inhumé au cimetière Mont-Royal.
Il avait épousé à Fall River, au Massachusetts, en 1873, Eliza Walker.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Journaliste, écrivain, propriétaire de journaux et homme politique, Honoré Beaugrand est une figure marquante du paysage culturel et politique de la fin du XIXe siècle. Après avoir œuvré dans la presse canadienne-française de la Nouvelle-Angleterre, il fonde en 1879 le quotidien La Patrie, à Montréal. Ce dernier devient un organe de diffusion majeur des idées libérales, progressistes et républicaines, défendant notamment l'éducation obligatoire et gratuite, le suffrage universel et la laïcisation de l'État. Élu maire de Montréal en 1885, Beaugrand entreprend des réformes d'envergure en matière d'hygiène publique et d'infrastructures, tout en affirmant une vision moderne de la ville dont la gestion doit être dégagée des querelles de langue ou de religion. Son passage à la mairie, marqué par l'épidémie de variole et la pendaison de Louis Riel, lui vaut la réputation d'administrateur intègre et courageux. Homme de plume, Beaugrand s'impose aussi comme l'un des pionniers des lettres québécoises avec ses récits de voyage et ses écrits romanesques. Son œuvre phare, La Chasse-galerie, légendes canadiennes, témoigne de son souci de préserver la tradition orale canadienne-française et occupe une place centrale dans le patrimoine littéraire et folklorique québécois. Ainsi, par son action journalistique, politique et littéraire, Honoré Beaugrand a marqué durablement l'histoire du Québec. Défenseur de la liberté et du bien public, il est une figure incontournable de la vie intellectuelle et civique de son temps. »
HAMEL, Réginald, John HARE et Paul WYCZYNSKI. Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord. Montréal, Fides, 1989. 1364 p.
LAFRENIÈRE, Suzanne. « La chasse-galerie, et autres contes d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEBEL, Maurice. « Lettres de voyage, France, Italie, Sicile, Malte, Tunisie, Algérie, Espagne, d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEBEL, Maurice. « Mélanges, trois conférences, d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEBEL, Maurice. « Six mois dans les montagnes Rocheuses, Colorado, Utah, Nouveau-Mexique, essai d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
LEMIRE, Maurice. « Jeanne la fileuse, roman d'Honoré Beaugrand ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
RICARD, François. « Beaugrand, Honoré ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
WARREN, Jean-Philippe. Honoré Beaugrand : la plume et l’épée (1848-1906). Montréal, Éditions du Boréal, 2015. 536 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bengle, Marie-Aveline
Né(e) le 15 octobre 1861Décédé(e) le 13 mars 1937

Née le 15 octobre 1861 à Saint-Paul d'Abbotsford, Marie-Aveline Bengle est la fille de Guillaume Bengle, cultivateur, et de Philomène Pion.
De 1875 à 1880, Marie-Aveline Bengle étudie au Mont-Notre-Dame de la congrégation de Notre-Dame, où elle obtient en 1880 un brevet d'enseignement pour l'école modèle. Alors qu'elle n'a pas encore vingt ans, elle entre au noviciat de la congrégation de Notre-Dame à Montréal. Admise à la profession religieuse sous le nom de sœur Sainte-Anne-Marie le 14 septembre 1882, elle commence sa carrière d'enseignante en 1883 au pensionnat Mont Sainte-Marie. Devenue assistante de la supérieure en 1897, elle est nommée supérieure du pensionnat en 1903.
Convaincue de la nécessité de rendre accessibles les études préuniversitaires aux jeunes filles, sœur Sainte-Anne-Marie projette d'ouvrir à Montréal le premier collège classique féminin de la province. En 1904, la congrégation de Notre-Dame tente d'implanter une école d'enseignement supérieur pour jeunes filles, mais ce projet se heurte à la résistance des autorités religieuses, du comité catholique du Conseil de l'instruction publique et de l'Université Laval. Le vent tourne en 1908 avec l'annonce de l'ouverture à Montréal d'un lycée laïque et neutre destiné aux jeunes filles: la congrégation charge alors sœur Sainte-Anne-Marie et sœur Sainte-Sophronie de faire les démarches et d'obtenir les appuis nécessaires. Dès octobre 1908, l'École d'enseignement supérieur pour jeunes filles accueille un premier groupe de 42 étudiantes, parmi lesquelles se trouve la fille de Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Marie Gérin-Lajoie, première étudiante à y obtenir son baccalauréat en 1911. Afin de ne pas heurter l'opinion publique, le nouvel établissement reçoit l'appellation d'école et non de collège, en dépit du souhait de sa fondatrice. En plus d'être la directrice de ce premier collège classique féminin, fonction qu'elle occupera jusqu'à son décès, sœur Sainte-Anne-Marie est nommée en 1913 maîtresse générale des études de sa communauté. Devant se munir des diplômes nécessaires à son rôle de directrice, elle obtient en 1913 l'autorisation de présenter une licence de philosophie. Elle reçoit son baccalauréat ès arts en 1915, devenant l'une des premières religieuses québécoises à obtenir ce diplôme.
Sœur Sainte-Anne-Marie s'affaire ensuite à obtenir les fonds nécessaires à la fondation d'un Institut pédagogique, projet qui devient réalité en 1924 avec la Loi relative à l'établissement d'un institut pédagogique à Montréal et l'obtention d'une subvention du gouvernement de 25 000 $ durant 15 ans. L'établissement dispensera en français le baccalauréat, la licence et le doctorat en pédagogie, diplômes décernés par l'Université de Montréal. L'année suivante, sœur Sainte-Anne-Marie fait entreprendre la construction d'un édifice pour loger ses deux fondations. Ouvert en 1926, le nouveau Collège Marguerite-Bourgeoys abrite l'Institut pédagogique et l'École d'enseignement supérieur pour jeunes filles.
En 1928, sœur Sainte-Anne-Marie est nommée à la commission pédagogique de la Commission des écoles catholiques de Montréal, devenant la première femme à en faire partie. Sa contribution exceptionnelle au domaine de l'éducation et en particulier à la promotion de l'enseignement aux jeunes filles fut reconnue de son vivant. En 1932, à l'occasion de son jubilé d'or, l'Université de Montréal lui décerne un doctorat honoris causa en pédagogie. Bien qu'elle ait signé « sœur Sainte-Anne-Marie » jusqu'à la fin de sa vie, elle était appelée « mère Sainte-Anne-Marie » tant par ses interlocuteurs laïcs que ses élèves et les religieuses de la Congrégation et c'est ainsi qu'elle est identifiée dans plusieurs documents officiels.
Elle est décédée le 13 mars 1937 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière de Villa Maria. En 1988, ses restes sont transférés au cimetière Notre-Dame-des-Neiges avec ceux des autres religieuses de la Congrégation inhumées à Villa Maria.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Marie-Aveline Bengle, dite mère Sainte-Anne-Marie, a contribué de manière exceptionnelle au développement de l'éducation des filles, à une époque où celles-ci n'avaient pas accès aux études supérieures. Religieuse de la congrégation de Notre-Dame à Montréal, elle commence sa carrière d'enseignante en 1883 au pensionnat Mont Sainte-Marie. Elle devient assistante de la supérieure en 1897 et supérieure du pensionnat en 1903. En 1908, elle est à l'origine de la fondation de l'École d'enseignement supérieur, le premier collège classique féminin du Québec. Directrice de l'établissement jusqu'à son décès, sœur Sainte-Anne-Marie est aussi maîtresse générale des études de la congrégation de Notre-Dame à compter de 1913. En 1924, elle obtient une subvention du gouvernement de la province de Québec pour établir un Institut pédagogique à Montréal afin d'assurer la formation des enseignantes. Les deux établissements créés par sœur Sainte Anne-Marie sont logés dans le nouveau Collège Marguerite Bourgeoys à compter de 1926. En 1928, sœur Sainte Anne-Marie devient la première femme à être nommée à la commission pédagogique de la Commission des écoles catholiques de Montréal.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DUMONT, Micheline. « Bengle, Marie-Aveline, dite Sainte-Anne-Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://biographi.ca/fr/bio/bengle_marie_aveline_16F.html
GRAVEL, Claude. La féministe en robe noire : Mère Sainte-Anne-Marie. Montréal, Libre Expression, 2013. 224 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Bernier, Joseph-Elzéar
Né(e) le 1er janvier 1852Décédé(e) le 26 décembre 1934

Né le 1er janvier 1852 à L'Islet, Joseph-Elzéar Bernier est le fils de Thomas Bernier, navigateur, et d'Henriette-Célina Paradis.
En septembre 1859, Bernier entre au collège de L'Islet tenu par les Frères des écoles chrétiennes. Il quitte les études à l'âge de 14 ans pour suivre une formation de marin auprès de son père. Il débute en tant que mousse et est promu matelot en avril 1867. En juillet 1869, Bernier est nommé commandant du brigantin le Saint-Joseph. À l'âge de 17 ans, il est déjà capitaine et veille au transport de bois entre Québec et Montréal. En mars 1872, Bernier débute des cours intensifs à l'école de navigation de Québec.
Rapidement, Bernier accumule les traversées transatlantiques et navigue dans les ports les plus importants. Ses allées et venues se font remarquer en raison des nombreux records de vitesse qu'il établit. Ses exploits font la manchette de plusieurs journaux, au Québec et à l'étranger. Bernier devient un navigateur fort populaire. Au printemps 1874, Bernier accepte de diriger le chantier de Peter Baldwin, à la Pointe-aux-Lièvres sur la rivière Saint-Charles. De 1886 à 1889, Bernier est directeur du nouveau chantier de Pointe-Lévy. Au terme de cette période, il poursuit sa carrière sur les eaux en direction des ports transatlantiques de Boston, New York et Portland. Sur une période de 20 ans, Bernier a effectué plus de 250 traversées océaniques.
Le 13 février 1895, Bernier obtient la direction de la prison de Québec. Dès son arrivée en fonction, il tente d'instaurer une discipline auprès de ses employés, mais il rencontre plusieurs embûches. Il quitte alors ses fonctions à la prison de Québec et décide d'entreprendre un projet qui lui est cher: l'exploration de l'Arctique. Durant son séjour à la prison, Bernier documente la navigation dans les glaces en s'inspirant de récits de voyages nordiques. De concert avec les membres de la Société de géographie de Québec, il dresse une carte de l'Arctique et prononce plusieurs conférences sur son projet. Les négociations entre le Canada et les États-Unis au sujet de la délimitation des frontières de l'Alaska provoquent alors plusieurs débats et posent la question des frontières du pays au nord. Dans ce contexte, le projet du capitaine Bernier intéresse fortement la population. Il entre en contact avec le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, afin de lui faire part de l'importance de l'expédition. Ce dernier ne semble toutefois pas convaincu. Au cours de l'année 1900, Bernier présente son projet au Parlement canadien qui rejette toutefois sa demande pour des raisons budgétaires. Au printemps 1901, il entame une campagne de souscription qui prend une place importante dans les journaux. Bernier est rapidement dépeint comme l'homme du Grand Nord. Il établit finalement en septembre 1904 des postes de gendarmerie à la baie d'Hudson.
Entre 1906 et 1911, le capitaine commande trois expéditions pour le compte du gouvernement canadien dans l'archipel arctique afin de patrouiller les eaux et annexer les îles et territoires cédés par la Couronne britannique. Le 1er juillet 1909, le capitaine Bernier prend possession symboliquement de tout l'archipel arctique canadien sur l'île Melville. En 1917, il commande des navires transatlantiques dans le cadre de la Première Guerre mondiale. En juillet 1922, il retourne patrouiller pour le gouvernement canadien en Arctique et se retire trois ans plus tard. Il est intronisé Chevalier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre le 21 janvier 1934 dans la cathédrale de Lévis.
Joseph-Elzéar Bernier publie trois rapports intitulés: « Reports on the Dominion Government Expeditions to the Arctic Islands and Hudson Strait, 1906-1910 ». Il rédige également ses mémoires.
Il est décédé le 26 décembre 1934 à Lévis. Il est inhumé à Lévis dans le cimetière Mont-Marie.
Il avait épousé à L'Islet, le 8 novembre 1870, Rose-Lima Caron; puis à la suite du décès de sa femme, il épouse Marie-Alma Julie Albertine Lemieux.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Joseph-Elzéar Bernier est l'un des navigateurs les plus populaires du Québec et du Canada au cours des XIXe et XXe siècles. Fils et petit-fils de marin, il apprend son métier à L'Islet et devient capitaine à l'âge de 17 ans. Pendant sa carrière, il commande plus de 100 navires, dont plusieurs embarcations de marchandises sur le fleuve Saint-Laurent. Il traverse l'Atlantique à plus de 250 reprises, en établissant des records de vitesse. Il effectue aussi une dizaine d'expédition dans l'Arctique et est l'un des artisans de l'affirmation de la souveraineté canadienne sur ce territoire. Pendant quelques années, il dirige les chantiers maritimes de Québec et de Pointe-Lévy.
DORION-ROBITAILLE, Yolande. Le capitaine J-E Bernier et la souveraineté du Canada dans l'Arctique. Ottawa, Affaires indiennes et du nord, 1978. 110 p.
MACEACHERN, Alan. « J.E Bernier's Claims to Fame ». Scienta Canadensis : Canadian Journal of the History of Science. Vol. 33, no 2 (2010), p. 43-73.
SAINT-PIERRE, Marjolaine. Joseph-Elzéar Bernier, capitaine et coureur des mers. Québec, Septentrion, 2005. 366 p.
TERRIEN, Paul. Les mémoires de J.-E. Bernier. Marin, explorateur et découvreur. Québec, Presses de l'Université Laval, 2013. 201 p.
s.a. « Bernier, Joseph-Elzéar ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/bernier-joseph-elzear/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Borduas, Paul-Émile
Né(e) le 1er novembre 1905Décédé(e) le 22 février 1960

Né le 1er novembre 1905 à Saint-Hilaire (Mont-Saint-Hilaire), Paul-Émile Borduas est le fils de Magloire Borduas, voiturier, et d'Éva Perreault.
Il fréquente l'école primaire de Saint Hilaire, puis suit des cours particuliers de 1912 à 1921. En 1921, alors âgé de seulement 16 ans, il rencontre le peintre Ozias Leduc qui le prend comme apprenti pour la réalisation de ses projets de décors d'églises. En 1923, Borduas s'inscrit à l'École des beaux-arts de Montréal où il obtient son diplôme en 1927. Il s'envole ensuite pour la France afin de parfaire sa formation aux Ateliers d'art sacré, à Paris, jusqu'en 1930. Son séjour parisien lui permet notamment de fréquenter les musées et de découvrir des artistes de l'avant-garde européenne. De retour au Québec, le jeune artiste complète son cursus avec un diplôme en enseignement du dessin en 1932.
Dans la première moitié des années 1930, Borduas continu de travailler aux côtés d'Ozias Leduc à la réalisation de décors d'église. Parallèlement à sa carrière d'artiste, il commence à enseigner le dessin au collège André-Grasset et dans les écoles de la Commission des écoles catholiques de Montréal. En 1937, il devient professeur de dessin et de décoration à l'École du meuble de Montréal.
Après sa découverte du surréalisme et des écrits d'André Breton, Borduas embrasse l'idée selon laquelle la peinture peut être exécutée de manière spontanée ou « automatique », sans modèle ni sujet. À partir du début des années 1940, il délaisse ainsi la figuration pour se consacrer à l'abstraction et aux fondements esthétiques de ce qu'il désignera comme la peinture automatiste. Sa démarche inspire certains de ses étudiants de l'École du meuble et d'autres jeunes artistes et intellectuels du milieu montréalais. Ensemble, ils forment le groupe dit « des Automatistes ». Parmi eux, on retrouve des peintres comme Marcel Barbeau, Marcelle Ferron, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau et Jean Paul Riopelle, mais aussi des créateurs et créatrices appartenant à d'autres disciplines comme Claude Gauvreau, poète et dramaturge, et Françoise Sullivan, danseuse et chorégraphe.
En 1948, il écrit le texte principal du manifeste Refus global, cosigné par 15 membres des Automatistes. Les critiques de Borduas à l'endroit du conservatisme ambiant dans la société de l'époque suscitent la polémique, de telle sorte qu'il est remercié de l'École du meuble moins d'un mois après la parution du Refus Global. À l'été 1949, il publie Projections libérantes , un essai dans lequel il défend ses idées et tente de recontextualiser la parution du Refus global en marge de ses activités professorales. Cette nouvelle publication ne lui permet toutefois pas de récupérer son poste d'enseignant. Il se dédie alors à son art, d'abord au Québec, puis à New York et à Paris où il demeurera jusqu'à la fin de ses jours. Durant cette période d'exil, il expose notamment à Londres (1957 et 1958), à Düsseldorf (1958) et à Paris (1959). Il représente également le Canada à la Biennale de São Paulo en 1955 et à l'Exposition universelle de Bruxelles en 1958.
L'année de son décès, une importante exposition monographique est présentée au Stedelijk Museum à Amsterdam. C'est alors le début d'une consécration posthume qui donnera lieu à plusieurs autres expositions lui rendant hommage. Aujourd'hui, les peintures aussi bien que les écrits de Borduas témoignent d'une quête de liberté et d'un désir de renouveau qui ont eu d'importantes répercussions sur l'histoire de l'art et des idées au Québec.
Il est décédé à Paris, le 21 février 1960. Ses cendres ont été transférées dans le cimetière de Mont-Saint-Hilaire en 1989.
Il avait épousé à Granby, en 1935, Gabrielle Goyette.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Paul-Émile Borduas est un peintre et un intellectuel qui a profondément influencé le développement des arts visuels et l'évolution de la pensée du Québec moderne. Apprenti d'Ozias Leduc et formé à l'École des beaux-arts de Montréal, Borduas devient professeur de dessin et de décoration à l'École du meuble de Montréal en 1937. À partir du début des années 1940, notamment inspiré par les surréalistes et les écrits d'André Breton, il délaisse la figuration pour se consacrer à l'abstraction et aux fondements esthétiques de ce qui sera reconnu plus tard comme la peinture automatiste. Sa démarche inspire certains de ses élèves de l'École du meuble et d'autres jeunes artistes, intellectuels et intellectuelles du milieu montréalais. Ensemble, ils forment le groupe dit des « automatistes » à partir de 1941. En 1948, il écrit le texte principal du manifeste Refus global, cosigné par 15 autres membres des automatistes. Dans ce document phare, il remet en question l'orthodoxie sociale, intellectuelle et artistique de l'époque et fait appel à une société plus libre et ouverte sur le monde. Les idées qu'il a véhiculées dans ses écrits sont aujourd'hui reconnues comme précurseures de la Révolution tranquille. »
BÉLISLE, Josée et Marcel SAINT-PIERRE. Paul-Émile Borduas. Catalogue d'exposition. Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal et les 400 Coups, 1998. 110 p.
DUBOIS, Sophie. Refus global : histoire d'une réception partielle. Nouvelles études québécoises, 16. Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 2017. 429 p.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Boucher, Pierre
Né(e) le 1er août 1622Décédé(e) le 19 avril 1717

Né à Mortagne, en France, le 1er août 1622, Pierre Boucher est le fils de Gaspard Boucher, menuisier, et de Nicole Lomer (Lemaire).
Boucher serait arrivé en Nouvelle-France avec sa famille vers 1634 et aurait reçu son éducation auprès des Jésuites à la ferme de Notre-Dame-des-Anges. Séjournant en Huronie de 1637 à 1641 comme aide missionnaire, il est sérieusement blessé à un bras lors d'une révolte des Hurons. De retour à Québec, Boucher est nommé soldat, interprète et agent auprès des Autochtones par le gouverneur Charles-Jacques Huault de Montmagny. Il accompagne ce dernier dans ses expéditions contre les Iroquois. Il est présent lors de la fondation du poste de Ville-Marie par Pierre de Chomedey de Maisonneuve en 1642 et participe aux négociations de paix de 1645-1646 avec les Autochtones, dont le chef agnier Kiotseaeton, ambassadeur auprès des Français.
Boucher s'installe à Trois-Rivières en 1645 et assure la défense du fort contre les attaques iroquoises. Le gouverneur d'Ailleboust le nomme commis en chef du poste de Trois-Rivières. Nommé capitaine du bourg en 1651, il élabore un plan de défense qui présente une palissade agrémentée de corps de garde. En l'absence du gouverneur Jacques Leneuf de La Poterie et devant la menace iroquoise, il est nommé gouverneur intérimaire. Après un siège de plusieurs jours, il conclut en 1653 une paix avec plus de 600 Iroquois venus attaquer Trois-Rivières. Il est élu conseiller du roi à Québec en 1657, mais se retire la même année sur ses terres de l'arrière-fief Sainte-Marie, détaché de la seigneurie du Cap-de-la-Madeleine.
Choisi par les Jésuites et les notables de la colonie pour plaider la cause de la Nouvelle-France à la cour du roi, Boucher s'embarque pour la France en 1661. Il présente aux administrateurs coloniaux les doléances des habitants de la Nouvelle-France et est anobli par Louis XIV. Boucher revient l'année suivante accompagné de deux navires et de 100 soldats. Sa mission auprès des autorités françaises permet entre autres la proclamation, en 1663, d'un gouvernement royal pour la colonie. Boucher rédige par la suite un rapport qui a comme objectif d'accroître l'intérêt de la métropole envers la Nouvelle-France. En 1664, le roi ordonne l'envoi du régiment Carignan-Salières afin de stabiliser la colonie aux prises avec des incursions iroquoises sur son territoire. À son retour de France, Boucher reçoit la commission de gouverneur de Trois-Rivières. Il est nommé juge royal en 1663 et se voit concéder l'année suivante le fief des Îles-Percées en aval de Ville-Marie (Montréal). Boucher conserve ses fonctions de gouverneur de Trois-Rivières jusqu'en 1667, année où il décide de s'établir sur ses terres.
Boucher organise sa seigneurie des Îles-Percées, renommé Boucherville, selon un modèle qu'il a lui-même développé et est déterminé à démontrer que l'agriculture est viable en Nouvelle-France. L'implication de Boucher dans le développement de sa seigneurie lui vaut l'éloge des autorités coloniales. Il est l'un des premiers seigneurs à ajouter l'élevage à ses activités agricoles en louant un troupeau de bovins à ses censitaires. La seigneurie de Boucherville est l'une des plus prospères et des mieux organisées. Ce n'est qu'en 1672 que l'indentant Jean Talon cède officiellement à Pierre Boucher la seigneurie de Boucherville. Durant ses dernières années, Boucher rédige ses mémoires.
Il est l'auteur d'une Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada (1664), dédiée au ministre du roi Jean-Baptiste Colbert.
Il est décédé à Boucherville, le 19 avril 1717.
Il avait épousé à Québec, en 1649, Marie Ouebadinskoue, appelée Marie-Madeleine Chrestienne. Huronne et élève des Ursulines de Québec. Elle décède la même année. Il épouse ensuite, en 1652, Jeanne Crevier, fille de Christophe Crevier.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Pierre Boucher, interprète, soldat et seigneur, est un des personnages les plus importants de l'histoire de la Nouvelle-France. Il a souvent joué un rôle déterminant dans la résolution de conflits, dans l'établissement de relations plus fructueuses avec la métropole et dans la ratification de divers traités de paix avec les Autochtones. Arrivé à Québec, vraisemblablement en 1635, il vit en Huronie de 1637 à 1641 et apprend des langues autochtones. De retour à Québec, il agit à titre d'interprète et d'agent auprès des Autochtones pour le gouverneur Charles Huault de Montmagny. Boucher accompagne le gouverneur dans ses expéditions chez les Iroquois et participe à des pourparlers de paix. Établi à Trois-Rivières à partir de 1645, il s'illustre dans la défense du bourg et est nommé gouverneur en 1654. Boucher est anobli par Louis XIV en 1661 et est dépêché à la cour du roi, par l'élite de la colonie, pour y plaider la cause de la Nouvelle-France, laquelle est alors dans un état précaire. Convaincu par le témoignage de Boucher, le roi place la Nouvelle-France sous sa protection en 1663 et prend des mesures permettant d'accroître son développement, comme l'envoi du régiment de Carignan-Salières, des Filles du roi et de l'intendant Jean Talon. En 1667, Boucher devient le premier seigneur des Îles-Percées, renommées Boucherville. Il met son fief en valeur selon ses propres préceptes, et Boucherville devient l'une des seigneuries les plus prospères et les mieux organisées de la colonie.
BOUCHER, Pierre. Histoire véritable et naturelle des moeurs et productions du pays de la Nouvelle France, vulgairement dite le Canada (texte moderne établi par Christophe Horguelin avec une postface de Thomas Wien). Montréal, Almanach, 2014. 245 p.
BOUCHER, Pierre. Histoire véritable et naturelle des moeurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada (texte établi en français moderne par Pierre Benoit). Québec, Septentrion, 2014. 240 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DOUVILLE, Raymond. « Boucher, Pierre ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
LEBLANC, Léopold. « Histoire véritable et naturelle des moeurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada, de Pierre Boucher ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
MARION, Séraphin. Pierre Boucher. Québec, Imprimeur du roi, 1927. 290 p.
MARSH, James. « Boucher, Pierre ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
MITCHELL, Estelle. Messire Pierre Boucher (écuyer), seigneur de Boucherville, 1622-1717. Montréal, Librairie Beauchemin, 1967. 389 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Cartier, Jacques
Né(e) le 1er janvier 1491Décédé(e) le 1er septembre 1557

Jacques Cartier est né à Saint-Malo, en France, vers 1491.
Il est initié à la navigation dès sa jeunesse. Il dispose vraisemblablement d’une bonne connaissance des environs de Terre-Neuve et aurait longé les côtes du Brésil.
Recommandé par l’évêque de Saint-Malo, Jean Le Veneur, Jacques Cartier est désigné en 1534 par le roi François Ier pour diriger une expédition vers l’Amérique du Nord pour trouver de l’or et un passage menant vers l’Asie. Il quitte Saint-Malo le 20 avril avec deux navires. Après avoir atteint le détroit de Belle Isle, il visite la côte occidentale de Terre-Neuve. Il identifie ensuite les îles de la Madeleine et l’île du Prince-Édouard, puis il explore la baie des Chaleurs. Le 24 juillet 1534, il fait ériger une croix à Gaspé au nom du roi France. Il repart en Europe avec deux des fils du chef iroquoïen Donnacona.
Cartier prend la tête d’une seconde expédition en 1535. Cette fois, trois navires et quelque 110 hommes l’accompagnent. Il explore la région de Natashquan et donne à une baie le nom de Saint-Laurent. Ce même nom désignera plus tard le golfe et le fleuve. Guidé par les deux fils de Donnacona, Cartier accède à l’estuaire du Saint-Laurent et parvient jusqu’à Stadaconé (Québec), le 14 septembre. Il atteint ensuite le village appelé Hochelaga, situé sur l’actuelle île de Montréal. Tout près du village se trouve une montagne qu’il désigne sous le nom de mont Royal. Demeurant à proximité de Stadaconé au cours de l’hiver, Cartier en profite pour explorer le territoire. Un climat de méfiance teinte les rapports entre Européens et Autochtones, et une épidémie de scorbut au sein de son équipage fait plusieurs morts. Au printemps, il repart en France avec le chef Donnacona. Les rapides de Lachine ainsi que le royaume de Saguenay restent à explorer et, aux dires des Iroquois, promettent notamment de riches minéraux.
De retour en France, Cartier souhaite préparer une nouvelle expédition. Cependant, la guerre entre la France et l’Espagne l’oblige à repousser son départ de quelques années. En 1540, Cartier reçoit une nouvelle commission pour poursuivre les explorations en Amérique. Quelques mois plus tard, François Ier choisit plutôt Jean-François de La Rocque de Roberval, qu’il nomme lieutenant-général du Canada, pour diriger une expédition ayant comme objectif d’établir une colonie française en Amérique du Nord. Cartier est désigné maître-pilote de l’entreprise et, en mai 1541, il part avec cinq navires et plus de 300 personnes, sans Roberval qui subit quelques retards dans ses préparatifs.
Le 23 août 1541, Cartier fixe l’établissement français le long du fleuve Saint-Laurent, à l’embouchure de la rivière du Cap Rouge, et le nomme Charlesbourg-Royal. Il fait construire deux forts, explore les alentours et remonte le fleuve jusqu’aux rapides de Lachine à la recherche du passage convoité. Pendant ce temps, les relations entre les nouveaux arrivants et les Autochtones de Stadaconé semblent s’envenimer. Au printemps 1542, après un dur hiver pendant lequel plusieurs colons décèdent, Cartier décide de regagner la France. Il a aussi en sa possession des métaux précieux qu’il pense avoir découverts. À la mi-juin, il croise Roberval dans le havre de Saint-Jean, à Terre-Neuve. Ce dernier lui demande de poursuivre la mission coloniale, mais Cartier préfère reprendre la direction de la métropole.
En France, les métaux précieux rapportés par Cartier sont analysés et se révèlent être sans valeur. Le navigateur se retire dans son domaine de Limoilou, près de Saint-Malo, et n’aura pas l’occasion de participer à une autre expédition en Amérique.
Des relations des trois expéditions de Cartier ont été publiées à partir de 1545. Elles auraient été inspirées du journal de bord du navigateur.
Cartier est décédé à Saint-Malo le 1er septembre 1557.
Il avait épousé, probablement à Saint-Malo, en 1520, Catherine Des Granches, fille de Jacques Des Granges, chevalier du roi et connétable de Saint-Malo.
Navigateur originaire de Saint-Malo, en France, Jacques Cartier figure parmi les principaux explorateurs européens de l’Amérique. Sous le patronage de François Ier, il effectue des expéditions en 1534, en 1535-1536 et en 1541-1542. Au cours du premier voyage, il explore le golfe du Saint-Laurent et établit des relations avec des Autochtones. Pendant le deuxième voyage, il remonte le fleuve Saint-Laurent, hiverne près du village de Stadaconé et se rend jusqu’au village d’Hochelaga, dans l’espoir de découvrir un passage maritime vers l’Asie. Pour son dernier voyage, Cartier est le maître-pilote de Jean-François de La Rocque de Roberval, lieutenant-général du Canada, qui a le mandat de fonder un établissement français en Amérique du Nord. Le 23 août 1541, Cartier s’installe avec plus de 300 personnes le long du fleuve, à l’embouchure de la rivière du Cap Rouge, près de Stadaconé. Il nomme Charlesbourg-Royal cette première colonie française en Amérique du Nord. Il y fait construire 2 forts, explore les alentours et remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu’aux rapides de Lachine. Il regagne la France en 1542. Pendant ces voyages, Cartier n’a pas trouvé les richesses anticipées ni le fameux passage maritime vers l’Asie. Il demeure néanmoins le premier Européen à cartographier le golfe du Saint-Laurent et à remonter son fleuve, ce qui a permis aux Français de pénétrer à l’intérieur du continent et de s’implanter durablement en Amérique du Nord.
ALLAIRE, Bernard. La rumeur dorée : Roberval et l’Amérique. Montréal, Les Éditions La Presse, 2013. 159 p.
BERTHIAUME, André. « Bref récit et succincte narration de la navigation faite aux îles de Canada, Hochelaga et Saguenay et autres, de Jacques Cartier ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
BRAUDEL, Fernand, dir. Le monde de Jacques Cartier. Montréal, Libre-expression, 1984. 316 p.
CARTIER, Jacques. Voyages de découvertes entre les années 1534 et 1542. Textes et documents retrouvés. Paris, Antropos, 1968. 206 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l’Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LITALIEN, Raymonde. Les explorateurs de l’Amérique du Nord, 1492-1795. Québec, Septentrion, 1993. 261 p.
MATHIEU, Jacques. « Napou Jacques Cartier ». Cap-aux-Diamants : la revue d’histoire du Québec. No 41 (1995), p. 10-14.
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TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Tome 1 : Les vaines tentatives 1524-1603. Montréal, Fides, 1963. 307 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Casgrain, Thérèse
Né(e) le 10 juillet 1896Décédé(e) le 3 novembre 1981

Née le 10 juillet 1896 à Montréal, Thérèse Casgrain est la fille de Rodolphe Forget, avocat, financier et homme politique, et de Blanche MacDonald.
De 1904 à 1912, Thérèse Casgrain étudie au pensionnat du Sacré Coeur au Sault-au-Récollet. Elle souhaite ensuite entreprendre des études en droit à l'université, mais se bute au refus de son père.
Thérèse Casgrain est l'une des principales figures de la lutte pour l'obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises. Elle se fait remarquer pendant la campagne électorale fédérale de 1921 lorsqu'elle prononce un discours à Baie-Saint-Paul en remplacement de son époux, le député libéral sortant de Charlevoix—Montmorency, Pierre-François Casgrain. L'année suivante, elle participe à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin. À partir de 1928, elle dirige la Ligue des droits de la femme. Elle prononce plusieurs conférences, participe aux travaux de la Commission Dorion sur les droits civils des femmes au Québec et anime l'émission de radio Fémina à Radio-Canada. En 1938, alors qu'elle est vice-présidente du Club des femmes libérales du Canada, elle mène une importante délégation de femmes au congrès du Parti libéral du Québec et parvient, après presque deux décennies d'échecs, à faire inscrire le suffrage féminin au programme électoral du parti. En 1940, le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité. Thérèse Casgrain est alors reconnue comme l'une des principales artisanes de cette victoire pour les femmes québécoises. Elle quitte la présidence de la Ligue des droits de la femme en 1942.
Parallèlement à la lutte pour l'obtention du droit de vote, Thérèse Casgrain s'implique dans des œuvres de bienfaisance et soutient d'autres causes pour l'avancement des droits des femmes. En 1926, elle fonde la Ligue de la jeunesse féminine du Québec, qui vient en aide aux personnes malades et démunies. En 1935, elle donne son appui aux revendications de Laure Gaudreault et des institutrices du Québec visant l'amélioration de leurs conditions de travail.
Thérèse Casgrain s'engage en politique à compter de 1942. Elle est alors candidate libérale indépendante lors de l'élection partielle de la circonscription fédérale de Charlevoix Saguenay. En 1946, elle se joint au parti Fédération du Commonwealth coopératif, l'ancêtre du Nouveau Parti démocratique, nommé le Parti social démocratique à compter de 1955 au Québec. Elle est vice-présidente du conseil national de ce parti de 1948 à 1963, puis chef de la formation provinciale de 1951 à 1957, devenant la première femme chef d'un parti politique au Québec. Jusqu'en 1962, elle brigue les suffrages à neuf reprises aux élections fédérales et provinciales, sans succès.
En 1961, Thérèse Casgrain fonde la section québécoise de la Voix des femmes, un organisme dédié à la paix dans le monde. Présidente de l'organisation jusqu'en 1963, elle milite sur la scène internationale contre la menace nucléaire. En 1963, elle participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme et agit comme présidente de 1966 à 1970. En 1966, elle fonde la Fédération des femmes du Québec, chargée de coordonner les efforts des associations féminines dans un cadre non confessionnel.
Le 8 octobre 1970, Thérèse Casgrain est nommée sénatrice de la division des Mille-Îles. Elle ne siège que jusqu'au 10 juillet 1971, ayant atteint l'âge de retraite obligatoire des sénateurs. Elle parvient néanmoins à faire bouger plusieurs dossiers qui concernent la condition féminine, notamment sur la question des droits des femmes autochtones.
Elle a publié Une femme chez les hommes (1971).
Elle est décédée à Montréal le 3 novembre 1981. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Elle avait épousé à Montréal, en 1916, Pierre-François Casgrain, avocat et homme politique, fils de François Casgrain, médecin, et de Marie-Hélène-Adèle Berthelot.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Thérèse Casgrain est l'une des principales figures de l'avancement du droit des femmes et la plus connue des suffragettes du Québec. En 1922, elle participe à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin, organisme luttant pour l'obtention du droit de vote des femmes québécoises. De 1928 à 1942, elle est présidente de cet organisme, devenu en 1929 la Ligue des droits de la femme. En 1938, elle parvient à faire inscrire le suffrage féminin au programme électoral du Parti libéral du Québec. En 1940, lorsque le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité, Thérèse Casgrain est reconnue comme l'une des principales artisanes de cette victoire pour les femmes québécoises. En 1951, elle devient la première femme chef d'un parti politique au Québec en dirigeant la branche provinciale de la Fédération du Commonwealth coopératif. En 1961, elle fonde la section québécoise de la Voix des femmes et demeure présidente de cette organisation jusqu'en 1963. Elle milite alors sur la scène internationale contre la menace nucléaire. Cette même année, elle participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme et agit comme présidente de 1966 à 1970. En 1966, elle fonde la Fédération des femmes du Québec. Grande réformatrice et politicienne chevronnée, Thérèse Casgrain a porté les revendications des femmes sur les scènes provinciale, fédérale et internationale.
BAILLARGEON, Denyse. Brève histoire des femmes au Québec. Montréal, Boréal, 2012. 281 p.
Collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Le Jour, 1992. 646 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
FORGET, Nicolle. Thérèse Casgrain : la gauchiste au collier de perles. Montréal, Fides, 2013. 534 p.
STODDART, Jennifer. « Thérèse Casgrain ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/therese-casgrain
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Champlain, Samuel de
Né(e) le 13 août 1574Décédé(e) le 25 décembre 1635

Baptisé le 13 août 1574 à La Rochelle, en France, Samuel de Champlain est le fils d'Antoine (Anthoynne) Chapeleau, capitaine de la Marine, et de Marguerite Le Roy.
Enrôlé dans l'armée du roi Henri IV de 1595 à 1598, Champlain sert à titre de fourrier, d'aide de camp, d'enseigne, puis de maréchal des logis.
En 1599, Champlain prend part à un premier voyage en Amérique. Il accompagne la flotte espagnole afin d'approvisionner les colonies des Indes occidentales. À son retour en Europe vers 1600, il rédige probablement un récit de voyage intitulé Brief discours...
Champlain participe à une seconde expédition vers le Nouveau Monde avec François Gravé Du Pont en 1603. Il se rend à Tadoussac, remonte le fjord du Saguenay, puis parcourt le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Iroquois (Richelieu). Il nomme certains lieux, dont les chutes Montmorency et le lac Saint-Pierre. Il effectue un troisième voyage au Nouveau Monde de 1604 à 1607, au cours duquel il accompagne Pierre Du Gua de Monts dans l'exploration de la région de l'Acadie et la fondation de Port-Royal. Il cartographie une partie du littoral est du continent nord-américain.
Champlain revient en Amérique en 1608 à titre de lieutenant du sieur de Monts et fonde Québec le 3 juillet. Il y fait construire des bâtiments et une palissade. Après avoir exploré la rivière des Iroquois, il atteint un grand lac, auquel il donne son nom. En 1609, il affronte les Iroquois au sud de ce lac. Il s'agit alors de la première opération militaire en Nouvelle-France. De retour dans la colonie en 1610 et en 1611, il se rend sur la future île de Montréal pour trouver un endroit où construire une habitation.
En 1612, Champlain devient le lieutenant du vice-roi Henri de Bourbon, prince de Condé. Mandaté pour poursuivre l'oeuvre de Québec, il détient les pouvoirs de gouverneur sans en avoir le titre ni la commission. Il revient en Nouvelle-France en 1613. Il explore et décrit la rivière des Outaouais. L'année suivante, en France, il fonde la Compagnie des Marchands de Rouen et de Saint-Malo, aussi appelée Compagnie de Champlain. Il retourne à Québec en 1615 accompagné de récollets. Il se rend en Huronie et, avec ses alliés hurons, attaque un fort iroquois à proximité du lac Onondaga. Au cours de l'hiver, qu'il passe avec les Hurons, il dresse un portrait ethnographique relativement complet de ces derniers.
En 1618, Champlain remet un mémoire à Louis XIII dans lequel il décrit ses projets pour la Nouvelle-France. Sa politique de colonisation reçoit l'approbation du roi et de la Chambre du Commerce. Lorsque Champlain arrive à Québec en 1620, il prend possession du pays au nom du vice-roi Henri II, duc de Montmorency. Il délaisse l'exploration du territoire pour se consacrer à l'administration de la colonie. Il commence les travaux de construction du fort Saint-Louis.
En 1627, le cardinal de Richelieu prend la Nouvelle-France sous son autorité et crée la Compagnie des Cent Associés, dont Champlain fait partie. Deux ans plus tard, Champlain est confirmé dans son rôle de lieutenant. Lors de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, il gagne l'Angleterre où il s'entretient avec l'ambassadeur de France à Londres et cherche à récupérer la colonie. En 1632, celle-ci est restituée à la France. Champlain revient à Québec l'année suivante avec le titre de commandant de la Nouvelle-France. Il fait construire une chapelle à Québec (1633) et charge le sieur de Laviolette de fonder un poste de traite à Trois-Rivières (1634).
Champlain a dessiné plusieurs cartes de la Nouvelle-France. Il est l'auteur de nombreux récits de voyage, dont Voyages de la Nouvelle-France (1632).
Il est décédé à Québec le 25 décembre 1635.
Il avait épousé, en 1610, Hélène Boullé, fille de Nicolas Boullé, secrétaire de la Chambre du roi, et de Marguerite Alix.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Samuel de Champlain, explorateur et cartographe, est reconnu comme étant le fondateur de Québec, le premier établissement français permanent en Amérique. C'est le 3 juillet 1608 que Champlain et son groupe, commandités par Pierre Du Gua de Monts, détenteur du monopole de la traite des fourrures, fondent le comptoir de Québec. À partir de cet emplacement stratégique, Champlain poursuit l'exploration du territoire, forge des alliances avec des groupes autochtones et développe un vaste réseau de commerce des fourrures. Par la fondation de Québec, comptoir devenu ville, puis capitale, et son rôle dans le développement de la colonie, Champlain marquera d'une manière indélébile les débuts de la civilisation française en Amérique et passera à l'histoire comme étant le père de la Nouvelle-France.
BERTHIAUME, André. « Les voyages, de Samuel de Champlain ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
FISCHER, David Hackett. Le rêve de Champlain. Montréal, Boréal, 2011. 998 p.
GERME, Jean-Marie. « Origines des émigrants vers les côte d'Acadie XVIIe-XVIIIe s. : Champlain Samuel, Chuquet Pierre ». Bulletin AGCF. No 34 (2012), p. 6.
LITALIEN, Raymonde et Denis VAUGEOIS. Champlain : la naissance de l'Amérique française. Québec/Paris, Les éditions du Septentrion/Nouveau Monde éditions, 2004. 397 p.
MATHIEU, Annie. « Samuel de Champlain serait né protestant ». La Presse. La Presse [En ligne]. http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201204/16/01-4515991-samuel-de-champlain-serait-ne-protestant.php
SÉGUIN, Maurice K. Samuel de Champlain : l'entrepreneur et le rêveur. Québec, Septentrion, 2008. 380 p.
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chaurès-Louard, Berthe
Né(e) le 2 octobre 1889Décédé(e) le 7 février 1968

Berthe Clémence Chaurès naît le 2 octobre 1889 à Verviers, en Belgique.
Cardeuse de laine dans une filature, elle fuit la Belgique en 1914 et se réfugie en Hollande, puis en Angleterre où elle rejoint son mari, le contrebassiste Édouard Louard. Employée dans une usine de munitions, elle perd quatre doigts de sa main droite dans un accident. En 1920, le couple s'installe à Montréal, où Édouard trouve une place dans l'Orchestre symphonique et Berthe gagne sa vie durant un temps avec la couture.
Berthe Louard réunit chez elle dès 1935 un Cercle d'études économico-sociales, où elle prêche les vertus de la coopération. Sa rencontre en novembre 1936 avec Victor Barbeau, professeur à l'École des Hautes études commerciales, est déterminante et lui permet de passer à l'action. Lors d'une conférence sur la coopération prononcée par ce dernier, elle lui propose de fonder une coopérative de consommation. L'une des premières coopératives de consommation au Québec, La Familiale est fondée le 8 juin 1937 ; Barbeau en est le président et Louard la secrétaire puis la gérante du magasin, fonction qu'elle assume bénévolement.
La Familiale devient un modèle et le mouvement coopératif s'étend dans la province. Des coopératives de consommation sont fondées dans plusieurs régions et Berthe Louard se rend dans plusieurs localités pour propager le mouvement et aider à l'organisation de magasins coopératifs. En octobre 1938, La Familiale réunit les coopératives de consommation du Québec pour établir les fondements d'une fédération. Louard assume le secrétariat du nouvel organisme, l'Alliance des Coopératives de Consommation, dont le siège social est à La Familiale. Ce réseau national devient en 1958 la Fédération des Magasins Coop, connue plus tard sous le nom de Cooprix.
En 1939, un Conseil supérieur de la coopération voit le jour, présidé par le père Georges-Henri Lévesque. Lors du premier congrès du Conseil, Victor Barbeau représente l'Alliance des coopératives et Berthe Louard est « rapporteuse du comité des dames ». Elle est la seule femme signataire du Manifeste de la coopération publié par le Conseil en 1940. Son implication dans différentes instances et l'illégalité de son statut de gérante et de secrétaire-trésorière de La Familiale dérangent, mais l'appui de Barbeau et de Lévesque lui permet de garder sa place. En effet, avant la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée de 1964, les femmes mariées ne pouvaient contracter sans la signature de leur mari ni accepter une charge dans un conseil d'administration. La femme mariée devait obtenir une caution de son époux pour être membre d'une coopérative. À partir de 1942, grâce aux efforts de Louard et de Barbeau, les femmes peuvent participer officiellement au congrès des coopérateurs.
Pour faciliter la participation des femmes au mouvement coopératif, Berthe Louard fonde en juillet 1939 la Guilde des coopératrices, qui mène des campagnes de financement d'œuvres sociales au service des membres. Pour elle, la coopérative n'est pas qu'un mouvement économique: elle s'inscrit dans un mouvement social. Son action mène à des initiatives variées, dont un fonds de prévoyance en cas de maladie ou d'accident.
Au début des années 1950, elle s'engage pour la construction de logis à prix modique dans le Domaine Saint-Sulpice pour favoriser l'accès à la propriété aux familles à faibles revenus. Après des années de démarches auprès de la Ville de Montréal, la construction des premières maisons commence en 1962. Au fil du temps, le domaine devient un véritable complexe coopératif, comprenant notamment une caisse populaire et un magasin d'alimentation.
En 1947, l'Université de Montréal lui décerne un doctorat honoris causa en sciences sociales. C'est la deuxième fois seulement qu'une femme reçoit cet honneur. En 1949, elle est la première femme récipiendaire de l'Ordre du mérite coopératif et mutualiste québécois.
Berthe Louard décède à Montréal le 7 février 1968.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Berthe Chaurès-Louard est une figure de proue de la coopération au Québec des années 1930 à 1960. Militante, gestionnaire et organisatrice de nombreuses œuvres sociales, elle est l'instigatrice et la cofondatrice de La Familiale, l'une des premières coopératives de consommation au Québec, et œuvre au développement d'un réseau de magasins coopératifs qui s'étend dans plusieurs régions du Québec. À une époque où une femme mariée ne peut occuper un poste à un conseil d'administration, Berthe Louard est secrétaire-trésorière de La Familiale et s'implique dans les instances traditionnellement réservées aux hommes, en plus de lutter pour la participation des femmes au mouvement coopératif. En 1949, elle est la première femme récipiendaire de l'Ordre du Mérite coopératif et mutualiste québécois. Dans les années 1950, elle milite pour la construction, sur le modèle coopératif, de propriétés abordables pour les familles à faibles revenus. Ouvrière immigrante, Berthe Chaurès-Louard a su mobiliser des personnalités en vue de la société québécoise au bénéfice des familles pauvres et ouvrières."
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DESCHÊNES, Gaston. « Associations coopératives et institutions similaires au XIXe siècle ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 29, no 4 (1976), p. 539-554.
DESCHÊNES, Gaston. Ensemble! : revue de la coopération, 1940-1951 (mémoire de maîtrise). Université Laval, 1975. 131 p.
FORGET, Nicolle, Francine HAREL GIASSON et Marie-Claire MALO. « La solution de Berthe Louard : l’idéal coopératif, 1937-1968 ». Bulletin du RCHTQ. Vol. 23, no 67 (1997), p. 5-20.
POULIN, Pierre. « Berthe Chaurès-Louard (1889-1968) ; Audace et dévouement au service de la coopération ». s.a. Coopoint [En ligne]. https://mc2m.coop/berthe-chaures-louard-1889-1968/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chiriaeff, Ludmilla
Né(e) le 10 janvier 1924Décédé(e) le 22 septembre 1996

Née le 10 janvier 1924 à Berlin, en Allemagne, Ludmilla Chiriaeff (Ludmilla Otzup) est la fille d'Alexandre Otzup, commerçant et écrivain russe, et de Katerina Radziwill.
Dès l'enfance, Ludmilla Chiriaeff consacre son temps à l'étude de la danse et de la musique. Elle reçoit par ailleurs une formation en danse classique fortement imprégnée des fondements de l'école russe, perfectionnant son art à travers les enseignements de danseurs et danseuses renommés.
La jeune danseuse débute dans les années 1930 comme soliste au sein des Ballets russes du colonel de Basil, à Berlin. Malgré les restrictions imposées par le régime politique allemand, elle continue de danser professionnellement dans cette ville jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Après la guerre, Chiriaeff s'installe en Suisse. Elle décroche alors plusieurs contrats, tantôt comme danseuse, tantôt comme chorégraphe. Puis, en 1950, elle fonde sa propre compagnie à Genève: le Ballet du Théâtre des Arts.
En 1952, elle immigre à Montréal. Rapidement, elle s'intègre à la communauté artistique de la métropole. C'est dans ce contexte qu'elle fait la rencontre du réalisateur Jean Boisvert, qui lui ouvre les portes de Radio-Canada en lui donnant l'occasion d'introduire des numéros danse dans la programmation de la chaine.
En 1955, elle fonde les Ballets Chiriaeff. La troupe performe régulièrement à la télévision, notamment lors de l'émission L'Heure du Concert, diffusée à Radio-Canada. Cette présence affirmée et récurrente de la troupe dans l'offre télévisuelle de l'époque contribue de manière inédite au rayonnement de la danse classique, mais également à sa démocratisation auprès du public québécois.
En 1957, les Ballets Chiriaeff deviennent les Grands Ballets Canadiens. Ludmilla Chiriaeff fonde en 1958 l'Académie des Grands Ballets Canadiens, vouée à la formation de la relève pour la compagnie de danse. Au cours des années suivantes, la compagnie s'illustre dans de nombreux théâtres et évènements de danse au Canada, aux États-Unis et dans plusieurs pays d'Europe. À de nombreuses reprises, le public et la critique saluent le caractère novateur des chorégraphies de Chiriaeff où sont souvent intégrées des œuvres d'artistes visuels et de musiciens locaux.
En 1966, elle fonde l'École supérieure de danse du Québec, devenue l'École supérieure de ballet du Québec. En 1974, elle se retire de la direction des Grands Ballets Canadiens afin de se consacrer à son école et de s'impliquer dans l'implantation du programme de concentration en danse dans le système d'éducation du Québec.
Ludmilla Chiriaeff a reçu de nombreux honneurs et prix. Elle est notamment récipiendaire du prix du Gouverneur général pour les arts de la scène et du prix Denise-Pelletier. L'Université de Montréal lui a remis un doctorat honoris causa et elle est grande officière de l'Ordre national du Québec.
Elle est décédée à Montréal, le 22 septembre 1996.
Elle avait épousé, en 1945, Frans van der Spek; puis, en 1947, Alexis Chiriaeff, artiste; et, en 1964, Uriel Luft, directeur général des Grands Ballets Canadiens.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Ludmilla Chiriaeff est une danseuse, chorégraphe et enseignante qui a exercé une influence déterminante sur l'évolution, le rayonnement et la démocratisation du ballet classique au Québec. Après avoir grandi en Allemagne et vécu quelques années en Suisse, elle s'établit avec son mari, Alexis Chiriaeff, en 1952 à Montréal, où elle enseigne et réalise des chorégraphies pour la télévision de Radio-Canada. Elle fonde les Ballets Chiriaeff, qui deviennent en 1957 les Grands Ballets Canadiens, la première compagnie professionnelle de ballet au Québec. La troupe se produit au Québec et au Canada, et acquiert une solide réputation sur la scène internationale. Soucieuse de former une relève de danseurs et de professeurs, Ludmilla Chiriaeff crée l'Académie des Grands Ballets Canadiens en 1958, puis l'École supérieure de danse du Québec en 1966. Elle s'implique également pour implanter un programme de danse dans le système public québécois d'éducation dans les années 1970. En plus de ces diverses institutions, l'œuvre de cette pionnière comprend aussi la chorégraphie de plus de 300 ballets qui ont permis de jeter de nombreux ponts entre la danse classique et les autres disciplines artistiques, et de mettre en valeur les créations d'artistes visuels et de musiciens locaux.
BAILLARGEON, Normand et André-G. BOURASSA. Arts et littérature. Les entretiens du Devoir, 1990-1994. Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, 1995. 231 p.
BEAULIEU, Marie. « L’auto-mythification : un moyen de survie ». Recherches en danse. Perspectives genrées sur les femmes dans l’histoire de la danse. No 3 (2015), p. 270-288.
BEAULIEU, Marie. « Ludmilla Chiriaeff : visionnaire du développement de la danse au Canada ». Études canadiennes / Canadian Studies : « Grâce à elle(s) ? » : le rôle des femmes dans la construction du Canada. No 88 (2020), p. 255-268.
FORGET, Nicolle. Chiriaeff : danser pour ne pas mourir. Biographie. Montréal, Québec Amérique, 2006. 664 p.
HOWE-BECK, Linde. « Chiriaeff, Ludmilla ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/chiriaeff-ludmilla
LORRAIN, Roland. Les Grands Ballets canadiens : ou cette femme qui nous fit danser. Montréal, Éditions du jour, 1973. 219 p.
Regroupement québécois de la danse (RQD). « Ludmilla Chiriaeff : Interprète, Chorégraphe ». Regroupement québécois de la danse (RQD). Regroupement québécois de la danse [En ligne]. https://www.quebecdanse.org/repertoire/ludmilla-chiriaeff/
TEMBECK, Iro. Danser à Montréal : Germination d'une histoire chorégraphique. Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1991. 336 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Chomedey de Maisonneuve, Paul de
Né(e) le 13 février 1612Date exacte du décès inconnue.

Né le 13 février 1612 à Neuville-sur-Vanne, en France, Paul de Chomedey de Maisonneuve est le fils de Louis de Chomedey de Maisonneuve, seigneur, et de Marie de Thomelin.
Dans sa jeunesse, Maisonneuve s'engage dans l'armée française et participe probablement à la guerre dans les Pays-Bas espagnols vers 1635.
En 1639, Jérôme Le Royer de La Dauversière et Jean-Jacques Olier fondent la Société de Notre-Dame de Montréal dans le but d'établir une colonie missionnaire en Nouvelle-France. Bientôt, ils choisissent Paul de Chomedey de Maisonneuve pour la diriger. En mai 1641, le projet missionnaire se met en branle lorsque deux navires quittent le port de La Rochelle à destination de la Nouvelle-France. À bord se trouvent les premiers colons de Montréal et les deux figures emblématiques de la fondation de Ville-Marie, soit Maisonneuve et Jeanne Mance. Le premier navire atteint Québec au mois d'août, mais le second tarde à arriver. La fondation du nouvel établissement est reportée au printemps suivant. Les colons passent l'hiver dans la région de Québec. Maisonneuve doit faire face à l'opposition du gouverneur Charles Huault de Montmagny qui tente de le convaincre de s'installer sur l'île d'Orléans plutôt que sur l'île de Montréal, en raison de la menace iroquoise. Cependant, Maisonneuve ne se détourne pas de son projet de fonder une colonie sur l'île de Montréal.
Le 17 mai 1642, Maisonneuve et son groupe prennent possession de l'île de Montréal en s'installant à l'endroit identifié par Samuel de Champlain en 1611, qui sera connu sous le nom de Pointe-à-Callière. C'est la fondation de Ville-Marie. Maisonneuve occupe la fonction de gouverneur. Possédant d'importants pouvoirs civils et militaires, il entame dès lors les travaux pour l'installation de la colonie. Dès l'année suivante, les colons doivent faire face à l'hostilité des Iroquois. La même année, le roi Louis XIII remet aux associés de Montréal le bateau Notre-Dame, qui est chargé de ravitailler annuellement la colonie.
À la mort de son père, en 1645, Maisonneuve se rend en France et, l'année suivante, prend possession d'un fief qui portera son nom. Il revient en Nouvelle-France en 1646, mais il est rapidement rappelé à Paris. Il participe à la nomination de Louis d'Ailleboust comme futur gouverneur de la Nouvelle-France, après avoir été lui-même pressenti au poste. Dans la métropole, Maisonneuve rencontre aussi les membres de la Société de Notre-Dame de Montréal, quelques bienfaiteurs et voit au soutien de la colonie.
En 1647, Maisonneuve est de retour à Ville-Marie. L'année suivante, il concède les premières terres à des colons, mais, vers 1649, la colonie est menacée par la perte d'appuis financiers venant de France et surtout par les Iroquois qui ont pratiquement anéanti les Hurons. En 1651, Maisonneuve incite les colons à se réfugier dans le fort de Montréal et retourne en France pour recruter des soldats et trouver de nouveaux appuis financiers. Plus d'une centaine d'hommes arrivent avec lui, en 1653, ce qui contribue à stabiliser la situation. En 1663, devant la recrudescence des attaques iroquoises, Maisonneuve met sur pied la milice de la Sainte-Famille. La même année, la seigneurie de l'Île-de-Montréal est cédée aux Sulpiciens et, deux ans plus tard, le fondateur de Montréal reçoit l'ordre de rentrer en France.
Il est décédé à Paris en 1676.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Jeanne Mance, pour les motifs suivants:
Paul de Chomedey de Maisonneuve est une figure emblématique de la fondation de Ville-Marie, qui est devenue Montréal. Le 17 mai 1642, Maisonneuve et un premier groupe de colons prennent possession de l'île de Montréal au nom de la Société Notre-Dame de Montréal, dont le mandat était d'établir une colonie missionnaire en Nouvelle-France. Gouverneur, il cumule les fonctions civiles et militaires. Ses actions ont contribué à l'essor de la cité naissante.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DAVELUY, Marie-Claire. « Chomedey de Maisonneuve, Paul de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Boréal, 1992. 165 p.
MAUDE, Mary McDougall. « Maisonneuve, Paul de Chomedey de ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Société de développement de Montréal. Vieux-Montréal [En Ligne]. http://www.vieux.montreal.qc.ca
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Conan, Laure
Né(e) le 9 janvier 1845Décédé(e) le 6 juin 1924

Née le 9 janvier 1845 à La Malbaie, Félicité Angers est la fille d'Élie Angers, forgeron, et de Marie Perron.
De 1859 à 1862, Félicité Angers effectue des études auprès des Ursulines de Québec, où elle se distingue par ses talents littéraires. Elle est d'ailleurs inscrite à la classe supérieure réservée aux élèves les plus douées en 1862. Ses récits intimistes, qui mettent en avant des thématiques historiques et religieuses, retiennent l'attention de l'abbé George-Louis Lemoine (1816-1890), aumônier des Ursulines, qui apprécie grandement les textes de la jeune femme.
Aux côtés de ses frères Charles et Élie, Félicité Angers côtoie au tournant des années 1880 certains intellectuels de son époque, notamment le futur historien Thomas Chapais et l'abbé Paul Bruchési, qui deviennent ses principaux protecteurs.
À 33 ans, Félicité Angers publie son premier texte, Un amour vrai, une nouvelle qui paraît en feuilleton dans la Revue de Montréal en 1878 et en 1879. L'écrivaine adopte dès lors le pseudonyme de Laure Conan.
Au cours des années 1880, Laure Conan devient la première femme du Canada français à gagner sa vie grâce à la littérature. Elle produit d'ailleurs à un rythme soutenu de nombreuses œuvres littéraires à partir de cette période.
C'est à cette époque que paraît son œuvre phare, Angéline de Montbrun, publiée d'abord en feuilleton dans la Revue canadienne en 1881 et en 1882. Le succès qu'elle rencontre alors pousse Laure Conan à envisager la publication de ce roman sous forme de livre, projet pour lequel elle cherche conseil auprès de l'abbé Bruchési. Ce dernier la recommande à l'abbé Henri-Raymond Casgrain, historien et auteur, qui s'emploie à la faire connaître. Veillant aux intérêts de l'écrivaine, il parvient à faire éditer et publier son roman en livre en 1884.
Vers le milieu des années 1880, Laure Conan délaisse le genre intimiste au profit du roman historique et du genre biographique, avant d'entamer une carrière journalistique dans les années 1890. De 1894 à 1898, Laure Conan dirige la revue Voix du Précieux Sang à Saint-Hyacinthe. Elle y publie 90 articles, dont la plupart sont des biographies religieuses que l'on retrouve dans son livre Physionomies de saints, publié en 1913. Puis, après avoir livré plusieurs nouvelles biographies dans la revue des dominicains de Saint-Hyacinthe, Laure Conan les rassemble et publie Silhouettes canadiennes en 1917, brossant les portraits de grandes figures canadiennes-françaises. Elle revient par la suite progressivement au récit intimiste, caractéristique à la fois du début et de la fin de sa carrière.
Tout en œuvrant dans le domaine journalistique, Laure Conan publie plusieurs de ses œuvres les plus marquantes au tournant du XXe siècle, notamment À l'œuvre et à l'épreuve (1891), L'oublié (1902) et La sève immortelle (1925), qui paraît après sa mort. Elle remporte quelques prix et distinctions, dont l'ordre des Palmes académiques que lui décerne le gouvernement français en 1898 pour À l'œuvre et à l'épreuve et le prix Montyon de l'Académie française en 1903 pour L'oublié.
Elle est décédée le 6 juin 1924 à l'Hôtel-Dieu de Québec. Elle est inhumée dans le cimetière de La Malbaie.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
« Félicité Angers, dite Laure Conan, est considérée comme étant la première femme d'expression francophone à avoir mené une carrière dans le domaine de la littérature au Québec et au Canada. Sa première nouvelle, Un amour vrai, paraît en feuilleton dans la Revue de Montréal en 1878 et en 1879. Félicité Angers adopte dès lors le pseudonyme de Laure Conan. Vivant dans une situation financière précaire, l'auteure choisit de gagner sa vie en écrivant. En 1882, elle publie en feuilleton son œuvre phare, Angéline de Montbrun, un roman psychologique précurseur, qui est imprimé en livre en 1884. À compter de ce moment, Laure Conan produit des œuvres littéraires à un rythme soutenu, dont À l'œuvre et à l'épreuve (1891), L'oublié (1902) et La sève immortelle (1925). L'auteure innove par ailleurs en campant des personnages féminins forts dans ses récits, une nouveauté pour la société patriarcale de l'époque. Si le récit intimiste caractérise le début et la fin de sa carrière, elle se distingue également dans le roman historique et le genre biographique, publiant de nombreuses biographies religieuses et plusieurs portraits de grandes figures historiques. Laure Conan entame aussi une carrière de journaliste dans les années 1890. Elle signe près de 200 articles dans plusieurs revues et journaux. Elle a reçu des distinctions prestigieuses pendant sa vie, telles que l'ordre des Palmes académiques du gouvernement français en 1898 et le prix Montyon de l'Académie française en 1903. »
BRUNET, Manon. « Angers, Félicité, dite Laure Conan ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
POULIN, Gabrielle. « Félicité Angers (Laure Conan) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/felicite-angers-laure-conan
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Cyr, Louis
Né(e) le 10 octobre 1863Décédé(e) le 10 novembre 1912

Né le 10 octobre 1863 à Saint-Cyprien (Napierville), Louis Cyr (baptisé Cyprien-Noé Cyr) est le fils de Pierre Cyr, agriculteur, et de Philomène Berger.
Doté d'une force extraordinaire dès son jeune âge, Cyr travaille d'abord sur la ferme de son père et réalise déjà des prouesses de force physique. En 1878, sa famille émigre à Lowell, aux États-Unis, où il prend le prénom Louis. Dans cette ville manufacturière, il travaille dans une usine de textile ainsi que sur une terre et s'adonne à des démonstrations de force de plus en plus fréquentes. De retour au Québec en 1882, il se marie et oeuvre comme bûcheron dans les environs de Saint-Jean-de-Matha.
En 1883, après un court séjour à Lowell, Cyr amorce une tournée dans les provinces maritimes en tant qu'homme fort sous la direction d'un dénommé Mac Sohmer. Exploité, Cyr le quitte et s'installe à Sainte-Hélène (Sainte-Hélène-de-Bagot), où vivent, à ce moment, ses parents. Reprenant ses spectacles, cette fois sous la direction de son père, il se produit à divers endroits au Québec. Toujours en 1883, Cyr obtient un poste de policier à la Ville de Sainte-Cunégonde (Montréal). Deux ans plus tard, il repart en tournée avec une troupe dirigée par Gustave Lambert. En 1886, il est reconnu comme l'homme le plus fort au Canada lorsqu'il bat, à Québec, David Michaud, le champion de l'époque, en soulevant 2 371 livres sur son dos. Il acquiert par la suite un hôtel et un club athlétique à Montréal, puis effectue de nouvelles tournées aux États-Unis et au Québec.
En 1890, Cyr est reconnu comme l'homme le plus fort au monde, notamment par la National Police Gazette, une revue new-yorkaise, et par son propriétaire Richard Kyle Fox. Un des exploits de l'athlète à cette époque consiste à retenir deux chevaux à l'aide de ses bras, performance qu'il réalise à quelques reprises au parc Sohmer à Montréal. Avec l'appui de Fox, il se rend à Londres en 1891 dans le but de mettre son titre en jeu, mais les principaux hommes forts d'Europe n'osent pas l'affronter. Il établit toutefois plusieurs records dans la capitale britannique, dont ceux réalisés le 19 janvier 1892 alors qu'il effectue un dévissé à un bras de 273 ¼ livres et soulève une plate-forme de 3 655 livres avec son dos.
De 1892 à 1896, Cyr mène une tournée américaine avec sa famille réunie au sein de la troupe Cyr Brothers Specialty Company. Il se joint ensuite au John Robinson's Circus et au Ringling Brothers Circus en compagnie de son partenaire Horace Barré. Les deux hommes montent leur propre cirque en 1899 et se produisent au Québec jusqu'en 1904. Durant cette période, la santé de Louis Cyr décline rapidement. Il cède son titre de champion à Barré, puis se retire temporairement sur sa ferme de Saint-Jean-de-Matha. Sa dernière compétition publique a lieu au parc Sohmer contre Hector Décarie, auquel il livre un match nul en 1906. Il lui concède néanmoins le titre d'homme le plus fort à la suite de l'épreuve de force.
Il est décédé à Montréal le 10 novembre 1912. Il est inhumé à Saint-Jean-de-Matha.
Il avait épousé à Saint-Jean-de-Matha, en 1882, Mélina Comtois, fille d'Évariste Comtois et d'Odile Boucher.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Louis Cyr est l'athlète originaire du Québec le plus important de son époque. Considéré comme un véritable héros et une gloire nationale, Louis Cyr a marqué ses contemporains par ses exploits physiques. Il a amorcé sa carrière d'homme fort en Nouvelle-Angleterre où il a donné nombre de spectacles avant de poursuivre ses démonstrations de force dans la province de Québec. Champion canadien, il part en tournée en Europe et bat plusieurs records qui font de lui l'homme le plus fort du monde. Louis Cyr devient ainsi le premier ambassadeur du Canada français. À son retour en Amérique du Nord, il sillonne le Canada et les États-Unis au sein de diverses troupes de cirques. Par ses prouesses et sa détermination, Louis Cyr a fait la fierté de son peuple et est devenu une source d'inspiration pour de nombreux hommes forts et athlètes.
CLOUTIER, Richard. Louis Cyr : la marque d'un géant. Montréal, Lidec, 2013. 59 p.
CYR, Céline. « Cyr, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
CYR, Louis. Mémoires de l'homme le plus fort du monde. s.l. Éditions du Club Québec Loisirs Inc., 1982. 277 p.
OHL, Paul. Louis Cyr. Montréal, Les Éditions Libre Expression, 2013. 427 p.
OHL, Paul. Louis Cyr, une épopée légendaire. Montréal, Les Éditions Libre Expression, 2005. 632 p.
WEIDER, Ben. Louis Cyr, l'homme le plus fort du monde. Montréal-Nord, vlb éditeur, 1976. 173 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
David, Athanase
Né(e) le 24 juin 1882Décédé(e) le 26 janvier 1953

Avocat de profession, Athanase David pratique le droit dans divers cabinets de la métropole avant de se lancer en politique en 1916. Il est député libéral du comté de Terrebonne de 1916 à 1936 ainsi qu’en 1939 et 1940, puis est nommé sénateur. Le premier ministre Lomer Gouin lui confie le poste de secrétaire de la province en 1919. Il conservera ce poste avec le successeur de Gouin, Louis-Alexandre Taschereau, jusqu’en 1936. C’est à ce titre qu’il laissera sa marque en adoptant diverses mesures pour promouvoir la culture. Surnommé le « ministre des beaux-arts », Athanase David a jeté les bases de l’institutionnalisation de la culture au Québec.
C’est en effet à son initiative que sont établis les Archives nationales (aujourd’hui Bibliothèque et Archives nationales du Québec), les écoles des beaux-arts de Québec et de Montréal, le Musée de la province (devenu le Musée national des beaux-arts du Québec) ainsi que la Commission des monuments historiques (l’ancêtre du Conseil du patrimoine culturel du Québec). On lui doit aussi la Loi pour encourager la production d’œuvres littéraires ou scientifiques adoptée en 1922, qui est l’ancêtre des Prix du Québec. Enfin, sans en être l’initiateur, il favorise le développement d’un programme de bourses de perfectionnement en France pour les diplômés universitaires et les artistes. Il soutient également la radiodiffusion en achetant du temps d’antenne à la nouvelle station de radio CKAC à Montréal, ouverte en 1929, pour une émission diffusant des contenus culturels et éducatifs.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Avocat et homme politique, Athanase David est député à l'Assemblée législative du Québec de 1916 à 1936, et de 1939 à 1940, puis sénateur de 1940 à 1953. Comme secrétaire de la province dans les cabinets des premiers ministres Lomer Gouin et Louis-Alexandre Taschereau de 1919 à 1936, il a pris des mesures et a fait adopter des lois qui ont eu un impact décisif dans l'essor culturel du Québec. Parmi ses principales réalisations, il y a la création du Service des archives de la province (devenu les Archives nationales du Québec) en 1920, la création des prix David en 1922, l'adoption de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d'art ayant un intérêt historique ou artistique et la création de la Commission des monuments historiques en 1922, l'adoption de la Loi concernant les musées de la province en 1922, la création des écoles des beaux-arts de Québec et de Montréal en 1922 et en 1923, l'ouverture du Musée de la province (devenu le Musée national des beaux-arts du Québec) en 1933 et l'appui constant prodigué au développement de programmes de bourses pour favoriser le perfectionnement des artistes et des diplômés universitaires en Europe. Il a soutenu également, à compter de 1929, la diffusion de contenus éducatifs et culturels à la radio via l'émission L'Heure provinciale sur les ondes de CKAC. »
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
HARVEY, Fernand. « La politique culturelle d'Athanase David, 1919-1936 ». Les Cahiers des Dix. No 57 (2003), p. 31-83.
HARVEY, Fernand. La vision culturelle d'Athanase David. Montréal, Delbusso, 2012. 265 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
de Saint-Père, Agathe
Né(e) le 25 février 1657Décédé(e) le 19 août 1747

Agathe de Saint-Père est née à Montréal le 25 février 1657. Fille de Mathurine Godé et de Jean de Saint-Père, premier greffier et notaire de Ville-Marie, elle appartient à une famille de pionniers de Ville-Marie. En 1657, elle devient orpheline de père lorsque son père, son grand-père et son parrain meurent lors d'une attaque des Iroquois. En 1658, elle intègre la famille Le Moyne avec le remariage de sa mère avec le négociant Jacques Lemoyne de Sainte-Marie. Après la mort de sa mère en 1672, Agathe de Saint-Père, âgée de 15 ans, prend la relève auprès de ses dix demi-frères et sœurs Le Moyne, dont le dernier est un nouveau-né, ce qui pourrait expliquer qu'elle ne se marie qu'à l'âge de 28 ans.
En raison de sa carrière militaire, son mari Pierre Legardeur de Repentigny est fréquemment absent, ce qui l'amène à désigner Agathe de Saint-Père comme sa procuratrice. À une époque où la femme mariée est considérée comme mineure devant la loi et où le mari est normalement responsable d'administrer les biens du ménage, Agathe de Saint-Père signe ainsi des contrats, achète et vend des terres, effectue des emprunts et règle elle-même ses comptes ainsi que les dettes de son mari et de ses beaux-frères.
Au début du 18e siècle, la pénurie de tissus et de vêtements incite Agathe de Saint-Père à faire diverses expérimentations pour mettre au point des étoffes à partir des ressources locales, par exemple les orties, les filaments d'écorce, l'asclépiade ou la laine de bœuf Illinois. À la suite de la capture du navire la Seine par les Anglais en 1704, qui emporte le ravitaillement annuel de la colonie, elle établit une manufacture de toile dans sa maison. Pour obtenir de la main-d'œuvre, elle rachète neuf tisserands anglais prisonniers des Autochtones et leur adjoint des apprentis canadiens. Elle fait fabriquer des métiers à tisser et des habitants de l'île s'initient au métier, de sorte que bientôt, plus de 20 métiers fournissent quotidiennement 120 aunes d'étoffes et de toiles grossières à bon marché. Mettant à profit les plantes indigènes connues des autochtones, cette femme industrieuse met également au point des colorants et de nouveaux procédés de fixation et de teinture. En 1705, elle écrit au secrétaire d'État à la Marine pour lui demander de soutenir son entreprise. Les échantillons de toile qu'elle envoie alors au roi sont jugés réussis, ce qui lui vaut une gratification annuelle de 200 livres, au moins jusqu'en 1712. En plus de sa manufacture de toiles, Agathe de Saint-Père s'associe à une tannerie et s'intéresse au sucre d'érable, qu'elle envoie aux autorités coloniales sous forme de confiseries.
La manufacture de toiles d'Agathe de Saint-Père survit au départ des neuf tisserands, rachetés en 1707 par les Bostonnais, et conserve son rythme de production tant qu'elle en est propriétaire. En octobre 1713, l'entreprise passe aux mains du maître-boulanger Pierre Thuot Duval. Agathe de Saint-Père semble alors cesser ses activités et on perd sa trace quelque temps.
Pierre Legardeur de Repentigny décède à Montréal en 1736. Sa veuve décide de terminer ses jours à l'Hôpital général de Québec, où elle rejoint sa fille Marie-Joseph Legardeur de Repentigny (sœur de la Visitation), qui deviendra supérieure du monastère en 1747. Dans son testament daté du 6 février 1746, Agathe de Saint-Père demande à être inhumée à l'Hôpital général, où elle est vraisemblablement décédée. Ses dernières volontés prévoient aussi un legs en argent à l'Hôpital général.
L'acte de décès d'Agathe de Saint-Père n'a pas été retrouvé, mais une lettre de 1748 de l'intendant Bigot et du gouverneur La Galissonière mentionne qu'elle est décédée le 19 août 1747. Elle était âgée de 90 ans.
Elle avait épousé Pierre Legardeur de Repentigny, le 28 novembre 1685. Elle a donné naissance à huit enfants.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Fondatrice d'une manufacture de toile à Montréal, Agathe de Saint-Père est considérée comme l'une des rares « femmes d'affaires » en Nouvelle-France et constitue un personnage féminin fort de l'histoire du Québec pour la période du Régime français. À une époque où la femme mariée est considérée comme mineure devant la loi, Agathe de Saint-Père est remarquablement active dans la sphère économique en assumant la gestion des biens familiaux, en plus de saisir les occasions d'acquisitions foncières. Dans un contexte où le Canada dépend de la métropole pour son approvisionnement en produits manufacturés, elle innove en mettant à profit les ressources locales et répond ainsi aux besoins de la colonie en textile. De 1705 à 1712, elle reçoit une gratification royale sur une base annuelle pour soutenir sa manufacture de toile. Pour une femme, recevoir une gratification du roi n'est pas banal et témoigne de l'intérêt que suscite son activité à l'époque. La viabilité et la longévité de son entreprise démontrent son grand sens des affaires, puisqu'au début du XVIIIe siècle, le développement industriel de la colonie est encore embryonnaire. En dépit des ambitions des marchands et des dirigeants, l'économie est toujours basée sur le commerce de la fourrure, principal produit d'exportation. Aux côtés d'industries plus connues comme la brasserie de Talon à Québec ou les forges du Saint-Maurice, la manufacture de toile d'Agathe de Saint-Père fait œuvre de pionnière et constitue un jalon du développement industriel de la colonie."
ASSELIN, Alain, Jacques CAYOUETTE et Jacques MATHIEU. Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 2, 1670-1760. Québec, Septentrion, 2015. 328 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DOYON-FERLAND, Madeleine. « Saint-Père, Agathe de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/saint_pere_agathe_de_3F.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Dubuc, Julien-Édouard-Alfred
Né(e) le 21 janvier 1871Décédé(e) le 27 octobre 1947

Né le 21 janvier 1871 à Saint-Hugues, en Montérégie, Julien-Édouard-Alfred Dubuc est le fils de Joseph-Alfred Dubuc, commis et marchand, et de Marie Blanchard.
Il commence ses études au séminaire Saint-Charles-Borromée à Sherbrooke. De 1880 à 1885, il suit le cours commercial bilingue.
Peu avant la fin de sa scolarité, Dubuc est engagé comme commis à la Banque Nationale de Sherbrooke. Il gravit rapidement les échelons administratifs de la banque pour devenir, en 1890, comptable et, deux ans plus tard, chef du bureau. En 1892, il dirige la nouvelle succursale de la Banque Nationale de Chicoutimi (Saguenay). Il quitte cette institution en 1896 afin de commencer une carrière d'entrepreneur.
Avec des hommes d'affaires, dont le maire de Chicoutimi, Joseph-Dominique Guay, Dubuc fonde la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1896. Il en est le directeur-gérant jusqu'en 1923. La compagnie connaît beaucoup de succès et il devient un des entrepreneurs les plus influents de la région. En 1900, il reçoit la médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris pour la qualité de sa production de pâte à papier.
Dubuc acquiert la Compagnie de pulpe de Ouiatchouan en 1909 et nomme Val-Jalbert le hameau situé à proximité de la pulperie. En 1915, il s'associe à un groupe de financiers américains pour former la North American Pulp and Paper Company, dont il devient président. Grâce à des capitaux britanniques, il fonde, en 1917, la Ha! Ha! Bay Sulfite Company, qui fabrique de la pâte chimique. L'implantation de la nouvelle usine donne naissance au village de Port-Alfred (Saguenay). En 1919, la North American Pulp and Paper Company, devenue la Compagnie de pulpe et de pouvoirs d'eau du Saguenay, possède de nombreuses usines et entreprises qu'il a mises sur pied, dont la Compagnie de pulpe de Chicoutimi.
Au début des années 1920, la baisse de la demande de pâte à papier, la hausse de la concurrence et le manque de fonds pour moderniser les équipements entraînent le déclin de l'industrie de la pulpe. En 1923, Dubuc démissionne des conseils d'administration des pulperies de Chicoutimi et de Val-Jalbert. Il reste toutefois actif dans le monde des affaires et continue d'investir dans les secteurs de l'électricité, de la téléphonie, ainsi que dans la propriété foncière.
Dubuc prend part à la vie publique. Il est député de Chicoutimi à la Chambre des communes de 1925 à 1945. D'abord élu à titre de député libéral indépendant, il adhère au Parti libéral du Canada à compter de 1930. Il est également maire de Chicoutimi de 1932 à 1936.
Il est décédé le 27 octobre 1947 à Laterrière (Saguenay).
Il avait épousé à Saint-Hugues, en 1893, Anne-Marie Palardy.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Julien-Édouard-Alfred Dubuc est un important homme d'affaires qui a marqué le développement industriel du territoire québécois, surtout celui de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Après avoir travaillé dans le secteur bancaire dès l'âge de 14 ans, Dubuc participe à la fondation de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1896 et en devient le directeur général l'année suivante. Entre 1904 et 1909, il crée une dizaine de filiales pour accroître la compétitivité de l'entreprise. Il se retrouve ainsi, en 1910, à la tête de la plus importante compagnie de pâte mécanique au Québec et au Canada, tant pour le volume de sa production que pour les profits réalisés. En 1915, la Compagnie de pulpe de Chicoutimi et ses filiales sont intégrées dans le conglomérat de la North American Pulp and Paper Companies, dont Dubuc est le président. Cette entreprise devient la Compagnie de Pulpe et de pouvoirs d'eau du Saguenay en 1922, avant d'être liquidée deux ans plus tard. Pendant ces années, Dubuc acquiert le surnom du « Roi de la pulpe », son consortium étant devenu la principale organisation de pâtes et papiers en Amérique, et l'une des plus importantes au monde. Il a ainsi contribué de manière décisive au développement de certaines localités, comme Chicoutimi et Chandler. Dans les années 1920, Dubuc réoriente ses activités dans la production d'électricité, la téléphonie, la presse écrite et la propriété foncière. Il fait aussi de la politique en tant que député de Chicoutimi à la Chambre des communes de 1925 à 1945 et est maire de Chicoutimi de 1932 à 1936. Le parcours entrepreneurial de Julien-Édouard-Alfred Dubuc, sa participation aux réseaux industriels internationaux et le rôle prépondérant qu'il a joué dans l'essor économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean en font un personnage significatif de l'histoire du Québec. »
BOUCHARD, Russel et Normand PERRON. Chicoutimi: la formation de la métropole régionale. Chicoutimi, Société historique du Saguenay, 1998. 78 p.
Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999. 428 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DUBUC, Alfred. « Julien-Édouard-Alfred Dubuc : le jeune banquier ». Saguenayensia (2005), p. 22-31.
HÉBERT, Jean-François. La pulperie de Chicoutimi: Un siècle d'histoire. Chicoutimi, La Pulperie de Chicoutimi, 1998. 100 p.
Parlement du Canada. Parlement du Canada. Sénateurs et députés [En Ligne]. http://www.parl.gc.ca/
Source : Conseil du patrimoine culturel
Duvernay, Ludger
Né(e) le 22 janvier 1799Décédé(e) le 28 novembre 1852

Né à Verchères le 22 janvier 1799, Ludger Duvernay est le fils de Joseph Crevier Duvernay, maître menuisier, et de Marie-Anne-Julie Rocbert de La Morandière.
Duvernay fait l'apprentissage du métier d'imprimeur à Montréal, de 1813 à 1815, dans l'atelier du Spectateur. Il travaille dans cette entreprise jusqu'en 1817, puis met sur pied une première imprimerie à Trois-Rivières. Il publie la Gazette des Trois-Rivières (1817-1821), L'Ami de la religion et du roi (1820), Le Constitutionnel (1823-1824) et L'Argus (1826).
De retour à Montréal en 1827, il fait paraître le Canadian Spectator jusqu'en 1829 et La Minerve jusqu'en 1837. La Minerve, l'un des plus importants journaux du Bas-Canada, défend alors les intérêts des Canadiens français et diffuse les idées du Parti patriote, soit des idéaux démocratiques et républicains, et notamment les principes de liberté de presse et de responsabilité ministérielle. De son imprimerie dans le quartier des affaires de Montréal, Duvernay devient le principal imprimeur de livres, de brochures et de pamphlets de la ville. Il s'affaire à éduquer la population sur les enjeux sociaux et politiques de son temps. Accusé de diffamation pour ses écrits, il est emprisonné en 1828, 1832 et 1836.
En 1834, Duvernay est l'un des fondateurs et le président de la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera », une société nationale pour les Canadiens français dont les membres s'intéressent à la politique et à la littérature. La même année, il organise le premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en vue de rassembler les Canadiens français de l'époque autour d'une fête nationale qui se veut annuelle.
Duvernay est député de Lachenaie à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada de 1837 jusqu'à la suspension de la Constitution, le 27 mars 1838. Il quitte Montréal lorsqu'un mandat d'arrêt est lancé contre lui et d'autres patriotes le 16 novembre 1837. Il dirige un groupe de patriotes à la bataille de Moore's Corner (Saint-Armand-Station) en décembre de la même année. Réfugié aux États-Unis, il fait paraître à Burlington, au Vermont, Le Patriote canadien en 1839 et 1840.
Revenu à Montréal en 1842, Duvernay reprend la publication de La Minerve jusqu'en 1852, prônant cette fois les idées des réformistes de Louis Hippolyte LaFontaine. Membre fondateur de l'Association Saint Jean Baptiste de Montréal en 1843, il en devient le président en 1851. L'organisme s'occupe notamment à l'organisation des fêtes nationales de la Saint Jean-Baptiste.
Ludger Duvernay est décédé à Montréal le 28 novembre 1852. Il est alors inhumé dans le cimetière de la rue Saint-Antoine. Ses restes sont ensuite transférés dans le cimetière de Notre Dame des Neiges en 1855.
Il avait épousé à Saint-Antoine-de-la-Rivière-du-Loup (Louiseville), en 1825, Reine Harnois, fille du capitaine Augustin Harnois et de Josephte Déjarlais.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Figure de proue du journalisme et de l'imprimerie, Ludger Duvernay est aussi un personnage marquant du mouvement patriote ainsi qu'un acteur clé de la vie politique et intellectuelle du Bas-Canada de la première moitié du XIXe siècle. En 1827, Duvernay achète La Minerve pour en faire l'un des journaux les plus lus du Bas-Canada et la voix du Parti patriote. À ce titre, il devient l'un des principaux représentants du mouvement, défendant dans les pages de son journal des idéaux démocratiques et républicains, notamment les principes de liberté de presse et de responsabilité ministérielle. En 1834, Duvernay cofonde la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera » dont il est le premier président. Il organise en 1834 le premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en vue de rassembler les Canadiens français de l'époque autour d'une fête nationale annuelle. Il est élu député de Lachenaie en 1837, mais ne siège que brièvement à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. À la suite de la rébellion de 1837, il se réfugie aux États-Unis, mais il relance La Minerve dès son retour en 1842. La Minerve devient alors le premier grand journal de langue française à Montréal, et soutient désormais les réformistes de Louis-Hippolyte LaFontaine. Duvernay fonde ou réorganise en 1843 l'Association Saint-Jean-Baptiste (devenue la Société Saint-Jean-Baptiste). Que ce soit en tant que patriote, éditeur, imprimeur, intellectuel ou homme politique, Ludger Duvernay s'impose donc comme l'un des personnages les plus influents de son temps. Il s'est affairé à éduquer la population sur les enjeux sociaux et politiques de son temps, en plus de participer activement à façonner l'identité nationale et le sentiment d'appartenance des Canadiens français de l'époque. »
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
AUDET, Francis-J. « Ludger Duvernay ». Revue nationale. Vol. VII (s.d.), p. 133-136.
LEBEL, Jean-Marie. « Duvernay, Ludger ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Ferron, Marcelle
Né(e) le 29 janvier 1924Décédé(e) le 19 novembre 2001

Née le 29 janvier 1924 à Louiseville, Marcelle Ferron est la fille de Joseph-Alphonse Ferron, notaire, et d'Adrienne Caron. Elle est la sœur de Jacques et de Madeleine Ferron.
Après des études chez les Dames de Sainte-Anne de Lachine et au collège Marguerite-Bourgeois, à Montréal, elle fréquente l'École des beaux-arts de Québec de 1942 à 1944. Elle s'installe ensuite à Montréal où elle y fait la rencontre du peintre Paul-Émile Borduas qui l'initie aux principes esthétiques de la peinture automatiste. Elle se joint officiellement au groupe des Automatistes en 1946 et, deux ans plus tard, cosigne le manifeste Refus global.
En 1953, Ferron quitte le Québec pour s'installer à Paris où elle demeure jusqu'en 1966. Durant cette période, elle poursuit ses explorations en peinture, mais s'initie également à d'autres médiums, notamment au vitrail. Au cours ce séjour parisien, Ferron prend part à d'importantes manifestations artistiques et fréquente des artistes de renoms tels qu'Alberto Giacometti, Eugène Ionesco et Olivier Todd. Elle fait aussi la rencontre de l'historienne de l'art Herta Wescher qui contribue à lancer sa carrière internationale.
En 1966, Ferron revient s'établir au Québec. Elle se consacre alors davantage au travail du verre. Elle met au point une méthode novatrice afin d'adapter les techniques de la verrerie au climat du Québec. Elle réalise une première verrière monumentale pour l'Expo 67, à Montréal, et en conçoit plusieurs autres par la suite, notamment pour les stations Champ-de-Mars et Vendôme du métro de Montréal, ainsi que pour des édifices publics au Québec et à l'international.
En 1976, Ferron rejoint le conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal. Elle démissionne trois ans plus tard, en protestation devant la trop petite place accordée aux artistes québécois par le conseil. Préoccupée de justice sociale et impliquée dans le milieu des arts, elle a mené plusieurs combats aux fils des années en faveur d'une meilleure reconnaissance du statut de l'artiste – notamment des artistes femmes –, et d'une plus grande représentativité des créateurs et créatrices du Québec sur la scène culturelle canadienne.
Outre sa carrière d'artiste, Marcelle Ferron a enseigné à l'Université Laval, d'abord l'architecture de 1967 à 1969, puis les arts visuels de 1969 à 1988.
Elle est décédée à Montréal le 19 novembre 2001. Elle est inhumée dans le cimetière du Mont-Royal.
Elle avait épousé, en 1944, René Hamelin.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Marcelle Ferron est une pionnière dans le domaine des arts au Québec. Elle est notamment l'une des premières femmes artistes visuelles québécoises à se consacrer complètement à son art et l'une des rares de sa génération dont l'œuvre rayonne, de son vivant, chez elle comme à l'international. Après sa formation, elle adhère aux principes esthétiques énoncés par Paul-Émile Borduas et les automatistes, qui revendiquent plus de liberté sociale, intellectuelle et artistique, et cosigne le manifeste Refus global en 1948. Au fil de sa carrière, elle déploie une peinture foncièrement abstraite qui fait appel à des techniques originales, notamment l'emploi de larges palettes à peindre chargées de plusieurs couleurs. Ses recherches picturales l'amènent ensuite au travail du verre. Elle réalise ainsi plusieurs verrières intégrées à l'architecture d'édifices publics, dont l'œuvre monumentale Verre-écran (1968) de la station de métro Champ-de-Mars à Montréal. Son travail en art public lui permet d'innover, notamment par le perfectionnement de techniques de fabrication et d'assemblage mieux adaptées au climat québécois. Artiste engagée et préoccupée de justice sociale, elle a pavé la voie à des générations de créatrices et créateurs grâce aux combats qu'elle a menés en faveur d'une meilleure reconnaissance du statut de l'artiste et pour une plus grande place de l'art dans l'espace public. »
Bibliothèque et Archives Canada. Femmes à l'honneur: leurs réalisations [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/index-f.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
DAVIS, Ann. « Ferron, Marcelle ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
Ministère du Conseil exécutif du Québec. Ordre national du Québec [En Ligne]. http://www.ordre-national.gouv.qc.ca/
Musée d'art de Joliette. L'école des femmes : 50 artistes canadiennes au musée. Joliette, Musée d'art de Joliette, 2003. 56 p.
Musée national des beaux-arts du Québec. Femmes artistes du XXe siècle au Québec : oeuvres du Musée national des beaux-arts du Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2010. 287 p.
Société Radio-Canada. « Marcelle Ferron, peintre ». Société Radio-Canada. Les archives de Radio-Canada [En ligne]. http://archives.radio-canada.ca/clip.asp?IDClip=9152&IDCat=155&IDCatPa=145
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Fortin, André
Né(e) le 17 novembre 1962Décédé(e) le 8 mai 2000

Né le 17 novembre 1962 à Saint-Thomas-Didyme, André Fortin est le fils d’Alfred Fortin et de Gisèle Tremblay.
Avant-dernier d’une famille de 11 enfants, il se distingue dès son jeune âge par son imagination vive et sa grande curiosité. Il grandit à Normandin, où il s’initie à la musique vers l’âge de 10 ans. Il acquiert par la suite sa première guitare. Durant un échange scolaire en Alberta, il découvre le cinéma.
Fortin s’établit à Montréal vers 1980. Il fait des études en cinéma au Cégep du Vieux-Montréal, puis à l’Université de Montréal. En marge de ses cours, il travaille comme monteur et joue de la batterie dans le groupe Les Sneakers. En 1985, il participe au projet Perfo 30, qui vise la production de 30 vidéoclips pour des groupes émergents. Il ressort épuisé de cette expérience.
Après un séjour à l’hôpital et quelques mois de repos, Fortin œuvre comme monteur pour la télévision à compter de 1986 et cumule les petits contrats au cinéma. Il crée avec des amis le groupe Hollywood Mufflers et joue par la suite de la batterie dans la formation Cha Cha and the Chain Gang.
En 1989, Fortin emménage avec un ami, Pierre Lanthier, avec lequel il fonde un duo nommé Les Colocs. L’année suivante, il s’installe au 2116, boulevard Saint-Laurent (édifice Joseph-Arthur-Godin), un immeuble habité par des artistes visuels et des musiciens. Dans cet environnement stimulant, il décide de se consacrer entièrement à la musique et de faire des Colocs un groupe professionnel, dont il sera le chanteur et principal compositeur.
Les Colocs donnent leur premier spectacle en octobre 1990. Ils se produisent par la suite dans plusieurs salles et bars de Montréal, ainsi que dans les festivals. À cette époque, Les Colocs sont complétés de Jimmy Bourgoing (batterie), Patrick Esposito di Napoli (harmonica), Serge Robert (basse) et Mike Sawatzky (guitare). Les prestations énergiques du groupe captent le regard du public et de la critique. Soucieux d’enregistrer rapidement un album avant le décès d’Esposito, le groupe se retire du concours L’Empire des futures stars en 1992. Le premier album éponyme paraît en mars 1993. Il se distingue par ses sonorités festives et ses textes engagés interprétés par Fortin dans un registre québécois décomplexé. L’album connaît un succès commercial considérable, propulsant le groupe sur les scènes du Québec et jusqu’à Paris. Fortin met également à profit sa formation en cinéma pour concevoir des vidéoclips qui constituent la signature visuelle du groupe.
Le deuxième album « Atrocetomique » paraît le 30 octobre 1995, en même temps que la tenue du second référendum sur la souveraineté du Québec. Fortin s’exprime d’ailleurs en faveur de cette option politique. Il prend aussi position sur plusieurs enjeux sociaux. Le groupe entreprend ensuite une tournée au Québec, puis en France, en Belgique et en Suisse.
Les années suivantes sont moins effervescentes. Des membres quittent le groupe et Fortin ressent la pression de produire un troisième album qui serait tout aussi acclamé que le premier. Les Colocs deviennent alors un trio formé de Fortin, Mike Sawatzky et André Vanderbiest (basse), entouré de nombreux collaborateurs, dont les frères d’origine sénégalaise Karim et El Hadji (Elage) Diouf. En 1998, le groupe lance « Dehors novembre », qui connaît un succès commercial, mais aussi critique. L’album se distingue par l’intégration au son du groupe du reggae et des percussions africaines, ainsi que par la profondeur des textes, qui altèrent l’image festive des débuts.
Malgré le succès, Fortin subit une forte pression et traverse des épisodes dépressifs. Il continue néanmoins de composer des chansons et d’explorer de nouvelles sonorités, et souhaite de plus retravailler dans le domaine du cinéma. Le 10 mai 2000, il est retrouvé sans vie dans son appartement de la rue Rachel, à Montréal.
Il est décédé le 8 mai 2000, à Montréal. Il est inhumé dans le cimetière de Normandin.
« Musicien multi-instrumentiste et auteur-compositeur-interprète, André « Dédé » Fortin est une figure marquante de l’histoire de la musique populaire québécoise. Meneur charismatique du groupe Les Colocs, Fortin a profondément influencé le paysage musical des années 1990 et a laissé une empreinte tangible sur la culture populaire québécoise. Il a notamment contribué à la renaissance de la chanson québécoise d’expression française au tournant des années 1990. Les trois albums qu’il a enregistrés avec Les Colocs se sont écoulés à des centaines de milliers d’exemplaires, le premier et le troisième disque du groupe sont d’ailleurs considérés parmi les albums québécois les plus marquants des dernières décennies. En abordant les injustices sociales, les ruptures amoureuses et la solitude, le mal de vivre, la pauvreté, la maladie, et les dépendances, les textes d’André Fortin et des Colocs ont aussi participé au renouveau de la chanson québécoise engagée des années 1960 et 1970, tout en y apportant une touche originale. Sur le plan musical, l’une des contributions importantes d’André Fortin est d’avoir intégré au rock francophone un large éventail de styles musicaux, reflétant la diversité culturelle du Québec et le cosmopolitisme montréalais. Enfin, en assumant le registre parlé québécois pour interpréter ses chansons, Fortin a affirmé de manière décomplexée son appartenance à la culture populaire québécoise. Son œuvre continue de résonner 25 ans après son décès tragique et la dissolution des Colocs, comme en témoignent les nombreuses marques de reconnaissance reçues et les artistes qui se réclament de son influence.»
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Galt, Alexander
Né(e) le 6 septembre 1817Décédé(e) le 19 septembre 1893

Né à Chelsea (Londres), le 6 septembre 1817, Alexander Tilloch Galt est le fils de John Galt, homme d'affaires, et d'Elizabeth Tilloch.
En 1828, Galt immigre au Canada avec sa famille et étudie au séminaire anglican de Chambly. En 1830, les problèmes financiers de son père forcent la famille à retourner en Grande-Bretagne.
Nommé commis aux écritures au bureau de Sherbrooke de la British American Land Company, Galt revient s'installer dans la colonie en 1835. En 1843, il devient secrétaire de la compagnie. L'année suivante, il est désigné commissaire de la compagnie, poste qu'il occupera pendant douze ans. Galt s'implique aussi dans la Compagnie du chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique, dont il devient le président en 1849. Ce chemin de fer, terminé en 1853, relie notamment Montréal et Sherbrooke à l'océan Atlantique. Il s'engage enfin dans les secteurs minier, manufacturier et dans celui des banques.
En plus d'être un homme d'affaires aguerri, Galt est un politicien important de son époque. En 1850 et 1851, puis de 1853 à 1867, il est député de Sherbrooke à l'Assemblée législative de la province du Canada. Bien qu'indépendant, il appuie d'abord les réformes préconisées par les rouges comme la sécularisation des réserves foncières du clergé, la séparation de l'Église et de l'État et le vote secret. Il passe néanmoins du côté des libéraux-conservateurs en 1858 et devient inspecteur général du ministère formé par George-Étienne Cartier et John Alexander Macdonald. Cette année-là, il se rend à Londres avec Cartier et John Ross pour présenter un projet de fédération des colonies de l'Amérique du Nord britannique, qui ne reçoit pas l'assentiment du Parlement en raison notamment de l'absence d'un lien ferroviaire entre les provinces.
De 1864 à 1866, Galt est membre des ministères formé par Macdonald avec Étienne-Paschal Taché puis Narcisse-Fortunat Belleau. Il prend également une part active aux conférences de Québec, de Charlottetown et de Londres, qui mènent à l'avènement de la Confédération canadienne. Il est le représentant de la minorité anglo protestante du Bas-Canada et le principal artisan des arrangements financiers de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Il est ainsi l'un des Pères de la Confédération. Député de la circonscription de Sherbrooke à la Chambre des communes, de 1867 à 1872, il est brièvement ministre des Finances dans le gouvernement Macdonald, avant de démissionner en 1867.
Quelques années plus tard, Galt devient diplomate. Il représente le Canada aux réunions de la commission d'arbitrage sur les pêches, à Halifax, en 1877, puis est haut-commissaire du Canada à Londres, de 1880 à 1883.
Il a publié de nombreux discours et analyses politiques, dont Canada: 1849 to 1859 (1860), Church and State (1876), Civil Liberty in Lower Canada (1876) et The Relations of the Colonies to the Empire, Present and Future (1883).
Il est décédé à Montréal, le 19 septembre 1893. Il est inhumé dans le cimetière du Mont-Royal.
Il avait épousé, en 1848, Elliot Torrance, fille de John Torrance; puis, en 1851, Amy Gordon Torrance, la sœur de sa première femme.
Cet personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Alexander Tilloch Galt est l'un des 36 Pères de la Confédération canadienne. Au cours des conférences qui ont mené à l'adoption de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, Galt a contribué à l'organisation des relations financières entre le pouvoir fédéral et les provinces et a été le représentant de la population angloprotestante du Canada-Est. Précédemment, Galt avait occupé plusieurs fonctions importantes au sein de la British American Land Company. Il s'était aussi impliqué dans la Compagnie du chemin à lisses du Saint-Laurent et de l'Atlantique, dont il était devenu le président en 1849. En 1850 et 1851, puis de 1853 à 1867, Galt a été député de Sherbrooke à l'Assemblée législative de la province du Canada. Il a par la suite été député de la circonscription de Sherbrooke à la Chambre des communes, de 1867 à 1872.
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
KESTEMAN, Jean-Pierre. « Galt, sir Alexander Tilloch ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
MCCALLUM, Margaret E. « Galt, Alexander Tilloch ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
SKELTON, Oscar Douglas. Life and Times of Sir Alexander Tilloch Galt. Toronto, McClelland and Stewart, 1966. 293 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Garneau, François-Xavier
Né(e) le 15 juin 1809Décédé(e) le 3 février 1866

Né le 15 juin 1809 à Québec, François-Xavier Garneau est le fils de François-Xavier Garneau, aubergiste et charretier, et de Gertrude Amiot-Villeneuve.
Garneau étudie dans une école de quartier, puis dans une école mutuelle instituée par Joseph-François Perrault. Il travaille ensuite dans le bureau du greffier de la Cour du banc du roi, poste qu'occupe alors Perrault. Il fait sa cléricature dans l'étude d'Archibald Campbell à partir de 1825 et reçoit sa commission de notaire en 1830.
De 1831 à 1833, Garneau est secrétaire de Denis-Benjamin Viger, représentant à Londres de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Il y découvre les coulisses de la politique coloniale et y publie quatre poèmes. De retour à Québec, il exerce sa profession en ouvrant sa propre étude et fait paraître plusieurs poèmes principalement dans Le Canadien. Garneau publie son premier poème d'inspiration bonapartiste en juillet 1830: La Coupe. Jusqu'en 1845, Garneau est principalement connu comme poète en raison de ses multiples publications. Il publie également L'Abeille canadienne pendant deux mois en 1833 et 1834. Partisan des idées avancées par le Parti canadien puis par l'aile modérée du Parti patriote, il observe le conflit se développer entre la Chambre d'assemblée et le pouvoir exécutif. Il participe au mouvement réclamant le rappel de l'Union. Il s'adresse à deux reprises aux gouverneurs généraux afin de réclamer le respect des droits des Canadiens-français. En 1837, il délaisse son étude notariale et travaille à la Banque de l'Amérique septentrionale britannique et à la Banque de Québec.
En 1840, il publie son poème le plus connu: Le Dernier Huron qui traite du sort d'un peuple disparu. Il est nommé traducteur français à l'Assemblée législative de la province du Canada en 1842 et devient greffier de la Ville de Québec de 1844 à 1864. Haut fonctionnaire de l'administration municipale, Garneau devient un intermédiaire important avec l'administration coloniale. En marge de ses occupations professionnelles, il fonde L'Institut, ou Journal des étudiants (sic) en 1841 et participe à de nombreuses associations, dont la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec et l'Institut canadien de Québec qu'il préside en 1852.
Au début des années 1840, Garneau amorce son travail d'historien en entreprenant la rédaction d'une histoire des Canadiens-français. Il est notamment motivé par le contexte politique de l'époque, marqué par l'union des Canadas, qui met selon lui en péril l'avenir de la nation canadienne-française. Il publie son œuvre maîtresse de 1845 à 1852 et est consacré historien national de son vivant. L'œuvre a fait l'objet de plusieurs rééditions et d'une augmentation par le fils de l'historien, Alfred Garneau.
Il a publié Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours (1845-1848, supplément en 1852), rééditée à neuf reprises, Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833 (1855), Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducation (1856), ainsi que de nombreux poèmes pour la plupart publiés dans Le Canadien.
Il est décédé à Québec le 3 février 1866.
Il avait épousé à Québec, en 1835, Marie-Esther Bilodeau.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Homme de lettres, notaire et greffier de la Ville de Québec, François-Xavier Garneau publie son œuvre majeure, Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, en quatre tomes, de 1845 à 1852. Cela lui vaut d'être proclamé historien national. Par cet ouvrage historique, Garneau vise à rétablir la mémoire de ses compatriotes de langue et de religion, à défendre leurs droits politiques et à promouvoir la culture d'expression française. Il publie des versions révisées en 1852 et 1859, auxquelles s'ajoutent six autres rééditions au XIXe et au XXe siècle. Garneau est considéré comme le plus important auteur de la littérature québécoise de son époque et est reconnu comme le fondateur des sciences historiques au Québec.
BERGERON, Gérard. Lire François-Xavier Garneau : 1809-1866 «historien national». Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994. 244 p.
BERRÉHAR, Marie-Hélène. François-Xavier Garneau et Jules Michelet : figures du peuple. Université de Montréal, 1997. 128 p.
SAINT-JACQUES, Denis, dir., Gilles GALLICHAN et Kenneth LANDRY. François-Xavier Garneau, une figure nationale. Québec, Éditions Nota bene, 1998. 398 p.
GAUVIN, Lise, dir. François-Xavier Garneau et son histoire. Montréal, Presses de l'université de Montréal, 1995. 172 p.
SAVARD, Pierre. « Garneau, François-Xavier ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
SAVARD, Pierre et Paul WYCZYNSKI. « Garneau, François-Xavier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
SAVARD, Pierre et Paul WYCZYNSKI. « Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, de François-Xavier Garneau ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
WYCZYNSKI, Paul. « Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833, de François-Xavier Garneau ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
WYCZYNSKI, Paul. « [Poèmes épars], de François-Xavier Garneau ». LEMIRE, Maurice, dir. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Tome I : Des origines à 1900. Montréal, Fides, 1980, s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Gaudreault, Laure
Né(e) le 25 octobre 1889Décédé(e) le 19 janvier 1975

Laure Gaudreault est née à La Malbaie le 25 octobre 1889.
Elle suit une formation à l'École normale Laval à Québec et reçoit son brevet d'enseignement en 1905. Sa carrière d'enseignante débute dès l'âge de 16 ans, alors qu'elle devient institutrice dans une école du village des Éboulements. Elle enseigne ensuite dans plusieurs localités du comté de Charlevoix et à Chicoutimi.
Durant les années 1920, des problèmes de santé la forcent à prendre une pause de l'enseignement. De 1927 à 1942, elle collabore au journal Le Progrès du Saguenay, où elle est directrice de la page féminine et du Coin des enfants. Elle profite de sa tribune pour sensibiliser les lecteurs aux conditions de vie difficiles des institutrices rurales, marquées par l'isolement et les écarts de salaire avec les enseignants en milieu urbain ainsi qu'entre les hommes et les femmes de la profession.
Cette expérience journalistique marque le début de son militantisme syndical. À l'initiative de Laure Gaudreault, les institutrices de sa région se réunissent pour fonder en 1936 l'Association catholique des institutrices rurales de Charlevoix. Dans la foulée, Laure Gaudreault participe à la création de treize autres associations régionales d'institutrices et fonde, l'année suivante, un regroupement de ces associations: la Fédération catholique des institutrices rurales, devenant la première syndicaliste rémunérée de l'histoire du Québec. Elle en assume la présidence jusqu'en 1946.
En 1946, Laure Gaudreault contribue à l'unification des syndicats d'enseignants par la fondation de la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec, qui regroupe la Fédération catholique des institutrices rurales, la Fédération provinciale des instituteurs ruraux et la Fédération des instituteurs et institutrices des cités et villes. Elle en assumera la vice-présidence jusqu'en 1965. Devenue en 1967 la Corporation des enseignants du Québec, l'organisation change de nom en 1972 pour devenir la Centrale de l'enseignement du Québec, puis adopte en 2000 sa dénomination actuelle, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Laure Gaudreault défend également la cause des enseignants retraités. En 1961, elle fonde l'Association des retraités de l'enseignement du Québec (AREQ), dont elle s'occupe jusqu'en 1974.
Elle est décédée le 19 janvier 1975 à Clermont.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Laure Gaudreault est une pionnière du syndicalisme dans le monde de l'éducation. Elle reçoit son brevet d'enseignement en 1905 et devient institutrice dans une école du village des Éboulements. Elle enseigne ensuite dans plusieurs localités du comté de Charlevoix et à Chicoutimi. À compter de 1927, elle collabore au journal Le Progrès du Saguenay, où elle dirige notamment la page féminine. Elle profite de cette tribune pour sensibiliser les lecteurs aux conditions de vie difficiles des institutrices rurales. Pour améliorer ces conditions, elle réunit les enseignantes de sa région et crée en 1936 l'Association catholique des institutrices rurales de Charlevoix. L'année suivante, elle fonde un regroupement d'associations régionales d'institutrices: la Fédération catholique des institutrices rurales. En 1946, Laure Gaudreault contribue à l'unification des syndicats d'enseignants du Québec par la fondation de la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec. Elle assume la vice-présidence de cet organisme jusqu'en 1965. Elle défend également la cause des enseignants retraités en fondant, en 1961, l'Association des retraités de l'enseignement du Québec.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
GAUTHIER, Serge. Laure Gaudreault, la syndicaliste de Charlevoix. Montréal, XYZ éditeur, 2005. 171 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Guyart, Marie
Né(e) le 28 octobre 1599Décédé(e) le 30 avril 1672

Née le 28 octobre 1599 à Tours, en France, Marie Guyart est la fille de Florent Guyart, maître boulanger, et de Jeanne Michelet.
Dès son jeune âge, Marie Guyart apprend à lire et à écrire auprès de sa mère et poursuit son apprentissage dans une école. Elle est initiée à la broderie et à la peinture, acquiert des notions de menuiserie et se familiarise avec la gestion des affaires au sein de l'entreprise familiale.
Dès l'âge de 14 ans, Marie Guyart manifeste un intérêt pour le cloître, elle est toutefois poussée au mariage par ses parents. Veuve en 1619, elle se retire chez son père avec son fils âgé de six mois. Vers 1625, elle gère l'entreprise de transport de marchandises de son beau-frère, Paul Buisson. Six ans plus tard, elle quitte la maison familiale, confie son fils à sa sœur et entre au noviciat des Ursulines de Tours. Elle prend le nom de Marie de l'Incarnation et prononce ses vœux en 1633.
Après quelques années, Marie de l'Incarnation précise sa vocation apostolique alors qu'elle s'anime d'un élan missionnaire. À la lecture des Relations des Jésuites, elle se renseigne sur les missions en Nouvelle-France et nourrit le désir de s'y rendre. En 1639, elle fait la rencontre de Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie, qui aspire elle aussi à évangéliser et à instruire les Autochtones. La religieuse s'embarque pour la Nouvelle-France avec deux compagnes et madame de La Peltrie, afin de fonder un monastère régulier d'Ursulines.
Marie de l'Incarnation débarque à Québec le 1er août 1639. Cette année-là, elle installe la communauté naissante dans une maison en Basse-Ville. En peu de temps, elle accueille les premières Autochtones choisies par les Jésuites et, après quelques mois, elle s'occupe d'une vingtaine de pensionnaires. En 1642, elle conçoit le premier monastère de son ordre en Amérique, dont elle supervise la construction en Haute-Ville.
Au cours des années suivantes, Marie de l'Incarnation sert son ordre en assumant les fonctions de supérieure (1639-1645, 1651-1657, 1663-1669) et de dépositaire (1645-1651, 1657-1663). Elle occupe aussi les postes d'assistante (1669-1672), de maîtresse des pensionnaires et de maîtresse des novices. Elle gère toutes les responsabilités de la fondation et confie au père Jérôme Lalemant la tâche de rédiger des constitutions adaptées à la colonie. Par ailleurs, elle prend part à la reconstruction du monastère, à la suite de l'incendie de 1650. Également femme d'affaires, elle signe des contrats et participe au développement économique de la Nouvelle-France. La fondatrice spirituelle des Ursulines de Québec devient une référence pour les gouverneurs, intendants et notables, qui la consultent au sujet de divers problèmes séculiers.
En plus d'effectuer des tâches administratives, Marie de l'Incarnation poursuit sa mission principale d'éduquer les jeunes filles autochtones. Elle participe également à l'apostolat des adultes et reçoit les premières jeunes Canadiennes au noviciat. Ayant appris les langues autochtones auprès des Jésuites à son arrivée dans la colonie, elle écrit, quelques années plus tard, des dictionnaires iroquois, français-algonquin et algonquin-français, ainsi qu'un catéchisme iroquois.
Tout au long de sa vie en Nouvelle-France, Marie de l'Incarnation tient de nombreuses correspondances avec son fils, divers membres de sa famille et quelques supérieurs d'institutions religieuses de France. Elle est aussi l'auteure d'autobiographies intitulées Relation (1633, 1654).
Elle est décédée à Québec le 30 avril 1672. Elle est inhumée dans l'oratoire Marie-de-l'Incarnation du monastère des Ursulines-de-Québec. Elle est béatifiée par le pape Jean-Paul II le 20 juin 1980, puis canonisée par le pape François le 3 avril 2014.
Elle avait épousé en France, en 1617, Claude Martin, maître ouvrier en soie.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Fondatrice et première supérieure du monastère des Ursulines de Québec, Marie Guyart, dite Marie de l'Incarnation, a jeté les bases de son ordre en Nouvelle-France. Elle figure aussi parmi les pionnières de l'enseignement féminin et a mis sur pied le premier établissement consacré à cette tâche en Amérique du Nord. Marie Guyart entre au noviciat des Ursulines de Tours en 1631. Elle prononce ses vœux en 1633 et prend le nom de Marie de l'Incarnation. En 1639, elle fait la rencontre de Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie, qui aspire à évangéliser et à instruire les Autochtones. Elle arrive à Québec le 1er août 1639 avec Mme de La Peltrie et deux religieuses. Elle installe la communauté naissante dans une maison de la Basse-Ville et accueille des Autochtones et de jeunes Canadiennes. Marie de l'Incarnation prend une part active à la conception du premier monastère des Ursulines en 1642 et, après sa destruction par un incendie, elle supervise les travaux de construction du deuxième monastère. Pendant toutes les années qu'elle a passées à Québec, Marie de l'Incarnation assume tour à tour les fonctions de supérieure, d'assistante, de dépositaire et de maîtresse des novices au sein de sa communauté. Elle participe aussi au développement de la Nouvelle-France en conseillant les gouverneurs, les intendants et les notables relativement à certains problèmes séculiers.
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Guyart, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
DEROY-PINEAU, Françoise. Marie de l'Incarnation: femme d'affaires, mystique et mère de la Nouvelle-France.
Montréal, Bibliothèque québécoise, 2008. 329 p.
GOURDEAU, Claire. Les délices de nos cœurs. Marie de l'Incarnation et ses pensionnaires amérindiennes, 1639-1672. Sillery, Septentrion, 1994. 132 p.
JAENEN, Cornelius J. « Marie de l'Incarnation ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
OURY, Guy-Marie. Marie de l'Incarnation (1599-1672). Vol. 1. Québec, Presses de l'Université Laval, 1973. s.p.
OURY, Guy-Marie. Marie de l'Incarnation (1599-1672), Correspondance. Solesmes, Abbaye Saint-Pierre, 1985. 1071 p.
SAINT-THOMAS, mère. Les Ursulines de Québec depuis leur établissement jusqu'à nos jours. Tome 1. Québec, C. Darveau, 1863. 579 p.
s.a. Annales du monastère des Ursulines de Québec de 1639 à 1984.
Tome 1 (1639-1822). Québec, Archives du monastère des Ursulines de Québec, s.d. s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Hébert, Louis
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 23 janvier 1627

Né vers 1575 à Paris, Louis Hébert est probablement le fils de Nicolas Hébert, apothicaire, et de Jacqueline Pajot.
En 1604, Hébert participe à l'expédition de Pierre Du Gua de Monts en Acadie et, en 1606, il accompagne Samuel de Champlain et Jean de Poutrincourt lors de l'exploration des côtes du continent nord-américain. Avec Poutrincourt, il fait une plantation pour tester la fertilité du sol à l'emplacement actuel de Gloucester, au Massachusetts. En 1607, les concessions accordées à Du Gua de Monts sont révoquées et Hébert rentre en France.
En 1610, Hébert revient en Amérique en tant qu'apothicaire à Port-Royal. Il y soigne les colons et des autochtones, notamment le chef micmac Henri Membertou. En 1613, il dirige l'établissement lors de l'arrivée de René Le Coq de La Saussaye en Amérique. La même année, Port-Royal est détruit par les Anglais et il est contraint de repartir en Europe.
Au cours de l'hiver 1617, Hébert rencontre Champlain à Paris qui lui propose de s'installer à Québec comme apothicaire, ce qu'il accepte. Le traitement promis par ce dernier ne s'avère toutefois pas aussi profitable que prévu. Arrivé à Québec au printemps 1617, Hébert défriche une parcelle de terre. Il devient ainsi le premier colon canadien à tirer sa subsistance du sol. Avec Champlain, il demeure le seul à cultiver la terre à Québec durant quelques années.
Champlain revient en Nouvelle-France en 1620 et nomme Hébert procureur du roi. Il a alors la responsabilité d'administrer la justice dans la colonie. En 1623, il obtient la propriété des terres qu'il cultive à proximité de la rivière Saint-Charles, le fief de Sault-au-Matelot. Trois ans plus tard, ses possessions terriennes sont agrandies du fief de Lespinay, près de la rivière Saint-Charles, et élevées à la dignité seigneuriale. Ce faisant, il devient le premier seigneur en Nouvelle-France.
Il est décédé à Québec le 23 janvier 1627. Il est inhumé deux jours plus tard dans le cimetière des Récollets, puis en 1678, ses restes sont transférés dans un caveau de la chapelle des Récollets.
Il avait épousé à Paris, en 1602, Marie Rollet.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Marie Rollet, pour les motifs suivants :
Louis Hébert et Marie Rollet sont des figures emblématiques de l'histoire du Québec. Ils s'établissent à Québec, en Nouvelle-France, en 1617, avec leurs trois enfants, Anne, Guillemette et Guillaume. Louis Hébert est reconnu comme le premier colon de la Nouvelle-France, considérant qu'il est le premier Européen à tirer sa subsistance de ses terres, qu'il défriche et cultive. Il est aussi le premier titulaire de la fonction de procureur du roi et est reconnu comme le premier pharmacien et seigneur en Nouvelle-France. Son épouse, Marie Rollet, collabore à la culture du sol, est une soignante et enseigne aux Autochtones. Elle et sa famille font partie des quelques Français qui demeurent à Québec lorsque la cité est occupée par les Anglais entre 1629 et 1632. Louis Hébert et Marie Rollet ont une lignée importante en Amérique du Nord par leur fille Guillemette, mariée à Guillaume Couillard.
ASSELIN, Alain et Jacques MATHIEU. La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet. Québec, Septentrion, 2017. 248 p.
BENNETT, Ethel M. G. « Hébert, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
GRENIER, Benoît. Brève histoire du régime seigneurial. Montréal, Boréal, 2012. 245 p.
MARCHI, François. Généalogie Québec [En Ligne]. http://genealogiequebec.info
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Hémon, Louis
Né(e) le 12 octobre 1880Décédé(e) le 8 juillet 1913

Né le 12 octobre 1880 à Brest, en France, Louis Hémon est le fils de Félix Hémon, professeur et écrivain, et de Louise-Mélanie Le Breton.
Hémon étudie à Paris, au lycée Montaigne, au lycée Louis-le-Grand puis à l'Université de Paris-Sorbonne. Il y obtient, en 1901, un baccalauréat en droit, une licence en droit maritime et un diplôme en langue annamite.
L'année suivante, Hémon quitte la France pour l'Angleterre. Adepte de plusieurs activités sportives, il rédige des articles et de courts textes littéraires pour des périodiques essentiellement dédiés aux sports, notamment Le Vélo. De 1907 à 1911, il écrit ses trois premiers romans. Ils ne seront toutefois publiés que plusieurs années plus tard, après qu'Hémon eut acquis la célébrité. Ils sont intitulés Colin-Maillard (1924), Battling Malone, pugiliste (1925) et Monsieur Ripois et la Némésis (1950).
En octobre 1911, Hémon s'embarque pour le Canada. En 1911 et 1912, il est sténographe pour une compagnie d'assurances de Montréal, puis travaille pour l'agriculteur Samuel Bédard de Péribonka. Installé dans la région du lac Saint-Jean en 1912, il achève l'année suivante la rédaction de son chef-d'œuvre, le roman Maria Chapdelaine, qui s'inspire de la vie des colons. L'ouvrage est publié à Montréal en 1916, après le décès de l'auteur, et enchante la critique. Il est tiré à plusieurs millions d'exemplaires, traduit dans de nombreuses langues et compte plus de 200 éditions.
En 1913, Hémon part pour l'Ouest canadien. Il meurt dans un mystérieux accident, frappé par un train.
L'éditeur parisien Grasset a également publié, de Louis Hémon, La belle que voilà... (1923) et Itinéraire (1927). Une partie de la correspondance de l'auteur est parue sous le titre Lettres à sa famille (1968).
Il est décédé à Chapleau, en Ontario, le 8 juillet 1913.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Louis Hémon, un auteur et un journaliste né en France, est arrivé au Québec en 1911. Travaillant pour l'agriculteur Samuel Bédard de Péribonka, il rédige le roman Maria Chapdelaine: récit du Canada français, qui s'inspire de la vie des colons établis autour du lac Saint Jean. L'ouvrage est publié en France en 1914, puis à Montréal en 1916, après la mort prématurée de son auteur. Il est reconnu comme étant le plus important roman du terroir. Louis Hémon est considéré comme un auteur incontournable de la littérature québécoise.
BOIVIN, Aurélien. « Hémon, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
BOIVIN, Aurélien. « Louis Hémon et Maria Chapdelaine : deux centenaires à célébrer ». Cap-aux-Diamants. No 117 (2014), p. 4-9.
COTNAM, Jacques. « Hémon, Louis ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Jasmin, Judith
Né(e) le 19 juillet 1916Décédé(e) le 20 octobre 1972

Née le 19 juillet 1916 à Terrebonne, Judith Jasmin est la fille d'Amédée Jasmin, notaire, et de Rosaria Desjarlais, secrétaire.
Judith Jasmin part vivre en France avec sa famille au début des années 1920. Elle fait ses études primaires en France, puis fréquente pendant deux ans le Lycée des jeunes filles de Versailles. Elle revient au Québec en 1932 et termine ses études classiques au Collège Marguerite-Bourgeoys de Montréal.
Au début de sa vie professionnelle, elle se consacre d'abord au théâtre. À 22 ans, elle devient l'une des vedettes les plus appréciées de la radio grâce à son rôle dans le radioroman La Pension Velder de Robert Choquette. Au milieu des années 1940, Judith Jasmin devient la première réalisatrice d'émissions radiophoniques au réseau français de Radio-Canada.
Au printemps 1947, elle entre au Service international de la Société Radio-Canada, ce qui marque le début de sa carrière journalistique. Elle passe à la télévision en 1952 et contribue à mettre sur pied avec son collègue René Lévesque le premier service de reportages francophones du réseau d'État. Elle est notamment remarquée à la barre des émissions d'affaires publiques. À compter de 1957, elle devient grand reporter et continue de réaliser des reportages tant sur la scène nationale qu'internationale. Elle parcourt le monde et effectue des entrevues avec les plus grands artistes et écrivains des années 1950 et 1960, en plus de plusieurs chefs d'État, dont certaines des figures les plus controversées de l'époque. Elle est reconnue comme faisant preuve d'une grande rigueur journalistique de même que pour la pertinence de ses reportages et l'habileté avec laquelle elle conduit ses entrevues.
Pionnière du journalisme télévisé au Québec, elle devient la première femme québécoise et canadienne à faire du journalisme politique et international de même que la première correspondante de la Société Radio-Canada à l'étranger. De 1966 à 1968, elle œuvre en effet à New York à titre de correspondante du réseau d'État à l'Organisation des Nations Unies, puis est en poste à Washington de 1968 à 1970.
Femme d'action et d'esprit, Judith Jasmin devient aussi une figure du féminisme du milieu du XXe siècle. Dès les années 1950, elle est une personnalité féminine populaire, notamment pour ses discours encourageant à repenser la place et l'influence des femmes dans la société. Les idées qu'elle formule sont d'ailleurs reprises par les féministes des décennies suivantes et demeurent au cœur des débats entourant l'égalité des sexes.
Judith Jasmin est aussi engagée dans la création en 1961 du Mouvement laïque de langue française, dont l'objectif est de promouvoir la laïcité des institutions politiques québécoises. Elle appuie aussi le mouvement écologiste émergent et le pacifisme. Elle supporte également le mouvement antiraciste.
Convaincue du rôle que peut jouer l'information dans l'éducation des masses et du vecteur de changement social qu'elle peut représenter, Judith Jasmin est reconnue par ses pairs comme une « éveilleuse de consciences ». Dès les années 1950, et tout au long de sa carrière, elle utilise en effet son pouvoir d'influence pour mobiliser l'opinion publique autour des grands enjeux sociaux et politiques de son temps.
Judith Jasmin reçoit plusieurs honneurs qui couronnent sa carrière journalistique. En 1972, elle est récipiendaire de la plus haute distinction du journalisme québécois, le prix Olivar-Asselin. De plus, en hommage à sa carrière d'exception, le prix Judith-Jasmin est créé en 1975 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Ce prix est décerné annuellement aux meilleurs reportages de la presse écrite et électronique québécoise.
Elle est décédée le 20 octobre 1972 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière de Ville Saint-Laurent.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
« Judith Jasmin est une figure marquante du journalisme. Après avoir été comédienne, critique de théâtre et réalisatrice d'émissions radiophoniques, elle entre comme journaliste au Service international de Radio-Canada en 1947. Elle passe à la télévision en 1952 et contribue à la naissance du premier service de reportages francophones du réseau d'État. Elle est notamment remarquée à la barre des émissions d'affaires publiques. À compter de 1957, elle devient grande reporter, effectue des entrevues avec des personnalités internationales et réalise des reportages sur des enjeux de société. En 1966, elle devient correspondante de Radio-Canada aux Nations Unies, puis en 1968, correspondante pour la radio de Radio-Canada à Washington. Pionnière du journalisme électronique, Judith Jasmin est la première femme québécoise et canadienne à faire des reportages politiques et internationaux et la première correspondante de Radio-Canada à l'étranger. Vedette de la télévision, elle est aussi une éveilleuse de consciences qui milite pour les droits des femmes et qui participe aux mouvements en faveur de la laïcité, de l'écologie, du pacifisme et de l'antiracisme. Sa carrière journalistique est couronnée de plusieurs honneurs, dont la plus haute distinction du journalisme québécois, le prix Olivar-Asselin, en 1972. Son nom étant associé à l'excellence journalistique, le prix Judith-Jasmin est créé en 1975 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et est remis annuellement aux meilleurs reportages de la presse écrite et électronique. Judith Jasmin demeure une référence dans le monde de l'information. »
BEAUCHAMP, Colette. Judith Jasmin. De feu et de flamme. Montréal, Boréal, 1992. 426 p.
MALTAIS, Robert. « Judith Jasmin ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/judith-jasmin
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Labelle, Antoine
Né(e) le 24 novembre 1833Décédé(e) le 4 janvier 1891

Né le 24 novembre 1833 à Sainte-Rose-de-Lima (Laval), Antoine Labelle est le fils d'Antoine Labelle, cordonnier, et d'Angélique Maher.
De 1844 à 1852, Labelle étudie au petit séminaire de Sainte-Thérèse. Il y poursuit ses études en théologie jusqu'en 1855, puis fait une année au grand séminaire de Montréal. Il est ordonné prêtre en 1856.
Labelle est d'abord vicaire pour la paroisse de Sault-au-Récollet, de 1856 à 1859, et, pendant trois mois, pour celle de Saint-Jacques-le-Mineur. Il est ensuite curé à Saint-Antoine-Abbé (Franklin), de 1859 à 1863, puis à Saint-Bernard-de-Lacolle, de 1863 à 1868. Cette année-là, il est nommé curé de Saint-Jérôme-de-la-Rivière-du-Nord (Saint-Jérôme) où il officie jusqu'à sa mort. Il contribue largement à l'ouverture, en 1873, de l'Académie commerciale du village de Saint-Jérôme, dirigée par les Frères de Sainte-Croix. En 1887, il demande l'érection canonique du diocèse de Saint-Jérôme. Il ne verra jamais cela se produire de son vivant, mais, en 1889, Rome lui décerne le titre de Pronotaire apostolique, un honneur qui lui vaut d'être appelé Monseigneur.
Labelle souhaite endiguer l'important phénomène d'émigration des Canadiens français vers les États-Unis et l'Ouest par son projet de colonisation au nord de Montréal. L'exode des Canadiens français inquiète les autorités politiques et religieuses de l'époque qui y voient notamment un affaiblissement de la nationalité canadienne-française. Pour Labelle, l'occupation du territoire par son exploitation agricole doit être conjuguée à un développement économique important. Promoteur influent du développement du chemin de fer sur la rive nord du Saint-Laurent, Labelle mise entre autres sur l'exploitation des ressources minières et hydrauliques. Le développement des manufactures, du commerce et du tourisme s'inscrit également dans son projet de colonisation. Grâce à son influence au sein de la sphère politique et à sa position comme curé de Saint-Jérôme, paroisse la plus populeuse du comté de Terrebonne, il met en place de grands projets, notamment le développement du réseau ferroviaire dans la région des Laurentides.
En 1876, il assiste à l'inauguration du chemin de fer reliant le village de Saint-Jérôme à Montréal, outil de communication indispensable à son projet de colonisation des terres au nord-ouest de Saint-Jérôme. Il explore le territoire pour trouver de nouveaux lieux d'implantation et permet la naissance de près de trente cantons, qui forment une vingtaine de nouvelles paroisses, attirant près de 5 000 colons. En 1879, il fonde la Société de colonisation du diocèse de Montréal. Il joue un rôle majeur dans l'établissement, en 1882, de l'usine de papier de Jean-Baptiste Rolland dans la région des Laurentides. Il crée, en 1884, la Loterie nationale de colonisation, qui doit assurer un financement aux colons qui n'ont pas les moyens de s'établir eux-mêmes. À titre de promoteur des territoires de colonisation, Labelle effectue deux missions officielles en Europe afin d'attirer une immigration francophone. La première en 1885 est commandée par le gouvernement fédéral tandis que la deuxième est à la demande du gouvernement provincial. En 1888, il est nommé sous-commissaire au Département de l'agriculture et de la colonisation, poste qu'il occupe jusqu'en 1890. Bien que ses fonctions politiques l'éloignent physiquement de sa cure, le curé Labelle veille toujours à son projet de colonisation qui est notamment freiné par l'influence des compagnies forestières. À la fin du 19e siècle, Labelle s'avère un des rares ecclésiastiques à avoir occupé une fonction au sein du gouvernement québécois.
Il est décédé le 4 janvier 1891 à Québec. Il est inhumé à Saint-Jérôme le 8 janvier 1891.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants :
Personnage marquant de l'histoire du Québec de la seconde moitié du XIXe siècle, Antoine Labelle est un prêtre catholique romain qui a été curé de la paroisse de Saint-Jérôme de 1868 à 1891. Bien connu sous le nom de curé Labelle, il est aussi surnommé le roi du Nord parce qu'il envisage d'endiguer le phénomène d'émigration des Canadiens français vers les États-Unis par leur établissement sur les territoires du nord du Québec, de l'Ontario et du Manitoba, de Montréal jusqu'à Winnipeg. Principal artisan de la colonisation de la région des Laurentides et du développement de son réseau ferroviaire, il participe à la fondation d'une vingtaine de paroisses et à l'établissement de près de 5 000 habitants. Reconnu pour son rôle à l'échelle nationale, il effectue des missions gouvernementales en Europe et est sous-commissaire (sous-ministre) du Département de l'agriculture et de la colonisation de 1888 à 1890. Encore présent dans la mémoire collective, le curé Labelle est l'une des figures les plus populaires de son époque.
ALLAIRE, Jean-Baptiste-Arthur. Dictionnaire biographique du clergé canadien-français. Vol. I: Les anciens. Montréal, Imprimerie de l'École catholique des sourds-muets, 1910. 543 p.
AUCLAIR, Élie-Joseph. Saint-Jérôme de Terrebonne. Saint-Jérôme, L'imprimerie-photogravure J.-H.-A., 1934. 357 p.
CORNEZ, Germaine. Une ville grandit : Saint-Jérôme de 1881 à 1914. Saint-Jérôme, Éditions L'Écho du Nord, 1977. 292 p.
CORNEZ, Germaine. Une ville naquît : Saint-Jérôme de 1821 à 1880. Saint-Jérôme, Éditions L'Écho du Nord, 1973. 191 p.
DUSSAULT, Gabriel. « Labelle, François-Xavier-Antoine ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
LAPLANTE, Robert. « Du curé Labelle et de feu l'agriculturisme ». Recherches sociographiques. Vol. XXVIII, no 1 (1987), p. 71-88.
LAURIN, Serge. Histoire de Saint-Jérôme. Québec, Éditions GID, 2009. 511 p.
LÉVESQUE, Robert. Labelle et Camilien: deux figures du populisme canadien-français. Montréal, Vlb éditeur, 2009. 332 p.
LÉVESQUE, Robert et Robert MIGNER. Le curé Labelle: le colonisateur, le politicien , la légende. Montréal, Édition La Presse, 1979. 203 p.
MORISSONNEAU, Christian. La terre promise: le mythe du Nord québécois. collection ethnologique. Montréal, Hurtubise, 1978. 212 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lacoste-Gérin-Lajoie, Marie
Né(e) le 19 octobre 1867Décédé(e) le 1er novembre 1945

Née le 19 octobre 1867 à Montréal, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie (baptisée Marie-Thaïs-Élodie-Coralie) est la fille d'Alexandre Lacoste, avocat, et de Marie-Louise Globensky.
À l'âge de neuf ans, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie étudie au couvent d'Hochelaga des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. Après ses études secondaires, terminées en 1883, elle souhaite poursuivre à l'université, mais elle se bute au refus des facultés universitaires francophones d'admettre des femmes. Elle poursuivra sa formation de juriste en autodidacte.
En 1900, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie intègre le comité de direction de la section montréalaise du National Council of Women of Canada (NCWC), un groupe anglophone faisant la promotion des droits civiques et politiques des femmes où elle militait depuis 1893. En 1902, elle fait publier un ouvrage de vulgarisation qui renseigne les femmes sur leurs droits. Le succès de ce livre lui vaut d'être réédité et traduit en anglais. En 1908, elle est embauchée pour enseigner le droit usuel à la nouvelle École d'enseignement supérieur, premier collège classique féminin au Québec fondé par mère Sainte-Anne-Marie.
En 1907, elle fonde avec Caroline Béïque la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB), qui milite pour le suffrage féminin, l'égalité des droits entre les femmes et les hommes et la protection des mères et des familles. Marie Lacoste-Gérin-Lajoie est secrétaire de cet organisme jusqu'en 1913 et présidente de 1913 à 1933. Durant ces années, elle intervient sur la place publique en écrivant des articles, en donnant des cours et en prononçant des conférences pour améliorer le sort des femmes et dénoncer leur situation d'infériorité légale dans la province de Québec. Pendant les travaux de la Commission sur les droits civils de la femme (1929), dénommée Commission Dorion, elle suggère de nombreux changements qui se retrouveront dans les recommandations de la Commission, notamment le droit pour les femmes mariées de disposer du fruit de leur travail, qui est intégré dans le Code civil en 1931. Après son départ de la présidence de la FNSJB en 1933, elle continue d'œuvrer dans divers comités de l'association jusqu'en 1936.
Marie Lacoste-Gérin-Lajoie prend une part active dans la lutte pour l'obtention du droit de vote pour les femmes québécoises. En 1922, elle fonde avec Anna Marks Lyman le Comité provincial pour le suffrage féminin, qui coordonne les efforts des différents organismes militants féminins. Sous sa présidence, le Comité parvient en 1922 à faire présenter un premier projet de loi à l'Assemblée législative de la province de Québec pour accorder le droit de vote aux femmes. La même année, afin de sensibiliser l'épiscopat du Québec, elle se rend à Rome pour obtenir un appui des autorités catholiques à sa démarche, mais sans succès. Elle quitte la présidence et demeure dans l'association jusqu'en 1929.
Elle a publié L'état légal des femmes dans la province de Québec (1900), le Traité de droit usuel (1902), La communauté légale (1927) et La femme et le Code civil (1929). Elle a aussi écrit plusieurs textes dans La Bonne Parole, journal de la FNSJB.
Elle est décédée à Montréal le 1er novembre 1945.
Elle avait épousé à Montréal, en 1887, Henri Gérin-Lajoie, fils d'Antoine Gérin-Lajoie, avocat et poète, et de Joséphine-Henriette Parent, fille d'Étienne Parent, journaliste, avocat et député.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Marie Lacoste-Gérin-Lajoie est une pionnière de l'avancement des droits des femmes au Québec. Juriste autodidacte, elle a publié plusieurs ouvrages sur les droits des femmes, dont le Traité de droit usuel (1902). Elle joint les rangs de la section montréalaise du National Council of Women of Canada en 1893 et intègre son comité de direction en 1900. En 1907, elle fonde avec Caroline Béïque la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, qui milite pour le suffrage féminin, l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, ainsi que la protection des mères et des familles. Elle occupe le poste de secrétaire de cet organisme jusqu'en 1913 et celui de présidente, de 1913 à 1933. En 1922, elle fonde avec Anna Marks Lyman le Comité provincial pour le suffrage féminin et prend une part active dans la lutte pour l'obtention du droit de vote des femmes québécoises. Sous sa présidence, le Comité parvient en 1922 à faire présenter un premier projet de loi à l'Assemblée législative pour accorder le droit de vote aux femmes québécoises. À la suite de la Commission Dorion sur les droits civils des femmes (1929), c'est en grande partie grâce à Marie Lacoste-Gérin-Lajoie que l'Assemblée législative modifie en 1931 le Code civil du Québec pour permettre aux femmes mariées de disposer du fruit de leur travail.
Collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Le Jour, 1992. 646 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
SICOTTE, Anne-Marie. « Lacoste, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/lacoste_marie_17E.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Lapalme, Georges-Émile
Né(e) le 14 janvier 1907Décédé(e) le 5 février 1985

Né le 14 janvier 1907 à Montréal, Georges-Émile Lapalme est le fils d'Euclide Lapalme, manufacturier, et de Valéda Bazinet.
En 1918, Lapalme entre au Séminaire de Joliette où il fait des études classiques. Sept ans plus tard, il commence ses études en droit à l'Université de Montréal. Après son admission au barreau, il s'installe à Joliette en 1929 où il pratique le droit. En 1939, il s'associe avec Charles-Édouard Ferland. Il agit comme conseiller du Barreau des Laurentides en 1946. Il est fait conseil en loi de la reine en 1960.
En marge de ses études et de sa pratique du droit, Lapalme s'engage dans le milieu journalistique. En 1926 et en 1927, il est secrétaire du Quartier Latin, journal des étudiants de l'Université de Montréal. En 1947, il fonde le Joliette Journal dans lequel il publie une chronique culturelle et une autre politique.
Lapalme est député de la circonscription de Joliette-l'Assomption-Montcalm pour le Parti libéral du Canada à la Chambre des communes de 1945 à 1950, puis député de la circonscription de Montréal-Outremont pour le Parti libéral du Québec à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1953 à 1966. Il est chef du Parti libéral du Québec de 1950 à 1958 et chef de l'opposition officielle de 1950 à 1960. En 1959, il rédige le programme électoral des libéraux qui sera mis en application pendant la Révolution tranquille. Après la victoire des libéraux aux élections de 1960, Lapalme occupe les postes de vice-premier ministre et de procureur général dans le gouvernement de Jean Lesage. En 1961, il devient le premier titulaire du ministère des Affaires culturelles, poste qu'il occupe jusqu'en 1964. Pendant ces années, il crée l'Office de la langue française, renforce les relations entre la France et le Québec et mène plusieurs actions visant à soutenir les artistes, les musées, les bibliothèques publiques et la protection du patrimoine. En raison de son rôle primordial dans le domaine de la culture, Lapalme est ainsi considéré comme un des pères de la Révolution tranquille.
Après sa carrière politique, Lapalme est nommé président de la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne en 1968. De 1972 à 1978, il est président de la Commission des biens culturels du Québec. En 1978, il est président de la Commission d'enquête sur la disparition de biens culturels à place Royale.
Il a publié Pour une politique (1959). Il a également écrit ses mémoires qui ont été publiées en trois volumes: Le bruit des choses réveillées (1969), Le vent de l'oubli (1970) et Le paradis du pouvoir (1973).
Il est décédé à Montréal le 5 février 1985.
Il avait épousé à Montréal, en 1935, Maria Langlois, fille de Léonidas Langlois et de Maria Perreault.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Avocat, journaliste et homme politique, Georges-Émile Lapalme est considéré comme l'un des pères de la Révolution tranquille. D'abord vice-premier ministre et procureur général au sein du gouvernement de Jean Lesage, il devient, en 1961, le premier titulaire du ministère des Affaires culturelles, poste qu'il occupe jusqu'en 1964. Pendant ces années, il crée entre autres l'Office de la langue française, renforce les relations du Québec avec la France et mène plusieurs actions visant à soutenir les artistes, à développer les musées et les bibliothèques publiques, et à préserver le patrimoine. Plusieurs de ses initiatives seront poursuivies et bonifiées par ses successeurs à la tête du ministère des Affaires culturelles, devenu le ministère de la Culture et des Communications.
Assemblée nationale du Québec. Assemblée nationale du Québec [En Ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/index.html
HARVEY, Fernand. « Georges-Émile Lapalme et la politique culturelle du Québec : genèse, projet et désillusion ». Les Cahiers des dix. No 64 (2010), p. 1-46.
Ministère de la Culture et des Communications du Québec et Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Les prix du Québec [En Ligne]. http://www.prixduquebec.gouv.qc.ca
PANNETON, Jean-Charles. Georges-Émile Lapalme, précurseur de la Révolution tranquille. Études québécoises, 53. Montréal, VLB, 2000. 190 p.
Parlement du Canada. Parlement du Canada [En Ligne]. http://www.parl.gc.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Laval, François de
Né(e) le 30 avril 1623Décédé(e) le 6 mai 1708

Né le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre, dans le diocèse de Chartres en France, François de Laval est le fils d'Hugues de Laval, seigneur de Montigny, Montbaudry, Alaincourt et Revercourt, et de Michelle de Péricard.
Il fait ses études auprès des Jésuites, d'abord au collège de La Flèche de 1631 à 1641, puis au collège de Clermont. Ordonné prêtre en 1647, il devient archidiacre du diocèse d'Évreux l'année suivante. En 1649, il obtient une licence en droit canon de l'Université de Paris.
En 1654, François de Laval quitte sa fonction d'archidiacre pour entrer à l'Ermitage de Caen, où il s'occupe des pauvres, des malades et de quelques communautés religieuses. Trois ans plus tard, les Jésuites proposent leur ancien élève comme futur évêque de Québec. Ils cherchent notamment à écarter le candidat sulpicien, Gabriel de Thubières de Levy de Queylus, et à mettre un terme à la dépendance de la Nouvelle-France de l'archevêché de Rouen. La candidature de François de Laval reçoit l'appui de la reine régente, Anne d'Autriche, mais l'évêque de Rouen, Mgr François de Harlay de Champvallon, qui se considère l'évêque légitime de la Nouvelle-France, s'y oppose. Afin d'éviter les conflits, le pape Alexandre VII crée un vicariat apostolique dans la colonie, plutôt qu'un évêché, et accepte la nomination de François de Laval à la tête de cette entité.
Consacré évêque in partibus de Pétrée, Mgr de Laval parvient à Québec en 1659. Sa fonction de vicaire apostolique ne lui donnant pas les mêmes pouvoirs que ceux d'un évêque, il s'efforce dès son arrivée à faire reconnaître son autorité auprès du gouverneur, des colons et des communautés religieuses, avant de se dédier énergiquement à l'édification de l'Église canadienne. En 1663, il fonde le Séminaire de Québec, une communauté de prêtres séculiers chargée de la formation du clergé diocésain et du service des paroisses, que son instigateur considère comme le foyer de l'Église canadienne naissante. L'année suivante, Mgr de Laval érige canoniquement la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, une première en Nouvelle-France, et la place sous la direction du Séminaire. Il crée aussi le Petit Séminaire de Québec, en 1668, qui a pour but notamment d'instruire les garçons se destinant à la vie religieuse, ainsi qu'une école de métiers à la Grande-Ferme de Saint-Joachim.
Après bien des débats, le pape Clément X finit par créer le diocèse de Québec en 1674 et à placer ce diocèse sous l'autorité de Rome. François de Laval devient alors le premier évêque de Québec. Au cours de son épiscopat, il érige une vingtaine de paroisses dans son diocèse, qui comprend toutes les possessions françaises en Amérique, et permet au nombre de religieux et de religieuses d'augmenter. Il fait également valoir à plusieurs reprises, notamment en siégeant au Conseil souverain, ses points de vue sur certains enjeux sociaux aux représentants de l'administration coloniale. S'opposant à la vente d'alcool aux Autochtones, il s'attire à quelques reprises la colère des autorités civiles et des commerçants. Des problèmes de santé l'incitent toutefois à demander sa démission dès 1684. Il demeure en poste jusqu'à la consécration de son successeur, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, en 1688. Il remplace également l'évêque de Québec, retenu en France, de 1700 jusqu'à sa mort.
Il est décédé à Québec le 6 mai 1708. Il est inhumé dans la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec.
François de Laval a été déclaré vénérable en 1890, a été béatifié en 1980 et a été canonisé en 2014 par l'Église catholique.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Mgr François de Laval est une figure importante de l'histoire du Québec. Il est le descendant d'une noble famille de France. Ordonné prêtre en 1647, il est archidiacre du diocèse d'Évreux de 1648 à 1654, puis œuvre à l'Ermitage de Caen, de 1654 jusqu'à son départ pour Québec. En 1658, la Nouvelle-France est érigée en vicariat apostolique par le pape Alexandre VII, et Mgr de Laval, fait évêque in partibus de Pétrée, est nommé à sa tête. Arrivé à Québec l'année suivante, le nouveau prélat se consacre énergiquement à l'organisation de l'Église canadienne en fondant, en 1663, le Séminaire de Québec, une communauté de prêtres séculiers chargée de la formation du clergé diocésain et du service des paroisses. En 1664, Mgr de Laval érige canoniquement la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, une première en Nouvelle-France, et la place sous la direction du Séminaire. Il crée aussi le Petit Séminaire de Québec, en 1668, et une école de métiers à la Grande-Ferme de Saint-Joachim. En 1674, avec l'élévation du vicariat apostolique au rang de diocèse par le pape Clément X, Mgr de Laval devient le premier évêque de Québec. Au cours de son épiscopat, il crée une vingtaine de paroisses dans ce diocèse qui comprend toutes les possessions françaises en Amérique. Personnage influent, Mgr de Laval prend aussi une part active à l'administration générale de la colonie en siégeant au Conseil souverain. Il fait également valoir à plusieurs reprises ses points de vue aux représentants des pouvoirs civils sur certains enjeux sociaux, comme la traite de l'eau-de-vie. Cet évêque bâtisseur est reconnu pour avoir jeté les bases de l'Église canadienne et pour avoir entrepris son édification, ce qui a contribué de manière notable au développement de la Nouvelle-France.
BUREAU, Gilles. François de Laval et son époque. Québec, Séminaire de Québec, 2011. 264 p.
GOSSELIN, Auguste. Le vénérable François de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada : sa vie et ses vertus. Québec, Imprimerie de L.-J. Demers & Frère, 1890. 84 p.
LEBLANC, Jean. Dictionnaire biographique des évêques catholiques du Canada. Montréal, Wilson et Lafleur, 2002. 881 p.
TÊTU, Henri. Monseigneur de Laval, premier évêque de Québec. Québec, Delisle, 1887. 121 p.
VACHON, André. « Laval, François de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Cap-aux-Diamants, numéro spécial « François de Laval : premier évêque de Québec ». Vol. Hors série (1993).
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Jeune, Olivier
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 10 mai 1654

Olivier Le Jeune serait possiblement originaire de Guinée ou de Madagascar. On ignore sa date de naissance, mais les sources tendent à témoigner de son jeune âge à son arrivée en Nouvelle-France.
Olivier Le Jeune est amené à Québec en tant qu'esclave en 1629 lors de l'expédition des frères Kirke, qui s'emparent de la colonie la même année au nom de l'Angleterre. Il est alors la propriété de l'un des frères Kirke, qui le vend pour la somme de 50 écus à Le Baillif, un commis français qui s'était mis au service des Anglais. Juridiquement, le statut d'un esclave est le même que celui d'un bien meuble, c'est-à-dire qu'il peut être donné, prêté, échangé ou vendu selon la volonté de son propriétaire.
À la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye de 1632, l'établissement de Québec est rendu à la France, ce qui met un terme à l'occupation des Kirke. En juillet 1632, Le Baillif fait don de Le Jeune à Guillaume Couillard, un des premiers habitants à s'être établi en permanence dans la colonie. Le 14 mai 1633, son nouveau maître le fait baptiser. On le prénomme Olivier, en l'honneur d'Olivier Letardif, commis général de la Compagnie des Cent-Associés. Il est possible qu'il ait reçu le patronyme Le Jeune à ce moment, en hommage à son instructeur, le jésuite Paul Le Jeune, qui lui a enseigné le catéchisme. Aux 17e et 18e siècles, il est courant de baptiser et de renommer les esclaves, des gestes qui participent à leur perte d'identité.
La vie d'Olivier Le Jeune a laissé peu de traces dans les archives. L'un des seuls événements connus survient le 20 août 1638: Olivier Le Jeune est condamné à demander pardon et à être enchaîné durant 24 heures pour avoir calomnié l'interprète Nicolas Marsolet en racontant qu'il complotait avec Le Baillif. Ses aveux sont signés d'une croix, ce qui montre qu'il ne savait pas écrire.
À sa mort, Olivier Le Jeune est inscrit dans le registre des sépultures comme domestique de Guillaume Couillard. À cette époque, le mot domestique désigne le personnel d'une maison en général de même que l'ouvrier agricole. Si l'on peut être à la fois esclave et domestique, l'emploi de ce terme suggère que Le Jeune a pu être affranchi, d'autant que les esclaves émancipés demeurent souvent au service de leur maître en tant que domestiques. Toutefois, puisqu'aucun acte d'émancipation n'a été retrouvé, l'une ou l'autre de ces hypothèses ne peut être confirmée. On ignore donc si Olivier Le Jeune a le statut d'esclave ou d'homme libre durant ses années au service de Guillaume Couillard.
Olivier Le Jeune est décédé et inhumé à Québec le 10 mai 1654.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
"Arrivé à Québec avec l'expédition des frères Kirke qui s'emparent de la colonie en 1629, Olivier Le Jeune est le premier esclave noir connu de l'histoire de la Nouvelle-France et le premier Noir établi de manière permanente dans la vallée du Saint-Laurent. Sa singularité tient à ce que la présence des Noirs au Canada demeure très rare jusqu'à la fin du XVIIe siècle, moment où l'esclavage est déjà bien établi dans les colonies françaises des Antilles. En dépit du souhait des autorités coloniales de faire venir des esclaves noirs pour pallier le manque de main-d'œuvre, aucun navire négrier n'est venu dans la vallée du Saint-Laurent. Les esclaves noirs qu'on retrouve au Canada sous le Régime français proviennent non pas de la traite, mais principalement des colonies anglaises voisines, d'où ils étaient amenés en contrebande ou comme prisonniers de guerre. D'autres ont été ramenés par des marchands canadiens lors de leurs voyages d'affaires en Louisiane et aux Antilles. Dans la vallée du Saint-Laurent, les esclaves sont surtout au service de l'élite urbaine et de quelques marchands fortunés;
Ce personnage revêt une forte importance symbolique en mettant en lumière la présence des Noirs sur le territoire québécois depuis près de quatre siècles."
BESSIÈRE, Arnaud. La contribution des Noirs au Québec. Quatre siècles d'une histoire partagée. Québec, Publications du Québec, 2012. 176 p.
D'ALLAIRE, Micheline et Marcel TRUDEL. Deux siècles d’esclavage au Québec. Montréal, Hurtubise-HMH, 2004. 408 p.
MACKEY, Frank. L'esclavage et les Noirs à Montréal, 1760-1840. Montréal, Hurtubise, 2013. 672 p.
TRUDEL, Marcel. Dictionnaire des esclaves et leurs propriétaires au Canada français. Montréal, Hurtubise HMH, 1990. 490 p.
TRUDEL, Marcel. « Le Jeune, Olivier ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
Webster et Valmo. Le grain de sable. Olivier Le Jeune premier esclave au Canada (album jeunesse). Québec, Septentrion, 2019. 80 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le May, Pamphile
Né(e) le 5 janvier 1837Décédé(e) le 11 juin 1918

Né le 5 janvier 1837 à Lotbinière, Pamphile Le May est le fils de Léon Lemay, marchand et hôtelier, et de Marie-Louise Auger.
Le May étudie au collège des Frères des écoles chrétiennes à Trois-Rivières, de 1846 à 1849, puis apprend le latin avec le notaire Thomas Bédard, de Lotbinière. Il fréquente ensuite le petit séminaire de Québec de 1854 à 1857. Un an plus tard, il décide d'étudier le droit et s'engage comme clerc, mais abandonne rapidement ses études pour trouver du travail à Portland aux États-Unis. De retour au Québec, il est engagé comme commis dans un magasin de Sherbrooke. Il délaisse cet emploi pour l'étude de la philosophie afin de devenir prêtre. En 1860, il entreprend son cours de théologie chez les Oblats de Marie-Immaculée à Ottawa. Après deux ans d'étude, sa santé fragile le force à abandonner. Finalement, il complète son cours de droit et est admis à la pratique en 1865.
Pendant ses études de droit, Le May travaille comme traducteur surnuméraire à l'Assemblée législative de la province du Canada, à Québec. Au début des années 1850, Le May joint le mouvement littéraire de Québec, dont font notamment partie François-Xavier Garneau, Joseph-Charles Taché et Antoine Gérin-Lajoie. Il touche à tous les styles littéraires, mais excelle particulièrement dans les contes. En 1865, Le May publie « La découverte du Canada », un premier recueil de poèmes en dix-neuf chapitres. En 1867, le premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau lui offre le poste de bibliothécaire de la nouvelle législature provinciale. Pendant ses 25 années comme bibliothécaire, Le May assure l'accroissement des collections par l'achat de livres répondant aux besoins des parlementaires. Il contribue également personnellement à l'enrichissement de la collection en offrant plusieurs volumes de sa collection personnelle. Le May développe également l'achat et le prêt d'ouvrages de l'étranger. Un système d'échanges est mis en place avec des pays tels que la France, les États-Unis et la Belgique. Il implante de nouvelles techniques de catalogage en vigueur dans les grandes bibliothèques américaines et européennes et prépare plusieurs catalogues des livres de la bibliothèque. Au printemps 1883, un incendie survient au Parlement de Québec et seulement 4 500 livres sont sauvés des flammes. Sous son influence, l'institution demeure ouverte au public. En 1892, il est mis à la retraite forcée avec l'arrivée d'un gouvernement conservateur. Il poursuit toutefois son œuvre littéraire et publie en 1904 un recueil de sonnets en 18 parties intitulé Gouttelettes.
Le May est membre fondateur de la Société royale du Canada. En 1888, il reçoit un doctorat honorifique en lettres de l'Université Laval et la rosette d'officier de l'Instruction publique de France en 1910. Le 16 septembre 1980, l'édifice de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale est nommé en son honneur.
Le May est l'auteur de plus d'une trentaine de poèmes. Il a notamment publié Essais poétiques (1865), Le pèlerin de Sainte-Anne (1877), et sa suite, Picounoc le maudit (1878), Fables canadiennes (1882), L'affaire Sougraine (1884), Fêtes et corvées (1898), Contes vrais (1899) et Les épis (1914). Il est également le traducteur d'œuvres littéraires canadiennes-anglaises marquantes, notamment Évangeline de Henry Wadsworth Longfellow (1870) et Le chien d'or (1884) de William Kirby.
Il est décédé à Deschaillons (Deschaillons-sur-Saint-Laurent) le 11 juin 1918. Il est inhumé dans le cimetière de cette localité.
Il avait épousé à Québec, en 1863, Marie-Honorine-Sélima Robitaille.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Pamphile Le May est un personnage marquant de l'histoire culturelle du Québec. Homme de lettres et avocat, il est le premier bibliothécaire de l'Assemblée législative de la province de Québec, un poste de prestige qu'il occupe de 1867 à 1892. Pendant ces 25 années, Le May reconstitue la collection documentaire de la bibliothèque à deux reprises, soit après le transfert de la bibliothèque de l'Assemblée législative de la province du Canada au nouveau Parlement fédéral en 1867, puis à la suite de l'incendie de l'hôtel du Parlement du 19 avril 1883. Au terme de son mandat, Le May aura doté la bibliothèque parlementaire de 33 804 ouvrages et il aura aussi veillé à ce qu'elle demeure ouverte au public. Parallèlement à ses occupations professionnelles, Le May est l'auteur d'une œuvre littéraire abondante et variée, comprenant des romans, des contes, des poèmes et des traductions de classiques de la littérature canadienne-anglaise et américaine. En 1980, l'Assemblée nationale nomme l'édifice qui abrite sa bibliothèque en l'honneur de ce premier bibliothécaire et du travail qu'il a accompli.
GALLICHAN, Gilles et Maurice PELLERIN. Pamphile Le May, bibliothécaire de la législature et écrivain. Bibliographie et documentation. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 1986. 141 p.
PELLERIN, Maurice. « Le May, Pamphile ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
PELLERIN, Maurice. Pamphile Le May, écrivain et bibliothécaire. Montréal, Ministère des affaires culturelles, Bibliothèque nationale du Québec, 1987. 147 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Moyne, Charles
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 30 janvier 1685

Né vers 1626 à Dieppe, en France, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay est le fils de Pierre Le Moyne, aubergiste, et de Judith Du Chesne.
À l'âge de 15 ans, Charles Le Moyne arrive en Nouvelle-France et œuvre auprès des Jésuites, en Huronie. Il y travaille pendant quatre années et développe une bonne connaissance des langues autochtones. En 1645, il sert à la garnison de Trois-Rivières en tant qu'interprète, commis et soldat. L'année suivante, il s'établit à Ville-Marie. Il participe à plusieurs escarmouches contre les Iroquois, mais agit aussi comme interprète pour les autorités coloniales.
En 1651, Le Moyne est nommé garde-magasin du fort de Ville-Marie. Il s'initie alors au commerce. Il participe aussi en 1653 à la négociation d'une paix avec les Iroquois qui durera cinq ans. Il reçoit en 1654 de la part du gouverneur de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve, une parcelle de terre sur la rue Saint-Paul, où il établit sa résidence, ainsi qu'une concession de 90 arpents, qu'il nomme Pointe-Saint-Charles. En 1657, Jean de Lauson lui concède un arrière-fief de 5 000 arpents dans la seigneurie de La Citière, territoire à l'origine de ce qui deviendra plus tard Longueuil. D'autres terres lui sont ensuite octroyées, dont l'île Sainte-Hélène, l'île Ronde ainsi qu'un établissement au Sault Saint-Louis.
Dans la décennie de 1650, les activités marchandes de Le Moyne s'intensifient. Associé de Médard Chouart des Groseilliers et de son beau-frère, Jacques Le Ber, Le Moyne devient l'un des principaux commerçants de fourrures de Montréal. Le rayon d'action de ses activités commerciales englobe la baie d'Hudson et les Grands Lacs. Le Moyne retirera une fortune de ces activités.
En 1663, Le Moyne reçoit l'office de procureur du roi à la sénéchaussée de Montréal. Dans les années suivantes, il participe à plusieurs expéditions militaires avec le régiment de Carignan-Salières. Il devient de plus un diplomate important des gouverneurs de la Nouvelle-France. À l'été 1665, il est fait prisonnier par les Iroquois et c'est le chef des Onontagués qui procède à sa libération. Pour services rendus, Le Moyne reçoit en 1668 ses lettres de noblesse. En tant qu'interprète, il accompagne ensuite Louis de Buade de Frontenac au lac Ontario afin d'établir le fort Cataracoui (Kingston).
En 1672, le gouverneur Frontenac et l'intendant Jean Talon confirment à Le Moyne la possession des titres de la seigneurie de Longueuil. L'année suivante, Frontenac lui accorde également la seigneurie de Châteauguay, ainsi que l'île Bernard (île de Châteauguay). En 1676, les possessions foncières de Le Moyne sont regroupées grâce à l'intendant Jacques Duchesneau de la Doussinière et d'Ambault qui prolonge la seigneurie de Longueuil.
En 1682, Le Moyne obtient de la part du gouverneur Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre la concession de la traite et des transports au fort Cataracoui, conjointement avec Jacques Le Ber. Il devient également actionnaire de la Compagnie du Nord. En 1684, il acquiert le fief de L'Île-Perrot et prend une part active aux négociations avec les Iroquois qui se concluent par la paix de l'anse de La Famine. Avant son décès, il est recommandé par le gouverneur de La Barre pour être le prochain gouverneur de Montréal.
Il est décédé à Montréal le 30 janvier 1685. Il est inhumé dans la crypte de l'église Notre-Dame de Montréal.
Il avait épousé à Montréal, le 28 mai 1654, Catherine Thierry dit Primot, fille de Guillaume Thierry et d'Elizabeth Messier. Plusieurs de leurs deux filles et douze fils se sont illustrés dans le développement de la Nouvelle-France.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Soldat, interprète, marchand prospère et seigneur, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay est un personnage illustre de la Nouvelle-France. Arrivé à Ville-Marie en 1646, il se signale d'abord dans la défense de l'établissement, puis dans le commerce des fourrures. Grâce à son activité qui s'étend jusqu'à la baie d'Hudson et aux Grands Lacs, il amasse une fortune considérable et devient l'un des principaux marchands de Montréal. Il acquiert également des terres sur la rive sud de Montréal qu'il met en valeur, soit les seigneuries de Longueuil en 1657, de Châteauguay en 1673 et de l'Île-Perrot en 1684. Parallèlement à ces occupations, il participe à quelques campagnes militaires et agit, en raison de sa connaissance des langues autochtones, comme interprète pour les autorités coloniales. Il participe notamment à la négociation de deux paix avec les Iroquois, conclues respectivement en 1653 et en 1684. Pour services rendus, Le Moyne reçoit en 1668 ses lettres de noblesse. Ensemble, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay et son épouse, Catherine Thierry dit Primot, sont considérés comme des pionniers de Montréal et les fondateurs de Longueuil. Leurs 2 filles et 12 fils, parmi lesquels figurent le baron Charles Le Moyne de Longueuil et l'explorateur Pierre Le Moyne d'Iberville et d'Ardillières, se sont illustrés à leur tour dans l'administration et la défense de la colonie. »
LEFEBVRE, Jean-Jacques. « Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Société d'histoire de Longueuil. Marchands et notables de Longueuil, 1850-1915. Longueuil, 1979. 39 p.
TRUDEL, Marcel. « Les débuts d'une société: Montréal, 1642-1663. Étude de certains comportements sociaux ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 23, no 2 (1969), p. 185-208.
Vieux-Montréal. Maisonnée Le Moyne - Thierry (en 1681) [En Ligne]. http://vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_pers.php?id=112
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Le Vasseur, Irma
Né(e) le 20 janvier 1877Décédé(e) le 18 janvier 1964

Née à Québec le 20 janvier 1877, Irma Le Vasseur est la fille de Nazaire Le Vasseur, journaliste, musicien et écrivain, et de Phédora Venner, cantatrice.
Après avoir étudié au couvent de Jésus-Marie à Sillery et à l'École normale Laval, elle s'inscrit à l'École de médecine de l'Université Saint-Paul au Minnesota, dont elle est diplômée en juin 1900. Ses études complétées, Irma Le Vasseur pratique la médecine quelque temps aux États-Unis. De retour au pays, elle s'adresse à l'Assemblée législative pour obtenir le droit de pratiquer dans la province de Québec. C'est chose faite en 1903: grâce à un projet de loi privé, Irma Le Vasseur obtient son admission au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec. Elle devient alors la première Canadienne française à exercer la médecine au Canada.
Irma Le Vasseur est une pionnière de la pédiatrie québécoise, à une époque où cette spécialisation n'était pas reconnue. Après avoir obtenu son droit de pratique, elle se rend à Paris pour travailler auprès d'une pédiatre réputée. À son retour au pays en 1906, elle œuvre auprès des enfants de mères célibataires à la Crèche de la miséricorde de Montréal, puis au service d'inspection médicale des écoliers instauré par le Bureau de santé de Montréal. Engagée dans la lutte contre la mortalité infantile, Irma Le Vasseur est à l'origine de la fondation, en 1907, de l'Hôpital Sainte-Justine, aux côtés de Justine Lacoste-Beaubien et d'autres médecins montréalais. Il s'agit du premier hôpital pédiatrique canadien-français du Québec. En 1908, elle quitte la direction de l'hôpital et retourne aux États-Unis, où elle travaille comme inspectrice médicale des écoliers pour le Bureau de santé de New York. En 1915, elle se rend en Serbie pour soigner les victimes d'une épidémie de typhus. Elle est la seule femme parmi les médecins canadiens de la mission. En 1918, elle œuvre dans un hôpital militaire en France, puis elle retourne à New York où elle travaille pour la Croix-Rouge.
En 1922, Irma Le Vasseur revient à Québec et fait l'acquisition d'une résidence sur Grande Allée, où elle fonde en 1923 avec deux collègues le premier hôpital pédiatrique de Québec, l'Hôpital de l'Enfant-Jésus. L'établissement déménage la même année et la propriété d'Irma Le Vasseur loge une nouvelle clinique pour enfants handicapés: l'Hôpital des enfants malades. En 1927, Irma Le Vasseur fonde et dirige une école pour enfants handicapés et mères célibataires. Le militantisme d'Irma Le Vasseur pour la cause des enfants handicapés est également à l'origine de la fondation de l'école Cardinal Villeneuve en 1935. Sa carrière médicale s'achève durant la Deuxième Guerre mondiale au Manège militaire de Québec, où elle examine les femmes qui souhaitent intégrer l'armée canadienne.
En 1950, les réalisations d'Irma Le Vasseur sont soulignées par le Cercle des femmes universitaires du Québec à l'occasion de son jubilé d'or. Toutefois, sa contribution à la médecine pédiatrique est peu reconnue à son époque. À la fin des années 1950, elle est internée durant deux ans à l'Hôpital Saint-Michel-Archange.
Elle est décédée à Québec le 18 janvier 1964.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Irma Le Vasseur est une pionnière de l'accession des femmes à la pratique de la médecine. En 1900, elle est diplômée de l'École de médecine de l'Université Saint-Paul au Minnesota. Pour qu'elle soit admise au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, l'Assemblée législative adopte un projet de loi privé en 1903. Irma Le Vasseur devient alors la première Québécoise francophone à exercer la médecine au Canada. Spécialisée en pédiatrie et engagée dans la lutte contre la mortalité infantile, elle est à l'origine de la fondation, en 1907, de l'Hôpital Sainte-Justine à Montréal, aux côtés de Justine Lacoste-Beaubien. En 1923, elle fonde l'Hôpital de l'Enfant-Jésus à Québec. Irma Le Vasseur a ainsi contribué à la création [de deux des] premiers hôpitaux pédiatriques du Québec.
BAILLARGEON, Denyse. « Irma Le Vasseur ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/irma-le-vasseur
Conseil du statut de la femme et YWCA. Hommage aux femmes sur la ligne du temps à Québec: 400 ans, 400 femmes. [En Ligne]. https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/hommage-aux-femmes-sur-la-ligne-du-temps-a-quebec-400-ans-400-femmes.pdf
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Leclerc, Félix
Né(e) le 2 août 1914Décédé(e) le 8 août 1988

Né le 2 août 1914 à La Tuque, Félix Leclerc est le fils de Léo Leclerc, commerçant, et de Fabiola Parrot.
Leclerc entreprend des études à Ottawa, d'abord au juniorat des Oblats de Marie-Immaculée, puis à l'Université d'Ottawa. En 1933, pendant la crise économique, il quitte l'école et retourne travailler sur la terre de ses parents, près de Trois-Rivières.
Leclerc exerce ensuite divers métiers, puis s'installe à Québec et devient annonceur et scripteur à la station radiophonique CHRC, pendant trois ans. Après un bref passage à Trois-Rivières, il entre à l'emploi de Radio-Canada à Montréal en 1939. Il écrit et collabore à plusieurs séries radiophoniques, dont Le restaurant d'en face, au cours de laquelle il interprète sa première chanson, intitulée Notre sentier. Intéressé par le théâtre, il joue dans quelques radio-romans diffusés à Radio-Canada, en plus de faire partie de la compagnie du père Émile Legault, Les compagnons de Saint-Laurent. En 1948, l'artiste fonde, avec Guy Mauffette et Yves Vien, la troupe de théâtre V-L-M, qui met en scène deux de ses pièces, Le p'tit bonheur et La p'tite misère.
C'est toutefois comme chansonnier que Félix Leclerc marquera le Québec. Initié à la musique dès son enfance, il écrit, compose et interprète très tôt ses propres chansons, qu'il intègre dans ses émissions radiophoniques et au théâtre. En 1950, l'impresario parisien Jacques Canetti, directeur artistique des disques Philips, le découvre lors d'une audition à Montréal. Charmé par son talent, Canetti lui fait enregistrer ses premières chansons et organise une série de spectacles à Paris, qui est suivie d'une tournée en France. Devenu une vedette en Europe, le chansonnier revient au Québec en 1953; par la suite, sa carrière musicale demeure partagée entre le Québec et l'Europe francophone, où il continue de donner des spectacles. Il se produira dans les boîtes à chansons, sur les plateaux de télévision et lors de grands rassemblements comme celui de la Superfrancofête, en 1974.
Nourrie d'influences classiques et folkloriques, l'œuvre musicale de Leclerc compte près de 150 chansons originales, dont Le p'tit bonheur, Moi mes souliers, Le train du Nord et Le tour de l'île. Sa chanson L'alouette en colère, inspirée par la crise d'Octobre de 1970, marque une radicalisation de l'engagement du chanteur en faveur de l'indépendance du Québec. La même année, il s'installe sur une terre de l'île d'Orléans acquise deux ans plus tôt, puis fait ses adieux à la scène en 1979.
En plus de sa carrière de chansonnier, Leclerc s'adonne à la littérature. Son premier recueil de contes, Adagio (1943), est suivi de plusieurs pièces de théâtre, de recueils de maximes et de poèmes. Il est également l'auteur des romans Pieds nus dans l'aube (1947), Le fou de l'île (1958) et Carcajou ou Le diable des bois (1973).
Leclerc obtient le prix Denise-Pelletier en 1977, en reconnaissance de l'ensemble de son œuvre dans le domaine des arts de la scène.
Il est décédé à l'île d'Orléans le 8 août 1988.
Il avait épousé, en 1942, Andrée Vien; puis en 1969, Gaëtane Morin.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Félix Leclerc, reconnu comme le père de la chanson québécoise, est l'une des plus importantes personnalités culturelles de l'histoire du Québec. Son œuvre compte près de 150 chansons originales, parmi lesquelles figurent Le p'tit bonheur, Moi, mes souliers, Le train du Nord, Le tour de l'île, Bozo et L'alouette en colère, de même que des romans, des pièces de théâtre, des recueils de maximes et des poèmes. Son succès populaire au Québec et dans les pays francophones d'Europe a influencé considérablement la chanson québécoise et a concouru à faire reconnaître sa valeur. L'homme et son œuvre ont contribué à façonner l'identité collective des Québécoises et des Québécois.
BROUILLARD, Marcel. Félix Leclerc: l'histoire d'une vie. Montréal, Éditions des Intouchables, 2005. 191 p.
BROUILLARD, Marcel. Félix Leclerc: l'homme derrière la légende. Montréal, Québec/Amérique, 1994. 342 p.
JUTRA, Claude. Félix Leclerc, troubadour. [enregistrement vidéo, 27 min 5 sec]. Vaudreuil, Office national du film, 1958. s.p.
MÉNARD, Denise, Christian RIOUX et Bruno ROY. « Leclerc, Félix ». Institut Historica-Dominion. Encyclopédie de la musique au Canada [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
PELLAND, Ginette. Félix Leclerc, écrivain du pays: regard actuel sur l'oeuvre. Montréal, M. Brûlé, 2008. 366 p.
PLOUFFE, Hélène. « Leclerc, Félix ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Fondation Félix-Leclerc [En Ligne]. http://www.felixleclerc.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Mance, Jeanne
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 18 juin 1673

Née en 1606 à Langres, dans la région de Champagne en France, Jeanne Mance est la fille de Charles Mance, procureur au bailliage, et de Catherine Émonnot.
Jeanne Mance entreprend ses études chez les Ursulines, dans sa ville natale. À la mort de sa mère, vers la fin des années 1620, elle prend en charge l'éducation de ses jeunes frères et sœurs. Elle participe également à différentes œuvres de charité et prend soin des malades et des blessés de guerre, lors de la guerre de Trente Ans.
En 1640, Jeanne Mance a un entretien avec son cousin Nicolas Dolebeau, chapelain de la Sainte-Chapelle, à Paris, qui lui parle de la Nouvelle-France et des religieuses missionnaires qui s'y rendent. Elle désire partir pour la colonie française afin de travailler à la conversion des Autochtones à la foi catholique. Elle se rend d'abord à Paris où elle rencontre le père jésuite Charles Lalemant, procureur des missions du Canada, et Angélique Faure de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France, qui la convainc de fonder un nouvel hôpital en Nouvelle-France et lui prête l'argent nécessaire.
En 1641, Jeanne Mance arrive à La Rochelle et fait la rencontre de Jérôme Le Royer de La Dauversière, l'un des fondateurs de la Société de Notre-Dame de Montréal. Celui-ci l'invite à se joindre à l'association qui a comme objectif l'établissement d'une colonie missionnaire à Ville-Marie. La même année, Jeanne Mance s'embarque pour la Nouvelle-France. Elle passe l'hiver dans la région de Québec en compagnie, notamment, de Paul de Chomedey de Maisonneuve, chef du projet et futur gouverneur de l'île de Montréal.
Le 17 mai 1642, Maisonneuve, Jeanne Mance et leur groupe prennent possession de l'île de Montréal en s'installant à l'endroit qui sera connu sous le nom de Pointe-à-Callière. C'est la fondation de Ville-Marie. Elle conseille le gouverneur en plus d'œuvrer à la fondation de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Elle crée d'abord une petite infirmerie à l'intérieur du fort, avant de faire ériger un premier hôpital en 1644 et 1645, qui est agrandi entre 1654 et 1659. En plus des malades, elle soigne les blessés des affrontements avec les Iroquois. Jeanne Mance est ainsi considérée comme la première infirmière laïque au Canada.
En 1649, Jeanne Mance se rend dans la métropole pour promouvoir les intérêts de Montréal. Elle rencontre les membres de la Société de Notre-Dame de Montréal, de même que Mme de Bullion, qui l'assure de son soutien financier. En 1653, elle accueille sœur Marguerite Bourgeoys à Montréal et aide à la fondation d'une école.
Pour l'aider dans son œuvre, Jeanne Mance retourne en France, en 1658, chercher trois hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche désignées par le fondateur de la communauté, Jérôme Le Royer de La Dauversière. Les religieuses arrivent à Montréal l'année suivante.
En 1662, Jeanne Mance est de retour en France afin de veiller à la désignation des Sulpiciens comme seigneurs de l'île de Montréal, à la suite de la dissolution de la Société de Notre-Dame. De retour à Ville-Marie en 1663, elle continue de se consacrer au soin des malades et des blessés jusqu'à sa mort.
Elle est décédée à Montréal le 18 juin 1673.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Paul de Chomedey de Maisonneuve, pour les motifs suivants:
Jeanne Mance est une figure emblématique de la fondation de Ville-Marie, qui est devenue Montréal. Elle s'est jointe à la Société Notre-Dame de Montréal, dont le mandat était d'établir une colonie missionnaire en Nouvelle-France. Le 17 mai 1642, elle figure parmi un groupe de colons qui prennent possession de l'île de Montréal. Elle y fait construire un premier hôpital où elle soigne malades et blessés. Considérée comme la première infirmière laïque du Canada, elle veille également à l'accompagnement des communautés religieuses qui s'établissent à Montréal.
Bibliothèque et Archives Canada. « Femmes à l'honneur. Les femmes en sciences au Canada : Jeanne Mance ». Bibliothèque et Archives Canada. Archives de poésie canadienne [En ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/002026-410-f.html
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DAVELUY, Marie-Claire. « Mance, Jeanne ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
JAENEN, Cornelius J. « Mance, Jeanne ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Boréal, 1992. 165 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Marchand, Joséphine
Né(e) le 5 décembre 1861Décédé(e) le 2 mars 1925

Joséphine Marchand naît le 5 décembre 1861 à Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle est la fille d'Hersélie Turgeon et de Félix-Gabriel Marchand, premier ministre du Québec de 1897 à 1900.
Joséphine fait ses études dans sa ville natale chez les Dames de la Congrégation de Notre-Dame. Issue d'un milieu privilégié, cette élève talentueuse affectionne particulièrement la littérature. À la fin des années 1870, elle publie ses premiers textes dans le journal Le Franco-Canadien, dirigé par son père. Elle écrit ensuite pour divers journaux, dont L'Opinion publique et Le Canadien. Rares sont alors les femmes littéraires au Canada français. Sous le pseudonyme de Josette, elle publie Contes de Noël en 1889, des saynètes pour enfants en 1890 et en 1896, une comédie intitulée Rancune, présentée initialement à l'Académie de musique de Québec.
En janvier 1893, Joséphine Marchand devient la première rédactrice en chef canadienne-française en lançant à Montréal le magazine mensuel Le coin du feu, la première revue de langue française visant un public féminin au Québec et au Canada. L'objectif de cette publication est d'œuvrer à l'éducation et à l'émancipation intellectuelle des femmes, préoccupations au cœur du féminisme de Joséphine Marchand. Elle y signe une grande partie des textes, dont une chronique régulière et des articles où elle aborde ses sujets de prédilection comme la littérature, les rapports familiaux et la politique. La revue compte également plusieurs collaboratrices, dont Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Robertine Barry. Invoquant le manque de temps pour se consacrer pleinement au journalisme, Joséphine Marchand met fin à la publication du magazine en décembre 1896, ce qui ne l'empêche pas d'écrire dans plusieurs journaux par la suite, dont le Monde illustré et la Revue moderne. En 1898, elle fonde l'Œuvre des livres gratuits, une organisation philanthropique favorisant l'accès à la lecture dans les milieux défavorisés et les régions éloignées.
Après l'aventure d'Au coin du feu, Joséphine Marchand-Dandurand s'engage plus activement pour la cause des femmes aux côtés des réformistes qui militent notamment pour le droit de vote, l'accès à l'éducation supérieure et aux professions libérales et l'amélioration des droits des femmes mariées. Elle contribue à la fondation d'institutions et d'associations, dont le premier collège classique pour filles en 1908 et la section féminine de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal en 1902. Sa position sociale et sa notoriété l'amènent à s'impliquer sur la scène canadienne et internationale. Désignée par Wilfrid Laurier commissaire du gouvernement canadien pour le Congrès international des femmes lors de l'Exposition universelle de Paris en 1900, elle y représente aussi le National Council of Women of Canada, fédération d'associations féminines dont elle est la vice-présidente de la branche montréalaise. Elle sera également vice-présidente provinciale du National Council of Women en 1912 et en 1913 et de 1917 à 1919.
Habituée de côtoyer des acteurs en vue des milieux politiques et culturels de son époque, Joséphine Marchand joue un rôle clé dans l'avancement de la carrière de son mari Raoul Dandurand en usant de son influence auprès de personnages comme Wilfrid Laurier, avec qui elle a tissé des liens d'amitié. Nommé sénateur en 1898 à l'âge de 36 ans seulement, Raoul Dandurand devient président du Sénat en 1905. Le soutien de son épouse est également déterminant pour sa nomination comme président de l'Assemblée générale de la Société des Nations en 1925.
En 1898, la France reconnait l'engagement de Joséphine Marchand pour la défense de la culture française en lui décernant le titre d' « officier d'académie », un honneur dévolu pour la première fois à une Canadienne.
Joséphine Marchand-Dandurand décède le 2 mars 1925 à Montréal. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Elle avait épousé l'avocat et politicien Raoul Dandurand, le 12 janvier 1886.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
"Joséphine Marchand est la fondatrice de la première revue féminine de langue française au Canada et la première éditrice d'une revue féminine au Québec. Engagée par ses écrits dans la défense de la langue française et l'émancipation intellectuelle des femmes, elle s'implique également pour la cause des femmes au sein d'associations, tant sur la scène québécoise que canadienne. Elle est aussi la fondatrice de l'Œuvre des livres gratuits, une organisation philanthropique qui a contribué à l'émergence de la lecture publique au Québec. À une époque où rares sont les femmes qui prennent la plume, ses publications nombreuses et variées et sa carrière de journaliste et de chroniqueuse en font une pionnière de l'édition et de la vie littéraire féminine au Québec."
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
GOSSELIN, Line. « Marchand, Joséphine (Dandurand) ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/marchand_josephine_15F.html
HAMEL, Réginald, John HARE et Paul WYCZYNSKI. Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord. Montréal, Fides, 1989. 1364 p.
MONTREUIL, Sophie. « L’Oeuvre des livres gratuits dans l’histoire de la lecture publique au Québec (1898-1908) ». Documentation et bibliothèques. Vol. 49, no 3 (2003), p. 129-135.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Monk, Elizabeth
Né(e) le 4 août 1898Décédé(e) le 26 décembre 1980

Née à Montréal le 4 août 1898, Elizabeth Carmichael Monk est la fille d'Alfred Monk, avocat, et de Mary Elizabeth Monk.
Après avoir obtenu en 1919 un baccalauréat ès arts à l'Université McGill, elle complète une maîtrise du Radcliffe College (Massachusetts, États-Unis) et du Somerville College d'Oxford (Grande-Bretagne). Elle poursuit ensuite des études en droit civil à l'Université McGill, où elle obtient son baccalauréat en 1923 et reçoit la médaille Elizabeth Torrance pour l'excellence de ses résultats académiques. Elle est la première femme à recevoir cette distinction.
Après avoir travaillé comme recherchiste pour un cabinet d'avocats, en 1934 elle se rend en Nouvelle-Écosse pour passer l'examen du barreau de cette province, puisqu'elle ne peut pas être admise au Barreau du Québec. Il faut en effet attendre la décennie suivante pour que les femmes accèdent au Barreau du Québec et qu'elles puissent ainsi obtenir le titre d'avocate, faisant du Québec la dernière province canadienne à admettre les femmes au Barreau.
À son retour à Montréal, Elizabeth Monk travaille pour une firme d'avocats, bien qu'elle n'en ait pas le titre. Durant les décennies 1930 et 1940, elle s'implique dans diverses associations féminines, notamment en tant que présidente du Club des Femmes Universitaires de Montréal. À titre de conseillère en droit, elle s'implique également dans la Ligue des droits de la femme, au nom de laquelle elle présente un mémoire à la commission royale d'enquête sur les relations entre le Dominion et les provinces, connue sous le nom de Commission Rowell-Sirois (1937-1938). Ce mémoire est l'occasion pour Elizabeth Monk de dénoncer l'exclusion des femmes de la politique provinciale, et ce, en dépit du fait qu'elles sont assujetties aux mêmes devoirs civiques que les hommes, dont le paiement des impôts. Il démontre également que le fait que les femmes du Québec n'ont pas le droit de vote les rend inéligibles à des postes fédéraux, notamment au Sénat.
En 1940, Elizabeth Monk devient l'une des premières femmes à siéger au conseil municipal de Montréal. Un amendement à l'Acte des Cités et des Villes sera apporté l'année suivante afin d'accorder le droit d'éligibilité et d'étendre le suffrage à toutes les femmes au niveau municipal. En janvier 1942, Elizabeth Monk devient l'une des deux premières femmes admises au Barreau du Québec, aux côtés de Suzanne Raymond Filion. Près d'une vingtaine d'années se seront ainsi écoulées entre la diplomation d'Elizabeth Monk et son admission à cet ordre professionnel.
En 1955, Elizabeth Monk est la première avocate du Québec à obtenir le titre de conseil en loi de la reine (c.r.). Elle reçoit en 1975 un doctorat honoris causa en droit de l'Université McGill. En 1980, elle est lauréate du prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne ». Se consacrant surtout au droit immobilier et commercial, elle pratique le droit jusqu'à un âge avancé.
Elle est décédée à Montréal le 26 décembre 1980.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Elizabeth Carmichael Monk est une pionnière de l'accession des femmes québécoises à la profession juridique. Elle obtient son baccalauréat en droit civil de l'Université McGill en 1923 et devient membre du Barreau de la Nouvelle-Écosse en 1934, puisqu'elle ne peut pas être admise au Barreau du Québec. À son retour à Montréal, Elizabeth Monk travaille pour une firme d'avocats et s'implique dans le Club des Femmes Universitaires de Montréal, dont elle est présidente, et dans la Ligue des droits de la femme. En 1940, Elizabeth Monk devient l'une des premières femmes à siéger au conseil municipal de Montréal. En janvier 1942, elle devient l'une des deux premières femmes admises au Barreau du Québec, aux côtés de Suzanne Raymond Filion. Près d'une vingtaine d'années se seront ainsi écoulées entre la diplomation d'Elizabeth Monk et son admission à cet ordre professionnel. En 1955, elle est la première avocate du Québec à obtenir le titre de conseil en loi de la reine. Elle pratique le droit immobilier et commercial jusqu'à un âge avancé.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
GALLICHAN, Gilles. Les Québécoises et le barreau. L’histoire d’une difficile conquête 1914-1941. Sillery, Septentrion, 1999. 249 p.
MAILHOT, Louise. Les premières ! L’histoire de l’accès des femmes à la pratique du droit et à la magistrature. Cowansville, Éditions Yvon Blais, 2014. 234 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Montferrand, Jos
Né(e) le 25 octobre 1802Décédé(e) le 4 octobre 1864

Né en 1802 dans le faubourg Saint-Laurent à Montréal, Joseph (appelé Jos ou Joe) Montferrand est le fils de François-Joseph Favre, dit Montferrand, voyageur, et de Marie-Louise Couvret.
Montferrand hérite de ses ancêtres paternels, dont son grand-père soldat, une taille imposante et une force hors du commun. Dans le faubourg Saint-Laurent où circulent voyageurs (coureurs des bois), matelots et gens de toutes sortes, les bagarres sont fréquentes. Le quartier, qui compte plusieurs tavernes et salles de boxes, est un lieu où la force physique est hautement valorisée. Jos Montferrand acquiert dès son jeune âge une réputation de « boulé », de l'anglais bully, statut alors prestigieux. En 1818, il s'attire l'admiration du voisinage en rossant trois brigands qui terrorisent le quartier; il a alors 16 ans et mesure déjà plus de six pieds quatre pouces (environ deux mètres).
Le premier métier qu'il exerce est celui de charretier, dans le port de Montréal ainsi qu'à Kingston, au Haut-Canada. En 1823, il est engagé par la Compagnie de la Baie d'Hudson pour protéger les chantiers autour de Bytown (Ottawa) contre les malfaiteurs. Quatre ans plus tard, il entre au service d'un marchand de bois qui exploite le secteur de la rivière du Nord. À partir de ce moment, Jos Montferrand adopte une vie nomade en participant à l'aventure de l'exploitation forestière des Laurentides et de l'Outaouais, territoires alors peu connus. Homme de confiance des grands barons du bois, il est tour à tour défricheur, bûcheron, draveur et contremaître.
Durant ces années mouvementées, Montferrand se démarque par une série de hauts faits: défis relevés, combats dont il sort vainqueur, jeux d'adresse, etc. Au fil du temps, ces actions sont grossies par la tradition orale jusqu'à faire de Jos Montferrand une figure presque mythique. Les récits de ses exploits se racontent dans les chantiers de bûcherons, dans les tavernes, dans les chaumières. Les nombreux Canadiens français qui migrent vers l'est des États-Unis à la fin du XIXe siècle apportent avec eux ces histoires, répandant ainsi sa légende en Amérique du Nord. Par exemple, on dit de Jos Montferrand qu'il tient une charrue à bout de bras et d'une seule main, et que sa souplesse exceptionnelle lui permet d'imprimer la trace de son talon sur les poutres du plafond au moyen d'une culbute impressionnante. L'exploit le plus raconté de Jos Montferrand se déroule en 1829 sur le pont Union, qui relie Hull à Bytown. À l'époque, les immigrants Irlandais se disputent avec les Canadiens français la mainmise des emplois dans le domaine forestier, et les bagarres entre les deux groupes ethniques sont fréquentes. Seul, Montferrand se bat contre 150 Irlandais qui lui tendent une embuscade sur le pont, et triomphe.
En 1832, il dirige une équipe de forestiers engagés par le marchand de bois Baxter Bowman et chargés d'ouvrir deux fermes forestières sur les rives de la rivière du Lièvre. Il s'agit de la ferme Rouge et de la ferme Wabassee. Pendant cinq ans, Montferrand et ses hommes défrichent les terres et y construisent des bâtiments. À partir de 1840, c'est plutôt sur les rives de la rivière des Outaouais qu'on le retrouve, où il dirige des « cageux » (draveurs, raftsmen) qui descendent le bois jusqu'à Québec. En 1857, Montferrand se retire à Montréal, où il possède une propriété sur la rue Sanguinet.
Il est décédé à Montréal le 4 octobre 1864.
Il avait épousé à Montréal, en 1864, Esther Bertrand. Ceux-ci auront un fils, nommé Joseph-Louis, qui hérite de la grande taille de son père.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Reconnu pour ses prouesses physiques et les légendes qui l'entourent, Jos Montferrand est une figure emblématique du travail dans l'industrie du bois au Québec. Jos Montferrand s'engage comme bûcheron et draveur à partir de 1823. Chaque automne, il quitte Montréal pour conduire une équipe dans la vallée de l'Outaouais, où l'on s'adonne à la coupe du bois durant l'hiver, et à la drave jusqu'à Québec au printemps. En 1840, il devient contremaître de chantier et guide de cages. Au fil de ses déplacements, il réalise des actions d'éclat qui marquent ses contemporains. De son vivant, les récits oraux font de lui un héros populaire à qui l'on attribue plusieurs exploits. Ses démonstrations de force réalisées fréquemment dans un contexte de compétition entre travailleurs francophones et anglophones fascinent la population. Reprise par la littérature, le théâtre et la chanson, sa légende se transmet au XIXe puis au XXe siècle en se teintant des valeurs et des aspirations de ses énonciateurs, tels que Wilfrid Laurier, Benjamin Sulte, La Bolduc et Gilles Vigneault. Les exploits de Jos Montferrand nourrissent l'imaginaire collectif québécois et son parcours professionnel évoque de façon remarquable le travail dans l'industrie du bois au XIXe siècle. »
GOYER, Gérard et Jean HAMELIN. MONTFERRAND, dit Favre, JOSEPH [En Ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/montferrand_joseph_9F.html
PRÉVOST, Michel. Jos Montferrand, figure légendaire de l'Outaouais [En Ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-670/Jos_Montferrand,_figure_l%C3%A9gendaire_de_l%E2%80%99Outaouais.html#.V6nn7jWf7BU
PRÉVOST, Michel. « Joseph (Jos) Montferrand, roi des forêts de l'Outaouais ou pilier de tavernes? ». Cap-aux-Diamants. No 69 (2002), p. 13-17.
SAUVÉ, Mathieu-Robert. Jos Montferrand : le géant des rivières. Montréal, XYZ, 2007. 188 p.
SULTE, Benjamin. Histoire de Jos Montferrand, l'athlète canadien. Montréal, C.O Beauchemin, 1899. 126 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Nantel, Antonia
Né(e) le 14 avril 1886Décédé(e) le 6 décembre 1955

Née le 14 avril 1886 à Saint-Jérôme, Antonia Nantel est la fille de Guillaume-Alphonse Nantel, journaliste et homme politique, et d'Emma Tassé.
Faisant preuve de grandes aptitudes pour le piano et d'un intérêt pour la musique classique dès l'enfance, Antonia Nantel étudie le piano au Conservatoire national de Montréal, puis le chant et les arts dramatiques à Paris et à Londres, dans l'intention de mener une carrière lyrique.
De retour au Québec, elle entreprend, après son mariage avec Athanase David, une vie de mécène et d'organisatrice. Elle participe notamment à la fondation de l'hôpital Sainte-Justine, de l'Assistance maternelle et de la clinique BCG de Montréal. C'est cependant pour son engagement pour le développement de la vie musicale à Montréal qu'Antonia Nantel est reconnue.
Elle s'investit d'abord dans la fondation et les activités du premier orchestre symphonique professionnel du Québec, le Montreal Orchestra, fondé en 1930, en intégrant son conseil exécutif. Elle quitte toutefois l'organisation en 1934, en désaccord avec sa politique d'engagement des solistes, qu'elle considère discriminatoire envers les francophones.
La même année, souhaitant doter le Québec d'un premier orchestre professionnel francophone, elle œuvre à créer la société des Concerts symphoniques de Montréal, en collaboration avec son mari et des membres en vue du milieu musical classique francophone, dont le chef d'orchestre montréalais Wilfrid Pelletier. Elle est désignée « membre fondateur à vie » de la société qui devient, en 1954, l'Orchestre symphonique de Montréal.
Cherchant à démocratiser l'accès à la musique classique pour les Canadiens français et pour les jeunes en particulier, elle fonde avec Wilfrid Pelletier en 1936 les Matinées symphoniques de Montréal et les Festivals de Montréal, dont elle devient présidente. Par son implication dans cette organisation vouée à la mise sur pied d'événements culturels, comme des concerts gratuits sur le mont Royal, Antonia Nantel contribue non seulement au développement et à la diffusion de la musique classique, mais aussi du théâtre et de la peinture.
Porteuse d'idées novatrices et rassembleuses dans le domaine des arts, Antonia Nantel rallie artistes et mécènes autour de ses projets. Elle parvient au cours de sa carrière à offrir une vitrine aux artistes francophones et à mettre sur pied des institutions musicales durables qui marquent la société québécoise de la première moitié du XXe siècle.
Antonia Nantel est décédée à Montréal, le 6 décembre 1955.
Elle avait épousé à Montréal, en 1908, Athanase David, avocat et homme politique, fils de Laurent-Olivier David, avocat, journaliste, homme politique et auteur, et d'Albina Chenet.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Grande mécène, Antonia Nantel a consacré une partie importante de sa vie à la promotion des arts et au développement de la culture musicale classique à Montréal et au Québec. Après avoir participé à la fondation de l'hôpital Sainte-Justine, de l'Assistance maternelle et de la clinique BCG de Montréal, elle s'investit dans les activités du Montreal Orchestra à compter de 1930. Souhaitant doter la ville de Montréal d'un ensemble symphonique professionnel composé de musiciens d'expression francophone, elle cofonde en 1934 avec son mari, le ministre Athanase David, et le chef d'orchestre Wilfrid Pelletier, la Société des concerts symphoniques de Montréal, devenue l'Orchestre symphonique de Montréal. En 1936, elle cofonde également les Matinées symphoniques afin d'initier les enfants à la musique classique. La même année, elle met sur pied l'organisme qui deviendra les Festivals de Montréal. Comme présidente de cette société de 1939 à 1952, elle organise plusieurs événements culturels, dont des concerts gratuits sur le mont Royal, et contribue à la découverte de nombreux talents. Par ses nombreuses initiatives, Antonia Nantel aura participé à faire de la métropole québécoise un centre culturel nord-américain d'envergure.
HUOT, Cécile. « Antonia David, (née Nantel) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/david-madame-athanase
Orchestre symphonique de Montréal. « Histoire de l'OSM ». Orchestre symphonique de Montréal. Orchestre Symphonique de Montréal [En ligne]. https://www.osm.ca/fr/histoire-osm/
VINCENT, Odette. La vie musicale du Québec: art lyrique, musique classique et contemporaine. Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 2000. 159 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Papineau, Louis-Joseph
Né(e) le 7 octobre 1786Décédé(e) le 23 septembre 1871

Né le 7 octobre 1786 à Montréal, Louis-Joseph Papineau est le fils de Joseph Papineau, arpenteur, notaire, seigneur et homme politique, et de Rosalie Cherrier.
Il fait ses études au collège Saint-Raphaël de Montréal ainsi qu'au Petit séminaire de Québec. Papineau fait l'apprentissage du droit chez son cousin Denis-Benjamin Viger. Il est admis au barreau en 1810 et exerce la profession d'avocat de façon intermittente. Pendant la guerre de 1812, il sert en qualité d'officier de milice. Il acquiert de son père la seigneurie de La Petite-Nation en 1817.
Louis-Joseph Papineau a une longue carrière politique. Il est tout d'abord élu en tant que député de la circonscription de Kent (Chambly) en 1808. Député à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada jusqu'en 1838, Papineau est élu orateur de la Chambre dès 1815 et occupe ce poste jusqu'en 1838, sauf pour un bref intervalle de 1823 à 1825. En 1815, il succède à Pierre-Stanislas Bédard à la tête du Parti canadien. Durant les débats entourant le contrôle des subsides, il fait preuve d'une fine connaissance des institutions parlementaires et croit fermement à l'application des principes de la démocratie parlementaire. Il dirige les débats autour de l'accès aux terres, du contrôle des dépenses du gouvernement, du salaire versé aux hauts fonctionnaires et de l'électivité du Conseil législatif. Il siège au Conseil exécutif de 1820 à 1823. À l'hiver 1823, il se rend à Londres avec John Neilson pour présenter un mémoire contre le projet d'union du Haut et du Bas-Canada. Il est de toutes les confrontations avec les gouverneurs nommés par Londres et l'aristocratie britannique en place.
Papineau est une des figures de proue des événements menant aux rébellions de 1837 et de 1838. Il fait partie du comité qui rédige les 92 Résolutions, adoptées par la Chambre d'assemblée en 1834, et dirige le Comité central et permanent du district de Montréal, qui est chargé de coordonner l'action des patriotes du Bas-Canada. À la suite de l'annonce des résolutions Russel qui suspendent notamment le vote des subsides par la Chambre, Papineau met en place une vaste campagne d'assemblées publiques où il prône le boycottage des produits importés afin d'exercer une pression économique sur le gouvernement. Il quitte Montréal le 16 novembre 1837, après que des mandats d'arrêt aient été lancés contre lui et les autres chefs du parti dans le contexte d'échauffourées survenues dans la ville. À la suite des batailles de Saint-Denis et de Saint-Charles (Saint-Charles-sur-Richelieu), il se réfugie à Saint-Hyacinthe puis aux États-Unis.
Le 8 février 1839, Papineau quitte New York pour Paris. Il obtient une amnistie complète en 1844 et revient d'exil l'année suivante. Il s'occupe alors de la mise en valeur de sa seigneurie et est de nouveau député à l'Assemblée législative de la province du Canada. Il siège comme député de Saint-Maurice de 1848 à 1851, puis comme représentant de Deux-Montagnes de 1852 à 1854. Il appuie d'abord le Groupe canadien-français, mais devient rapidement indépendant de tendance libérale. Il appuie ensuite les Rouges. Il dénonce la constitution imposée et évoque l'idée d'une annexion aux États-Unis, dont il promeut le modèle républicain. Papineau s'oppose par ailleurs fermement au projet d'abolition de la tenure seigneuriale. Il quitte la vie politique pour se consacrer à sa famille et à sa seigneurie.
Il a écrit une Histoire de l'insurrection du Canada (1839) et plusieurs adresses à ses électeurs.
Il est décédé à Montebello le 23 septembre 1871. Il est inhumé dans la chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau, sur son domaine de Montebello.
Il avait épousé à Québec, en 1818, Julie Bruneau, fille de Pierre Bruneau, marchand, et de Marie-Anne Robitaille.
Ce personnage a été désigné pour les motifs suivants:
« Louis-Joseph Papineau est l'un des hommes politiques les plus marquants de son époque et est considéré comme le premier véritable chef politique des Canadiens français, auxquels il consacre sa carrière. Tribun doté d'un fort charisme, il suscite l'admiration de ses contemporains, auprès desquels il promeut ses convictions démocratiques et républicaines. Il est député à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada de 1808 à 1838, orateur de la Chambre et chef du Parti canadien, devenu le Parti patriote, à compter de 1815. À la tête de cette formation politique qui a su rallier une partie de la population autour d'un programme de réformes constitutionnelles, Papineau est une figure de proue des événements menant aux rébellions de 1837 et de 1838. Il fait notamment partie du comité qui rédige les 92 Résolutions. Il participe ensuite à l'organisation du mouvement de protestation à la suite de leur rejet par le Parlement britannique et dirige le Comité central et permanent du district de Montréal, qui est chargé de coordonner l'action des patriotes dans le Bas-Canada. Sa tête étant mise à prix, il est forcé de s'exiler en 1837. À son retour, il se consacre à la mise en valeur de sa seigneurie et siège comme député à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1848 à 1851 et de 1852 à 1854. Toujours présent dans la mémoire collective, Papineau marque l'histoire du Québec et du Canada comme étant un fervent défenseur de son peuple, de ses institutions et de sa démocratie parlementaire. »
Assemblée nationale du Québec. Dictionnaire des parlementaires du Québec de 1764 à nos jours [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/membres/notices/index.html
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
LAPORTE, Gilles. Brève histoire des patriotes. Québec, Septentrion, 2015. 361 p.
OUELLET, Fernand. « Papineau, Louis-Joseph ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PAULIN, Marguerite. Louis-Joseph Papineau : le grand tribun, le pacifiste. Grandes figures, 26. Montréal, XYZ éditeur, 2000. 205 p.
RUMILLY, Robert. Papineau et son temps. Vol. 2. Vies canadiennes. Montréal, Fides, 1977. s.p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Paradis, Élodie
Né(e) le 12 mai 1840Décédé(e) le 3 mai 1912

Née le 12 mai 1840 à L'Acadie (Saint-Jean-sur-Richelieu), Élodie Paradis, baptisée Alodie-Virginie Paradis, est la fille de Joseph Paradis et d'Émilie Grégoire.
À l'âge de neuf ans, Élodie Paradis entre au pensionnat des Sœurs de la congrégation de Notre-Dame à La Prairie, puis en 1854, elle se présente au noviciat des Sœurs de Sainte-Croix à Saint-Laurent (Montréal). En 1857, elle prononce ses vœux et reçoit le nom de sœur Marie-de-Sainte-Léonie, mais est communément appelée sœur Marie-Léonie.
Sœur Marie-Léonie enseigne dans trois écoles de la région de Montréal jusqu'en 1862, puis sa communauté l'envoie aux États-Unis. De 1862 à 1874, elle œuvre à New York, en Indiana et au Michigan. En 1874, elle est invitée par la Congrégation de Sainte-Croix à prendre en charge un groupe de sœurs qui assume les travaux domestiques au collège Saint-Joseph, au Nouveau-Brunswick. Elle devient ainsi auxiliaire et collaboratrice des Pères de Sainte-Croix de ce collège dont l'enseignement est destiné aux Acadiens.
Le 31 mai 1880, sœur Marie-Léonie fonde l'Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille au collège Saint-Joseph avec l'accord des Pères de Sainte-Croix. La nouvelle communauté est vouée au service domestique des collèges, des séminaires, des évêchés et des maisons de formation de prêtres. Sœur Marie-Léonie est dorénavant appelée mère Marie-Léonie et devient la supérieure de l'Institut.
En 1895, mère Marie-Léonie déménage la maison mère de sa communauté à Sherbrooke. Mgr John Sweeny, l'évêque de Saint-Jean, refusant d'accorder l'approbation canonique à la communauté, mère Marie-Léonie se tourne vers l'évêque de Sherbrooke, Mgr Paul Larocque, qui cherche du personnel pour son séminaire. En 1896, la communauté reçoit l'approbation canonique et prend rapidement de l'expansion dès ce moment. Mère Marie-Léonie envoie des sœurs pour assurer les services domestiques dans 42 maisons au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis. En 1912, plus de 600 religieuses sont des Petites Sœurs de la Sainte-Famille. Mère Marie-Léonie se fait aussi connaître par la population de Sherbrooke et de la région environnante pour ses nombreuses actions de charité.
Elle est décédée à Sherbrooke le 3 mai 1912.
En 1984, lors de sa visite au Canada, le pape Jean-Paul II béatifie celle qui devient bienheureuse mère Marie-Léonie. Il s'agit de la première cérémonie de béatification tenue en Amérique.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Élodie Paradis, mieux connue sous le nom de mère Marie-Léonie, est la fondatrice et la première supérieure de l'Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, une communauté de religieuses se consacrant au service domestique des collèges, des séminaires, des évêchés et des maisons de formation de prêtres. Élodie Paradis entre chez les Sœurs de Sainte-Croix en 1854 et prononce ses vœux en 1857. Elle reçoit le nom de sœur Marie-de-Sainte-Léonie et est communément appelée sœur Marie-Léonie. Elle œuvre dans la région de Montréal, aux États-Unis et au Nouveau-Brunswick. En 1874, elle est invitée par la Congrégation de Sainte-Croix à prendre en charge un groupe de sœurs qui assume les travaux domestiques au collège Saint-Joseph, au Nouveau-Brunswick. Le 31 mai 1880, elle y fonde l'Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille et est appelée mère Marie-Léonie. Elle déménage la maison mère de sa communauté à Sherbrooke en 1895. L'année suivante, la communauté reçoit l'approbation canonique et prend rapidement de l'expansion dès ce moment. Mère Marie-Léonie envoie des sœurs pour assurer les services domestiques dans 42 maisons au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis. À son décès, plus de 600 religieuses sont des Petites Sœurs de la Sainte-Famille.
AUGER, Christian. « La spiritualité victimale au Canada français. Étude de dix congrégations de religieuses au service du clergé ». Claretianum. Vol. 46 (2006), p. 361-412.
BIENVENUE, Louise et Guy LAPERRIÈRE. « Sans elles, le collège ne serait pas ce qu'il est». Le travail des Petites Soeurs de la Sainte-Famille dans les collèges classiques au Québec ». Histoire sociale/ Social History. Vol. XLVII, no 93 (2014), p. 5-35.
Centre Marie-Léonie Paradis. Centre Marie-Léonie Paradis [En Ligne]. http://www.centremarie-leonieparadis.com/
GAUTHIER, Jacques. Les Chemins de l'Évangile : entretiens avec Marie-Léonie Paradis. s.l. Novalis, 2012. 188 p.
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ROBILLARD, Denise. Mère Marie-Léonie, 1840-1912, fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Montréal, Fides, 1984. 46 p.
ROBILLARD, Denise. « Paradis, Élodie (baptisée Alodie-Virginie), dite mère Marie-Léonie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
VEILLETTE, Denise. Femmes et religions. Québec, Presses de l'Université Laval, 1995. 466 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Reford, Elsie
Né(e) le 22 janvier 1872Décédé(e) le 8 novembre 1967

Née Mary Elsie Stephen Meighen le 22 janvier 1872 à Perth, en Ontario, Elsie Reford est la fille de Robert Meighen, président de la Lake of the Woods Milling Company, et d'Elsie Stephen.
Elsie Meighen s'installe à Montréal avec ses parents en 1882. Faisant partie de la grande bourgeoisie d'affaires, elle est initiée très tôt aux arts et à la musique. En 1890, elle part pour l'Europe et séjourne notamment dans les villes de Dresde et de Paris. Elle y apprend les rudiments des langues française et allemande, en plus d'y parfaire son apprentissage du violon et du piano.
De retour à Montréal, Elsie Meighen épouse l'homme d'affaires Robert Wilson Reford. Elle se consacre alors à plusieurs activités philanthropiques et charitables. Elle est notamment administratrice du comité de direction du Montreal Maternity Hospital, de 1898 à 1913, et directrice de ce comité à compter de 1908. Cherchant à promouvoir la place des femmes dans les débats publics et à ce qu'elles puissent être informées de l'actualité nationale et internationale, elle cofonde en 1907 le Women's Canadian Club de Montréal, un équivalent des Canadian Clubs qui sont réservés aux hommes. Elle fréquente des gens de lettres et de science, des industriels, des diplomates et s'entretient avec des hommes politiques, dont Lord Grey, le gouverneur général du Canada. Elle lui vient notamment en aide pour trouver le financement des fêtes du Tricentenaire de Québec, qui est célébré en 1908.
Pendant la Première Guerre mondiale, Elsie Reford rejoint ses fils en Angleterre, où elle agit comme traductrice pour le gouvernement britannique. À son retour à Montréal, elle soutient publiquement la conscription et prononce des discours pour inciter les femmes à utiliser leur droit de vote nouvellement acquis pour appuyer le Parti conservateur de son cousin, Arthur Meighen.
À l'instar de plusieurs membres de la grande bourgeoisie montréalaise, Elsie Reford passe ses étés en campagne et s'adonne à plusieurs activités de plein air comme la chasse, l'équitation et la pêche au saumon. Elle pratique ces dernières en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, notamment au domaine de Grand-Métis, qui appartient à son oncle, l'homme d'affaires George Stephen (Lord Mount Stephen). En 1918, Stephen fait don de sa propriété à sa nièce.
Forcée de réduire ses activités sportives en raison d'un problème de santé, Elsie Reford se consacre à l'embellissement de son domaine de Grand-Métis à compter de 1926. Sans formation en aménagement paysager, elle utilise comme guide les ouvrages de Gertrude Jekyll et de William Robinson, notamment The English Flower Garden. Pendant plus d'une trentaine d'années, avec l'aide d'une main-d'œuvre locale, elle aménage sur son domaine des jardins d'inspiration anglaise, en y faisant coexister des plantes autant indigènes qu'exotiques, comme des pavots bleus du Tibet, des lys et des gentianes. Ce domaine sera plus tard connu sous le nom des Jardins de Métis.
Elle publie des articles dans les revues Royal Horticultural Society et North American Lily Society. Elle y communique notamment les résultats de ses essais d'acclimatation de différentes plantes dans un climat nordique.
Elle est décédée à Montréal le 8 novembre 1967. Elle est inhumée dans le cimetière Mont-Royal, à Montréal.
Elle avait épousé, à Montréal, en 1894, Robert Wilson Reford, héritier de la Robert Reford Compagny Limited, fils de Robert Reford et de Katherine Drummond.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Elsie Reford a contribué de manière remarquable à l'histoire des grands jardins et à l'avancement des savoirs horticoles au Québec, notamment en tant que conceptrice des Jardins de Métis, qu'elle a élaborés de 1926 à 1958 dans son domaine de Grand-Métis. Malgré des conditions climatiques difficiles, elle y a conçu, aménagé et entretenu, avec l'aide d'une main-d'œuvre locale, de vastes jardins d'inspiration anglaise, qui sont aujourd'hui reconnus comme une véritable prouesse horticole. Elle y a aussi cultivé des espèces rares et fragiles, tant indigènes qu'étrangères, formant ainsi l'une des plus importantes collections de végétaux du Québec. De plus, elle a publié plusieurs articles dans des revues spécialisées en horticulture, ce qui participe à la reconnaissance dont elle jouit encore aujourd'hui.
Elsie Reford est également reconnue pour son engagement dans la défense des droits des femmes ainsi que pour ses activités philanthropiques et politiques. Elle a notamment cofondé en 1907 le Women's Canadian Club à Montréal, l'équivalent des Canadian Clubs qui étaient jusqu'alors réservés aux hommes, afin d'informer les femmes sur les enjeux de l'actualité et de promouvoir leur participation aux débats publics. Elle a contribué à trouver le financement des fêtes du tricentenaire de Québec et a prononcé des discours pour soutenir la conscription et des candidatures politiques. Elle s'est aussi investie, de 1898 à 1913, dans la santé maternelle et infantile en œuvrant pour le Montreal Maternity Hospital. »
BLAIN, Dominique. Elsie; une œuvre-hommage de Dominique Blain. Rimouski, Musée Régional de Rimouski, 2006. 95 p.
GILL, Pauline. Une Bourgeoise d'exception : la femme derrière les Jardins de Métis : Roman. Montréal, Québec Amérique, 2019. s.p.
HÉBERT, Karine. « Elsie Reford ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/
HÉBERT, Karine. « Elsie Reford, une bourgeoise montréalaise et métissienne ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 63 (2009), p. 276-303.
JASMIN, Hélène. Elsie Reford; La grande dame des Jardins de Métis. Saint-Jean-sur-Richelieu, Lidec Inc., 2015. 61 p.
JASMIN, Hélène. Les saisons d’Elsie : recueil des jours. s.l. La belle Amérique, 2018. s.p.
Les amis des Jardins de Métis. Elsie Vue par. s.l. Éditions Umanium, 2018. 167 p.
Les Jardins de Métis. Elsie Reford; 150 objets de passion. s.l. Éditions Umanium, 2022. 351 p.
REFORD, Alexander. « Elsie Reford-Un Jardin de lys dans le Bas-Saint-Laurent ». Cahier de l’Estuaire (2002), p. 21-28.
REFORD, Alexander. Les Jardins de Métis : le paradis d'Elsie Reford. Montréal, Éditions de l'Homme, 2004. 177 p.
WILLIAMS, Ron. Architecture de Paysage Du Canada. Montréal, Presse de l’université de Montréal, 2014. s.p.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Richard, Maurice
Né(e) le 4 août 1921Décédé(e) le 27 mai 2000

Né le 4 août 1921 à Montréal, Maurice Richard est le fils d’Onésime Richard, ouvrier, et d’Alice Laramée.
Il grandit dans le quartier de Bordeaux, à Montréal, et s’adonne au hockey, mais aussi au baseball et à la boxe.
De 1938 à 1940, il porte les couleurs des Maple Leafs de Verdun dans le hockey junior puis senior. En 1940, il joint les Canadiens séniors de Montréal de la Ligue de hockey sénior du Québec. Il joue deux saisons pour cette formation, mais dispute peu de matchs en raison de blessures.
En 1942, Maurice Richard paraphe son premier contrat professionnel avec les Canadiens de Montréal. Une nouvelle blessure à une jambe met cependant fin à sa saison recrue, après seulement 16 parties.
Richard s’impose pendant la saison de 1943-1944. Il compte 32 buts au cours de la saison régulière et en ajoute 12 dans les séries éliminatoires, aidant les Canadiens à remporter une première Coupe Stanley depuis 1931. Le 23 mars 1944, pendant un match de demi-finale contre Toronto, il marque les 5 buts de son équipe dans une victoire de 5 à 1. On lui décerne alors les trois étoiles de la partie.
Pendant la saison de 1944-1945, Richard secoue le monde du hockey en devenant le premier joueur à marquer 50 buts en une saison, un exploit réussit en 50 parties. Il marque d’ailleurs 5 de ces buts dans une victoire de 9 à 1 des Canadiens contre Détroit, le 28 décembre 1944. Richard avait pourtant déménagé les meubles et les effets de sa famille pendant la journée.
Au cours de la saison suivante, Richard marque plusieurs buts victorieux, notamment pendant les séries éliminatoires, permettant aux Canadiens de remporter une nouvelle Coupe Stanley. En 1946-1947, on lui remet le trophée Hart, grâce à ses 45 buts. Maurice Richard est alors reconnu comme le meilleur joueur de la LNH, ce qui nourrit la fierté des amateurs de hockey de Montréal et de la population du Québec.
À la fin des années 1940, les Canadiens connaissent moins de succès en raison de rivalités intenses avec les équipes de Toronto et de Détroit. Pour sa part, Maurice Richard subit de nouvelles blessures qui le forcent à s’absenter plus fréquemment.
Les Canadiens reviennent toutefois en force dans les années 1950 et participent à toutes les finales. Sur le plan individuel, Richard continue de réaliser des exploits qui contribuent à l’édification de sa légende. Le 8 avril 1952, il marque le but gagnant de la demi-finale contre Boston, qui est dès lors reconnu comme le plus sensationnel de l’histoire de la LNH.
Au début de la décennie, Richard se frotte occasionnellement au bureau de direction de la LNH et à son président, Clarence Campbell. Cette confrontation atteint son apogée en 1955. Pendant une empoignade survenue dans une partie disputée à Boston, Richard malmène un arbitre. Le président suspend la vedette des pour le reste de la saison et l’ensemble des séries éliminatoires. À l’occasion du match suivant, le 17 mars au Forum, des amateurs s’en prennent à Campbell, et la grogne se transporte dans les rues environnantes. C’est l’émeute Richard, qui passera à l’histoire.
À charge de revanche, Richard et les Canadiens dominent la LNH pendant les 5 saisons suivantes. Ils remportent 5 coupes Stanley consécutives, donnant naissance à la première dynastie de l’histoire de la LNH. Bien que les blessures et l’âge commencent à le ralentir, le Rocket continue de contribuer aux succès de son équipe.
Maurice Richard se retire du hockey professionnel le 15 septembre 1960, mais continue de participer à des matchs d’exhibition et à des événements promotionnels. Il prête son nom à des publicités et exploite des commerces. En 1972, il est brièvement le premier instructeur chef des Nordiques de Québec, dans l’Association mondiale de hockey.
Il est décédé à Montréal, le 27 mai 2000. Il est inhumé au cimetière Notre Dame des Neiges.
Il avait épousé à Montréal, le 12 septembre 1942, Lucille Norchet, fille de Lucien Norchet et de Léona Bertrand.
« Maurice Richard est l’une des plus grandes figures de l’histoire du hockey sur glace. Joueur de grand talent, il s’est distingué par sa ténacité, son désir de vaincre, son jeu intense, ses aptitudes à marquer des buts et sa rapidité d’exécution, d’où son surnom de « Rocket ». Pendant ses 18 saisons dans la Ligue nationale de hockey (LNH), toutes disputées avec les Canadiens de Montréal, il a participé à la conquête de 8 coupes Stanley et a dominé le palmarès des buteurs à 5 reprises. Il est aussi devenu, en 1944-1945, le premier joueur de la LNH à atteindre le plateau des 50 buts en une saison; un exploit d’autant plus remarquable qu’il a été réalisé en 50 parties. Encore aujourd’hui, il est le meilleur buteur de l’histoire des Canadiens, tant en saison régulière qu’en séries éliminatoires. Pour honorer le meilleur buteur de la saison, la LNH remet depuis 1998 un trophée portant le nom de Maurice Richard.
Au-delà de ses prouesses sportives, Maurice Richard a incarné la fierté et les aspirations de la population canadienne-française. Par l’entremise du joueur de hockey, cette population a eu le sentiment qu’elle pouvait enfin remporter des victoires. En contrepartie, elle ressentait chacun des coups donnés au Rocket comme des coups contre elle-même. Ce sentiment a culminé pendant l’émeute du 17 mars 1955, qui a été déclenchée en réaction à l’imposition à Richard d’une suspension considérée injuste. Cette émeute a d’ailleurs été interprétée par certains comme un prélude au bouillonnement de la Révolution tranquille. Le joueur de hockey a conservé ce statut de héros à la suite de sa retraite, puis de son décès. Véritable légende du hockey, Maurice Richard est devenu l’un des symboles de l’identité québécoise. »
BRANCHU, Marc. « Maurice Richard ». s.a. Biographies de grands hockeyeurs / Hockey sur glace [En ligne]. http://www.hockeyarchives.info/biographies/richard.htm
CARRIER, Roch. Le Rocket. Montréal, Stanké, 2000. 271 p.
DAOUST, Paul. Maurice Richard, le mythe québécois aux 626 rondelles. Notre-Dame-des-Neiges, Québec, Éditions Trois-Pistoles, 2006. 301 p.
DUMAS, Alexandre et Suzanne LABERGE. « L’affaire Richard/Campbell : un catalyseur de l’affirmation des Canadiens français ». Bulletin d’histoire politique. Vol. 11, no 2 (2003), p. 30-44.
MARSH, James H. « Maurice « Rocket » Richard ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/maurice-rocket-richard
MELANÇON, Benoît. Les yeux de Maurice Richard : une histoire culturelle. Montréal, Fides, 2008. 312 p.
MELANÇON, Benoît. « Maurice Richard, 2e partie : le mythe ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-194/Maurice_Richard,_le_mythe.html
PELLERIN, Jean-Marie. Maurice Richard, l’idole d’un peuple. Montréal, Éditions Trustar, 1998. 570 p.
PERRONE, Julie. « Maurice Richard, 1ere partie : le hockeyeur ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-195/Maurice_Richard,_1%C3%A8re_partie:_le_hockeyeur.html
REPENTINY, Alain de. Maurice Richard. Montréal, La Presse, 2005. 126 p.
VIGNEAULT, Michel. « Richard, Maurice ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Riopelle, Jean Paul
Né(e) le 23 octobre 1923Décédé(e) le 12 mars 2002

Né le 7 octobre 1923 à Montréal, Jean Paul Riopelle est le fils de Léopold Riopelle, menuisier et rentier, et d'Anna Riopelle.
Dès l'adolescence, Jean Paul Riopelle s'initie au dessin et à la peinture auprès du peintre et sculpteur Henri Bisson (1900-1973). En 1943, après un bref passage à l'école polytechnique de Montréal, il s'inscrit au programme d'art de l'École du meuble. Il y fait une rencontre déterminante, celle du peintre Paul-Émile Borduas (1905-1960), alors professeur. C'est sous les enseignements de ce dernier que Riopelle réalise ses premières œuvres abstraites et qu'il intègre un groupe d'artistes que l'on nommera plus tard les Automatistes. À cette même époque, il commence à voyager, notamment à New York où il fréquente le studio de graveur Wiliam Hayter, et à Paris où il se rapproche du mouvement des surréalistes. En 1948, Riopelle signe le manifeste Refus Global.
Les années 1950 marquent une période d'effervescence dans la carrière de l'artiste. Installé de manière plus permanente à Paris, il continue néanmoins à voyager régulièrement. Il explore alors différentes techniques, se nourrissant des influences de la scène artistique d'avant-garde pour réaliser ses fameuses mosaïques : des tableaux très grands formats sur lesquels il peint par touches colorées, saturant la surface en créant d'impressionnants empâtements de matière picturale. À cette époque, le travail de Riopelle est encensé, tant par la critique que ses paires. Il représente également le Canada à la prestigieuse Biennale de Venise en 1954, en compagnie de Paul-Émile Borduas et de Bertram Charles Benning.
Les années 1960 sont elles aussi ponctuées de moments de consécration. En 1962, Riopelle représente une fois de plus le Canada à la Biennale de Venise où, de surcroit, il reçoit l'un des trois prix de l'Unesco. En 1967, le Musée du Québec (Musée national des beaux-arts du Québec) présente une grande rétrospective de ses œuvres, la première de cette importance en sol québécois. Au fil de cette décennie, sans jamais délaisser la peinture, l'artiste expérimente de nouveaux médiums, dont la sculpture et l'estampe. Les références à la nature deviennent également de plus en plus explicites dans l'ensemble de sa production.
En 1974, il aménage un atelier à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides. Dès lors, les séjours de Riopelle au Québec se font plus fréquents et plus longs. En 1976, l'artiste visite l'Isle-aux-Oies, où il réalise une série de dessins autour du thème de la chasse aux oies. La même année, La Joute, une sculpture monumentale en bronze, est installée au Parc olympique de Montréal. À la fin des années 1970, à la suite de deux voyages en Arctique, Riopelle réalise une autre importante série de peintures en noir et blanc, les Icebergs.
En 1990, il revient définitivement au Québec. Au fil des années, d'autres expositions rétrospectives sont présentées en France comme au Québec, rendant hommage une fois de plus au parcours exceptionnel de l'artiste. En 1992, dans son atelier de l'Île-aux-Grues, Riopelle réalise une dernière grande peinture, l'une des œuvres phares de sa carrière: L'Hommage à Rosa Luxemburg. L'impressionnante murale est dévoilée au Château de La Roche-Guyon, non loin de Paris, puis au Musée du Québec (Musée national des beaux-arts du Québec) en 1996, où elle est désormais exposée dans la collection permanente.
Il est décédé à l'Île-aux-Grues (Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues), le 12 mars 2002. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.
Il avait épousé à Montréal, en 1946, Françoise Lespérance.
Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:
« Jean Paul Riopelle a profondément marqué la scène artistique et culturelle québécoise. Artiste multidisciplinaire de renommée internationale, il est aujourd'hui reconnu comme une figure incontournable de l'histoire de l'art moderne, ayant redéfini les frontières entre abstraction et figuration. Proche des surréalistes parisiens, il a aussi été membre du groupe des Automatistes et cosignataire du manifeste Refus global. Ouvert sur le monde, il a nourri sa pratique des influences des arts non occidentaux comme des plus grands mouvements d'avant-garde canadiens, américains et européens. Inspiré par les travaux d'anthropologues et d'ethnologues tels que Marius Barbeau et Claude Lévi-Strauss, Riopelle a déployé au fil des années une production imprégnée de thèmes en lien avec la nature, même dans ses œuvres les plus abstraites. Après avoir passé une partie de sa vie en France, il est revenu définitivement au Québec au début des années 1990 où il a continué à créer, notamment dans son atelier à l'Isle-aux-Grues. Reconnu par ses pairs et encensé par la critique et le public, sa carrière de plus de 50 ans est jalonnée de prix et de distinctions. Il a pris part à de nombreuses expositions collectives et fait l'objet de plusieurs expositions individuelles au Québec comme à l'étranger. Des musées français et québécois lui ont d'ailleurs consacré des rétrospectives, soulignant différents moments charnières de son exceptionnel parcours. Riopelle a représenté deux fois le Canada à la prestigieuse Biennale de Venise où il a reçu un prix de l'UNESCO en 1962. Artiste prolifique, il a réalisé plusieurs milliers d'œuvres, dont des centaines de dessins, gravures et sculptures ainsi que plusieurs séries de peintures, désormais emblématiques, conservées et exposées dans des collections privées et publiques d'envergure dans le monde entier. »
AQUIN, Stéphane et Guy COGEVAL. Riopelle. Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal, 2006. 151 p.
DE BILLY, Hélène. Riopelle. Montréal, Éditions Art Global, 1996. 354 p.
Fondation Jean Paul Riopelle. Riopelle 100 [En Ligne]. https://fondationriopelle.com/
GAGNON, François-Marc. « Riopelle, Jean Paul ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Rollet, Marie
Date exacte de naissance inconnue.Date exacte du décès inconnue.

Marie Rollet est probablement née à Paris en 1580.
Marie Rollet arrive en Nouvelle-France en 1617 avec son mari, l'apothicaire Louis Hébert, et leurs trois enfants. En plus d'aider son époux à soigner les malades, elle s'occupe de l'instruction de jeunes autochtones. Elle est souvent désignée comme marraine lors du baptême d'Autochtones nouvellement convertis.
Devenue veuve en 1627, Marie Rollet se remarie deux ans plus tard avec Guillaume Hubou. Elle demeure à Québec avec sa famille lorsque la Nouvelle-France est occupée par les Anglais entre 1629 et 1632. Après le retour des Français, elle héberge dans sa maison des jeunes filles autochtones recevant leur éducation chez les Jésuites.
Elle est décédée à Québec en mai 1649. Elle est inhumée dans la même ville.
Elle avait épousé à Paris, en 1602, Louis Hébert, fils de Nicolas Hébert, épicier et apothicaire, et de Jacqueline Pajot; puis à Québec, en 1629, Guillaume Hubou, fils de Jean Hubou et de Jeanne Goupil.
Ce personnage historique est désigné, à la même occasion que Louis Hébert, pour les motifs suivants:
Louis Hébert et Marie Rollet sont des figures emblématiques de l'histoire du Québec. Ils s'établissent à Québec, en Nouvelle-France, en 1617, avec leurs trois enfants, Anne, Guillemette et Guillaume. Louis Hébert est reconnu comme le premier colon de la Nouvelle-France, considérant qu'il est le premier Européen à tirer sa subsistance de ses terres, qu'il défriche et cultive. Il est aussi le premier titulaire de la fonction de procureur du roi et est reconnu comme le premier pharmacien et seigneur en Nouvelle-France. Son épouse, Marie Rollet, collabore à la culture du sol, est une soignante et enseigne aux Autochtones. Elle et sa famille font partie des quelques Français qui demeurent à Québec lorsque la cité est occupée par les Anglais entre 1629 et 1632. Louis Hébert et Marie Rollet ont une lignée importante en Amérique du Nord par leur fille Guillemette, mariée à Guillaume Couillard.
ASSELIN, Alain et Jacques MATHIEU. La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet. Québec, Septentrion, 2017. 248 p.
BENNETT, Ethel M. G. « Rollet, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
MATHIEU, Jacques. « Hébert, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. https://www.biographi.ca/fr/bio/hebert_louis_1F.html
MATHIEU, Jacques. « La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet ». Société Histoire Canada. Histoire Canada [En ligne]. https://www.histoirecanada.ca/consulter/colonisation-et-immigration/la-vie-meconnue-de-louis-hebert-et-marie-rollet
PARENT, France. « Au-delà des rôles, la place des femmes ». Cap-aux-Diamants. Vol. Hors-série (2004), p. 25-29.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Roy, Gabrielle
Né(e) le 22 mars 1909Décédé(e) le 13 juillet 1983

Née le 22 mars 1909 à Saint-Boniface, au Manitoba, Gabrielle Roy est la fille de Léon Roy, agent d'immigration, et de Mélina Landry.
Gabrielle Roy fait des études à l'académie Saint-Joseph, puis à l'école normale de Winnipeg, où elle reçoit son brevet d'institutrice.
En 1929, Gabrielle Roy commence une carrière dans l'enseignement. Elle agit comme institutrice dans les écoles des villages de Marchand et de Cardinal en 1929 et en 1930, à l'Institut collégial Provencher de Saint-Boniface de 1930 à 1937, puis à la Petite-Poule-d'Eau à l'été de 1937. En plus d'enseigner, elle s'adonne à l'écriture et participe aux activités de la troupe de théâtre du Cercle Molière.
En 1937, Gabrielle Roy part étudier les arts dramatiques en France et en Angleterre en vue de devenir comédienne. Elle fréquente notamment la Guildhall School of Music and Drama, à Londres. Pendant son séjour, elle publie ses premiers articles dans la revue française Je suis partout.
En 1939, elle revient au pays et décide de s'installer à Montréal au lieu de retourner au Manitoba. Pendant six ans, elle travaille comme artiste dramatique et surtout comme journaliste à la pige. Conseillée par Henri Girard, directeur littéraire de la Revue moderne, elle publie des chroniques dans de nombreux journaux et revues, des nouvelles dans la Revue moderne et, à compter de 1940, des reportages dans le Bulletin des agriculteurs. Elle délaisse progressivement l'art dramatique pour se consacrer pleinement à l'écriture. Elle découvre la matière d'un premier roman au cours de randonnées dans le quartier défavorisé de Saint-Henri, où elle constate les conditions de vie précaires des classes populaires. Le 28 juin 1945, le roman Bonheur d'occasion paraît à la Société des éditions Pascal et confère à Gabrielle Roy une célébrité instantanée. Elle remporte plusieurs prix, notamment le prestigieux prix Femina, et est admise à la section française de la Société royale du Canada. Plus encore, la parution de ce grand roman urbain contribue à renouveler le genre romanesque québécois.
Gabrielle Roy retourne en France avec son mari en 1947. Elle y reste trois ans et profite de son séjour pour rédiger un nouveau roman, La Petite Poule d'Eau, publié à son retour à Montréal en 1950. Le couple s'établit à Québec en 1952 et achète plus tard un chalet à Petite-Rivière-Saint-François, dans le comté de Charlevoix. Gabrielle Roy passe tous ses étés dans ce chalet et y rédige la plupart de ses romans. Elle se consacre presque exclusivement à son œuvre littéraire, l'une des plus importantes au Québec et au Canada.
En plus de Bonheur d'occasion (1945) et de La Petite Poule d'Eau (1950), elle a publié plusieurs autres œuvres, dont Alexandre Chenevert (1954), Rue Deschambault (1955), La Montagne secrète (1961), La Route d'Altamont (1966), La Rivière sans repos (1970), Cet été qui chantait (1972), Un jardin au bout du monde (1975), Ces enfants de ma vie (1977), Fragiles lumières de la terre (1978) et De quoi t'ennuies-tu, Éveline? (1982).
Considérée comme une grande écrivaine de la condition humaine, Gabrielle Roy aborde dans son œuvre des thèmes comme la solidarité envers les pauvres et les opprimés ou les injustices sociales dont les femmes sont victimes. Elle agit également comme ambassadrice de la langue française, choisissant d'écrire dans cette langue alors qu'elle a grandi au Manitoba à une époque où l'enseignement du français est interdit. Faisant preuve d'une grande maîtrise de la langue française, elle contribue à la mettre en valeur.
Elle est décédée à Québec, le 13 juillet 1983. Elle est inhumée au cimetière La Souvenance de Québec.
Elle avait épousé à Saint-Vital, au Manitoba, en 1947, Marcel Carbotte, médecin.
Ce personnage historique a été désignée pour les motifs suivants:
« Gabrielle Roy est considérée comme l'une des plus grandes écrivaines du Québec et du Canada. Née au Manitoba, elle est d'abord institutrice et artiste dramatique. Elle publie son premier roman, Bonheur d'occasion, en 1945 et remporte le prestigieux prix Femina en 1947, ce qui lui confère une célébrité instantanée. En posant un regard juste et réaliste sur les conditions de vie précaires des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal et en plaçant le narrateur au cœur d'un environnement urbain, elle contribue derechef à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu'alors d'inspiration plutôt rurale et idéaliste. Elle enrichit son œuvre au fil des décennies suivantes par la publication, entre autres, de La Petite Poule d'Eau (1950), Alexandre Chenevert (1954), La Montagne secrète (1961), La Route d'Altamont (1966), La Rivière sans repos (1970) et Ces enfants de ma vie (1977). Avec la traduction de ses romans en plusieurs langues, Gabrielle Roy atteint une renommée internationale. Elle a remporté plusieurs prix importants au cours de sa vie, dont le Prix du Gouverneur général à trois reprises, le prix David à deux occasions, le prix Duvernay, ainsi que le prix Molson. L'Association des littératures canadienne et québécoise décerne chaque année, en son honneur, le prix Gabrielle-Roy afin de couronner des ouvrages de critique littéraire. L'œuvre écrite de Gabrielle Roy demeure l'une des plus importantes au Québec et au Canada. »
FAUCHON, André, dir. Colloque international Gabrielle Roy : actes du colloque soulignant le cinquantième anniversaire de Bonheur d'occasion, 27 au 30 septembre 1995. Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 1996. 756 p.
GAUTHIER, Serge. « Les étés qui chantaient: Gabrielle Roy à Petite-Rivière-Saint-François (1950-1983) ». Institut national de la recherche scientifique. Encyclobec. Les régions du Québec : un passé et un présent à découvrir [En ligne]. http://www.encyclobec.ca/
Maison Gabrielle Roy. Biographie [En Ligne]. http://www.maisongabrielleroy.mb.ca/
RICARD, François. Album Gabrielle Roy. Montréal, Boréal, 2014. 151 p.
RICARD, François. Gabrielle Roy : une vie : biographie. Montréal, Boréal, 1996. 646 p.
RICARD, François. « Roy, Gabrielle ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
SAINT-PIERRE, Annette. Au pays de Gabrielle Roy. Saint-Boniface, Plaines, 2005. 222 p.
TOUSSAINT, Ismène. « Roy, Gabrielle ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
VANASSE, André. Gabrielle Roy: Écrire, une vocation. Montréal, XYZ, 2004. 164 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Saint-Jean, Idola
Né(e) le 19 mai 1880Décédé(e) le 6 avril 1945

Née le 19 mai 1880 à Montréal, Idola Saint-Jean est la fille d'Edmond Saint-Jean, avocat criminaliste, et d'Emma Lemoine.
Idola Saint-Jean étudie chez les religieuses de la Congrégation Notre-Dame, au couvent de Villa-Maria, à Montréal. Elle fréquente aussi l'école de théâtre de Julia Bennati, où elle suit des cours de diction et de mise en scène. Comédienne, elle joue dans quelques pièces de théâtre à Montréal et à Québec. Elle prend aussi des leçons de théâtre à Paris et suit des cours à la Sorbonne.
De retour de Paris, Idola Saint-Jean est embauchée pour enseigner la diction et la littérature française à l'Université McGill. Elle conserve ce poste jusqu'à son décès. Elle enseigne également à l'Université de Montréal, au Mechanic's Institute, au Monument-National et au Young Women's Christian Association. Elle s'implique aussi dans diverses sociétés d'entraide, notamment le comité catholique de la Cour juvénile de Montréal et la Société d'aide aux enfants catholiques.
Idola Saint-Jean est une des figures marquantes du féminisme de la première moitié du XXe siècle, et plus particulièrement de la lutte pour l'obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises. Militante au sein de la Fédération nationale de la Société Saint-Jean-Baptiste, elle participe en 1922 à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin. Elle prend part à la délégation féminine de février 1922 qui rencontre à Québec le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau pour réclamer le droit de suffrage, puis à toutes les marches qui se succèdent par la suite, année après année.
En 1927, Idola Saint-Jean fonde l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, l'une des deux plus importantes associations féministes du Québec. Elle crée notamment pour cet organisme une bibliothèque ambulante et met sur pied un bureau offrant des consultations gratuites aux femmes sur des questions légales et économiques. Devenue une figure publique, Idola Saint-Jean œuvre dans le milieu radiophonique, écrit dans la revue de l'Alliance, La sphère féminine, et tient une chronique dans The Montreal Herald. Dans ces tribunes, elle dénonce le concept de subordination des sexes qui maintient les femmes en situation d'infériorité juridique. Elle réclame également l'autonomie financière pour les femmes. En 1930, elle devient la première femme québécoise à se présenter à des élections fédérales. Candidate libérale indépendante dans la circonscription de Saint-Denis, elle ne parvient toutefois pas à se faire élire. En 1934, elle obtient la modification de la Loi des banques pour permettre aux femmes mariées de disposer d'un compte de banque personnel. L'année suivante, elle récolte 10 000 signatures pour une pétition qu'elle transmet au roi George V pour attirer son attention sur la question du droit de suffrage féminin au Québec. En 1940, l'Assemblée législative de la province de Québec adopte le projet de loi accordant le droit de vote et le droit d'éligibilité aux femmes québécoises. Idola Saint Jean est alors reconnue comme une artisane de cette victoire.
Elle a publié de nombreux manuels éducatifs, dont Récitations enfantines et Récitations pour les élèves du cours supérieur de diction française (1917). Elle est aussi l'auteure de Morceaux à dire (1918).
Elle est décédée à Montréal le 6 avril 1945. Elle est inhumée dans la même ville, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Idola Saint-Jean est une des figures marquantes du féminisme de la première moitié du XXe siècle, et plus particulièrement de la lutte pour l'obtention du droit de vote des femmes québécoises. D'abord comédienne, puis professeure de diction et de littérature française à l'Université McGill, elle milite au sein de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et participe en 1922 à la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin. En 1927, elle fonde l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, l'une des deux plus importantes associations féministes du Québec. En 1930, elle devient la première femme québécoise à se présenter à des élections fédérales, dans la circonscription de Saint-Denis. En 1940, lorsque le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité, Idola Saint-Jean est reconnue comme l'une des principales artisanes de cette victoire pour les femmes québécoises.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse, dir. Ces femmes qui ont bâti Montréal. Montréal, Éditions Remue-ménage, 1992. 627 p.
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
GALLICHAN, Gilles. « Idola Saint-Jean : femme de coeur et femme de tête ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 39, no 1 (2010), p. 16-23.
LAVIGNE, Marie et Michèle STANTON-JEAN. Idola Saint-Jean, l'insoumise. Montréal, Boréal, 2017. 384 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Thierry dit Primot, Catherine
Date exacte de naissance inconnue.Décédé(e) le 5 août 1690

Née vers 1640 à Saint-Denis-le-Thiboult, en France, Catherine Thierry dit Primot est la fille de Guillaume Thierry et d'Elizabeth Messier.
À l'âge d'un an, elle est confiée à la sœur de sa mère, Martine Messier, ainsi qu'à son époux Antoine Primot, qui seraient partis pour la Nouvelle-France vers 1642. Elle est légalement adoptée en 1660.
Catherine Thierry dit Primot est éduquée par sa mère adoptive. À l'âge de 14 ans, elle épouse Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, le 28 mai 1654 à Ville-Marie. Elle y réside avec son mari dans une maison située sur la rue Saint-Paul. De 1656 à 1683, elle donne naissance à deux filles et douze fils.
Catherine Le Moyne a une position avantageuse dans la société coloniale. Épouse d'un seigneur et commerçant fortuné, elle s'implique dans les bonnes œuvres religieuses et est souvent nommée marraine à l'occasion de baptêmes de nouveau-nés de familles avoisinantes. En 1668, elle est anoblie en même temps que son époux, ses enfants et sa postérité.
À la suite du décès de son époux en 1685, elle prend la relève de ses activités commerciales et s'associe avec le négociant Antoine Pascaud pour faire fructifier les avoirs de la famille. Elle contribue également à la mise en valeur des propriétés seigneuriales en faisant construire un moulin sur l'île Saint-Bernard (île de Châteauguay) en 1686.
Elle est décédée à Montréal le 5 août 1690. Elle est inhumée avec son mari à l'église Notre-Dame de Montréal. Plusieurs de leurs deux filles et douze fils se sont illustrés dans le développement de la Nouvelle-France.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
« Catherine Thierry dit Primot est l'épouse de Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, marchand prospère et premier seigneur de Longueuil. Résidant avec son mari dans une maison prestigieuse de la rue Saint-Paul, à Montréal, Catherine Thierry dit Primot est une personne en vue de la société coloniale du XVIIe siècle. Grâce à sa position avantageuse, elle s'implique dans les bonnes œuvres religieuses et est souvent choisie comme marraine des nouveau-nés des familles avoisinantes. Elle donne naissance et élève 2 filles et 12 fils, dont font partie le baron Charles Le Moyne de Longueuil et l'explorateur Pierre Le Moyne d'Iberville et d'Ardillières, qui s'illustreront à leur tour dans l'administration et la défense de la colonie. En 1668, Catherine Thierry dit Primot est anoblie en même temps que son époux, ses enfants et sa postérité. À la suite du décès de son époux, elle s'emploie à faire fructifier la fortune familiale en s'associant entre autres au marchand Antoine Pascaud. Elle contribue également à la mise en valeur des possessions seigneuriales de la famille en faisant notamment construire un moulin sur l'île Saint-Bernard. Ensemble, Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay et Catherine Thierry dit Primot sont considérés comme des pionniers de Montréal, les fondateurs de Longueuil et des personnages importants de la Nouvelle-France. »
LEFEBVRE, Jean-Jacques. « Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Vieux-Montréal. Maisonnée Le Moyne - Thierry (en 1681) [En Ligne]. http://vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_pers.php?id=112
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Travers, Mary
Né(e) le 4 juin 1894Décédé(e) le 20 février 1941

Née le 4 juin 1894 à Newport, Mary Travers est la fille de Lawrence Travers et d'Adéline Cyr.
Mary Travers est issue d'une famille irlandaise provenant de la municipalité de Newport en Gaspésie. Elle fréquente peu l'école et apprend la musique de façon autodidacte. Son père lui enseigne le violon, l'accordéon, l'harmonica et la guimbarde. En 1908, elle quitte la Gaspésie pour Montréal, où elle obtient un premier emploi comme domestique. Rapidement, elle se dote d'une machine à coudre et gagne sa vie comme couturière. Elle se marie à vingt ans à Édouard Bolduc. À cette époque, elle travaille, tout comme son mari, dans une usine. Au printemps 1921, faute de pouvoir subvenir aux besoins de la famille qui s'agrandit, les Bolduc prennent la route de Springfield au Massachusetts où ils rejoignent la sœur d'Édouard. Ils font ainsi partie de la vague d'immigrants canadiens-français qui quittent massivement vers les états de la Nouvelle-Angleterre. N'ayant pas trouvé d'emploi, ils retournent à Montréal un an plus tard.
La musique tient une grande place dans la vie de Mary Bolduc. Grâce à des amis, elle entreprend une carrière dans la musique et la comédie. En 1928, Mary Bolduc chante en public lors d'une soirée de variétés au Monument-National. Le 12 avril 1929, elle enregistre un premier disque sous l'étiquette Starr. La première chanson enregistrée s'intitule: Y'a longtemps que je couche par terre. Puis, elle enregistre les chansons La cuisinière et Johnny Monfarleau, qui connaissent un grand succès de vente. De succès en succès, elle enregistre près d'une centaine de titres. Elle participe alors aux représentations des Veillées du bon vieux temps au Monument-National où elle fait connaître ses chansons qui deviennent rapidement des succès populaires. En pleine crise économique, elle devient rapidement une vedette, connue dans toute l'Amérique francophone sous le nom de madame Édouard Bolduc ainsi que La Bolduc.
Elle effectue une première tournée en 1931 qui la mène loin des grandes villes comme Montréal et Québec. L'année suivante, elle dirige sa propre tournée avec des artistes tels que Juliette Pétrie, Olivier Guimond et la danseuse Effie Mack. Les tournées se déplacent de ville en ville, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, en Abitibi, au Nouveau-Brunswick ainsi qu'au nord de la Nouvelle-Angleterre. Les tournées présentent un programme alliant le burlesque et la chanson, et se poursuivent jusqu'en 1937. Elle chante notamment Ça va venir découragez-vous pas (1930), Toujours l'R-100 (1930) Les Américains (1932) et Les cinq jumelles (1935). Elle compose des airs simples d'inspiration folklorique ayant pour thèmes les problèmes du quotidien et les difficultés de la vie ordinaire, qui plaisent à la classe populaire. Elle utilise aussi la turlute qui devient sa signature vocale. Mary Bolduc est considérée comme la première « chansonnière » (auteure-compositrice-interprète) du Québec.
Elle est décédée à Montréal le 20 février 1941.
Elle avait épousé, en 1914, Édouard Bolduc, plombier.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Mary Travers, mieux connue sous le nom de La Bolduc, est considérée comme la première vedette de la chanson québécoise en raison du succès populaire qu'elle obtient dans les années 1930. Musicienne autodidacte, Mary Travers compose environ 300 chansons et en enregistre près d'une centaine sur disque, dont La cuisinière (1929), Ça va venir découragez-vous pas (1930), Toujours l'R-100 (1930), Le commerçant des rues (1931) et Les cinq jumelles (1935). Elle effectue également de nombreuses tournées au Québec et dans les communautés francophones du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario et du Nord-Est des États-Unis. Les chansons de Mary Travers sont composées dans la langue de tous les jours sur des airs enjoués agrémentés de turlute, sa signature vocale. Ses textes, inspirés d'expériences personnelles, de la vie quotidienne et de l'actualité, incarnent la réalité d'une époque. Plusieurs de ses compositions sont devenues des classiques du répertoire de la musique traditionnelle du Québec.
CHAREST, Marie-Josée. Lire Mary Travers (La Bolduc). Chansons et représentations sociales dans le Québec des années 1930. Montréal, Université de Montréal, 2007. 175 p.
DAY, Pierre. Une histoire de La Bolduc, légendes et turlutes. Montréal, Vlb éditeur, 1991. 131 p.
DESJARDINS, Marie-Paule. Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire. Montréal, Guérin, 2007. 600 p.
LONERGAN, David. La Bolduc, la vie de Mary Travers. Bic, Isaac-Dion Éditeur, 1992. 2012 p.
MELANÇON, Johanne. « Travers, Mary ». s.a. Dictionnaire biographique du Canada. s.l. Université Laval/University of Toronto, 2003, s.p.
VERSAILLES, Claire. « Bolduc, La ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. « Madame Édouard Bolduc (Mary Rose Anne Travers), folkloriste et chansonnière (1894-1941) ». Bibliothèques et Archives Canada. Le Gramophone virtuel : Enregistrements historiques canadiens [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/gramophone/index-f.html
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Villeneuve, Gilles
Né(e) le 18 janvier 1950Décédé(e) le 8 mai 1982

Né le 15 janvier 1950 à Saint-Jean-sur-Richelieu, Gilles Villeneuve est le fils de Séville Villeneuve, propriétaire d’une industrie textile puis accordeur de pianos, et de Georgette Coupal, ménagère. Son frère Jacques-Joseph, qui sera également pilote automobile, naît en 1953.
La famille Villeneuve emménage à Berthierville en 1958. À l’adolescence, Gilles Villeneuve est passionné par la mécanique et les voitures de course. Il teste à toute vitesse ses bolides modifiés sur les routes et circuits autour de Berthierville.
L’achat d’une motoneige familiale en 1967 marque un tournant: l’aîné est conquis par la vitesse et l’expérience de pilotage qu’offre ce véhicule. Par son talent et sa persévérance, Gilles Villeneuve s’impose rapidement comme un compétiteur féroce des courses régionales. Le berthelais remporte plusieurs championnats québécois, canadien et nord-américain de course de motoneige. Il aménage des véhicules afin que sa famille puisse y loger. La famille Villeneuve accompagnera le pilote sur tous les circuits.
Fort de ces succès et de cette renommée naissante, Gilles Villeneuve décide de se lancer dans la course automobile. Il utilise ses revenus de course en motoneige, dont il domine le circuit, afin de financer son passage en course automobile. Malgré des moyens modestes et des débuts difficiles, il s’impose en Formule Ford et en Formule Atlantique. Le pilote est habitué à la piètre visibilité en motoneige : il manœuvre avec assurance dans de mauvaises conditions météorologiques, ce qui l’avantagera tout au long de sa carrière. Villeneuve se distingue également par le grand intérêt qu’il porte à la mécanique de ses véhicules.
En 1976, Gilles Villeneuve remporte les championnats canadien et américain de Formule Atlantique grâce à 9 victoires en 10 courses. Son talent est remarqué par le circuit de la prestigieuse Formule 1. Il prend part à quelques Grand Prix pour l’écurie McLaren l’année suivante. Son attitude combative et son style de conduite téméraire séduisent l’écurie Ferrari, qui le recrute à la fin de 1977. La presse sportive se montre très critique à son égard, alors qu’il connaît des débuts difficiles. Sa maîtrise du véhicule commence à lui rapporter quelques points au cours de la saison 1978, sa première comme pilote régulier de Ferrari. Le 8 octobre 1978, Gilles Villeneuve remporte son premier Grand Prix à Montréal, devenant le premier pilote canadien à accomplir cet exploit en F1. Cette victoire spectaculaire nourrit une « fièvre Villeneuve ». La presse et les amateurs de F1 apprécient les performances du pilote sur la piste et sa personnalité simple et accessible sur les paddocks. Grâce aux talents et à la complicité de Gilles Villeneuve et de son coéquipier Jody Scheckter, l’écurie Ferrari connaît une très bonne saison 1979. Le Québécois offre des moments de course spectaculaires, où il fait la démonstration de sa grande maîtrise du véhicule.
En 1980, de nombreux problèmes mécaniques et techniques accablent la voiture de course Ferrari. L’année 1981 est sous de meilleurs auspices pour la scuderia, grâce à l’introduction du moteur turbocompressé qui assure une plus grande puissance. En avril 1982, à Imola (Italie), un conflit éclate entre les deux pilotes de l’écurie Ferrari. Didier Pironi, deuxième pilote, remporte la course contre Gilles Villeneuve. Cet acte est contraire au code de conduite qui favorise le premier pilote au sein d’une écurie.
Aux essais de qualifications du Grand Prix de Zolder (Belgique) le 8 mai 1982, le pilote a un violent accident sur la piste. Il est éjecté de sa voiture et se fracture le cou.
Gilles Villeneuve est décédé quelques heures après l’accident. Il est inhumé à Monaco.
Il avait épousé à Joliette, en 1970, Joann Barthe, fille d’Edward Barthe et de Georgette Desmarais. Deux enfants sont nés de cette union, Jacques en 1971 et Mélanie, en 1973.
Ce personnage est désigné pour les motifs suivants:
Figure légendaire du sport automobile, Gilles Villeneuve est le premier Québécois à mener une carrière internationale de pilote de formule 1. Passionné dès son jeune âge par la vitesse et la mécanique, il se distingue d’abord dans des compétitions de motoneige. Malgré des moyens modestes, il s’impose par la suite dans les championnats de Formule Ford et de Formule Atlantique grâce à son talent hors du commun, sa connaissance de la mécanique, son acharnement et sa témérité. En 1976, il remporte les championnats canadien et américain de Formule Atlantique. L’année suivante, il accède au plus prestigieux des circuits de course automobile: celui de la Formule 1. Au volant d’une monoplace de la mythique écurie Ferrari, il remporte 6 courses, dont une victoire historique au premier Grand Prix du Canada disputé à Montréal le 8 octobre 1978. Vice-champion des pilotes en 1979, il est désavantagé pendant les 2 années suivantes en raison de problèmes mécaniques de sa Ferrari. Après un début de saison prometteur en 1982, il meurt tragiquement le 8 mai, lors des essais du Grand Prix de Belgique, à Zolder. Malgré une carrière écourtée, Gilles Villeneuve demeure une figure marquante de l’histoire de la Formule 1. Par sa conduite automobile spectaculaire, sa détermination et son charisme, il a grandement contribué à la popularisation de la Formule 1 au Québec et ailleurs dans le monde. Il continue d’inspirer de nombreux pilotes, et son nom résonne toujours dans l’univers de la Formule 1, notamment à travers le Grand Prix du Canada, couru à Montréal sur le circuit Gilles-Villeneuve qui perpétue sa mémoire.
BASTIEN, Marcel. « Pour en finir (ou pas) avec le musée Gilles-Villeneuve ». La Presse, 8 mai 2025, s.p.
BEAUCHAMP, Jacques. « 1982 : Gilles Villeneuve, talentueux pilote de F1, meurt en piste ». Radio-Canada, 8 mai 2017, s.p.
BÉLAND, Gabriel. « L’Italie n’a pas oublié Gilles Villeneuve ». La Presse, 22 mai 2012, s.p.
BOULAY, Mathieu. « Héritage malmené: la famille de Gilles Villeneuve veut reprendre le contrôle de dizaines d’objets lui ayant appartenu ». Le Journal de Montréal, 27 février 2026, s.p.
CAMUS, Martine. La saga Villeneuve, une dynastie québécoise en F1. Montréal, Éditions La Presse, 2007. 268 p.
CANTIN, Philippe. « Un Québécois, un pilote, une légende… ». La Presse, 9 juin 2018, s.p.
DUVAL, Jacques. « Villeneuve superstar ». Perspectives (1981), p. 4.
École de politique appliquée, Université de Sherbrooke. « 27 septembre 1908, Tenue d’une grande course automobile organisée par l’Automobile Club of Canada au parc De Lorimier ». Université de Sherbrooke. Bilan Québec, Site encyclopédique sur l’histoire du Québec depuis 1900 [En ligne]. https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/quebec/evenements/139
FAGNAN, René. « 5 septembre : Gilles Villeneuve bat James Hunt en Atlantique au GP de Trois-Rivières en 1976 ». s.a. Pole Position [En ligne]. https://www.poleposition.ca/actualite/2020/09/05/5-septembre-gilles-villeneuve-bat-james-hunt-en-atlantique-au-gp-de-trois-rivieres-en-1976/
FAGNAN, René. « 9 septembre : Jody Scheckter devient Champion du monde de F1 en 1979 devant son coéquipier chez Ferrari Gilles Villeneuve ». s.a. Pole Position [En ligne]. https://www.poleposition.ca/actualite/2025/09/09/9-septembre-jody-scheckter-devient-champion-du-monde-de-f1-en-1979-devant-son-coequipier-chez-ferrari-gilles-villeneuve/
FAGNAN, René. « De la glace à la piste ». BEAUDRY, Richard. Gilles Villeneuve – 25 ans, album souvenir. Montréal, Gesca, 2007, p. 20.
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GLOUTNAY, François. « Récent timbre sur Gilles Villeneuve (1950-1982) : Postes Canada doit corriger un pli fautif ». Histoire Québec. Vol. 23, no 4 (2018), s.p.
La Presse. « Une trop courte carrière ». La Presse, 10 mai 1982, s.p.
LACHAUSSÉE, Catherine. « Il y a 55 ans, un Grand Prix automobile sur les plaines d’Abraham ». Radio-Canada, 14 février 2020, s.p.
MOROSINI, Nestore. « Comme un père et son fils ». BEAUDRY, Richard. Gilles Villeneuve – 25 ans, album souvenir. Montréal, Gesca, 2007, p. 33.
PAQUIN, Mali Ilse. « Gilles Villeneuve et les Italiens, une histoire d’amour ». La Presse, 6 septembre 2013, s.p.
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RICHARD, Mylène. « Gilles Villeneuve était un « dieu » en Italie ». Le Journal de Montréal, 27 mai 2025, s.p.
TORTORA, Christian. « L’exception ». BEAUDRY, Richard. Gilles Villeneuve – 25 ans, album souvenir. Montréal, Gesca, 2007, p. 26.
TREMBLAY, Marie-Lyse. « Quel a été l’héritage de Gilles Villeneuve pour les pilotes québécois? 4 d’entre eux nous en parlent… ». s.a. Pole Position [En ligne]. https://www.poleposition.ca/actualite/2022/05/08/quel-a-ete-lheritage-de-gilles-villeneuve-pour-les-pilotes-quebecois-4-dentre-eux-nous-en-parlent/
TURISMO, Fiorano. Monument to Gilles Villeneuve [En Ligne]. https://www.fioranoturismo.it/en/engines/monument-to-gilles-villeneuve
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Vincent Lawinonkie, Marguerite
Né(e) le 1er janvier 1783Décédé(e) le 1er janvier 1865

Lawinonkie Marguerite Vincent est née à la baie de Quinte, sur la rive nord du lac Ontario, en 1783. D'origine wendat, elle est la fille de Sawatanan Louis Vincent et de Marie des Anges Chalifour et la demi-sœur du Grand Chef Tsawenhohi Nicolas Vincent. Son nom wendat, Lawinonkie, signifie « elle est une (belle) jeune femme ».
Lawinonkie Marguerite Vincent s'installe au village de la Jeune-Lorette (aujourd'hui Wendake) au début du XIXe siècle. Enfant, elle aurait fréquenté l'école du village, alors administrée par son père.
À l'époque, les terres peu fertiles de la Jeune-Lorette ne permettent pas d'assurer la prospérité de la communauté par l'entremise de l'agriculture. De plus, la colonisation et la création de clubs privés réduisent les territoires de chasse, de pêche, de trappe et de cueillette des Wendat. Malgré les interdictions, les Wendat poursuivent leurs activités coutumières, mais la situation économique est telle qu'il faut miser sur d'autres secteurs d'activités, en l'occurrence l'artisanat et le commerce. Ainsi, afin d'augmenter les revenus de sa famille Lawinonkie confectionne des mocassins et divers articles de conception et de fabrication artisanale.
Vers 1830, elle met sur pied un atelier dont la production s'adresse à une clientèle touristique, mais également militaire, en fabriquant notamment des chaussures, des mitaines, des raquettes et des toboggans. L'entreprise devient rapidement prospère et fournit des emplois à la plupart des Wendat du village. Son mari, Hondawanhont Paul Picard, son neveu, Philippe Vincent, et son fils, Tahourenche François-Xavier Picard, travaillent par ailleurs avec elle. Plus qu'une histoire de famille et un succès entrepreneurial, l'atelier de Lawinonkie constitue pour sa communauté – et en particulier pour les femmes – une occupation, une source de fierté et un moyen de subsistance à la fois résilient et inventif.
Dans son atelier, Lawinonkie enseigne les techniques de fabrication et de décoration de pièces artisanales, et répartit les tâches quotidiennes de ses artisanes en fonctions de leurs habiletés. Elle innove aussi en utilisant la matière première à sa disposition, en remplaçant notamment le piquant de porc-épic, devenu plus rare en raison de la réduction des territoires de chasse, par le poil d'orignal dans l'ornementation des objets fabriqués et confectionnés à Wendake.
Grâce au succès de son atelier, Lawinonkie fait figure de proue dans l'industrie de la production artisanale de Wendake. En agissant comme intermédiaire entre les artisanes et les acheteurs, elle fait connaître et met en valeur le travail des femmes de sa communauté, leurs savoir-faire et leur créativité. Cela est d'ailleurs rapporté dans les journaux, de manière posthume.
Elle est décédée en 1865. Elle est inhumée dans l'église Notre-Dame-de-Lorette, à Wendake.
Elle avait épousé Hondawanhont Paul Picard, le 9 février 1807 à la Jeune-Lorette.
Elle est la mère de Tahourenche François-Xavier Picard, Grand Chef de la Nation huronne-wendat de 1870 à 1883.
Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:
Lawinonkie Marguerite Vincent est une artisane de la Nation huronne-wendat reconnue pour sa contribution significative à la transmission et à la mise en valeur des savoir-faire artisanaux traditionnels. Vers 1830, elle met sur pied un atelier de fabrication de raquettes, de mocassins, de mitaines, de toboggans et d'autres articles destinés aux militaires et à la clientèle touristique. Lawinonkie Marguerite Vincent y organise le travail et y enseigne les techniques de fabrication et de décoration de pièces artisanales. Une forte proportion du village y travaille, tout comme son mari, Hondawanhont Paul Picard Paul, et son neveu, Philippe Vincent. La qualité du travail de Lawinonkie Marguerite Vincent, ainsi que sa créativité, son ingéniosité et sa capacité d'adaptation permettent à son atelier de contribuer à la subsistance de plusieurs familles. Lawinonkie Marguerite Vincent est ainsi considérée comme une pionnière du développement de l'artisanat huron-wendat pendant le XIXe siècle.
Ahatsistari. « Paul Tahourenché, grand-chef des hurons (suite) ». L'Opinion publique, 30 janvier 1879, p. 52.
Ahatsistari. « Paul Tahourenché, grand-chef des hurons (suite) ». L'Opinion publique, 6 février 1879, p. 61-62.
BEAULIEU, Alain, Stéphanie BÉREAU et Jean TANGUAY. Les Wendats du Québec : territoire, économie et identité, 1650-1930. Québec, Les Éditions GID, 2013. 338 p.
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TANGUAY, Jean. « Marguerite Vincent La8inonkie : « la femme habile aux travaux d’aiguille » ». BEAULIEU, Alain, dir. et Stéphanie CHAFFRAY, dir. Représentation, métissage et pouvoir. La dynamique coloniale des échanges entre Autochtones, Européens et Canadiens (XVIe-XXe siècle). Québec, PUL, 2012, p. 447-474.
s.a. Identification de lieux, personnages ou thèmes d'importance historique nationale. Mémoire présenté dans le cadre du Projet de commémoration de l'histoire des Premières Nations. Wendake, Patrimoine Canadien/Parcs Canada, 1996. 73 p.
Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec





