Date clé Date importante Date significative Actualité Sport Culturel Crise Bataille Hors Québec Clergé Décès Élection Partielle
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Le 16 novembre 1885 Pendaison de Louis Riel
Pendaison de Louis Riel
Dans la nuit du 15 au 16, il écrivit une dernière lettre à sa mère et reçut les derniers sacrements. À 8 heures du matin, il monta sur l’échafaud pour y être exécuté. Le 19 novembre, un service fut chanté pour le repos de son âme dans l’église St Mary à Regina. Le 9 décembre, son corps fut transporté à St-Vital où il fut exposé pendant 2 jours dans la demeure de sa mère. Le 12, une messe de requiem fut chantée dans la Cathédrale de Saint-Boniface et le corps inhumé dans le cimetière de la Cathédrale.
C’est ainsi que vécut et mourut un homme que nous reconnaissons aujourd’hui comme le fondateur du Manitoba, défenseur des droits des Métis et des Canadiens-français.
Le 22 novembre 1885, plus de 50,000 personnes sont rassemblées au Champ-de-Mars à Montréal. Quelques jours plus tôt, Louis Riel a été pendu. Francophone et catholique, Riel appartient au peuple des métis, issu d'un croisement entre des Amérindiennes et des Canadiens français, traqueurs de fourrures dans l'ouest. Après avoir été à la tête d'une première insurrection dans les prairies canadiennes, Riel s'exile aux États-Unis mais revient soutenir ses frères d'armes qui se révoltent à nouveau contre la colonisation sauvage de l'ouest. Les affrontements de 1885 sont violents et Riel est fait prisonnier. Lors de son procès, on lui reproche l'assassinat d'un certain Thomas Scott. Condamné à mort, Riel voit ses avocats plaider la clémence de la Couronne. Mais le Premier ministre MacDonald fait la sourde oreille: « Il sera pendu, même si tous les chiens du Québec aboyaient en sa faveur. »
Le 11 novembre 1918 Signature de l’armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale
La Une de l’Écho de Paris
La signature de l’armistice marque la fin de la Première Guerre mondiale. L’entente qui met un terme aux hostilités est acceptée par des représentants des grandes puissances réunis dans la forêt de Compiègne, près de Rethondes, en France.
Au cours de ce conflit, le Canada a mobilisé près de 600 000 hommes, dont environ 418 000 qui ont traversé l’océan. En tout, près de 60 000 d’entre eux ont perdu la vie. On estime que le gouvernement canadien a versé environ 5,25 milliards de dollars pour soutenir cet effort de guerre.
Source : Gérard Filteau, Le Québec, le Canada et la guerre 1914-1918, Montréal, Éd. de l’Aurore, 1977, p.221. L’Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1981-1982.
À peine 48,000 conscrits canadiens iront combattre en Europe. Cette Première Guerre mondiale se termine le 11 novembre 1918 lorsque les Allemands acceptent finalement de signer l’armistice. Le statut international du Canada est renforcé par ce conflit, mais la Crise de la conscription laisse des séquelles profondes au Québec.
Le 12 novembre 1936 Entrée en vigueur de la Loi sur les pensions de vieillesse
Le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis avait préalablement fait adopter par l'Assemblée législative une loi autorisant le lieutenant-gouverneur en conseil à conclure toute convention avec le gouverneur général du Canada relativement à un système général de pensions de vieillesse dans la province de Québec.
Depuis l'adoption du régime fédéral de pensions de vieillesse, en 1927, le gouvernement du Québec est aux prises avec un nombre grandissant de problèmes sociaux, dont celui des indigents (très souvent des personnes retraitées). En 1936, le gouvernement du Québec prend la décision d'adhérer au régime de pensions de vieillesse fédéral. Il sera financé à parts égales par les deux paliers de gouvernement. Seules les personnes de 70 ans et plus, répondant aux exigences du gouvernent, peuvent recevoir une pension, de sorte qu'en 1950, seulement la moitié des Québécois recevront une pension de vieillesse. Le principe d'universalité ne sera adopté qu'au début des années 60.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Françaois Ricard, Histoire du Québec contemporain, Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.303-307. Susan Mann Trofimenkoff, Vision nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.315-335.
Le 25 novembre 1952 Adoption par l'Assemblée législative d'une Loi créant un ministère provincial des Transports et des Communications
Fidèle à sa politique d'autonomie provinciale, le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis crée le ministère des Transports et des Communications du Québec.
Cette loi fut adoptée à l'unanimité en deuxième et troisième lectures. Selon le premier ministre Duplessis: « En créant un ministère distinct, on donne une importance accrue à la question du transport. C'est aussi une affirmation positive des droits de la province. Depuis quelques temps, il y a eu des velléités de la part du gouvernement fédéral d'entrer dans ce domaine que considérons exclusif aux provinces. » Il faudra attendre le 30 juin 1954 pour assister à l'assermentation du premier ministre titulaire des Transports et Communications: Antoine Rivard.
Le 19 novembre 1967 Création du Mouvement souveraineté-association
Quelques semaines après avoir quitté le Parti libéral du Québec, le député indépendant de Laurier, René Lévesque, réunit 400 partisans qui se rallient à son option constitutionnelle et fondent le Mouvement souveraineté-association.
Le 14 octobre 1967, René Lévesque avait quitté le Parti libéral à la suite du refus du congrès d'entériner son projet de faire du Québec un état souverain associé au reste du Canada. Le 19 novembre, Lévesque et un groupe de militants nationalistes fondent le Mouvement souveraineté-association (MSA). Le MSA préconise l'indépendance du Québec assortie d'une association avec le reste du Canada. L'adhésion de Lévesque, ancien ministre dans le gouvernement de Jean Lesage, donne à l'option indépendantiste une nouvelle crédibilité. Au début de l'année 1968, le MSA va tenter de fusionner avec les partis politiques indépendantistes, comme le Ralliement national (RN) et le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Du 19 au 21 avril 1968, 7 300 membres du MSA se réuniront en congrès pour définir les grandes orientations du mouvement. Ils adopteront un document de base intitulé « Ce pays qu'on peut bâtir ». Il contient les principes fondamentaux du futur programme du Parti québécois dans les domaines sociaux, culturels, économiques et politiques. Enfin, c'est également lors de ce Congrès d'orientation que les militants décideront de fonder un nouveau parti politique indépendantiste: le Parti québécois.
Source : Jean Provencher, Chronologie du Québec, 1534-1995, Montréal, Boréal, 1997, p.288. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2332.
Le 23 novembre 1967 Inauguration des assises nationales des États généraux du Canada français
Les États généraux du Canada français inaugurent leurs assises nationales à la Place des Arts, à Montréal. Le défi que les délégués tenteront de relever: concevoir en quatre jours le Québec de l'an 2000.
En tout, 1 075 délégués du Québec, 167 de réseaux associatifs et 364 francophones de l'extérieur du Québec prennent part à ces États généraux. Tant sur le plan social, que culturel, politique ou économique, les résolutions adoptées permettent de confirmer la nouvelle orientation prise par les Canadiens français qui s'identifient davantage au territoire québécois qu'au concept de Canada français, ce qui cause certaines tensions avec les francophones des autres provinces. Un fort courant autonomiste se manifeste, les délégués appuyant l'idée que le Québec assume les pleins pouvoirs dans des domaines comme l'éducation, le travail, l'immigration, les communications et les interventions sociales. Une sympathie se dégage aussi à l'égard du projet souverainiste, comme en témoigne les chaleureux applaudissements qu'accordent les délégués au chef du Mouvement souveraineté-association, René Lévesque, venu leur adresser la parole. Survenant quelques semaines avant la fin d'une année particulièrement mouvementée (actions terroristes, Confédération, Exposition universelle, visite du général De Gaulle, fondation du Mouvement souveraineté-association), les États généraux constituent une référence importante dans l'évolution du mouvement nationaliste québécois. Le professeur Jacques-Yvan Morin, qui assure la présidence de l'événement, dit à ce sujet: « Ce qui va se passer ici peut avoir une signification universelle dans la mesure où ce ne sont pas seulement des intérêts matériels qui sont en cause, mais une civilisation et un système de valeurs, le fait français. »
Source : Le Devoir, 24 novembre 1967, p.1, 9 et 11, 25 novembre 1967, p.1, et 27 novembre 1967, p.1, 4 et 11.
Le 5 novembre 1968 Sanction de la Loi relative à la création du ministère de l'Immigration du Québec
Le lieutenant-gouverneur du Québec, Hughes Lapointe, sanctionne la Loi créant le ministère de l'Immigration. Celle-ci a été déposée à l'Assemblée législative par le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand.
Ce nouveau ministère a pour tâche officielle de gérer les lois de l'immigration au sein de la province, de promouvoir le Québec comme lieu d'immigration et de sélectionner des immigrants aptes à participer à l'essor économique de la province. C'est le député de Trois-Rivières, Yves Gabias, qui sera assermenté au poste de ministre de l'Immigration le 3 décembre.
Source : Freuda Hawkins, Canada and Immigration, Public Policy and Public Concern, Montréal, McGill-Queen's University Press, 1972, p.227-234. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 20 novembre 1969 Adoption de la Loi 63 par l'Assemblée nationale du Québec
Le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand avait déposé le projet de loi 63 à l'Assemblée nationale le mois d'octobre précédent. Son adoption, le 20 novembre, consacre le principe de la liberté de choix dans le domaine de la langue d'enseignement au Québec.
Même si elle s'accompagne de mesures visant à promouvoir le français, notamment auprès des immigrants, la Loi 63 fait l'objet d'une forte contestation chez les francophones. Alors que Unionistes et Libéraux sont presque unanimes à l'appuyer, d'autres députés, comme René Lévesque, Jérôme Proulx, Antonio Flamand, Yves Michaud et Gaston Tremblay s'y opposent farouchement. Plusieurs autres s'abstiendront de se prononcer le jour du vote. Ce débat extraordinairement émotif est marqué par les insultes et les injures que se lancent les députés à l'Assemblée nationale et la montée d'un mouvement de résistance dans les cercles nationalistes. La question linguistique restera encore dans l'actualité pendant plusieurs années avant que la Loi 22 du gouvernement de Robert Bourassa et la Loi 101 du gouvernement de René Lévesque ne viennent modifier le cours des choses au cours des années 70. Cette polémique causera cependant beaucoup de dommages au gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand qui sera défait lors de l'élection générale du 29 avril 1970.
Source : La Presse, 21 novembre 1969, p.1 et 6. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.550-553.
Le 14 novembre 1972 Adoption d'une loi d'urgence pour assurer les services essentiels à Hydro-Québec
À la suite d'une panne d'électricité privant 9 500 abonnés de courant, le gouvernement libéral de Robert Bourassa fait adopter une loi spéciale pour forcer les employés de l'Hydro-Québec à entrer au travail.
Le ministre du Travail, Jean Cournoyer, fait comparaître les représentants de l'Hydro-Québec et ceux et la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) devant la Commission parlementaire du Travail. Les employés doivent se présenter au travail. Une infraction à cette loi est passible d'une amende de 50 à 250 $ par jour pour les individus et de 5 000 à 50 000 $ pour les associations concernées. Le ministre en profite également pour déposer un projet de loi définissant ce qu'est un service essentiel dans le domaine des services parapublics et de la fonction publique. Cette grève a occasionné 319 pannes à travers le Québec. Elle ont touché 29 000 citoyens.
Le 14 novembre 1975 Annonce par le gouvernement du Québec de la création de la Régie des installations olympiques
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Jean-François Baril, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 14 novembre 1975, alors que les craintes relatives au non-respect des échéanciers de construction des installations olympiques à Montréal augmentent, le gouvernement libéral de Robert Bourassa met sur pied la Régie des installations olympiques (RIO). À ce moment, la construction stagne et la capacité de payer de la Ville de Montréal est près du point de rupture.
En 1975, l’avancement des travaux du chantier olympique suscite des inquiétudes. C’est ce qui explique la décision du gouvernement québécois de créer la RIO. Le coup est dur à encaisser pour le maire de Montréal, Jean Drapeau, pour qui les Jeux olympiques de Montréal de 1976 sont une priorité. Il perd d’importantes responsabilités comme celle de la construction du stade, de la piscine et des installations connexes. Selon certains observateurs, une grande partie des problèmes relève de son administration. Parmi eux, les dépassements de coûts causés par des idées et des projets jugés démesurés et l’embauche d’un architecte français qui importe une vision et une technologie jugées irréalisables en Amérique du Nord. Avec l’arrivée de la RIO, l’accès au site est interdit à Drapeau, et ce, jusqu’au début des Jeux. L’architecte français responsable du projet, Roger Taillibert, subit le même sort. En conférence de presse, l’ex-ministre d’État Fernand Lalonde annonce la nomination de Claude Rouleau, sous-ministre aux Transports, à la direction de la nouvelle entité. Différents mandats sont donnés à la RIO afin de s’assurer que tout soit prêt pour le 6 juin 1976. Bourassa donne carte blanche à Rouleau qui commence par mettre de l’ordre dans les différents chantiers, après que des irrégularités et des méfaits aient été constatés. Il amorce aussi une réflexion pour déterminer si des installations secondaires déjà construites peuvent être utilisées en cas de non-respect des échéanciers. Un conflit finit par se dessiner entre le camp du maire Drapeau et les paliers provincial et fédéral. Les deux s’accusent des différents ratés au sujet des installations olympiques. Finalement, les Jeux et leurs installations couteront très cher. À lui seul, le stade coûtera plus de 1 milliard de dollars, ce qui constitue plusieurs fois le budget prévu. Les Jeux olympiques de Montréal se dérouleront du 17 juillet au 1er août 1976.
Source : Montréal-Matin, 15 novembre 1975, page 4, consulté le 26 mai 2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4517181 Dubuc, Jean-Guy, « Des Jeux olympiques, pour quoi faire? », La Presse, 15 novembre 1975, page 4, consulté le 26 mai 2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2605623?docsearchtext=Jeux%20olympiques%20%20le%20cri%20d%E2%80%99alarme%20!%20La%20presse
Laforge, Monique, « Les Jeux olympiques de Montréal, toute une histoire! », Archives Ville de Montréal, 26 février 2016, consulté le 26 mai 2023, URL https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/les-jeux-olympiques-de-montreal-toute-une-histoire; Lessard, Denis, « Le Stade olympique, 50 ans plus tard », La Presse.ca, publié le 6 avril 2022, consulté le 26 mai 2023, URL https://www.lapresse.ca/actualites/2022-04-06/le-stade-olympique-50-ans-plus-tard/une-longue-rehabilitation.php# ; Morin, Guy R., « La Cathédrale inachevée » XYZ Éditeur, 20 mai 1997, 384 pages; Noakes, Taylor C., « Stade olympique de Montréal », L’encyclopédie canadienne, 16 août 2021, consulté le 26 mai 2023, URL https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/stade-olympique-de-montreal
« Enfin, le gouvernement de Québec s’en mêle! Il y a longtemps, très longtemps que la quasi-totalité des observateurs s'inquiètent de tout ce qui entoure la construction des installations olympiques. Québec a laissé agir le maire Drapeau avec une confiance excessive: le représentant du gouvernement siégeait au Comité de contrôle des jeux tout simplement pour informer ses collègues de la progression de l’ensemble du projet. Il n’avait pour toute autorité, que celle de faire des rapports au Premier ministre. Il avait le devoir de laisser faire le maire de Montréal et le COJO. La nouvelle régie arrive donc bien tard. Elle va tenter de réparer les pots cassés: quelque $600 millions de déficits, l’organisation boiteuse d’un chantier qui a subi bien des coups, l’utilisation différentes des installations non complétées, l'exploitation future du fameux stade olympique. C'est tout un travail. Le coup est dur pour le maire Jean Drapeau. Les Jeux olympiques constituent, depuis maintenant plusieurs années l'essentiel de ses préoccupations. Il a vraiment développé toutes ses énergies pour demeurer maître de la situation.»
Dubuc, Jean-Guy, « Des Jeux olympiques, pour quoi faire? », La Presse, 15 novembre 1975, page 4, consulté le 26 mai 2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2605623?docsearchtext=Jeux%20olympiques%20%20le%20cri%20d%E2%80%99alarme%20!%20La%20presse
Le 9 novembre 1978 Dépôt à l'Assemblée nationale de la Loi sur la protection du territoire agricole
Le ministre de l'Agriculture du Québec, Jean Garon, dépose à l'Assemblée nationale la Loi sur la protection du territoire agricole. Cette loi, qui vise la conservation de terres à des fins strictement agricoles, est une des plus importantes adoptées par le gouvernement du Parti québécois (PQ) depuis son élection, le 15 novembre 1976.
Afin que cette loi ne provoque pas une flambée spéculative, le gouvernement la rend immédiatement applicable, une mesure qui n'est utilisée que dans des circonstances exceptionnelles. La carte de zonage proposée par le gouvernement demeure néanmoins sujette à modifications. Pour contrôler cette nouvelle situation, la loi prévoit d'ailleurs la création d'une Commission de protection du territoire agricole du Québec. La nouvelle législation sera adoptée par l'Assemblée nationale le 22 décembre 1978.
Le 12 novembre 1978 Fondation du parti politique Les Démocrates
Une nouvelle formation voit le jour sur la scène politique québécoise. Connue sous le nom Les Démocrates, elle est dirigée par Camil Samson, un ex-chef du Ralliement créditiste.
D'autres personnalités participent à cette assemblée de fondation, dont le président du parti, l'ex-ministre conservateur Pierre Sévigny. Entouré de 250 partisans, surtout d'anciens créditistes et des militants de l'Union nationale déçus, Samson justifie la naissance de la nouvelle formation en déclarant: « Nous ne renions pas le passé mais nous voulons vivre l'avenir. » Les thèmes de prédilection des Démocrates s'inspirent largement de ceux du Ralliement créditiste (défense des valeurs chrétiennes, fédéralisme, respect du principe des peuples fondateurs). Le Parti québécois constitue une cible privilégiée de Samson, tout comme le laxisme observé dans les écoles et l'interventionnisme de l'État qui est perçu comme un fléau. Le nouveau chef jouera un rôle fondamental dans l'évolution de cette formation puisque pour Les Démocrates: « le chef a un droit de regard et de veto dans toutes les affaires du parti. »
Le 1er novembre 1979 Publication du Livre blanc sur le projet de souveraineté-association
Le gouvernement du Parti québécois dirigé par René Lévesque rend public un Livre blanc sur la souveraineté-association. Cet ouvrage de 116 pages intitulé « D'égal à égal - La nouvelle entente Québec-Canada », contient l'essentiel du projet que le Parti québécois (PQ) s'apprête à soumettre à la population par voie de référendum.
Le 23 février 1979, l'exécutif national du PQ rendait public son manifeste « D'égal à égal » ainsi que ses propositions sur la souveraineté-association. Celles-ci furent discutées et modifiées au congrès du parti, en juin 1979. Dans le Livre blanc, les dirigeants du Parti québécois (PQ) tentent de mettre en contexte la démarche qu'ils s'apprêtent à soumettre à l'électorat québécois: « Nous voici tous, Québécois et Québécoise, arrivés à un moment décisif, à un carrefour. Après des années de discussions, de crises constitutionnelles, d'enquêtes et de rapports, le temps est venu de choisir librement, démocratiquement (...) Le gouvernement du Québec a acquis la conviction que notre épanouissement, comme peuple exige la transformation du fédéralisme actuel en une nouvelle association, au sein de laquelle le Québec, dans le cadre d'une union économique et monétaire, jouirait, tout comme le Canada, de tous les pouvoirs d'un pays souverain. Cette nouvelle entente, d'égal à égal est la seule voie qui correspond à notre passé, répond aux exigences du présent et permet notre progrès futur (...) Nous avons, au Québec les ressources, le talent et le savoir qui nous permettent d'assumer, en toute sérénité, la maîtrise de nos affaires et de relever les défis de notre croissance générale, notamment dans le domaine économique. Nos atouts, à cet égard, peuvent même être qualifiés d'exceptionnels. » La réplique fédéraliste ne se fait pas attendre. Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, qualifie le Livre blanc de « document tactique tout à fait dans la lignée de l'étapisme », alors que le chef de l'Opposition libérale à l'Assemblée nationale, Claude Ryan, s'interroge sur la cohérence d'une démarche qui parle à la fois d'indépendance et d'association. Il fait en quelque sorte référence à un des passages de l'Appel au peuple du Québec du premier ministre Lévesque dans lequel il est écrit: « Cette souveraineté, nous la plaçons dans le cadre d'une nouvelle association avec le Canada, nous insérant ainsi dans l'évolution de plus en plus universelle du monde moderne. Un monde tout grouillant de membres à part entière du club des États souverains, mais où les frontières tendent constamment à s'abaisser (...) Il ne s'agit pas d'une utopie, mais de cette interdépendance que tous les peuples doivent désormais admettre et aménager entre eux. » Le référendum sur la souveraineté-association aura lieu le 20 mai 1980.
Source : Conseil exécutif de la province de Québec, La nouvelle entente Québec-Canada : proposition du gouvernement du Québec pour une entente d'égal à égal: la souveraineté-association, Québec, Éditeur officiel, 1979, 118 p.
Le 21 novembre 1979 Sanction de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme
Le lieutenant-gouverneur sanctionne la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme déposée par le gouvernement du Parti québécois (PQ) dirigé par René Lévesque.
Cette loi prévoit notamment la création d'une nouvelle structure: les Municipalités régionales de comté (MRC). Une MRC « regroupe les municipalités d'une même région d'appartenance en vue d'exercer les pouvoirs conférés par la loi en matière d'aménagement et d'urbanisme. » Leur principale responsabilité est « d'élaborer et d'adopter un schéma d'aménagement de son territoire et de s'assurer que les plans et règlements d'urbanisme adoptés par les municipalités constituantes soient conformes à ce schéma. » Les MRC auront à leur tête un préfet élu parmi les maires de la région. Son mandat est de deux ans. Soulignons qu'à l'exception des Communautés urbaines de Montréal, Québec et de l'Outaouais, ainsi que de la région de la baie James, le territoire du Québec sera entièrement couvert par ces nouvelles structures. Le cas de Laval est un peu spécial puisque cette ville constitue à elle seule une MRC.
Source : Gouvernement du Québec, Répertoire des municipalités du Québec: 1980, Québec, ministère des Affaires municipales, 1981, p.12.
Le 10 novembre 1987 Démission de Pierre Marc Johnson du poste de chef du Parti québécois
Alors qu'une grave crise de leadership secoue le Parti québécois (PQ), le chef Pierre Marc Johnson affirme ne pas vouloir présider aux déchirements internes de sa formation et décide de remettre sa démission.
Député d'Anjou depuis 1976, Johnson a détenu plusieurs portefeuilles avant de devenir chef du PQ, et premier ministre, en 1985. En remettant sa démission, il annonce qu'il quitte complètement la vie politique, tant son poste de député d'Anjou que la présidence du PQ auquel il s'est joint au début des années 70. C'est le député de Joliette, Guy Chevrette, qui assumera la fonction de chef intérimaire de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale. Dans le discours qu'il prononce devant les députés réunis à l'Assemblée nationale, Johnson fait un rapide survol de sa carrière et déclare: « J'aime la politique parce qu'elle est un lieu sans pareil pour agir et pour servir. Ce n'est pas un lieu facile à fréquenter. La politique est exigeante sur le plan personnel, parfois injuste, cruelle, mais elle apporte des compensations extraordinaires quand on réussit à changer les choses en servant. » Depuis qu'il s'est fait le défenseur du concept « d'affirmation nationale », Johnson était fortement contesté par les éléments plus radicaux du parti, désireux de garder l'objectif souverainiste en tête de l'agenda péquiste. En 1988, l'ex-ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau, succédera à Pierre Marc Johnson à la tête du Parti québécois.
Source : La Presse, 11 novembre 1987, p.1, A2, A4, A5 et B1. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html www.pq.org
Le 21 novembre 1996 Adoption de la Loi 35 sur l'équité salariale
Pour répondre aux demandes formulées lors de la marche des femmes, en juin 1995, le gouvernement du Parti québécois fait adopter une Loi sur l'équité salariale. Elle est appuyée par les 88 députés présents à l'Assemblée nationale lors de la tenue du vote.
Avec l'entrée en vigueur de cette loi, les entreprises privées ou publiques de dix employés et plus seront tenues de corriger les écarts salariaux entre les hommes et les femmes occupant des emplois de même nature. La Loi 35 a des visées qui vont au-delà du principe « à travail égal, salaire égal », puisque le but de cette loi cadre davantage avec la notion « à salaire égal pour un travail équivalent ». Cette démarche a donc pour objectif d'éliminer les formes de discrimination salariale qui se sont établies dans les « us et coutumes » des entreprises. Par cet objectif, il sera possible de se conformer à l'article 19 de la Charte des droits et libertés de la personne qui traite du droit à l'égalité de traitement pour un travail équivalent et qui dit que « Tout employeur doit, sans discrimination, accorder un traitement ou un salaire égal aux membres de son personnel qui accomplissent un travail équivalent au même endroit (...). Les ajustements salariaux ainsi qu'un programme d'équité salariale sont, eu égard à la discrimination fondée sur le sexe, réputés non discriminatoires, s'ils sont établis conformément à la Loi sur l'équité salariale. »
Source : Le Devoir, 22 novembre 1996, p.A12. «Guide d'application de la Loi sur l'équité salariale au Québec (Loi 35)», Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, vol.1, 1999, p.3.
Le 21 novembre 1997 Entrée en vigueur de la Loi sur l'équité salariale
Le gouvernement du Parti québécois (PQ) dirigé par Lucien Bouchard avait fait adopter cette Loi sur l'équité salariale un an auparavant par l'Assemblée nationale. Elle vise à réduire l'écart de 30 % qui sépare le salaire moyen versé aux Québécois et aux Québécoises.
Les entreprises qui embauchent dix personnes ou plus et qui sont visées par cette loi auront une période de quatre ans pour déterminer les ajustements requis afin d'atteindre l'équité salariale entre les hommes et les femmes. Par la suite, elles auront droit à quatre années supplémentaires pour payer les salaires convenus. Pour les porte-parole des mouvements féministes et sociaux, il s'agit d'une victoire.
Le 24 novembre 2002 Annonce de la création de la Journée nationale des Patriotes
Lors de la commémoration annuelle de la Rébellion de 1837-1838, le premier ministre Bernard Landry annonce la création d'une nouvelle fête au calendrier. Il s'agit de la Journée nationale des Patriotes qui sera célébrée le même jour que la « Fête de la Reine », soit le lundi qui précède le 25 mai. Cette annonce n'ajoutera pas un nouveau jour férié à l'agenda, mais il signifie le retrait de la Fête de Dollard -ou de la Reine- qui avait elle aussi lieu en cette journée de mai.
Landry se dit heureux de cette décision prise par l'Assemblée nationale qui répond à plusieurs demandes de citoyens à cet effet. Il déclare à ce sujet que « ce jour férié soulignera la lutte des Patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l'obtention d'un système de gouvernement démocratique ». À l'annonce de cette nouvelle, le président d'Alliance Québec, Brent Tyler, réagit en affirmant que ce changement est un « appel à l'aspect ethnocentrique de notre histoire » qui va contribuer à « créer un clivage au sein de la population québécoise ». Pour sa part, Guy Bouthiller, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, précise que « c'est bien beau de célébrer la journée nationale des Patriotes, mais il faut faire plus que cela. Nous devons expliquer aux jeunes que les Patriotes se sont battus pour la démocratie, pour se libérer des contraintes de l'Empire britannique. »
Source : La Presse, 25 novembre 2002, p.A5. Le Devoir, 25 novembre 2002, p. A1, 26 novembre 2002, p.A3, 27 novembre 2002, p.A8.
Le 15 novembre 2005 Élection d'André Boisclair au poste de chef du Parti québécois
Après avoir dominé tous les sondages effectués au cours de la campagne, André Boislcair remporte la course au leadership du Parti québécois (PQ) dès le premier tour de scrutin. Il obtient 53,7 % des voix contre 30,6 % pour sa plus proche rivale, Pauline Marois.
Boisclair se démarque rapidement parmi les neufs candidats qui participent à la course au leadership du Parti québécois (PQ). Cet ex-ministre de 39 ans réussit à attirer de nouveaux membres au parti et à se forger une avance que tous les sondages confirment au cours de la campagne. Pauline Marois, qui a été à la tête de plusieurs ministères, est sa rivale la plus sérieuse. Parmi les autres candidats, seuls Richard Legendre (7,4 %) et Louis Bernard (5,5 %) parviennent à se rallier les appuis de plus de 2% des 104 000 membres du PQ qui participent au vote par téléphone. Au terme d'une campagne houleuse, marquée par des révélations sur la consommation de cocaïne de Boisclair alors qu'il était au gouvernement, le successeur de Bernard Landry livre un discours rassembleur aux militants: « Pauline Marois aura une grande place dans le parti, j'en prends l'engagement solennel. » L'élection d'André Boisclair, le sixième chef de l'histoire du PQ, survient 29 ans, jour pour jour, après l'accession de ce parti au pouvoir, le 15 novembre 1976.
Source : Le Devoir, 16 novembre 2005, p. A1-A3. La Presse, 16 novembre 2005, p. A1-A2, A4, A6-A7.
Le 9 novembre 2011 Octroi des pleins pouvoirs à la Commission Charbonneau
L'idée de la création d'une Commission d'enquête « hybride » sur l'industrie de la construction appartient aujourd'hui au passé. C'est désormais sous la Loi sur les Commission d'enquête que se déroulera la Commission Charbonneau sur la collusion et la corruption dans l'octroi de contrats publics en construction.
Il s'agit d'un étonnant revirement pour le gouvernement de Jean Charest. Trois semaines avant, sous prétexte que le gouvernement cherchait à minimiser tout risque de nuire aux enquêtes policières, le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier avait annoncé la création d'une Commission d'enquête « sur mesure ». Les témoignages seraient entendus à huis clos, mais le travail de la juge France Charbonneau et de ses commissaires se ferait dans le cadre de la Loi sur les Commissions d'enquête. Il aura fallu que la juge Charbonneau demande, dans une lettre au premier ministre, les pleins pouvoirs à sa Commission d'enquête pour que cette dernière les obtienne. L'opposition se réjouit du changement de cap du gouvernement. Elle souligne la nécessité pour toute commission d'enquête de bénéficier d'une pleine indépendance judiciaire pour mener à terme son mandat, qui est dans ce cas-ci l'examen de « l'existence de stratagèmes » et du portait des individus impliqués dans des « possibles activités de collusion et de corruption ». Selon la députée de l'Action démocratique du Québec (ADQ) Sylvie Roy, l'opposition, de concert avec la population, réclamait la tenue d'une telle Commission d'enquête depuis 948 jours. Pour sa part, le ministre Jean-Marc Fournier explique ce revirement du gouvernement à cause de l'« évolution de la situation ». Selon le gouvernement, le mandat de la Commission sera "d'examiner l'existence de stratagèmes et, le cas échéant, de dresser le portrait de ceux qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l'octroi et la gestion de contrats publics dans l'industrie de la construction, incluant notamment les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, et les liens possibles avec le financement des partis politiques".
Source : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/335725/charest-cede-sur-toute-la-ligne; La Presse, 10 novembre 2011, p.A7.
Le 14 novembre 2011 Lancement officiel de la Coalition Avenir Québec
La Coalition Avenir Québec (CAQ) passe du statut de groupe de réflexion à celui de parti officiel. Son chef, François Legault, promet du « changement » aux Québécois.
En plus des quatre priorités déjà annoncées en février - éducation, santé, économie, langue et culture - , François Legault ajoute la lutte à la corruption, disant vouloir « faire le grand ménage dans la vie publique ». Ce grand ménage sera également financier: le chef de la CAQ, un nouveau parti de centre droit, entend réduire de 1,5 milliard les dépenses du gouvernement, notamment par l'abolition des commissions scolaires et la réduction de la taille de l'État. Legault prévoit rediriger ces fonds vers le secteur de l'éducation, l'une de ses priorités. Il a déjà promis aux enseignants une hausse de salaire en contrepartie d'un « processus d'évaluation » auquel ils seraient soumis annuellement. Le Plan d'action déposé par M. Legault comprend également la création d'un poste de commissaire à l'intégrité et un resserrement dans l'application de la Loi 101. Ancien ministre péquiste, celui qui dit ne pas vouloir rouvrir le débat sur la place du Québec au sein de la fédération canadienne souhaite plutôt que de nombreux fédéralistes se joignent à son parti. Des discussions auraient d'ailleurs lieu quant à une éventuelle fusion avec l'Action démocratique du Québec (ADQ).
Source : Le Devoir, 15 novembre 2011, p.A1; http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201111/14/01-4467487-le-jour-j-pour-la-caq.php; http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201111/14/01-4467637-legault-revient-dans-larene.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4467487_article_POS2.
Le 4 novembre 2019 Démission de la cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Mélyann Guèvremont, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Cheffe du Parti vert du Canada (PVC) depuis 2006, Elizabeth May annonce lors d’une conférence de presse à Ottawa qu’elle quitte immédiatement la direction du parti. Elle reste toutefois députée de la circonscription britanno-colombienne de Saanich Gulf-Islands, qu’elle représente depuis 2011, et leader parlementaire. La cheffe adjointe, Jo-Ann Roberts, assure l’intérim à la tête du PVC.
Lors des élections fédérales du 21 octobre 2019, le PVC a obtenu sa plus grande députation, soit trois députés, et l’un de ses meilleurs scores au vote populaire avec 6,5 % des voix. La croissance du PVC reste toutefois modeste, d’autant plus que les sondages de début de campagne lui prédisaient près de deux fois plus d’appuis. Les résultats obtenus restent satisfaisants pour Elizabeth May qui se réjouit d’avoir franchi la barre symbolique du million de votes. Dans le mouvement écologiste, des personnes pointent toute de même du doigt certains de ses propos controversés pendant la campagne, comme la préférence pour un vote libre des députés verts sur les questions liées à l’avortement, et la piètre qualité du français de May comme des freins à une meilleure performance du PVC. Malgré ces critiques, ce ne serait pas sa performance qui pousse Elizabeth May à démissionner de son poste de cheffe, mais plutôt des considérations personnelles, familiales et stratégiques. En effet, puisque le gouvernement libéral de Justin Trudeau est minoritaire, il est possible qu’il n’effectue pas l’entièreté de son mandat de quatre ans. Partir maintenant permet ainsi à Elizabeth May de créer les meilleures conditions possibles pour son successeur qui aura le temps de se faire connaitre par l’électorat vert et canadien. Alors qu’elle a longtemps été le seul visage du PVC, la cheffe démissionnaire souligne également l’intensité de la charge de travail comme entrant en considération dans sa réflexion de départ. La démission de la cheffe du PVC déclenche une course à la direction où s’affrontent sept candidats. Annamie Paul prend les rênes du parti en octobre 2020, jusqu’à sa démission dans les mois suivant les élections de 2021. Elizabeth May est réélue comme députée en 2021 et devient co-cheffe du PVC, avec Jonathan Pedneault, en novembre 2022.
Source : Radio-Canada, 4 novembre 2019, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1375269/avenir-elizabeth-may-chefferie-direction-pvc; Le Devoir, 5 novembre 2019, URL https://www.ledevoir.com/politique/canada/566289/elizabeth-may-quitte-la-chefferie-du-parti-vert; Victoria News, 8 novembre 2019, URL https://www.vicnews.com/news/elizabeth-may-wont-step-down-as-saanich-gulf-islands-mp-to-give-her-successor-a-safe-seat-63521
«...Le Parti vert avait de grandes attentes lors de la dernière campagne électorale. La formation politique espérait que de récents succès sur la scène provinciale se répètent à Ottawa. [...] Le parti d’Elizabeth May se permettait de rêver d’obtenir le statut de parti officiel, c’est-à-dire faire élire au moins 12 députés. Ils ne sont finalement que trois. C’est un record. Mais c’est aussi bien en deçà des aspirations des verts. [...] Sur la question de l’environnement, Elizabeth May était devenue une référence au Parlement. Elle connaissait ses dossiers en profondeur et n’a jamais voulu surfer sur des slogans. Mais son parti est loin d’être le seul à se revendiquer vert. Un défi pour sa formation politique. [...] Même si elle compte rester députée et se présenter à nouveau aux prochaines élections, son ou sa successeur(e) devra donner un nouveau visage aux verts. Les résultats que le parti obtiendra par la suite permettront peut-être de mieux juger ceux d’Elizabeth May. »
Madeleine Blais-Morin, « Elizabeth May : le départ d’une chef atypique », Radio-Canada, 5 novembre 2019.
«...La cheffe du Parti vert (PV), Elizabeth May, n’a pas terminé la dernière campagne électorale comme elle le souhaitait. [...] Les résultats décevants du 21 octobre ne lui laissaient pas le choix car, si elle peut prendre le crédit pour avoir mené le parti jusque-là, elle porte aussi une bonne part du blâme pour l’organisation déficiente et les bavures qui ont freiné sa percée. [...] Elizabeth May, qui n’a rien d’une politicienne traditionnelle, a toujours refusé de se laisser corseter par une stratégie de communication ou des répliques préparées. Cela peut avoir un revers dangereux : le dérapage attribuable à des réponses improvisées et mal formulées qui sèment la controverse autour de sujets sensibles. Ce qui s’est produit durant cette campagne. [...] En cédant immédiatement sa place tout en restant députée aux côtés de ses deux nouveaux collègues, Mme May fait le bon choix pour son parti. Elle se concentrera sur le travail aux Communes pendant que le nouveau chef verra au reste. Elle pourra souffler un peu sans abandonner le combat de sa vie. À 65 ans, elle mérite ce répit après ce qui est, quoi qu’on en dise, une contribution remarquable. »
Manon Cornellier, « Le vert indélébile », Le Devoir, 6 novembre 2019.
Le 3 novembre 1817 Création de la banque de Montréal
La Banque de Montréal est créée le 3 novembre 1817. Sa première succursale se trouve sur la rue Saint-Paul à Montréal. Société par actions à responsabilité limitée, la Banque de Montréal compte 289 associés au moment de sa fondation. Austin Cuvillier, George Moffatt, John Richardson et James Leslie font, notamment, partie des premiers fondateurs. La Banque obtient une charte émise par la province du Bas-Canada en 1822.
Dès sa fondation, la Banque de Montréal se positionne comme un acteur économique important dans la colonie. En plus d'être un lieu sûr pour entreposer des fonds, elle consent des prêts commerciaux et finance le commerce outre-mer. La Banque favorise aussi le développement commercial et industriel ainsi que la colonisation avec le financement de grands projets, telles l'ouverture des canaux pour la navigation et la construction du chemin de fer transcontinental. Plus grande institution financière du pays, la Banque de Montréal fait office de banque centrale à partir de 1863, et ce, jusqu'à la fondation de la Banque du Canada en 1935. Depuis 1893, elle est également l'agent financier du gouvernement canadien en Angleterre.
La croissance de la Banque de Montréal est, entre autres, liée aux nombreuses fusions avec d'autres banques, comme celles avec la Banque d'Échange de Yarmouth (1903), avec la Banque du Peuple d'Halifax (1905), avec la Banque de l'Amérique Britannique du Nord (1918), avec la Banque des Marchands du Canada (1922) et avec la Harris Bankcorp aux États-Unis (1984). Plusieurs hommes d'affaires occupent le poste de président de la Banque, comme Peter McGill, de 1834 à 1860, George Alexander Drummond, de 1905 à 1910, et Richard B. Angus, de 1910 à 1913.
Dans les années 1990, l'assouplissement de la réglementation concernant les banques permet à la Banque de Montréal de diversifier ses activités. Elle offre ainsi de nouveaux services, dont ceux des valeurs mobilières et de l'assurance. Elle est aussi la première banque canadienne à s'inscrire à la cote officielle à la bourse de New York en 1994. En 2007, la Banque de Montréal compte 1300 succursales au Canada et à l'étranger, fournit à sa clientèle un service bancaire électronique et déclare des actifs de 367 milliards de dollars. La Banque de Montréal possède plusieurs sociétés, regroupées sous l'appellation BMO Groupe financier.
Pendant ce temps, la grande bourgeoisie anglophone poursuit sa lancée, notamment grâce au commerce du bois. Pour financer ses activités, elle fonde la Banque de Montréal en 1817, et la Banque de Québec l'année suivante.
En novembre 1837, le Doric Club décide de perturber une réunion des Fils de la Liberté, une organisation paramilitaire patriote. Notamment par le biais d'affiches placardées partout dans la ville de Montréal, les membres du Doric Club rassemblent une foule de loyalistes dans le but avoué de s'en prendre à l'assemblée de patriotes. Cette initiative se conclut par une échauffourée urbaine entre les deux groupes, au saccage des bureaux du Vindicator, un journal patriote anglophone, et mène à l'émission, une dizaine de jours plus tard, de mandats d'arrêt contre les principaux chefs patriotes.
Le 6 novembre, les partisans des deux camps s'affrontent à Montréal, rue Saint-Jacques. Ce jour là, les membres de l'Association des Fils de la liberté, après une assemblée politique paisible, sont pris à partie par des membres du Doric Club. Ces derniers sont rapidement rejoints par des sympathisants qui, dans un moment de fureur, attaquent la maison de Papineau, saccagent les bureaux du Vindicator et fracassent les fenêtres de la librairie d'Édouard-Raymond Fabre, reconnu pour sa sympathie à la cause patriote. La maison de Robert Nelson, un autre chef du Parti canadien, est également endommagée par les manifestants en colère qui acceptent mal que des anglophones puissent soutenir la cause de Papineau. Durant les jours qui suivent, Gosford révoque tous les magistrats soupçonnés d'être favorables au Parti canadien et nomme des Loyaux.
Le 16 novembre 1837 Mandats d'arrêt contre les chefs patriotes
Après une échauffourée entre les Fils de la Liberté et le Doric Club, une association loyaliste, en novembre 1837, des mandats d'arrestation sont lancés contre 26 chefs patriotes. Des confrontations ont lieu en 1837 et 1838 entre les patriotes et l'armée britannique, renforcée par des volontaires loyaux. Les batailles de Saint-Denis-sur-Richelieu, de Saint-Charles-sur-Richelieu et de Saint-Eustache comptent parmi les affrontements les plus importants. Au cours de ces événements, Wolfred Nelson et Jean-Olivier Chénier s'illustrent par leurs actions.
Aux grands maux les grands moyens; le gouverneur Gosford lance plusieurs mandats d'arrestation contre les principaux chefs du Parti canadien. On promet 4,000 livres à quiconque mettra la main au collet de Papineau. La loi martiale est décrétée; plus besoin de mandat pour emprisonner quelqu'un.
Le 23 novembre 1846 Mises aux enchères des premiers lots hydrauliques du canal de Lachine
Canal de Lachine, côté sud -1910Le 23 novembre 1846, marque le début de la vente aux enchères publiques des premiers lots hydrauliques, terrains et privilèges, situés sur le canal de Lachine. En apparence anodin, cet événement fait date dans l'histoire industrielle canadienne.
Il est important de savoir qu'à l'époque à Montréal, les fabricants manquent cruellement d'options pour peu qu'ils veuillent mécaniser leurs opérations. En effet, les sites hydrauliques montréalais sont rares, alors que les coûts d'acquisition et d'entretien de la vapeur nécessitent, pour assurer la rentabilité des opérations, une mécanisation accrue. Conséquemment, peu de fabriques montréalaises sont à cette époque mécanisées, et ce, malgré la volonté des fabricants de le faire. En remportant la vente aux enchères, ces premiers détenteurs de baux hydrauliques accèdent donc à une source d'énergie puissante, fiable et bon marché pour actionner leurs machines. En raison de facteurs liés à la localisation, tels que les coûts de transport et de main-d'œuvre, les sites hydrauliques du canal de Lachine sont promis à un bel avenir dans un Montréal en mal d'énergies aptes à accélérer la mécanisation de ses fabriques.
En 1844, fort d'une étude de faisabilité de leur ingénieur Alfred Barrett (mort en 1849), le bureau des Travaux publics entend financer l'agrandissement du canal par la location de ses surplus d'eau. Le 19 octobre 1846, il publie un avis dans le Pilot and Journal of Commerce annonçant la mise aux enchères de quatre des vingt lots du futur site hydraulique du bassin (bief) no 2 pour le 23 novembre. Il promet à ses futurs détenteurs une puissance se calculant en jeu de meulière, soit plus de 400 pieds cubes par minute.
Le 23 novembre 1846, les lots 8 à 11 du bief no 2 de l'actuelle rue Mill trouvent rapidement preneurs. Sur le lot 8, le commerçant James Harvey établit un élévateur à grain hydraulique, une innovation pour Montréal, alors que le meunier James McDougall construit le Canal Flour Mills sur le lot 11. De même, la clouterie Thomas Peck and Company s'installe sur le lot 10 tandis que le lot 9 fait l'objet d'une mévente. Puis, le 22 mai 1847, le minotier new-yorkais Ira Gould signe les baux des lots 12 à 14. Sur ceux-ci, il construira la City Flour Mills, dont les 5 étages constituent une première pour une minoterie au Canada.
Ainsi, dès le 23 novembre 1846, se met en place à Montréal un complexe hydraulique, que l'on peut comparer à celui de Lowell en Nouvelle-Angleterre. Conjugué aux usines du canal qui tirent leur force motrice de la vapeur, ce complexe témoigne de la précocité de l'industrialisation de Montréal, de loin antérieure au démarrage industriel canadien du début du XXe siècle. Pour ces raisons, ce canal est qualifié de lieu de naissance de l'industrie canadienne moderne et de berceau de la fabrication montréalaise.
Brièvement ralenti par la mauvaise conjoncture économique, le complexe hydraulique du canal de Lachine prend son élan au cours de la décennie 1850, tant sur le site du bief no 2 que sur ceux des nouvelles écluses Saint-Gabriel et Côte-Saint-Paul. En 1871, les usines recourant à l'énergie hydraulique (2 255 CH hydrauliques) emploient 2 007 personnes. À l'échelle de l'île de Montréal, ces 40 établissements industriels accaparent 10,54 % des emplois industriels (2 007 sur 19 034). Après avoir atteint son zénith dans les années 1880, le complexe hydraulique entame peu après un lent déclin. La plupart des titulaires des lots hydrauliques tendent alors à consommer l'eau à des fins industrielles plutôt que comme force motrice. Le recours à la force hydraulique ne disparaîtra véritablement qu'avec l'expropriation dans les années 1960, par la Ville de Montréal, des entreprises sises dans le secteur de l'écluse Côte-Saint-Paul.
Le 5 novembre 1981 Rapatriement de la Constitution
Avant la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, le Canada devait demander l'accord du Parlement britannique pour modifier sa Constitution. Le rapatriement consistait à doter le Canada de ses propres règles écrites qui lui permettraient de définir comment le gouvernement fédéral et les provinces pourraient modifier, seuls ou conjointement, les différents aspects de la Constitution. Symboliquement, le dernier lien de sujétion du Canada au Royaume-Uni serait alors rompu.
Afin de procéder au rapatriement, des négociations se sont engagées entre le gouvernement fédéral et les gouvernements des provinces. Pour le Québec, la question de son statut au sein de la fédération et celle du partage des compétences étaient prioritaires. Pour sa part, le gouvernement fédéral tenait à ce qu'une charte des droits et libertés soit enchâssée dans la nouvelle loi constitutionnelle.
Devant les difficultés à conclure un accord avec toutes les provinces, le gouvernement fédéral annonce son intention de rapatrier unilatéralement, c'est-à-dire sans obtenir l'accord des provinces, la Constitution. Le Québec et sept autres provinces se sont farouchement opposés à un tel rapatriement unilatéral, engageant même des procédures devant les tribunaux afin de contrecarrer cette démarche.
Le 5 novembre 1981, malgré l'opposition du Québec, le gouvernement fédéral et neuf provinces s'entendent pour rapatrier la Constitution et y enchâsser une charte des droits, ce qui entraînera l'adoption de la Loi constitutionnelle de 1982. Depuis, aucun gouvernement du Québec n'a formellement adhéré à la réforme constitutionnelle de 1982.
» La version fédérale. Au cours de la conférence, Pierre Elliott Trudeau lance l'idée de tenir un référendum sur son projet constitutionnel. René Lévesque se montre ouvert, car il est convaincu qu'une majorité de Québécois rejetteront la proposition du gouvernement canadien. La position de Lévesque aurait irrité plusieurs des Premiers ministres des provinces alliées. Farouchement opposés à la tenue d'un tel référendum, ceux-ci se seraient désolidarisés du gouvernement québécois et auraient entamé des négociations avec le gouvernement fédéral. Selon cette version, c'est René Lévesque qui aurait laissé tomber ses alliés, non l'inverse.
» La version québécoise. Le point de vue de la délégation québécoise est diamétralement opposé. René Lévesque soutiendra que cet accord a été négocié en catimini en pleine nuit, alors que les représentants du Québec dormaient paisiblement dans leur hôtel. Selon cette version, c'est le Canada anglais qui aurait laissé tomber le Québec cette nuit là.
Le 2 novembre 1981 Conférence constitutionnelle de novembre 1981
Pierre Elliott Trudeau et Jean Chrétien lors d'une conférence constitutionnelle.Les procédures judiciaires entreprises au début de l'année 1981, qui ont culminé avec l'avis de la Cour suprême dans le Renvoi sur le rapatriement rendu en septembre 1981, ont été suivies d'une conférence constitutionnelle « de la dernière chance ». Celle-ci a lieu à Ottawa, du 2 au 5 novembre 1981.
Dès le départ, les négociations sont difficiles et semblent se diriger vers une impasse. Dans la nuit du 4 au 5 novembre 1981, en l'absence des représentants du gouvernement du Québec, quelques provinces tentent de négocier un compromis. À la reprise des négociations, le 5 novembre 1981, et à la surprise des représentants du Québec, tenus à l'écart des négociations, l'accord conclu au cours de la nuit est formellement entériné par neuf premiers ministres provinciaux et le premier ministre fédéral. Essentiellement, l'accord prévoit une procédure de modification constitutionnelle ainsi qu'une charte des droits et libertés, que l'on retrouve aujourd'hui dans la Loi constitutionnelle de 1982.
Le 28 septembre 1981, la Cour suprême du Canada rend également un jugement. Le projet fédéral est peut-être « légal », expliquent les juges du plus haut tribunal canadien, mais il reste « illégitime » dans le cadre d'une fédération.
Ce jugement de la Cour suprême ainsi que les pressions exercées par le gouvernement britannique forcent Pierre Elliot Trudeau à organiser une conférence de la dernière chance qui réunit à Ottawa le fédéral et les provinces. Celle-ci débute le 2 novembre 1981. Les premiers tours de table n'augurent rien de bon. La plupart des provinces font bloc contre le projet Trudeau. Mais le matin du 5 novembre, contrd toute attente, on apprend qu'un accord a été conclu. Signé par tous... sauf le Québec.
- L'Histoire du Québec pour les nuls, Éric Bédard
Le Québec fait aussitôt connaître son opposition à cet accord négocié sans lui. Il fait valoir que cet accord a pour effet de diminuer ses pouvoirs en matière de langue et d'éducation et qu'il ne lui reconnaît pas un droit de veto ou un droit de retrait avec compensation en matière de modification constitutionnelle.
Le Québec exprima formellement son veto à l'encontre du projet de rapatriement, allant même défendre, en vain, sa position devant la Cour suprême. Encore aujourd'hui, aucun gouvernement du Québec n'a accepté de formellement adhérer à la Constitution.
Le 6 novembre 1990 Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Québec
La création de la commission Bélanger-Campeau est une conséquence directe de l'échec de l'accord du lac Meech. Présidée par Michel Bélanger et Jean Campeau, la Commission avait pour mandat d'étudier et d'analyser le statut politique et constitutionnel du Québec. Elle était composée de 36 membres, dont 18 députés de l'Assemblée nationale représentant tous les partis politiques y siégeant et 18 personnes issues de la société civile et de la députation fédérale.
La Commission a tenu des audiences publiques dans onze villes du Québec et commandé une douzaine d'études indépendantes portant sur des éléments d'analyses économiques, institutionnelles, juridiques et démolinguistiques, pertinents à la révision du statut politique et constitutionnel du Québec.
Déposé en mars 1991, le rapport de la Commission recommandait l'organisation d'un référendum sur la souveraineté du Québec en 1992, ainsi que la mise en place d'une commission parlementaire dont le mandat serait d'apprécier toute offre de nouveau partenariat de nature constitutionnelle faite d'ici là par le gouvernement fédéral.
L'Assemblée nationale donna suite à ces recommandations lorsqu'elle adopta la Loi sur le processus de détermination de l'avenir politique et constitutionnel du Québec (aussi appelée « loi 150 »), en juin 1991.
Plus concrètement, le Premier-ministre Bourassa annonce deux choses; la fin des négociations constitutionnelles qui impliquent d'autres acteurs que les gouvernements québécois et fédéral, et la mise sur pied d'une importante commission chargée de formuler des recommandations sur l'avenir constitutionnel du Québec.
Le 27 novembre 2006 Motion reconnaissant que les Québécois forment une nation
Chambre des communes à Ottawa
Le 27 novembre 2006, la Chambre des communes, à l'initiative du gouvernement de Stephen Harper, adopte la motion suivante : « Que cette Chambre reconnaisse que les Québécoises et les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni. »
Cette motion, qui n'a aucun effet juridique, constitue néanmoins une reconnaissance symbolique, qui a été acceptée par tous les partis fédéraux.
Le 10 novembre 1902 Demande d'affiliation du Conseil fédéré des métiers au Congrès des métiers et du travail du Canada
Cette décision fait suite au congrès de Berlin pendant lequel le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) a expulsé de ses rangs les Chevaliers du travail et d'autres unions nationales œuvrant dans des secteurs où existent des unions internationales.
Source : Groupe de recherches sur l'histoire des mouvements politiques ouvriers de l'Université du Québec à Montréal, Chronologie des mouvements politiques ouvriers au Québec de la fin du 19e siècle jusqu'à 1919, Montréal, (s.e), 1976, p.34.
Le 15 novembre 1903 Manifestation pro-irlandaise lors d'une assemblée de la Ligue Nationaliste
Le député irlandais de Galway, Charles Devlin, et le député canadien Henri Bourassa font front commun contre l'impérialisme britannique. Après avoir souligné la solidarité des colonies britanniques, Bourassa exhorte ses compatriotes canadiens à demander la liberté pour l'Irlande.
Près de 1 500 personnes se sont entassées au Théâtre national français, à Montréal, pour assister à la soirée organisée par la Ligue Nationaliste canadienne sous la présidence du journaliste Olivar Asselin. Par cet événement, la Ligue honore « le talent et le courage moral » de « ce brave petit peuple (irlandais) qui combat pour sa liberté constitutionnelle. » Les organisateurs profitent du séjour de Devlin pour l'inviter à expliquer la situation de l'Irlande au sein du Royaume-Uni. Ce dernier est de passage au pays pour plaider la cause de Galway comme port d'attache à la ligne de steamers entre la Grande-Bretagne et le Canada. Il prononce un discours enflammé sur les luttes irlandaises. « Nous combattons, affirme t-il, pour les mêmes droits dont vous jouissez. Ces droits, cette liberté, vous ont été obtenus par vos patriotes, par vos martyrs. » De plus, il profite de la situation pour parler d'une union entre Irlandais et Canadiens français, dénoncer l'impérialisme de (Joseph) Chamberlain, vanter les mérites du Parti irlandais et dénoncer la répression et le manque de liberté d'expression que subissent ses compatriotes.
Le 17 novembre 1903 Reconstruction de l'École de laiterie de Saint-Hyacinthe par le gouvernement provincial
L'industrie du lait connaît une forte croissance au début du siècle, notamment à cause d'une importante crise des autres secteurs agricoles. En 1903, l'ancienne école de laiterie de Saint-Hyacinthe, ouverte en 1892, est remplacée par une nouvelle pouvant accueillir jusqu'à 80 élèves. Le gouvernement du Québec s'empare du projet qui permettra à la province de promouvoir l'industrie laitière et ses dérivés à travers le Canada.
En 1892, un groupe de citoyens avait mis de l'avant le projet de fonder une école de laiterie dont le mandat serait de promouvoir à travers le Canada les produits dérivés du lait. Le gouvernement fédéral, conjointement avec la Société d'Industrie laitière de la province de Québec, finança alors l'école de laiterie de Saint-Hyacinthe, qui ouvra ses portes le 17 novembre 1892. Toutefois, dès 1903, le premier édifice ne suffit plus et le ministre de l'Agriculture, Adélard Turgeon, demande à Gabriel Henry, ingénieur au département de l'Agriculture, de préparer des plans pour une nouvelle école. C'est à ce moment que le projet est repris à part entière par le gouvernement du Québec qui finance les 100 000 $ nécessaires à la construction de la nouvelle école bilingue de laiterie de Saint-Hyacinthe. Celle-ci pourra désormais accueillir jusqu'à 80 élèves.
Source : Mgr C.-P. Choquette, Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe, Coll. « Amédée Lavoie », Sainte-Hyacinthe, Éditions Richer et fils, 1930, p.67. Le courrier de Sainte-Hyacinthe, 19 décembre 2001, http://www.lecourrier.qc.ca/archives/2001/2001_12_19/624CH5Y.html.
Le 4 novembre 1904 Ouverture de la campagne électorale provinciale
Le premier ministre du Québec, Simon-Napoléon Parent, déclenche des élections surprises le lendemain de la victoire libérale aux élections fédérales. Il veut ainsi profiter de l'élan libéral et de l'effet qu'a eu cette victoire sur le moral des Conservateurs. La tenue du vote est prévue pour le 25 novembre 1904.
En déclenchant des élections aussi rapidement, le premier ministre Parent ne laisse aux Conservateurs que 13 jours pour choisir et présenter 64 nouveaux candidats (sur 74 comtés). Ce court laps de temps ne permet pas à ceux-ci de tenir les conventions nécessaires, de désigner les candidats, de rédiger, d'imprimer et de distribuer la littérature électorale. Les journaux conservateurs du Québec, et d'autres tels que « Le Nationaliste », protesteront. La réélection des chefs conservateurs, Edmund James Flynn et Louis-Philippe Pelletier, étant compromise, ces derniers décident de s'abstenir plutôt que de livrer une lutte qu'ils jugent inégale. Flynn le confirme par un manifeste publié dans les journaux de la province le 6 novembre. Il dénonce le fait que le gouvernement supprime tout débat possible et qu'il falsifie ainsi le verdict populaire. Ce manifeste amène une réplique de Parent qui justifie son initiative en évoquant l'agitation menée par ses adversaires durant la dernière année. Parent parle aussi de son désir de soumettre la nouvelle loi sur la colonisation au peuple. Ces explications en satisfont quelques-uns, mais des mécontents subsistent, même parmi les Libéraux. Le premier ministre Wilfird Laurier est un de ceux-là. Son insatisfaction s'explique en partie par le fait qu'il n'a pas été consulté préalablement par Parent.
Source : La Presse, 7 novembre 1904, p.10. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise, 1867-1929, Montréal, Boréal Express, 1979, p.574-579.
Le 7 novembre 1904 Fondation de l'École ménagère provinciale de Montréal
La Société nationale Saint-Jean-Baptiste fonde l'École ménagère provinciale de Montréal.
Cette école engage deux enseignantes, dont Jeanne Anctil, qui formeront une centaine de jeunes filles à l'enseignement de l'art ménager entre 1906 et 1926. Celles-ci enseigneront à leur tour à des milliers de jeunes Québécoises à travers les villes et villages de la province.
Source : Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, section Jacques-Viger, Cent soixante femmes du Québec, 1834-1994, 1996, p.33.
Le 16 novembre 1904 Présentation du programme des candidats ouvriers à l'élection générale provinciale
Le programme des candidats ouvriers comprend la guerre aux trusts, la création d'un ministère du Travail, le suffrage universel, un système d'éducation accessible à tous et la journée de travail de huit heures.
Ces candidats représentant les divisions de Saint-Louis, Hochelaga et Saint-Jacques reçoivent l'appui du Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM). Ils mèneront une campagne très active. Il s'agit d'Alphonse Verville, dans Hochelaga, Achille Latreille, dans Saint-Louis et Antoine Kelly, dans Saint-Jacques. Lors de certaines assemblées publiques, comme celle qui a lieu le 20 novembre, 1 300 personnes s'entassent à l'hôtel de ville de Saint-Henri pour écouter Verville, le plus populaire des trois candidats. Toutefois, aucun candidat ouvrier ne sera élu à l'Assemblée législative lors de l'élection du 25 novembre.
Source : La Presse, 16 novembre 1904, p.1, 17 novembre 1904, p.1 et 14, 18 novembre 1904, p.1 et 21 novembre 1904, p.7 et 14.
Le 21 novembre 1905 Tenue d'un congrès sur la colonisation à Saint-Jérôme
Au cours de ce congrès, les questions de colonisation et d'éducation occupent une bonne partie des discussions. Le Parti libéral reconnaît la nécessité de réformes dans l'enseignement, mais de réformes prudentes, accomplies de concert avec le clergé.
Cet important congrès se tient à Saint-Jérome en l'honneur du renommé curé Labelle, et sous les auspices du ministre de la Colonisation, Jean Prévost. C'est Mgr Paul Bruchési, l'archevêque de Montréal, qui assure la présidence d'honneur. Il est secondé par le sénateur Jules Tessier, qui occupe la vice-présidence d'honneur. Dans son discours d'ouverture, le ministre Prévost en profite pour remercier les compagnies de chemins de fer de toute la province du Québec d'être représentées au congrès. Selon lui, «en s'unissant au ministre de la Colonisation, tout en contribuant à l'agrandissement de la province de Québec, elles s'assureront de meilleurs bénéfices en peuplant les régions où s'échelonnent sur leur parcours de florissantes paroisses». Interrogé par des journalistes quelques jours après le congrès, le député Georges-Albini Lacombe, n'ayant pu se présenter au congrès, affirme qu'il: « partage absolument les vues de l'honorable M.Prévost concernant la colonisation. D'abord, il faut des voies de communication pour permettre au colon d'écouler ses produits sans être à la merci du marchand de bois avec lequel il lui est impossible de lutter. Puis il faut centraliser les colons sur de bonnes terres et les mettre seigneurs de leur petite propriété à condition qu'ils remplissent les conditions d'établissement ».
Source : La Presse, 21 novembre 1905, p.9, 28 novembre 1905, p.1.
Le 30 novembre 1907 Création du Refuge des petits malades sur la rue Saint-Denis à Montréal
La précarité des conditions sanitaires incite un groupe de femmes bourgeoises, dirigé par Justine Lacoste-de-Gaspé-Beaubien, à créer un centre de soins destinés aux enfants.
Irma Levasseur, l'évêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, et la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste travaillent à la fondation de cet hôpital. Le Refuge est d'abord confié aux Filles de la Sagesse. Rappelons qu'a cette époque, la mortalité infantile est un phénomène très répandu au Québec. Dans une ville comme Montréal, près d'un enfant sur trois n'atteint même pas l'âge d'un an. Le Refuge prendra le nom d'hôpital Sainte-Justine à la suite de la sanction du 25 avril constituant cette institution en corporation.
Source : Paul-André Linteau, René Dureocher et Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain: de la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.492-500. Claude Bouchard et Robert Lagassé, Nouvelle-France, Canada, Québec: histoire du Québec et du Canada, Montréal, Beauchemin, 1986, p.232-233.
Le 30 novembre 1907 Fondation de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste
La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB) voit le jour sous la direction de Caroline Béïque et Marie Gérin-Lajoie. Elle est issue de la section des Dames patronnesses de l'Association Saint-Jean-Baptiste, fondée en 1902.
Pour la plupart, les femmes membres de la FNSJB proviennent de milieux bourgeois. Certaines s'impliquent déjà pour la défense des droits juridiques et politiques des femmes à travers le Montreal Local Council of Women. D'autres sont actives socialement dans différentes sphères de la société québécoise comme la santé, l'éducation, le travail et, bien entendu, les œuvres de charité. Toutes ont à cœur l'idéologie chrétienne qui prévaut dans le Québec francophone, contrairement à certains organismes féministes anglophones qui ont un caractère non-confessionnel.
Source : Yolande Pinard, Marie Lavigne et Jennifer Stoddard, «La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste au début du 20e siècle» dans Les femmes dans la société québécoise, Montréal, Boréal Express, 1977, 89-108. Nicolle Forget et al., Justine Lacoste-Beaubien et l'Hôpital Sainte-Justine, Montréal, Presses de l'Université du Québec, 1995, p.209.
Le 9 novembre 1908 Ouverture officielle du Forum de Montréal
Des dizaines de milliers de personnes participent à la journée d'ouverture du Forum de Montréal, un énorme bâtiment récréatif aménagé sur la rue Sainte-Catherine entre les rues Closse et Atwater.
Qualifié par le journaliste de « La Presse » de « véritable palais », le Forum est un édifice spacieux de 300 pieds de long par 120 pieds de large. À ses débuts, on y retrouve une piste de patinage à roulettes de 240 pieds par 60 faite de bois d'érable. Le club Montagnard est à l'origine de la construction de cet édifice dont les coûts sont évalués à 300 000 $. Un restaurant, un magasin et environ 10 000 lumières agrémentent le Forum, ce qui, toujours selon les dires du journaliste de « La Presse », « laisserait loin dans l'ombre tous les établissements du même genre ». Un autre Forum, encore plus imposant, sera construit en 1924.
Source : La Presse, 7 novembre 1908, p.12 et 10 novembre 1908, p.3.
Le 13 novembre 1911 Fondation de l'École sociale populaire
L'École sociale populaire regroupe des laïcs et des clercs qui voient « dans l'organisation professionnelle, à personnalité civile et à base confessionnelle, le meilleur moyen de conserver et de rétablir la paix sociale et d'améliorer le sort des travailleurs. »
La décision de mettre sur pied l'École sociale populaire remonte au congrès interdiocésain organisé par Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal, en janvier 1911. Sa création répond au désir de l'Église de s'adapter aux réalités du monde moderne, particulièrement en milieu urbain. Elle permettra de former des meneurs rompus à la doctrine sociale de l'Église. Le père Léonidas Hudon joue un rôle important dans la fondation de cet organisme. Un autre membre actif de l'École, le père Joseph-Papin Archambault, en sera par la suite directeur de 1929 à 1959. Au fil des ans, l'École sociale populaire affirmera sa présence de plusieurs façons, notamment par la publication de littérature et l'organisation de retraites fermées.
Source : Le Devoir, 13 novembre 1911, p.1. Groupe de recherches sur l'histoire des mouvements politiques ouvriers de l'Université du Québec à Montréal, Chronologie des mouvements politiques ouvriers au Québec de la fin du 19e siècle jusqu'à 1919, Montréal, (s.e), 1976, p.119.
Le 2 novembre 1916 Légitimation du règlement 17 par le Comité judiciaire du Conseil privé
Le Comité judiciaire du Conseil privé est le dernier rempart juridique des Franco-Ontariens dans l'affaire du règlement 17 qui discrimine contre l'usage du français dans les écoles ontariennes. Le Conseil privé reconnaît toutefois la légitimité constitutionnelle du règlement, ce qui déçoit à la fois les francophones de l'Ontario et ceux du Québec qui appuient leur cause.
« Le Devoir » offre une traduction du jugement. Celui-ci met en relief le fait qu'il est dans les limites des pouvoirs de la législature ontarienne d'adopter le règlement 17. En revanche, le Conseil privé conteste la création de « petites commissions » créées parallèlement à la Commission scolaire élue qui, chez les catholiques, est contrôlée par le francophones. Les clauses 91, 92 et 93 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique sont au cœur du jugement. Or celles-ci garantissent les droits des groupes religieux dans le domaine de l'éducation, mais pas ceux des groupes ethniques ou linguistiques. Comme il est souligné dans la traduction du jugement: « la catégorie de personnes dont le droit ou le privilège est garanti doit être déterminée, au sens des juges de ce tribunal, par leurs croyances religieuses, et non, par leur race ou leur langue, pour ce qui est de l'enseignement confessionnel dont jouissent les catholiques, à cause du sens d'une « catégorie de personnes » et cette catégorie ne peut se subdiviser en d'autres. »
Source : Le Devoir, 2 novembre 1916, p.1, 3 novembre 1916, p.4-7. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.797.
Le 7 novembre 1916 Entrée d'Arthur Sauvé à l'Assemblée législative comme chef de l'Opposition
Quelques mois après l'élection des Libéraux de Lomer Gouin à l'Assemblée législative, c'est Arthur Sauvé, le député de Deux-Montagnes, qui dirige l'Opposition lors du début des travaux parlementaires.
L'entrée de Sauvé comme chef de l'Opposition fait suite à la défaite de Philémon Cousineau lors de l'élection générale du 22 mai 1916. Journaliste de carrière, Sauvé deviendra officiellement chef du Parti conservateur du Québec en 1922. Il sera cependant impuissant à donner le pouvoir à cette formation qu'il quittera en 1929.
Source : Le Devoir, 8 novembre 1916, p.1. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise, 1867-1929, Montréal, Boréal Express, 1979, p.558-560. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.521-522.
Le 3 novembre 1917 Congrès de fondation de la section québécoise du Parti ouvrier du Canada
Plus de 200 délégués se réunissent à Montréal pour former la section québécoise du Parti ouvrier du Canada.
Les groupements ouvriers des principales villes industrielles de la province sont représentés à ce congrès. Plusieurs résolutions sont adoptées par les congressistes qui demandent d'abolir les quartiers municipaux et décident de ne pas présenter de candidats aux prochaines élections fédérales.
Le 2 novembre 1922 Comparution de John H. Roberts à la barre de l'Assemblée législative du Québec
Le premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau, obtient de l'Assemblée législative qu'elle oblige John H. Roberts à venir témoigner à sa barre. Dans son journal « The Axe », Roberts a remis en question l'intégrité du gouvernement qui ferait traîner l'enquête sur le meurtre de Blanche Garneau pour protéger des personnalités influentes.
Blanche Garneau a été retrouvée morte dans le parc Victoria, à Québec, en juillet 1920. Depuis, ses coupables n'ont pas été identifiés, ce qui a incité des journaux à questionner la volonté du premier ministre, qui agit également comme procureur général, à faire toute la lumière sur cette histoire. Les insinuations de Roberts vont encore plus loin, laissant sous-entendre que l'impuissance du gouvernement servirait à protéger deux députés. Le 30 octobre, Taschereau brandit un exemplaire de « The Axe » en chambre. Le 2 novembre, Roberts doit comparaître à la barre de l'Assemblée législative. « Le Devoir » écrit à ce sujet: « Jamais peut-être la comparution d'un citoyen de la province à la barre de la salle de l'Assemblée législative n'a provoqué autant de sensation. » Le premier ministre profite de l'occasion pour défendre son honneur: « Je puis me rendre le témoignage devant les membres de cette Chambre et la province -et celle-ci me rendra ce témoignage- que nous avons fait tout ce qu'il était humainement possible de faire. Rien n'a été omis, aucune piste n'a été négligée et aucune personne n'a été épargnée. » Après un interrogatoire peu concluant pendant lequel Roberts reste évasif sur les fondements de ses accusations, le premier ministre dépose un projet de loi prévoyant l'incarcération de celui-ci pour « violation des privilèges de la Chambre ». Il sera sanctionné, mais soulèvera de nombreuses protestations. Le 20 novembre, Armand Lavergne, un député conservateur à la Chambre des communes, sera un des principaux orateurs lors d'une assemblée de protestation qui se déroule au Monument National. Une Commission d'enquête sera mise sur pied pour faire le point sur la situation, mais elle n'empêchera pas l'incarcération de Roberts. Malgré l'impopularité évidente de ce dernier, cette décision aura un effet négatif sur l'image de Taschereau et sur la menace que fait peser ce genre d'action sur la liberté de presse. En dépit d'une baisse de popularité marquée qui s'explique par plusieurs facteurs, le gouvernement libéral sera reporté au pouvoir en février 1923. Pour sa part, Roberts retrouvera sa liberté le 12 avril, après 115 jours d'incarcération.
Source : Le Devoir, 3 novembre 1922, p.1-2. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, Montréal, Chantecler, 1940, tome XXV, p.155 et 227, tome XXVI, p.158-180.
Le 8 novembre 1923 Adoption du programme d'études de la Société canadienne d'histoire naturelle
L'idée de créer la Société canadienne d'histoire naturelle est évoquée lors d'une réunion organisée par le frère Marie-Victorin le 11 juin 1923. Germain Beaulieu sera le premier président de la Société. Il restera en poste pendant deux ans.
Les objectifs de la Sociétés sont d'« étudier et de vulgariser les sciences naturelles, d'inciter le développement des recherches dans ce domaine et d'établir des relations entre les naturalistes canadiens-français et étrangers. » Un des membres fondateurs de la Société, le frère Marie-Victorin, succédera au président Germain Beaulieu en 1925. Il restera en poste jusqu'en 1940.
Source : Luc Chartrand, Raymond Duchesne, Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec, Montréal, Boréal, 1987, p.251.
Le 13 novembre 1929 Rencontre entre le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau et son homologue ontarien George H. Ferguson
Cette rencontre constitue une occasion pour les deux premiers ministres de discuter de l'entente avec les compagnies de pulpe et de papiers signée il y un an, et dont l'expiration aura lieu dans six semaines.
Le 27 novembre 1930 Remaniement du cabinet du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau
Le premier ministre du Québec, le libéral Louis-Alexandre Taschereau, procède à un remaniement ministériel mineur.
Alors qu'Adélard Godbout accède au cabinet comme ministre de l'Agriculture, le député de Dorchester et ministre sans portefeuille J.-C. Ernest Ouellet, ainsi que le député de Lévis, le libéral Alfred-Valère Roy, sont nommés conseillers législatifs.
Le 2 novembre 1933 Ouverture du premier congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences
L'Université de Montréal accueille le premier congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS). On y présente 165 communications scientifiques, dont 20 en sciences morales, 41 en mathématiques, physique et chimie, et 99 en sciences naturelles.
L'ACFAS, dont la création remonte à 1923, a deux objectifs: « briser l'isolement des chercheurs en les regroupant pour augmenter leur impact dans la société et faire connaître les sciences au grand public tout en assurant la relève. »
Source : Luc Chartrand, Raymond Duchesne, Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec, Montréal, Boréal, 1987, p.252. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.183.
Le 8 novembre 1933 Tenue d'un congrès de l'Union catholique des cultivateurs à Montréal
Cette réunion permet d'établir les trois priorités de ce regroupement d'agriculteurs. Elles sont: l'établissement des fils de cultivateurs, le maintien sur les terres des cultivateurs avec l'aide du crédit agricole et une demande au gouvernement pour un plus grand soutien à la colonisation.
Le 5 novembre 1934 Ouverture des audiences de la Commission d'enquête sur les «trusts» au Québec
De multiples protestations à l'endroit des compagnies d'électricité incitent le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau à instaurer une commission d'enquête. Elle est composée d'Ernest Lapointe à la présidence, d'Augustin Frigon et de George MacDonald. L'objectif de la commission est d'étudier les cinq points suivants: « 1. Étatisation. 2. Municipalisation. 3. Effets de la municipalisation des grands centres sur les régions rurales de la province. 4. Examen des taux actuels de l'électricité en vue de la possibilité de les réduire. 5. Diffusion de l'électrification dans les municipalités rurales. »
Au Québec, comme à plusieurs endroits en Amérique, les citoyens manifestent fréquemment leur mécontentement contre les tarifs des compagnies de gaz et d'électricité. Les fusions de compagnies qui surviennent au cours des années 20 contribuent à alimenter ces critiques. La première cible de ces attaques est la Montreal, Heath, Light and Power qui, malgré ses profits élevés, n'abaisse que parcimonieusement ses tarifs. La campagne antitrust prend une telle ampleur que les compagnies commencent à diffuser de l'information pour dénoncer une possible nationalisation de l'électricité. Des journaux comme le « Montreal Herald » vont même à leur rescousse en publiant une série d'articles sur le sujet. L'affaire prend une nouvelle tournure en 1929 lorsqu'un dentiste de profession, Philippe Hamel , décide d'approfondir la question pour démontrer que « les grandes compagnies d'électricité s'épaulent mutuellement et que les mêmes intérêts dominent une large part du domaine de l'électricité. » Hamel démontre que les tarifs sont trop élevés et conclut que la population est exploitée. Au même moment, Ernest Robitaille, qui publie une série d'articles dans « Le Devoir », arrive aux mêmes conclusions à l'aide des rapports annuels des compagnies. Le mouvement prenant de l'ampleur, le gouvernement crée, en 1934, une commission d'enquête pour étudier le sujet: la Commission Lapointe (du nom d'Ernest Lapointe, un influent député libéral à la Chambre des communes). Celle-ci doit remettre un rapport dans les six mois suivants et aborder des sujets comme la nationalisation possible des compagnies et la municipalisation des réseaux urbains d'électricité. Dans son rapport, qui est rendu public en 1935, la commission conclura que la monopolisation de la distribution de l'électricité dans une région est une nécessité économique et qu'il y a eu dans ce domaine des cas de surcapitalisation et de subdivision du capital/action qui se sont faits sur le dos des consommateurs. Le gouvernement donnera suite au rapport en créant la Commission de l'électricité.
Le 15 novembre 1934 Annonce de la création des Concerts symphoniques de Montréal
Wilfrid Pelletier et Madame Athanase David fondent l'Orchestre des concerts symphoniques de Montréal. Wilfrid Pelletier en est le directeur musical. L'ensemble deviendra plus tard l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM).
L'annonce de la création de l'Association des concerts symphoniques de Montréal est faite sur les ondes de CKAC par Athanase David. Cet organisme est fondé par des citoyens désireux de faire avancer les jeunes talents musicaux canadiens-français. Un premier concert sera donné à l'Auditorium du plateau, au parc Lafontaine, le 14 janvier 1935.
Source : La Presse, 16 novembre 1934, p.17. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1770.
Le 7 novembre 1935 Entente tactique entre l'Action libérale nationale et le Parti conservateur
Un texte original du Bilan Québec rédigé par nd, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Née l'année précédente d'une rupture à l'intérieur du
Parti libéral du Québec, l'Action libérale nationale (ALN) de Paul Gouin se ligue avec le Parti conservateur de Maurice Duplessis pour tenter de défaire les Libéraux de Louis-Alexandre Taschereau. Les deux formations s'entendent pour ne pas présenter de candidatures rivales dans les 90 comtés de la province lors de l'élection générale prévue pour le 25 novembre.
L'Action libérale nationale est en grande partie formée d'anciens membres influents du Parti libéral du Québec qui ont décidé de quitter cette formation. Se croyant incapable de défaire le Parti libéral de Louis-Alexandre Taschereau, au pouvoir depuis 1897, le chef de l'ALN, Paul Gouin, décide de présenter un front uni avec le chef du Parti conservateur provincial, Maurice Duplessis. Les deux se mettent d'accord pour ne pas présenter de candidats dans le même comté, de façon à ne pas diviser le vote des électeurs opposés à Taschereau. Le 7 novembre, Gouin et Duplessis rendent cette stratégie publique. Ils en parlent même pendant une heure sur les ondes de la station de radio CKAC. Advenant une victoire de cette coalition, Maurice Duplessis deviendrait premier ministre alors que Paul Gouin choisirait la majorité des ministres.
Source : La Presse, 8 novembre 1935, p. 1-2; Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.121-125; Conrad Black, Duplessis : (tome 1) l'ascension, Montréal, Éditions de l'Homme, 1977; Patricia Grace Dirks, The failure of L'Action libérale nationale, Montréal, McGill-Queen's University Press, 1991; Herbert F. Quinn, The Union Nationale : Québec Nationalism from Duplessis to Lévesque, Toronto, University of Toronto Press, 1979, 342 pages; Howard A. Scarrow, Canada Votes: a Handbook of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, The Hauser Press, 1961, p.208-209.
Le 2 novembre 1936 Fondation du premier syndicat d'enseignantes sous la présidence de Laure Gaudreault
Le mouvement de syndicalisation prend forme chez les institutrices en milieu rural. À La Malbaie, dans le comté de Charlevoix, Laure Gaudreault devient la première présidente de la Fédération catholique des institutrices rurales.
Une autre regroupement syndical, la Fédération des instituteurs et institutrice des cités et villes du Québec (FICV), verra également le jour. L'union des forces syndicales dans le domaine de l'enseignement se fera en 1945 avec la création de la Corporation générale des instituteurs et institutrices de la province (CIC).
Source : Le Devoir, 27 avril 1997, p.E10 et 11. Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.229-235.
Le 12 novembre 1936 Modification à une loi provinciale restreignant les droits des propriétaires miniers
Pour freiner la spéculation foncière, le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis modifie une loi restreignant l'usage des terrains concédés à certains propriétaires miniers.
Le texte de la loi mentionne que désormais « aucun propriétaire de concession minière ne peut utiliser tout ou partie de son terrain à des fins autres que celles d'exploitation minière, pour lesquelles il a obtenu son titre de concession » sans une autorisation du gouvernement. « Sans cette autorisation, le propriétaire de concession ne peut disposer d'aucun lopin de terre, ni ériger ou permettre ou tolérer qu'on érige sur son terrain des constructions autres que celles nécessaires à ses opérations. » Toute entrave à cette loi rendrait « la concession révocable par le ministre ».
Source : Marc Vallières, Des mines et des hommes: histoire de l'industrie minérale québécoise, Québec, Les Publications du Québec, 1989, p.144.
Le 4 novembre 1937 Création de l'Office provincial des recherches scientifiques et industrielles
Lors d'une importante assemblée qui réunit à Québec plusieurs scientifiques et le ministre des Affaires municipales, de l'Industrie et du Commerce, Joseph Bilodeau, on procède à la création de l'Office provincial des recherches scientifiques et industrielles. On souhaite voir cet organisme remplir les mêmes fonctions que le Conseil national de recherche du Canada (CNR).
L'économiste Esdras Minville, et plusieurs personnalités du monde scientifique, dont le frère Marie-Victorin, Adhémar Mailhiot et Zéphirin Rousseau, assistent à cette réunion. L'Office à le mandat « de coordonner le travail de recherche effectué dans les laboratoires du Québec, de faire porter ce travail sur les problèmes dont la solution était urgente pour l'économie et de pourvoir à la formation de nouveaux chercheurs. » Depuis sa création, l'organisme a financé 173 mémoires de maîtrise et 56 thèses de doctorat.
Source : Luc Chartrand, Raymond Duchesne, Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec, Montréal, Boréal, 1987, p.279-280.
Le 8 novembre 1939 Assermentation des ministres du cabinet du nouveau premier ministre Adélard Godbout
À la suite des élections générales du 25 octobre qui ont porté le Parti libéral du Québec au pouvoir, le nouveau premier ministre Adélard Godbout procède à la formation de son cabinet.
Outre Godbout lui même aux postes de premier ministre, ministre de l'Agriculture et ministre de la Colonisation, le cabinet comprend Télesphore-Damien Bouchard (ministre de la Voirie et ministre des Travaux publics), Oscar Drouin (ministre des Affaires municipales, de l'Industrie et du Commerce), Wilfrid Girouard (procureur général), Henri Groulx (ministre de la Santé et secrétaire de la province), Pierre-Émile Côté (ministre des Terres et Forêts, Chasse et Pêcheries), Edgar Rochette (ministre du Travail et des Mines), James Arthur Mathewson (trésorier) et Cléophas Bastien, Léon Casgrain, Frank Lawrence Connors, Georges-Étienne Dansereau, Wilfrid Hamel et Louis-Joseph Thisdel (ministres sans portefeuille).
Source : http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono2.html Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 3 novembre 1941 Nouvelle publication de la « Gazette des campagnes »
Louis de Gonzague Fortin, agronome et professeur à l'École d'Agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, relance la « Gazette des campagnes ».
Ce journal destiné aux agriculteurs avait été fondé une première fois en 1861. Après avoir été suspendu le 28 mars 1895, il est finalement relancé en 1941, pour une période de 15 ans.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.15.
Le 5 novembre 1942 Remaniement du cabinet du premier ministre Adélard Godbout
Le premier ministre du Québec, le libéral Adélard Godbout, procède à un remaniement de son cabinet.
Les ministres d'État Wilfrid Hamel et Georges-Étienne Dansereau sont nommés respectivement ministre des Terres et Forêts et ministre des Travaux publics. Valmore Bienvenue (ministre des Pêcheries), Perreault Casgrain (ministre sans portefeuille) et Henri-René Renault (ministre sans portefeuille) font pour leur part leur apparition au cabinet.
Le 28 novembre 1944 Tenue d'une assemblée anti-conscriptionniste au marché Saint-Jacques
Une houleuse assemblée anti-conscriptionniste se déroule au marché Saint-Jacques. Beaucoup de dégâts sont causés par les manifestants qui défilent dans les rues de la ville, commettant des actes de vandalisme sur leur passage.
L'agitation amène la police à intervenir avant que les contestataires, qui ont saccagé des vitres aux bureaux du journal « Le Canada », ne fassent de même à l'édifice du « Montreal Star » et à celui de « The Gazette ». Une arrestation sera effectuée.
Source : La Presse, 29 novembre 1944, p.3 et 21. Susan Mann Trofimenkoff, Vision nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357.
Le 11 novembre 1946 Tenue d'un congrès national sur le thème de la colonisation à Boucherville
Une cinquantaine de délégués venus d'un peu partout au pays participent à ce congrès qui porte sur la colonisation. C'est la dixième rencontre du genre à avoir lieu au Québec depuis le début du siècle.
Les délégués se penchent sur différentes questions liées à la colonisation (recrutement, choix des régions, aide financière, etc.) Dès le premier jour, le révérend père Papin-Archambault, directeur de l'Aide à la Colonisation, déclare : « Que le Providence ait donné au peuple canadien-français une mission à accomplir, un rôle d'apôtre à jouer en terre d'Amérique, il faudrait être aveugle pour le nier. » Ce rôle essentiel de la colonisation dans la vie des Québécois est également en évidence dans une lettre collective des évêques sur la restauration sociale. Ce qui n'empêche pas les délégués de constater une diminution de la population rurale. Plusieurs personnalités assistent à la réunion de clôture, le 13 novembre, dont le maire de Montréal, Camillien Houde, l'archevêque de Montréal, Mgr Joseph Charbonneau, et le ministre de la Colonisation du Québec, Joseph-Damase Bégin. Les délégués adoptent de nombreuses résolutions, dont celle de former un nouvel organisme servant à coordonner l'établissement des colons.
Source : Le Devoir, 12 novembre 1946, p.7-8, 13 novembre 1946, p.3 et 14 novembre 1946, p.3.
Le 26 novembre 1947 Nomination d'Omer-Jules Désaulniers au poste de surintendant de l'Instruction publique du Québec
Omer-Jules Desaulniers succède à Joseph-Philippe Labarre au poste de surintendant de l'Instruction publique.
Une école de Yamachiche portera le nom de Désaulniers qui demeurera à son poste jusqu'en 1964.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.105.
Le 4 novembre 1948 Nomination de George C. Marler au poste de chef parlementaire du Parti libéral du Québec
À la suite de la défaite d'Adélard Godbout lors de l'élection générale du 28 juillet 1948, George C. Marler devient chef parlementaire et chef intérimaire du Parti libéral du Québec.
Ancien directeur de l'Union des municipalités du Québec, Marler, qui représente la circonscription de Westmount-Saint-Georges à l'Assemblée législative depuis 1942, est désigné au poste de chef parlementaire à la suite d'un caucus des députés libéraux. Selon l'ancien chef Adélard Godbout, qui évoque la possibilité d'un congrès au leadership à l'été 1949, Marler est « hautement qualifié pour la tâche qui lui incombe ». George C. Marler demeurera à la tête des Libéraux jusqu'à l'élection de Georges-Émile Lapalme, en 1950.
Source : Le Devoir, 5 novembre 1948, p.3. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.387.
Le 6 novembre 1948 Ouverture du cabaret Chez Gérard, à Québec
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Gérard Thibault donne une nouvelle orientation à son restaurant de Québec en offrant des repas-chantant. C'est la naissance du cabaret Chez Gérard où de nombreux auteurs-compositeurs et interprètes québécois et français se produiront, permettant l'éclosion de la chanson française au Québec.
Après la Deuxième Guerre mondiale, Gérard Thibault constate que son restaurant, situé aux abords d'usines d'arsenal et de chantiers maritimes à Québec, est de moins en moins fréquenté. Il cherche un moyen pour attirer une clientèle spécifique, en dehors des heures de fréquentation régulières. Un jeune Français plus ou moins connu, Charles Trenet, lui propose de chanter quelques soirs dans sa boîte. Il y restera un mois et son succès contribuera à lancer le cabaret Chez Gérard. De 1945 à 1977, Gérard Thibault ouvrira plusieurs cabarets à Québec (Chez Émile, La boîte aux chansons, la Porte Saint-Jean) dans lesquels les plus grands noms de la chanson française et québécoise effectueront des séjours. Lucienne Boyer, Patachou, George Brassens et Raymond Devos y côtoient Fernand Gignac, Olivier Guimond, Gilles Vigneault, Clémence Desrochers et Ginette Reno. Si l'on dit de Jacques Normand qu'il fut l'âme des nuits de Montréal, on peut dire de Gérard Thibault qu'il fut celle des nuits de Québec.
Source : Robert Thérien, Isabelle D'Amours, Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992, éd. IQRC, 1992. Robert Giroux, Constance Havard, Rock La Palme, Le guide de la chanson québécoise, éd. Triptyque, 1991.
Le 30 novembre 1948 Fondation du théâtre du Rideau Vert
Les comédiennes et femmes d'affaires Yvette Brind'Amour et Mercedes Palomino fondent le théâtre du Rideau Vert. Au fil des ans, elles y présenteront plusieurs créations dont la célèbre pièce « Les Belles-Sœurs » de Michel Tremblay.
N'ayant pas de salle permanente à ses premières années d'existence, le Rideau Vert se produit sur différentes scènes de Montréal, dont le Monument National, en 1956. On y présente d'abord des pièces du répertoire classique mais, peu à peu, on y ajoute des créations québécoises. La présentation des « Belles-Sœurs », de Michel Tremblay, à la fin des années 60, vient consacrer la réputation de cette institution qui a su naviguer entre les grands classiques et la promotion du théâtre québécois.
Source : Simonne Monet-Chartrand, Pionnières québécoises et regroupements de femmes, Montréal, Remue-Ménage, 1990, p.293-294. Renée Legris, Jean-Marc Larrue, André-G Bourassa, Gilbert David, Le théâtre au Québec 1825-1980, Montréal, VLB, 1988, p.102.
Le 17 novembre 1951 Interdiction aux universités québécoises d'avoir accès aux subsides fédéraux
Le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, interdit formellement aux dirigeants d'universités québécoises d'avoir recours aux subsides fédéraux pour la gestion de leurs établissements.
Dans son rapport déposé le 1er juin 1951, la Commission Massey sur l'avancement des arts, des lettres et des sciences au Canada suggère une aide fédérale aux universités. Cyril James, principal de l'Université McGill, et ses pairs des différentes universités anglophones au Canada, poussent le gouvernement canadien à appliquer immédiatement cette mesure. Le 19 juin suivant, le premier ministre canadien, Louis Saint-Laurent fait voter les crédits et recherche la collaboration de la Conférence des Universités canadiennes pour les modalités de paiements. De plus, Saint-Laurent promet de ne pas intervenir dans les programmes d'enseignement de chaque province. Néanmoins, le premier ministre québécois, Maurice Duplessis, considère les subventions fédérales comme une ingérence fédérale dans le domaine de l'éducation. Dans une lettre destinée au premier ministre Saint-Laurent, Duplessis fait part de son opinion: « Nous ne mettons pas en doute la bonne foi du gouvernement fédéral et en particulier le désir que vous exprimez de respecter l'autonomie de la province en matières éducationnelles, mais nous sommes intimement convaincus que ce projet constitue une dangereuse usurpation de pouvoirs par le fédéral, dans un domaine fondamental, exclusivement réservé aux provinces. » C'est le début d'un long différend qui ne prendra fin qu'après la mort de Duplessis, en 1959.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.357-360.
Le 21 novembre 1952 Refus des subventions fédérales aux universités par le premier ministre du Québec
Pour arrêter ce qu'il prétend être une intrusion dans un champ de compétence provincial, le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, refuse les subventions que le gouvernement fédéral veut verser aux universités.
Ce refus marque le début d'un long contentieux entre Québec et Ottawa sur le financement des universités. Il durera tout au long des années 50 et ne sera réglé qu'après la mort du premier ministre Duplessis, en septembre 1959.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.107. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.320-323.
Le 21 novembre 1952 Dépôt du rapport de la Commission d'enquête provinciale sur le problème du logement
La Commission d'enquête sur le problème du logement avait été mise sur pied en 1949 par le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis.
Après quatre ans et demi d'étude, la Commission produit un rapport de 175 pages dont les signataires sont, entre autres, Joseph Gingras de Sherbrooke et Émile Benoît de Québec. La Commission n'est pas en faveur de l'établissement d'un crédit urbain, préférant laisser cette initiative à l'entreprise privée. Selon elle, le crédit urbain favoriserait l'établissement d'un socialisme d'État et amènerait le gouvernement à assumer de trop lourdes charges financières. Par conséquent, les commissaires recommandent la mise sur pied d'un Office d'habitation familiale distinct de l'Office du crédit agricole.
Le 3 novembre 1953 Présentation des positions de l'Université McGill devant la Commission Tremblay
Dans le rapport qu'elle soumet à la Commission Tremblay sur les problèmes constitutionnels, l'Université McGill reconnaît au gouvernement fédéral le droit de subventionner les universités canadiennes.
Cette intervention survient au cœur du différend qui oppose Québec et Ottawa relativement à la légitimité des subventions fédérales dans le domaine de l'enseignement supérieur.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.357-360.
Le 18 novembre 1953 Élection de Wilfrid Hamel à la mairie de Québec
Hamel remporte les élections avec 394 voix de plus que Raymond Cossette. Reporté au pouvoir lors des élections de 1956, 1959 et 1962, il ne quittera finalement la mairie de Québec qu'en 1965 à la suite de problèmes de santé.
Durant son mandat, Wilfrid Hamel fera notamment tenir un référendum sur un emprunt pour le détournement de la rivière Saint-Charles. C'est également pendant ses mandats que l'on procède à la canalisation de la rivière du Moulin et que l'on entame la première phase de canalisation de la rivière Lairet qui débutera en 1960. Malgré les projets prévus par le maire Hamel pour la rivière Saint-Charles, celle-ci sera finalement déclarée non navigable.
Source : Louis-Marie-Côté et al., Les maires de la vieille capitale, Québec, Société historique de Québec, 1980, p.83-84.
Le 12 novembre 1956 Annonce d'une hausse de l'aide fédérale aux universités
Le premier ministre du Canada, Louis Saint-Laurent, annonce que l'aide fédérale annuelle aux universités sera portée de 8 à 16 millions de dollars.
La part du Québec, que le gouvernement de Maurice Duplessis refuse, sera gardée en dépôt en attendant un accord. Le même jour, le premier ministre Saint-Laurent annonce également la création prochaine d'un Conseil des Arts, des Humanités et des Sciences sociales.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.109. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.357-360.
Le 28 novembre 1956 Adoption d'une prolongation de la Loi de l'impôt provincial sur le revenu
Le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis fait adopter par l'Assemblée législative une prolongation de cinq ans à la Loi de l'impôt sur le revenu adoptée en 1954.
Pour Duplessis: « La portée du bill (projet de loi) n'est que de cinq ans parce que dernièrement à Ottawa, il y a eu un changement d'attitude pour le mieux, une avance dans la reconnaissance des droits de la province. Et comme le Québec ne cherche que la coopération, nous faisons concorder la période d'application de cette loi avec la période mentionnée par les délégués à la Conférence fédérale-provinciale sur la fiscalité (...) Nous voulons affirmer nos droits (en matière d'imposition) de manière partielle pour montrer que nous les abandonnons pas. »
Source : Le Devoir, 29 novembre 1956, p.1. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.357-360.
Le 9 novembre 1957 Inauguration du nouvel hôpital Sainte-Justine à Montréal
Le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, le maire de Montréal, Sarto Fournier, et le cardinal Paul-Émile Léger assistent à l'inauguration du nouvel hôpital Sainte-Justine à Montréal.
La pose de la pierre angulaire de cet hôpital, le plus grand du genre pour des enfants en Amérique du Nord, a eu lieu en 1951. L'hôpital Sainte-Justine a profité de subventions de plus de 5 millions de dollars de la part du gouvernement provincial. Dès son ouverture, il dispense des soins à 450 malades et offre quelques 350 consultations externes sur une base quotidienne.
Le 25 novembre 1957 Tenue d'une conférence fédérale-provinciale sur la fiscalité
Le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, profite de cette conférence fédérale-provinciale pour réclamer une nouvelle définition des pouvoirs en matière de taxation. Pour Duplessis, qui ironise en affirmant que cette rencontre n'est pas « une conférence mais une circonférence», la taxe directe et les droits de succession relèvent de la juridiction des provinces. À ses yeux «Nous ne sommes pas ici (...) pour demander des faveurs mais pour réclamer nos droits. Rien de plus, rien de moins. »
Les provinces profitent de cette conférence sur la fiscalité pour réitérer leurs demandes. L'Ontario souhaite obtenir 15 % sur le revenu des particuliers et les droits de corporation. Elle réclame également 50 % des droits de succession ainsi que des droits qui permettraient aux compagnies minières et forestières de déduire de leur l'impôt fédéral le montant des impôts provinciaux. Fidèle à ses principes, le Québec réclame pour sa part un plus grand pourcentage de l'impôt direct sur le revenu et la totalité des impôts sur les successions. Du côté du Pacifique, la Colombie-Britannique demande 25 % des impôts sur le revenu des particuliers et des corporations. Finalement, les provinces maritimes réclament des subventions pour combler la différence entre leurs revenus et ceux du reste du pays. Commentant ces propos, le premier ministre du Canada, John Diefenbaker, consent: « à hâter le début des paiements fédéraux sur l'assurance hospitalisation qui pourrait être mis en vigueur immédiatement dans une province qui possède déjà un plan provincial; à partager de moitié avec les provinces le coût d'hospitalisation des malades mentaux et des tuberculeux; à fournir aux provinces maritimes une forme d'assistance spéciale et d'augmenter l'aide fédérale aux provinces pour les secours de chômage. » Par contre Ottawa, ne propose rien de nouveau en ce qui a trait au partage fiscal.
Source : Le Devoir, 26 noevembre 1957, p.1-2. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.357-361.
Le 2 novembre 1960 Fondation de l'École nationale de théâtre à Montréal
Cette école, qui ouvre ses portes à Montréal, accueille des étudiants issus de tous les coins du Canada. Les quelques 150 étudiants qui y sont inscrits à chaque année pourront recevoir une formation en français ou en anglais.
L'École nationale de théâtre se veut à la fois un lieu de formation théâtrale, d'expérimentation, de création et de transmission de la tradition théâtrale. Elle permet l'expérience quotidienne des métiers de la scène, soit l'interprétation, l'écriture, la scénographie, la production et la mise en scène. On y défend la « démocratie du talent » qui demeure le principal critère d'admission. Lors de son ouverture, l'École nationale de théâtre est sous la direction de Jean Gascon. Il demeurera en poste jusqu'en 1963.
Source : http://www.cccp-pr.com/cccp/communiques/ecoleNat-anniversaire.html, 17 août 2001.
Le 17 novembre 1960 Ouverture d'un premier centre d'achats à Sherbrooke
Le Centre d'achats Sherbrooke ouvre ses portes sur la rue King, à Sherbrooke. C'est le premier centre commercial de ce genre à être construit dans la ville reine des Cantons de l'Est.
Le Centre d'achats de Sherbrooke a une superficie de 120 000 pieds carrés et un stationnement de 500 000 pieds carrés qui peut accueillir environ 1 000 voitures. On y retrouve un géant de l'alimentation (Dominion) et des magasins de détails appartenant à de grandes chaînes (Zellers, Kresge), en plus d'une quinzaine d'autres boutiques (salon de coiffure, de quilles, banque, pharmacie, bijouterie, etc.). Expérimenté initialement aux États-Unis, le concept des centres d'achats devient de plus en plus populaire au Canada. Dans la région des Cantons de l'Est, plusieurs centres de ce genre seront construits au cours des années 60 et 70.
Source : La Tribune, 1er février 1956, p.16, 24 octobre 1960, p.3 et 9 novembre 1961, supp.
Le 3 novembre 1961 Annonce de l'établissement d'une usine minière à Sainte-Cécile
Le premier ministre du Québec, Jean Lesage, annonce qu'un consortium de cinq grandes sociétés minières établira à Sainte-Cécile, près de Valleyfield, une grande usine minière.
Cette usine, dont les coûts sont évalués à 20 millions de dollars, traitera et affinera des métaux provenant du sol québécois, principalement le zinc.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.5.
Le 8 novembre 1962 Tenue des premières conférences régionales sur l'expansion industrielle
Le moulin à papier Mont-Rolland, Archives Nationales du QuébecLa première série de conférences régionales sur l'expansion industrielle s'ouvre à Montréal. Parmi les personnalités qui y assistent, on retrouve André Rousseau, le ministre québécois de l'Industrie et du Commerce, et George Hees, le ministre fédéral du Commerce.
La conférence à lieu à l'hôtel Reine-Élizabeth. Y sont également conviés des membres du secteur privé, notamment de la société Northern Electric. Cette rencontre vise à trouver des moyens pour stimuler la croissance industrielle des entreprises canadiennes et favoriser les exportations.
Le 11 novembre 1962 Tenue d'un débat télévisé entre Jean Lesage et Daniel Johnson
Le premier ministre du Québec, Jean Lesage, et le chef de l'Union nationale, Daniel Johnson, participent à un débat télévisé qui survient quelques jours avant l'élection provinciale générale prévue pour le 14 novembre 1962.
Raymond Charette anime cette première télévisée à laquelle prennent également part les journalistes Paul Sauriol (Le Devoir), Gérard Pelletier (La Presse), Bill Bantey (The Gazette), Jean V. Dufresne (MacLean), Lucien Langlois et Clément Brown (Montréal-Matin). Les quatre grands thèmes abordés au cours de ce débat d'une heure et 45 minutes sont la nationalisation de l'électricité, le gaz naturel et le Trans-Canada Pipeline, le programme des partis ainsi que la performance de l'administration libérale depuis 1960. Dans ses remarques finales, Lesage fait un appel aux électeurs: « Vous avez le choix entre la liberté et le retour aux chaînes d'une machine infernale qui est disparue et qu'il ne faut pas faire renaître, et aussi entre la liberté et les matraques de la vieille police provinciale, l'ancienne. » Daniel Johnson met pour sa part l'accent sur le renouveau qui caractérise sa formation: « L'Union nationale rajeunie, l'Union nationale aguerrie, l'Union nationale avec une équipe de gens d'expérience d'une part et d'autre part tout un groupe de candidats de valeur exceptionnelle et très jeunes. » Les opinions divergent sur celui qui a le mieux fait au cours des échanges, quoique les observateurs donnent en général un léger avantage à Jean Lesage qui semblait un peu plus à l'aise que Daniel Johnson.
Source : La Presse, 12 novembre 1962, p.1, 20-22. Denis Monière, Le combat des chefs : analyse des débats télévisés au Canada, Montréal, Québec/Amérique, 1992, p.53-64.
Le 13 novembre 1962 Obtention de l'Exposition universelle de 1967 par Montréal
Le maire de Montréal, Jean Drapeau, profite du désistement de Moscou et obtient pour sa ville la présentation de l'Exposition universelle de 1967.
Cette sélection est faite à Paris par le Bureau international des expositions. Sur 30 pays participants dont la France, l'Union soviétique, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, Montréal obtient le plus de voix. Pour Jean Drapeau, « la décision d'hier prouve au monde que Montréal est capable de recevoir toutes les nations. » Déjà 40 millions de dollars ont été offerts pour les préparatifs: 20 proviennent du gouvernement fédéral, 25 du gouvernement du Québec et 5 de la ville de Montréal. Pour le ministre progressiste-conservateur Pierre Sévigny:« (Cette exposition) va permettre d'élever le niveau des Canadiens et de rehausser le prestige du pays tout en fournissant au Canadien français l'occasion de mieux connaître les pays étrangers et aux visiteurs étrangers celle de mieux connaître le Canada. Nous voulons que cette exposition soit un facteur de progrès pour l'humanité dans le domaine des sciences, de l'industrie, de l'économie et de la culture. Elle sera l'événement capital de l'année du Centenaire et le Canada consacrera toutes ses énergies à ce succès. »
Le 24 novembre 1962 Réélection de Roger Provost à la présidence de la Fédération des travailleurs du Québec
Au terme du septième congrès de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), les délégués réélisent Roger Provost par acclamation à la présidence de la centrale.
À ce moment, la FTQ défend les intérêts d'environ 200 000 ouvriers québécois. Son président Provost, en poste depuis la fondation de la centrale, en 1957, y restera jusqu'à son décès, en 1964.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.96.
Le 17 novembre 1963 Élection de Michel Chartrand à la présidence du Parti socialiste du Québec
Lors d'un congrès tenu à Québec, le Parti socialiste du Québec (PSQ) élit à sa présidence Michel Chartrand, un syndicaliste de longue date dont les premières implications dans le monde politique remontent à la fin des années 30.
Chartrand remporte l'élection en défaisant trois autres candidats: Pierre Vadboncoeur, Alfred Dubuc et Jean-Marie Bédard. Le PSQ cherche à ce moment à se distinguer du socialisme canadien tel que le défend le Nouveau Parti démocratique (NPD). Il est toutefois permis aux membres du PSQ de faire partie du NPD, aussi longtemps que ce dernier reconnaîtra le PSQ.
Le 12 novembre 1964 Ouverture du congrès de fondation de l'Union générale des étudiants du Québec
Environ 300 délégués sont réunis au centre social de l'Université de Montréal afin de participer au congrès de fondation de l'Union générale des étudiants du Québec (UGEQ). Cet organisme défendra les intérêts de plus de 50 000 étudiants québécois.
Sont présents à cette occasion des représentants de l'Université de Montréal, de l'Université de Sherbrooke, de l'Université Laval, des collèges classiques, des normaliens et de l'enseignement supérieur. Plusieurs thèmes sont abordés lors de ce congrès qui est présidé par un ancien président de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal (AGEUM), Bernard Landry. On procède notamment à la rédaction d'une charte et à l'élection d'un premier président. Ce poste reviendra à Jacques Desjardins, un étudiant de l'École des Hautes études commerciales (HEC). Une résolution favorable à l'adoption du droit de grève est également adoptée. Selon les dires de Desjardins, l'UGEQ sera un « véritable syndicat étudiant à l'échelle du Québec chargé de coordonner les services offerts aux étudiants et ayant pour mission de faire les revendications qui s'imposent pour les membres que l'union représente, en même temps qu'au nom des classes défavorisées de la société telles que les ouvriers et les cultivateurs. » Pour le moment, les étudiantes infirmières et les étudiants d'institutions anglophones restent à l'écart de l'AGEQ. Celle-ci sera démembrée en 1969.
Source : Le Devoir, 13 novembre 1964, p.3 et 17, 16 novembre 1964, p.1 et 7.
Le 13 novembre 1964 Fin de la visite en Europe du premier ministre du Québec, Jean Lesage
Le clou de de ce voyage de 23 jours qui amène le premier ministre Jean Lesage dans plusieurs pays d'Europe est son passage en France au cours duquel il rencontre le président de la République française, Charles de Gaulle.
Au cours de sa visite en Grèce, Lesage obtient un doctorat honoris causa de l'Université Panteios et est décoré de l'Ordre royal du Phénix par le roi Constantin. En France, il est reçu à l'Élysée par le président de Gaulle, le 12 novembre, ainsi que par le premier ministre Georges Pompidou avec qui il a un entretien à l'hôtel Matignon. Le développement des relations culturelles entre le Québec et la France est au cœur des discussions, tout comme la question de la représentation de la délégation québécoise en France. Lesage déclare à ce sujet: « (...) nous ne demandions pour la délégation générale ni un statut diplomatique ni un statut consulaire, mais un statut spécial qui permettrait à notre délégation de travailler dans les conditions les plus favorables possibles, statut que nous voulions semblable à celui qui est accordé à notre agence générale à Londres. Cela est maintenant pratiquement acquis et j'en suis heureux. » Au terme de la rencontre avec le président de Gaulle, on dévoile les grandes lignes d'une entente de principe bilatérale portant sur la Coopération dans le domaine de l'éducation. Lesage profite également des derniers jours de sa visite pour inviter de Gaulle au Québec, ainsi que les ministres des Affaires extérieures et des Affaires culturelles, Maurice Couve de Murville et André Malraux.
Source : Le Devoir, 5 novembre 1964, p.1, 6 novembre 1964, p.1 et 19, 10 novembre 1964, p.3, 11 novembre 1964, p.1, 12 novembre 1964, p.1 et 10, 13 novembre 1964, p.1 et 14 novembre 1964, p.1.
Le 20 novembre 1964 Inauguration de la salle Claude-Champagne à Outremont
Cette salle de concert est située à l'École Vincent-d'Indy, qui deviendra plus tard la Faculté de musique de l'Université de Montréal (1980).
Pour l'occasion, le pianiste Guy Bourassa interprète le « Concerto » en ré mineur de Claude Champagne. La chorale de l'École de musique Vincent-d'Indy, sous la direction de Rémus Tzincoca, participe également à l'inauguration.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p.376, 1004 et 3355.
Le 20 novembre 1964 Annonce de l'installation d'une usine automobile au Québec
Le président et directeur général de la Société générale de financement (SGF), Gérard Filion, annonce l'implantation de l'usine Renault-Peugeot à Saint-Bruno-de-Montarville.
Conformément à un accord entre la SGF, le gouvernement fédéral et deux compagnies françaises, les premiers travaux débuteront en janvier pour se terminer pendant l'été 1964. Cette usine qui débutera sa production à l'automne suivant embauchera 250 employés et produira approximativement 3 000 voitures par année. Le coût de cette installation s'élèverait à 3,5 millions de dollars.
Le 30 novembre 1964 Tenue d'un vote d'affiliation syndicale par des fonctionnaires provinciaux
Environ 26 000 fonctionnaires provinciaux inscrits sur les listes électorales syndicales sont réunis à Québec pour choisir la centrale qui négociera leur convention de travail.
Plus de 75 % des travailleurs présents choisissent d'adhérer au Syndicat des fonctionnaires, affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.65.
Le 14 novembre 1965 Élection de Gilles Lamontagne à la mairie de Québec
La carrière de Gilles Lamontagne sur la scène politique municipale débute en 1962 avec la création du Parti civique. Il devient maire de Québec en 1965 en défaisant Isidore Deschênes et Raymond Cossette. Lamontagne sera réélu aux élections de 1969 et 1973.
Lamontagne sera le premier président du conseil de la Communauté urbaine de Québec après sa création, en 1970. Pendant ses mandats à la mairie de Québec, la ville connaît plusieurs transformations: l'assainissement et la canalisation de la rivière Saint-Charles -qui se termine en 1974- , la construction d'une usine de traitement des eaux, la municipalisation des trottoirs, la création de services des Parcs, des Loisirs et de la Circulation, etc.. De plus, c'est pendant cette période que l'on met sur pied des programmes de rénovation des quartiers et la construction de loyers à prix modique. Entre 1969 et 1973, le territoire de Québec continue également de s'agrandir avec la fusion des villes de Les Saules, Duberger, Neufchâtel et Charlesbourg-Ouest. Entre 1977 et 1984, Lamontagne siégera à la Chambre des communes. Il occupera quelques ministères, dont celui de la Défense nationale, dans le cabinet du premier ministre Pierre Elliott Trudeau. De 1984 à 1990, il sera ensuite lieutenant-gouverneur du Québec.
Source : Louis-Marie Côté et al., Les maires de la vieille capitale, Québec, Société historique de Québe, 1980, p.85-87.
Le 21 novembre 1965 Discours du premier ministre Jean Lesage sur l'agriculture
À la fin du congrès de la Fédération libérale du Québec, dont le thème est « L'économie rurale dans un Québec moderne », le premier ministre Jean Lesage déclare que la situation de la classe agricole impose à l'État le recours au dirigisme.
Cette déclaration survient quelques mois après la publication d'un Livre blanc sur la situation de l'agriculture au Québec et sur la nécessité d'y apporter un certain nombre de remèdes immédiats. Plusieurs lois plutôt techniques sont adoptées permettant en général aux cultivateurs d'obtenir de meilleurs prêts ou des primes plus généreuses.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.22. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.455-464.
Le 24 novembre 1965 Signature d'une deuxième entente entre le Québec et la France
Il s'agit d'une entente culturelle que François Leduc, ambassadeur de France au Canada, et Pierre Laporte, ministre des Affaires culturelles du Québec, ont signée au nom de leur gouvernement respectif dans la salle du Conseil législatif à Québec.
Selon Pierre Laporte: « Il s'agit d'une étape importante dans la coopération entre la France et le Québec (et) un événement particulièrement significatif dans l'évolution du Québec (...) Nous souhaitons également que les signataires échangeront leur savoir et leur expérience en matière de perfectionnement du français. » Cette entente d'une durée de cinq ans prévoit la constitution d'une commission permanente de la coopération franco-québécoise, un organe administratif.
Le 29 novembre 1965 Inauguration de la plus puissante ligne de haute tension au monde
Le premier ministre du Québec, Jean Lesage, inaugure la plus puissante ligne de haute tension au monde à la Manicouagan.
Lors de cette cérémonie, Lesage est entouré de plusieurs personnalités dont le président d'Hydro-Québec, Jean-Claude Lessard, et le ministre des Richesses naturelles, René Lévesque. La ligne inaugurée en est une de 735 000 volts reliant Manicouagan à Montréal, une distance de 375 milles qui nécessite 1 400 pylônes dont les coûts s'élèvent à 325 millions de dollars. Celle-ci avait été mise sous tension une première fois deux mois plus tôt, le 21 septembre 1965.
Source : Clarence Hogue et al., Québec, un siècle d'électricité, Montréal, Libre expression, 1979, p.299-331.
Le 22 novembre 1967 Engagement du Québec à participer à l'Exposition universelle d'Osaka
Moins d'un mois après le dénouement de l'Exposition universelle de Montréal, le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, promet au prince japonais Takamatsu que le Québec participera à la prochaine Exposition Universelle qui se déroulera à Osaka.
Le premier ministre Daniel Johnson, motivé par l'intérêt suscité par l'Exposition de 1967, assure le prince Takamatsu, lors de sa visite à Montréal commémorant la Journée du Japon, que son gouvernement participera à l'Exposition universelle d'Osaka en 1970. Ce vœu se concrétise avec l'adoption, le 22 novembre 1967, d'un arrêté en conseil qui engage le Québec dans sa première activité officielle au pays du Soleil-Levant. Avec la montée du sentiment nationaliste qui stimule l'émancipation du Québec, l'Union nationale, élue en juin 1966, veut utiliser les tribunes internationales pour affirmer l'existence du peuple québécois. Plus qu'une opération de relations publiques d'envergure, Osaka est une étape dans le processus de reconnaissance que le Québec tente d'obtenir auprès des nations du monde.
Le 1er novembre 1968 Création de l'Office franco-québécois pour la jeunesse
L'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) est un organisme bi-gouvernemental dirigé par un conseil d'administration composé d'un nombre égal de représentants québécois et français de différents ministères.
La création de l'OFQJ est une conséquence directe de l'entente signée entre la France et le Québec le 27 février 1965. Cet organisme encadrera entre autres des échanges, des séjours d'étude et des activités socio-culturelles favorisant le rapprochement entre les jeunes Français et les jeunes Québécois.
Le 2 novembre 1968 Inauguration du Forum de Montréal après son agrandissement
Des travaux avaient été entrepris sur le Forum de Montréal depuis le 13 mai afin de porter sa capacité à plus de 18 000 sièges. Le soir du 2 novembre, une foule importante assiste aux cérémonies protocolaires et à une partie de hockey opposant le Canadien de Montréal aux Red Wings de Détroit.
Plusieurs dignitaires, dont le premier ministre du Québec, Jean-Jacques Bertrand, et le chef de l'Opposition conservatrice à Ottawa, Robert Stanfield, sont présents pour l'occasion. Il s'agit d'un deuxième agrandissement significatif pour le Forum de Montréal -l'autre avait eu lieu en 1949- qui a été construit en 1924. De l'avis du nouveau vice-président de la Ligue nationale de hockey (LNH), Dan Ruck, cet amphithéâtre rénové soutient très bien la comparaison avec les autres arénas modernes construites pour les équipes de l'expansion qui ont commencé leurs activités en 1967-68. Plusieurs athlètes et artistes (Yvon Robert, Barbara Ann Scott, Ginette Reno, etc.), autres que des joueurs de hockey, sont présentés à la foule lors de cette soirée qui se termine sur une note heureuse avec la victoire du Canadien.
Le 8 novembre 1968 Adoption par l'Assemblée législative du projet de loi qui institue le mariage civil au Québec
Le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand fait adopter par l'Assemblée législative en troisième et dernière lecture le projet de loi 77 qui institue le mariage civil au Québec.
La Loi relative au mariage civil permet aux couples non-croyants d'inscrire leur union dans les registres d'état civil. Entre 1969 et 1976, le Québec connaîtra une croissance importante du nombre de mariages civils qui passera de 1 026 à 7 035.
Le 20 novembre 1968 Dépôt du projet de loi abolissant le Conseil législatif
Le premier ministre unioniste Jean-Jacques Bertrand dépose à l'Assemblée législative le projet de loi 90, abolissant le Conseil législatif. Il sera approuvé par une majorité de députés le 29 novembre, puis par le Conseil législatif, le 13 décembre.
Ce projet prévoit que la Législature du Québec se composera désormais uniquement du lieutenant-gouverneur et d'une chambre élective qui sera appelée Assemblée nationale du Québec, au lieu d'Assemblée législative de Québec. Les conseillers législatifs, qui voient leur poste disparaître, ont pour leur part droit à une pension de 10 000 $, une mesure qui est fortement contestée par les Libéraux qui siègent dans l'Opposition. La Loi 90 entrera en vigueur le 31 décembre 1968.
Source : La Presse, 30 novembre 1968, p.12, et 14 décembre 1968, p.8.
Le 4 novembre 1969 Signature d'ententes collectives à l'échelle du Québec entre le gouvernement et ses employés
Le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand parvient à conclure des ententes à la grandeur du Québec avec les instituteurs, les professeurs de niveau collégial et le personnel hospitalier.
C'est la première fois qu'une entente de ce genre est signée à l'échelle de la province. Mal préparé pour y faire face, le mouvement syndical s'ajustera et reviendra à la charge en 1971-72 en adoptant la stratégie du Front commun intersyndical.
Le 12 novembre 1969 Adoption d'un règlement municipal bannissant les manifestations et les défilés à Montréal
Cette réglementation, qui est adoptée par l'administration municipale montréalaise du maire Jean Drapeau, s'applique pour une durée de 30 jours.
Cette nouvelle réglementation soulève l'indignation du Conseil central de Montréal (Confédération des syndicats nationaux-CSN) qui annonce immédiatement la tenue d'une conférence de presse à 15 heures. Le président du Conseil central, Michel Chartrand, affirme alors que: « Le Père Noël et les sportifs de la coupe Grey auront le droit de manifester. Récemment on a fermé la rue Sainte-Catherine pour faire défiler des joueurs de hockey et le même jour on dispersait des assistés sociaux. C'est comme ça. C'est l'exemple typique d'une administration à la solde du capitalisme anglo-américain. Jamais, les travailleurs de la CSN n'accepteront de se voir privés du droit de manifester quel que soit le lieu ou le jour. Est-ce assez clair? Il n'y aura jamais un juge ou un gouvernement pour empêcher un président de conseil central de parler et il n'y aura jamais un juge ou un gouvernement pour empêcher les travailleurs de manifester et de se rassembler. »
Le 16 novembre 1969 Annonce de l'appui de la Société Saint-Jean-Baptiste au projet indépendantiste
La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) donne son appui à la cause de l'indépendance politique du Québec lors d'une assemblée générale spéciale.
La SSJB précise sa position en faisant connaître les énoncés suivants 1) (la SSJB) se prononce en faveur de la souveraineté politique totale du Québec 2) (la SSJB) affirme que cette souveraineté est une condition indispensable au développement ordonné des ressources humaines, physiques et économiques de la collectivité québécoise 3) (la SSJB) informe les citoyens de l'urgente nécessité pour l'État du Québec d'accéder à la souveraineté politique, dans l'ordre et la sérénité 4) (la SSJB) fait les représentations nécessaires auprès des partis politiques et des groupes de pression pour qu'ils orientent en ce sens leur programme et leur action.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.49. Site internet du Mouvement national des Québécois et des Québécoises: http://mnq.qc.ca/mnq.php3
Le 18 novembre 1969 Dépôt d'un Livre blanc par le ministre de la Famille, du Bien-être et de la Santé
Dans le Livre blanc qu'il dépose, le ministre québécois de la Famille, du Bien-être et de la Santé, Jean-Paul Cloutier, propose notamment un réaménagement des allocations familiales.
Le ministre formule les recommandations suivantes: « l'unification des régimes d'allocations familiales [...] La restructuration de ce régime en faveur des familles de quatre enfants et plus. La révision des prestations des autres programmes sociaux et notamment de l'aide sociale [...] L'imposition des allocations selon un taux progressif tenant compte du revenu de la famille et du nombre d'enfants admissible à des allocations familiales », etc.
Le 28 novembre 1969 Fondation de la Société québécoise d'initiatives pétrolières
Le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand met sur pied la Société québécoise d'iniatives pétrolières (Soquip). Son mandat consiste à explorer, raffiner et distribuer le pétrole et le gaz naturel au Québec.
En créant la Soquip, le gouvernement du Québec espère éventuellement être en mesure de réduire sa dépendance énergétique (pétrole, gaz naturel). Au départ, cette Société d'État profite d'un capital de 15 millions de dollars versé à raison de 1,5 millions de dollars par année. En 1980, le gouvernement du Parti québécois (PQ) permettra à la Soquip « dans un objectif de rentabilité, d'acheter, d'importer, de transporter, de faire affiner, de commercialiser ou de vendre des hydrocarbures. » Au cours des années qui suivront, la Soquip fera de la distribution du gaz naturel une de ses priorités.
Source : Marc Vallières, Des mines et des hommes : histoire de l'industrie minérale québécoise, Québec, Les Publications du Québec, 1989, p.253-255. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.432-436.
Le 28 novembre 1969 Création du ministère de la Fonction publique du Québec
Le premier ministre Jean-Jacques Bertrand choisira le député de Saint-Jacques, Jean Cournoyer, pour devenir le premier titulaire du portefeuille de la Fonction publique, le 23 décembre 1969.
En vertu des articles 17 et 26 de la Loi C-44, la nomination, la rémunération et la permutation des fonctionnaires et employés du gouvernement seront désormais soustraites au contrôle administratif du Conseil de la trésorerie.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.66. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1978, p.143.
Le 3 novembre 1970 Annonce d'une aide financière aux fédérations sportives
Le responsable du Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports, Jean-Paul L'Allier, annonce que le gouvernement québécois met immédiatement une somme de 125 000 $ à la disposition de huit fédérations sportives.
Cette nouvelle suit de quelques mois l'annonce de l'obtention des Jeux Olympiques de 1976 par la ville de Montréal et précède de peu la présentation des premiers Jeux du Québec prévue pour l'été 1971. Les fédérations qui recevront cet appui financier sont celles de la natation, de l'athlétisme, du plongeon, du cyclisme, de la gymnastique, du soccer, du judo et du basketball. Ces sommes devraient permettre l'embauche de directeurs et de conseillers techniques compétents.
Le 5 novembre 1970 Annonce d'une subvention dans l'industrie de la chaussure
À la suite de l'annonce d'une subvention de 195 000 $ du gouvernement québécois, la H.H. Brown Shoe (Canada) investit 780 000 $ afin d'agrandir son usine de chaussures à Richmond, dans les Cantons de l'Est. Le nombre d'employés passera de 500 à 700.
Le ministre de l'Industrie et du Commerce, Gérard D. Lévesque, déclare à cette occasion: « Nous nous réjouissons enfin parce que la plus grande partie de sa production passe aux frontières et contribue ainsi aux exportations québécoises qui dépassent les deux milliards par année sur le marché américain. L'aide du gouvernement à la société H.H. Brown Shoe est accordée en vertu de nos programmes de stimulants au développement industriel régional. »
Le 7 novembre 1970 Ouverture officielle du pont Pierre-Laporte
Il s'agit d'un deuxième pont surplombant le fleuve Saint-Laurent à proximité de Québec. Cette imposante structure suspendue de plus de 1 000 mètres, la première du genre au Canada, relie les villes de Saint-Nicolas et Sainte-Foy.
Originalement, ce pont devait porter le nom de Frontenac, un ancien gouverneur de la Nouvelle-France. Mais les événements d'Octobre 1970 ont incité les autorités politiques à le baptiser pont Pierre-Laporte, en mémoire de l'ex-ministre du Travail et de l'Immigration décédé à la suite de son enlèvement par une cellule du Front de libération du Québec (FLQ). Le pont Pierre-Laporte, qui compte six voies, a été érigé tout près du « vieux » pont de Québec dont la construction remonte à 1917.
Le 13 novembre 1970 Annonce du versement d'une subvention à la United Aircraft
Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, fait savoir que son gouvernement accordera une subvention de cinq millions de dollars à la United Aircraft.
Ce montant devrait permettre à cette entreprise d'investir 40 millions de dollars dans le développement de ses usines de Longueuil. Cet investissement permettra d'augmenter la production, les moyens de recherche et les effectifs en embauchant 200 diplômés universitaires d'ici peu.
Le 15 novembre 1970 Nomination de Paul Gérin-Lajoie à la présidence de l'Agence canadienne de développement international
Un an après avoir quitté son siège à l'Assemblée nationale, l'ex-ministre de l'Éducation du Québec, Paul Gérin-Lajoie, est nommé à la présidence de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Cet organisme fédéral a vu le jour en 1968.
Le 31 décembre, Gérin-Lajoie déclare au journal « Le Devoir » vouloir associer davantage les Canadiens français à la coopération avec l'Afrique francophone. Il restera à la présidence de l'ACDI jusqu'en 1977.
Source : L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.31-32, 1060. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 2 novembre 1971 Tenue d'une grande assemblée intersyndicale au Forum de Montréal
Plus de 15 000 personnes répondent à l'appel du Conseil central de Montréal de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et participent à la plus importante assemblée syndicale de l'année au Québec. Cette manifestation a lieu au Forum de Montréal.
Cette assemblée monstre survient quelques jours après une violente altercation opposant la police de Montréal à des manifestants sympathiques à la cause des grévistes du journal « La Presse ». Il en résultera un mort. Des délégués venus d'un peu partout au Québec sont présents au Forum. C'est à cette occasion que les chefs syndicaux lancent l'idée d'une grève générale en solidarité avec le personnel de « La Presse ». C'est également lors de cette soirée que le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Louis Laberge, aurait fait cette déclaration incendiaire: « Ce n'est pas des vitres qu'il faut casser, c'est le régime que nous voulons casser. »
Source : Louis Fournier, Histoire de la FTQ, 1965-1992: la plus grande centrale syndicale au Québec, Montréal, Québec/Amérique, 1994, p.67-71. Centrale de l'enseignement du Québec - Confédération des syndicats nationaux, Histoire du mouvement ouvrier au Québec: 150 ans de luttes, CEQ-CSN, (s.l.), 1984, p.263-264.
Le 27 novembre 1971 Tenue du douzième congrès de la Fédération des travailleurs du Québec
À cette occasion, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Louis Laberge, incite les membre à une action politique globale.
Cet appel survient quelques semaines après la manifestation houleuse des grévistes de « La Presse » et le grand ralliement intersyndical qui s'est déroulé au Forum de Montréal. Lors de ce congrès, la FTQ adopte le manifeste «L'État, rouage de notre exploitation», un document qui illustre le virage à gauche effectué par la centrale depuis quelques années. On y retrouve la passage suivant: « Québec et Ottawa sont des agents du pouvoir économique majoritairement américain, minoritairement canadien et minusculement québécois. » La FTQ profite également de l'occasion pour affirmer son appui au droit à la souveraineté du Québec, une position qui tranche avec celle que défendait la centrale au cours des années 60.
Source : Louis Fournier, Histoire de la FTQ, 1965-1992 : la plus grande centrale syndicale au Québec, Montréal, Québec/Amérique, 1994, p.72-75.
Le 30 novembre 1971 Dépôt d'un budget supplémentaire à l'Assemblée nationale
Le ministre des Finances du Québec, Raymond Garneau, dépose un budget supplémentaire de 132,8 millions de dollars devant l'Assemblée nationale.
Ce budget vise essentiellement à permettre des travaux additionnels dans le but de combattre le chômage durant la saison hivernale ainsi que le financement de mesures de soutien du revenu. Environ 89 millions iront aux Affaires sociales, alors que 21 millions seront affectés à la Voirie et aux Travaux publics. Une somme de 6,8 millions est également prévue pour l'Agriculture et la Colonisation, alors que 1 million ira au Haut-commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports.
Le 2 novembre 1972 Inauguration du premier tronçon de l'autoroute est-ouest de Montréal
L'ouverture de ce tronçon devrait faciliter considérablement la circulation entre l'aéroport de Dorval et le centre-ville de Montréal.
Ce tronçon de 2 milles s'inscrit dans un projet de développement routier beaucoup plus large que l'on évalue à environ 300 millions de dollars. On prévoit que dès leur ouverture, les huit voies de la nouvelle route seront occupées par une circulation intense.
Le 14 novembre 1972 Inauguration du Musée du cinéma à la Cinémathèque québécoise
Situé au rez-de-chaussée d'un édifice de la rue McGill, le Musée du cinéma comprend de nombreux « exbibits » de l'histoire du cinéma au Québec et au Canada.
Le milieu du cinéma est bien représenté à cet événement auquel assiste également un représentant de la ministre des Affaires culturelles du Québec, Claire Kirkland-Casgrain, qui ne pouvait être présente.
Le 24 novembre 1972 Refus du titre d'Officier de l'ordre du Canada par Geneviève Bujold et Claude Jutra
Le cinéaste Claude Jutra et l'actrice Geneviève Bujold refusent le titre d'officier de l'ordre du Canada que le gouverneur général se proposait de leur octroyer.
Jutra considère qu'il se trahirait en acceptant ce titre. Pour sa part, Geneviève Bujold indique qu'il ne serait pas honnête pour elle vis à vis ses compatriotes de recevoir cette distinction.
Le 13 novembre 1973 Assermentation des ministres du cabinet du premier ministre Robert Bourassa
À la suite de l'élection générale qui a reporté les libéraux de Robert Bourassa au pouvoir pour un deuxième mandat, le premier ministre annonce la composition de son cabinet.
Parmi les nouveaux venus, soulignons les noms de Denis Hardy (Affaires culturelles), Claude Forget (Affaires sociales), Lise Bacon (ministre d'État), Fernand Lalonde (ministre d'État), Georges Vaillancourt (ministre d'État), Paul Berthiaume (ministre d'État) et Bernard Lachapelle (ministre d'État).
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 15 novembre 1973 Dévoilement d'un jugement portant sur les droits des autochtones
Dans ce jugement, le juge Albert Malouf de la Cour supérieure du Québec donne raison aux Cris en ordonnant la suspension des travaux du grand chantier hydroélectrique de la baie James entrepris par le gouvernement libéral de Robert Bourassa en 1972. De ce jugement découlera la Convention de la baie James et du Nord québécois.
Ce jugement de la Cour supérieure du Québec a pour origine un conflit opposant les Cris et les Inuits au gouvernement québécois, ce dernier ayant des ambitions de développement dans le Nord du Québec. Les Cris et Inuits qui occupent ce territoire dépendent en grande partie d'une « économie traditionnelle soit de pêche, de chasse et de trappe ». Soucieux de défendre leurs droits et territorialité, ils firent une demande en injonction interlocutoire visant à obtenir un ordre afin d'arrêter certains travaux majeurs faits par le gouvernement sur ce territoire ainsi que sur des territoires adjacents. Les autochtones prétendaient que ces travaux « gênaient et causaient des préjudices à leurs droits personnels et à leurs droits d'usufruit que les Cris et les Inuits ont exercés et exerçaient toujours dans la partie Nord du Québec incluant les droits de trappe, de chasse et de pêche ». Le tribunal étudie donc les plaintes soulevées par les Cris et les Inuits, ces derniers ayant tenté de démontrer au tribunal « qu'ils vivaient totalement ou partiellement de la chasse, de la pêche et de la trappe et que la description des travaux nuisaient et brimaient leurs droits sur l'environnement, mettant ainsi en péril leur style de vie traditionnelle basé justement sur la chasse, le pêche et la trappe ». Le juge Malouf conclut alors, en tenant compte de la preuve, que la requête en injonction formulée par les autochtones est fondée en droit et ordonne aux intimés la cessation immédiate de tous les travaux, opérations et projets dans le territoire des Cris. Le juge ordonne également aux défendeurs de « cesser de violer les droits de propriété et de causer des dommages à l'environnement ainsi qu'aux ressources naturelles sur le territoire où les autochtones avaient des droits. » Insatisfaits de ce verdict, la Société d'énergie de la baie James, la Société de développement de la baie James ainsi que les autres parties impliquées dans cette affaire feront appel au jugement. Précédant le jugement de la Cour d'appel, le gouvernement du Québec entreprendra des négociations avec les autochtones afin de les faire renoncer aux effets du jugement, car « l'arrêt des travaux entraînait de lourdes conséquences financières pour l'État québécois ». Ces négociations ayant échoué, les défendeurs déposeront une requête en appel demandant que les effets du jugement Malouf soient suspendus. Sept jours après le dévoilement du verdict de la Cour supérieure, la Cour d'appel du Québec rendra son jugement et suspendra les effets du jugement Malouf, concluant que « les effets de l'injonction interlocutoire rendue devaient être suspendus pour des fins d'intérêt public, car il en résulterait plusieurs inconvénients si le jugement devait être maintenu ». De plus, après analyse des faits mis en preuve, le juge en vient à la conclusion qu'il n'y aurait aucun déplacement des populations Cris et Inuits suite aux travaux, que les lots de trappe ne seront pratiquement pas touchés, qu'il y a peu de familles qui dépendent de la terre et que les activités reliées à la chasse et à la pêche ne seront pas affectées par les travaux. D'autant plus que ces travaux ne touchent que 0,01 % de la superficie du territoire. La Cour d'appel conclut également qu'il n'y a pas de preuve positive à l'effet que l'aménagement du territoire de la baie James affectera le mode de vie traditionnelle des autochtones. Par ailleurs, la cour mentionne que les Cris profiteront énormément de ces travaux. L'appel du gouvernement permettra donc la reprise des travaux. En 1975, les autochtones et le gouvernement québécois concluront une entente : la Convention de la baie James. Première convention d'importance intervenue entre ces parties, cette entente, toujours en vigueur à la fin du XXe siècle, prévoit qu'en échange d'importantes concessions territoriales les autochtones obtiendront des dédommagements ainsi que des droits et pouvoirs. La Convention de la baie James et du Nord québécois, qui sera au fond un véritable contrat social entre le gouvernement du Québec et ses minorités autochtones, constitue une première entente au Canada qui prévoit un mécanisme pour assurer la protection du mode de vie traditionnelle des autochtones.
Le 10 novembre 1974 Réélection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
Le maire sortant, Jean Drapeau, remporte l'élection à la mairie de Montréal avec 149 643 voix (55,1 %)contre 106 217 (39,1 %) pour son principal adversaire, Jacques Couture du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM).
Après la domination écrasante de Drapeau lors des élections de 1970, les résultats de 1974 démontrent que le maire a perdu quelques plumes, notamment à cause des premiers dérapages du dossier olympique. Montréal, qui doit présenter les Jeux de 1976, semble en effet avoir perdu le contrôle des coûts qui montent en flèche. Même la possibilité que le grand stade ne soit pas prêt à temps est sérieusement considérée. À un autre niveau, plusieurs préoccupations sociales sont au cœur du programme du RCM, ce qui explique en partie le fait qu'il récolte l'appui de plus de 100 000 des 255 000 Montréalais qui se sont prévalus de leur droit de vote. À la suite de cette élection, le RCM se retrouve avec 18 sièges au Conseil de ville de Montréal, le Parti civique de Drapeau avec 36 et le Parti Démocratie-Montréal avec 1. Satisfait par la percée du RCM, Couture déclare: « Drapeau se prédisait à lui-même une victoire sans précédent, il a ce soir une humiliation sans précédent ! » Visiblement déçu, le maire affirme pour sa part: « J'espère que le slogan disant qu'une forte opposition allait rendre le gouvernement municipal meilleur s'avérera vrai, mais rien ne le prouve encore et seul l'avenir le dira. »
Source : La Presse, 11 novembre 1974, p.1, A3, A6 et A8.
Le 16 novembre 1974 Adoption d'une résolution prévoyant la tenue d'un référendum sur la souveraineté en cas d'élection du Parti québécois
Le cinquième congrès du Parti québécois (PQ), qui se déroule à Québec, est marqué par l'adoption d'une résolution prévoyant la tenue d'un référendum sur la souveraineté advenant l'élection du PQ lors d'une élection générale.
À la fin septembre, la direction du PQ, réunie à Sainte-Anne-de-Sorel, avait adopté un texte inspiré d'une étude de Claude Morin. Celui-ci proposait de lier l'accession à la souveraineté à un vote majoritaire obtenu lors d'un référendum que le PQ tiendrait après avoir pris le pouvoir. Cette stratégie tranche avec la situation qui prévalait à ce moment, puisque pour le PQ, une victoire électorale constituait un mandat pour enclencher le processus menant à la souveraineté. Le 18 octobre, le chef du PQ, René Lévesque, fait part à la presse des résultats d'un sondage qui révèle un support évident de la population -65,5 % des répondants sont entièrement d'accord, 11,8 % partiellement d'accord- pour la formule référendaire. Les 15, 16 et 17 novembre, plus de 1 334 délégués sont réunis au petit Colisée de Québec pour discuter des implications de cette stratégie. Les débats sont animés, particulièrement la résolution voulant qu'en cas d'élection du PQ et de blocage d'Ottawa, le gouvernement du Québec: « assumera méthodiquement tous les pouvoirs d'un État souverain en s'assurant au préalable de l'appui des Québécois par voie de référendum. » Celle-ci sera adoptée par un vote de 630 contre 353. Ce virage fera écrire à Michel Roy du journal « Le Devoir » que les journalistes qui couvrent les congrès du PQ depuis sa naissance: « ont pu constater que le parti de l'indépendance a gagné en réalisme et en maturité politique ce qu'il a perdu de ferveur religieuse ou mystique. » Ces propos rejoignent ceux du leader parlementaire du PQ, Robert Burns, qui déclare: « Il est temps que les gens sachent que le Parti québécois n'est plus une religion, mais un parti politique. » Cette nouvelle approche du PQ -on lui donnera le nom « d'étapisme »- restera associée à Claude Morin, un des membres de l'exécutif du PQ qui occupera le poste de ministre des Affaires intergouvernementales lorsque le parti de René Lévesque prendra le pouvoir en 1976.
Source : Le Devoir, 20 septembre 1974, p.1 et 6, 19 octobre 1974, p.3, 16 novembre 1974, p.1, 6 et 7 et 18 novembre 1974, p.1, A2 et A6.
Le 11 novembre 1975 Signature de la Convention de la baie James
Cette entente signée par le gouvernement du Québec et les représentants des nations Cris et Inuit, « reconnaît aux Amérindiens des droits d'occupation et d'usage d'une partie du territoire (de la baie James) » en retour de sommes d'argent considérables.
Cette entente survient après plusieurs années de négociation entre le gouvernement du Québec et les représentants des Premières Nations. Elle fait suite au dévoilement du projet de développement hydroélectrique de la baie James annoncé par le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, en 1971. L'accord comporte de nombreuses clauses qui précisent de quelle façon doit se faire le partage du territoire ainsi que le montant des compensations financières à verser aux Cris et aux Inuits. Par exemple, la Convention prévoit que le Grand Conseil des Cris recevra des droits exclusifs sur 5 544 kilomètres de territoire, comparativement à 8 151 kilomètres pour les Inuits. L'entente stipule également que 225 millions de dollars seront versés aux Cris et aux Inuits au cours des vingt prochaines années. En revanche, ceux-ci acceptent de céder leurs droits ancestraux sur un territoire de près d'un million de kilomètres carrés. Selon Charlie Watt, chef de l'Association esquimaude du Nouveau-Québec, les Inuits n'obtiennent pas tout ce qu'ils voulaient. Mais dans l'ensemble, l'accord les satisfait.
Source : Le Devoir, 12 novembre 1975, p.2. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.620-621. http://www.autochtones.com/fr/premiers_peuples/index.html, 2 avril 2001.
Le 15 novembre 1976 Élection de quatre femmes à l'Assemblée nationale
L'élection du Parti québécois permet l'entrée de quatre femmes à l'Assemblée nationale. Il s'agit de Denise Leblanc-Bantey, Jocelyne Ouellet, Lise Payette et Louise Sauvé Cuerrier.
Le premier ministre René Lévesque fera de la plus connue du groupe, Lise Payette, sa ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières. Denise Leblanc entrera pour sa part au cabinet en 1981. Elle occupera le poste de ministre de la Fonction publique.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 23 novembre 1976 Publication d'un sondage sur l'appui des Québécois au projet indépendantiste
Une semaine après l'élection du Parti québécois (PQ), un sondage révèle que seulement 11 % des Québécois accordent leur appui au projet indépendantiste du nouveau gouvernement.
Ce sondage, qui a été réalisé après l'arrivée au pouvoir du PQ (du 17 au 19 novembre), révèle que 63 % des Québécois s'affichent contre l'option indépendantiste. Ce résultat confirme en quelque sorte ceux d'une autre consultation réalisée avant l'élection. À cette occasion, seulement 18 % des répondants s'étaient déclarés en faveur de l'indépendance. Lors de l'élection du 15 novembre, le PQ avait récolté 41 % des votes exprimés.
Le 26 novembre 1976 Assermentation du premier cabinet du gouvernement du Parti québécois
L'attention de la presse est centrée sur le Salon rouge du Parlement de Québec alors que le premier ministre René Lévesque présente la composition de son premier cabinet.
En tout, 24 ministres sont assermentés. Du nombre, on retrouve plusieurs têtes d'affiche du Parti québécois (PQ) qui en sont à leur première élection à l'Assemblée législative (Jacques Parizeau, Claude Morin) et quelques rares qui ont siégé dans l'Opposition au cours du dernier mandat libéral (Jacques-Yvan Morin, Claude Charron). La seule femme à accéder au cabinet est Lise Payette. Elle occupera le poste de ministre des Consommateurs, coopératives et Institutions financières. Le doyen du groupe, et seul membre du cabinet à posséder une expérience ministérielle, est évidemment le premier ministre René Lévesque qui a occupé plusieurs ministères avec l'équipe libérale de Jean Lesage au début des années 60. La moyenne d'âge du groupe (environ 42 ans) et les origines diversifiées de ses membres suscitent la curiosité des médias, même si, comme l'écrit l'éditorialiste du « Devoir », Claude Ryan, le lendemain, Lévesque a confié les poste clés de son gouvernement à des éléments « modérés ». Le cabinet de René Lévesque est composé de Jacques-Yvan Morin (vice-premier ministre et ministre de l'Éducation), Robert Burns (ministre d'État à la réforme parlementaire), Claude Morin (ministre des Affaires intergouvernementales), Jacques Parizeau (ministre des Finances et ministre du Revenu), Camille Laurin (ministre d'État au développement culturel), Pierre Marois (ministre d'État au développement social) Bernard Landry (ministre d'État au développement économique), Jacques Léonard (ministre d'État à l'aménagement), Marc-André Bédard (ministre de la Justice), Lucien Lessard (ministre des Transports et ministre des Travaux publics et de l'Approvisionnement), Marcel Léger (ministre délégué à l'Environnement), Claude Charron (ministre délégué au Haut-commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports), Guy Joron (ministre délégué à l'Énergie), Lise Payette (ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières), Jean Garon (ministre de l'Agriculture), Denis Lazure (ministre des Affaires sociales), Guy Tardif (ministre des Affaires municipales), Jacques Couture (ministre du Travail et de la Main-d'œuvre et ministre de l'Immigration), Louis O'Neill (ministre des Affaires culturelles et ministre des Communications), Yves Bérubé, (ministre des Richesses naturelles et ministre des Terres et Forêts), Rodrigue Tremblay (ministre de l'Industrie et du Commerce), Yves Duhaime (ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche) et Denis de Belleval (ministre de la Fonction publique).
Source : Le Devoir, 27 novembre 1976, p. et 4. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 2 novembre 1977 Début d'une visite officielle en France du premier ministre du Québec, René Lévesque
Le premier ministre du Québec, René Lévesque, effectue sa première visite officielle en France. Avec son homologue français, Raymond Barre, Lévesque convient de faire une tradition annuelle de ces rencontres entre premiers ministres, en alternant le pays hôte.
Il s'agit de la première visite en France du chef souverainiste depuis l'élection du Parti québécois, le 15 novembre 1976. Avant de participer à des cérémonies officielles, Lévesque se rend à Colombey-les-Deux-Églises où il se recueille devant la tombe de Charles de Gaulle. L'arrivée du premier ministre québécois à l'aéroport d'Orly est saluée avec un faste qui inquiète quelque peu les autorités fédérales. Le premier ministre Raymond Barre et le ministre de la Justice Alain Peyrefitte se déplacent pour l'occasion, conférant à cette visite d'un « simple » premier ministre un cachet particulier. Plus tard, les travaux de l'Assemblée nationale sont temporairement suspendus pour permettre aux élus d'entendre Lévesque, invité à prendre la parole dans la Galerie des fêtes en compagnie du président de l'Assemblée, Edgar Faure. Lors du passage du premier ministre québécois à l'Élysée, le président Valéry Giscard d'Estaing précise la position de la France dans le débat constitutionnel canadien en déclarant : « Ce que vous attendez de la France, je le sais pour avoir vécu parmi vous, c'est sa compréhension, sa confiance et son appui. Vous pouvez compter qu'ils ne vous manquent pas le long de la route que vous déciderez de suivre. » Deux autre moments forts de cette visite surviennent lorsque Lévesque est reçu triomphalement à l'hôtel de ville de Paris par Jacques Chirac, puis lorsque le chef du gouvernement québécois est fait Grand Officier de la Légion d'honneur. Quelques ententes culturelles et scientifiques sont également conclues à l'occasion de ce passage remarqué qui donne un nouvel élan aux relations France-Québec.
Source : Le Devoir, 2 novembre 1977, p.1 et 6, 3 novembre 1977, p.1-2 et 5, 4 novembre 1977, p.1 et 6 et 5 novembre 1977, p.1 et 6. Site internet du ministère des Relations internationales du Québec, http://www.mri.gouv.qc.ca
Le 13 novembre 1977 Élection de Jean Pelletier à la mairie de Québec
Dès 1962, Pelletier s'implique en politique municipale en tant que membre fondateur du Parti civique. Quinze ans plus tard, il est élu à la mairie de Québec avec une majorité de 8 000 voix sur son principal adversaire, Pierre Racicot du Rassemblement populaire.
Pelletier restera à la tête de Québec jusqu'en 1989. En plus d'être maire, il est membre du Comité exécutif et du Conseil de la Communauté urbaine de Québec, vice-président de la Fédération canadienne des municipalités, membre du Conseil de développement économique du Québec et du Conseil d'administration de l'Union des municipalités du Québec.
Le 29 novembre 1977 Ouverture d'une usine de bouletage à Port-Cartier
La Sidbec-Normines ouvre une usine de bouletage et d'enrichissement du fer à Port-Cartier. Le coût des installations est évalué à 340 millions de dollars.
Fondée en 1976, la Sidbec-Normines est contrôlée à plus de 50 % par Sidbec. Ses autres partenaires sont la British Steel Corporation et la compagnie minière Québec Cartier. La production annuelle de l'usine de Port-Cartier est d'environ six millions de tonnes de boulettes.
Source : Marc Vallières, Des mines et des hommes: histoire de l'industrie minérale québécoise, Québec, Les Publications du Québec, 1989, p.308-309.
Le 12 novembre 1978 Réélection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
Jean Drapeau et le Parti civique affichent une supériorité écrasante lors de l'élection municipale qui se tient à Montréal.
Le Parti civique fait élire 52 conseillers sur une possibilité de 54 alors que Drapeau obtient l'appui de 60,9 % des électeurs montréalais. Cette performance, qui survient deux ans après la tenue des Jeux Olympiques, démontre que le maire sortant a su maintenir, et même accroître sa popularité malgré les problèmes administratifs qui ont marqué cet événement. Pour le Groupe d'action municipale de Serge Joyal, la défaite est cinglante. Cette formation ne fait en effet élire que deux candidats, alors que Joyal doit se contenter des faveurs de 25,5 % de l'électorat. Au troisième rang, on retrouve le Rassemblement des citoyens de Montréal de Guy Duquette qui a été impuissant à faire élire un seul de ses candidats.
Le 1er novembre 1979 Fondation de la Société historique Alphonse-Desjardins
Le Mouvement Desjardins se dote d'une société historique: la Société Alphonse-Desjardins. Sa mission est de mettre en valeur la vie du fondateur et de perpétuer le souvenir de son œuvre pour les générations futures.
La Société historique Alphonse-Desjardins est un organisme autonome à but non lucratif. Dans le cadre de son mandat, le Mouvement Desjardins lui demande de restaurer la maison du fondateur des caisses populaires: Alphonse Desjardins. Grâce à ces travaux de restauration, cette maison, qui est située à Lévis, deviendra un musée accessible à tous. L'ouverture officielle de la Société Alphonse-Desjardins aura lieu le 5 novembre 1982. La popularité de la demeure restaurée est si forte que la Société devra acquérir et annexer la maison voisine pour pouvoir recevoir adéquatement la clientèle. Le musée Desjardins deviendra un attrait touristique pour tous les voyageurs venant à Lévis. Au fil des ans, la Société historique Alphonse-Desjardins remplira d'autres mandats dans le domaine de la recherche historique, comme l'interprétation et la réalisation de publications, ainsi que l'organisation d'activités éducatives portant sur la vie d'Alphonse Desjardins.
Source : Mouvements des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec. (Page consultée le 22 juillet 2000). Mouvements des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec, [En ligne]. Adresse URL: http://desjardins.com/index.html
Le 11 novembre 1979 Dévoilement des offres gouvernementales aux employés de l'État
Le ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau, dévoile ses propositions salariales aux employés des secteurs public et parapublic. Le gouvernement offrirait 690 millions de dollars supplémentaires aux membres du Front commun.
Il s'agit de la troisième négociation commune faite par les trois grandes centrales syndicales du Québec: la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ). Le lendemain, l'Assemblée nationale adoptera une loi spéciale qui lui permet de suspendre le droit de grève dans les secteurs public et parapublic pour une durée de quinze jours. Cette décision, en plus d'entraîner des divisions au sein du gouvernement, risque de jouer contre le Parti québécois (PQ) qui se prépare à enclencher la démarche référendaire sur son projet de souveraineté-association au printemps 1980. Devant l'insatisfaction des syndiqués, dont certains qui défient la loi, le gouvernement bonifiera à nouveau ses offres et en viendra finalement à une entente avant la fin du mois de novembre.
Le 29 novembre 1979 Victoire judiciaire pour la communauté gaie du Québec
Un juge de la Cour supérieure du Québec statue que la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) fait preuve de discrimination envers la communauté gaie en refusant de louer des locaux à des groupes homosexuels.
Selon le juge, le refus de la CECM vient à l'encontre de la Charte québécoise des droits de la personne. Celle-ci interdit la discrimination basée sur l'orientation sexuelle depuis décembre 1977.
Source : Archives des lesbiennes et des gais du Canada : Chronologie 1964-1982. www.web.net/archives/what/papers/docs/flitchro/6471.htm (12 juin 2001).
Le 9 novembre 1981 Achat des actions de l'Asbestos Corp. par la Société nationale de l'amiante
Après plusieurs années de négociations, la Société nationale de l'amiante (SNA) achète les actions d'Asbestos Corp. détenues par General Dynamics au coût de 165 millions de dollars (85 dollars par action). Elle acquiert par le fait même 55 % de toutes les actions de l'entreprise.
La transaction met fin à une longue saga judiciaire. Mais la SNA n'est pas au bout de ses peines puisque, au cours des années 80, les actionnaires minoritaires tenteront d'obtenir par les tribunaux une offre semblable à celle faite par la SNA à la General Dynamics.
Le 2 novembre 1982 Annonce par l'Iron Ore de la fermeture de ses installations de Scherfferville
La compagnie Iron Ore du Canada annonce l'arrêt définitif de ses activités minières à Schefferville. Environ 285 travailleurs perdront leur emploi.
Selon le président de l'Iron Ore du Canada, Brian Mulroney, cette décision s'explique par la baisse de la demande mondiale en fer. Ce ralentissement était déjà perceptible à Schefferville où la production était en chute depuis quelques années, atteignant un creux de 2 millions de tonnes en 1982. Ces difficultés eurent des répercussions sur la population de la ville qui se chiffrait alors à 2 150 habitants, soit environ le tiers de ce qu'elle était lors des années de forte productivité. Dans les mois qui suivent cette annonce de fermeture, l'Iron Ore présentera à ses employés et à leurs familles un plan de compensation qui recevra un accueil positif. L'année suivante, Brian Mulroney relancera sa carrière politique et deviendra le chef du Parti progressiste-conservateur du Canada. Pour le maire Charles Bégin il s'agit néanmoins d'une catastrophe: « C'est la fin de la ville! » À la suite à la fermeture de l'usine, il ne reste plus que deux producteurs de fer au Québec: Quebec Cartier et Sidbec-Normines.
Le 14 novembre 1982 Réélection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
Jean Drapeau remporte sa huitième et dernière victoire électorale à la mairie de Montréal. Sa principale opposition vient de Jean Doré et de son parti, le Regroupement des citoyens de Montréal. Celui-ci fait élire 15 candidats à l'hôtel de Ville.
Le Parti civique de Drapeau obtient pour sa part 39 sièges et 48,4 % des intentions de vote, ce qui constitue un net recul par rapport à l'élection de 1978. Le Groupe d'action municipale (GAM) de Henri-Paul Vignola arrive pour sa part au troisième rang avec trois élus et 16,3 % des voix. C'est la dernière victoire électorale de Jean Drapeau qui ne sera pas candidat lors du scrutin de 1986.
Le 28 novembre 1982 Élection de Marcel Pepin à la tête du Mouvement socialiste du Québec
Environ 400 militants participent au congrès de fondation du Mouvement socialiste du Québec. Ils élisent à leur tête l'ancien président de la Confédération des syndicats nationaux, Marcel Pepin.
Au cours de ce congrès qui se déroule au Cégep du Vieux-Montréal, les discussions portent sur l'indépendance, la justice sociale et l'égalité entre les hommes et les femmes. Les dirigeants réaffirment aussi leur volonté de ne pas transformer le mouvement en parti politique à court terme. Enfin, ils profitent de l'occasion pour attaquer vertement le gouvernement péquiste dirigé par René Lévesque.
Le 7 novembre 1984 Début d'une visite officielle au Québec du premier ministre français, Laurent Fabius
Le premier ministre français, Laurent Fabius, effectue une visite officielle au Québec. Lors des entretiens qu'il a avec les représentants du gouvernement québécois, les discussions portent notamment sur la coopération économique et culturelle entre la France et le Québec.
Fabius, qui n'est premier ministre que depuis le 17 juillet, se rend d'abord à Ottawa où il rencontre le premier ministre Brian Mulroney, élu lors de l'élection générale du 4 septembre. Le climat de la visite est détendu, Mulroney précisant à cette occasion que « Nous (le gouvernement fédéral) reconnaissons la légitimité de relations privilégiées et directes entre Paris et Québec, dès lors qu'elles respectent et visent des sujets qui ne heurtent pas les compétences fédérales. » Fabius se rend ensuite à Québec où il est accueilli par le premier ministre René Lévesque. Il est accompagné pour l'occasion de cinq ministres responsables de ministères à caractère économique. Des discussions portent entre autres sur la possibilité pour AMC-Renault d'accorder des contrats en sous-traitance au Québec afin d'alimenter son usine de Brampton, en Ontario. Après s'être adressé à l'Assemblée nationale, le premier ministre français termine son voyage par un court passage à Montréal.
Source : Le Devoir, 7 novembre 1984, p.4, 8 novembre 1984, p.1 et 6, 9 novembre 1984, p.1 et 10, 10 novembre 1984, p.6 et 12 novembre 1984, p.2.
Le 5 novembre 1985 Ouverture du Centre canadien de recherche sur l'informatisation du travail à Laval
Par la création de Centre canadien de recherche sur l'informatisation du travail, on veut favoriser le transfert de technologie vers le secteur privé.
Les études de cet organisme se concentrent sur quatre volets: la recherche et le développement de systèmes intégrés, l'exploration technique avancée, l'étude des aspects économiques, politiques, sociotechniques et organisationnels du bureau informatisé et, finalement, la diffusion de l'information et de la connaissance scientifique à tous les niveaux, tant national qu'international.
Le 4 novembre 1986 Ouverture du musée d'ethnographie, d'histoire et d'art religieux de Nicolet
Ce musée sans véritable collection qui loge dans des locaux temporaires, innove en présentant une exposition consacrée à quatre traditions différentes: amérindienne, juive, protestante et catholique.
En 1981, quelques communautés religieuses, la Société d'histoire et la Chambre de commerce lancent l'initiative de créer ce musée. L'année suivante, le gouvernement fédéral appuiera l'inventaire des œuvres d'art dans le diocèse de Nicolet. En 1983, un comité aura le mandat « de préparer un dossier sur l'implantation du musée tout en tenant compte des objectifs déjà établis dans les lettres patentes de la corporation, à savoir: mettre en évidence le caractère communautaire et populaire de l'expérience religieuse; refléter le pluralisme religieux et susciter, de ce fait, une prise de conscience de la diversité des croyances; conserver et mettre en valeur les objets témoins de l'expérience religieuse de l'Homme. »
Source : Michèle Paradis, «Un temple pour les traditions sacrées», Cap-aux-Diamants, n.25, printemps 1991, p.32-34.
Le 9 novembre 1986 Élection de Jean Doré à la mairie de Montréal
Le chef du Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal (RCM), Jean Doré, succède à Jean Drapeau à la mairie de Montréal. Il remporte la victoire avec 217 000 votes, ce qui lui donne une confortable avance sur son principal adversaire, Claude Dupras du Parti civique, qui n'obtient que 94 000 votes.
Le parti que Doré dirige, le Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal (RCM), obtient un triomphe éclatant en faisant élire 55 conseillers contre un seul pour le Parti civique (Germain Prégent), un indépendant (Nick Auf der Maur) et un pour l'Alliance démocratique. Informé du dévoilement des résultats et de l'ampleur de sa victoire, le nouveau maire déclare: « Je veux assurer la population que nous ne serons pas mesquins avec l'opposition. Nous lui ferons de la place pour assurer à Montréal une vie dynamique. » Le principal objectif de Doré en se faisant élire aux élections de 1986 est d'insuffler à Montréal un nouvel élan économique. Sa victoire, qui survient quelques mois après l'annonce de la retraite de l'ancien maire Jean Drapeau, marque le début de la fin pour le Parti civique qui, au cours des prochaines années, sera miné par les dissensions et les luttes internes.
Source : Le Devoir, 10 novembre 1986, p.1 et 8, La Presse, 10 novembre 1986, p.A1-A2, A6-A9.
Le 13 novembre 1986 Présentation de deux projets de loi sur la langue au Québec
La ministre libérale Lise Bacon présente le projet de loi 140 qui prévoit la fusion partielle des divers organismes créés par la Loi 101, en août 1977, et le projet de loi 142 qui doit élargir les services de santé et les services sociaux offerts aux anglophones dans leur langue.
Le projet de loi 140 « institue l'Office de la langue française fruit de la fusion de l'Office et de la Commission de protection de la langue française institué par la Loi 101; remplace le Conseil de la langue française par un Haut comité chargé de conseiller le ministre; confie à la cour provinciale la compétence relative au certificat de francisation et au ministre la responsabilité de la Commission de toponymie qui relevait de l'Office depuis 1977; confie à l'Office la reconnaissance des organismes municipaux et scolaires, des services de santé et des services sociaux à des personnes en majorité non francophones. » Le chef du Parti québécois (PQ), Pierre Marc Johnson, voit ces projets de loi (140 et 142) comme des reculs sur tous les fronts. Il accuse le gouvernement de vouloir rendre le Québec bilingue. Le projet de loi 142 assurant aux anglophones des services de santé et de services sociaux dans leur langue sera adopté en décembre, mais le projet de loi 140 sera laissé au feuilleton.
Le 12 novembre 1987 Dépôt d'un projet de loi sur le statut des artistes québécois
La ministre des Affaires culturelles du Québec, Lise Bacon, dépose le projet de loi 90 sur la reconnaissance du statut de l'artiste. Le projet délimite le régime de travail des artistes à la pige et vise à leur assurer un traitement équitable.
Le projet de la ministre Bacon reconnaît à priori un statut de travailleur autonome aux créateurs et aux interprètes impliqués dans des productions indépendantes ainsi qu'aux artistes qui œuvrent à leur compte. Il prévoit également la création d'une Commission de reconnaissance. Le président de l'Union des artistes (UDA), Serge Turgeon, semble satisfait de ces mesures qui, dans l'ensemble, répondent aux demandes formulées par les artistes québécois depuis 1982.
Source : Le Devoir, 12 novembre 1987, p.13, 13 novembre 1987, p.13-14.
Le 18 novembre 1987 Annonce du retour en politique de Jacques Parizeau
Quelques jours après la démission du chef du Parti québécois, Pierre Marc Johnson, l'ancien ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau, annonce son retour en politique.
Parizeau, qui avait quitté le PQ en 1984 pour protester contre le rapprochement entre le chef René Lévesque et le premier ministre canadien Brian Mulroney, souhaite remettre l'option souverainiste au cœur de l'action du parti. Cette approche tranche avec celle de son prédécesseur qui, à court terme, favorisait plutôt le concept « d'affirmation nationale ». L'objectif de Parizeau consiste à rassembler tous les nationalistes qui ont décroché de l'action politique au cours des dernières années.
Le 23 novembre 1988 Annonce de la fermeture de l'usine Gillette de Saint-Laurent
La compagnie Gillette annonce qu'elle fermera son usine de Saint-Laurent. Environ 530 des 700 emplois fournis par cette manufacture seront perdus.
Gillette justifie cette décision en évoquant son plan mondial de rationalisation qui l'a déjà amené à fermer quelques usines dans d'autres pays. Cette précision n'empêche pas le ministre québécois de l'Industrie et du Commerce, Pierre MacDonald, de se dire choqué par l'annonce soudaine de cette fermeture.
Le 5 novembre 1989 Élection de Jean-Paul L'Allier à la mairie de Québec
C'est une première victoire à Québec pour L'Allier qui sera reporté à la mairie aux élections municipales de 1993, 1997 et 2001. En novembre 1989, il défait le candidat du Progrès civique, l'ex-ministre péquiste Jean-François Bertrand.
Il s'agit d'une victoire convaincante pour L'Allier, lui même un ex-ministre libéral, qui obtient une majorité de 13 000 voix et fait élire 17 de ses conseillers du Rassemblement populaire sur 21. De 1991 à 1999, Jean-Paul L'Allier présidera l'Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM), tout en assumant ses responsabilités de maire. De plus, il occupera de nombreuses autres fonctions telles que celle de vice-président de la Communauté urbaine de Québec et de membre du conseil d'administration de l'Union des municipalités du Québec. Le maire de la Vieille Capitale es également vice-président de l'Association internationale des maires et responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement francophones (AIMF). Pour son travail, il recevra le 12 mai 1992 la Légion d'honneur du président de la République française.
Le 8 novembre 1989 Avertissement de Jacques Parizeau au premier ministre Robert Bourassa en regard de l'entente du lac Meech
Par le biais d'une lettre publiée dans les journaux, le chef de l'Opposition péquiste à l'Assemblée nationale, Jacques Parizeau, exhorte le premier ministre Robert Bourassa à ne pas céder au « maquignonnage » qui agite les hommes politiques au Canada.
Parizeau presse Bourassa de se retirer de la ronde de négociations constitutionnelles s'il n'a pas l'assurance que la clause de la société distincte aura préséance sur la Charte des droits et libertés. Selon Parizeau: « Ce qui importe à l'heure actuelle, c'est que le Québec évite tout recul possible, évite l'humiliation d'une ratification à tout prix en consentant, du fait de votre autorisation, à réduire davantage la portée d'un accord pourtant déjà beaucoup trop timide. Nous vous demandons bien sûr de ne pas engager le Québec dans des pourparlers en vue de la conclusion d'un accord parallèle. Bien plus, nous attendons que vous profitiez de la conférence fédérale-provinciale des Premiers ministres des 9 et 10 novembre pour obtenir de tous les Premiers ministres une explication claire et unanime du sens et de la portée de la clause dite de la société distincte. » Les déclarations du chef péquiste suivent de quelques jours celles du premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, qui souhaite voir sa province retirer son appui à l'accord du lac Meech.
Le 4 novembre 1990 Réélection de Jean Doré à la mairie de Montréal
Le chef du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), Jean Doré, remporte l'élection à la mairie de Montréal. Il obtient plus de 60 % des voix et défait facilement sa principale rivale, Nicole Gagnon-Larocque du Parti civique, qui doit se contenter de l'appui de 20 % des électeurs.
Le peu d'intérêt de la campagne se reflète dans le taux de participation qui est de 30 %. « C'est à la fois sur le bilan du premier mandat de notre administration et sur notre vision d'avenir que les Montréalais ont choisi de nous réélire » affirme Doré qui sera appuyé par 42 conseillers de sa formation sur la cinquantaine qui siègent au Conseil.
Le 6 novembre 1990 Annonce de l'envoi d'une délégation de parlementaires canadiens en Irak
Le député néo-démocrate Svend Robinson annonce à la presse qu'il est à mettre sur pied une mission composée de parlementaires canadiens. Son objectif sera d'obtenir la libération d'otages détenus en Irak.
Cette annonce suit de quelques mois l'invasion du Koweït par l'Irak, événement qui est à l'origine de la mobilisation de plusieurs nations opposées à cette action militaire. Parmi les députés qui participent à la mission annoncée par Robinson, on retrouve le libéral Lloyd Axworthy et le progressiste-conservateur Robert Corbett. Partie le 19 novembre, cette délégation reviendra 10 jours plus tard, après avoir obtenu la libération de cinq otages.
Source : La Presse, 7 novembre 1990, p.B5. Janin Desmarais, Mémoire de maîtrise à déposer sur la politique extérieure canadienne lors de la guerre du Golfe (titre indéterminé), Université de Sherbrooke.
Le 15 novembre 1990 Comparution du Conseil du patronat du Québec à la Commission Bélanger-Campeau
Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) comparaît devant la Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Québec. Son porte-parole plaide pour une « constitution canadienne moderne » et rejette le projet du Parti québécois de réaliser l'indépendance du Québec.
Dans la foulée de l'échec de l'Accord du lac Meech, le gouvernement libéral de Robert Bourassa décide, à l'automne 1990, de créer la Commission sur l'avenir constitutionnel et politique du Québec (Commission Bélanger-Campeau). Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) accepte d'y siéger. Le 15 novembre 1990, il fait connaître sa position qui est favorable à un renouvellement du fédéralisme. De façon générale, le porte-parole du CPQ résume la position de son organisme de la façon suivante. « 1) Le point qui est fait dans le rapport de la Commission sur l'état actuel des choses (le fédéralisme) est sévère et pas toujours nuancé. Mais surtout, il ne reconnaît pas que le Québec a réussi à très bien tirer son épingle du jeu à l'intérieur du cadre fédéral. L'espace économique canadien a permis aux Québécois de jouir d'un niveau de vie parmi les plus élevés au monde (...) Si j'ai donné mon accord au rapport de la Commission et à son volet sur le référendum, ce fut d'abord pour favoriser un consensus autour du rapport, mais surtout parce que la Loi sur la consultation populaire étant toujours en vigueur au Québec, le gouvernement, nonobstant la loi proposée, pourra toujours y recourir pour soumettre à l'appréciation des Québécois toute offre fédérale substantielle. Le gouvernement garde ainsi sa marge de manœuvre légitime, et je serai alors de ceux qui travailleront à défendre un fédéralisme renouvelée, gage d'avenir pour les Québécois. Il faudra d'ailleurs revoir la Loi sur la consultation populaire afin de déterminer le pourcentage de votes nécessaire afin de tout référendum futur au Québec, s'il devait être favorable à l'indépendance, dégage une majorité nettement supérieure à la majorité simple +1 (exemple : 65 %). En effet, étant donné les enjeux en cause, il faudra plus que 51 % pour trancher véritablement la question et s'assurer que les débats prendront fin. Sans quoi ce sera le chaos. À l'instar de l'expert Charles Taylor de l'Université McGill, et contrairement au rapport de la Commission, je crois que la succession automatique du Québec au Canada comme signataire du traité de libre-échange, advenant l'indépendance du Québec, n'est pas quelque chose d'acquis. »
Source : La Presse, 16 novembre 1990, p.B3, B4. Ghislain Dufour, Ghislain Dufour témoigne des 30 ans du CPQ: le Conseil du patronat du Québec: 30 ans au coeur de l'action 1969-1999, Coll. «Les affaires», Montréal, Transcontinental, 2000, p.195 à 201.
Le 7 novembre 1991 Élection d'une Québécoise à la présidence de l'exécutif de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
La diplomate québécoise Marie Meunier devient présidente de l'exécutif de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) au premier tour de scrutin. Elle obtient une majorité de 17 voix contre ses principaux rivaux.
Meunier accède à la présidence de l'exécutif après une carrière de plus de 20 ans dans le monde de la diplomatie, dont un poste d'ambassadrice du Canada à l'UNESCO. Son mandat sera de deux ans. L'élection de Meunier constitue une surprise dans la mesure où elle est une femme, mais également qu'elle est issue d'un pays nordique. Meunier déclare à ce sujet: « Il (le Canada) recueille aujourd'hui les fruits de sa politique de conciliation. On l'a déjà vu lors de la succession de secrétaires généraux de l'ONU: le Canada a une bonne image auprès du Sud. Et, dans le cas présent, je dois le dire en toute modestie, les membres du Comité exécutif ont aussi « voté pour l'homme », si je puis dire. Au sein du CE (comité exécutif), les membres se connaissent personnellement, et cela joue un rôle. »
Source : La Presse, 8 novembre 1991, p.A1, 17 novembre 1991, p.A1. Robert Prévost, Figures de proue du Québec, Montréal, Stanké, 2000, 477 p.
Le 27 novembre 1991 Demande d'euthanasie par Nancy B.
La patiente Nancy B. demande à la Cour supérieure d'ordonner que l'on débranche le respirateur qui la maintient en vie depuis deux ans et demi.
Nancy B. est atteinte du syndrome de Guillain-Barré, une maladie rare qui la garde complètement paralysée au département des soins intensifs de l'Hôtel-Dieu de Québec. Le juge Jacques Dufour, le plus expérimenté des juges de la Cour supérieure du Québec, rencontrera la jeune patiente avant de prendre une décision, ce qui constitue une première au Canada. Le 6 janvier 1992, le juge Dufour décrétera que le médecin de Nancy B. doit se rendre à la volonté de sa patiente et interrompre le traitement qui la tient artificiellement en vie. La Cour supérieure, dans un jugement retentissant, fera une nette distinction entre l'euthanasie et la fin du traitement que réclame la Nancy B.
Source : La Presse, 29 novembre 1991 p. A1 et 7 janvier 1992 p. A5.
Le 7 novembre 1992 Fusion de deux groupes d'ingénieurs conseils de Québec
Il s'agit du Groupe Solivar, une firme spécialisée en mécanique du bâtiment, en génie civil, en environnement et en économie d'énergie, ainsi que du Groupe Shooner, qui œuvre dans le domaine de l'environnement. Cette fusion porte le nombre d'employés à 180.
Cette fusion met un terme à une longue période de tractations. Pour le moment, on ne prévoit pas que cette transaction entraînera des pertes d'emplois.
Source : Les Affaires, 31 octobre 1992, p.19. Le Soleil, 8 novembre 1992, p.B10.
Le 25 novembre 1992 Dépôt d'un projet de loi permettant l'ouverture des commerces le dimanche
Le ministre de l'Industrie et du Commerce, Gérald Tremblay, dépose un projet de loi permettant l'ouverture des commerces le dimanche.
La nouvelle loi concerne l'ensemble des commerces qui pourront ouvrir leurs portes jusqu'à 17 heures le dimanche, à l'exception des restaurants, dépanneurs et librairies qui peuvent ouvrir en tout temps. Le ministre Tremblay ne peut toutefois la faire passer rapidement puisqu'il se frotte à l'opposition du Parti québécois (PQ) qui réclame davantage d'informations sur les conséquences de ces nouvelles heures d'ouverture.
Le 6 novembre 1994 Élection de Pierre Bourque à la mairie de Montréal
À la surprise générale, Pierre Bourque remporte l'élection à la mairie de Montréal en obtenant 47,2 % des voix. Ces résultats dépassent de loin les scores généralement attribués à Bourque dans les sondages réalisés au cours de la campagne.
Bourque, qui a été directeur du Jardin botanique de Montréal de 1976 à 1993, défait facilement ses deux rivaux: le maire sortant, Jean Doré, et l'ex-ministre de la Justice du Québec et ex-maire d'Outremont, Jérôme Choquette. La formation de Bourque, Vision Montréal, connaît également un vif succès en faisant élire une quarantaine de conseillers sur les 51 sièges disponibles à l'hôtel de ville. Fort de ces résultats, le nouveau maire déclare à la presse: « La situation de Montréal est devenue inquiétante. Il faut redonner la confiance à ceux qui détiennent les rênes. »
Source : Le Devoir, 7 novembre 1994, p.A1, 8 novembre 1994, p.A4.
Le 30 novembre 1994 Nominations à l'Assemblée nationale du Québec
Le premier ministre Jacques Parizeau et le chef de l'Opposition officielle, Daniel Johnson, procèdent à plusieurs nominations à la suite des élections générales du 12 septembre.
Les nominations à l'intérieur du Parti québécois de Parizeau sont celles de Guy Chevrette (leader parlementaire du gouvernement), François Gendron et André Boisclair (leaders parlementaires adjoints du gouvernement), Jean-Pierre Jolivet (whip en chef du gouvernement), Cécile Vermette et Normand Jutras (whips adjoints du gouvernement) et Rosaire Bertrand (président du caucus du Parti québécois). Du côté de l'Opposition officielle, dirigée par le chef libéral Daniel Johson, il s'agit de Pierre Paradis (leader parlementaire de l'Opposition officielle), Roger Lefebvre (leader parlementaire adjoint), Georges Farrah (whip en chef de l'Opposition officielle) et Michel Bissonnet (whip adjoint).
Le 13 novembre 1995 Signature d'un protocole entre les centrales syndicales
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) signent un protocole de solidarité et de non maraudage.
Les deux centrales prévoient l'organisation d'activités et d'interventions communes de même qu'une procédure pour réglementer les changements d'allégeance syndicale. Un mois plus tard, le 18 décembre, la FTQ et la Centrale des enseignants du Québec (CEQ) en viendront à une entente de ce genre. Elle comprend également la participation pleine et entière de la CEQ aux activités du Fonds de solidarité de la FTQ.
Source : Le Devoir, 14 novembre 1995, p.A1. Fédération des travailleurs du Québec, L'histoire de la FTQ: les grandes dates, Montréal, FTQ, 1997, 58 p.
Le 11 novembre 1996 Soulignement des vingt ans de vie parlementaire de six députés
L'Assemblée nationale souligne les vingt ans de vie parlementaire de six députés du Parti québécois.
Il s'agit de Jean Garon (Lévis), François Gendron (Abitibi-Ouest), Jacques Brassard (Lac-Saint-Jean), Guy Chevrette (Joliette), Denis Perron (Duplessis) et Jean-Pierre Jolivet (Laviolette) qui avaient tous été élus le 15 novembre 1976 lors de la première victoire du Parti québécois.
Le 2 novembre 1997 Tenue d'élections municipales au Québec
On procède à la tenue d'élections dans 791 municipalités québécoises. Près de 400 maires et mairesses ont déjà été élus sans opposition, notamment dans les villes de Granby et Victoriaville.
Au moment où les administrations pourraient être dans l'obligation d'augmenter bientôt les taxes foncières, dans la foulée des compressions budgétaires de 375 millions de dollars imposées par le gouvernement Bouchard, les candidats-vedettes ont presque tous été réélus haut la main. Le maire sortant de Québec, Jean-Paul L'Allier, a gagné son pari en se faisant réélire pour un troisième mandat sous la bannière du Rassemblement populaire. À Laval, le maire Gilles Vaillancourt a été réélu en se faufilant entre les candidats de l'opposition qui n'ont pu s'entendre pour former un front commun. À Sainte-Foy, le revirement spectaculaire que plusieurs observateurs anticipaient ne s'est pas produit. Malgré sa grande popularité auprès des Fidéens, le bouillant animateur de radio André Arthur n'a finalement pas réussi à déloger la mairesse sortante Andrée Boucher. Parmi les maires nouvellement élus, on retrouve les noms de Guy Décarie (Lachine) et Jean Tremblay (Chicoutimi).
Le 18 novembre 1997 Adoption d'un amendement constitutionnel relatif à l'éducation
L'abrogation de l'article 93 de la Constitution permet la création de commissions scolaires linguistiques, plutôt que religieuses. Elle est obtenue à la suite de longues discussions avec le gouvernement fédéral.
Cet amendement obtiendra l'appui de 204 députés contre 59 à la Chambre des communes. Fait étonnant, une douzaine de Réformistes votent en sa faveur, et ce, malgré l'opposition avouée de leur chef, Preston Manning. Parmi les députés québécois, seul le libéral Clifford Lincoln figure au sein des opposants. Une fois l'aval du Sénat obtenu, le gouvernement du Québec pourra donc se soustraire « à l'obligation, prévue à l'article 93 de la Constitution de 1867, de maintenir des commissions scolaires catholiques et protestantes sur les territoires des villes de Québec et de Montréal et, dans le reste de la province, de respecter le droit à la dissidence des minorités catholiques et protestantes. » Cette possibilité, acquise grâce à un amendement fait à une constitution que le Québec a refusé de signer depuis le rapatriement de 1982, suscite de nombreux commentaires. Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, déclare à ce sujet: « Amender une Constitution qui n'existe pas, c'est pas pire ». Dans l'ensemble, le gouvernement du Parti québécois se réjouit tout de même de la situation, n'y voyant pas pour autant un signe que les relations progressent entre Québec et Ottawa sur le plan constitutionnel.
Source : La Presse, 19 novembre 1997, p.A1, 22 novembre 1997, p.B3. Le Devoir, 18 novembre 1997, p.A5.
Le 1er novembre 1998 Réélection de Pierre Bourque à la mairie de Montréal
Le maire sortant Pierre Bourque remporte les élections municipales de Montréal en récoltant 44 % des votes.
Bourque devance dans l'ordre Jacques Duchesneau (26,4 %), Michel Prescott (14,4 %) et l'ex-maire Jean Doré qui ne reçoit l'appui que de 10 % de l'électorat. Pour son second mandat à la mairie de Montréal, Pierre Bourque sera entouré d'une équipe de 39 conseillers, sur une possibilité de 51. À l'issue du résultat du scrutin, le maire Bourque insiste sur la nécessité de promouvoir le développement économique et promet que son équipe formera « une administration forte ».
Le 16 novembre 1998 Fermeture des magasins Aventure électronique
La fermeture des 143 magasins Aventure électronique entraîne la disparition de 1 271 emplois répartis dans 85 magasins au Québec et 58 en Ontario.
Dans un communiqué, les dirigeants de cette chaîne de distribution de produits électroniques soulignent que leur décision a été rendue inévitable à la suite de la perte du support financier de leurs principaux créanciers. La Banque de Nouvelle-Écosse, de loin le principal créancier garanti avec une créance de près de 36 millions de dollars, avait émis un avis de défaut il y a une semaine et demie. Aventure électronique n'ayant pu trouver les fonds nécessaires au rétablissement de sa situation, la chaîne, qui était engagée dans un plan de redressement depuis le début de 1998, a dû se résigner à fermer ses 143 magasins. Cette entreprise avait été fondée en 1989 par Robert Fragman.
Le 27 novembre 1998 Accession de René Roy au poste de secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
René Roy, ancien vice-président du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), succède à Henri Massé qui devient président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).
Les délégués de la FTQ ont également élu quatre nouveaux vice-présidents sur le bureau de direction. Il s'agit de Clément L'Heureux du SCEP, Tini Ciampanelli du Syndicat du vêtement, du textile et autres industries, Pierre Content du Syndicat des travailleurs des postes, et Suzanne Amiot du Syndicat canadien de la fonction publique.
Source : Site de la FTQ: www.ftq.qc.ca; La Presse, 28 novembre 1998 p. A12.
Le 30 novembre 1998 Participation du Bloc-Pot à l'élection générale provinciale
Ce singulier parti milite pour la légalisation de la marijuana au Québec (d'où le nom Bloc-Pot). Lors de l'élection générale de novembre 1998, le Bloc-Pot présente 23 candidats, mais il récolte moins de 1 % des votes (9 671 votes).
L'article numéro un du Bloc-Pot préconise la décriminalisation de la possession et de la culture de la marijuana. Cette formation, dont un des slogans est « Il faut que ça roule », présente des candidats dans Chambly, Deux-Montagnes, Argenteuil, Crémazie, L'Assomption, Laurier-Dorion, Laval-des-Rapides, Marguerite-d'Youville, Marie-Victorin, Mille-Îles, Outremont, Prévost, Rosemont, Robert-Baldwin, Saint-Jean, Sainte-Marie-Saint-Jacques, Verdun, Vimont, Rimouski, Rivière-du-Loup et Sherbrooke. Elle ne parviendra toutefois à en faire élire aucun.
Source : www.blocpot.qc.ca/ La Presse, 25 novembre 1998, p.B4.
Le 5 novembre 1999 Signature d'un accord politique menant à la création d'une Commission du Nunavik
Le président de la Société Makivik, Pita Aatami, le ministre délégué aux Affaires autochtones, responsable de la Faune, des Parcs et de la région Nord-du-Québec, Guy Chevrette, le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Joseph Facal, et le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, Robert Nault, signent un accord politique devant mener à la création d'une Commission du Nunavik.
Cette Commission tripartite, mise sur pied le 25 novembre, sera chargée de faire des recommandations sur une forme de gouvernement pour le Nunavik, un territoire couvrant la partie du Québec située au nord du 55e parallèle. Elle aura pour mandat de proposer un plan d'action et des recommandations sur la structure, le fonctionnement et les pouvoirs d'un gouvernement au Nunavik, ainsi qu'un calendrier de réalisation. Les trois parties s'entendront pour que ce projet de gouvernement s'inscrive à l'intérieur des compétences des gouvernements du Québec et du Canada. De plus, il devra pouvoir répondre tant aux besoins des Inuit que des autres résidents du Nunavik. Ce futur gouvernement devrait aussi disposer de ressources appropriées et d'une forme d'autonomie gouvernementale pour le Nunavik.
Source : Le Devoir, 6 novembre 1999, p.A1. http://www.saa.gouv.qc.ca/cpress/991105.html, Secrétariat aux affaires autochtones, gouvernement du québec
Le 10 novembre 1999 Annonce d'un remaniement du cabinet du premier ministre Lucien Bouchard
Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, procède à un remaniement de son cabinet.
Paul Bégin, déjà ministre de l'Environnement et ministre responsable de la région de Québec, se voit également confier le ministère du Revenu. Gilles Baril, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse assumera pour sa part la responsabilité des Loisirs, des Sports et du Plein air. Enfin, le ministre de la Solidarité sociale, André Boisclair, devient aussi ministre responsable de la Régie des installations olympiques.
Source : Le Devoir, 11 novembre 1999, p.A1. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 12 novembre 1999 Acquisition de nouveaux locaux par le Musée du Séminaire de Sherbrooke
La direction du Musée du Séminaire de Sherbrooke signe un contrat pour acquérir le tiers de l'ancienne usine Kayser, où seront installées de nouvelles salles d'exposition.
Les deux paliers de gouvernement ont déjà promis une aide de 7 500 000 dollars à la corporation du Musée afin de réaliser un important réaménagement dans l'ancienne usine Kayser. Le nouveau Musée de la nature et des sciences du Séminaire Saint-Charles qui assurera la continuité de l'œuvre de Léon Marcotte, fondateur du musée décédé en 1964, présentera ses premières expositions à l'automne 2002.
Source : La Tribune, 16 novembre 1999 p.A1 et 30 novembre 2001, p.A8. Jean-Pierre Kesteman, Peter Southam, Diane Saint-Pierre, Histoire des Cantons de l'Est, Coll. «Les régions du Québec», Québec, IQRC, 1998, p.729.
Le 21 novembre 1999 Tenue de référendums dans le cadre des fusions municipales
Les citoyens de Mont-Saint-Hilaire rejettent le projet commun de fusion avec la municipalité d'Otterburn Park, dans une proportion de près de 70 %, tandis que la partie ouest du Canton de Shefford accepte la fusion avec Granby dans une proportion de 72%.
À Mont-Saint-Hilaire, le Non recueille 3 694 voix contre 1 607 pour le Oui, alors qu'à Otterburn Park, les résultats sont inversés: 1 916 résidents se prononcent en faveur d'une fusion avec Mont-Saint-Hilaire, tandis que 887 personnes s'y opposent. Pour le maire d'Otterburn Park, Guy Dubé, c'est une question de richesse foncière. Les habitants de sa ville ont plus d'avantages à souhaiter une fusion que ceux de la riche ville voisine. Selon Dubé: « Pour nous, c'est clair, il n'y aura pas de fusion. Nous nous sommes engagés à respecter le souhait de la population et nous n'avons qu'une parole. » Dans la partie ouest du Canton de Shefford, c'est 72 % de la population qui accepte une fusion avec la ville de Granby. Pour le maire du Canton de Shefford, Jean-Paul Forand, c'est une grande déception: « Nous perdons 34 % de notre assiette fiscale et 40 % de notre population. Cela favorise aussi l'étalement urbain. ». Il y a deux semaines, le Canton de Shefford avait aussi tenu un référendum consultatif sur un projet d'annexion à la municipalité de Waterloo au cours duquel le Non l'avait emporté à 98 %.
Source : La Voix de l'Est, 22 novembre 1999 p.6, La Presse, 22 novembre 1999 p.A1.
Le 10 novembre 2000 Retrait du Québec dans le dossier Churchill Falls
Le gouvernement du Québec se retire du projet des chutes Churchill, laissant la voie libre à Terre-Neuve avec un projet plus modeste s'élevant à 3,7 milliards de dollars. Le projet préparé initialement par Hydro-Québec, et qui prévoyait la déviation de la rivière Romaine, était évalué à 12 milliards de dollars.
L'abandon du dossier Churchill Falls est attribué à la déréglementation des tarifs d'électricité aux États-Unis. En entraînant le transport d'un gros volume d'électricité sur le marché américain, ce projet aurait en effet pu provoquer une chute des prix. Par ailleurs, le gouvernement du Québec projette de construire une centrale électrique sur la rivière La Romaine, à 200 kilomètres de Sept-Iles, impliquant des investissements de l'ordre de 250 millions de dollars. Lucien Bouchard, premier ministre du Québec, explique la situation: « (Le projet) s'est heurté à des difficultés insurmontables reliées à la déréglementation des tarifs aux États-Unis, une affaire très technique mais qui a créé un obstacle insurmontable. Nous avons donc repris les négociations depuis, sur la base d'un nouveau projet selon lequel Terre-Neuve construira le projet hydroélectrique sans diversion de rivière au Québec, et Hydro-Québec achètera de l'électricité à un prix qui reste à convenir et dont nous discutons présentement. »
Source : Le Devoir, vendredi 10 novembre 2000, p. A1.
Le 1er novembre 2001 Présentation du budget de la ministre Pauline Marois
La ministre des Finances du Québec, Pauline Marois, présente un « budget de la confiance » quelques semaines après les événements du 11 septembre 2001 à New York.
Présenté cinq mois plus tôt que prévu, le nouveau budget de la ministre des Finances, Pauline Marois, se veut un effort afin « que le Québec traverse avec un minimum de turbulences les difficultés actuelles », largement liées, selon madame Marois, aux attentats du 11 septembre. Le nouveau budget prévoit 43 millions pour l'implantation de mesures visant la sécurité des personnes. De façon plus générale, le budget prévoit une croissance de 1,7 % du produit intérieur brut, accompagnée d'une augmentation des dépenses publiques de 3,1 %. Parmi les principales dépenses, le gouvernement de Bernard Landry prévoit accorder sa priorité à la santé (500 millions de dollars), à l'éducation (400 millions) ainsi qu'aux logements sociaux (500 millions). Au niveau des infrastructures, ce sont 400 millions qui seront injectés dans le réseau routier. Cette somme s'ajoute aux 350 millions alloués aux programmes d'infrastructures conjoints avec les municipalités, ainsi qu'aux 100 millions consacrés aux équipements culturels. Le gouvernement prévoit également une indexation des tables d'impôt et des prestation d'aide sociale, ainsi qu'une augmentation de 2,7 % pour ces dernières. Ces mesures s'accompagnent finalement par un maintien du déficit zéro et un retour de 400 millions de dollars pour les consommateurs, dont les trois quarts iront aux plus démunis.
Le 4 novembre 2001 Élection de Gérald Tremblay à la mairie de Montréal
L'élection de Gérald Tremblay fait de lui le premier maire de la nouvelle ville de Montréal, modifiée en vertu de la Loi 170 sur les regroupements municipaux. Tremblay et son parti, l'Union des citoyens et citoyennes de Montréal (UCIM), ont profité des appréhensions suscitées par les fusions municipales. Le nouveau maire a obtenu 298 952 votes contre 261 326 pour le maire sortant, Pierre Bourque de Vision Montréal (VM).
C'est avec plus de 49 % des votes que le chef de l'Union des citoyens de l'île de Montréal (UCIM), Gérald Tremblay, a vaincu son adversaire, Pierre Bourque, maire sortant et chef de la formation Vision Montréal. Le résultat recèle une certaine ironie puisque Bourque était l'artisan de la fusion des villes de l'île de Montréal en une seule unité politique. Ayant mis de son côté plusieurs villes annexées récemment, le nouveau maire peut se réjouir d'avoir fait élire 41 conseillers de son équipe sur les 73 qui siègent à l'hôtel de ville. Fait intéressant, malgré les importants enjeux se jouant lors de ces élections, seulement 48 % des citoyens des villes annexées se sont rendus aux urnes, contre 44 % pour ceux de l'ancienne ville de Montréal. Réuni au Spectrum avec ses partisans, Tremblay déclare: « Je n'ai jamais été aussi fier d'être Montréalais. Ce soir, Montréal n'a jamais eu autant d'avenir. Ce soir nous n'avons jamais eu autant de défis. Notre défi c'est de mettre de côté nos différences, c'est de nous unir. Nous devons recréer nos liens en fonction d'un seul objectif: la réussite harmonieuse de ce nouveau Montréal dans l'intérêt des citoyens de Montréal et du Québec. » Gérald Tremblay a été ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie dans le cabinet du libéral Robert Bourassa entre 1989 et 1994.
Source : Le Devoir, 5 novembre 2001, p.A1-A2 et A4.
Le 13 novembre 2001 Remaniement du cabinet du premier ministre Bernand Landry
Le premier ministre du Québec, Bernard Landry, effectue un remaniement ministériel mineur.
À cette occasion, Richard Legendre est nommé ministre responsable de la Jeunesse, du Tourisme, du Loisir et du Sport, André Boisclair ministre d'État à l'Environnement et à l'Eau, François Legault ministre d'État à l'Éducation et à l'Emploi alors que Rita Dionne-Marsolais devient ministre déléguée aux Ressources naturelles.
Source : Le Devoir, 14 novembre 2001, p.A10. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 15 novembre 2001 Soulignement des vingt-cinq ans de vie parlementaire de trois députés
Des parlementaires rassemblés au Salon rouge soulignent les vingt-cinq années de vie parlementaire de trois députés du Parti québécois.
Il s'agit de François Gendron (Abitibi-Ouest), Jacques Brassard (Lac-Saint-Jean) et Guy Chevrette (Joliette) qui avaient tous été élus le 15 novembre 1976, lors de la première victoire du Parti québécois. Faisant un bilan de l'évolution de la situation politique depuis son entrée à l'Assemblée nationale, Gendron livre ce commentaire aux journalistes présents: « Un des drames dans la société québécoise, c'est qu'on ne débat plus. Pour des raisons de rapidité, des objectifs médiatiques, on ne débat plus et l'intérêt politique est moins fort qu'en 1976. »
Source : Le Devoir, 15 novembre 2001, p.A5. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 20 novembre 2001 Annonce de 800 nouveaux emplois à Magog
General Motors annonce la signature d'un contrat de sous-traitance avec le groupe SaarGummi de Magog. La présidente-directrice général de General Motors du Canada (GMC), Maureen Kempston Darkes, est sur place pour annoncer la nouvelle. Ce contrat qui porte sur la fabrication de joints d'étanchéité a nécessité un investissement de 40 millions de dollars.
Depuis l'annonce de la fermeture de l'usine GM de Boisbriand, la compagnie GM cherche à recréer les 1 400 emplois que la fermeture de l'usine va occasionner. Toutefois, comme le souligne le vice-président local des Travailleurs canadiens de l'automobile, Yvon Morin, les conditions de travail des 800 nouveaux employés de SaarGummi sont loin de celles qu'ont les travailleurs de Boisbriand. Alors qu'à Boisbriand les employés gagnent entre 28 et 33 $ de l'heure, ceux de Magog iront chercher entre 10 et 17 $. Pendant ce temps, on cherche toujours une nouvelle vocation à l'usine de Boisbriand. Un projet de fabrication de pièces d'aluminium est actuellement envisagé.
Source : Les Affaires, 24 novembre 2001, p.17. La Tribune, 21 novembre 2001, p.A1.
Le 30 novembre 2001 Création de l'Union paysanne à Saint-Germain-de-Kamouraska
L'Union paysanne est mise sur pied pour donner un droit de parole égal à tous les citoyens ainsi que pour favoriser le développement des petites fermes familiales.
L'Union paysanne, un syndicat nouvellement créé, se veut le porte-parole de tous les citoyens. Elle accorde à chacun d'eux les mêmes droits et les mêmes pouvoirs. Ses revendications auprès du gouvernement visent une révision des programmes d'aide afin de favoriser les petites fermes familiales et non plus seulement les grandes entreprises. L'Union réclame d'ailleurs le droit de siéger sur tous les organismes de gestion en agriculture, au même niveau que l'Union des producteurs agricoles (UPA), syndicat ayant le monopole dans ce secteur d'activité. L'Union paysanne est d'ailleurs prête à se rendre jusqu'à la Commission des droits de l'Homme, à Genève, pour faire entendre sa voix. Cette nouvelle organisation espère doubler le nombre de ses membres d'ici un an pour le porter à 2 000. Elle souhaite de plus voir naître des conseils régionaux dans chacune des régions administratives du Québec.
Le 19 novembre 2002 Jacques Baril annonce son départ du Parti québécois
Jacques Baril, ministre délégué aux Transports et à la Politique maritime, fait l'annonce qu'au terme de ce présent mandat, il ne se présentera pas aux prochaines élections provinciales. Le député d'Arthabaska décide de prendre définitivement sa retraite après 22 ans à l'Assemblée nationale.
Sa décision est motivée par le désir de profiter de la vie et de se rapprocher de sa famille. « Après mûre réflexion et plus de 25 ans consacrés à travailler pour et avec les autres, j'ai décidé de rentrer dans mes terres. La vie est belle et courte. Je veux consacrer le temps qu'il me reste à mes trois enfants, et à mes deux premiers petits-enfants (des jumeaux) qui doivent naître d'une minute à l'autre, à mes proches et à moi-même », explique-t-il lors d'un point de presse à son bureau de Victoriaville. La circonscription d'Arthabaska est entre les mains des péquistes depuis 1976, exception faite de 1985 à 1989 où M. Baril quitte momentanément la politique provinciale pour se tourner vers la politique municipale et pour marquer son désaccord avec « l'affirmation nationale » de Pierre-Marc Johnson. Il reste confiant que le comté demeurera péquiste aux prochaines élections. « Nous avons une bonne organisation, un bon bilan politique et nous allons gagner les élections non seulement dans mon comté, mais aussi à la grandeur du Québec. Je vais travailler très fort pour faire élire le candidat du Parti québécois dans Arthabaska », assure Jacques Baril. Il est élu avec une majorité de 7272 voix en 1998.
Source : La Presse, 25 novembre 2002, p. A7, 20 novembre 2002, p. A12 Le Devoir, 20 novembre 2002, p. A8.
Le 26 novembre 2002 Annonce par le premier ministre du Québec d'une nouvelle politique de l'eau
Le premier ministre du Québec, Bernard Landry, et le ministre de l'environnement, André Boisclair, dévoilent la nouvelle politique de l'eau du gouvernement québécois. Elle comprend 57 engagements en vue d'une meilleure utilisation de l'eau au Québec.
Cette politique prévoit entre autres un investissement de 3 milliards de dollars sur cinq ans, incluant la participation des municipalités et du gouvernement fédéral. Sa mise en œuvre fait suite au Rapport Beauchamp présenté en mai 2000. Elle recommande une réforme des différentes politiques qui affectent l'eau, sa sauvegarde et son utilisation. En plus de proposer la mise sur pied d'un organisme pour gérer les bassins versants, cette politique vise à « relever les normes sur la présence de bactéries, de virus et de contaminants dans l'eau potable, hausser les normes de gestion du fumier, réviser la manière de produire en agriculture, restreindre l'utilisation domestique des pesticides, interdire l'exportation de l'eau potable ainsi que la privatisation des services d'eau municipaux. » Le premier ministre s'attire les applaudissement des 250 personnes réunies au Salon rouge lorsqu'il annonce qu'il met un terme au programme de production d'électricité au moyen de petites centrales privées sur des sites publics. En décembre de la même année, l'Assemblée nationale adoptera une loi créant un Fonds national de l'eau, dont l'objectif est de favoriser sa protection et sa mise en valeur. Cette politique prévoit également la mise sur pied d'un système de redevances dont devront s'acquitter les embouteilleurs et les industriels. L'argent recueilli sera déposé dans le Fonds et servira à financer les activités de protection et de mise en valeur de l'eau. Aussi, on projette d'accélérer la rénovation des infrastructures et des installations d'approvisionnement et de traitement de l'eau. Tous les Québécois seront mis à contribution par cette politique puisque l'utilisation de l'eau potable doit être réduite de 20 % d'ici dix ans. Les industriels et les agriculteurs sont particulièrement concernés. Des mesures devront être prises pour diminuer les déversements polluants et le gouvernement estime que désormais l'aide financière accordée aux agriculteurs et aux municipalités devra être conditionnelle à une bonne performance environnementale. Les agriculteurs sont en moyenne responsables de 40 % de la charge polluante des cours d'eau au Québec. Pour les cours d'eau les plus pollués, 33 comités de bassin versant seront créés.
Source : La Presse, 27 novembre 2002, p.A5, 27 novembre 2002, p. A5.
Le 26 novembre 2003 Décès du directeur de l'hôpital Saint-Charles Borromée de Montréal
Le suicide du directeur de l'hôpital Saint-Charles Borromée de Montréal, Léon Lafleur, crée une onde de choc dans les milieux politiques. Ce décès tragique survient peu de temps après le dévoilement d'une triste histoire de mauvais traitement de la part de quelques membres du personnel de l'institution à l'endroit d'un patient âgé.
Cette nouvelle, qui avait défrayé les manchettes, avait incité le ministre de la Santé, Philippe Couillard, à faire intervenir son ministère dans le dossier. Le décès de Léon Lafleur donne toutefois une nouvelle dimension à cette controverse. Avant de s'enlever la vie, Lafleur a en effet écrit une lettre dans laquelle il met en relief les problèmes qui secouent le monde hospitalier. Une de ses remarques est dirigée à l'endroit du ministre Couillard: « Monsieur le ministre, j'aurais apprécié un coup de fil. Qui sommes-nous pour vous les d.g., ces gens que vous vous apprêtez à tasser pour brasser les structures, pour laisser votre marque? » Rendue publique par les grands quotidiens de la province, cette lettre a un grand retentissement dans la population. Un rapport sur la situation des soins à l'hôpital Saint-Charles Borromée devrait être remis au ministre le 8 décembre.
Source : Le Devoir, 29 novembre 2003, p.1, A10 et B5.
Le 9 novembre 2004 Annonce d'importantes mises à pied chez Bombardier produits récréatifs
La direction de Bombardier produits récréatifs (BPR) annonce que 800 postes seront coupés dans ses usines, dont 600 à Valcourt et à Sherbrooke dans les Cantons de l'Est.
Cette annonce survient au cœur d’une période difficile pour l’économie estrienne qui a perdu plusieurs milliers d’emplois industriels au cours des dernières années. Le vice-président aux communications de BPR, Pierre Pichette, explique cette décision par la hausse du prix des matières entrant dans la fabrication des motoneiges, motomarines et autres produits que la compagnie manufacture dans ses usines de Valcourt et Sherbrooke. La remontée du dollar canadien, à son plus haut niveau depuis 10 ans par rapport au dollar américain, explique également les difficultés qu’éprouve BPR à exporter sa production: « Nos compétiteurs ont les mêmes problèmes que nous pour ce qui est de l’augmentation des coûts de l’acier, de l’aluminium et du pétrole. Mais ils n’ont pas le problème du dollar canadien qui s’est apprécié par rapport au dollar américain. »
Source : La Tribune, 10 novembre 2004, p.1 et A2. La Presse, 10 novembre 2004, p.1 et A6.
Le 1er novembre 2005 Dépôt du rapport de la Commission Gomery
Après une enquête de plusieurs mois pendant laquelle 184 témoins ont été interrogés devant lui, le juge John H. Gomery rend publique la première partie de son rapport sur le scandale du programme des commandites.
Le scandale des commandites avait été dévoilé en février 2004 dans le rapport de la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser. L'intégrité du gouvernement étant remise en question, le premier ministre Paul Martin avait alors décidé de créer une commission chargée d'enquêter sur les irrégularités commises dans le cadre du programme des commandites, particulièrement des accusations d'ingérence politique et de détournement d'argent public au profit de firmes de publicité liées avec le Parti libéral du Canada (PLC). Le juge John H. Gomery préside cette commission dont les délibérations se terminent en juin 2005. Dans son rapport, le juge écorche ces firmes de publicité ainsi que les fonctionnaires qui ont géré le programme des commandites. Il pointe également du doigt le premier ministre du temps, Jean Chrétien, son chef de cabinet, Jean Pelletier, ainsi que le ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, ce qui suscite de vives réactions de leur part. Dans ses conclusions, Gomery blanchit toutefois l'actuel premier ministre, Paul Martin, qu'il faut selon lui « exonérer au même titre que tout autre ministre québécois, (...) étant donné que son rôle à la tête du ministère ne comprenait pas la supervision des dépenses du cabinet du premier ministre ou de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada. » Les libéraux réagiront à ce rapport en expulsant de leurs rangs 10 membres dont la réputation a été ternie. Ils paieront néanmoins un prix politique pour ce scandale qui joue un rôle important dans la victoire du Parti conservateur canadien (PCC) aux élections générales de janvier 2006. Dans un deuxième rapport, publié en février 2006, le juge donnera ses recommandations sur les modifications à apporter au système afin d'éviter la répétition d'un scandale de ce genre au Canada.
Source : Le Devoir, 2 novembre 2005, p. A1-A10. La Presse, 2 novembre 2005, p. A1-A13, A30-A33.
Le 6 novembre 2005 Tenue d'élections municipales à travers le Québec
Des élections se déroulent dans presque toutes les municipalités du Québec. Parmi les résultats qui suscitent le plus d'intérêt, soulignons la réélection de Gérald Tremblay à Montréal et la victoire d'Andrée Boucher à Québec.
À Montréal, il s'agit d'une reprise de la confrontation de 2002, alors que Gérald Tremblay défait à nouveau l'ancien maire Pierre Bourque. À Québec, l'ex-mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher, succède à Jean-Paul L'Allier en devançant facilement ses opposants, Claude Larose et l'ex-ministre de la Justice du Québec, Marc Bellemare. Dans la liste des maires réélus, on retrouve les noms de Gilles Vaillancourt (Laval), Jean Perrault (Sherbrooke), Yves Lévesque (Trois-Rivières) et Jean Tremblay (Saguenay). Claude Gladu devient le nouveau maire de Longueuil alors que Danielle Roy-Marinelli cause une certaine surprise dans Lévis en défaisant le maire sortant, l'ex-ministre péquiste Jean Garon. On constate des taux de participation plutôt faibles dans la plupart des villes, confirmant la tendance à la baisse observée lors des élections précédentes. À certains endroits, les organisateurs doivent également composer avec des problèmes techniques, perturbant quelque peu le vote qui est enregistré à l'aide de machines électroniques.
Source : Le Devoir, 7 novembre 2005, p. A1-A3. La Presse, 7 novembre 2005, p. A1 et autres.
Le 30 novembre 2005 Annonce de licenciements massifs par la compagnie Domtar
Une conjoncture difficile incite la compagnie Domtar à annoncer d'importantes coupures de personnel ainsi que la fermeture de quelques-unes de ses usines canadiennes. Cette nouvelle est rendue publique une semaine après celle de la fermeture temporaire d'une usine de Domtar à Lebel-sur-Quévillon.
Selon le président et chef de l'exploitation de la compagnie, Raymond Royer, plusieurs facteurs expliquent ces compressions qui touchent 1 800 des 10 600 employés de Domtar. Royer souligne entre autres la baisse de la demande des produits papetiers, la hausse des coûts de l'énergie, la vigueur du dollar canadien ainsi que les droits compensatoires exigés par les Américains sur le bois canadien. Les mesures de restructuration annoncées affectent des scieries québécoises, comme celles de Grand-Remous et de Malartic, mais leur impact est encore plus grand en Ontario. À Cornwall, par exemple, la fermeture de l'usine entraîne la disparition de plus de 900 emplois. Malgré le versement d'une aide gouvernementale, la situation de l'industrie des pâtes et papiers reste précaire. Le 24 novembre, Domtar avait d'ailleurs annoncé l'arrêt temporaire des opérations à son usine de Lebel-sur-Quévillon. En fonctionnement depuis 1966, celle-ci procurait de l'emploi à 425 personnes.
Source : La Presse, 25 novembre 2005, Cahier Affaires, p. 10; 1e décembre 2005, Cahier Affaires, p. 1 et 3. Le Devoir, 25 novembre 2005, p. A7; 1e décembre 2005, p. A1.
Le 12 novembre 2007 Premier atterrissage de l'Airbus 380 à Montréal
L'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau accueille le plus gros avion de passagers jamais construit: le A380 de la compagnie Airbus. Une foule enthousiaste se déplace pour le voir.
Le vol entre Paris et Montréal s'inscrit dans le cadre d'un programme visant à vérifier la compatibilité du géant avec les installations aéroportuaires qu'il pourrait éventuellement desservir. L'appareil, qui mesure 73 mètres de long et possède deux ponts, peut transporter plus de 800 personnes. De nombreux curieux se sont déplacés pour voir atterrir l'Airbus. Plusieurs journalistes et personnalités présentes à bord contribuent également à l'abondante couverture médiatique, inhabituelle pour un événement de ce genre. Air France, qui a commandé 12 de ces avions, assure que le A380 desservira un jour l'aéroport de Montréal. Cependant, les activités de l'avion d'Air France étant pour l'instant concentrées en Asie, il se peut que l'attente soit longue avant de revoir le A380 à Montréal.
Source : Le Devoir, 12 novembre 2007, p. A2; 13 novembre 2007, p. B1. La Presse, 13 novembre 2007, cahier Affaires, p.3; 24 novembre 2007, cahier Vacances/Voyagep.9. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2007/11/12/001-avion-a380-montreal.shtml
Le 30 novembre 2007 Accession de Michel Arsenault à la présidence de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
Après l'annonce de la retraite de Henri Massé, Michel Arsenault, le directeur de la Fédération des métallos, accède sans opposition à la présidence de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Avec ses 550 000 membres, celle-ci est la plus importante centrale au Québec.
Une des figures les mieux connues du syndicalisme québécois, Henri Massé annonce son départ de la FTQ le 25 septembre 2007 à l'âge de 61 ans, après une longue carrière dans le monde syndical. Un seul candidat est sur les rangs pour lui succéder. Il s'agit de Michel Arsenault, 56 ans, qui dirige la Fédération des métallos depuis le début du siècle. Il accède officiellement à la présidence de la FTQ le 30 novembre 2007, dans le cadre d'un congrès de la centrale qui se déroule à Québec. Arsenault accède aussi à la présidence du conseil d'administration et de l'exécutif du Fonds de solidarité de la FTQ. Lors de son premier discours comme président, celui-ci déplore l'inertie du gouvernement conservateur de Stephen Harper face à la situation précaire de l'industrie du bois. Il en profite également pour mettre en garde l'Action démocratique du Québec (ADQ), qui forme l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, contre toute volonté de faire adopter des politiques qui iraient à l'encontre des intérêts du mouvement syndical.
Source : Le Devoir, 1e décembre 2007, p. C1; La Presse, 1e décembre 2007, p. A12. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2007/11/26/001-Henri-Masse.shtml http://ftq.qc.ca/modules/pages/index.php?id=260&langue=fr
Le 1er novembre 2009 Réélection de Gérald Tremblay à la mairie de Montréal
Après une campagne fertile en rebondissements, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, est reporté dans ses fonctions avec une nette majorité. Il s'agit également d'une victoire décisive pour son parti, Union Montréal, qui fait élire une majorité de ses candidats au Conseil municipal.
C'est dans un climat de nervosité que se tient cette élection municipale, l'administration du maire Gérald Tremblay, en poste depuis 2001, ayant été ébranlée par plusieurs scandales qui ont fait la une des journaux. Les questions d'éthique et d'intégrité nourrissent le mécontentement à l'endroit de l'hôtel de ville, une situation qui favorise les partis d'opposition dans les sondages. Cette grogne profite notamment à Vision Montréal, une formation dirigée depuis juin 2009 par une ex-ministre du Parti québécois, Louise Harel. Une controverse majeure entachant la réputation du bras droit de Mme Harel, Benoit Labonté, éclate cependant le 18 octobre, en pleine campagne, ce qui ajoute au suspense. Labonté démissionne, mais ses révélations sur les relations étroites entre des entrepreneurs et les partis politiques ajoutent au cynisme des Montréalais. Selon les sondages, ces derniers seraient de plus en plus nombreux à considérer une autre option. En effet, Richard Bergeron de Projet Montréal effectue une poussée qui culmine dans la dernière semaine avant le vote avec un sondage qui le place au deuxième rang, derrière Louise Harel. Le jour du scrutin, les électeurs se prononcent toutefois en faveur de Tremblay qui remporte une victoire relativement facile, obtenant 37,9% des voix, contre 32,7% pour Harel et 25,5% pour Bergeron. Union Montréal fait également belle figure au niveau des conseillers municipaux où elle fait élire 39 candidats sur 65. Le taux de participation, qui s'élève à 39,4%, donne un aperçu du peu d'intérêt des Montréalais pour cette course qui a pourtant été riche en surprises.
Source : Le Devoir, 3 novembre 2009, p. 1 et al.; La Presse, 3 novembre 2009, p. 1 et al.; http://www.radio-canada.ca/regions/Municipales2009/2009/11/01/024-Tremblay-vainqueur.shtml
Le 24 novembre 2010 Rejet d'une motion de défiance contre le gouvernement libéral et le premier ministre Jean Charest
Pressés de tenir une commission d'enquête publique et indépendante sur la corruption dans l'industrie de la construction, le premier ministre Jean Charest et son gouvernement font l'objet d'une motion de défiance à l'Assemblée nationale. Elle est rejetée par 61 votes contre 57.
Au cours de la dernière année, le gouvernement libéral de Jean Charest a été ébranlé par des controverses comme le dévoilement d'irrégularités dans l'octroi de places de garderie et l'exclusion du cabinet du ministre de la Famille Tony Tomassi. La polémique la plus persistante est cependant la demande des partis d'opposition de tenir une commission d'enquête permettant de lever le voile sur la corruption dans l'industrie de la construction, ainsi que sur les relations entre certains entrepreneurs et firmes d'ingénieurs avec les partis politiques. Devant le refus du premier ministre Charest, qui préfère laisser les enquêtes policières suivre leur cours, la pression s'accentue. Le 24 novembre, une motion est déposée à l'effet: « Que l'Assemblée nationale du Québec retire sa confiance au gouvernement libéral et à son premier ministre pour son refus obstiné de déclencher une enquête publique et indépendante sur l'industrie de la construction, sur l'octroi de contrats publics, de permis ou de subventions ainsi que sur le financement des partis politiques. » Pauline Marois (Parti québécois), Gérard Deltell (Action démocratique du Québec) et Amir Khadir (Québec solidaire) l'appuient, mais la majorité libérale, de 61 voix contre 57, empêche son adoption. La contestation se poursuit néanmoins. Le refus du gouvernement d'imposer un moratoire sur l'exploitation des gaz de schiste incite même un regroupement, le Mouvement citoyen national du Québec, à faire paraître sur le site de l'Assemblée nationale une pétition réclamant la démission du premier ministre. Parrainée par Amir Khadir, elle récoltera plus de 200 000 signatures.
Source : Le Devoir, 25 novembre 2010, p. 1 et al.; La Presse, 25 novembre 2010, p. 1 et al; http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/11/24/002-motion-censure-vote.shtml
Le 5 novembre 2012 Démission du maire de Montréal, Gérald Tremblay
Ébranlé par des révélations troublantes de corruption à l'hôtel de ville et des allégations faites à son endroit par un témoin de la Commission Charbonneau, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, annonce sa démission. Un intérim sera assuré par la mairesse suppléante puis un successeur désigné, avant que de nouvelles élections aient lieu en novembre 2013.
Plusieurs rumeurs circulaient depuis quelques années relativement à des allégations de collusion entre les entrepreneurs obtenant des contrats avec la Ville de Montréal. Ce sont toutefois les révélations du témoin Lino Zambito devant la Commission Charbonneau, chargée d'enquêter sur ce phénomène, qui fait sauter le couvercle de la marmite. Celui-ci étale au grand jour les mécanismes de la collusion, notamment la corruption de fonctionnaires municipaux. Ces derniers auraient empoché des centaines de milliers de dollars en retour de leur complicité à l'endroit d'entrepreneurs qui auraient gonflé leurs factures de plus de 30% aux dépens des contribuables. Zampito affirme aussi que le parti au pouvoir à Montréal, Union Montréal du maire Gérald Tremblay, profitait financièrement de ce stratagème. Un autre témoin, l'ex-organisateur d'Union Montréal Martin Dumont, corrobore les dires de Zambito, ajoutant qu'il existait un financement parallèle au financement officiel, ce que, selon lui, le maire choisissait d'ignorer volontairement. La nouvelle a l'effet d'une bombe, d'autant plus qu'en même temps d'autres enquêtes sont en cours sur des élus municipaux, dont le maire de Laval Gilles Vaillancourt. La pression atteint Tremblay. Il nie les allégations mais doit composer avec une opposition qui réclame sa démission. Après une courte période de silence, le maire annonce son départ le 5 novembre. Maintenant son innocence, il rappelle que « ce qui compte le plus (en politique), c'est la perception et non la vérité ». Après avoir fait un bilan favorable de ses années à la mairie, il affirme traverser une « période d'une injustice insupportable », tout en espérant qu'un jour « justice sera rendue ». L'intérim sera assuré par la mairesse suppléante, Jane Cowell-Poitras, avant que le successeur de Tremblay ne soit élu par les conseillers le 16 novembre. Il s'agit de Michael Applebaum, un ex-président du comité exécutif qui a quitté les rangs d'Union Montréal. L'élection municipale aura lieu un an plus tard, en novembre 2013. Ce contexte turbulent contribue à nourrir le cynisme à l'endroit des institutions politiques, cynisme qui incite le gouvernement du Parti québécois à préparer des lois plus musclées visant à assainir le financement des partis politiques.
Le 9 novembre 2012 Démission du maire de Laval, Gilles Vaillancourt
Après une courte période de repos, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, annonce qu'il démissionne de ses fonctions. Au cours des derniers mois, celui-ci avait été dans la mire de l'Unité permanente anti-corruption (UPAC) qui a perquisitionné ses résidences et ses succursales bancaires.
Maire de Laval sans interruption depuis 1988, Gilles Vaillancourt est également le chef du Parti du ralliement officiel (PRO), formation qui détient tous les sièges au conseil de ville depuis 2001. Au fil des ans, plusieurs controverses secouent l'hôtel de ville - favoritisme dans l'octroi de contrats publics, accusations de versement de sommes d'argent à des hommes politiques, etc. - , mais sans ébranler Vaillancourt qui est réélu en 2009 avec 61% des voix. La création de l'Unité permanente anti-corruption (UPAC) et celle de la Commission Charbonneau, chargée d'enquêter sur la collusion et la corruption dans le monde de la construction, accentuent toutefois la pression. Plusieurs administrations municipales sont dans la mire des enquêteurs, dont celle de Laval. Le maire est directement ciblé, des perquisitions sont même effectuées à son domicile et dans les institutions bancaires avec lesquelles il fait affaire. De plus, des témoins de la Commission Charbonneau affirment que l'obtention de contrats à Laval était conditionnelle à la remise d'un pourcentage à Vaillancourt. Pressé de quitter, celui-ci prend du repos sur la recommandation de son médecin. Pendant ce temps, le 5 novembre, Gérald Tremblay annonce qu'il démissionne de la mairie de Montréal. Le 9, Gilles Vaillancourt sort de son mutisme. Il annonce sa démission lors d'une conférence de presse. Défendant sa probité, il trace un portrait élogieux de ses années à la mairie: « Je vous demande de regarder votre ville et de constater ce qu'elle est devenue. » Le président du comité exécutif, Basile Angelopoulos, assure l'intérim, avant que Alexandre Duplessis ne devienne maire le 23 novembre. Des tensions apparaissent toutefois avec le gouvernement du Québec qui veut imposer la présence à Laval d'un vérificateur spécial pendant la période de transition précédant la prochaine élection municipale en 2013.
Le 20 novembre 2012 Dépôt du premier budget du ministre des Finances Nicolas Marceau
Moins de trois mois après son élection, le gouvernement péquiste de Pauline Marois dépose un premier budget. Revenant sur certaines promesses formulées au cours de la campagne, le ministre des Finances Nicolas Marceau annonce, entre autres, une indexation du tarif du bloc patrimonial d'électricité ainsi que le maintien du Fonds des générations.
Depuis son élection du 4 septembre, le gouvernement du Parti québécois garde le cap sur quelques promesses électorales comme le gel des frais de scolarité universitaires ou l'augmentation du nombre de places en garderies. Des modifications sont également apportées à la taxe santé adoptée par le précédent gouvernement libéral. Des entrées inférieures aux prévisions ainsi que des prévisions de croissance modestes amènent toutefois le ministre des Finances à déposer un budget automnal, une pratique plutôt rare. Plusieurs analystes affirment que cette décision est inspirée par la volonté du gouvernement de rassurer le milieu des affaires, rendu inquiet par une détérioration de la situation financière du Québec qui remettrait en question l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2013-2014. Le ministre Nicolas Marceau se veut rassurant à cet égard, promettant de respecter l'échéancier prévu. Il propose un meilleur contrôle des dépenses, dont des compressions dans les sociétés d'État, les immobilisations ainsi que la plupart des ministères. Marceau compte aussi sur de nouvelles entrées provenant de taxes sur le tabac et l'alcool, d'une hausse de la facture d'électricité et d'un alourdissement du fardeau fiscal de ceux qui font plus de 100 000 $. La révision de la politique de redevances des entreprises minières est reportée alors que l'abolition d'une règle sur le prix des médicaments brevetés permettra à l'État de récupérer 150 millions de dollars. À un autre niveau, le Fonds des générations, instauré par le gouvernement libéral afin de contrer la croissance de la dette, est maintenu. Les journalistes et les partis d'opposition ne manquent pas de souligner que plusieurs annonces du ministre vont à l'encontre des engagements pris par le Parti québécois au cours de la récente campagne électorale. La proximité du dernier scrutin et l'absence de chef au Parti libéral rend toutefois peu probable la tenue d'un vote de non confiance, le 4 décembre, qui forcerait un retour aux urnes.
Le 29 novembre 2012 Démission du ministre québécois du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Daniel Breton
Des révélations sur le passé du ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Daniel Breton, l'incitent à démissionner de son poste. Cette annonce survient environ deux mois et demi après son entrée en fonctions, le 17 septembre 2012.
L'engagement environnementaliste de Daniel Breton est bien connu au moment où il est élu député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, sous la bannière du Parti québécois (PQ), lors des élections générales du 4 septembre 2012. Celui-ci a été associé, entre autres, à l'Association québécoise de la lutte contre la pollution atmosphérique ainsi qu'à Maître chez nous au XXIe siècle, un organisme privilégiant le recours aux énergies renouvelables sur le territoire québécois. Breton est aussi favorable à un moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste. Sur le plan politique, celui-ci a été le cofondateur du Parti vert du Québec et a même été candidat du Nouveau Parti démocratique à Ottawa. Sa nomination par Pauline Marois au poste de ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs constitue néanmoins une surprise. Une première controverse éclate dès octobre, alors que l'on apprend que le ministre aurait exercé des pressions auprès de membres du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (Bape), un organisme indépendant. L'opposition presse en vain la première ministre de le démettre de ses fonctions. La situation s'envenime toutefois le 28 novembre alors que la presse québécoise dévoile une série d'irrégularités survenues dans le passé de Breton - chefs d'accusation de fraudes à la Loi sur l'assurance chômage, non paiement de loyers, infractions fréquentes au code routier, etc. Le ministre nie d'abord ces faits, avant de les reconnaître. Le 29 novembre, il réagit en présentant sa démission, affirmant ne pas vouloir « nuire à son travail (la première ministre) et au travail du gouvernement ». Satisfaits, les partis d'opposition continuent néanmoins de fouiller le dossier, cherchant à savoir depuis quand la première ministre était informée des incartades de son ministre.
Le 1er novembre 2013 Présentation de la stratégie d'électrification des transports du gouvernement du Québec
La première ministre Pauline Marois annonce le contenu du quatrième volet de la politique économique de son gouvernement, celui portant sur l'électrification des transports. Elle fixe l'objectif ambitieux de faire du Québec « un leader mondial des transports électriques ».
Le 7 octobre 2013, le gouvernement du Parti québécois (PQ) dévoile les grandes lignes de la politique qu'il compte mettre de l'avant afin de relancer l'économie de la province. Un de ses volets les plus importants porte sur l'électrification des transports. La première ministre Pauline Marois en dévoile le contenu le 1er novembre devant l'Association de l'industrie électrique du Québec (AIEQ). Le gouvernement compte consacrer 517 millions de dollars en 3 ans à cette stratégie financée en partie par le Fonds vert. Le plan vise à mettre 12 500 voitures électriques de plus sur les routes d'ici 2017. Le renouvellement de la flotte de voitures du gouvernement contribuera à cet objectif. Il en va de même du prolongement du programme « Roulez électrique », accordant un crédit aux acheteurs de voitures électrique ou hybride. Afin de favoriser l'acquisition de celles-ci, le nombre de bornes de recharge sera accru et une aide consentie aux citoyens qui voudront en posséder une. D'autres dimensions de cette stratégie touchent le prolongement du métro de Montréal, l'implantation d'un système léger sur rail (LSR) sur le pont Champlain, etc. En tout, le gouvernement croit pouvoir créer de 1100 à 2000 emplois grâce à ces mesures, et générer plus d'un milliard en investissements. Des écologistes expriment leur intérêt pour cette stratégie, mais déplorent le peu de ressources consacrées au transport en commun.
Le 3 novembre 2013 Tenue d'élections municipales à travers le Québec
Plus de 1 100 municipalités du Québec tiennent des élections afin de choisir leurs maires et conseillers. Parmi elles, on compte Laval où un vent de changement souffle après les démissions mouvementées de Gilles Vaillancourt (9 novembre 2012) et d'Alexandre Duplessis (28 juin 2013) ainsi que la mise sous tutelle de la ville par Québec, le 3 juin 2013.
Maire de Laval depuis 1989, Gilles Vaillancourt, qui est dans la mire de l'Unité permanente anti-corruption (UPAC), est contraint de démissionner à l'automne 2012. Cette décision survient quelques jours après le départ du maire de Montréal, Gérald Tremblay, dans le contexte de révélations faites devant la Commission Charbonneau sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. Le départ de Vaillancourt est suivi par la disparition de sa formation politique, le Parti du ralliement officiel des Lavallois (PRO), qui contrôlait tous les sièges au conseil de ville depuis 2001. Son successeur, Alexandre Duplessis, est contraint à son tour de quitter ses fonctions en juin 2013, conséquence d'une affaire de mœurs. Laval est même mise sous tutelle par le gouvernement du Québec le 3 juin. Le thème de l'intégrité est au cœur de la campagne visant à déterminer le successeur de Martine Beaugrand, qui assure l'intérim à la mairie. Marc Demers, du Mouvement lavallois, arrive en tête avec 44,2% des voix. Cet ex-policier devance Jean-Claude Gobé, un ancien député libéral à Québec qui récolte 24,3% des votes. Les sept autres candidats se partagent le reste des suffrages. Une des priorités de Demers est de faire lever la tutelle du gouvernement du Québec sur Laval. Il peut miser sur l'appui du conseil municipal puisque le Mouvement lavallois a obtenu 17 sièges sur 21. Cette élection ne met toutefois pas fin aux controverses, l'admissibilité de Demers étant remise en question pour des raisons de domicile. Par ailleurs, la stabilité est la norme dans la plupart des autres grandes villes du Québec. Régis Labeaume est réélu à Québec, Caroline Saint-Hilaire à Longueuil, Bernard Sévigny à Sherbrooke, Yves Lévesque à Trois-Rivières et Jean Tremblay à Saguenay. Un des rares bouleversements survient à Gatineau où Maxime Pedneaud-Jobin détrône le maire sortant, Marc Bureau.
Le 3 novembre 2013 Réélection de Régis Labeaume à la mairie de Québec
Le maire sortant de la ville de Québec, Régis Labeaume, est facilement réélu avec 74,1% des voix. La situation des régimes de retraite des employés municipaux est l'enjeu le plus discuté de la campagne électorale, une question qui préoccupe les élus de plusieurs villes du Québec.
La forte personnalité du maire Labeaume domine cette campagne au cours de laquelle une place centrale est accordée à l'état des régimes de retraite des employés municipaux. Celui-ci se fait insistant auprès du gouvernement provincial afin qu'il accorde une plus grande latitude aux villes pour négocier les conditions de travail avec leurs salariés. Cinq candidats se font face à la mairie, mais deux retiennent surtout l'attention, soit Labeaume et David Lemelin de Démocratie Québec, un parti né de la fusion entre Québec autrement et Démocratie Québec. Tel que prévu, le maire sortant remporte une victoire facile avec 74,1% des voix, contre 24,1% pour Lemelin. Il s'agit d'un troisième mandat consécutif pour Labeaume. Équipe Labeaume sera également en excellente position au conseil municipal, puisque 18 des 21 sièges seront occupés par ses candidats victorieux. Démocratie Québec remporte pour sa part trois sièges, tous situés dans la Haute-Ville, dont un par l'ex-maire de Sillery, Paul Shoiry.
Le 3 novembre 2013 Élection de Denis Coderre à la mairie de Montréal
Après un mandat turbulent, au cours duquel trois personnes ont occupé la mairie, les Montréalais élisent Denis Coderre pour succéder à Laurent Blanchard à ce poste. Il récolte 32,1% des voix contre 26,5% pour sa plus proche rivale, Mélanie Joly, qui constitue la surprise de ce scrutin.
La démission du maire Gérald Tremblay, en 2012, puis l'arrestation et la démission de son successeur, Michael Applebaum, l'année suivante, bouleversent la vie politique montréalaise. C'est dans ce contexte que Laurent Blanchard, de Projet Montréal, est élu par les conseillers pour assurer l'intérim jusqu'à l'élection municipale de l'automne 2013. Parmi les 11 candidats sur les rangs pour lui succéder, quatre se distinguent particulièrement. Il s'agit de Denis Coderre, un député libéral de longue date à la Chambre des communes qui quitte ses fonctions en juin. Celui-ci en est à sa première tentative sur la scène municipale. Parmi les autres favoris, on retrouve Richard Bergeron, chef-fondateur du parti Projet Montréal, ainsi que l'économiste Marcel Côté, à la tête de Coalition Montréal. La surprise est toutefois la performance étonnante d'une nouvelle venue, Mélanie Joly du Vrai changement pour Montréal. Elle arrive deuxième, loin derrière Coderre, dans un des deux sondages rendus publics au cours de la campagne. La question de l'intégrité des élus et de l'administration municipale face à la corruption et la collusion est abordée au cours des débats opposant ces candidats. Il en va de même des transports, du développement urbain et du projet de Charte des valeurs québécoises du gouvernement québécois auquel tous s'opposent. Le 3 novembre, Denis Coderre l'emporte avec 32,1% des voix, devançant Mélanie Joly qui étonne en terminant deuxième avec 26,5% des appuis. À sa troisième tentative à la mairie, Richard Bergeron suit avec 25,5%, devançant Marcel Côté qui n'obtient que 12,8%. Dans les jours qui suivent, Bergeron annonce son départ de Projet Montréal. Pour sa part, le parti Équipe Denis Coderre reste à court d'une majorité au conseil municipal. Même s'il récolte 41,5% des votes, il n'obtient en effet que 27 des 65 sièges en jeu, contre 20 pour Projet Montréal - Équipe Bergeron, 6 pour Coalition Montréal - Marcel Côté et 4 pour le Vrai changement pour Montréal - Groupe Mélanie Joly. Seulement 43,3% des Montréalais éligibles se sont rendus aux urnes, un résultat supérieur à 2009 (39,4%), mais qui constitue tout de même une déception pour les analystes.
Le 29 novembre 2013 Accession de Daniel Boyer à la présidence de la FTQ
L'annonce de la démission de Michel Arsenault ouvre la porte à une course à la présidence de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Elle est remportée par Daniel Boyer, qui sera remplacé par Serge Cadieux dans ses fonctions de secrétaire général.
Les dernières années ont été difficiles pour la FTQ. En 2011, un bras de fer l'oppose au gouvernement libéral dans le dossier du placement syndical. Puis, des enquêtes journalistiques et les travaux de la Commission Charbonneau, sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, font état d'irrégularités qui écorchent la centrale et son Fonds de solidarité. Cette société de capital de développement pour les entreprises dispose d'actifs considérables. Il est notamment question de liens privilégiés avec certains entrepreneurs et même d'infiltration par des membres du crime organisé. En poste depuis 2007, le président Michel Arsenault annonce en novembre 2013 qu'il ne sollicitera pas un autre mandat. Une course à la succession s'engage au sein de la plus importante centrale syndicale du Québec qui compte plus de 600 000 membres, soit 44% des syndiqués québécois. Une lutte se dessine entre le secrétaire général Daniel Boyer et Claude Généreux, un ex-secrétaire trésorier du Syndicat canadien de la fonction publique. Ce dernier se retire, pavant la voie à la victoire de Boyer par acclamation. Généreux décide plutôt de faire campagne pour le poste de secrétaire général. Le 29 novembre, lors de leur trentième congrès, les 1500 congressistes de la FTQ optent cependant pour Serge Cadieux qui obtient 64% des appuis. Colistier de Boyer, celui-ci est, entre autres, président du Syndicat canadien des employées et employés professionnels et de bureau. La nouvelle équipe de direction exprime le désir de tourner la page, notamment en ce qui a trait aux questions d'éthique et d'intégrité soulevées au cours des derniers mois.
Le 3 novembre 2014 Visite au Québec du président de la République française, François Hollande
Après un passage en Alberta et à Ottawa, le président français François Hollande effectue sa première visite officielle au Québec. Il prononce un discours devant l'Assemblée nationale du Québec avant de faire un arrêt à l'hôtel de ville de Montréal.
Candidat victorieux du Parti socialiste à l'élection présidentielle de mai 2012, Hollande connaît un mandat difficile, marqué par une chute de popularité importante dans les sondages. Le président reçoit néanmoins un accueil chaleureux au Canada, le premier ministre Stephen Harper l'accompagnant lors de son arrivée en Alberta, puis de son passage à la Chambre des communes, à Ottawa, où il s'adresse aux parlementaires. Cette décision d'entreprendre sa visite en Alberta fait l'objet de nombreux commentaires au Québec où l'on entretient des liens particuliers avec la France. L'importance de la lutte contre le terrorisme de l'État islamique et contre les changements climatiques est au cœur des propos de François Hollande qui veut faire un succès de la conférence internationale sur le climat qui aura lieu à Paris en 2015. Cet enjeu touche particulièrement le Canada, considéré comme un pays pollueur, notamment à cause de sa production de pétrole provenant des sables bitumineux. Le président se rend ensuite au Québec. Il prononce un discours devant les députés de l'Assemblée nationale et est décoré de l'Ordre national du Québec par le premier ministre Philippe Couillard. Dans ses propos, Hollande aborde la question environnementale, mais s'attarde aussi à d'autres sujets comme le rayonnement du français grâce au numérique où l'entente permettant aux étudiants universitaires français de bénéficier de frais de scolarité avantageux au Québec. L'importance des liens économiques est également soulignée, plusieurs personnalités du monde des affaires faisant partie de la délégation française. Le premier président à faire une visite d'État au Québec depuis François Mitterrand, en 1987, termine son passage au Québec par un arrêt à Montréal.
Le 6 novembre 2014 Fin d'une controverse sur le nom du futur pont reliant Montréal à Brossard
La possibilité que le futur pont reliant Montréal à Brossard soit nommé en l'honneur du hockeyeur Maurice Richard suscite un vif débat. La controverse prend fin le 6 novembre alors que les enfants du célèbre numéro 9 du Canadien de Montréal annoncent que, face à cette controverse, ils ne souhaitent pas que le nom de leur père soit honoré de cette façon.
En décembre 2013, le ministre fédéral de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, annonçait le devancement de l'échéancier fixé pour la construction d'un pont devant remplacer le pont Champlain d'ici 2018. Dans les mois qui suivent, l'idée de nommer ce pont chemine au sein du gouvernement fédéral. Le choix considéré le plus sérieusement semble être celui du hockeyeur Maurice Richard, une personnalité sportive admirée par les Québécois qui a évolué pour le Canadien de Montréal de 1942 à 1960. Lorsque la rumeur se répand, une forte réaction s'organise afin que le nouveau pont conserve le nom de Samuel de Champlain, un des personnages marquants de l'histoire de la Nouvelle-France, le même que pour la structure qui restera en usage jusqu'en 2018. Le débat s'anime. Il prend une dimension fortement politique puisque, selon les analystes, le gouvernement fédéral tient, en changeant le nom, à faire valoir l'idée qu'il s'agit d'un « nouveau » pont, justifiant par le fait même l'idée d'y implanter un péage, ce qui n'est pas le cas actuellement. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, exprime son intérêt pour le nom Maurice Richard, alors que d'autres politiciens souhaitent que l'on conserve le nom Champlain. Même le président français François Hollande, de passage au Canada, rappelle le rôle historique de ce dernier. Les enfants de Maurice Richard, qui est décédé en 2000, tranchent le débat le 6 novembre. Face à cette controverse, ils expriment le vœu que le nom de leur père ne soit plus considéré pour le futur pont. Le 13 novembre, l'Assemblée nationale du Québec adopte pour sa part une motion recommandant que le nom Champlain soit maintenu et que l'implantation d'un péage soit écartée. Le ministre Lebel confirmera dans les semaines qui suivent que le futur pont s'appellera Champlain.
Le 20 novembre 2014 Dépôt des premières recommandations de la Commission de révision permanente des programmes
Donnant suite à un engagement formulé avant les élections d'avril 2014, le chef libéral Philippe Couillard crée une commission chargée de soumettre des propositions visant à réduire les dépenses de l'État québécois de façon à atteindre l'équilibre budgétaire en 2015-2016. Sa présidente, Lucienne Robillard, dépose ses premières recommandations le 20 novembre 2014.
La question du déficit des finances publiques et la quête de l'équilibre budgétaire sont des thèmes clés de la campagne électorale 2014. Le chef libéral, Philippe Couillard, s'engage à former une commission mandatée pour réévaluer les programmes gouvernementaux et identifier des mesures permettant au Québec de diminuer ses dépenses. Une fois élu, il en confie la présidence à Lucienne Robillard, une ex-députée libérale à Québec et à Ottawa qui a été, entre autres, présidente du Conseil du Trésor dans le gouvernement de Jean Chrétien (1999-2003). Elle s'entoure d'économistes, comme Claude Montmarquette et Robert Gagné, et d'ex-administratrices de l'État (Michèle Bourget, Mireille Fillion). La commande est lourde: retrancher 3,2 milliards de dollars des dépenses de l'État afin de permettre au Québec de retrouver l'équilibre budgétaire en 2015-2016. Les premières recommandations, déposées le 20 novembre 2014, créent de fortes réactions. La commission compte sur une baisse significative de l'aide aux milieux municipal et agricole pour récupérer une part importante de la somme demandée. D'autres pistes sont également privilégiées, comme un gel des effectifs dans la fonction publique, des compressions dans différents organismes ou l'adoption d'un ratio éducatrices-enfants plus élevé dans les garderies. Ces propositions reçoivent un accueil froid, notamment des syndicats, de l'Union des municipalités du Québec et de l'Union des producteurs agricoles. Certaines semblent même destinées à l'oubli, comme la tarification suggérée pour les garderies que le gouvernement n'a pas retenu dans la politique adoptée quelques jours auparavant. L'opposition politique dénonce l'approche du gouvernement alors que d'importantes manifestations sont organisées le 29 novembre pour contester les politiques « d'austérité » proposées et à venir. D'autres recommandations sont en effet prévues pour 2015, d'autres coupures devant être identifiées afin d'atteindre l'objectif fixé. Par ailleurs, les coûts de cette commission, estimée à 3,8 millions de dollars, sont la cible de critiques.
Le 4 novembre 2015 Rencontre entre le premier ministre Philippe Couillard et des chefs des Premières Nations
Le dévoilement d'enquêtes sur des policiers de la Sûreté du Québec (SQ), accusés d'intimidation et de sévices sexuels à l'endroit de femmes autochtones de la région de Val-d'Or, suscite une vive indignation. Le 4 novembre 2015, une rencontre entre le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et des leaders autochtones se déroule à la demande de ces derniers.
Au printemps 2015, la SQ est informée d'allégations d'intimidations et de sévices sexuels de la part de 9 de ses policiers, dont un qui est décédé depuis, à l'endroit de femmes autochtones. Cette information, qui soulève l'indignation, est divulguée au public à l'automne par les journalistes de l'émission Enquête de Radio-Canada. Les leaders des Premières Nations demandent à ce qu'une enquête indépendante soit faite, ce qui incite la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, à recourir au Service de police de la Ville de Montréal. Le « lien de confiance » semble cependant rompu entre autochtones et policiers. Le 27 octobre, le Grand chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, lance un ultimatum à l'endroit du premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Il demande une commission d'enquête provinciale et presse celui qu'il qualifie de « premier responsable de la crise à Val-d'Or » de venir y rencontrer les leaders autochtones dans les 24 heures. La rencontre n'aura lieu que le 4 novembre, à Montréal. Le premier ministre s'engage à débloquer des investissements de 6 millions de dollars dans la région de Val-d'Or pour aider à la situation de l'emploi. Il considère toutefois prématurée la tenue d'une commission d'enquête. Avant d'aller dans cette direction, il souhaite connaître l'orientation que le nouveau gouvernement fédéral, dirigé par Justin Trudeau, donnera à sa propre commission d'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées. Le chef du gouvernement québécois demandera à Ottawa d'ajouter à cette grave question celle des relations entre policiers et membres des Premières Nations. Picard et le chef des Cris, Matthew Coon Come, restent tièdes face aux résultats de cette rencontre. Ils expriment aussi leur insatisfaction envers la décision de Québec de mandater, sans les avoir consultés, la professeure Fannie Lafontaine de l'Université Laval comme observatrice indépendante chargée de suivre le déroulement de l'enquête. Ils en appellent cependant au calme, tout comme le premier ministre.
Le 20 novembre 2019 Assermentation du nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le Parti libéral du Canada (PLC) de Justin Trudeau forme de nouveau le gouvernement après les élections générales du 21 octobre 2019. Il encaisse toutefois un net recul et est maintenant minoritaire à la Chambre des communes, ce qui inspire le premier ministre dans la composition de son cabinet.
En 2015, le PLC avait causé une surprise en délogeant du pouvoir le Parti conservateur du Canada (PCC) de Stephen Harper. Le scrutin du 20 novembre 2019 le place toutefois dans une situation difficile. Avec 33,1 % des voix, il est devancé au vote populaire par le PCC d’Andrew Scheer. Malgré la perte de 27 sièges, le PLC forme tout de même le gouvernement. Devenu minoritaire, il devra s’appuyer sur une ou d’autres formations pour faire avancer son menu législatif. La désaffection à l’endroit des libéraux est évidente au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Des 12 députés élus dans ces trois provinces en 2015 il n’en reste que 4, tous au Manitoba. Le PLC perd aussi 5 sièges au Québec. Justin Trudeau tient compte de cette insatisfaction dans son Conseil des ministres. Il crée un poste de conseiller spécial pour les Prairies, confié à Jim Carr, et nomme un lieutenant au Québec, Pablo Rodriguez, qui sera également leader du gouvernement. L’accession de Jonathan Wilkinson de North Vancouver à l’Environnement est aussi perçue comme un message rassurant aux provinces pétrolières qui redoutaient l’accession de l’écologiste Steven Guilbeault à ce ministère. Le Québec est tout de même bien représenté. Il compte 10 ministres sur les 36 du cabinet, soit deux de plus qu’avant les élections, notamment les vétérans Mélanie Joly (Développement économique, Langues officielles), Jean-Yves Duclos (Conseil du Trésor), Marc Garneau (Transports), François-Philippe Champagne (Affaires étrangères) et Marie-Claude Bibeau (Agriculture et Agroalimentaire). Guilbeault accède pour sa part au Patrimoine canadien. Autre fait notable, la députée ontarienne Chrystia Freeland devient vice-première ministre, en plus d’être à la tête des Affaires intergouvernementales. Avec ces choix, Justin Trudeau espère raffermir l’unité du pays. L’opposition considère cependant qu’ils n’apportent rien de neuf au gouvernement.
Source : Le Devoir (Québec, Canada), 21 novembre 2019, p. A2-A3; La Presse+, 22 novembre 2019, p. 1 et 4; Le Droit, 20 novembre 2019; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1398129/trudeau-cabinet-ministres-ottawa-canada-parti-liberal; https://www.noscommunes.ca/members/fr/ministries?ministry=29&precedenceReview=92&province=all&gender=all&view=tile
«...Si M. Trudeau a jugé qu’il était de son devoir de tenter d’adoucir la frustration de l’Ouest pétrolier, il a surtout compris que l’intérêt de son parti commande d’accorder une plus grande importance au Québec, où les stratèges libéraux n’avaient pas vu venir la résurrection du Bloc québécois. À moins de retrouver une majorité parlementaire, sa carrière politique risque de tourner court et cette majorité pourrait dépendre encore une fois de la performance de son parti au Québec. Tous les élus québécois qui avaient accédé au cabinet en 2015 ont été maintenus dans leurs fonctions ou ont reçu une promotion et il y a deux nouveaux venus. Bref, cela a toutes les apparences d’un cabinet électoral. On peut comprendre la déception des écologistes de voir l’ancien directeur d’Équiterre, Steven Guilbeault, atterrir au Patrimoine canadien. " C’est comme faire jouer Carey Price à l’aile droite ", a écrit un internaute. Mais le nommer à l’Environnement aurait été comme agiter un chiffon rouge devant le boeuf de l’Ouest. M. Guilbeault lui-même aurait vite trouvé sa position embarrassante. »
Michel David, « Un cabinet électoral », Le Devoir (Québec, Canada), 21 novembre 2019, p. A2-A3.
«...c’est le Québec qui détient la plus grande part du gâteau, compte tenu de la taille de sa population. La Belle Province, en plus du poste de premier ministre, compte 10 ministres dans des portefeuilles clés, notamment les Affaires étrangères, la Justice, le Conseil du Trésor, les Transports, l’Agriculture, le Revenu national et le Développement économique, ainsi qu’un lieutenant officiel du Québec, Pablo Rodriguez. Ce n’est pas un hasard. Trudeau envisage les prochaines élections, dans quelques années, et envoie un message clair aux électeurs du Québec : le vrai pouvoir réside dans le gouvernement, pas dans l’opposition. Trudeau affirme que les Québécois n’ont pas besoin du Bloc pour les représenter à Ottawa. Mais ce groupe de représentants serait-il aussi puissant si le Bloc n’avait pas aussi bien fait lors des dernières élections ? Réponse : probablement pas. Le cabinet Trudeau de 2015 comptait six ministres du Québec et des représentants de toutes les provinces, y compris de l’Ouest canadien. Un gouvernement fracturé a donné plus de poids au Québec – ce qui incite donc beaucoup plus les électeurs à garder les choses telles qu’elles sont. »
Tasha Kheiriddin, « Du pain sur la planche », La Presse+, 22 novembre 2019, p. 1 et 4.
«...Le cabinet des ministres que Justin Trudeau a révélé, mercredi, n’a pas bouleversé le monde. Le premier ministre a nommé 35 libéraux, dont huit qui reviennent dans les mêmes fonctions. Mais il n’y a pas eu de grande surprise, comme la nomination d’un ministre issu du Nouveau Parti démocratique, par exemple, dont le Parti libéral, minoritaire, aura besoin pour faire passer ses projets de loi. Non, M. Trudeau s’est contenté de puiser dans les rangs habituels pour bâtir son équipe. [...] nous retrouvons dans ce cabinet beaucoup de nominations de poids léger, assignés à des tâches éparses. Ce sera le cas de Marc Miller, aux Services aux autochtones, Mary Ng à la Promotion des exportations, Daniel Vandal aux Affaires du Nord, Bardish Chagger à la Diversité et l’Inclusion, Joyce Murray au Gouvernement numérique, et Mona Fortier, responsable de la Prospérité de la classe moyenne, etc. On aura l’impression que M. Trudeau désirait combler des postes pour combler des postes, et du même coup, atteindre la parité hommes-femmes. Il aurait mieux fait de s’imposer un cabinet minceur en se limitant à 28 ou 30 ministres. »
Le 15 novembre 2019 Tenue du congrès biennal de Québec solidaire
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Mélyann Guévremont, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Du 15 au 17 novembre 2019, 600 membres de Québec solidaire (QS) sont réunis à Longueuil pour le congrès biennal du parti. Un peu plus d’un an après les élections générales de 2018, où QS a fait une percée en triplant sa députation, l’espoir d’un gouvernement solidaire en 2022 teinte certains éléments du large cahier de propositions.
Le sujet de l’indépendance du Québec est central pendant ce congrès alors que QS affirme un fort souverainisme. Ainsi, en cas d’élection d’un gouvernement solidaire, des mesures seraient unilatéralement mises en place pour renforcer les compétences du Québec face au gouvernement fédéral. Par exemple, le poste de lieutenant-gouverneur serait aboli et le gouvernement percevrait dorénavant l’entièreté des taxes et des impôts de la population québécoise. L’indépendance du Québec se ferait dans un premier mandat, après un référendum sur une Constitution québécoise rédigée par une assemblée constituante. Les membres de QS se prononcent également en faveur de la création d’une armée québécoise uniquement à vocation défensive. La lutte aux changements climatiques est dépeinte comme intrinsèquement liée à la proposition d’indépendance solidaire. QS se présente comme le seul parti politique qui suit réellement les recommandations scientifiques. Il n’y a toutefois pas de consensus entre les membres sur la mouture que devrait prendre les mesures d’écofiscalité pour limiter la pollution. Les représentants de QS se disent satisfaits de la productivité de la fin de semaine et de la mobilisation visible pendant le congrès. Par ailleurs, la proposition de création d’une nouvelle instance, la Commission nationale autochtone, est adoptée à l’unanimité des personnes présentes. Seul accroc: l’absence de la députée de Taschereau, Catherine Dorion, est remarquée. Celle qui est à l’origine d’une récente controverse donne plutôt un coup de pouce à l’équipe de campagne dans la circonscription de Jean-Talon en vue de la partielle du 2 décembre. Pendant la dernière journée du congrès, Gabriel Nadeau-Dubois est réélu co-porte-parole avec 84 % des voix face à un seul autre candidat. Manon Massé conserve le poste de co-porte-parole féminine par acclamation. Il s’agit du dernier mandat de cette dernière, qui cédera son poste à Émilise Lessard-Therrien en 2023.
Source : Radio-Canada, 16 novembre 2019, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1392689/catherine-dorion-absente-congres-quebec-solidaire-longueuil; Le Devoir, 16 novembre 2019, URL https://www.ledevoir.com/politique/quebec/567207/qs-se-dit-en-mesure-de-rendre-attirant-pour-toutes-les-generations-le-mouvement-independantiste; Radio-Canada, 17 novembre 2019, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1393534/quebec-solidaire-mandat-porte-parole-congres; La Presse, 17 novembre 2019, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2019-11-17/qs-premier-parti-quebecois-a-se-doter-d-une-instance-autochtone
«...Voter Québec solidaire à la prochaine élection signifierait enclencher le processus menant à la souveraineté, y compris des gestes de rupture avec le Canada [...] C’est ce qu’a décidé le congrès de Québec solidaire (QS) la fin de semaine dernière. Un gouvernement QS commencerait plutôt par se placer carrément dans l’illégalité et hors du cadre constitutionnel, par exemple, en refusant au gouvernement fédéral le droit de collecter les taxes et impôts qui sont sous sa responsabilité. C’est la confusion à laquelle un gouvernement QS appellerait les Québécois comme prélude à une démarche visant la souveraineté. [...] Ce qui est sorti du congrès de Québec solidaire, en fin de semaine, est une sorte de compilation des idées qu’on a pu entendre au Parti québécois au cours des années, quand les défaites les plus cruelles permettaient aux éléments les plus pressés de proposer toutes sortes de démarches d’accession à la souveraineté qui feraient l’économie d’une étape ou d’une autre. Mais jamais le PQ n’a voulu s’engager dans une telle voie, parce qu’à la fin, même les militants les plus pressés ont conclu qu’on ne peut pas prendre de raccourcis avec la démocratie. »
Michel C. Auger, « La souveraineté sans la démocratie, version Québec solidaire », Radio-Canada, 19 novembre 2019
«...En regardant de plus près, on se demande bien à qui cette feuille de route du parti de gauche est vraiment destinée. Certainement pas au grand public. Les plus récents sondages effectués auprès des Québécois ne démontrent pas de grand appétit souverainiste. Plus de la moitié d’entre eux pensent même que l’idée de l’indépendance est dépassée, une statistique qui a peu changé depuis le début des années 2000. Donc, Québec solidaire semble s’être doté d’un programme qui ne s’adresse qu’à une frange de ses propres militants. Un programme qui va sans doute rassurer les membres d’Option nationale qui ont joint le bateau. Mais le tout risque de faire peur à pas mal d’électeurs qui, autrement, partagent les idées du parti de gauche en matière d’environnement, de diversité, de réconciliation avec les peuples autochtones et de lutte contre les abris fiscaux. Tant pis pour ceux-là. »
Laura-Julie Perreault, « Quand Québec solidaire fait de la science-fiction », La Presse, 19 novembre 2019
Le 16 novembre 2020 Lancement du Plan vert par le gouvernement du Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Emanuel Urias Cordonero Urbina, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 16 novembre 2020, le gouvernement de François Legault dévoile son Plan pour une économie verte (PEV), prévoyant 6,7 milliards de dollars sur cinq ans pour orienter la transition écologique du Québec. L’approche repose sur l’électrification des transports, l’efficacité énergétique du secteur industriel et l’adaptation aux changements climatiques. Toutefois, l’annonce provoque de nombreuses critiques, plusieurs acteurs jugeant le plan insuffisant et peu ambitieux face à l’ampleur de la crise environnementale.
En septembre 2020, La Presse révélait une version de la politique environnementale du gouvernement Legault. Un budget de 4,5 milliards était prévu pour lutter contre la crise climatique et amorcer la transition écologique. Le 16 novembre 2020, le premier ministre François Legault dévoile le Plan pour une économie verte 2020-2030 en injectant 6,7 milliards sur les 5 premières années. Les mesures du PEV s’articule autour de l’électrification des transports, de l’adaptation du secteur industriel et de la préparation aux aléas des changements climatiques. Concrètement, Québec annonce 2 milliards pour électrifier les transports, notamment en reconduisant le programme «Roulez vert», encourageant l’achat de véhicules électriques. De plus, l’État entend électrifier les autobus ainsi que les véhicules transportant des marchandises. Une des mesures centrales du PEV concerne l’interdiction de la vente de véhicules à essence à partir de 2035. Sur le front de l’adaptation, 768 millions sont investis pour «aider le secteur industriel à réduire son empreinte carbone» et 300 millions pour réduire les «risques d’inondation et d’érosion côtière, de même que la lutte aux îlots de chaleur». Rapidement, les milieux scientifique et environnemental réagissent en soulignant le manque d’ambition du PEV, jugeant ses mesures insuffisantes pour répondre à l’urgence climatique. Plusieurs dénoncent l’absence de mesures d’écofiscalité, un outil financier capable de modifier les comportements des citoyens et des principaux émetteurs de gaz à effet de serre afin d’atteindre les cibles climatiques. À l’inverse, le milieu des affaires réagit positivement, percevant les investissements dans l’électrification des transports comme favorables au développement économique. Ainsi, le PEV reflète la vision du gouvernement, qui vise un développement économique teinté de vert, conciliant croissance économique et transition écologique ciblée.
Source : La Presse, 18 septembre 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-09-18/nouveau-plan-vert-de-quebec-completement-insuffisant.php; La Presse, 16 novembre 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-11-16/reduction-des-ges/un-plan-vert-pour-atteindre-50-de-l-objectif.php; Radio-Canada, 16 novembre 2020, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1749997/plan-vert-economie-legault-critiques-opposition; Radio-Canada, 16 novembre 2020, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1750003/plan-vert-reactions-quebec-transport-collectif-ges-cibles; Le Devoir, 17 novembre 2020, URL https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/589818/quebec-injecte-6-7-milliards-pour-lutter-contre-les-changements-climatiques; Le Devoir, 18 novembre 2020, URL https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/589899/voeux-pieux; leDroit, 16 novembre 2020, URL https://www.ledroit.com/2020/11/17/vers-un-cercle-vert-ueux-9f73171944d9c4ce6e8d744010b31153/; leNouvelliste, 16 novembre 2020, URL https://www.lenouvelliste.ca/2020/11/17/le-pragmatisme-ou-lambition-e37c3afe172ded5768f59eee9e0857f7/
«...Il est possible d’acheter son salut sur Terre, et même au-delà, d’effacer ses fautes, pourvu qu’on soit disposé à payer. La Bourse du carbone, sur laquelle mise le gouvernement Legault dans son plan vert, est un bon exemple de ce type de comptabilité [...] Le plan quinquennal sur l’environnement, enfin dévoilé cette semaine, reflète un même esprit entrepreneurial. Le slogan de la nouvelle politique, « Plus de richesse, moins de GES », comme d’ailleurs son titre, Plan pour une économie verte (PEV), donne admirablement le ton : l’accent ici est davantage mis sur l’économie que sur l’environnement. Le « virage » n’est pas tant celui des individus et des entreprises, mais consiste essentiellement à faire bénéficier l’économie d’un immense chantier d’électrification des transports et des bâtiments [...] Comme l’ont souligné les experts écologistes, un véritable cap sur l’environnement aurait nécessité un frein à l’utilisation de la voiture, à la consommation d’essence, à l’étalement urbain. Des mesures contraignantes telle une taxe à la pompe et à l’achat de VUS, des mesures qui signaleraient un véritable changement d’attitude, pas seulement un changement d’approvisionnement d’énergie. Il y a ici trop de vœux pieux, trop d’insistance sur « la technologie du futur » qui viendrait comme par miracle nous sortir du trou. »
Francine Pelletier, «Les vœux pieux du plan vert», Le Devoir, 18 novembre 2020.
«...Ce n’est pas Québec solidaire que les Québécois ont porté au pouvoir en 2018, mais la Coalition avenir Québec — pour qui le dossier environnemental n’existait même pas au départ. Or, tout système instaurant des pénalités financières visant à induire de nouveaux comportements de la part des consommateurs n’est pas dans l’ADN du gouvernement Legault. D’où son choix de n’opter que pour des mesures incitatives. Le gouvernement veut heurter le moins possible. On peut croire que c’est la perspective électorale qui le rend frileux. C’est en partie cela. Mais c’est aussi qu’il croit que ce serait contre-productif. Il le croit depuis longtemps. Le premier ministre Legault a été marqué par le mouvement des « gilets jaunes », qui avait secoué la France avant l’arrivée de la pandémie. Il en parlait à la fin de 2018 et au début de 2019. Il se souvient que c’est une affaire de prix des carburants qui avait mis le feu aux poudres de l’autre côté de l’Atlantique. Si le grand plan du ministre Benoit Charette n’est pas suffisamment ambitieux aux yeux de tous, tous devraient au moins reconnaître qu’il est sérieux. Il ne cherche pas à berner qui que ce soit, à faire croire qu’il offre ce qu’il n’offre pas. »
Jean-Marc Salvet, « Vers un cercle vert-ueux? », Le Droit, 16 novembre 2020.
«...Être pragmatique est certainement une qualité en politique. Mais en matière d’environnement, de lutte aux changements climatiques et de réduction des gaz à effet de serre, un peu plus d’ambition aurait certainement été de mise. La gestion des crises sanitaire et économique liées à la pandémie de COVID-19 représente certes un défi qui vient peut-être brouiller les cartes de l’audace ou de l’ambition des gouvernements. Mais en même temps, cette situation offre une opportunité certaine de relancer l’économie en partant sur de nouvelles bases en matière environnementale. Si on affrontait les objectifs de réduction des gaz à effet de serre avec le même sentiment d’urgence que celui qu’on observe dans notre lutte contre la propagation de la COVID-19, on arriverait sans doute à des résultats plus convaincants. Parce qu’il faut le rappeler : le Plan vert présenté lundi par le premier ministre Legault et son ministre de l’Environnement, Benoit Charette, ne permettra d’atteindre que 40 % des objectifs québécois de réduction des gaz à effet de serre. En clair, c’est un plan qui repose dès le départ sur un échec annoncé. En somme, plus de la moitié des émissions de GES sont laissées en plan. Il faudra bien, un jour ou l’autre, trouver un moyen de s’y attaquer. »
Martin Francoeur, «Le pragmatisme ou l’ambition?», Le Nouvelliste, 6 novembre 2020.
Le 19 novembre 2018 Rencontre entre Doug Ford et François Legault en Ontario
Un texte original du Bilan Québec rédigé par William Thériault, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 19 novembre 2018, François Legault, le nouveau premier ministre du Québec, rencontre pour la première fois son homologue ontarien Doug Ford, à Toronto. Portant initialement sur le marché interprovincial d’hydroélectricité, la rencontre bifurque vers les coupes de services pour les francophones en Ontario. Legault tente sans succès de convaincre Ford de revenir sur ses compressions pour protéger la minorité francophone.
Le 15 novembre 2018, Doug Ford a mis fin au projet de création de l’Université de l’Ontario français et a également dissous le Commissariat aux services en français de la province, évoquant des motifs financiers. Quelques jours plus tard, le 19 novembre 2018, François Legault fait valoir sa « déception » par rapport aux coupes de services en français en Ontario. Il appelle Ford à reconsidérer sa décision, mais se butte à un refus. « Je lui ai dit : on est un des deux peuples fondateurs du Canada, donc on doit s’attendre à ce que les services soient donnés [...] aux francophones », insiste Legault, en point de presse. « Nous voudrions tous bâtir des écoles et des hôpitaux, mais la différence entre moi et M. Legault est qu’il a hérité d’un surplus d’un milliard de dollars et moi j’ai hérité d’un déficit de 15 milliards de dollars », répond Doug Ford, qui ajoute que ces coupures n’ont « rien de personnel » envers les Franco-Ontariens. Celui-ci les invite plutôt à se plaindre auprès de Kathleen Wynne, l’ex-première ministre de l’Ontario et toujours députée à ce moment. Pendant la rencontre, Legault se targue aussi de proposer une entente que Ford ne peut pas refuser sur l’hydroélectricité. Celle-ci comprend la possibilité d’inclure des travailleurs ontariens dans la construction de barrages hydroélectriques au Québec. Les deux premiers ministres conviennent également de faire passer leurs échanges commerciaux de 40 à 50 milliards de dollars par année, et sont en accord sur l’importance de la protection de la gestion de l’offre et des producteurs laitiers dans le contexte du nouvel Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC). Le 1er décembre 2018, des milliers de personnes manifesteront contre les coupes en français du gouvernement Ford, dans une quarantaine de villes de l’Ontario.
Source : Radio-Canada, 15 novembre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1136084/ford-elimination-universite-ontario-francais-commissariat-services, Radio-Canada, 20 novembre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1136690/francois-legault-doug-ford-compressions-francophonie-ontario-quebec, Le Journal de Montréal, 19 novembre 2018, url https://www.journaldemontreal.com/2018/11/19/premier-face-a-face-entre-francois-legault-et-doug-ford-a-toronto, TVA Nouvelles, 19 novembre 2018, url https://www.tvanouvelles.ca/2018/11/19/premier-face-a-face-entre-legault-et-ford, Radio-Canada, 19 novembre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1136849/legault-ford-exportations-commerce-hydroelectricite-quebec-ontario, L’Express, 19 novembre 2018, url https://l-express.ca/legault-demande-ford-de-reconsiderer-ses-decisions-sur-luniversite-et-le-commissaire/, Francopresse, 20 novembre 2018, url https://francopresse.ca/actualite/2018/11/20/que-fera-legault-du-nouveau-populisme-francophobe-au-canada/, La Presse, 1er décembre 2018, url https://www.lapresse.ca/actualites/201812/01/01-5206353-mobilisation-franco-ontarienne-contre-doug-ford.php.
«...En Ontario, le gouvernement de Doug Ford vient de publier son premier énoncé budgétaire. On y retrouve le retrait du projet de création de l’Université de l’Ontario français, dont les salles de classe devaient accueillir leurs premiers étudiants à Toronto en 2020, et l’abolition du Commissariat aux services en français. Alors que le Commissaire, François Boileau, perd son poste, la dizaine d’employés à sa charge se verront semblablement transférés à l’Ombudsman de l’Ontario. Quant à l’université, le ministre des Finances, Vic Fedeli, l’a tuée dans l’œuf. [...] Ces décisions sont justifiées par les forces conservatrices à l’aide de l’argument économique. Les déficits provinciaux deviennent le cheval de Troie par lequel ces partis politiques, une fois au pouvoir, justifient les coupes de services et la réduction des droits de la minorité. Les services en français sont trop coûteux, selon leurs détracteurs qui cherchent à éliminer le « gaspillage ». »
Stéphanie Chouinard et Serge Miville, « Que fera Legault du nouveau populisme francophobe au Canada? », Francopresse, 20 novembre 2018.
«...Selon des gens qui ont eu cette surprise et qui en ont parlé aux médias, il aurait aussi souligné qu’il n’y a tout simplement « plus d’argent » dans le trésor public, résultat de la mauvaise gestion du gouvernement libéral précédent. L’argument est répété depuis quelques jours par la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney, comme encore lundi à Queen’s Park après la visite de François Legault, aux côtés de Doug Ford. [...] Pendant ce temps, la résistance à l’élimination de l’université et du commissaire s’organise autour de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. L’affaire trouve des échos au Québec et ailleurs au Canada français et anglais, notamment dans les milieux francophiles des écoles d’immersion, à l’association Canadian Parents for French. Elle assombrirait également les perspectives du chef conservateur fédéral Andrew Scheer, qui a renouvelé en fin de semaine son appui au bilinguisme officiel et aux services en français. »
François Bergeron, « Legault a demandé à Ford de « reconsidérer » ses décisions sur l’université et le commissaire », L’Express, 19 novembre 2018.
«...Il est quelque peu inquiétant de constater que l’actuel premier ministre du Québec se découvre autant d’affinités avec un homme obtus [Doug Ford], qui " ne brille ni par le goût ni par l’esprit ", pour reprendre les mots de Brassens, et qui, surtout, affiche un tel mépris envers la minorité francophone. Car ce qui saute aux yeux dans cette affaire, c’est la différence de traitement de la minorité de langue anglaise au Québec -- une minorité qui fait paradoxalement partie de la majorité au Canada -- et celui de la minorité de langue française en Ontario, une minorité " historique " au même titre que les Anglo-Québécois. À juste titre, François Legault a rappelé à Doug Ford que notre minorité historique disposait de trois universités anglaises, sans compter un centre universitaire de santé de calibre mondial. Évidemment, rien de tel en Ontario. Depuis les années 1970, les Franco-Ontariens caressaient l’ambition d’avoir leur université française, qu’ils auraient contrôlée, mais voilà que, si près du but, on leur tire le tapis sous les pieds. »
Robert Dutrisac, « Legault et les Franco-Ontariens : la maudite « business »», Le Devoir, 20 novembre 2018, p. A6.
Le 16 novembre 2017 Dépôt d’un projet de loi à l’Assemblée nationale créant la SQDC
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
En prévision de la légalisation du cannabis qui entrera en vigueur le 1er juillet 2018, le gouvernement libéral de Philippe Couillard dépose le projet de loi 157 visant à créer la Société québécoise du cannabis (SQDC). Il confie à la Société des alcools du Québec le mandat de planifier le réseau qui sera chargé d’en faire la vente.
Selon le gouvernement, ce projet est appelé à évoluer avant son adoption. Il aurait cependant souhaité plus de temps, la date de la légalisation étant fixée au 1er juillet 2018. Plusieurs angles de la question sont abordés. Les consommateurs ne pourront se procurer plus de 30 grammes à la fois et des restrictions seront appliquées dans certains endroits publics. La tolérance zéro sera exercée en ce qui a trait à la conduite automobile sous l’influence du cannabis, des appareils de détection étant en voie de perfectionnement. Un des volets les plus discutés est celui prévoyant un fonds annuel de 25 millions de dollars pour financer des mesures préventives et combattre la dépendance. Il répond à des inquiétudes profondément ancrées dans la société quant à la menace que cette ouverture ne contribue qu’à accentuer les problèmes liés à la drogue. Sur le plan financier, le marché du cannabis est évalué à 500 millions de dollars. Québec espère donc en récupérer une partie en faisant la vente de produits de meilleure qualité, et plus sécuritaire, que ceux disponibles sur le marché illicite. L’ouverture de 15 magasins est prévue pour juillet 2018, un chiffre que l’on souhaite porter à 150 dans un avenir à déterminer. La SAQ sera chargée de planifier cette opération, mais la vente ne se fera toutefois pas dans ses succursales. D’autres questions seront abordées pendant l’étude du projet de loi, notamment celles portant sur des divergences possibles avec le projet de loi fédéral C-45: modalités de consommation, âge, partage des revenus, etc.
Source : La Presse+, 17 novembre 2017; La Presse canadienne dans Métro, 17 novembre 2017, p. 1 et 4; Le Devoir, 17 novembre 2017, p. A1 et A10, 18 novembre 2017, p. B5, B8.
«...l’accouchement aura été bien difficile à Québec. Semaine après semaine, le comité interministériel sur le cannabis se réunissait sans qu’une orientation claire soit adoptée, sans que les décisions se prennent. En octobre, il devenait évident que le camp de la santé publique allait décider des orientations. En dépit des représentations des lobbyistes, le scénario des mandataires privés passa à la trappe, les velléités des chaînes de pharmacie et des dépanneurs se heurtèrent à un mur. Le directeur de la Santé publique, Horacio Arruda, ne cachait pas qu’il se serait bien passé de ce casse-tête. Il était de ceux qui insistaient pour qu’on distribue avec beaucoup de parcimonie ces points de vente - on craignait les concentrations en zones démunies, une répartition source de problème pour les appareils de vidéopoker. Pendant un bon moment, on soupesa même un scénario où la vente au détail relèverait d’une nouvelle société d’État sous l’égide du ministère de la Santé. Ce ministère n’avait aucun des outils nécessaires pour mettre en place un réseau de vente au détail. Ici, il a fallu que le cabinet du premier ministre tranche: on laisse le commerce à ceux qui s’y connaissent. »
Denis Lessard, « Un parcours d’équilibristes », La Presse, 18 novembre 2017, p. 14.
«...Ce n’est pas la mécanique de la commercialisation du cannabis qui pose problème. La SAQ ne devrait pas avoir trop de mal à mettre une filiale sur pied dans les délais requis, d’autant plus que le nombre de succursales sera passablement limité au départ. C’est une fois sorti du magasin que les choses se compliquent. Le concept de tolérance zéro envers les conducteurs ne signifie pas grand-chose si la présence de cannabis dans l’organisme ne peut pas être détectée. Le projet de loi 157 interdit également la consommation dans les milieux de travail, mais rien n’empêche d’aller fumer son joint à l’extérieur. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante aurait souhaité plus de précisions sur " l’encadrement et la gestion de ces nouveaux risques pour les travailleurs, les employeurs et la population ". Il ne faut se faire aucune illusion : qu’il s’agisse de la consommation ou de la culture du cannabis, la loi sera très difficile à appliquer. Il aurait certainement été préférable que le projet de loi fasse l’objet d’audiences publiques exhaustives plutôt que de " consultations particulières ", nettement plus limitées, mais on ne voulait pas courir le risque de manquer de temps pour le faire adopter avant l’ajournement de la mi-juin. »
Michel David, « La faute d’Ottawa », Le Devoir, 18 novembre 2017, p. B5.
«...Le gouvernement Couillard adopte une approche mesurée avec son projet de loi encadrant la vente de cannabis. Les impératifs de santé publique l’emportent sur les intérêts mercantiles. Il en a fallu du temps, mais la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a dévoilé jeudi un projet de loi encadrant la vente de la marijuana qui mettra le Québec au diapason de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, deux provinces qui ont opté aussi pour un réseau de vente étatique. La création d’une Société québécoise du cannabis, une nouvelle filiale de la Société des alcools du Québec (SAQ), est préférable à une libéralisation tous azimuts au profit du privé. Cette société d’État devra être surveillée étroitement. Il ne faudra surtout pas qu’elle devienne, comme la SAQ et Loto-Québec, une vache à lait destinée à garnir les coffres du fisc. La publicité sur le produit et les stratégies de mise en marché ne devront pas rendre la marijuana plus attrayante qu’elle ne l’est déjà. Les zones d’ombre restent nombreuses. »
Brian Myles, « Loi québécoise sur la marijuana – Une approche mesurée », Le Devoir, 18 novembre 2017, p. B8.
Le 5 novembre 2017 Réélection de Régis Labeaume à la mairie de Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Derrière le slogan « Réussir notre ville ensemble », le maire sortant de Québec, Régis Labeaume, obtient de nouveau la confiance des électeurs lors du scrutin du 5 novembre 2017. Il récolte 55,3 % des voix contre 27,6 % pour Jean-François Gosselin, le candidat qui termine au deuxième rang.
Élu à la mairie de Québec quelques mois après le décès d’Andrée Boucher, en 2007, Régis Labeaume remporte trois victoires consécutives, dans certains cas avec des majorités écrasantes : 79,9 % (2009), 74,1 % (2013). De retour sur les rangs en 2017, il fait face à 5 autres candidats. Les plus sérieux aspirants sont Jean-François Gosselin et Anne Guérette. Candidat de Québec 2021, Gosselin est un homme d’affaires qui a siégé brièvement à l’Assemble nationale (2007-2008) sous la bannière de l’Action démocratique du Québec. Il dirige l’opposition à l’hôtel de ville depuis novembre 2017. L’architecte Anne Guérette a pour sa part une longue expérience de conseillère, remontant à 2007. Elle est à la tête de Démocratie Québec. La question des finances municipales et celle du transport en commun sont au cœur de la campagne. Un sondage fait auprès de la population aurait démontré le souhait des Québécois pour un autre lien entre leur ville et Lévis. Le 5 novembre 2017, Régis Labeaume est reporté au pouvoir avec 55,3 % des voix. Il s’agit d’une baisse par rapport aux scrutins antérieurs, mais ce résultat constitue néanmoins une victoire décisive pour l’homme de 61 ans. Gosselin termine deuxième avec 27,6 % des voix, et Guérette troisième avec 14,6 %. L’Équipe Labeaume remporte aussi une victoire convaincante en raflant la grande majorité des sièges à l’hôtel de ville.
Source : Le Devoir, 6 novembre 2017, p. A1 et A8; Le Soleil, 6 novembre 2017; Le Journal de Québec, 7 novembre 2017, p. 3; https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/regis-labeaume
«...Après avoir fait campagne sur l’amphithéâtre en 2009 et les conditions de travail en 2013, Équipe Labeaume avait axé cette dernière campagne sur la qualité de vie et la continuité. Moins arrogant et offensif que les dernières fois, le maire sortant a respecté sa promesse de se faire plus respectueux et ne s’est pas emporté une seule fois durant les débats malgré les attaques souvent très agressives de Jean-François Gosselin. Avec l’entrée en scène de Québec 21, le discours de droite des radios d’opinion de Québec bénéficiait, pour la première fois, d’une voix politique organisée. L’animateur Jeff Fillion s’était présenté à la mairie contre Régis Labeaume en 2009, mais il l’avait fait sans parti politique et sans s’investir dans une campagne en bonne et due forme. Au cours des dernières semaines, le chef de Québec 21 s’est révélé un tribun passionné avec un bon sens de la répartie. Or, sa méconnaissance de plusieurs dossiers l’a plus d’une fois trahi, notamment en matière de finances municipales. »
Isabelle Porter, Marie-Michèle Sioui, « Labeaume réélu sans peine », Le Devoir, 6 novembre 2017, p. A1 et A8.
«...Il y a longtemps qu’on s’interrogeait sur le poids politique des radios privées de Québec, dont la vision se retrouvait dans la proposition de Québec 21. Cette vision, que j’avais baptisée la « droite-auto » en début de la campagne, obtient plus de 27 % des votes à la mairie et arrive deuxième dans presque tous les districts, sauf en haute ville. Ce n’est pas (encore) le courant majoritaire à Québec, mais c’est très significatif. Le maire Labeaume, qui n’avait jusqu’à maintenant qu’à garder un œil distrait sur le rétroviseur de gauche, devra désormais se concentrer sur celui de droite. Mme Guérette n’a pas décidé encore si elle prendra le siège de son colistier Jean Rousseau, élu dans Cap-aux-Diamants. Le constat est cependant fatal : son message ne passe pas. Pas que ce soit un si mauvais message, mais elle est allée au bout de ce qu’elle pouvait pour le porter. Mme Guérette avait eu cette formule pour stigmatiser ses adversaires lors des débats : le choix entre « la ville d’un seul homme » (Labeaume) et « l’homme d’une seule idée » (Jean-François Gosselin). La réalité, implacable, est qu’elle dirige désormais le parti d’un seul élu et peut-être, celui d’une femme seule. »
François Bourque, « Le virage à droite », Le Soleil, 6 novembre 2017.
«...Sans opposition plus forte au conseil municipal, le maire Régis Labeaume n’a maintenant plus d’excuse et doit mener à bien dans le prochain mandat un projet de transport structurant, qu’il a identifié comme son legs politique. Avec 55,3 % des voix et une équipe de 17 conseillers sur 21 -si le recomptage confirme la venue au conseil de Jean-François Gosselin, chef de Québec 21 -, le maire dispose amplement des appuis nécessaires pour se tenir debout [...] M. Labeaume devra néanmoins foncer à visière levée pour mener un projet à bien, ce qu’il n’a pas su faire pour le défunt SRB, qui recevait encore beaucoup d’appuis juste avant son abandon en avril. L’argent du fédéral est disponible, et ira dans une autre ville, si Québec passe son tour. Après tout, « un maire doit défendre les intérêts des citoyens, et le leadership repose sur certaines qualités, des convictions profondes et des valeurs inébranlables, et du très gros jugement. Il faut aussi refuser de devenir la saveur du mois », disait M. Labeaume lors du dernier débat de la campagne. »
Karine Gagnon, « Plus d’excuse », Le Journal de Québec, 7 novembre 2017, p. 3.
Le 5 novembre 2017 Élections dans les municipalités du Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Comme c’est la coutume depuis quelques années, les citoyens de plus de 1000 municipalités du Québec se rendent aux urnes le même jour. L’une des élections les plus serrées se déroule à Longueuil alors que Sylvie Parent n’obtient la victoire sur Josée Latendresse que par environ une centaine de voix.
Plusieurs maires bien connus de la province annoncent qu’ils ne seront pas sur les rangs en 2017, ouvrant la porte à de nouvelles candidatures. C’est le cas de Jean Tremblay, maire de Chicoutimi (1997-2001), puis de Saguenay (2001-2017), qui quitte ses fonctions. Son poste sera comblé par Josée Néron, victorieuse de l’ex-ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn. À Longueuil, Sylvie Parent succède à Caroline St-Hilaire grâce à une victoire à l’arraché contre Josée Latendresse. Ailleurs, les électeurs optent pour la continuité. C’est le cas notamment à Laval, Gatineau, Lévis et Trois-Rivières où Marc Demers, Maxime Pedneaud-Jobin, Gilles Lehouillier et Yves Lévesque sont réélus avec de solides majorités. Parmi les revirements, on compte l’élection à la mairie de Saint-Jean-sur-Richelieu, au cours de laquelle Alain Laplante vient à bout du maire sortant Michel Fecteau. La plus grande surprise est toutefois observée à Sherbrooke, alors que Bernard Sévigny, en quête d’un troisième mandat, s’incline devant Steve Lussier, un candidat indépendant. Une tendance lourde se poursuit, alors que le Québec comptera un peu plus de 200 mairesses, une progression par rapport à 2009 (175) et 2013 (190). En plus des femmes déjà mentionnées, et de Valérie Plante qui accède à la mairie de Montréal, on retrouve par exemple les noms de Doreen Assaad (Brossard), Diane Dallaire (Rouyn-Noranda), Cathy Poirier (Percé).
Source : La Presse+, 7 novembre 2017, p. 2 et 4; Le Devoir, 7 novembre 2017, p. A3; Le Journal de Montréal, 6 novembre 2017, p. 9; Le Droit, 6 novembre 2017, p. 1 et 2; https://www.quebec.ca/gouvernement/gestion-municipale/organisation-municipale/democratie-municipale/elections-municipales/resultats/2017; https://ici.radio-canada.ca/elections-municipales-2017/resultats
«...Montréal a tourné le dos à la " vieille classe politique ". Prochaine étape : le Québec, a lancé Ami Khadir, ayant clairement à l’esprit l’élection générale d’octobre 2018, mais dans quelle mesure l’exemple de Mme Plante sera-t-il contagieux en dehors de Montréal ? Les résultats de dimanche interdisent toute généralisation. À Saguenay, l’élection de Sylvie [sic] Néron marque indéniablement un changement d’époque après l’interminable règne du maire Tremblay, tout comme celle de Steve Lussier, cet autre nouveau venu en politique qui a renversé le président de l’Union des municipalités, Bernard Sévigny, à Sherbrooke. En revanche, les électeurs de Québec et de Trois-Rivières ont démontré éloquemment leur préférence pour le statu quo. L’exemple de la capitale devrait d’ailleurs inciter à la prudence. La dynamique n’est manifestement pas la même aux deux niveaux de gouvernement. Alors que Régis Labeaume vient d’obtenir un quatrième mandat avec 55 % des voix, le dernier sondage Léger-Le Devoir laissait entrevoir un balayage de la CAQ, dont la récente élection partielle dans Louis-Hébert a donné un aperçu. »
Michel David, « Chronique – La prochaine étape », Le Devoir, 7 novembre 2017, p. A3.
«...Cette victoire doit avoir un goût amer pour Maxime Pedneaud-Jobin. Oui, il est réélu à la mairie de Gatineau. Mais il y retourne sans cette majorité de conseillers issus de son parti Action Gatineau qu’il souhaitait obtenir pour réaliser son programme électoral à la vitesse grand V [...] De toute évidence, les Gatinois sont encore méfiants face à cette bibitte qu’on appelle un parti politique. Ils ont renvoyé M. Pedneaud-Jobin à la mairie, mais sans lui donner cette majorité dont il rêvait. Gatineau se retrouve donc avec un maire sous surveillance pour encore quatre ans. Le message est clair: les électeurs de Gatineau ont encore besoin d’être convaincus que leur ville a besoin d’un parti politique à la Maison du Citoyen, à plus forte raison d’un parti politique composé d’élus d’Action Gatineau. Mais vous pouvez être sûr d’une chose. Le temps du parti politique unique à Gatineau est révolu. »
Patrick Duquette, « Un maire affaibli », Le Droit, 6 novembre 2017, p. 1 et 2.
«...Il a fallu attendre le dépouillement du dernier bureau de vote pour confirmer la victoire de Mme Parent, l’ex-bras droit de Caroline St-Hilaire, d’Action Longueuil, qui a tiré de l’arrière à plusieurs moments hier soir. Mais, finalement, Josée Latendresse a perdu sur toute la ligne, malgré son audacieux pari. Elle avait aussi perdu la course à la direction du parti de Mme Parent au printemps dernier [...] Après la victoire de cette dernière pour succéder à Caroline St-Hilaire, Mme Latendresse avait claqué la porte avec huit autres élus. Elle avait ensuite lancé son propre parti. Leur chicane de famille a d’ailleurs retenu l’attention durant toute la campagne électorale. L’équipe de Sylvie Parent a notamment accusé sa rivale d’avoir copié ses promesses. Mme Parent hérite toutefois d’une équipe plus affaiblie que sa prédécesseure, puisque seulement cinq conseillers d’Action Longueuil ont triomphé. Sous Caroline St-Hilaire, le parti Action Longueuil avait fait élire 14 conseillers sur 17 en 2013. Malgré sa défaite à la mairie, Josée Latendresse se retrouve ainsi avec la plus grande équipe d’élus autour de la table du conseil municipal. »
Hugo Duchaine, « Une lutte extrêmement serrée », Le Journal de Montréal, 6 novembre 2017, p. 9.
Le 5 novembre 2017 Élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Après avoir succédé à Luc Ferrandez en décembre 2016 à la tête du parti Projet Montréal, Valérie Plante remporte l’élection à la mairie du 5 novembre 2017 en défaisant le maire sortant, Denis Coderre. Elle devient par le fait même la première femme à accéder à ce poste dans la ville la plus peuplée du Québec.
L’ex-ministre libéral fédéral Denis Coderre avait été élu en 2013 dans un contexte turbulent, à la suite des démissions des maires Gérald Tremblay et Michael Applebaum. Il se fait fort de ramener un climat de confiance à l’hôtel de ville. Son mandat est également marqué par des relations difficiles avec les cols bleus, ainsi que la planification et la tenue des fêtes du 375e anniversaire de Montréal. Personnage très visible sur le plan médiatique, Coderre doit aussi composer avec les controverses entourant la course de Formule E tenue dans les rues de la ville en septembre 2016. Élue en décembre 2016 à la succession de Luc Ferrandez, qui assurait l’intérim à la tête de Projet Montréal, Valérie Plante devient la candidate à la mairie de cette formation. Âgée de 43 ans lors du scrutin du 5 novembre 2017, cette native de Rouyn-Noranda est conseillère depuis 2013 du district Sainte-Marie, dans l’arrondissement Ville-Marie. Elle fait d’une ligne rose du métro, d’ouest en est de l’île, une de ses priorités, de même que la construction de loyers abordables. Coderre conserve l’ascendant dans les sondages, mais est talonné par Plante. Contrairement à 2013, alors que 4 candidats ont récolté plus de 12 % des voix, cette fois il s’agit essentiellement d’une lutte à deux. Valérie Plante l’emporte avec 51,4 % des voix et devient la première femme à accéder à la mairie de Montréal. Elle devance Denis Coderre, qui récolte 45,7 % des scrutins. Il s’agit d’une victoire décisive pour Projet Montréal qui arrive aussi en tête pour les conseillers et les maires d’arrondissement. Un peu plus de 42 % des Montréalais se sont présentés aux urnes à cette occasion.
Source : Le Devoir, 6 novembre 2017, p. A1 et A8; La Presse+, 7 novembre 2017, p. 1 et 5; Le Journal de Montréal, 6 novembre 2017, p. 24; https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/valerie-plante; https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/denis-coderre
«...La victoire de Valérie Plante est celle d’un nouveau visage, elle qui était presque inconnue il y a tout juste deux mois, a souligné le titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’UQAM, Bernard Motulsky, en entrevue au Devoir. « Je pense que tout le monde est surpris. On avait vu des signes, mais on n’y croyait pas vraiment. Il s’agit d’une inconnue qui remplace un maire archiconnu après un seul mandat », a-t-il réagi. M. Motulsky attribue cette victoire à ce qu’il appelle « l’effet Macron ». « C’est ce qu’on a vu en France : un jeune politicien pratiquement sans expérience qui a réussi à bousculer le résultat. On voit une nouvelle génération mettre au pouvoir de nouvelles personnes, qui veulent faire table rase des politiciens traditionnels », analyse-t-il. Le peu d’expérience de Mme Plante l’aurait avantagée par rapport à son adversaire, un vieux routier en politique. « C’est clair que Valérie Plante a fait une campagne sans faute », poursuit Bernard Motulsky. Elle a réussi à se faire connaître, ce qui était son premier défi. Ensuite, elle avait l’avantage de ne pas avoir de bilan et de gestes à défendre, contrairement au maire sortant. »
Marco Fortier, « Élections municipales 2017 – Valérie Plante passe à l’histoire », Le Devoir, 6 novembre 2017, p. A1 et A8.
«...Il s’agit donc d’une première grande victoire pour la gauche au Québec. On en a très peu parlé en campagne, sauf avec les allusions répétées de Denis Coderre à Luc Ferrandez. Mais n’oublions pas que le parti provincial qui a le plus applaudi à la victoire de Valérie Plante, c’est Québec solidaire [...] Mme Plante arrivera au pouvoir avec la créativité de Projet Montréal, ses idées pour la ville. Mais elle devra aussi tenir compte des limites d’un mandat qui reste fragile : 51,4 % des 42,11 % des citoyens qui se sont exprimés, ça donne des appuis réels de 21,64 %. En campagne, elle a fait preuve d’une modération qui, on l’espère, se reflétera dans la composition de son comité exécutif. Cet esprit de gauche, on l’a vu avec sa promesse phare, la ligne rose, qui incarne le droit au rêve. Mais cette promesse, au-delà de ses très sérieuses imprécisions, repose sur un grand mensonge. « La fenêtre d’opportunité est ouverte, l’argent est là », a-t-elle encore répété dimanche soir dans son discours de victoire. C’est faux. On n’arrive pas à voir comment Ottawa et Québec, qui paieront la note, auront encore des milliards à réserver à Montréal après avoir financé les deux grands projets déjà prévus pour la métropole, le REM et le prolongement de la ligne bleue. »
Alain Dubuc, « Et maintenant? », La Presse+, 7 novembre 2017, p. 1 et 5.
«...Jusqu’à la semaine dernière, Denis Coderre envoyait le signal que sa victoire serait facile. Après tout, ses réalisations parlaient toutes seules, mais des événements coûteux et contestés comme le 375e, la Formule électrique et son bête cafouillage n’ont pas impressionné les Montréalais. Grave erreur de stratégie de sa part : Denis Coderre a passé plus de temps à vanter ses réalisations qu’à rendre l’avenir de Montréal scintillant. Rien pour diminuer l’impression d’arrogance qui l’a caractérisé en tant que maire. Probablement la principale raison de sa défaite. Sans jamais paraître arrogante, mais sereine et confiante, Valérie Plante a toujours cru à sa victoire. «Je n’ai jamais perdu une course », disait-elle à un journaliste. J’avoue avoir sourcillé en lisant cela, mais ses victoires passées, envers et contre tous, en témoignaient bel et bien. Et ça continue. Il y a un mystère chez cette femme. Elle donne aux gens l’envie de croire en elle. Tout le monde sait que la ligne rose n’est pas pour demain -et peut-être pour jamais -, mais l’idée est séduisante. Et si jamais... Et si jamais Valérie Plante était une bonne mairesse...»
Lise Ravary, « La vague Valérie Plante », Le Journal de Montréal, 6 novembre 2017, p. 24.
Le 16 novembre 2016 Annonce de la création de la Commission Chamberland sur la confidentialité des sources journalistiques
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Officiellement instituée en novembre 2016 par le gouvernement libéral de Philippe Couillard, la Commission Chamberland a un mandat clair : la protection de la confidentialité des sources journalistiques. Annoncées en conférence de presse par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, l’enquête et les audiences seront publiques comme ce fut le cas pour la Commission Charbonneau.
Le dévoilement d’actes controversés à l’endroit de membres de la presse, notamment le journaliste Patrick Lagacé, entraîne la tenue de cette commission d’enquête publique. Elle sera présidée par un juge de la Cour d’appel du Québec, Jacques Chamberland, d’où elle prend son nom. À ses côtés, on retrouve Alexandre Matte, enseignant en Techniques policières et ex-directeur du Service de la police de la Ville de Québec, et Guylaine Bachand, avocate spécialisée en droit des médias. Ils assisteront en représentant les corps policiers et les médias sur les enquêtes. Le mandat, confié et dévoilé par le Conseil des ministres, vise à examiner et à recommander des actions pour protéger le privilège des sources journalistiques, en enquêtant sur les pratiques policières et judiciaires qui pourraient le compromettre, ainsi qu’en proposant des modifications législatives et administratives si nécessaire. Le décret ministériel mentionne cependant que l’enquête publique ne doit pas interférer avec les enquêtes actuelles ou futures, et que la commission ne peut pas évaluer la légalité des autorisations judiciaires, cette compétence relevant des tribunaux. Les travaux de la commission pourront remonter jusqu’au 7 mai 2010. Les audiences s’étaleront d’avril à septembre 2017 et un rapport final est attendu au plus tard en 2018.
«...En esquivant les actes mêmes de surveillance de journalistes, le mandat de la commission peut apparaître comme une tentative de diversion politique. [...] Cependant, la lecture du décret qui en définit le mandat peut laisser perplexe. Car il ne mentionne pas comme tels les actes répréhensibles ayant fait scandale. [...] En conséquence, ou bien on considère les récentes révélations touchant les journalistes comme la proverbiale pointe révélant l’immense iceberg des demandes de surveillance des citoyens faites par la police, autorisées par des juges et exécutées par les fournisseurs de télécommunications encaissant les paiements de ces mêmes citoyens. Ou bien on essaie de faire croire que le navire démocratique n’a pas à s’inquiéter d’autre chose que de cette petite pointe d’iceberg. Si elle ne se limitait qu’à une stricte délimitation de la protection des sources journalistiques, la commission Chamberland ne serait rien d’autre qu’un exercice symbolique. [...] Vigilance démocratique oblige. »
Pierrot Péladeau, Le Journal de Montréal, 17 novembre 2016.
Le 13 novembre 2016 Congrès de la Coalition avenir Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Frédérik Savard, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Lors du congrès de la Coalition avenir Québec (CAQ) du 16 novembre 2016, le chef du parti François Legault, réaffirme sa position du parti sur la place du Québec dans le Canada. En se disant fier d’être Canadien, celui-ci confirme que le Québec doit se développer à l’intérieur du Canada. La CAQ se dit également un parti inclusif et veut tendre la main aux anglophones. D’autre part, le projet qu’il veut mettre de l’avant est celui de l’augmentation de l’exportation de l’énergie hydroélectrique.
Lors de la fondation de la formation politique le 14 novembre 2011, François Legault, ex-ministre péquiste et maintenant chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), avait déjà confirmé qu’il souhaitait laisser derrière lui son passé souverainiste afin de faire du Québec un joueur important au sein du Canada. Lors du congrès de la CAQ, le 13 novembre 2016, Legault réaffirme cette position. Le plan qu’il propose pour renforcer la position du Québec à l’intérieur du Canada est d’augmenter l’exportation de l’hydroélectricité. Les partenaires que Legault veut pour ce projet sont les provinces avoisinantes, ainsi que la Nouvelle-Angleterre. Pour arriver à cet objectif, il envisage de rouvrir l’entente avec Terre-Neuve-et-Labrador pour le développement de Churchill Falls. Selon Legault, cela peut faire du Québec le producteur d’énergie le plus important dans le nord-est de l’Amérique du Nord. Cette annonce concrétise la position officielle du parti selon sa Constitution. L’article premier confirme que le Québec doit se développer à l’intérieur du Canada. Durant le congrès, François Bonnardel, leader parlementaire de la CAQ, confirme que la formation politique est bilingue et qu’elle met l’accent sur l’inclusivité et le respect de ses membres. Cette position permet à Legault de tendre la main aux anglophones du Québec, qu’il considère comme pris pour acquis par le Parti libéral du Québec (PLQ). Il dit être l’alternative au PLQ dans le positionnement contre un référendum sur la question de l’indépendance. Ce repositionnement de la CAQ lors du congrès portera fruit, puisque la formation politique remportera les élections de 2018. Cependant, l’inclusivité et le bilinguisme confirmés par Bonnardel seront questionnés par plusieurs lors de l’élaboration de certains projets de loi, tels que la Loi sur la laïcité de l’État québécois et la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français.
Source : La Presse, le 14 novembre 2016, p. A10; La Tribune, le 14 novembre 2016, p. 3; La Voix de l’Est, le 14 novembre 2016, p. 5; Le Journal de Montréal, le 15 novembre 2016; Le Nouvelliste, le 14 novembre 2016, p. 10; Le Soleil, le 14 novembre 2011, p. 15; le 13 novembre 2016, p. 6.
«...François Legault a-t-il trébuché ou s’est-il dévoilé? Chose certaine, dans le cadre du Congrès de la CAQ, il s’est fendu d’une étonnante déclaration, en se disant fier d’être Canadien. La formule surprend d’autant plus que son parti devait confirmer, à ce moment, son virage nationaliste, censé lui permettre de remplacer le PQ lors des prochaines élections et de devenir le principal parti auprès de la majorité francophone. [...] La CAQ se veut nationaliste mais une de ses principales figures, François Bonnardel, la présente comme un parti bilingue. Bonnardel ne se contente pas de dire, comme il va de soi, que la CAQ respecte les droits de la minorité historique anglaise. Non. Elle est bilingue. [...] Ceux qui croient au Québec d’abord mais qui jugent que l’indépendance est désormais un rêve étouffant qui nous empêche d’avancer dans le monde concret peuvent se rallier à une position autonomiste sans avoir l’impression de renier leurs convictions intimes. Mais à moins de vouloir concurrencer le Parti libéral dans le fédéralisme servile, François Legault devrait se garder une petite gêne avant de se dire fier d’être Canadien. »
Mathieu Bock-Côté, Le Journal de Montréal, 15 novembre 2016.
Le 24 novembre 2015 Dépôt du rapport de la Commission Charbonneau sur la collusion et la corruption dans la construction
Quatre ans après le décret prévoyant sa création, la Commission Charbonneau sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC) dépose son rapport le 24 novembre 2015. Il contient 60 recommandations, dont celle de créer une Autorité des marchés publics chargée de surveiller l’attribution de contrats par l’État et les municipalités.
Avant même le décret prévoyant sa création, le 19 octobre 2011, la CEIC suscite des attentes élevées. Après un lent départ, elle soulève de fortes réactions avec le témoignage de l’homme d’affaires Lino Zambito, en septembre 2012. Celui-ci révèle l’existence d’un système de collusion entre entrepreneurs. D’autres témoins, parfois complices de ce système, ajoutent des éléments qui permettent de comprendre ses mécanismes. La quantité de documents, 151 mémoires, et de témoins, 292, entraîne un prolongement des travaux qui devaient se terminer en 2013. C’est finalement le 24 novembre 2015 que le rapport est déposé. Il contient 60 recommandations. Parmi elles, la mise sur pied d’une Autorité des marchés publics chargée de surveiller l’attribution de contrats par l’État et les municipalités. La présidente de la CEIC, la juge France Charbonneau, et le commissaire Renaud Lachance souhaitent aussi la création d’un comité indépendant, à l’abri des politiciens, ayant un pouvoir décisionnel, notamment en matière de réfection des routes et de réparation des structures. Ces recommandations visent à enrayer la possibilité que d’autres stratégies de collusion, comme celles observées lors de la CEIC, ne viennent gonfler les factures des travaux aux dépens des contribuables. Dans son rapport de 1741 pages, la juge Charbonneau évoque aussi « une sorte de pacte plus ou moins tacite entre les acteurs au sein de ce système où le versement de contributions politiques se trouve compensé par une certaine quantité de contrats ». Le commissaire Renaud Lachance, un ex-vérificateur général du Québec, affiche toutefois sa dissidence face à cette position, jugeant qu’un « tel lien n’a pu être démontré, même indirectement, par les témoignages ». Ce différend est souligné dans la presse où plusieurs observateurs jugent les positions de la CEIC plutôt réservées à l’endroit du rôle joué par les partis politiques. D’autres, comme le syndicaliste Ken Pereira, auraient souhaité des recommandations plus sévères à l’endroit de leaders ouvriers pris en défaut. Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard voit d’un bon œil ce rapport auquel il s’engage à donner suite.
Le 21 novembre 1900 Déferlement de vents violents sur le Québec
La région montréalaise et plusieurs villes de la province sont secouées par des vents d'un rare violence qui auraient atteint 75 milles à l'heure.
La presse du lendemain fait grand état des dommages causés par le vent : les vitres éclatées, les clôtures renversées, les pertes de courant, les poteaux abattus ainsi que les interruptions dans le transport. L'effondrement d'un mur du théâtre Français, qui est en construction, est même responsable de la mort d'un homme. Un témoin de cette tempête, Félix Bienvenu, confiera aux journalistes: « Je suis bien vieux, mais je n'ai jamais eu peur comme cela. »
Source : La Presse, 22 novembre 1900, p.1 et 23 novembre 1900, p.dernière édition.
Le 22 novembre 1900 Naufrage du vapeur Saint-Olaf près de l'île Grande-Boule
Aux prises avec une violente tempête, le Saint-Olaf, un vapeur de 1 000 tonnes, fait naufrage près de l'île Grande-Boule, dans le Saint-Laurent. Il entraîne ses 21 passagers dans la mort.
Le Saint-Olaf naviguait entre la Côte-Nord et les côtes gaspésiennes et faisait également la navette entre Québec et les côtes du Labrador. Ce navire de 150 pieds par 22 a à son bord une vingtaine de personnes, la majorité des Canadiens français, lorsqu'une tempête le détourne de son but et le fait échouer sur des récifs. Malgré les recherches effectuées quelques jours plus tard par un autre bateau, le Marie Joséphine, aucun survivant du Saint-Olaf ne sera retrouvé.
Le 1er novembre 1907 Tragédie ferroviaire à Eastman
L'affaissement d'un viaduc entraîne la chute d'un train de marchandises du Canadien Pacifique à Eastman, dans les Cantons de l'Est. L'accident cause deux morts et d'importants dégâts matériels qui perturberont pendant quelques jours les activités ferroviaires dans la région.
Loran Draper, de Sutton, et Hugh McKinney, de Richmond, perdent la vie alors que la locomotive à bord de laquelle ils étaient fait une chute de 60 pieds avant de s'enfoncer dans la rivière Missisquoi. Huit wagons suivent la locomotive dans sa chute, mais les autres s'immobilisent sur la voie restée debout, ce qui sauve vraisemblablement la vie de quelques autres employés. Une enquête tenue dans les jours qui suivent la tragédie conclura à la mort accidentelle de Draper et McKinney et déchargera le Canadien Pacifique de toute responsabilité criminelle. Les témoignages entendus au cours de cette enquête laissent entendre que l'affaissement du viaduc aurait pu s'expliquer par une défaillance au niveau de la partie submergée, ce qui explique le fait qu'elle ait échappé à la vigilance des inspecteurs.
Source : Sherbrooke Daily Record, 2 novembre 1907, p.1; 4 novembre 1907, p.1; 5 novembre 1907, p.1 et 7 novembre 1907, p.1.
Le 26 novembre 1911 Incendie au Théâtre national dans le quartier Saint-Roch à Québec
Un court-circuit provoque un incendie majeur à l'ancienne salle Jacques-Cartier, principal théâtre francophone de la ville de Québec. Devant l'ampleur des dégâts, cette salle sera démolie l'année suivante. Les dommages s'élèvent à environ 40 000 $.
Inaugurée en 1857 pour répondre à des besoins en approvisionnement, la salle Jacques-Cartier, située dans le quartier populaire Saint-Roch, à Québec, comprend 24 étals de bouchers au rez-de-chaussée, alors qu'à l'étage on retrouve deux salles prévues pour les activités culturelles. Peu à peu, la salle principale, qui contient environ 550 places, devient le lieu de rencontre privilégié de la population ouvrière de la Basse-Ville. Par choix artistique des troupes de théâtre qui font la location de la salle Jacques-Cartier, on y présente surtout des productions francophones, bien que quelques incursions du côté du burlesque américain aient obtenu un certain succès entre 1900 et 1911. De 1900 à 1911, 1 697 représentations théâtrales francophones ont été présentées à la salle Jacques-Cartier.
Le 21 novembre 1913 Incendie à Sainte-Marie-de-Beauce
Le village de Sainte-Marie-de-Beauce est ravagé par un violent incendie qui détruit une centaine d'édifices (maisons, commerces, etc.) et jette sur le pavé une cinquantaine de familles.
L'incendie débute dans un hangar et se répand par la suite au village, causant des pertes estimées à environ 300 000 $. Pour en venir à bout, les pompiers de la région reçoivent l'aide de leurs confrères de Lévis.
Source : La Presse, 22 novembre 1913, p.20 et 23 novembre 1913, p.1 et 14.
Le 22 novembre 1919 Incendie à l'Université de Montréal
Les flammes ravagent l'édifice principal de l'Université de Montréal situé sur la rue Saint-Denis. Selon les premières estimations, les dégâts matériels sont évalués à un peu plus de 250 000 $.
L'incendie, qui survient au cours de la soirée, ravage les étages supérieurs de l'établissement. Ce désastre accélérera l'obtention de la charte civile de l'Université et sera à l'origine d'une campagne de souscription qui se déroulera entre le 1er et le 15 janvier 1920.
Le 16 novembre 1925 Déclenchement d'une grève dans l'industrie de la chaussure à Québec
Ce conflit de travail paralyse 3 000 ouvriers de la chaussure qui sont au service de 14 manufactures différentes. Affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), les grévistes acceptent de soumettre leur différend à l'évêque de Québec, Mgr Joseph-Alfred Langlois, afin de dénouer l'impasse.
Dès le début du différend, les patrons annoncent fermement aux ouvriers: « Voici un règlement d'atelier et une nouvelle liste de prix qui devront entrer en vigueur le 16 novembre prochain. Ces conditions ne sont pas susceptibles d'être discutées. » En réponse, les ouvriers décident de se tourner vers les syndicats en leur demandant de: « Régler cette question pour nous, nous vous donnons carte blanche ». Les deux parties désirent ardemment le règlement de la grève et la solution de celle-ci est accélérée grâce à l'arbitrage de Mgr Langlois. Cette pratique est conforme aux mécanismes de la CTCC et les travailleurs reprendront l'ouvrage le 30 novembre dans l'attente de la sentence de Mgr Langlois. En fin de compte, celle-ci s'avérera plutôt favorable aux ouvriers. Mais le refus des patrons de s'y soumettre constituera un échec pour le syndicat et pour les travailleurs qui ne réussiront pas à obtenir les gains proposés par la sentence. Les hostilités reprendront en 1926. Cette fois, les manufacturiers remporteront une victoire décisive en remplaçant plusieurs récalcitrants par des briseurs de grève.
Source : La Presse, 17 novembre 1925, p.4, 27 novembre 1925, p.17 et 30 novembre 1925, p.1.
Le 13 novembre 1929 Incendie du Séminaire Saint-Joseph à Trois-Rivières
Un incendie ravage la plus vieille partie du Séminaire Saint-Joseph, à Trois-Rivières. La partie détruite datait de 1870.
Il s'agit du pire incendie survenu à Trois-Rivières depuis 1908. Beaucoup de pompiers ont répondu à l'alarme qui a été donnée rapidement, mais l'intérieur du bâtiment, fait de bois, constitue une proie facile pour les flammes. On déplore la perte de la bibliothèque et du mobilier, mais une opération de sauvetage permet de sauver la vie de trois prêtres. On estime à environ 15 000 le nombre de personnes qui ont assisté aux moments les plus « mémorables » de l'incendie, notamment l'effondrement des tourelles et des cheminées.
Le 4 novembre 1932 Tentative d'évasion spectaculaire au pénitencier Saint-Vincent-de-Paul
Un détenu de race noire du nom de Crosley ainsi qu'un petit groupe de mutins tentent de s'évader du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul, à Montréal, en déclenchant un incendie. La manœuvre ne leur permettra cependant pas d'arriver à leurs fins.
Selon les témoignages recueillis, des détenus seraient directement responsables de l'incendie qui aura tôt fait de raser les bâtiments de bois, ne laissant debout que les murs de pierre. S'inspirant d'un coup d'éclat semblable tenté à Kingston peu de temps auparavant, les mutins voient toutefois leur plan contrecarré par l'intervention des gardiens et de policiers de la région dépêchés en toute hâte. Quelques personnes subiront des brûlures, mais aucun décès n'est signalé. En réaction aux événements, on promet qu'une enquête sera déclenchée pour examiner la situation des prisonniers. Ceux-ci se plaignent notamment du surpeuplement des prisons et de la suppression de certains privilèges.
Source : La Presse, 4 novembre 1932, p.1, 5 novembre 1932, p.1 et 53.
Le 31 novembre 1932 Explosions dans le nord de Montréal
Une série d'explosions surviennent dans un quartier du nord de Montréal. De nombreux couvercles de bouches d'égout qui sautent sèment la panique dans la population et causent d'importants dégâts matériels.
Aucun décès n'est déploré malgré l'effondrement d'un immeuble de trois étages sur la rue DeFleurimont. Les explosions, qui auraient débuté sur le coin des rues Bélanger et Saint-Denis, mobilisent cependant la présence de plusieurs pompiers dépêchés en toute hâte. Un témoin de l'événement, Kostos Baston, qui possédait un restaurant au rez-de-chaussée de l'édifice écroulé, décrit la scène : « Je vis en un éclair de flamme les murs se fendre, les plafonds disparaître, les poutres s'effondrer, puis un puissant courant d'air me lança dehors. Je me relevai parmi un amas de briques. Ma femme n'y était plus. Je devais ne la retrouver qu'une heure plus tard dans le tohu-bohu du désastre, le visage ensanglanté dans la voiture-ambulance de l'hôpital Saint-Luc. » Une enquête sera instaurée pour cerner les causes de ces explosions.
Le 22 novembre 1946 Déclenchement d'une grève par les mineurs de la compagnie Noranda
Un arrêt de travail majeur est déclenché dans les mines de cuivre et d'or de la compagnie Noranda, en Abitibi. Il ne se terminera que le 10 février 1947.
Les grévistes sont soutenus par un syndicat affilié au Congrès des organisations industrielles (COI), une centrale américaine. Des actes de violence marquent le conflit, notamment l'usage de gaz lacrymogènes par les policiers.
Gregory Woolley PHOTO MAXIME DELAND/AGENCE QMIL’assassinat du caïd Gregory Woolley sous les yeux de sa conjointe et de son nouveau-né de quatre jours, le 17 novembre, dans un stationnement commercial de Saint-Jean-sur-Richelieu, a secoué le milieu interlope québécois. Âgé de 51 ans, Gregory Woolley avait gravi les échelons depuis la fin des années 80 pour se hisser parmi les plus hautes sphères du crime organisé québécois. Il entretenait des liens étroits autant avec la mafia qu’avec les Hells Angels et les gangs de rue.
Il figurait assurément dans le top 5 des gangsters les plus influents et les plus puissants de la province au moment de son assassinat. L’auteur du meurtre, de même que son commanditaire, n’ont toujours pas été arrêtés.
Le 3 novembre 1947 Déclenchement de la grève des employés de la Dominion Textile
Les 6 000 travailleurs de la Dominion Textile affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) entrent en grève. Celle-ci survient un an à peine après le conflit qui a opposé cette entreprise à ses employés de Valleyfield et Montréal, affiliés au Congrès des organisations industrielles (COI).
Le conflit se termine le 13 novembre, les salaires sont portés à 80 cents l'heure pour les ouvriers et à 60 cents pour les ouvrières. Comme le mentionne Gérard Picard, président de la CTCC: « Environ 6 000 ouvriers et ouvrières recevront individuellement, près de deux cents dollars en paiements rétroactifs et d'une augmentation minimum d'au moins 15 cents l'heure pour chaque occupation à compléter pour atteindre une augmentation générale de 20 cents l'heure (...) L'opinion publique s'est montrée fort sympathique aux ouvriers et ouvrières du textile, non seulement au cours des négociations, de la conciliation et de l'arbitrage, mais au cours de la grève d'une semaine qui a paralysé totalement, et sans acte de violence les importantes filature de Montmorency, Drummonville, Magog et Sherbrooke. »
Le 12 novembre 1955 Glissement de terrain à Nicolet
Huit mois après avoir été victime d'un violent incendie, la ville de Nicolet est dévastée par un glissement de terrain.
La catastrophe coûte trois vies et cause des dommages évalués à environ 10 millions de dollars. Quelques semaines plus tard, le 31 décembre, un autre incendie détruira l'Hôtel-Dieu de Nicolet, alors inoccupé.
Le 20 novembre 1962 Déclaration controversée du président du Canadien National, Donald Gordon
Lors d'un témoignage livré devant un comité parlementaire fédéral, le président du Canadien National (CN), Donald Gordon, justifie l'absence de francophones parmi les 17 vice-présidents de l'entreprise qu'il dirige en déclarant que ceux-ci n'ont pas nécessairement les compétences requises pour combler ces postes.
Les propos de Gordon alimenteront la presse francophone et apporteront de l'eau au moulin des indépendantistes qui feront de lui une de leurs cibles privilégiées. Interrogé par le député Gilles Grégoire lors de son passage devant le Comité parlementaire des chemins de fer, Gordon aurait affirmé: « So long as I am President of Canadian National, no one will be appointed Vice President on CN because he is a French Canadian. » Selon les dires de Gordon, il ne s'agit pas de refuser systématiquement la présence de Canadiens français au sein du CN, mais plutôt de manifester son opposition à l'embauche d'une personne seulement à cause de ses origines. Sa déclaration survient une semaine après la réélection des Libéraux de Jean Lesage. Parmi les nombreuses réactions qu'elle suscite, soulignons celle d'André Laurendeau, du journal « Le Devoir », qui écrit: « M.Gordon a une qualité: il est brutal. Il dit très fort ce que d'autres font aussi bien que lui mais sans le dire. » Bernard Landry, de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal décide pour sa part de rencontrer Gordon. Sa visite ne mène cependant à rien de concret. Un mois après « l'incident Gordon », le chef de l'Opposition à la Chambre des communes, Lester B. Pearson, demandera la mise sur pied d'une Commission d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.
Source : La Presse, 21 novembre 1962, p.1. (citation extraite de) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.253-254.
Le 29 novembre 1963 Tragédie aérienne près de Sainte-Thérèse de Blainville
L'aéroport de Dorval, Archives Nationales du QuébecQuelques minutes à peine après avoir décollé de l'aéroport de Dorval, un DC-8F s'écrase près de Sainte-Thérèse de Blainville, à une vingtaine de milles au nord de Montréal.
L'écrasement emporte dans la mort les sept membres de l'équipage et 111 passagers, ce qui en fait la pire tragédie de l'histoire de l'aviation canadienne. Cet accident sera suivi d'une longue enquête dont les résultats seront divulgués en décembre 1964. Ses conclusions ne permettront toutefois pas d'établir avec précision les causes de l'écrasement.
Le 2 novembre 1965 Manifestation de féministes et d'indépendantistes lors d'une assemblée du premier ministre Lester B. Pearson
Une trentaine de manifestantes et de manifestants, membres du groupe féministe Voix de femmes et du Mouvement de libération populaire (MLP), manifestent au Palais du commerce de Montréal où se tient une assemblée du Parti libéral du Canada.
Le groupe Voix de femmes veut profiter de la proximité de l'élection fédérale pour sensibiliser les chefs politiques aux questions internationales. Quant à lui, le MLP réclame l'indépendance du Québec. Quelques bagarres éclatent. Des manifestants se retrouvent dans la salle d'assemblée où le premier ministre du Canada prononce un discours en anglais uniquement. Les indépendantistes crient alors « En français! », perturbant l'assemblée de leurs cris. Les manifestants sont violemment expulsés par des partisans libéraux. On signale quatre arrestations.
Le 26 novembre 1968 Dénouement de la grève des employés de la Régie des alcools
Le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand renouvelle les ententes avec ses employés et rend public, à l'occasion du conflit de la Régie des alcools, ses principes directeurs de rémunération dans les services publics.
Les magasins de la Régie ne réouvriront leurs portes que le 26 novembre, après une grève qui a duré cinq mois. Les employés auront droit à une augmentation du salaire hebdomadaire de 22 dollars, le plafond étant fixé à 105$. Quant à eux, les employés des entrepôts toucheront une augmentation de 26 $ du salaire hebdomadaire, le plafond étant établi à 106$. Finalement, les employés de bureau auront droit à une augmentation de 23 % et leur semaine de travail passera de 32,5 à 34 heures.
Le 7 novembre 1969 Manifestation contre la répression politique au Québec
Cette manifestation résulte d'une initiative conjointe du Front de libération populaire (FLP), du Mouvement syndical populaire, de la Ligue socialiste ouvrière, du Conseil central de Montréal (affilié à la Confédération des syndicats nationaux), de la Ligue pour l'intégration scolaire et du Comité d'aide Vallières-Gagnon. Les 2 500 personnes qui participent à l'évènement protestent contre le climat de répression politique qui existe au Québec.
Le rassemblement vise à obtenir la libération de Pierre Vallières et Charles Gagnon, deux membres du Front de libération du Québec retenus en prison. Les manifestants demandent aussi la démission du ministre de la justice, Rémi Paul, ainsi que le retrait du projet de loi 63 sur la langue au Québec. Une dizaine de cocktails Molotov sont lancés et quelques vitres brisées. La manifestation se déroule successivement sur la rue Saint-Jacques, à l'église du Gesù, au Cégep du Vieux-Montréal et au Palais de justice de Montréal.
Le 28 novembre 1969 Manifestation contre le règlement interdisant les défilés et les attroupements sur les lieux publics à Montréal
Environ 200 femmes membres du Front commun des Québécoises bravent le règlement municipal interdisant les défilés et les attroupements sur les lieux publics à Montréal.
La manifestation se tient au Monument National et sur la rue Saint-Laurent, à Montréal. Toutes les participantes seront mises en détention en raison du règlement de la ville qui interdit ce genre de rassemblement. Les arrestations se font sans violence, ce qui n'empêchera pas les manifestantes de contester en cour la légalité et la légitimité de ce règlement.
Le 7 novembre 1972 Déclenchement d'une grève par les employés de l'Hydro-Québec
Tandis que les négociations débutées il y a un an sont toujours dans l'impasse, les 8 500 employés de l'Hydro-Québec en sont, aujourd'hui, à leur première journée de grève.
Cet arrêt de travail devrait, selon le porte parole syndical, M. Morisseau, se poursuivre tant qu'il n'y aura pas un règlement complet de tous les points en litige. L'objectif du syndicat consiste à faire un rattrapage salarial avec les travailleurs de l'Hydro-Ontario. Il veut également régler les autres points en litige tels que les horaires, les contrats forfaitaires et la langue utilisée au travail. Selon Robert Chabot, négociateur en chef pour l'Hydro-Québec, ce dernier point est un faux problème. « Le syndicat a voulu transposer ici un problème politique. Il oublie qu'à l'Hydro, il y a plus d'employés syndiqués unilingues anglais que de cadres unilingues anglais. Nous recevons souvent des griefs formulés en langue anglaise et nous y répondons en langue française. » Cette grève affecte sérieusement la distribution de l'électricité. La panne la plus importante s'est déroulée à Saint-Laurent, privant 10 000 consommateurs d'énergie.
Le 13 novembre 1972 Maintien de la sentence d'emprisonnement contre les chefs du Front commun intersyndical
La Cour d'appel du Québec maintient sa sentence d'emprisonnement contre les chefs du Front commun intersyndical -Marcel Pepin, Louis Laberge, Yvon Charbonneau - à la suite de leur défi à la loi 19 adoptée par le gouvernement libéral de Robert Bourassa en avril 1972 pour mettre fin aux grèves dans le secteur public et parapublic.
À la suite de ce jugement, Pepin, Laberge et Charbonneau, qui avaient déjà fait un séjour derrière les barreaux en mai 1972, devront prendre le chemin de la prison d'Orsainville le 2 février 1973. Ils y resteront jusqu'en mai avant de finalement obtenir une libération conditionnelle.
Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.379-383.
Le 23 novembre 1972 Boycottage des inscriptions par les étudiants de l'Université du Québec à Montréal
Donnant suite au vote pris lors de leur assemblée générale du 20 novembre, les étudiants de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) décident de boycotter les inscriptions au deuxième semestre.
Les étudiants prennent cette mesure pour protester contre le fait qu'ils doivent payer leur inscription avant le 15 février, une politique qui sera encore plus sévère à l'automne puisqu'ils devront défrayer la totalité des frais d'inscription dès le début du semestre. Au moment d'annoncer ce boycott, 20 % des étudiants n'auraient pas encore payé leur semestre d'automne à l'UQAM.
Le 24 novembre 1974 Accident routier meurtrier dans le parc des Laurentides
Un autobus ayant à son bord les joueurs des Castors de Sherbrooke de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) fait une embardée dans le parc des Laurentides. Cet accident coûte la vie à un jeune athlète originaire de Drummondville: Gaétan Paradis.
La perte de contrôle de l'autobus qui survient à une trentaine de milles de Chicoutimi cause, en plus de la mort de Paradis, de nombreuses blessures graves au chauffeur et à plusieurs des 29 passagers. Un des témoins du drame, Alain Bélanger, raconte: « Nous dormions tous, comme nous avons l'habitude de le faire en voyageant. Soudain nous nous sommes réveillés en sursaut. Nous plongions vers le plafond de l'autobus qui tournait sans dessus dessous. C'était terrible. » Cet accident, que l'on attribue aux difficiles conditions climatiques, force l'annulation de la partie prévue le soir même contre les Saguenéens de Chicoutimi. Les Castors reviendront au jeu le 1er décembre contre le National de Laval. Devant 5 743 de leurs partisans, ils remporteront une partie chargée d'émotions par le compte de 7-1. Un mois et demi plus tard, les Castors vont réaliser un véritable tour de force en défaisant les champions juniors mondiaux en titre, l'équipe de l'URSS, 7 à 0, devant un public survolté. Cette rencontre, qui a lieu le 7 janvier 1975, constitue vraisemblablement le plus haut fait d'armes de l'histoire de cette franchise qui disparaîtra dans les années 80 avant de renaître une dizaine d'années plus tard.
Source : La Tribune, 25 novembre 1974, p.1 et 15, 26 novembre 1974, p.1 et 18, 2 décembre 1974, p.13 et le 8 janvier 1975, p.1 et 25.
Le 12 novembre 1979 Manifestation de 1 000 fonctionnaires en grève de la région de Montréal
Les membres du Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec veulent protester contre le projet de loi spéciale que s'apprête à voter l'Assemblée nationale. Cette législation aurait pour effet de forcer les fonctionnaires à retourner au travail sans avoir obtenu satisfaction.
La cible des syndiqués est Jacques Parizeau, ministre des finances dans le gouvernement de René Lévesque et, aux yeux des manifestants, grand responsable du projet de loi spéciale sur le retour au travail. Les fonctionnaires s'entendront finalement avec le gouvernement après un débat acrimonieux.
Le 19 novembre 1979 Déclenchement d'une grève générale illégale dans le réseau de la santé
La Fédération des Affaires sociales (FAS), qui compte 43 000 syndiqués, déclenche une grève générale illégale qui touche 160 établissements de santé du réseau public. La FAS est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Pour faire connaître la position de son gouvernement, le premier ministre du Québec, René Lévesque, s'adresse directement à la population par l'entremise de la télévision. Il qualifie cette grève d'odieuse et d'irresponsable. Le 21 novembre, le ministre des Finances, Jacques Parizeau, en viendra à une entente de principe avec les représentants syndicaux. Cette négociation avec les employés de l'État était la première du Parti québécois depuis son arrivée au pouvoir, en novembre 1976. Malgré la présence d'un Front commun moins uni qu'en 1972 et 1976, les difficultés éprouvées avec la FAS ont tout de même mis à rude épreuve le « préjugé favorable » que le gouvernement prétend avoir à l'endroit des travailleurs.
Le 10 novembre 1982 Manifestation contre le gel des salaires
Près de 10 000 membres de la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ) manifestent devant le Parlement, à Québec.
Les enseignants veulent ainsi démontrer leur opposition au gel des salaires que leur a imposé le gouvernement du Parti québécois dirigé par René Lévesque.
Le 10 novembre 1982 Déclenchement de plusieurs débrayages au Québec
La Fédération des Affaires sociales (FAS) ainsi que les employés du réseau scolaire débraient pour protester contre l'imposition par décret gouvernemental des conditions de travail des employés du secteur public et parapublic.
Par ce geste, la FAS défie l'injonction imposée par le juge Jules Beauregard qui interdit toute grève ou débrayage au cours des dix prochains jours dans les établissements où la FAS a des syndicats affiliés. Cette injonction touche 462 syndicats regroupant 85 000 membres. Le premier ministre du Québec, René Lévesque, reconnaît son désarroi: « on admettra (...) que c'est un peu compliqué et un peu difficile d'empêcher l'événement avant qu'il ne se produise, surtout quand il s'agit d'une grève de 24 heures. »
Le 29 novembre 1982 Présentation des offres finales du gouvernement du Québec à ses employés
Le ministre des Affaires sociales, Pierre Marc Johnson, et le président du Conseil du Trésor, Yves Bérubé, rendent publiques les dernières offres du gouvernement du Québec à ses employés. Dans l'ensemble, elles confirment le maintien des principales mesures déjà présentées dans la Loi 170.
Les ministres précisent que dans ces dernières offres, un effort particulier a été fait pour exempter des coupes salariales les employés qui ont les plus basses rémunérations. Cette concession n'apaise toutefois pas le Front commun intersyndical qui déplore l'attitude du gouvernement et sa décision de récupérer dans les mois à venir les avantages consentis par la convention collective précédente.
Le 22 novembre 1984 Démissions en bloc au Parti Québécois
En désaccord avec la mise en veilleuse de l'option souverainiste par le Parti québécois (PQ), les ministres Jacques Parizeau, Jacques Léonard, Camille Laurin, Gilbert Paquette et Denise Leblanc-Bantey remettent leur démission.
Quelques jours plus tard, Louise Harel et Denis Lazure démissionneront à leur tour, laissant le PQ dans une position difficile. En chute dans les sondages, cette formation aura à composer quelques mois plus tard avec le départ de son chef, René Lévesque. Rendu inquiet par la tournure des événements, Lévesque reconnaît que : « l'état de la situation c'est qu'il y a un grave problème à l'intérieur de nos rangs et que le problème va se résorber d'une façon ou d'une autre, mais de quelle façon précise, je ne serais pas en mesure de vous le dire. »
Le 4 novembre 1986 Annonce de la disparition du cinéaste Claude Jutra
Des proches annoncent la disparition du cinéaste Claude Jutra. L'inquiétude est grande puisque celui-ci est atteint de la maladie d'Alzheimer.
Le corps de Claude Jutra sera retrouvé sur le bord du fleuve Saint-Laurent, près de Cap-Santé, le 19 avril 1987. À la fin du XXe siècle, l'industrie cinématographique québécoise rendra un hommage particulier à Jutra en nommant en son honneur les trophées récompensant les artistes les plus méritants de l'année.
Source : La Presse, 22 avril 1987, p.1 et A2, 24 avril 1987, p.A4.
Le 11 novembre 1986 Déclenchement de grèves illégales dans le secteur public
Une série de grèves illégales débute au Québec dans les secteurs de la santé, des services sociaux, de l'enseignement collégial et de l'aide juridique. Pour y mettre fin, le gouvernement libéral de Robert Bourassa fait adopter une loi d'exception (Loi 160) prévoyant de lourdes sanctions contre les syndiqués de l'État si les services essentiels ne sont pas maintenus dans le réseau de la santé et des services publics.
Selon un sondage, 80 % des Québécois s'opposent aux grèves dans le secteur public. En même temps, des négociations intensives se poursuivent à la plupart des cent tables de négociations. Le 18 décembre suivant, le gouvernement du Québec s'entendra avec ses travailleurs affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ils recevront une hausse salariale de 12,6 % répartie sur trois ans. Le 23 décembre, les infirmières et infirmiers régleront de leur côté pour des hausses de 3,5 % en 1986, 5,6 % en 1987, et 6,1 % en 1988.
Le 11 novembre 1987 Mort d'Anthony Griffin sous les balles d'un policier de Montréal
Un jeune homme de race noire, Anthony Griffin, 19 ans est abattu par un policier de Montréal. La communauté noire affirme que ce grave incident est une manifestation de racisme. Le 24 novembre, le Conseil des ministres annoncera sa décision de confier à la Commission des droits de la personne du Québec le mandat d'enquêter sur les relations entre la police et les communautés culturelles, particulièrement les minorités visibles.
Bien avant qu'il ne fasse feu sur Anthony Griffin, le policier montréalais Allan Gosset avait déjà été accusé en 1981 de tenir des propos racistes. La communauté noire demande une enquête publique par le ministre de la Justice. Le 2 décembre 1987, le Comité consultatif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) sur les relations interculturelles et interraciales annoncera la tenue d'audiences publiques sur la qualité et l'accessibilité des services de la CUM et de la Société de transport de la CUM (STCUM). À Montréal, on compte 180 000 personnes appartenant à des minorités visibles. Or, des 15 000 employés de la CUM, seulement 100 proviennent de ces minorités.
Le 17 novembre 1987 Déclenchement d'une grève par 1 400 médecins résidents et internes
Leur convention étant échue depuis un an et demi, 1 400 médecins résidents et internes déclenchent un arrêt de travail pour protester contre la charge de travail que l'on exige d'eux.
Les grévistes reprendront l'ouvrage dès le 18 novembre pour se soumettre à l'ordonnance du Conseil des services essentiels émise la journée du déclenchement de l'arrêt de travail.
Source : La Presse, 17 novembre 1987, p.A2, et 18 novembre 1987, p.1, A2-A3.
Le 25 novembre 1988 Tremblement de terre au Québec
Le Québec est secoué par un tremblement de terre qui atteint 6,25 sur l'échelle de Richter. Il s'agirait du plus important séisme à survenir dans la province depuis 1935.
La région du Saguenay est fortement touchée par le séisme, l'épicentre de la secousse se trouvant dans le parc des Laurentides, à 35 kilomètres de Chicoutimi. Deux jours auparavant, le 23, cette région avait été éprouvée par un premier choc. Selon les endroits, le tremblement du 25 novembre, qui a été ressenti en Ontario et aux États-Unis, aurait duré de 15 secondes à près de deux minutes. Les pertes de courant qui ont affecté plus de 350 000 usagers ont contribué à créer un climat de panique dans plusieurs maisons et commerces. Une cliente d'un centre commercial de Sainte-Foy décrit ainsi la scène à laquelle elle a assistée : « Des vitrines éclataient, des étalages s'écroulaient, pendant que des tuiles des plafonds nous tombaient sur la tête. » Dans la journée qui suivra, le séisme sera suivi par une succession de petits chocs de moindre envergure.
Source : Le Devoir, 26 novembre 1988, p.1 et 12. La Presse, 26 novembre 1988, p.1 et A2, 27 novembre 1988, p.1, A2, B5.
Le 19 novembre 1989 Demande de retrait du décret dans les négociations de la fonction publique et parapublique
Les centrales syndicales font connaître leurs positions sur la Loi 160 qu'a fait adopter le gouvernement libéral dirigé par Robert Bourassa.
Les dirigeants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ) et de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) font savoir que les travailleurs du secteur public seraient peut-être prêts à accepter les sanctions de la Loi 160 en échange du retrait du décret infligeant des pertes d'ancienneté pour les jours de grève illégale, principal irritant des négociations. Les meneurs du mouvement se disent prêts à livrer une guerre d'usure au gouvernement sur le règlement de ce cette question.
Source : La Presse, 17 novembre 1989, p.A4, 20 novembre 1989, p.A1.
Le 3 novembre 1992 Publication de documents sur la contamination de personnes hémophiles
La Société canadienne de l'hémophilie rend public deux documents selon lesquels des centaines d'hémophiles ont été contaminés au Canada entre 1984 et 1987 en utilisant des produits sanguins infectés par le virus du sida.
La Société canadienne de la Croix-Rouge reconnaît que des facteurs de coagulation non-traités par la chaleur ont été laissés en circulation pendant plusieurs mois en 1984 et 1985. Elle admet aussi que ceux-ci pouvaient être dangereux. Au Québec, 220 hémophiles sur 500 ont contacté le VIH en recevant des dérivés du sang contaminé.
Source : La Presse, 4 novembre 1992, p.A1, A3 et A5, 6 novembre 1992, p.A1.
Le 20 novembre 1996 Manifestation étudiante à Montréal
Entre 5 000 et 10 000 étudiants envahissent les rues de Montréal pour forcer le retrait des compressions budgétaires de 700 millions de dollars prévues dans le secteur de l'éducation.
L'organisateur de la manifestation est la Coalition étudiante du Montréal métropolitain. La marche débute à l'Université Concordia. Elle passe ensuite par l'Université McGill et l'Université du Québec à Montréal.
Le 25 novembre 1997 Accrochage entre nationalistes et partisans de la partition du Québec
Un différend oppose des nationalistes québécois, favorables à la souveraineté, et des partisans de la partition qui veulent faire adopter une résolution en faveur de la partition de Verdun si le Québec devient indépendant.
Le Conseil municipal de Verdun et son maire Georges Bossé refusent d'endosser une telle résolution. Mené par le président du Parti égalité, Keith Henderson, les « partitionnistes » trouveront sur leur chemin des membres du Mouvement de libération nationale du Québec, un regroupement dirigé par l'ex-felquiste Raymond Villeneuve. Des injures fuseront et quelques coups seront échangés.
Le 12 novembre 1999 Manifestation d'un groupe d'anglophones du Québec à Ottawa
Neuf cent Québécois anglophones manifestent sur la colline parlementaire à Ottawa. Ils dénoncent les effets de la Loi 101 sur la communauté anglophone du Québec et demandent au gouvernement libéral de Jean Chrétien un engagement officiel pour la protection de leurs droits linguistiques.
Une pétition de 15 000 signatures est remise à un député du Parti réformiste à cette occasion. Elle demande aux parlementaires de n'adopter que les lois « qui affirment l'égalité de chaque individu ». Parmi les manifestants, on retrouve le leader du Parti égalité, Keith Henderson, ainsi que l'activiste Howard Galganov.
Le 27 novembre 2001 Rejet par les syndicats des enseignants de la proposition du gouvernement
Les 44 syndicats de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) rejettent en bloc la proposition du gouvernement du Parti québécois (PQ)leur reconnaissant 92 % du travail effectué.
Après quelques semaines de manifestations et de pressions, les syndicats des enseignants refusent finalement l'offre du gouvernement d'accorder 60 millions de dollars aux 82 000 enseignants. Les professeurs demandent une entente basée sur l'équité salariale et veulent être rémunérés pour les 40 heures qu'ils font, plutôt que 35, comme c'est le cas actuellement. L'Alliance des professeurs de Montréal suspend donc tout service durant deux après-midi et 1 000 grévistes manifestent dans les rues de Montréal durant une demi-journée. Le syndicat devra d'ailleurs comparaître devant les tribunaux pour avoir outrepassé l'ordonnance du Conseil des services essentiels qui rend illégaux les moyens de pression utilisés par les enseignants.
Le 2 novembre 2003 Tenue d'élections dans plusieurs municipalités du Québec
Les citoyens de 465 municipalités québécoises vont aux urnes. Le mandat des nouveaux élus sera de deux ans puisque la Loi 29 prévoit que des élections à dates fixes se tiendront dans toutes les villes de la province à partir de l'automne 2005.
Les grandes villes -Montréal, Québec, Laval, Longueuil, etc.- ne sont pas touchées par cette consultation. Parmi les nouveaux maires élus, on retrouve les noms de Dominic Asselin (Val-David), Gérard Scullion (Alma) et Réjean Gaudreault (La Tuque). D'autres maires, déjà en fonction, reçoivent un nouveau mandat de l'électorat. Il s'agit, entre autres, de Hubert Meilleur (Mirabel), Richard Marcotte (Mascouche), Sergio Pavane (Châteaugay), Louise Moisan-Coulombe (Asbestos) et Guy Dupré (La Prairie).
Le 23 novembre 2003 Dénouement de la grève des employés d'entretien de la Société de transport de Montréal
Après quelques jours de grève, les employés d'entretien de la Société de transport de Montréal (STC) acceptent à 90 % l'entente de principe visant au renouvellement de leur convention collective qui est échue depuis plusieurs mois.
Le conflit a entraîné une paralysie presque complète du transport en commun à Montréal, ce qui a suscité beaucoup de mécontentement dans la population. Satisfaits des concessions patronales sur la caisse de retraite et les salaires -une hausse de 8,7% sur quatre ans- , les employés d'entretien entrent finalement au travail le dimanche 23 novembre dans l'après-midi. On estime qu'en 2007, ceux-ci toucheront en moyenne entre 47 000 $ et 50 000 $ par année.
Source : La Presse, 23 novembre 2003, p.A1-A3; 24 novembre 2003, p.A1-A2. Le Devoir, 17 novembre 2003, p.1.
Le 10 novembre 2004 Tenue de manifestations étudiantes à Montréal et à Québec
Des milliers d'étudiants descendent dans les rues de Montréal et de Québec afin de protester contre la décision du ministre de l'Éducation, Pierre Reid, de couper une centaine de millions de dollars dans le régime des prêts et bourses.
Les modifications en vigueur depuis septembre 2004 ont pour effet de réduire le montant des bourses et d’augmenter celui des prêts versés, ce qui élève le niveau d’endettement des étudiants. Cette situation inquiète les associations étudiantes et leurs milliers de membres qui défilent devant le bureau du premier ministre Jean Charest, à Montréal, et devant le Parlement, à Québec. Selon l’un d’entre eux: « Ce n’est pas parce qu’ils (les étudiants) auront un job après leurs études qu’ils ne sont pas inquiets de voir leur endettement augmenter. Tout le monde est sensible à ça. » Appelé à commenter sa décision, le ministre Reid fait valoir que les droits de scolarité dans les universités du Québec, tout comme le niveau d’endettement des étudiants, demeurent les plus bas au pays.
Source : Le Devoir, 11 novembre 2004, p.1 et A8. La Presse, 11 novembre 2004, p.1-3.
Le 22 novembre 2006 Opération policière majeure contre la mafia italienne
Plusieurs corps policiers du Québec coordonnent leurs efforts dans le cadre d'une vaste opération baptisée Projet Colisée. Des dizaines d'arrestations sont effectuées dans le but de déstabiliser la mafia italienne qui exerce un contrôle sur une foule d'activités illégales lucratives.
Parmi les personnes arrêtées, la presse fait grand état de Nicolo « Nick » Rizzuto, un octogénaire considéré comme la figure de proue de la mafia italienne au Québec. Il est le père de Vito Rizzuto, un ancien caïd lui-même arrêté en janvier 2004. En plus de Rizzuto, les 700 policiers mobilisés dans cette étape du Projet Colisée, sur les rails depuis plusieurs mois, procèdent à l'arrestation de 73 des 90 personnes qui ont fait l'objet d'un mandat. Du nombre, on compte des employés de l'aéroport Trudeau de Montréal qui auraient participé au passage de la drogue à cet endroit. La mafia italienne joue également un rôle de premier plan dans d'autres activités illicites comme les paris illégaux, la prostitution et le prêt usuraire. Selon les journalistes, le Projet Colisée serait la plus grande rafle antimafia jamais organisée au Québec.
Un des personnages les plus en vue du monde interlope, Nicolo Rizzuto, est abattu par un tireur dans sa résidence du quartier Saraguay, à Montréal. L'homme de 86 ans avait été libéré en 2008, deux ans après son arrestation dans le cadre de l'opération policière Colisée.
Natif de Sicile, Nicolo Rizzuto est arrivé au Canada dans les années 1950. Au cœur des luttes entre Calabrais et Siciliens pour le contrôle de la mafia montréalaise, il quitte le pays pendant quelques années avant d'y revenir. La famille Rizzuto joue un rôle central dans le crime organisé au Québec pendant de nombreuses années. Son influence est toutefois à la baisse au moment où Nicolo est assassiné. Son petit-fils Nick a été abattu en 2008, son fils Vito est en prison et plusieurs membres du clan ont été éliminés au cours des dernières années. Le rôle que jouait le patriarche, au moment de sa mort, est même incertain. Les experts s'interrogent d'ailleurs sur l'identité de ceux qui ont commandité cet assassinat et sur la direction que pourrait prendre le crime organisé au cours des prochains mois à la lumière des rivalités connues et de l'évolution du phénomène des gangs de rues.
Source : Le Devoir, 11 novembre 2010, p. 1 et al.; La Presse, 11 novembre 2010, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2010/11/10/006-nicolo-rizzuto-assassine.shtml
Le 10 novembre 2011 Manifestation étudiante à Montréal
Entre 20 000 et 30 000 étudiants envahissent les rues de Montréal pour manifester contre la hausse des frais de scolarité de 1625 $ sur cinq ans annoncée par le gouvernement. Le débat sur le sous-financement chronique des universités et l'accès aux études supérieures est loin d'être terminé.
Au total, plus de 200 000 étudiants avaient voté une journée de grève ou de levée de cours le 10 novembre. Selon les organisateurs, cette manifestation se veut un ultime avertissement au gouvernement de Jean Charest, avant que les cégépiens et universitaires ne passent en mode « grève générale et illimitée » à la session d'hiver 2012. Des groupes sociaux et syndicaux ainsi qu'une dizaine de députés de l'Assemblée nationale se sont également joints à la marche des étudiants. Celle-ci a débuté au parc Émilie-Gaurin pour se terminer au bureau montréalais de Jean Charest, coin Sherbrooke et McGill College. Toute la manifestation s'est déroulée dans le calme, sauf pour quelques actes de vandalisme perpétrés sur l'édifice du bureau du premier ministre. Des piquets de grève érigés dans les établissements scolaires du Québec avaient lieu en même temps que la marche. En 2005, ce sont 80 000 étudiants qui avaient manifesté dans les rues de Montréal pour protester contre une autre décision du gouvernement de Jean Charest, celle de couper 103 millions au programme de prêts et bourses. Dès février 2005, les étudiants avaient utilisé la grève générale et illimitée comme principal moyen de pression, jusqu'à ce que le gouvernement se rétracte en avril de la même année. Cette fois, la ministre de l'Éducation Line Beauchamp promet qu'elle ne reculera pas.
Source : La Presse, 11 novembre 2011, p.A7; Le Devoir, 11 novembre 2011, p.A1; http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2011/11/10/001-manifestation_etudiante-contre_hausses-frais_scolarite.shtml
Le 16 novembre 2020 Fin d’un lock-out à l’entrepôt Jean Coutu de Varennes
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Un des plus longs conflits de travail au Québec en 2020, le lock-out à l’entrepôt Jean Coutu de Varennes, en Montérégie, prend fin en novembre avec l’acceptation d’une nouvelle convention collective. L’arrêt de travail, qui avait été annoncé par l’employeur le 24 septembre, perdurait depuis 7 semaines.
Ouvert en 2015, l’entrepôt Jean Coutu de Varennes procure de l’emploi à environ 700 personnes. Il dessert un vaste réseau de quelque 400 pharmacies situées au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Ontario. La convention collective, qui est arrivée à terme le 31 décembre 2019, est suivie par une impasse dans les négociations avec les syndiqués, affiliés à la fédération du commerce de la Confédération des syndicats nationaux. Les différends portent sur plusieurs enjeux : salaires, ancienneté, sous-traitance, horaires, etc. Le 14 juin, les travailleurs accordent presque unanimement un mandat de grève à leur syndicat. En septembre, ils optent pour une grève de 24 heures. Métro, propriétaire de Jean Coutu, réagit en annonçant un lock-out. Tout en affirmant respecter la loi anti briseurs de grève, l’entreprise aura recours à du personnel cadre afin de poursuivre une partie de ses activités. Par ailleurs, elle refuse de négocier sans la présence d’un conciliateur, considérant l’écart entre son offre et les demandes trop prononcé. Mandaté par le ministère du Travail, celui-ci formule une recommandation de convention collective qui est acceptée à 78 % le 12 novembre. Elle est d’une durée de 5 ans. On prévoit que quelques jours s’écouleront avant que l’entrepôt ne fonctionne pleinement. Les deux parties expriment leur satisfaction pour le règlement. Le syndicat avance notamment avoir obtenu des hausses salariales de 11 % à 12,6 % pour la majorité de ses membres sur l’ensemble de la période couverte. Il dit également avoir fait des gains en matière de sous-traitance, d’horaires, etc.
Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1749245/fin-lock-out-centre-distribution-jean-coutu-varennes; https://www.lesaffaires.com/mon-entreprise/management-et-rh/lock-out-au-centre-de-distribution-de-jean-coutu-a-varennes-2/; Le Journal de Montréal, 14 juin 2020; 14 novembre 2020, p. 65; La Presse, 14 juin 2020.
Le 29 novembre 2018 Tempête isolant temporairement les Îles-de-la-Madeleine
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Une violente tempête, avec des vents de forte intensité, secoue le golfe du Saint-Laurent le 29 novembre 2018, provoquant des dommages aux Îles-de-la-Madeleine. Parmi les principales conséquences, deux câbles de fibre optique sont rendus inopérants, isolant pendant quelques heures les Madelinots.
Des vents exceptionnels, qui auraient soufflé à environ 130 km/h, entraînent une montée des eaux aux Îles-de-la-Madeleine. L’érosion des côtes, un phénomène que l’on observe depuis plusieurs années, est telle que la route 199, traversant le territoire d’un bout à l’autre, est menacée à différents endroits. Des fils électriques et des poteaux sont également affectés, privant de courant quelques milliers des 13 000 habitants. La conséquence la plus inquiétante à court terme est toutefois celle subie par les deux câbles de fibre optique d’environ 225 km qui relient qui lient les îles à la Gaspésie. Pendant quelques heures, le réseau est rendu inopérant, empêchant toute communication avec l’extérieur, que ce soit par l’internet ou le téléphone. Il y a eu des ruptures de câble dans le passé, mais jamais les deux n’ont cessé de fonctionner en même temps. Cet état d’isolement est accentué par le fait que les transports, tant aérien que maritime, sont interrompus. Un câble est sectionné, tandis que l’autre est de nouveau fonctionnel après quelques heures. Des renforts logistiques sont également acheminés par un avion militaire. La nouvelle ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, se rend sur place pour constater les dégâts. Selon le maire Jonathan Lapierre, cet événement ne fait que mettre en évidence la vulnérabilité des Îles-de-la-Madeleine face à de tels phénomènes climatiques. La pose d’un troisième câble figure parmi les hypothèses évoquées, bien que les coûts liés à cette solution seraient élevés.
Source : https://atlasclimatique.ca/la-limite; https://www.ilesdelamadeleine.com/2018/12/03/photos-lerosion-des-berges-saggrave-aux-iles-de-la-madeleine/; https://www.journaldequebec.com/2018/11/29/les-iles-de-la-madeleine-coupees-du-monde; https://www.tvanouvelles.ca/2018/12/01/telecommunications-les-iles-de-la-madeleine-sont-extremement-vulnerables; https://www.lequotidien.com/2018/12/02/une-tempete-aux-iles-de-la-madeleine-devastatrice-pour-les-berges-3fddcd7a9c00f8600d143820bc816fd5/; La Presse+, 1er décembre 2018, p. 2.
«...Balayées par le vent, éloignées et d’une beauté à couper le souffle. Ce sont les Îles-de-la-Madeleine au Québec. Archipel étroit, entouré de toutes parts par les eaux imprévisibles du golfe du Saint-Laurent, les îles abritent un peu moins de 13 000 personnes qui vivent principalement de la pêche et du tourisme. Comme de nombreuses petites îles à travers le monde, les conséquences des changements climatiques modifient considérablement la vie ici. Les insulaires se réunissent pour lutter contre cette réalité et trouver des solutions locales, et posent de difficiles questions sur l’avenir [...] En novembre 2018, les Îles-de-la-Madeleine ont connu une violente tempête hivernale. Plus de 1 500 habitants se sont retrouvés sans électricité, les communications ont été complètement coupées et les habitants ont été obligés de faire bouillir l’eau. Il y a quelques décennies, une tempête comme celle-ci aurait été rare. Mais en raison des changements climatiques, les tempêtes hivernales sont à la fois plus intenses et plus courantes de nos jours. »
S.A., « À la limite », Atlas climatique du Canada, [s.d.]
«...« C’est clair qu’il faut changer les câbles et même en poser un troisième, sur un autre tracé », estime le maire Jonathan Lapierre. Les Îles comptent également se munir d’un système de télécommunication alternatif – notamment des téléphones satellites – pour affronter les situations d’urgence. Du matériel a d’ailleurs été livré hier par les Forces armées (voir capsule). Dès les prochains jours, M. Lapierre compte commencer à talonner les autorités provinciales et fédérales pour que se concrétise l’aide financière destinée à restaurer et bonifier la connexion entre les Îles et le continent. Et dans un contexte où Hydro-Québec jongle toujours avec l’idée d’alimenter l’archipel à l’hydroélectricité par l’entremise d’un câble sous l’eau – plutôt qu’avec la centrale thermique en place aux Îles –, le maire invite à la plus grande prudence. « Il faut que tout le monde réalise que les Îles-de-la-Madeleine sont vulnérables : ce n’est pas normal qu’une population de 13 000 personnes soit laissée à elle-même au milieu du golfe. » »
Simon-Olivier Lorange, « Une population « laissée à elle-même », La Presse+, 1er décembre 2018, p. 2.
Le 8 novembre 2018 Coupure de 5 000 postes chez Bombardier
Un texte original du Bilan Québec rédigé par William Thériault, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 8 novembre 2018, Bombardier annonce la coupure de 5 000 emplois à travers le monde, incluant 2 500 au Québec et 500 en Ontario. L’entreprise multinationale vise supprimer les postes dans un délai de 12 à 18 mois, afin d’économiser 250 millions de dollars américains. Par conséquent, l’action de Bombardier perd le quart de sa valeur à la Bourse de Toronto, une baisse plus que substantielle.
Bombardier a connu des difficultés financières au cours de la décennie 2010. Durant cette période, l’entreprise a annoncé plusieurs coupures de postes en quelques années. Le 8 novembre 2018, le Québec subit sa plus grosse coupe d’emplois chez Bombardier en plus de 20 ans. Cette « énième ronde de mises à pied », telle que qualifiée dans certains médias, touche des ingénieurs, des machinistes, des employés de bureau et des cadres. Dans la province, les installations aéronautiques de Dorval, Saint-Laurent et Mirabel sont affectées. Le même jour, comme élément clé de sa restructuration, Bombardier annonce la vente de son programme d’avions Q Series à la Canadienne Longview Aircraft pour 300 millions de dollars. De plus, les activités de formation des pilotes et des techniciens de l’entreprise sont vendues à CAE, une autre multinationale montréalaise, pour 645 millions de dollars. À ce moment, la clôture de la transaction avec CAE est prévue pour le second trimestre de 2019. Ces annonces, visant à « recentrer et rationaliser » Bombardier, aident le portefeuille de la compagnie à prendre une pleine valeur, selon Alain Bellemare, président et chef de la direction. « Tout le monde est inquiet présentement », répond Dave Chartrand, coordonnateur québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale, déplorant la « façon cavalière » de faire les choses chez l’avionneur. « Ça fatigue les gens, ça affecte leur moral au travail », ajoute-t-il. Les investisseurs, eux, accueillent mal la restructuration. L’action B de Bombardier recule de 24 % en une journée à la Bourse de Toronto, terminant sa chute à 2,41 $, sa marque la plus importante en quatre ans. En 2019 et 2020, Bombardier poursuivra la vente de plusieurs programmes, comme la série CRJ, sa filiale de pièces détachées d’avion, le programme A220 et ses activités ferroviaires.
Source : Le Journal de Montréal, 8 novembre 2018, url https://www.journaldemontreal.com/2018/11/08/bombardier-supprimera-5000-emplois-dici-12-a-18-mois, TVA Nouvelles, 8 novembre 2018, url https://www.tvanouvelles.ca/2018/11/08/le-titre-de-bombardier-perd-le-quart-de-sa-valeur, Radio-Canada, 8 novembre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-18h/2016-2017/segments/reportage/94174/bombardier-postes-abolition-quebec-ontario, Le Droit, 8 novembre 2018, url https://www.ledroit.com/2018/11/08/bombardier-abolira-5000-emplois-dici-2020-845c41cc4f118096e35457ecc2af4d8b/, Reuters, 31 octobre 2019, url https://www.reuters.com/article/us-bombardier-m-a/bombardier-to-sell-aerostructures-business-to-spirit-aerosystems-idUSKBN1XA0GD/ Le Monde, 31 juillet 2020, url https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/07/31/bruxelles-approuve-sous-conditions-le-rachat-de-bombardier-transport-par-alstom_6047834_3234.html.
«...Pour sauver 250 millions $ en coupant 2500 emplois au Québec et 2500 autres à travers le monde, la valeur de la compagnie en bourse a perdu 1,9 milliard$ », calcule le chroniqueur économique Michel Girard en entrevue à TVA Nouvelles. Le nombre de transactions a été beaucoup plus élevé qu’à l’habitude, atteignant presque 54 millions contre une moyenne quotidienne de 12 millions. « Les gros investisseurs qui ont liquidé aujourd’hui ont-ils des informations que nous n’avons pas? », se demande Michel Girard. Au cours de la dernière année, le prix de l’action de catégorie B de Bombardier a varié entre 2,34$ et 5,58$ sur le marché canadien. Il est en baisse constante depuis le milieu de l’été. L’entreprise a annoncé jeudi qu’elle abolira 5000 emplois, dont 2500 au Québec et 500 en Ontario au cours des 18 prochains mois. »
TVA Nouvelles, « L’action de Bombardier perd le quart de sa valeur », 8 novembre 2018.
«...Décidément, Bombardier n’en finit plus de nous surprendre tout autant que de nous décourager. Comme bien des Québécois, j’ai eu la nette impression hier matin d’avoir été dupé par la multinationale, en apprenant qu’elle allait procéder à une nouvelle ronde de mises à pied, éliminant rien de moins que 2500 postes à Montréal. En fait, en bon québécois, c’est l’impression de s’être fait fourrer que de nombreux contribuables ont pu avoir hier matin. Parce qu’il y a trois ans, Bombardier a été littéralement sauvée de la faillite lorsque les Québécois ont collectivement participé au renflouement financier de l’entreprise [...] On comprend bien que Bombardier doit s’ajuster à sa nouvelle réalité. Le développement de la C Series n’est plus de son ressort, celui du Global 7500 est pratiquement complété, l’entreprise cherche donc à optimiser ses effectifs. Beaucoup ont toutefois l’impression que Bombardier y va fort de café en procédant à des mises à pied aussi massives, alors que le secteur de l’aéronautique opère à plein régime. On comprend surtout que Bombardier sort la scie à chaîne essentiellement pour épater les investisseurs et les convaincre que les réductions de coûts réalisés se traduiront par des profits plus élevés. »
Jean-Philippe Décarie, « L’impression d’avoir été dupés », La Presse+, 9 novembre 2018, Affaires pages 1 et 5.
«...Le couperet tombe alors que Bombardier déçoit les analystes avec des sorties d’argent plus élevées que prévu d’au moins 150 M$ au troisième trimestre. Le marché doute désormais du succès du redressement entrepris par le PDG Alain Bellemare en 2015. L’action de Bombardier a dégringolé de 25 %, sa plus importante chute journalière en près de quatre ans. Les 5000 licenciements coûteront 330 M$ à l’entreprise, mais lui procureront des économies annuelles équivalentes. Comme si ce n’était pas assez, Bombardier a indiqué jeudi évaluer ses « options stratégiques » concernant ses jets régionaux CRJ, construits à Mirabel. « Est-ce qu’ils vont vendre les CRJ ? Ils nous disent qu’il n’y a rien d’impossible, relate M. Chartrand. C’est comme s’ils mettaient ça sur Kijiji. C’est inquiétant. » Avec la cession des avions C Series/A220 à Airbus et Q400 à Viking Air, Bombardier pourrait donc quitter l’aviation commerciale pour se replier sur l’aviation d’affaires et le rail. »
Sylvain Larocque, « Journée noire pour Bombardier », Le Journal de Montréal, 8 novembre 2018.
Le 30 novembre 1907 Conquête du championnat canadien de football par une équipe de Montréal
Joueurs de football au début du siècle (1907)Une équipe de Montréal remporte le championnat canadien de football en défaisant facilement une équipe de Peterborough, 71 à 10.
Le temps froid explique en partie le fait que seulement un millier de personnes assistent à cette rencontre de championnat. Il s’agit de la première conquête d’un titre canadien au football par une formation montréalaise.
Le 12 novembre 1910 Admission du Club athlétique Canadien de Montréal dans la National Hockey Association
Club de hockey CobaltL’organisateur sportif montréalais George Kennedy obtient la franchise de Cobalt, dans la National Hockey Association (NHA), qui deviendra le Club athlétique Canadien de Montréal, une association dont Kennedy est le président.
Propriété de J. Ambrose O’Brien, une franchise connue sous le nom de Canadien de Montréal avait évolué dans la NHA en 1910. Kennedy avait cependant contesté le droit de l’équipe à porter ce nom, un imbroglio qui se règle en novembre 1910 alors que ce dernier se porte acquéreur de la franchise de Cobalt qui deviendra le Club athlétique Canadien de Montréal. Au cours de cette réunion qui se déroule à l’hôtel Windsor, Québec obtient la franchise de Haileybury. La NHA se donne aussi un premier président salarié en la personne d’Emmett Quinn. Enfin, Kennedy demande que son équipe puisse avoir la primauté sur les joueurs canadiens-français, un enjeu de taille puisqu’il voudrait bien mettre la main sur Édouard « Newsy » Lalonde, un des meilleurs hockeyeurs au pays.
Le 26 novembre 1917 Fondation de la Ligue nationale de hockey
Fondation de la LNHUn nouveau circuit de hockey professionnel, la Ligue nationale de hockey (LNH), succède à la National Hockey Association (NHA).
Lors de sa fondation, la LNH compte quatre équipes dont le Canadien et les Wanderers de Montréal, une formation d’Ottawa et une de Toronto. Une cinquième franchise, celle de Québec, interrompt temporairement ses activités. Ses joueurs pourront évoluer au sein d’autres équipes. C’est le cas notamment de Joe Malone et Joe Hall qui s’aligneront avec le Canadien de Montréal en 1918. Après des débuts difficiles marqués par le contexte de la guerre, la LNH, dont le premier président est Frank Calder, deviendra au cours des années 20 une des ligues sportives les plus importantes en Amérique du Nord.
Source : Le Devoir, 27 novembre 1917, p.6. Donald Guay, L’histoire du hockey au Québec : origine et développement d’un phénomène culturel, Chicoutimi, JCL, 1990, 293 pages. Robert A. Styer, The Encyclopedia of Hockey, Cranbury, A.S. Barnes & Co., 1970, 376 pages.
Le 4 novembre 1921 Acquisition du Canadien de Montréal par Léo Dandurand, Jos Cattarinich et Louis Létourneau
À la suite du décès du propriétaire du Canadien de Montréal, George (Kendall) Kennedy, trois sportifs de la métropole, Léo Dandurand, Jos Cattarinich et Louis Létourneau, font l’acquisition de l’équipe pour 11 000 $.
Au cours des jours qui précèdent cette transaction, la rumeur voulait que Tom Duggan du National Sports Club devienne le nouveau propriétaire du Canadien de Montréal. Mais la presse confirme le 2 novembre que Cecil Hart, qui joue le rôle d’intermédiaire auprès de la veuve de Kendall-Kennedy, a obtenu une entente favorable à Dandurand et Cattarinich (on ne parle pas encore de Louis Létourneau à ce moment). Deux jours plus tard, les documents sont signés. C’est le député libéral Athanase David qui deviendra président de l’équipe, mais c’est Dandurand qui sera le plus identifié au Canadien de Montréal dont il sera entraîneur et directeur gérant.
Source : La Presse, 3 novembre 1921, p.8, 5 novembre 1921, p.17, Le Devoir, 3 novembre 1921, p.6.
Le 26 novembre 1921 Acquisition du défenseur Sprague Cleghorn par le Canadien de Montréal
Une transaction impliquant plusieurs joueurs permet au Canadien de Montréal de faire l’acquisition du robuste défenseur Sprague Cleghorn.
Âgé de 31 ans, Cleghorn évoluera pendant quatre saisons à Montréal. Il fera honneur à sa réputation en pratiquant le style brutal qui a fait de lui un des joueurs les plus craints de la Ligue nationale de hockey (LNH). Pour obtenir ses services, le Tricolore a cédé Harry Mummery et Amos Arbour aux Tigers de Hamilton. À partir de 1925-26, Cleghorn portera les couleurs des Bruins de Boston, équipe avec laquelle il terminera sa carrière professionnelle en 1928.
Le 3 novembre 1922 Acquisition de l’ailier gauche Aurèle Joliat par le Canadien de Montréal
Le Canadien de Montréal annonce qu’il cède le vétéran Édouard « Newsy » Lalonde et une somme d’argent aux Sheiks de Saskatoon afin d’obtenir un jeune attaquant prometteur de 21 ans: Aurèle Joliat.
Il s’agit d’une importante transaction, Lalonde ayant évolué avec le Canadien en 1910 et 1911, puis de 1913 à 1922 sans interruption. Athlète qui brille également à la crosse l’été, il fut au cours des années 10 un des marqueurs les plus prolifiques du hockey professionnel. Maintenant âgé de 34 ans, Lalonde a cependant ralenti quelque peu. La direction du Tricolore décide donc de l’échanger à Saskatoon pour obtenir Aurèle Joliat, une transaction qui soulève l’ire des autres dirigeants de la Ligue nationale de hockey (LNH) réunis pour leur assemblée annuelle. Ce qui n’empêchera pas ces derniers d’approuver l’entente. Au cours de ses 16 saisons à Montréal, Joliat, un patineur qui pèse environ 135 livres, donnera entière satisfaction aux amateurs de la métropole. Auteur de 270 buts, il participera à trois conquêtes de la coupe Stanley (1924, 1930, 1931), une feuille de route qui lui ouvrira les portes du Temple de la renommée en 1947.
Source : Le Devoir, 4 novembre 1922, p.11, 6 novembre 1922, p.6, La Presse, 3 novembre 1922, p.20, 4 novembre 1922, p.16, 6 novembre 1922, p.14.
Le 29 novembre 1924 Présentation d’une première partie de hockey professionnel au Forum de Montréal
Première partie au Forum de MontréalLe Canadien de Montréal et les Saint-Patrick’s de Toronto jouent la première partie de hockey professionnel de l’histoire du Forum du Montréal. Ce nouvel amphithéâtre construit pendant l’été 1924 marquera la vie sportive et culturelle des Montréalais pendant plusieurs décennies.
À Montréal, l’été 1924 est marqué par l’érection du Forum, un amphithéâtre de plus de 10 000 sièges dont le coût est évalué à plus d’un million de dollars. Le hockey est à l’honneur puisque le nouveau bâtiment a été construit en vue de devenir le domicile d’une nouvelle équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui commencera ses activités en 1924: le Montreal. Le 29 novembre, a lieu le premier match de hockey jamais disputé au Forum. Exceptionnellement, il oppose le Canadien, qui joue habituellement ses parties à l’aréna Mont-Royal, aux Saint-Patrick’s de Toronto. Le 3 décembre, c’est au tour du Montreal, qu’on appellera les Maroons à partir de 1925, à faire leur ouverture locale. Le 27 décembre, plus de 12 000 fans assistent à la première confrontation entre les deux équipes montréalaises, un match de 1-1 qui laisse présager une belle rivalité.
Source : Le Devoir, 29 novembre 1924, p.13. Chris Goyens, Allan Turowetz et Jean-Luc Duguay, Le Forum de Montréal: la fierté pour toujours, 1924-1996, Outremont, Effix, 1996, 264 p.
Le 28 novembre 1925 Dernière participation de Georges Vézina à une partie du Canadien de Montréal
Le gardien de but Georges Vézina dispute sa dernière partie dans la Ligue nationale de hockey. Après une période de jeu, il est forcé par la maladie qui l’afflige à quitter la rencontre inaugurale de la saison 1925-26 qui oppose le Tricolore aux Pirates de Pittsburgh.
Depuis son arrivée avec le Canadien en 1910-11, Vézina avait été le seul gardien de but de l’équipe, disputant 190 rencontres et remportant deux coupes Stanley. Forcé de quitter la patinoire de l’aréna Mont-Royal après la première période de la partie opposant le Canadien aux Pirates de Pittsburgh, il est remplacé par Alphonse Lacroix, un jeune gardien qui connaîtra un bon match mais ne fera pas une longue carrière à Montréal. La maladie qui mine Vézina l’obligera à renoncer au hockey. Il décédera le 27 mars suivant à l’âge de 39 ans. Le qualifiant de plus célèbre gardien de but de l’histoire du hockey, la presse écrit également à cette occasion qu’il était « non seulement un incomparable joueur de hockey, mais c’était aussi un citoyen modèle, actif, intelligent, industrieux, et plein d’initiative ». Pour honorer la mémoire du célèbre « Concombre de Chicoutimi », la Ligue nationale de hockey (LNH) instaurera le trophée Georges-Vézina visant à récompenser le meilleur gardien de but du circuit. C’est George Hainsworth, le gardien de but du Canadien, qui sera le premier récipiendaire de ce trophée en 1927.
Source : La Presse, 30 novembre 1925, p.18, Le Devoir, 30 novembre 1925, p.7, Le Canada, 30 novembre 1925, p.3 et La Presse, 27 mars 1926, p.60.
Le 18 novembre 1926 Présentation de la première partie du Canadien de Montréal dans son nouveau domicile permanent, le Forum
Forum de Montréal en 1925Après avoir passé sept saisons à l’aréna Mont-Royal, le Canadien de Montréal emménage de façon permanente dans son nouveau domicile: le Forum de Montréal. Plus de 10 000 personnes assistent à cette première rencontre qui se solde par une victoire des Sénateurs d’Ottawa par la marque de 2-1.
Ce n’est pas la première fois que le Canadien dispute une rencontre au Forum. Il avait tenu sa partie inaugurale dans cet amphithéâtre en 1924 et y a affronté les Maroons, l’autre équipe montréalaise, à quelques reprises. Mais en novembre 1926, le Canadien quitte pour de bon l’aréna Mont-Royal et s’établit définitivement au Forum. Lors de cette soirée, le prix des billets varie entre 50 cents et 2,50 $. Le Canadien demeurera au Forum jusqu’en 1996, année où il s’installera dans un nouveau complexe sportif plus spacieux: le Centre Molson.
Le 11 novembre 1928 Conquête d’un titre universitaire en football par l’Université McGill
Université McGillPour la cinquième fois de son histoire, l’Université McGill remporte le titre universitaire canadien en football.
À cette occasion, les Redmen défont une formation de Toronto par le pointage de 13-7 devant 15 000 de leurs partisans entassés dans les estrades du stade Molson. McGill avait déjà remporté le titre canadien en 1906, 1912, 1913 et 1919. Il faudra attendre 1987 avant de voir une autre université québécoise, en l’occurrence McGill, rééditer cet exploit.
Le 11 novembre 1935 Démonstration du boxeur Joe Louis à l’aréna Mont-Royal
Les Montréalais ont pour la première fois l’occasion de voir à l’oeuvre Joe Louis. Le jeune phénomène de la boxe américaine se présente devant une assistance de 4000 personnes à l’arèna Mont-Royal.
Le « Bombardier Brun » livre alors une démonstration de quelques rondes, sans faire l’étalage de sa redoutable force de frappe. Après sa conquête du titre mondial, en 1937, Joe Louis reviendra à quelques reprises au Québec, jouant notamment le rôle d’arbitre lors de matchs de lutte.
Le 2 novembre 1937 Présentation d’une partie de hockey bénéfice entre joueurs professionnels au Forum de Montréal
Joueurs présents 2 novembre 1937Des joueurs étoiles du Canadien et des Maroons de Montréal sont réunis au sein d’une seule formation pour affronter une sélection de vedettes de la Ligue nationale de hockey (LNH) dans le cadre d’une rencontre bénéfice qui se déroule au Forum de Montréal.
Cette partie un peu spéciale a pour but d’amasser des fonds afin de venir en aide à la veuve et aux enfants du légendaire Howie Morenz, joueur étoile du Canadien de Montréal qui est décédé le 8 mars 1937 et dont le numéro 7 est officiellement retiré pour l’occasion. Une foule importante, à laquelle se mêlent le lieutenant-gouverneur du Québec, Ézioff-Léon Patenaude, et le maire de Montréal, Adhémar Raynault, assiste à la rencontre qui réunit plusieurs patineurs de renom: Babe Siebert, Johnny Gagnon, Aurèle Joliat, Dit Clapper, Eddie Shore, Charlie Conacher, etc. Dénuée de rudesse, la joute est remportée par les étoiles de la LNH par le pointage de 6 à 5. D’un point de vue financier elle s’avère un succès puisque plus de 10 000 $, une somme colossale à l’époque, auraient été versés à la famille Morenz.
Le 11 novembre 1941 Présentation d’un combat de boxe entre Dave Castilloux et Lenny Mancini
Deux des meilleurs boxeurs poids légers au monde, le champion canadien Dave Castilloux et l’Américain Lenny Mancini, s’affrontent dans l’enceinte du Forum de Montréal. Mancini l’emportera par décision partagée au terme des dix reprises.
Seulement 4 000 personnes se déplacent pour assister à cette confrontation entre deux des plus sérieux aspirants aux titres mondiaux que possèdent Sammy Angott (NBA) et Lew Jenkins. Reconnu comme un meilleur boxeur que Mancini, Castilloux est décontenancé par le style agressif de son rival qui le presse constamment et lance une pluie de coups dans sa direction. Spécialiste de l’esquive, le champion canadien se cantonne sur la défensive contre Mancini qu’il décrit en des termes peu élogieux: « Ce n’est pas un boxeur, c’est une machine à frapper et à frapper aveuglément. » Vainqueur par décision partagée, l’Américain ne verra toutefois pas son rêve d’un combat pour le titre mondial se matérialiser. À la suite de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, le 7 décembre, il entre en effet dans l’armée. Il n’en ressortira qu’une fois le conflit terminé, ce qui le privera d’une chance au titre tant convoité. Il faudra attendre près de 40 ans pour qu’un Mancini, Ray, le fils de Lenny, ne soit finalement couronné champion mondial à la boxe.
Source : La Presse, 10 novembre 1941, p.25; 11 novembre 1941, p.19; 12 novembre 1941, p.18.
Le 25 novembre 1944 Conquête de la coupe Grey par une équipe du Québec
Marins du NCMS DonnaconaLes marins du NCMS Donnacona de Montréal - Saint Hyacinthe remportent la coupe Grey en défaisant les Wildcats de Hamilton par le pointage de 7-6.
Cette joute se déroule dans un contexte assez particulier puisque les activités des meilleures formations du football canadien ont été interrompues par la Deuxième Guerre mondiale. Environ 4 000 spectateurs assistent à l’événement.
Source : Gordon Currie, 100 Years of Canadian Football, Toronto, Pagurian Press, 1968, 192 pages.
Le 26 novembre 1949 Conquête de la coupe Grey par les Alouettes de Montréal
À leur quatrième année d’existence, les Alouettes de Montréal remportent une première coupe Grey en défaisant les Stampeders de Calgary par le pointage de 28-15.
La rencontre a lieu à Toronto, au stade Varisty, dans des conditions climatiques difficiles. Une des étoiles du match pour les Alouettes est le quart-arrière Frank Filchock.
Le 8 novembre 1952 Obtention d’un nouveau record par Maurice Richard
Nouveau record de Maurice RichardDix ans jour pour jour après avoir marqué son premier but dans la Ligue nationale de hockey (LNH), Maurice Richard établit une nouveau record en comptant un 325e filet en saison régulière.
Richard obtient cette nouvelle marque en déjouant Al Rollins des Black Hawks de Chicago sur un lancer de revers. Il devance par le fait même Nels Stewart, un centre retiré du jeu depuis 1940 qui détenait jusque là le record de la LHN avec 324 buts. Richard terminera sa carrière en 1960 avec 544 buts, une marque qui sera battue en 1963 par Gordie Howe.
Source : Jean-Marie Pellerin, Maurice Richard : l’idole d’un peuple, Montréal, Éditions de l’Homme, 1976, 515 pages.
Le 11 novembre 1953 Présentation du championnat du monde à la boxe entre Jimmy Carter et Armand Savoie
Montréal est l’hôte d’un match de championnat des poids légers à la boxe entre le Québécois Armand Savoie et le titulaire mondial, l’Américain Jimmy Carter. Carter conservera son titre au terme d’un combat qu’il remportera par knock-out au cinquième round.
Le 16 février précédent, Armand Savoie avait remporté une victoire par décision sur ce même Jimmy Carter dans un combat où le titre n’était pas en jeu. Après ce combat, la boxe montréalaise connaîtra un ralentissement marqué. Il faudra attendre le 10 décembre 1958, et la rencontre entre Archie Moore et Yvon Durelle, avant que les Québécois ne soient à nouveau les témoins d’un match de championnat du monde à la boxe.
Le 27 novembre 1954 Défaite dramatique des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Une des plus puissantes éditions de l’histoire des Alouettes de Montréal baisse pavillon en finale de la coupe Grey, 26-25, contre les Eskimos d’Edmonton.
En 1954, les amateurs montréalais voient s’épanouir le talent de Sam Etcheverry, Hal Patterson, Joey Pal et Red O’Quinn, joueurs étoiles d’une des offensives les plus explosives de l’histoire du football canadien. En 14 rencontres, les hommes de Doug Walker obtiennent 11 victoires, marquant 341 points et n’en concédant que 148. Ces statistiques éloquentes font des Alouettes les favoris pour remporter la classique de la coupe Grey. Tous les yeux sont tournés vers le Varsity Stadium de Toronto, le dimanche 27 novembre 1954. Première surprise: les Eskimos d’Edmonton, champions de l’Ouest, se tiennent dans le sillage des Montréalais qui ne mènent que par quatre points (18-14) à la demie. Les 27 231 spectateurs assistent à un match corsé avant que les Alouettes ne donnent l’impression de prendre le contrôle de la situation au quatrième quart. Avec un peu plus de trois minutes à jouer, ils mènent 25-20 et ont possession du ballon dans le territoire des Eskimos. C’est alors que survient le jeu du match. Inexplicablement, le demi Chuck Hunsinger lance le ballon dans le dos du joueur de ligne Ray Cicia. Le geste n’échappe pas à Jackie Parker des Eskimos qui recouvre le ballon et court jusque dans la zone des buts des Alouettes. Ce jeu étrange sera déterminant dans l’issue d’une des plus grandes déceptions de l’histoire sportive montréalaise. Les Alouettes auront deux chances de venger cet échec lors des finales de 1955 et 1956. Ils tomberont cependant victimes à chaque fois de leur bête noire, les Eskimos d’Edmonton.
Source : Jeffrey Goodman, Huddling Up: The Inside Story of the Canadian Football League, Don Mills, Fitzhenny and Whiteside, 1981, 249 p.
Le 26 novembre 1955 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Les Alouettes de Montréal de l’entraîneur Doug Walker subissent une défaite de 34 à 19 aux mains des Eskimos d’Edmonton en finale de la coupe Grey. C’est la deuxième année consécutive que les Eskimos remportent cette partie décisive contre leur rivaux montréalais.
En finale de l’Est, l’attaque explosive des Alouettes leur avait permis de venir à bout des Argonauts de Toronto par la marque de 38 à 36. Lors de la finale disputée à l’Empire Stadium de Vancouver devant une foule record de 39 419 spectateurs, l’offensive des champions de l’Est est encore en évidence. Détenteurs d’une avance de 19 à 18 à la demie, ils s’effondrent toutefois par la suite en accordant 16 points sans réplique aux Eskimos qui enlèvent une victoire convaincante de 34 à 19. Les champions de l’Ouest sont particulièrement brillants au sol, gagnant 440 verges par la course, un record pour une partie de la coupe Grey. De leur côté, les Alouettes s’affirment dans les airs. Le quart Sam Etcheverry complète 30 passes en 39 tentatives pour un total de 508 verges, un autre record. Selon l’entraîneur Doug Walker: « Nous n’avons pu courir parce que leur défensive était trop serrée, trop efficace et trop à point. Il ne nous restait qu’à passer...et c’est ce que nous avons fait. » Le beau travail d’Etcheverry et du receveur de passes Hal Patterson, qui enregistre deux touchés, s’avère néanmoins insuffisant à compenser pour les carences de la défensive qui coûteront la victoire aux Alouettes.
Source : Le Devoir, 21 novembre 1955, p.11-13, 28 novembre 1955, p.11-12.
Le 24 novembre 1956 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Les Alouettes de Montréal s’inclinent pour la troisième année consécutive en finale de la coupe Grey contre les Eskimos d’Edmonton. Cette fois, les Eskimos remportent une victoire décisive de 50 à 27.
C’est encore une fois l’offensive des Montréalais qui leur permet d’accéder à la finale nationale. En finale de l’Est, les Alouettes viennent en effet à bout des Tiger-Cats de Hamilton par le pointage de 78 à 62 au total de deux parties. La semaine suivante, ils font de nouveau face aux Eskimos d’Edmonton en finale de la coupe Grey. Cette fois, la partie a lieu au Varsity Stadium de Toronto. Les deux équipes sont à égalité 20 à 20 au troisième quart lorsque Joey Pal commet un échappé coûteux. Les champions de l’Ouest marqueront par la suite 25 points sans riposte, en route vers une victoire facile de 50 à 27. Du côté des Alouettes, Hal Patterson connaît un bon match avec deux touchés. Mais le quart Sam Etcheverry ne joue pas avec son brio habituel, ne réussissant que 15 de ses 38 passes en plus d’être victime de cinq interceptions. L’entraîneur Doug Walker dira à ce sujet: « Nous n’avons pas accordé une bonne protection à notre passeur. Nous avons échappé le ballon et ils ont profité de toutes nos erreurs, surtout en interceptant nos passes. » Ce triomphe est le troisième de suite des Eskimos en finale de la coupe Grey, un couronnement pour cette excellente équipe qui compte dans ses rangs Jackie Parker, Normie Kwong, Johnny Bright et Don Getty, un futur premier ministre de l’Alberta originaire du Québec. Pour leur part, les Alouettes devront attendre 1970 avant de retourner à la finale de la coupe Grey. À cette occasion, c’est Sam Etcheverry qui sera l’entraîneur de la formation montréalaise.
Source : La Presse, 19 novembre 1956, p.30-34, 26 novembre 1956, p.38-39, 42-43.
Le 1er novembre 1959 Innovation par le gardien de but Jacques Plante
Jacques Plante (1929-1986)Lors d’une partie entre le Canadien de Montréal et les Rangers de New York, Jacques Plante innove en devenant le premier gardien de but professionnel à porter le masque sur une base régulière.
Depuis les débuts de la Ligue nationale de hockey (LNH), en 1917, quelques gardiens de but ont considéré la possibilité de porter un masque protecteur. À la fin des années 50, aucun n’utilise toutefois cette pièce d’équipement. C’est le soir du 1er novembre 1959 que Jacques Plante innove dans ce domaine. Gardien régulier du Canadien de Montréal, Plante est atteint d’un dur lancer du revers d’Andy Bathgate des Rangers de New York. En plus de rendre Plante inconscient pendant quelques instants, le tir cause une coupure de trois pouces qui nécessite sept points de suture. Ils s’ajoutent aux 200 que le portier du Canadien aurait accumulés depuis ses débuts. Après plusieurs minutes d’attente -il n’y a pas de gardiens réservistes à cette époque- , Plante fait son retour sur la glace du Madison Square Garden. Cette fois, il porte un masque. C’est un projet qu’il mijote depuis longtemps, mais qu’il n’avait pu mettre à exécution à cause des réticences de son entraîneur, Hector « Toe » Blake. Blake, comme plusieurs autres experts, croit en effet que le port du masque nuira à la vision de son gardien, qu’il risque de réduire son efficacité. Après les dégâts causés par le lancer de Bathgate, l’entraîneur du Canadien laisse toutefois le champ libre à Plante qui dissipe ses craintes en jouant avec son brio habituel. Au cours des onze rencontres suivantes, le Tricolore reste invaincu. Pendant cette séquence, la défensive n’accorde que 13 buts, ce qui tend à démontrer que le port du masque n’affecte pas les performances de Plante. En 1962, celui-ci remportera même le trophée Hart, remis au joueur le plus utile, un exploit rare pour un gardien de but. Au fil des ans, de plus en plus de gardiens de but porteront le masque. Le dernier à s’aventurer devant le filet sans cette pièce d’équipement sera Andy Brown, le 31 mars 1973. Jacques Plante continuera pour sa part d’innover dans le domaine. À son usine de Magog, dans les Cantons de l’Est, il supervisera la fabrication de nouveaux modèles de masques plus légers et plus sécuritaires. Il sera à même d’apprécier la valeur de ses inventions puisque sa carrière se prolongera jusqu’en 1974-75, année où il quittera définitivement les rangs professionnels.
Source : Raymond Plante, Jacques Plante: derrière le masque, Coll. «Les grandes figures», Montréal, XYZ, 1996, 221 p.
Le 9 novembre 1960 Échange controversé par les Alouettes de Montréal
Les Alouettes de Montréal de la Ligue canadienne de football (LCF) causent une énorme surprise en échangeant deux de leurs joueurs vedettes: Sam Etcheverry et Hal Patterson.
L’étonnement est d’autant plus grand qu’en retour de ces deux joueurs étoiles, les Alouettes ne reçoivent des Tiger-Cats de Hamilton que Bernie Faloney et Don Paquette. La transaction prendra une tournure différente avec la décision d’Etcheverry de poursuivre sa carrière aux États-Unis, mais elle causera néanmoins un ressentiment durable chez les amateurs de football du Québec. Surnommé « The Rifle » à cause de son bras puissant, Etcheverry était le quart-arrière des Alouettes depuis 1952. « Prince Hal » Patterson était pour sa part un des receveurs de passes les plus spectaculaires de la Ligue canadienne de football (LCF). Le propriétaire Ted Workman et l’entraîneur Perry Moss seront pointés du doigt pour cette transaction, une des plus controversées de l’histoire sportive montréalaise.
Le 19 novembre 1970 Parution d’un rapport sur les sports et loisirs au Québec
Gilles Houde, député libéral de Fabre et responsable du Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports, publie un rapport intitulé « La situation de l’éducation physique, des sports et des loisirs, 1960-1970 ».
Le 28 novembre 1970 Conquête de la coupe Grey par les Alouettes de Montréal
Moses Denson (#26), des Alouettes, est agrippé par Terry WilsonLes Alouettes de Montréal remportent la deuxième coupe Grey de leur histoire en disposant des Stampeders de Calgary 23-10, à Toronto. Cette victoire met fin à une disette de 21 ans pour la franchise montréalaise. Elle permet à chaque membre de l’équipe d’empocher un boni de 1 500 $.
Dirigés par Sam Etcheverry, une ancienne vedette de l’équipe, les Alouettes avaient connu une saison régulière très ordinaire avec sept victoires, six défaites et une partie nulle. Lors de cette finale pour l’obtention de la coupe Grey, la défensive est cependant impeccable et plusieurs joueurs se distinguent en attaque, dont le demi Moses Denson et le receveur de passes Terry Evanshen. C’est le quart-arrière Sonny Wade qui est nommé le joueur le plus utile de la rencontre. À leur retour à Montréal, les Alouettes auront droit à un défilé dans les rues de la ville.
Source : Le Devoir, 28 novembre 1970, p.8, 30 novembre 1970, p.10.
Le 24 novembre 1974 Conquête de la coupe Grey par les Alouettes de Montréal
Les Alouettes de Montréal remportent la coupe Grey en disposant des Eskimos d’Edmonton 20-7. Comme en 1970, c’est le quart-arrière Sonny Wade qui sera nommé le joueur le plus utile de la rencontre.
Une semaine plus tôt, les hommes de l’entraîneur Marv Levy avaient disposé des Rough Riders d’Ottawa en finale de l’Est par le pointage de 14 à 4. Lors de la joute ultime, qui se déroule à Vancouver, la défensive montréalaise livre une performance impeccable. Après un premier touché des Eskimos, les Alouettes marquent 20 points sans réplique et enlèvent une victoire relativement facile par le compte de 20 à 7. Nommé le meilleur joueur canadien de la partie, le botteur Don Sweet a réalisé un record pour une finale de la coupe Grey en obtenant 12 points sur quatre placements. Le joueur de ligne Junior Ah You (meilleur joueur défensif de la partie)et le quart Sonny Wade (meilleur joueur offensif) brillent également. Louant le travail de ses coéquipiers, le demi défensif Tony Proudfoot rend aussi un hommage bien senti au personnel d’entraîneurs pour ce triomphe: « Nous nous attendions à toutes les manœuvres offensives des Eskimos. Ils ne nous ont jamais surpris (...) Non, les Alouettes ne possèdent pas les meilleurs individus: mais Rod Rust (le coordonnateur de la défensive) a fait de nous la meilleure défensive au pays. »
Source : La Presse, 18 novembre 1974, p.C1, 25 novembre 1974, p.B1-B2.
Le 23 novembre 1975 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Don SweetEn finale de la coupe Grey, les Alouettes de Montréal subissent une défaite de 9 à 8 aux mains de leurs éternels rivaux: les Eskimos d’Edmonton. Au cours de cet affrontement où les défensives s’illustrent, tous les points sont réussis par les botteurs Don Sweet (Alouettes) et Dave Cutler (Eskimos).
Le public de Calgary a droit à une joute plutôt terne, les Alouettes se contentant de 299 verges à l’attaque contre seulement 199 pour leurs adversaires. Impuissant à déjouer la défensive des Eskimos, le quart Jimmy Jones est relevé par Sonny Wade qui effectue du bon travail en fin de partie. Menés 9 à 7, les Alouettes sont en bonne position pour remporter la victoire puisque avec 45 secondes à faire à la partie ils se retrouvent profondément en zone du Edmonton. Le quart Jimmy Jones, qui tient le ballon avant le botté, éprouve cependant certaines difficultés à placer le ballon correctement. Résultat: Sweet rate sa tentative et les Alouettes n’obtiennent qu’un seul point. Sweet dira à ce sujet après la partie: « Je ne voudrais pas rejeter la faute sur qui que ce soit, mais le ballon n’était pas en bonne position lorsque je me suis approché pour botter. » Cette défaite empêche les hommes de Marv Levy de réaliser ce qu’aucune autre équipe montréalaise n’a accompli dans le passé: remporter deux coupes Grey consécutives.
Le 27 novembre 1977 Victoire décisive des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Coupe Grey 1977Plusieurs records sont fracassés lors du match de la coupe Grey, une victoire de 41-6 des Alouettes de Montréal sur les Eskimos d’Edmonton. Près de 70 000 spectateurs assistent à la rencontre qui a lieu au stade Olympique.
Guidés par le quart Joe Barnes, les hommes de Marv Levy enfilent sept victoires consécutives dès le début de la saison 1977. Le reste du parcours sera un peu plus cahoteux mais, revigorés par le quart Sonny Wade, héros des coupes Grey de 1970 et 1974, et soutenus par une défensive impénétrable, les Alouettes se faufilent à la finale. Le moment est bien choisi puisque le match de la coupe Grey a lieu au stade Olympique. Le 27 novembre 1977, près de 70 000 fans assistent à la rencontre, un record. Il y a un parfum de vengeance dans l’air car les adversaires des locaux sont les Eskimos d’Edmonton. En première demie, les amateurs ont droit à du football décousu. Le sol gelé nuit à l’équilibre des joueurs qui glissent, ratent leurs plaqués et échappent le ballon à plusieurs reprises. En avant 10-3 à la demie, les Alouettes trouvent finalement leur rythme dans la seconde portion du match. Trois touchés et quatre placements de Don Sweet transforment la partie en débandade. Devant leurs partisans en liesse, les Alouettes vivent le haut fait de leurs trente années d’histoire: une exécution en règle des Eskimos par la marque de 41-6. Moment de réjouissance, le sacre du 27 novembre marque aussi le début d’une longue série noire pour les Montréalais. Malgré l’embauche de vedettes américaines (Vince Ferragamo, Tom Cousineau, etc.) au début des années 1980, la franchise montréalaise, que l’on rebaptisera du nom de Concordes entre 1982 et 1985, disparaîtra même entre 1987 et 1995.
Le 29 novembre 1977 Acquisition du joueur de centre Pierre Larouche par le Canadien de Montréal
La direction du Canadien de Montréal annonce qu’elle a conclu une transaction avec les Penguins de Pittsburgh. Elle obtient Pierre Larouche en retour du vétéran Peter Mahovlich et d’un jeune espoir de 21 ans, Peter Lee.
Âgé de 31 ans, Mahovlich quitte Montréal après un passage fructueux marqué par deux saisons de plus de 100 points et quatre conquêtes de la coupe Stanley. Pour sa part, Lee a remporté le titre de recrue de l’année en 1976-1977 dans la Ligue américaine de hockey. Il évoluait alors avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, le club école du Canadien de Montréal. L’arrivée de Larouche, un talentueux joueur de centre qui, à 22 ans, compte déjà 119 buts à sa fiche, réjouit les amateurs. Au sujet des écarts de conduite qu’il aurait commis à Pittsburgh, Ronald Caron, l’adjoint du directeur gérant Sam Pollock, déclare: « En raison de son jeune âge, Larouche avait besoin d’être dirigé de près (...) Les choses seront toutefois différentes à Montréal et il le sait. » Dès le 29 novembre, Larouche porte les couleurs de sa nouvelle équipe contre son ancienne, les Penguins, qui sont de passage au Forum. Il récolte trois passes dans une victoire de 9 à 1. Ironique, la presse souligne que, peu de temps après le passage de la Loi 101, le Canadien a entrepris à sa façon une campagne de francisation en se délestant de deux Peter pour faire l’acquisition d’un Pierre.
Le 26 novembre 1978 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Joe Scannella, discute avec le quart-arrière Vince FerragamoLes Alouettes de Montréal échouent dans leur tentative de remporter une deuxième coupe Grey consécutive. Ils s’inclinent par la marque de 20 à 13 face aux Eskimos d’Edmonton lors de la joute finale qui se déroule au stade de l’Exposition, à Toronto, devant plus de 54 000 spectateurs.
En finale de l’Est, les Montréalais avaient peiné avant de venir à bout des Rough Riders d’Ottawa, 21 à 16. Lors de la finale nationale, l’attaque des Alouettes connaît également sa part de problèmes. Les passeurs Joe Barnes et Sonny Wade sont irréguliers et le demi David Green, qui s’est illustré au cours de la saison, est incapable de gagner plus de 22 verges au sol. L’offensive des Eskimos, qui récolte 198 verges en tout, ne fait guère mieux. Mais les champions de l’Ouest tirent avantage des revirements pour prendre une avance de 14 à 3. Leur victoire de 20 à 13 met un terme à l’espoir du nouvel entraîneur des Alouettes, Joe Scanella, de répéter l’exploit de son prédécesseur Marv Levy et de guider les siens à la conquête de la coupe Grey. C’est la quatrième fois que les Alouettes et les Eskimos s’affrontent en finale de la coupe Grey au cours des années 70 (1974, 1975, 1977, 1978). Chaque équipe a maintenant deux victoires.
Source : La Presse, 20 novembre 1978, p.C1, 27 novembre 1978, p.B1-B2.
Le 25 novembre 1979 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
En finale de la coupe Grey, les Alouettes de Montréal subissent une défaite de 17-9 aux mains des Eskimos d’Edmonton devant plus de 65 000 spectateurs réunis au stade Olympique de Montréal.
C’est la cinquième fois, et la troisième consécutive, que les Alouettes et les Eskimos se font face en finale de la coupe Grey au cours des années 70. L’attaque connaît une bonne journée, notamment le demi David Green qui obtient 142 verges en 21 portées, ce qui lui mérite le titre de joueur par excellence de la rencontre. Toutefois, l’indiscipline coûte cher aux locaux qui reçoivent 16 pénalités contre quatre pour leurs rivaux albertains. Le quart-arrière des Alouettes, Joe Barnes, dira à ce sujet: « Chaque fois que nous réussissions un long jeu, quelqu’un jetait un mouchoir pour le rappeler (...) Je devais avoir l’air d’un dément. Mais je ressentais vraiment toute la frustration qu’une telle situation peut provoquer. » Il faudra attendre l’année 2000 avant de voir les Montréalais prendre de nouveau part à une finale de la coupe Grey.
Le 22 novembre 1980 Présentation du championnat mondial à la boxe entre Aaron Pryor et Gaétan Hart
Gaetan HartDevant son public de Cincinnati, le boxeur américain Aaron Pryor conserve son titre mondial des super-légers de la World Boxing Association (WBA) en défaisant Gaétan Hart de Buckingham par knock-out technique à la sixième reprise.
Hart, le détenteur de la couronne canadienne des poids légers, est le premier athlète du Québec à disputer un championnat mondial à la boxe depuis Armand Savoie, en 1953. Il a mérité ce privilège suite à deux victoires survenues plus tôt dans l’année contre Ralph Racine et Cleveland Denny. Le combat contre Denny, qui a eu lieu le 20 juin, s’est soldé par l’effondrement, puis la mort de ce dernier, un événement qui a causé un choc dans le monde du sport. Contre Pryor, Hart est cependant dominé en vitesse et en puissance tout au long de l’affrontement.
Le 12 novembre 1982 Nomination de Ronald Corey au poste de président du Canadien de Montréal
Réjean Houle, Mario Tremblay, Ronald Corey et Yvan CournoyerAprès avoir été successivement à l’emploi des brasseries Molson et O’Keefe, Ronal Corey succède à Morgan McCammon à la présidence du Canadien et du Forum de Montréal.
La nouvelle suscite de l’intérêt à Montréal et à Québec. En effet, O’Keefe, qui employait Corey, est propriétaire des Nordiques de Québec, tombeurs du Tricolore lors des séries éliminatoires du printemps 1982, alors que Molson possède le Canadien. Âgé de 43 ans, le nouveau président affirme ne prévoir « aucun changement », ajoutant que la compétence du directeur gérant Irving Grundman ainsi « que ses connaissances des affaires de hockey, en font un atout indispensable dans l’organisation. » Devant les insuccès de l’équipe qui se fera balayer par les Sabres de Buffalo lors des séries de 1983, Corey révisera cependant ses positions. En octobre 1983, il choisira Serge Savard pour succéder à Grundman.
Le 3 novembre 1983 Annonce de la fin des activités du Manic de Montréal
Joueurs du Manic de Montréal 1983Quelques semaines après l’élimination du Manic de Montréal des séries de la Ligue nord-américaine de soccer (LNAS), les dirigeants de l’équipe annoncent que celle-ci a disputé le dernier match de son histoire.
Après deux saisons pendant lesquelles le soccer attire de bonnes assistances au stade Olympique, le Manic connaît une saison beaucoup plus difficile en 1983. À la lumière des pertes financières de l’équipe, son propriétaire, la Brasserie Molson, décide de mettre un terme à son existence. Le Manic aura évolué pendant trois saisons dans la LNAS.
Source : Cahier sports: La Presse, 3 novembre 1982, p.15.
Le 26 novembre 1984 Annonce de la retraite du hockeyeur Guy Lafleur
Guy Lafleur annonçant sa retraiteAprès un début de saison difficile, le joueur étoile du Canadien de Montréal, Guy Lafleur, annonce officiellement sa retraite. Cette nouvelle prend par surprise les nombreux admirateurs que Lafleur s’est gagné à travers la Ligue nationale de hockey (LNH) depuis son arrivée chez les professionnels, en 1971.
Après avoir connu un ralentissement notable depuis le début des années 80, Lafleur vivait des moments inquiétants en 1984 avec une production de cinq points, dont seulement deux buts, en 19 parties. Âgé de seulement 33 ans, il étonne le monde du hockey en annonçant qu’il accroche ses patins, une décision qui sera abondamment commentée par la presse et le public. Le 16 février 1985, le Canadien organise une cérémonie en hommage à Lafleur avant la partie opposant le Tricolore aux Sabres de Buffalo. Entouré d’anciens joueurs et des membres de sa famille, le héros de la soirée est salué par une vibrante ovation du public qui scande son prénom. On en profite pour faire savoir que celui qui est devenu le meilleur pointeur de l’histoire de l’équipe en février 1984 verra son numéro 10 retiré à jamais. En 1988, Lafleur, gagnant de cinq coupes Stanley, étonnera à nouveau en annonçant son retour au jeu.
Source : La Presse, 17 février 1985, p.29-33, 42-43.
Le 21 novembre 1987 Conquête de la coupe Vanier par les Redmen de l’Université McGill
Vainqueurs avec la coupe VanierLes Redmen de l’Université McGill causent une certaine surprise en défaisant les puissants Thunderbirds de l’Université de la Colombie-Britannique, 47 à 11. Cette victoire procure aux Montréalais la coupe Vanier, symbole de la suprématie au football universitaire canadien.
La partie, qui se déroule à Toronto devant 14 326 spectateurs, est entièrement à l’avantage de McGill. Après avoir tiré de l’arrière 3-0, les Redmen marquent en effet 17 points sans réplique avant de dominer complètement leurs rivaux (30-8) en deuxième demie. Les demis Michael Soles, avec deux touchés, et Gerry Ifill, avec trois touchés, sont les vedettes offensives des nouveaux champions, alors que Floyd Salazar reçoit le titre de joueur défensif par excellence de la rencontre. La victoire est à ce point nette que Soles déclarera après la rencontre: « J’ai été surpris par la facilité avec laquelle je pouvais courir. » Cette conquête de la coupe Vanier est la première pour une université québécoise depuis que le trophée est à l’enjeu, en 1965.
Le 29 novembre 1988 Annonce officielle du rachat des Nordiques de Québec par des investisseurs québécois
Un groupe d’investisseurs québécois piloté par Marcel Aubut se porte acquéreur des Nordiques de Québec. Ce groupe est formé des entreprises Métro-Richelieu, Canam-Manac, La Mutuelle de Québec, Daishowa et du Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).
Cette nouvelle met fin à une controverse débutée un mois plus tôt avec l’annonce de l’achat des Nordiques par un groupe d’hommes d’affaires étrangers susceptibles de déménager la franchise dans une autre ville. Alerté par cette possibilité, le président de l’équipe, Marcel Aubut, s’est prévalu d’une clause lui permettant de présenter une autre offre dans les 30 jours suivant cette annonce. Le 29 novembre 1988, il tient une conférence de presse confirmant qu’il a réuni un groupe de partenaires québécois qui ont fait l’acquisition des Nordiques. Cette nouvelle est présentée comme une garantie que l’équipe est désormais à Québec pour y rester.
Le 27 novembre 1998 Victoire de Dave Hilton jr contre Stéphane Ouellet au Centre Molson
Combat Hilton/OuelletLa boxe québécoise connaît un regain d’intérêt avec la présentation du combat entre Stéphane Ouellet et le vétéran Dave Hilton jr. Le Centre Molson fait salle comble pour cet affrontement qui se termine par la victoire de Hilton par knock-out technique à la douzième et dernière reprise.
Le combat se finit de façon dramatique alors que Hilton, dominé aux points sur les cartes des trois juges, effectue un ralliement au dernier assaut et force l’arbitre Denis Langlois à mettre fin aux hostilités avec 16 secondes à faire à l’affrontement. Le vaincu avouera après le match: « C’est mon tempérament. J’ai joué et j’ai perdu. J’ai risqué. Je voulais me surpasser, je suis comme ça. Je voulais un K.O., je voulais offrir le meilleur spectacle possible. » Le résultat constitue une surprise pour les observateurs qui avaient établi Ouellet largement favori. Hilton confirmera sa supériorité le 28 mai 1999 en l’emportant à nouveau sur Ouellet, cette fois par knock-out au troisième round. Le 8 septembre 2000, ce dernier obtiendra sa revanche en enlevant une décision unanime en dix rondes.
Le 27 novembre 1999 Conquête de la coupe Vanier au football par l’Université Laval
Victoire de la coupe Vanier 1999Le Rouge et Or de l’Université Laval défait les Huskies de Saint-Mary’s par le pointage de 14 à 10 en finale de la coupe Vanier. C’est la première équipe québécoise depuis McGill, en 1987, à remporter le championnat canadien universitaire de football.
Les efforts des athlètes et entraîneurs québécois dans le domaine du sport universitaire n’ont pas toujours été couronnés de succès sur la scène nationale. Avec le temps, il s’est bien développé quelques programmes d’élite, comme celui des Redmen de McGill, au football, des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières, au hockey, ou du Rouge et Or de l’Université Laval, au volley-ball. Mais dans l’ensemble, les réussites québécoises restent plutôt timides. À la fin des années 90, le portrait change quelque peu. Le 22 mars 1998, les Gaiters de l’Université Bishop’s de Lennoxville renversent les calculs en remportant le championnat national de basket-ball aux dépens des Marauders de McMaster (74-71). Le 27 novembre 1999, une autre université du Québec fait la une de l’actualité sportive. Une semaine après avoir gagné la coupe Churchill devant 12 242 de ses fiévreux partisans, le Rouge et Or de l’Université Laval participe à la finale de la coupe Vanier, emblème du championnat universitaire canadien, au Skydome de Toronto. Aucune école québécoise n’a remporté le précieux trophée depuis McGill, en 1987. Soutenus par une défensive intraitable, les Québécois arrachent finalement un gain de 14-10 aux Huskies de Saint-Mary’s. Le travail de Jacques Chapdelaine et de son équipe d’entraîneurs sera souligné par la presse. Une partie de la réussite du Rouge et Or rejaillira également sur le réseau de football collégial de la province, une véritable pépinière pour le programme de l’Université Laval dont les débuts remontent à 1995.
Source : Le Soleil, 28 novembre 1999, p.A1, C10-C12.
Le 20 novembre 2000 Nomination de Michel Therrien au poste d’entraîneur du Canadien de Montréal
Michel TherrienAprès un début de saison désastreux, le président du Canadien de Montréal, Pierre Boivin, annonce qu’il a démis l’entraîneur Alain Vigneault et le directeur gérant Réjean Houle de leur fonctions pour les confier à Michel Therrien et André Savard.
Avec cinq victoires à ses 20 premières parties, le Canadien occupe le dernier rang de l’Association de l’Est, une situation qui incite Boivin à poser ce geste que plusieurs analystes anticipent depuis quelques jours. Therrien, gagnant d’une coupe Memorial avec les Prédateurs de Granby, est à ce moment entraîneur des Citadelles de Québec, club-école du Tricolore dans la Ligue américaine de hockey. Il succède à Vigneault qui était en poste depuis 1997. Therrien sera épaulé dans ses fonctions par Guy Carbonneau. Houle, en poste depuis 1995, est quant à lui remplacé par André Savard, le directeur du personnel hockey du Canadien. Les spéculations quant à l’impact de ces nominations vont bon train, l’avenir de l’équipe, qui est à vendre, et de son personnel, étant entouré d’incertitude. Le nouveau directeur gérant manifeste néanmoins le désir de rétablir la situation dans les mois à venir, affirmant: « C’est exagéré de dire que c’est un club sans talent. Mais les joueurs n’ont peut-être pas la même ardeur au travail qu’en deuxième moitié de saison l’an dernier. La solution pour l’instant se trouve à l’interne. Je le répète, il faut que les joueurs retrouvent cette ardeur au travail. »
Le 26 novembre 2000 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Jim PoppÀ leur première participation à la finale de la coupe Grey depuis la fin des années 70, les Alouettes de Montréal s’inclinent 28-26 face aux Lions de la Colombie-Britannique.
La partie, qui se déroule à Calgary devant 43 820 amateurs, constitue un haut fait pour la franchise montréalaise depuis qu’elle a été remise sur pied en 1996. Malgré la défaite, les partisans de l’équipe peuvent se réjouir du fait que, quelques jours avant la rencontre, le vétéran Pierre Vercheval a été élu le meilleur joueur de ligne au pays. Enfin, une fois la déception surmontée, les Alouettes se promettent de revenir plus fort en 2001 alors que le match de la coupe Grey aura lieu au stade Olympique de Montréal. Comme le mentionne le directeur général Jim Popp: « On ne doit pas chambarder l’équipe à cause d’un match. Au football, ce sont des choses qui arrivent (...) Nous avons le potentiel pour connaître une autre solide saison et être de retour au match de la coupe Grey chez nous l’an prochain. »
Le 13 novembre 2003 Obtention du trophée Cy Young par le lanceur Éric Gagné
Éric GagnéÉric Gagné, un releveur de 27 ans originaire de Mascouche, devient le premier Québécois à remporter le trophée Cy Young remis au meilleur lanceur de la Ligue nationale de baseball.
Premier choix de 28 des 32 chroniqueurs de baseball qui ont participé au vote, Gagné a connu une saison de rêve dans l’uniforme des Dodgers de Los Angeles, formation avec laquelle il a fait ses débuts chez les professionnels en 1999. En 2003, Gagné a sauvegardé 55 parties et maintenu une moyenne de points alloués de 1.20. Depuis que les Dodgers l’ont transformé de lanceur partant en lanceur de relève, en 2002, le Québécois n’a connu que du succès. En plus de réussir 63 sauvetages consécutifs, du jamais-vu dans le baseball majeur, il est devenu le premier artilleur de l’histoire à protéger 50 parties et plus pendant deux saisons d’affilée. Gagné, qui a devancé au scrutin Jason Schmidt des Giants de San Francisco, devient le premier joueur originaire du Québec à remporter une distinction de cette envergure dans le monde du baseball. Sur le point d’avoir accès à l’autonomie, les observateurs s’attendent à ce que les Dodgers récompensent ses efforts par un contrat mirobolant qui en fera un des plus hauts salariés de son sport.
Source : La Presse, 14 novembre 2003, p.1, A4, S1-S3; 16 novembre 2003, p.S12.
Le 16 novembre 2003 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Anthony CalvilloLes Eskimos d’Edmonton remportent la coupe Grey en défaisant leurs éternels rivaux, les Alouettes de Montréal, par le pointage de 34 à 22. Les Alouettes tentaient de remporter cette classique, qui en était à sa 91e édition, pour la deuxième fois consécutive.
La partie, qui se déroule à Regina, donne lieu à du football spectaculaire. La première demie est ponctuée par plusieurs jeux aériens et quelques revirements qui coûtent particulièrement cher aux Alouettes. Menés 24 à 21 à la demie, les hommes de Don Matthews sont par la suite muselés par les champions de l’Ouest qui les limitent à un seul point en deuxième demie, en route vers une victoire de 34 à 22 qui permet à la franchise albertaine de savourer la douzième conquête de la coupe Grey de son histoire. Le quart Anthony Calvillo, élu quelques jours auparavant le joueur par excellence au Canada, ainsi que les receveurs de passes Ben Cahoon, Jeremain Copeland et Sylvain Girard, se distinguent dans la défaite.
Le 18 novembre 2003 Annonce officielle de la présentation d’un Grand Prix de formule 1 à Montréal en 2004
Grand Prix de Formule 1 en 2004Normand Legault met fin à un long suspense en annonçant que le Grand Prix de formule 1 du Canada sera présenté à Montréal le 13 juin 2004.
Cette annonce fait suite à une longue polémique qui remonte à l’été 2003. Le grand patron de la formule 1, Bernie Ecclestone, avait alors fait savoir que le Grand Prix du Canada ne figurerait pas au calendrier de 2004, une nouvelle qui a semé la consternation chez les amateurs de sport, les commerçants de la métropole ainsi que les hommes politiques, étonnés par ce revirement qui priverait Montréal de retombées économiques évaluées à plusieurs dizaines de millions de dollars. Au centre du litige, se trouve la nouvelle loi fédérale interdisant aux écuries de faire de la publicité pour les compagnies de tabac. Pour compenser ce manque à gagner, l’organisateur du Grand Prix du Canada, Normand Legault, est parvenu à mettre sur pied le financement qui a permis d’assurer la présentation de l’événement à Montréal jusqu’en 2005. De la somme rassemblée, 12 millions de dollars proviennent des gouvernements fédéral et provincial. La décision ne plaît pas à tous, mais selon le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier: « C’est une victoire. Car si le Grand Prix est une source de fierté et de rayonnement, c’est aussi une source de revenu. »
Source : La Presse, 19 novembre 2003, p.1-A3, A6 et S5. Le Devoir, 19 novembre 2003, p.A1 et A8.
Le 22 novembre 2003 Conquête de la coupe Vanier par le Rouge et Or de l’Université Laval
Le Rouge et Or de l’Université Laval remporte la coupe Vanier en défaisant les Huskies de Saint-Mary’s par la marque de 14 à 7. La coupe Vanier est le symbole de la suprématie canadienne au football universitaire.
Ce bas pointage étonne quelque peu, le Rouge et Or ayant marqué en moyenne plus de 60 points par rencontre au cours de la saison régulière. Le défensive de l’Université Laval, la plus solide au pays, est toutefois à la hauteur contre les Huskies qui étaient en quête d’une troisième coupe Vanier consécutive. Le receveur de passes Jean-Frédéric Tremblay a réussi le seul touché de la partie pour les hommes de Glen Constantin, alors que le vétéran quart Mathieu Bertrand a été nommé le joueur du match. Il s’agit d’un deuxième titre national pour le Rouge et Or. Le premier était survenu en 1999 contre ces mêmes Huskies.
Le 22 novembre 2003 Présentation d’une partie de la Ligue nationale de hockey sur une patinoire extérieure
Kevin Lowe serre la main de Guy LafleurLe Canadien de Montréal affronte les Oilers d’Edmonton sur une patinoire aménagée dans le Commonwealth Stadium d’Edmonton, un stade de football qui accueille 57 167 spectateurs pour l’occasion.
Cette initiative unique permet évidemment de fracasser le record d’assistance pour une partie de la Ligue nationale de hockey (LNH). Malgré le temps froid, ce projet original est salué avec enthousiasme par les amateurs qui sont témoins de deux parties: une qui oppose les Oilers et le Canadien de la LNH, et une autre qui met aux prises des étoiles à la retraite -à l’exception de Mark Messier- de ces deux formations. Lors de ce match d’ancien, les Oilers, qui alignent le légendaire Wayne Gretzky, viennent à bout du Canadien, et de Guy Lafleur, par la marque de 2 à 0. Dans la partie régulière, le Canadien, édition 2003-2004, remporte pour sa part une victoire de 4 à 3 sur les Oilers. Une des étoiles de la rencontre, le gardien de but José Théodore, reconnaît que les conditions différentes ont demandé une certaine adaptation: « Tout était différent et même les lancers en apparence inoffensifs pouvaient être difficiles à contrôler. Je ne sais pas si la rondelle rebondissait plus sur nos jambières, mais il n’y avait rien de pareil. C’était bizarre par moments. » Des rumeurs circulent à l’effet que d’autres parties de ce genre pourraient éventuellement être organisées dans d’autres villes de la LNH, notamment à Montréal.
Le 27 novembre 2004 Conquête de la coupe Vanier par le Rouge et Or de l’Université Laval
Le Rouge et Or de l’Université Laval remporte une deuxième coupe Vanier consécutive, et la troisième de son histoire, en défaisant les Huskies de la Saskatchewan par le pointage de 7 à 1.
Comme la marque l’indique, la défensive joue un rôle de premier plan au cours de ce duel pour la suprématie canadienne au football universitaire qui se déroule à Hamilton. Les Québécois réalisent pas moins de cinq interceptions, ce qui leur permet de compenser pour le rendement inégal de leur attaque, dont celui du demi Jerenimo Huerta-Flores qui se contente d’une récolte de 19 verges au sol. C’est d’ailleurs Mathieu Proulx, un membre de la brigade défensive, qui obtient le titre de joueur par excellence de la rencontre. Pour l’entraîneur Glen Constantin et plusieurs joueurs du Rouge et Or il s’agit d’un second championnat national consécutif. Malgré l’opposition de plus en plus forte au sein de la ligue du Québec, notamment des Carabins de l’Université de Montréal, invaincus en saison régulière, l’Université Laval espère maintenant répéter son exploit en 2005, d’autant plus que plusieurs des éléments clés de cette édition championne seront de retour avec l’équipe.
Source : Le Soleil, 28 novembre 2004, p.1, A2, D1-D4. La Presse, 28 novembre 2004, p.1 et Cahier Sports plus, p.1 et S5.
Le 27 novembre 2005 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Danny MaciociaLes Alouettes de Montréal subissent une défaite de 38 à 35 en finale de la coupe Grey contre leurs éternels rivaux de l’Ouest, les Eskimos d’Edmonton. Ces derniers sont dirigés par le Québécois Danny Maciocia.
La première demie de cette 93e édition de la coupe Grey s’avère plutôt terne. Par contre, en deuxième demie, la foule réunie au BC Place de Vancouver a droit à du jeu enlevant. Menées respectivement par les quart-arrières Anthony Calvillo et Ricky Ray, les unités offensives des Alouettes et des Eskimos réussissent plusieurs jeux importants et le temps réglementaire se termine avec un pointage égal. Les deux équipes s’échangent un touché en temps supplémentaire avant que le botteur des Eskimos, Sean Fleming, ne scelle l’issue de la rencontre avec un placement de 36 verges. Cette période de prolongation suscite beaucoup d’émotions, notamment chez Danny Maciocia, l’entraîneur des Eskimos. Celui-ci est le premier Québécois à diriger une équipe victorieuse de la coupe Grey.
Source : La Presse, 28 novembre 2005, p.1, S2-S4; 20 novembre 2005, p. S1-S3. Le Devoir, 28 novembre 2004, p. B4.
Le 19 novembre 2006 Défaite des Alouettes de Montréal en finale de la coupe Grey
Les Lions de la Colombie-Britannique remportent la finale de la coupe Grey en défaisant les Alouettes de Montréal par le pointage de 25 à 14. Cette défaite clôture une étrange saison pour les Alouettes, marquée notamment par un passage à vide prolongé et le départ de l'entraîneur Don Matthews.
Pendant la première moitié de la saison 2006, les Alouettes s'imposent comme une des meilleures équipes de la Ligue canadienne de football (LCF). Les choses se gâtent toutefois par la suite et l'équipe doit même se ressaisir afin de remporter le championnat de la section Est. En cours de route, l'entraîneur Don Matthews a quitté ses fonctions le 5 octobre et a été remplacé par le directeur général Jim Popp. Ce dernier est à la barre lorsque les Alouettes remportent la finale de l'Est aux dépens des Argonauts de Toronto. En finale de la coupe Grey contre les redoutables Lions de la Colombie-Britannique, l'équipe connaît toutefois une première demie lamentable. Tirant de l'arrière tout au long de la rencontre, elle tente un retour en fin de partie mais s'incline finalement par le pointage de 25 à 14. À lui seul, le botteur des Lions, Paul McCallum, a réussi plus de points (18) que les Montréalais. Malgré une troisième participation en quatre saisons à la finale canadienne, les Alouettes laissent plusieurs de leurs admirateurs sur leur faim avec ce dénouement en queue de poisson. Le travail de la ligne offensive et celui du quart-arrière Antony Calvillo fait l'objet de plusieurs critiques, incitant les observateurs à croire que des changements pourraient bien être apportés à la formation pendant la saison morte.
Le 22 novembre 2008 Cérémonie honorant l’ex-gardien de but du Canadien de Montréal, Patrick Roy
Patrick RoyLe Canadien de Montréal honore un des meilleurs gardiens de but de son histoire en retirant le chandail numéro 33 qu’a porté Patrick Roy de 1985 à 1995. Cette cérémonie survient au début de la saison commémorant le centenaire de la création de l’équipe.
Après avoir été repêché en 1984, Roy s’est d’abord aligné avec le Canadien de Sherbrooke de la Ligue américaine qu’il a mené à la conquête de la coupe Calder. L’année suivante, il a entrepris sa carrière à Montréal en guidant le Canadien à la conquête de la coupe Stanley, un exploit qu’il répète en 1993. Une controverse avec l’entraîneur Mario Tremblay entraîne son départ de Montréal en 1995 et son arrivée avec l’Avalanche du Colorado, équipe avec laquelle il gagne deux autres coupes Stanley (1996, 2001). Ce départ tumultueux, et d’autres polémiques survenues depuis que Roy est derrière le banc des Remparts de Québec de la Ligue de hockey junior du Québec, sont encore gravés dans la mémoire des amateurs. Mais le talent et la force de caractère de Roy, détenteur d’une foule de records de la Ligue nationale de hockey, sont reconnus par tous. De plus, celui-ci a constitué une inspiration pour toute une génération de jeunes gardiens de buts québécois qui ont atteint les rangs professionnels au cours des 20 dernières années. La présentation de l’ex-numéro 33 au public du centre Bell est saluée par une vibrante ovation de plusieurs minutes. Entouré de sa famille et de personnalités qui ont marqué sa carrière de hockeyeur, Roy fait allusion aux événements de 1995 lorsqu’il déclare: « Je me rappellerai de ce jour où j’ai dû partir trop vite sans vous dire au revoir, comme je l’aurais souhaité. » Il conclut cependant sur une note positive: « Vous me faites l’honneur de retirer mon chandail. Vous m’accueillez comme au premier soir. Mes amis, ce soir je rentre chez nous. »
Le 22 novembre 2008 Conquête de la coupe Vanier par le Rouge et Or de l’Université Laval
Marc-Antoine FortinLe Rouge et Or de l’Université Laval confirme sa supériorité sur la scène du football universitaire canadien en remportant une victoire de 44 à 21 contre les Mustangs de Western Ontario. Il s’agit d’une cinquième conquête de la coupe Vanier par la formation québécoise depuis 1999.
Le Rouge et Or connaît une autre saison de rêve en terminant le calendrier régulier de la Ligue universitaire québécoise sans subir une seule défaite. Les hommes de Glen Constantin poursuivent sur leur lancée lors des séries éliminatoires, défaisant successivement les Carabins de l’Université de Montréal, les Stingers de l’Université Concordia ainsi que les Dinos de l’Université de Calgary. En finale canadienne, le Rouge et Or fait face à l’Université Western Ontario. La joute, qui est disputée au stade Ivor Wynne de Hamilton, tourne rapidement à l’avantage des Québécois qui prennent une avance confortable dès la première demie. L’unité offensive, qui est dirigée par le joueur par excellence au pays, le vétéran quart-arrière Benoît Groulx, connaît un après-midi faste. C’est d’ailleurs le receveur de passes Julian Feoli-Gudino qui reçoit le titre de joueur par excellence de la rencontre. Pour sa part, la défensive du Rouge et Or, inspirée par le jeu de l’ailier défensif Marc-Antoine Fortin, contient efficacement les Mustangs. La victoire de 44 à 21 confirme la suprématie de l’Université Laval sur la scène du football universitaire canadien, suprématie qui pourrait bien se poursuivre en 2009 puisque la majorité des membres de l’édition 2008 seront de retour pour au moins une autre année. Le succès des Québécois constitue également un modèle pour les jeunes joueurs de la province qui sont de plus en plus nombreux à pratiquer le football.
Le 23 novembre 2008 Présentation de la finale de la coupe Grey au stade Olympique de Montréal
Logo de la finale de la coupe Grey 2008Une foule de 66 308 personnes assiste à la finale de la coupe Grey présentée au stade Olympique de Montréal. La partie, qui oppose les Alouettes de Montréal aux Stampeders de Calgary, se termine à l’avantage de ces derniers par le pointage de 22 à 14.
Avec l’entraîneur recrue Marc Trestman derrière le banc, les Alouettes connaissent une très bonne saison qu’ils terminent en tête de la section Est de la Ligue canadienne de football. Menés par le vétéran quart-arrière Anthony Calvillo, le joueur par excellence au pays, ils disposent en demi-finale des Eskimos d’Edmonton par la marque de 36 à 26. Cette victoire est d’autant plus satisfaisante que la finale de la coupe Grey 2008 a lieu au stade Olympique de Montréal. Il s’agit d’une sixième participation des Montréalais à cette classique depuis 2000. Ils n’ont toutefois remporté la victoire qu’une seule fois pendant cette séquence, une situation qui est soulignée à maintes reprises dans la presse au cours de la semaine qui précède la rencontre. Les festivités de la coupe Grey animent Montréal pendant la semaine qui est marquée par plusieurs activités. Plus de 66 000 personnes assistent à la rencontre que les Alouettes amorcent en force, prenant les devants 13 à 3. Un manque d’opportunisme et des ratés au niveau de l’attaque ouvrent cependant la porte aux Stampeders. Guidés par le joueur par excellence du match, le quart-arrière Henry Burris, ceux-ci se rallient et remportent la joute par la marque de 22 à 14. La défaite des Alouettes relance les rumeurs sur un éventuel départ de Calvillo, maintenant âgé de 36 ans. Ce dernier ne se prononce toutefois pas sur le sujet, liant son avenir à Montréal à la situation de son épouse Alexia dont l’état de santé avait fait les manchettes l’année précédente.
Source : La Presse, 22 novembre 2008, cahier Sport, p. 6; 23 novembre 2008, cahier Spécial; 24 novembre 2008, cahier Sport, p. 1-5. http://qc.news.yahoo.com/s/capress/081123/sport/lcf_coupe_grey_match http://www.radio-canada.ca/sports/football/2008/11/23/002-stamps-als-grey-dimanche.shtml
Le 27 novembre 2009 Annonce du retour du Grand Prix du Canada de Formule 1 à Montréal
Après des mois d’intenses négociations, des représentants des trois paliers de gouvernement annoncent qu’une entente conclue avec les dirigeants de la Formule 1 permettra, après une année d’absence, le retour du Grand Prix du Canada à Montréal en 2010.
Le retrait de Montréal du calendrier 2009 de la F1 avait causé beaucoup de remous au Québec. Bien que la perte des retombées économiques générées par cet événement fut déplorée par la grande majorité des observateurs, plusieurs dénoncèrent également l’approche du grand patron du circuit, Bernie Ecclestone, dont les exigences étaient considérées trop gourmandes. La donne change toutefois quelque peu au cours de 2009. Divers facteurs - le succès inégal des nouvelles villes associées à la F1, des pressions pour la tenue d’un Grand Prix en Amérique du Nord, etc. - relancent les négociations entre Ecclestone et les différents paliers de gouvernement. Elles aboutissent, en novembre 2009, à une entente qui prévoit le retour de la F1 à Montréal pour la période 2010-2014. Celle-ci est rendue publique le 27 novembre, lors d’une conférence de presse à laquelle participent le maire de Montréal, Gérald Tremblay, le ministre provincial des Finances, Raymond Bachand, ainsi que le ministre fédéral des Travaux publics et responsable de la métropole, Christian Paradis. Les trois hommes assurent avoir obtenu la meilleure entente possible. On évalue à environ 75 millions de dollars sur 5 ans la contribution des gouvernements, somme qui, selon les analystes, sera largement compensée par un pourcentage sur les recettes ainsi que les importantes retombées économiques directes et indirectes créées par l’événement. François Dumontier sera le promoteur du Grand Prix qui sera présenté en juin 2010.
Source : La Presse, 29 novembre 2009, p. A7; Le Devoir, 28 novembre 2009, p. B13. http://www.radio-canada.ca/sports/sports_motorises/2009/11/27/003-montreal-retour-vendredi.shtml?ref=rss
Le 29 novembre 2009 Conquête de la coupe Grey par les Alouettes de Montréal
Anwar Stewart et Anthony Calvillo soulèvent la Coupe GreyAprès avoir tiré de l’arrière tout au long de la partie, les Alouettes de Montréal remportent la coupe Grey en défaisant les Roughriders de la Saskatchewan 28 à 27 grâce à un placement de Damon Duval sur le dernier jeu de la rencontre. Cette fin dramatique clôture une saison de rêve pour les Alouettes et leur entraîneur Mark Trestman.
Les six participations récentes des Alouettes à la finale de la coupe Grey (2000, 2002, 2003, 2005, 2006, 2008) attestent de l’excellence de cette franchise. Leurs cinq défaites laissent toutefois un goût amer aux partisans. L’échec de 2008, devant le public montréalais, est particulièrement décevant. Sous les guides de l’entraîneur Mark Trestman, l’équipe revient en force en 2009, terminant la saison au sommet de la division Est avec 15 victoires et 3 défaites. Le vétéran quart arrière Anthony Calvillo, élu le joueur par excellence au pays, est aux commandes d’une attaque dévastatrice qui est en évidence lors de la finale de l’Est, une victoire de 56 à 18 contre les Lions de la Colombie-Britannique. Cette performance offensive, ainsi que la solide tenue défensive des Alouettes, incitent les parieurs à les favoriser en finale contre les Roughriders de la Saskatchewan. La partie, disputée à Calgary, s’avère cependant difficile. Menés 17 à 3 à la demie, les Alouettes se retrouvent avec un déficit de 27 à 11 alors qu’il reste environ 11 minutes à jouer. À partir de là, la défensive ferme la porte et l’attaque se met en branle derrière Calvillo, le demi Avon Cobourne - élu le joueur par excellence de la rencontre - et le vétéran receveur de passes Ben Cahoon. Le sort des Alouettes repose sur le botteur Damon Duval qui peut remporter la victoire sur le dernier jeu du match en réussissant un placement. Duval échoue, mais les Roughriders sont punis pour avoir eu trop de joueurs sur le terrain. Il réussit sa deuxième tentative sur 33 verges, scellant l’issue du match. Le mercredi suivant, les Montréalais profitent d’une journée rayonnante pour célébrer le triomphe de leurs favoris lors d’une impressionnante parade qui se déroule dans les rues de la ville.
Source : La Presse, 30 novembre 2009, Sports p. 1-3. http://www.radio-canada.ca/sports/football/2009/11/29/003-MTL-SSK-dimanche.shtml
Le 9 novembre 2010 Conquête de la Série mondiale de poker par Jonathan Duhamel
Jonathan DuhamelJonathan Duhamel, un jeune Québécois originaire de Boucherville, défraie la manchette en devenant le premier Canadien à remporter la Série mondiale de poker Texas hold’em. Cette victoire s’accompagne d’une bourse de près de 9 millions de dollars.
Un nombre grandissant de Québécois s’intéressent au poker, un jeu que des milliers d’amateurs pratiquent en ligne grâce à l’internet. C’est le parcours qu’a suivi Jonathan Hamel, un jeune homme de 23 ans qui joue professionnellement depuis 2008. Cet ex-étudiant en finance de l’Université du Québec à Montréal a d’abord peaufiné sa connaissance du poker sur l’internet avant de participer à des tournois qui se déroulent en Amérique et en Europe. Il connaît du succès, mais rien de comparable à celui qui se dessine à Las Vegas alors qu’il se retrouve seul, avec l’Américain John Racener, pour déterminer le champion de la Série mondiale de poker. Détenteur d’un plus grand nombre de jetons, acquis dans les rondes précédentes, Duhamel vient finalement à bout de son rival le 9 novembre, à la grande joie des quelques dizaines de ses partisans qui ont fait le voyage pour l’encourager. Le Québécois, qui empoche une bourse de 8,9 millions de dollars, devient le premier Canadien à remporter ce titre. Son triomphe lui assure aussi le soutien de plusieurs commandites qui l’épauleront dans ses futurs compétitions.
Source : La Presse, 10 novembre 2010, p. A14; Le Devoir, 10 novembre 2010, p. B8. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/11/09/001-duhamel_poker.shtml
Le 27 novembre 2010 Conquête de la coupe Grey par les Alouettes de Montréal
En défaisant les Roughriders de la Saskatchewan 21 à 18, les Alouettes de Montréal de l’entraîneur Marc Trestman deviennent la première équipe de la Ligue canadienne de football (LCF) depuis 1997 à remporter la coupe Grey deux saisons d’affilée.
Les Alouettes de Montréal connaissent beaucoup de succès depuis qu’ils ont réintégré les rangs de la LCF, en 1996. En 2010, ils se retrouvent en position de réaliser un exploit inédit dans leur longue histoire: remporter la coupe Grey lors de deux saisons consécutives. Dominants en saison régulière, ils remportent 12 victoires contre 6 défaites et trônent au sommet de la division Est. Ils sont également favoris pour l’emporter lors de la finale de la coupe Grey qui se déroule au stade du Commonwealth, à Edmonton, le 27 novembre 2010. Leurs adversaires, les Roughriders de la Saskatchewan, leur font cependant la vie dure. Au cours des trois premiers quarts de jeu, le pointage est encore à égalité, 11 à 11, grâce à une défensive étanche de part et d’autre. Menée par le demi Avon Colbourne, le quart-arrière Anthony Calvillo, qui obtient 336 verges de gain par la passe, et un excellent groupe de receveurs de passes, l’attaque se met finalement en marche au dernier quart. Une interception de Billy Parker scelle l’issue du match qui se termine 21 à 18 pour les Alouettes. Cette victoire des Montréalais, la deuxième consécutive en finale de la coupe Grey, est saluée avec éclat dans la semaine qui suit par une parade dans les rues de Montréal. Plusieurs se surprennent à rêver d’un autre succès pour les Alouettes en 2011, même si des rumeurs circulent à l’effet que l’entraîneur Marc Trestman serait courtisé par des équipes de la Ligue nationale de football.
Source : La Presse, 30 novembre 2010, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/sports/football/2010/11/28/002-als-riders-greycup.shtml http://fr.montrealalouettes.com/article/champions-de-la-coupe-grey-alouettes-21-roughriders-18
Le 27 novembre 2010 Conquête de la coupe Vanier par le Rouge et Or de l’Université Laval
Sébastien LévesqueLe Rouge et Or de l’Université Laval boucle une saison parfaite en remportant la coupe Vanier, symbole de la suprématie au football universitaire canadien, par la marque de 29 à 2 contre les Dinos de Calgary.
Le Rouge et Or survole une fois de plus le football universitaire québécois en 2010. Il remporte neuf victoires en saison régulière, avant de prendre la mesure des Gaiters de Bishop’s, puis du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke, 22 à 17, en finale québécoise pour l’obtention de la coupe Dunsmore. Les hommes de Glen Constantin, élu le meilleur entraîneur universitaire au Canada, se qualifient ensuite pour la finale nationale en défaisant les Mustangs de l’Université Western Ontario 13 à 11 dans le match pour la coupe Uteck. La présence du Rouge et Or en finale pour la coupe Vanier est d’autant plus satisfaisante qu’elle se déroule à Québec, là où les locaux n’ont pas subi la défaite depuis 2004. Plus de 16 000 spectateurs se déplacent pour cette rencontre, disputée dans la neige, face aux Dinos de Calgary. Ils assistent à un départ canon de leurs favoris qui prennent rapidement les devants. Le porteur de ballon Sébastien Lévesque, joueur par excellence de la rencontre, gagne 168 verges au sol, alors que le botteur Christopher Milo réussit cinq placements. L’élément clef du match est toutefois la défensive du Rouge et Or qui musèle complètement l’attaque des Dinos, en route vers une victoire facile de 29 à 2. Cette conquête de la coupe Vanier, la sixième de l’Université Laval, confirme la suprématie nationale de cette institution, devenue au fil des ans la référence en matière de recrutement et de développement des joueurs. Elle met aussi la table à une fin de semaine mémorable pour le football au Québec, puisque le lendemain ce sera au tour des Alouettes de Montréal d’accéder aux plus grands honneurs en décrochant la coupe Grey.
Source : Le Soleil, 28 novembre 2010, p. 1 et al.; La Presse, 29 novembre 2010, cahier Sports. http://www.rougeetor.ulaval.ca/les_clubs/football/football_accueil/index.html http://www.radio-canada.ca/sports/football/2010/11/27/001-vanier-rouge-et-or-dinos.shtml
Le 24 novembre 2012 Conquête de la coupe Vanier par le Rouge et Or de l’Université Laval
Vainqueurs de la coupe Vanier 2012Le Rouge et Or de l’Université Laval établit une marque en remportant une septième coupe Vanier, symbole de la suprématie canadienne au football universitaire. Ils défont à cette occasion les champions de 2011, les Marauders de McMaster, par le pointage de 37 à 14.
La finale de 2011 avait laissé un goût amer dans la bouche des hommes de Glen Constantin. Ils avaient alors été battus 41 à 38 par McMaster au terme d’une partie spectaculaire qui s’était terminée en temps supplémentaire. En 2012, le Rouge et Or réaffirme sa domination sur le football universitaire québécois. Il remporte le titre de la saison régulière puis vient à bout du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke en finale de la coupe Dunsmore par la marque de 40 à 17. S’ensuit une victoire facile de 42 à 7 pour l’obtention du Uteck Bowl contre les Axeman d’Acadia, ce qui met la table à une reprise de 2011 alors que Rouge et Or et Marauders se retrouvent de nouveau face à face pour le titre national. Cette fois, la joute est disputée au Rogers Centre de Toronto devant 37 098 spectateurs, la plupart favorables aux Marauders. La défensive québécoise connaît un match exceptionnel, contenant le quart arrière vedette Kyle Quinlan, récipiendaire du trophée Hec Crighton remis au meilleur joueur universitaire au pays. Tirant de l’arrière à la demie, le Rouge et Or passe à la vitesse supérieure au troisième quart. Sa ligne offensive crée des ouvertures béantes au demi Maxime Boutin qui gagne 253 verges au sol sur l’ensemble de la partie, pavant la voie à une victoire sans conteste de 37 à 14. Il s’agit d’une septième conquête de la coupe Vanier pour Laval, un record canadien d’autant plus remarquable qu’il a été obtenu par un programme qui n’existe que depuis 1995.
Source : Le Soleil, 24 novembre 2012, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/sports/footballuniversitaire/2012/11/23/002-vanier-football-vendredi.shtm
Le 12 novembre 2013 Dénouement de la traversée de l’Atlantique à la rame par Mylène Paquette
Mylène PaquetteAprès un périple de plus de quatre mois, Mylène Paquette, une Montréalaise de 35 ans, réussit un exploit en devenant la première Nord-Américaine à faire la traversée de l’Atlantique Nord en solitaire à la rame, du Canada à la France.
Il ne s’agit pas d’une première expérience sur l’Atlantique pour Mylène Paquette, une ex-préposée aux bénéficiaires auprès des enfants malades du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. En 2010, elle faisait partie d’une équipe qui a traversé cet océan à la rame, de Bridgeport, aux Barbades, à Agadir, au Maroc. Cette aventure lui donne la piqûre pour les tentatives en solitaire, comme celle qu’elle entreprend sur le Saint-Laurent l’année suivante. En 2013, Paquette se lance dans un projet encore plus ambitieux: traverser l’Atlantique Nord en solitaire à la rame, sans voile ou moteur. Un de ses objectifs consiste d’ailleurs à sensibiliser le public « à l’importance des écosystèmes ». À bord du Hermel, un bateau long de 7 mètres 30, fait de matériaux composites et muni de panneaux solaires, elle prend le départ à Halifax, le 6 juillet 2013. Appuyée par une équipe au sol, elle garde également le contact avec la population grâce aux médias sociaux. Après un périple mouvementé de 129 jours ponctué par de dures épreuves, dont des vents violents, des vagues imposantes et quelques chavirages, elle arrive finalement à destination le 12 novembre. À son arrivée au port de Lorient, en France, elle est accueillie par une horde d’admirateurs, dont ses parents venus du Québec. Mylène Paquette devient la première Nord-Américaine à réussir en solitaire et à la rame cette traversée d’environ 2 700 milles nautiques (5 000 kilomètres). Elle reconnaît que, pour les prochains jours, ses priorités iront à sa famille et à de bons repas. D’autres projets sont toutefois envisagés pour les années à venir.
Le 23 novembre 2013 Conquête de la coupe Vanier par le Rouge et Or de l’université Laval
Victoire de la coupe Vanier 2013Devant 18 543 de ses partisans réunis au Peps, le Rouge et Or de l’université Laval remporte une deuxième coupe Vanier consécutive en défaisant les Dinos de Calgary par la marque de 25 à 14. Il s’agit d’un septième titre pour l’entraîneur Glen Constantin et d’un huitième pour la formation québécoise, la plus titrée de l’histoire du football universitaire canadien.
Ce triomphe couronne une autre saison parfaite pour le Rouge et Or. Après avoir remporté les huit parties de la saison régulière, celui-ci a battu le Vert et Or de l’université de Sherbrooke (32-11), puis les Carabins de l’université de Montréal (14-11) dans un match chaudement disputé pour l’obtention de la coupe Dunsmore. Les Québécois se sont ensuite qualifiés pour leur quatrième finale nationale consécutive en défaisant les Mounties de Mount Allison 48-21. Malgré cette feuille de route éloquente, plusieurs pensent que leurs rivaux, les Dinos de Calgary de l’entraîneur Blake Nill, peuvent leur faire la vie dure. C’est ce qui se produit le 23 novembre, au Peps de l’université Laval, alors que les visiteurs prennent les devants 14 à 12 au troisième quart. Derrière leur puissante ligne offensive, les demis du Rouge et Or connaissent toutefois un après-midi faste - 449 verges au sol, un record - et percent à répétition la défensive des Dinos qui s’inclinent finalement 25 à 14. C’est d’ailleurs le demi Pascal Lochard qui est élu le joueur par excellence de la rencontre. Il s’agit d’une 65e victoire consécutive à domicile pour les Québécois, un autre record, qui deviennent par le fait même la première équipe à gagner la coupe Vanier pendant deux années consécutives depuis qu’ils avaient réalisé l’exploit en 2004.
Le 25 novembre 2013 Conclusion d’une transaction d’envergure pour la présentation des parties télévisées de la LNH
Dave Morissette et Pierre DionLe groupe Rogers signe une entente d’envergure avec la Ligue nationale de hockey (LNH). Tant au Canada qu’au Québec, cette transaction de 5,2 milliards, sur 12 ans, marque un virage majeur dans la présentation télévisée du hockey professionnel.
Sur le plan national, The Sports Network (TSN) et le Réseau des sports (RDS), deux chaînes spécialisées en sport appartenant à Bell, sont des acteurs majeurs dans la présentation des parties télévisées de la LNH. Au Québec, RDS présente par exemple tous les matchs du Canadien de Montréal depuis plusieurs années. Une concurrence se développe à partir de 2011, alors qu’une autre chaîne sportive, TVA sports, du groupe Québecor, voit le jour. Le 25 novembre 2013, celle-ci frappe un grand coup. Comme sous-traitante de Rogers, elle annonce qu’elle a obtenu les droits pour présenter, à partir de 2014-2015, les parties de la LNH. L’entente inclut la partie des étoiles, la classique hivernale ainsi que les séries éliminatoires. Surtout, TVA sports détiendra dès 2014-2015, et pour une période de 12 ans, les droits sur 22 parties du Canadien de Montréal, soit celles du samedi soir. Il s’agit d’une percée importante pour cette chaîne. Cette annonce se fait dans la foulée de celle de Rogers qui, pour sa part, a ravi les droits de la LNH à Bell pour la somme record de 5,2 milliards de dollars. La nouvelle fait les manchettes et suscite de nombreuses réactions, tant sur le plan sportif que médiatique ou financier. La rivalité entre les chaînes sportives québécoises se poursuivra au cours des semaines qui suivent puisque le Canadien de Montréal devra maintenant décider à qui il accorde les droits pour les 60 autres parties de son calendrier régulier, celles qui se déroulent les autres soirs de la semaine. Une chaude lutte se dessine puisque TVA sports a clairement exprimé, par la voix du président et chef de la direction du Groupe TVA, Pierre Dion, le désir de devenir le numéro 1 des chaînes sportives au Québec. Une deuxième chaîne spécialisée dans ce domaine sera même lancée par le Groupe TVA afin de présenter les joutes de la LNH.
Le 29 novembre 2014 Conquête de la coupe Vanier par les Carabins de l’Université de Montréal
Victoire des CarabinsDevant 22 649 de leurs partisans rassemblés au stade Percival-Molson de l’Université McGill, les Carabins de l’Université de Montréal remportent une victoire historique en finale de la coupe Vanier, défaisant les Marauders de McMaster 20 à 19. Il s’agit d’une première pour cette institution montréalaise dont le programme de football a été instauré en 2002.
La suprématie du Rouge et Or de l’Université Laval, huit fois champions de la coupe Vanier, semble inébranlable lorsque les hommes de Glen Constantin défont les Carabins de l’Université de Montréal 40-13 lors du match inaugural de la saison de football universitaire 2014. À partir de là, les Carabins connaissent toutefois une saison de rêve, remportant tous leurs matchs. En séries de fin de saison, ils écartent facilement le Vert et Or de l’Université de Sherbrooke, avant de mettre fin à la séquence victorieuse du Rouge et Or à domicile lors de la finale de la coupe Dunsmore. Cette victoire de 12-9, acquise en temps supplémentaire, est suivie par un autre triomphe, cette fois de 29 à 26, contre les Bisons du Manitoba. Ce gain assure à la troupe de l’entraîneur Danny Maciocia, déjà vainqueur d’une coupe Grey comme entraîneur-chef avec Edmonton en 2005, une participation à la 50e édition de la finale de la coupe Vanier qui a lieu à Montréal. Les Marauders de McMaster sont les adversaires des Carabins. Cette université ontarienne a pris part à trois des quatre dernières finales nationales, remportant le titre en 2011. McMaster prend les devants 13-3 à la demie du match ultime. Les Carabins prennent cependant l’avance 20 à 19 vers la fin du quatrième quart, grâce à un placement du botteur Louis-Philippe Simoneau. Les Marauders ont une dernière chance, mais le botté de Tyler Crapigna, le meilleur à sa position au pays, est bloqué par le joueur de ligne Mathieu Girard. Cette conquête de la coupe Vanier, la première de l’histoire des Carabins, conclut une séquence de 11 victoires consécutives. Anthony Coady est nommé le meilleur joueur défensif alors que Régis Cibasu obtient le titre de joueur par excellence de la partie. C’est la quatrième fois qu’une équipe du Québec remporte la coupe Vanier au cours des cinq dernières années.
Le 14 novembre 2019 Annonce de l’embauche de Thierry Henry comme entraîneur de l’Impact de Montréal
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Peu après le dénouement d’une saison 2019 difficile, marquée par le congédiement de l’entraîneur Rémi Garde le 21 août, l’Impact de Montréal de la Major League Soccer (MLS) annonce qu’elle a engagé le Français Thierry Henry pour diriger l’équipe. L’embauche de cette vedette internationale a un retentissement immédiat dans les médias.
Le 22 janvier 2019, le propriétaire de l’Impact, Joey Saputo, étonne en annonçant qu’il quitte ses fonctions de président au profit de Kevin Gilmore. Après avoir manqué les séries de fin de saison en 2018, la franchise montréalaise espère se ressaisir en 2019. Elle connait toutefois une campagne difficile, dont une séquence de 1 victoire en 8 parties au cœur de l’été. Le 21 août, la direction réagit en congédiant son entraîneur Rémi Garde ainsi que son adjoint Joël Bats. Garde, 53 ans, était à la barre de l’équipe depuis novembre 2017. Il avait alors succédé à Mauro Biello. Son successeur sur une base intérimaire est le Colombien Wilmer Cabrera, assisté de Patrice Bernier, un ex-capitaine de l’Impact. Le 25 septembre, les Montréalais remportent le championnat canadien contre le FC Toronto. Ils restent néanmoins à court des séries éliminatoires pour une troisième année consécutive, compilant une fiche de 12 victoires, 17 défaites et 5 parties nulles, bonne pour une 9e position. Le 14 novembre, la direction frappe un grand coup en annonçant l’embauche de Thierry Henry comme entraîneur. Une icone du football français, celui-ci est un ancien champion du monde, en 1998, et de l’Euro, en 2000, qui détient le record pour le plus de but en sélection française, en plus de devenir une légende avec l’Arsenal de la Premier League britannique. Même si son expérience comme entraîneur chef, à la tête de l’AS Monaco, s’est avéré infructueux, l’homme de 42 ans est accueilli chaleureusement à l’aéroport à son arrivée à Montréal. La nouvelle de son embauche fait également le tour de la « planète football », donnant un rayonnement à l’Impact qui espère se relancer en 2020. Un contexte difficile, dont l’épidémie de la covid-19 qui perturbera les activités de la MLS, marquera toutefois le passage de Henry à Montréal qui se terminera avec l’annonce de son départ, le 25 février 2021.
Source : Le Journal de Montréal, 21 août 2019; 15 novembre 2019; La Presse+, 15 novembre 2019, Débats, p. 1-2, Ici Radio-Canada, 14 novembre 2019; L’Équipe, 15 novembre 2019, p. 13; https://www.rds.ca/soccer/impact/mls-thierry-henry-entraineur-chef-de-l-impact-de-montreal-1.7010741; https://canadasoccer.com/fr/news/limpact-de-montreal-remporte-le-championnat-canadien-2019/
«...il serait difficile de trouver à Montréal une équipe de sport professionnelle plus représentative de la ville dans laquelle elle évolue majoritairement francophone, tout en étant diversifiée, branchée sur le monde et comptant plus d’individus trilingues que n’importe quelle ville en Amérique du Nord. Cette spécificité montréalaise, Thierry Henry semble l’avoir vite compris si on se fie à son annonce sur les réseaux sociaux hier. « Je suis heureux d’annoncer ma nomination en tant qu’entraîneur-chef de l’Impact. Je suis excité de relever ce défi dans une ville avec autant de diversité culturelle », a-t-il écrit en français et en anglais hier à ses 2,2 millions d’abonnés sur Twitter. Et c’est là qu’on a pu voir un autre attrait majeur de M. Henry : sa portée. Sur Twitter, l’ancien champion français devenu entraîneur a à lui seul plus d’abonnés que le tricolore. Les grands médias du monde entier ont immédiatement relayé la nouvelle de sa nomination comme ils l’avaient fait après l’arrivée de Didier Drogba au sein de l’Impact en 2015. On imagine que ça ne nuira pas à la vente de billets. »
Laura-Julie Perreault, « Le grand impact de Thierry Henry », La Presse+, 15 novembre 2019, Débats, p. 1-2.
«...Le défenseur français Wandrille Lefèvre, aujourd’hui retraité, était avec l’Impact quand Didier Drogba est arrivé à Montréal. Il n’hésite pas à comparer l’attrait que suscitera Henry avec celui de l’attaquant ivoirien. « Leur rôle n’est pas similaire, mais c’est comparable. Ils sont de la même génération, avec un même profil de buteurs charismatiques. C’est sûr que, par contre, la dynamique est différente, assure-t-il. En tant qu’entraîneur-chef, Thierry Henry va polariser toute l’attention sur lui. Ça va peut-être dégager les joueurs d’une certaine pression. » L’Impact va faire parler de lui un peu partout dans le monde pour la prochaine semaine. Ensuite, quand le buzz mondial va s’estomper, il restera le buzz local qui va durer avec des attentes, des signatures, des communiqués jusqu’au début de l’année. Et ça, je pense que ça va aider les abonnements. Lefèvre convient que la stature d’un joueur pendant sa carrière ne garantit pas ses succès comme entraîneur. « Un grand joueur ne fait pas un grand entraîneur, c’est sûr et certain. Mais maintenant, il y a des qualités chez un grand joueur qui te prête à penser qu’il va réussir : le leadership, le charisme, utiliser son cerveau pour réfléchir le jeu, a-t-il détaillé. »
S.A., « « Thierry Henry aura le respect de tout le monde »» - Francis Millien, Ici Radio-Canada, 14 novembre 2019.
«...Les questions sont encore là, aujourd’hui, alors qu’il n’est pas parvenu, à Monaco, à trouver la juste distance, encore un peu trop joueur dans la tête pour être tout à fait coach. Il avait des excuses, bien sûr : son inexpérience à ce poste, une cascade de blessures frappant son effectif; mais il a fait des erreurs, aussi, dans les choix d’équipe, la communication, le management. [...] Henry a pour lui son énorme connaissance du jeu, qu’il suit depuis toujours avec une passion rare, et il ne sera pas complètement dépaysé en MLS, au sein de laquelle il a joué, avec les Red Bulls de New York, à la fin de sa première carrière (2010-2014). Sa riche expérience, d’Arsenal à l’équipe de France, dont il reste le meilleur buteur, est un atout précieux pour son nouveau président : « Il partage notre vision de vouloir élever cette organisation en nous aidant à atteindre nos objectifs sur le terrain mais aussi à l’extérieur. » »
Mélisande Gomez, « Coach Henry, deuxième chance », L’Équipe (France), 15 novembre 2019, p. 13.
Le 24 novembre 2018 Conquête de la coupe Vanier par le Rouge et Or de l’Université Laval
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Après avoir subi la défaite contre les Mustangs de Western lors de la finale de la coupe Vanier en novembre 2017, le Rouge et Or de l’Université Laval revient en force en 2018 et défait cette équipe 34 à 20 devant ses partisans québécois. Cette victoire clôture une saison parfaite pour la troupe de Glen Constantin, la quatrième de son histoire.
En 2017, le Rouge et Or et les Mustangs avaient croisé le fer en finale nationale à Hamilton. À cette occasion, les Ontariens ont remporté une victoire décisive de 39 à 17. En 2018, les porte-couleurs de l’Université Laval reviennent à la charge. Invaincus en saison régulière, ils défont leurs éternels rivaux, les Carabins de l’Université de Montréal, en finale de la coupe Dunsmore. Puis, ils écrasent les X-Men de St-Francis Xavier 63-0 en finale de la coupe Uteck. Western bat pour sa part les Huskies de la Saskatchewan 47-24, ce qui met la table à une 54e édition de la coupe Vanier impliquant les deux meilleures formations universitaires au pays. Le 24 novembre 2018, 12 380 spectateurs sont présents au stade Telus de l’Université Laval. Cette fois, les locaux dominent le match. En fin de carrière universitaire, le quart-arrière Hugo Richard brille avec 23 passes complétées sur 31, dont deux pour des touchés, en plus d’obtenir un autre majeur en portant lui-même le ballon. Richard sera nommé le joueur par excellence. Le secondeur Adam Auclair s’illustre pour sa part sur le plan défensif. La défensive du Rouge et Or est d’ailleurs à la hauteur, notamment grâce à Gabriel Ouellet et Mathieu Betts, tandis que David Côté réalise deux placements. Pour Western, cette défaite met un terme à une séquence de 23 triomphes consécutifs, ce qui approchait cette institution ayant une solide tradition de football du record de l’Université Laval. Quant au Rouge et Or, il s’agit d’une 10e conquête du titre canadien, un 9e pour l’entraîneur Glen Constantin.
Le 30 novembre 2016 Défaite de l’Impact de Montréal en finale d’association de la MLS
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Marc-Olivier Jacob, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 30 novembre 2016, l’Impact de Montréal affronte le Toronto FC en finale de l’association de l’Est dans une série de deux matchs « aller-retour ». L’Impact doit s’avouer vaincu 5 à 2 à Toronto lors de la seconde joute. Avec un total de 7 buts à 5 en faveur de Toronto, l’équipe montréalaise est éliminée des séries éliminatoires de la Major League Soccer (MLS).
Les joueurs de l’Impact débutent bien cette série en remportant le premier match devant leurs partisans présents au Stade olympique de Montréal. La marque finale est de 3 à 2. Par conséquent, l’Impact détient un avantage non négligeable, car un match nul, une victoire ou une défaite par un but lors du match « retour » ferait en sorte qu’il remporterait la série et se retrouverait en finale de la MLS pour la première fois de son histoire. Lors du match « retour », après 90 minutes de jeu, le score est de 3 à 2 en faveur de Toronto. Au total des buts il y a donc égalité, 5 à 5. Le résultat du match se décide en prolongation. Le Toronto FC marque deux buts successivement et porte le score à 5 à 2, soit 7 à 5 au total. Cette série « aller-retour » éliminatoire est historique. En effet, il s’agit d’un record de buts, soit 12, dans ce format éliminatoire. En revanche, l’Impact est la première équipe éliminée après avoir remporté le premier match d’une telle série. Au Canada, il s’agit du match de soccer de la MLS le plus regardé de tous les temps avec 1,4 million de téléspectateurs sur les ondes de TSN et RDS. Il reste maintenant à savoir si l’Impact de Montréal pourra avoir un onze partant aussi compétitif en 2017 puisque son joueur étoile, l’Ivoirien Didier Drogba, ne reviendra pas avec l’équipe la saison prochaine, que le contrat du capitaine, Patrice Bernier viendra à échéance et que l’avenir de l’attaquant Ignacio Piatti, séparé de sa famille pendant la saison, demeure incertain. Or, ces trois joueurs ont contribué au succès du onze montréalais.
Source : Bélanger-Champagne, Alexis, « La dernière page du chapitre », Le Soleil, p.46, 30 décembre 2016, consulté le 15/07/2024, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3641089?docsearchtext=impact%20de%20montr%C3%A9al%2030%20novembre%202016; Milano, Pascale, « L’impact tombe de haut », Le Soleil, p.54, 1er décembre 2016, consulté le 15/07/2024, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3641090?docsearchtext=impact%20de%20montr%C3%A9al%201er%20d%C3%A9cembre%202016; Lévesque, Dave, « L’Impact et le Toronto FC nous ont offert une série mémorable », Le Journal de Montréal, 1er décembre 2016, consulté le 15/07/2024, URL https://www.journaldequebec.com/2016/12/01/limpact-et-le-toronto-fc-nous-ont-offert-une-serie-memorable
«…Les gars de l’Impact se sont battus comme des tigres. Ils ont fini par perdre en prolongation contre le riche Toronto Football Club. Ils ont perdu mais je m’en fous. Ils sont beaux et on les aime. Ils ont perdu contre une très bonne équipe. Ils ont perdu parce qu’ils n’ont pas su gérer les petits détails comme l’expliquait le capitaine Patrice Bernier après le match. […] Les petits détails, ce sont les trois corners frappés par les joueurs du TFC qui ont été transformés en autant de buts. […] Mais je les aime parce que tous les joueurs de l’Impact se sont donnés à 100 %. Personne ne s’est retenu. Ils sont allés au bout de leurs capacités. Au bout de ce qu’ils avaient à donner à leur équipe et à leurs fans. Personne ne peut leur demander plus. Et ils ont été beaux en se battant jusqu’à la dernière seconde dans une situation désespérée sans jamais perdre la beauté du geste sportif. On sentait que ces gars-là étaient fiers d’écrire l’histoire avec leurs adversaires. Le soccer à Montréal et au Canada a gagné grâce à ce courage des deux équipes. »
Réjean Tremblay, « Ils sont beaux et je les aime », Le Journal de Montréal, 1er décembre 2016.
«...Cette finale de championnat s’est jouée dans les détails, d’ailleurs le diable ne s’y trouve-t-il pas? Des détails comme ces coups francs meurtriers qu’on aurait pu mieux défendre ou encore mieux éviter. Les errances défensives, la latitude accordée à l’adversaire dans la surface de réparation, le recul soudain alors que l’équipe bénéficie d’une avance parfois confortable. Les fautes qui n’ont pas été sifflées, les cartons qui n’ont pas été donnés. Le banc sur lequel il faudra se pencher pour lui apporter plus de profondeur. [...] Chose certaine, le spectacle a été intense et les amateurs, convaincus ou néophytes, en auront eu plein la vue. Et qu’on ne vienne plus me dire qu’il n’y a pas de buts au soccer. Douze dans une série aller-retour, c’est un record de la ligue. L’Impact a probablement perdu contre le premier vainqueur canadien de la Coupe MLS. »
Claudine Douville, « Pourtant si près... », RDS.ca, 1er décembre 2016, consulté le 15/07/2024, URL https://www.rds.ca/soccer/impact/pourtant-si-pres-1.3688913
Le 28 novembre 1902 Tenue du premier concert de l'Orchestre symphonique de Québec
Le premier orchestre symphonique de Québec avec, au centre, son chef Joseph VézinaLe premier concert de l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) est donné au Tara Hall sous la direction de Joseph Vézina. L'OSQ est le plus vieil orchestre permanent au Québec.
Peu de temps après sa fondation, l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) tient son premier concert. En 1903, cette formation changera de nom pour celui de Société symphonique de Québec et remportera plusieurs honneurs. En 1942, la Société fusionnera avec le Cercle philarmonique de Québec pour former, à nouveau, l'Orchestre symphonique de Québec. De grands noms sont associés à l'OSQ, dont celui de Wilfrid Pelletier, qui en sera le directeur artistique de 1951 à 1966.
Le 8 novembre 1910 Premier concert du Quatuor à cordes Dubois
Salle WindsorPrésenté à la salle Windsor de Montréal, ce concert inaugure la première saison du quatuor, fondé par le violoncelliste d'origine belge Jean-Baptiste Dubois. Son décès, en 1938, entraînera la fin des activités de l'ensemble.
Ses programmes proposent principalement des œuvres de l'époque classique, auxquelles seront ajoutées peu à peu des œuvres de compositeurs contemporains. Afin d'étendre son répertoire aux sonates, trios et quintettes, le quatuor s'adjoindra un pianiste attitré et invitera des solistes à maintes reprises. Au cours de ses 28 années d'existence, le quatuor présentera 163 concerts.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p. 2803-2804.
Le 11 novembre 1949 Première du film « Le curé de village »
Ce long-métrage de fiction en noir et blanc est réalisé par Paul Gury Le Gouriadec et produit par Paul L'Anglais. Parmi les interprètes, on retrouve Ovila Légaré, Paul Guèvremont et Mme J.R. Tremblay.
L'intrigue de ce film, qui obtient le Grand Prix du Second Canadian Film Awards, met en évidence l'influence prépondérante que possède un curé de village sur toutes les affaires, morales, spirituelles et matérielles de sa paroisse.
Source : Christiane Tremblay-Daviault, Un cinéma orphelin : structures memtales et sociales du cinéma québécois (1942-1953), Montréal, Québec/Amérique, 1981, 355 p.
Le 4 novembre 1953 Première présentation du téléroman « La famille Plouffe »
Amanda Alarie, Paul Guèvremont, Pierre Valcour, Jean-Louis Roux, Denise Pelletier et Émile Genest du téléroman « La famille Plouffe »La série télévisée « La famille Plouffe », inspirée par le roman « Les Plouffe » de Roger Lemelin , prend la relève de l'adaptation radiophonique en paraissant pour la première fois au petit écran le soir du 4 novembre 1953. Cette série raconte la vie quotidienne d'une famille ouvrière de la basse-ville de Québec.
De 1953 à 1957, Radio-Canada présente 194 épisodes de « La famille Plouffe », faisant de ses comédiens, avec les hockeyeurs et les lutteurs, les premières vedettes québécoises du petit écran. Le public se reconnaît dans les joies et les peines, les réussites et les échecs de cette famille ouvrière, suscitant un engouement énorme pour cette émission à laquelle Lemelin donne une suite en écrivant deux autres séries: « En haut de la pente douce » et « Le petit monde du père Gédéon ». Devant la popularité de « La famille Plouffe », Radio-Canada lance sur le marché des casse-tête. Une version anglaise, « The Plouffe Family », est également présentée. Parmi les principaux interprètes de cette série on retrouve: Paul Guèvremont (Théophile Plouffe), Amanda Alarie (Joséphine Plouffe), Pierre Valcour (Guillaume Plouffe), Jean-Louis Roux (Ovide Plouffe), Émile Genest (Napoléon Plouffe), Denise Pelletier (Cécile Plouffe).
Source : Paule des Rivières, «La vie est un téléroman», Le Devoir, Québec, 14 décembre 1996, p.B1. Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les publications du Québec, 1993, 692 p.
Le 12 novembre 1954 Première présentation du téléroman « Anne-Marie »
Le téléroman « Anne-Marie », dont le scénario est écrit par Eugène Cloutier, relate la vie quotidienne d'un jeune couple.
Entre novembre et décembre 1954, Radio-Canada présentera 29 épisodes de cette comédie qui met en vedette Roland Chenail et Monique Leyrac dans le rôle-titre.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.21-22.
Le 30 novembre 1954 Première présentation du téléroman « Le Survenant »
Neuf ans après la publication du roman du même nom de Germaine Guèvremont, « Le Survenant » fait son apparition à la télévision. L'intrigue se déroule au tournant du siècle, dans le petit village du Chenal-du-Moine où débarque un étranger.
Radio-Canada présentera 138 épisodes de la série « Le Survenant » entre 1954 et 1960. Un an après les débuts de « La famille Plouffe », le personnage du survenant, interprété par Jean Coutu, s'imposera rapidement comme un des plus populaires de la télévision québécoise. Germaine Guèvremont écrit le scénario de cette émission qui est réalisée par Denys Gagnon, Maurice Leroux et Jo Martin.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.342-343.
Le 11 novembre 1955 Première présentation du téléroman « Beau temps, mauvais temps »
Dans le téléroman « Beau temps, mauvais temps », Lise Lavallée raconte les difficultés que vivent les jeunes des années 1950.
Entre 1955 et 1958, Radio-Canada présente 96 épisodes de cette série dont l'action se déroule dans la petite ville de Villeneuve où vivent des jeunes provenant de familles ouvrières et de la classe moyenne.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les Publications du Québec, 1993, 692 pages.
Le 12 novembre 1956 Débuts de la contralto Maureen Forrester au Town Hall de New York
Originaire de Montréal, Maureen Forrester deviendra rapidement la contralto la plus en demande en Amérique du Nord. En 1967, elle sera décorée de l'Ordre du Canada.
Après une carrière au rayonnement international qui l'amène dans les plus grandes capitales du monde, Forester deviendra, en 1984, présidente du Conseil des arts du Canada.
Source : Denis Turcotte, dir., Reflets du Québec; des faits, des dates, des personnalités, Québec, éd. Association Québec dans le monde, 1990. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1002-1003.
Le 1er novembre 1960 Première présentation du téléroman « La côte de sable »
Distribution du téléroman « La côte de sable »Premier téléroman se déroulant hors du Québec, « La côte de sable », de Marcel Dubé, raconte les bouleversements d'une famille à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale.
De 1960 à 1962, Radio-Canada présente 67 épisodes de la série « La côte de sable ». Réalisé par Louis-Georges Carrier, ce téléroman met notamment en vedette Yves Létourneau, Denise Pelletier, Roger Garceau, Benoît Girard, Clémence Desrochers et Nathalie Gascon.
Source : Jean-Yves Croteau, répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.97.
Le 10 novembre 1961 Première présentation du téléroman « Le mors aux dents »
Le téléroman « Le mors aux dents », écrit par Lise Lavallée, raconte les problèmes quotidiens auxquels doivent faire face deux familles ouvrières québécoises.
De 1961 à 1962, Radio-Canada présente 33 épisodes de la série « Le mors aux dents ». Ce téléroman réalisé par André Bousquet met notamment en vedette Gilles Pellerin, Janine Sutto, Yves Gélinas, Pierre Boucher, Fernande Larivière et André Montmorency.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.256-257.
Le 13 novembre 1969 Première représentation de la pièce « T'es pas tannée, Jeanne d'Arc ? » par le Grand Cirque Ordinaire
Scène de la pièce « T'es pas tannée, Jeanne d'Arc ? »Le Grand Cirque Ordinaire joue pour la première fois à Pointe-Claire la pièce « T'es pas tannée, Jeanne d'Arc ? », qui jette un regard poétique sur la société. Cette création collective possède un caractère national et engagé.
Créée par Paule Baillargeon, Suzanne Garceau, Jocelyn Bérubé, Raymond Cloutier, Claude La Roche et Guy Thauvette, « T'es pas tannée, Jeanne d'Arc? » s'inspire du « Procès de Jeanne d'Arc » de Bertolt Brecht. La pièce n'a pas de forme fixe, plusieurs parties dont « La balade au Québec », « La torture » et « La famille » laissent place à l'improvisation et à l'inspiration du moment. Par contre, il est possible de noter trois parties importantes, soit le réveil de Jeanne d'Arc, sa mise en vente aux Anglais et la famille québécoise. Par le biais de thèmes comme la religion, la justice et l'envahisseur, cette création collective trace des parallèles entre le destin de Jeanne d'Arc, cette femme brûlée sur un bûcher à 19 ans, et la situation des Québécois. Certains critiques établissent même des liens entre Jeanne d'Arc et Maria Chapdeleine, car les deux femmes se dévouent à leur pays. Outre ces allusions au contexte social et politique, le Grand Cirque Ordinaire réussit à faire rire en se moquant des travers de la société québécoise. Il n'y aura qu'une seule publication de cette pièce, en 1991, aux éditions Herbes-Rouges. Réalisée par Guy Thauvette, elle est le fruit d'un travail de recherche et de reconstitution.
Source : Jean-Cléo Godin et Laurent Mailhot, Théâtre québécois II, Montréal, Hurtubise HMH, 1980, 248 p. Grand Cirque Ordinaire, T'es pas tannée, Jeanne d'Arc ?, Montréal, Les Herbes rouges, 1991, 268 p. Collaboration spéciale de M. Guy Thauvette.
Le 13 novembre 1972 Obtention du prix Victor-Morin par Claude Jutra
La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) remet le prix Victor-Morin au cinéaste Claude Jutra.
C'est la première fois que la SSJB décerne ce prix à une personnalité associée au monde du cinéma. Jutra, dont le premier film remonte à 1947, a notamment réalisé « Mon oncle Antoine » l'année précédente. Il est le 10e récipiendaire du prix Victor-Morin.
Le 24 novembre 1972 Obtention du premier prix de la chanson au festival de Tokyo par Ginette Reno
Déjà récipiendaire de nombreux prix au Canada, la chanteuse québécoise Ginette Reno obtient le premier prix au festival de la chanson de Tokyo pour son interprétation de « I can't let you walk out of my life ». Elle représente à cette occasion l'Angleterre.
Cet honneur surprend Ginette Reno qui déclare: « Les gens venaient me voir, puis me disaient: on vous aime beaucoup, vous êtes une de nos préférées, puis ils me demandaient des autographes, toute l'affaire! Moi, ça m'a frappée, j'ai dit c'est pas possible! C'est pas vrai! (...) Les plus grosses ventes que j'ai eues à date, c'est au Japon. »
Le 30 novembre 1972 Participation du groupe Offenbach à une messe tenue à l'Oratoire Saint-Joseph
Le groupe rock Offenbach devant l'OratoireLe groupe rock Offenbach participe à une « messe des morts » qui se déroule à l'Oratoire Saint-Joseph, à Montréal. Environ 3 000 personnes assistent à l'événement.
La présence à l'Oratoire d'Offenbach, une formation musicale composée de Pierre Harel, Gerry Boulet, Jean Gravel, Roger Berval et Michel Lamothe, attire une multitude de journalistes et de caméramans. Ce déploiement suscite les critiques d'une partie de la population, choquée par cette initiative. Le père Marcel Taillefer, directeur de la pastorale à l'Oratoire Saint-Joseph, explique: « Le groupe Offenbach ne voulait pas faire un show (...) Les jeunes voulaient quelque chose de vrai. Ils veulent apporter ce qu'ils ont de meilleur. » Les chansons interprétées au cours de cette messe, qui est radiodiffusée en direct sur les ondes de la station CHOM-FM, seront immortalisées par l'album « Saint-Chrone de Néant ».
Source : La Presse, 1er décembre 1972, p.1 et A15.
Le 10 novembre 1978 Première présentation de la pièce « Les fées ont soif » de Denise Boucher
Scène de la pièce « Les fées ont soif »La pièce de théâtre « Les fées ont soif » de Denise Boucher reçoit un accueil chaleureux des groupes de femmes. Elle sera jouée plusieurs fois, malgré l'opposition des porte-parole de l'Église qui tentent, en vain, de la faire interdire. Cette pièce sera la dernière à être condamnée par l'Église au XXe siècle.
Présentée au théâtre du Nouveau-Monde, la pièce « Les fées ont soif » présente une vierge, une mère et une prostituée qui se rebellent contre les étiquettes et se fondent en une seule femme. Parmi ses interprètes, on retrouve Louisette Dussault, Michèle Magny et Sophie Clément.
Source : La Presse, 10 novembre 1978, p.C8. Collectif Clio, L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, éd. du remue-ménage, 1982, 501 pages.
Le 20 novembre 1979 Obtention du prix Goncourt par l'écrivaine Antonine Maillet
Antonine Maillet, écrivaineL'écrivaine acadienne Antonine Maillet reçoit le prix Goncourt pour son roman « Pélagie-la-charrette ». Elle a obtenu une majorité de six votes sur une possibilité de dix dès le premier tour du vote.
Deux ans auparavant, Antonine Maillet était venue bien près de remporter le Goncourt pour son roman « Les-cordes-de-bois ». « Roman majestueux qui décrit la situation des acadiens suite au Grand Dérangement », « Pélagie-la-charrette » sera traduit en plusieurs langues.
Source : La Presse, 20 novembre 1979, p.1 et A6. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 1999, p.1508.
Le 4 novembre 1985 Attribution du prix Molson dans le domaine des arts et lettres
Le poète Gaston Miron reçoit le prix Molson du Conseil des arts du Canada pour sa contribution exceptionnelle dans le domaine des arts et des lettres. Dans le domaine des sciences humaines le prix est remis à Ronald Melzack, psychologue de l'Université de Montréal.
Les deux récipiendaires recevront chacun une somme de 50 000 $. Jacques Lefebvre, vice-président du Conseil des Arts, parle de Miron et du « rôle essentiel qu'il a joué pendant plus de trente ans dans le renouveau poétique du Québec, dans le monde de l'édition et dans l'éveil d'une conscience nationale. » Miron est l'auteur de plusieurs recueils, dont « Deux sangs » (1953) et « L'homme rapaillé » (1970). Peut-être l'œuvre la plus connue du poète, « L'homme rapaillé » vaudra à son auteur le prix de la revue « Études françaises » et celui de la Ville de Montréal.
Le 10 novembre 1985 Première du film « Le million tout-puissant »
Ce documentaire-fiction en couleur est réalisé et produit par Michel Moreau. Parmi les interprètes, on retrouve Jean-Guy Moreau, Pierre Curzi et Gilbert Sicotte.
Documentaire intégrant des passages de fiction, « Le million tout-puissant » parle du phénomène de la loterie dans notre société.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.344.
Le 13 novembre 1985 Prestation de l'imitateur André-Philippe Gagnon à l'émission « The Tonight Show »
André-Philippe Gagnon, imitateurPlusieurs milliers de Québécois sont devant leurs téléviseurs le 13 novembre 1985 alors que le jeune imitateur André-Philippe Gagnon participe à l'émission américaine de fin de soirée « The Tonight Show » animée par Johnny Carson.
Jusque là, Gagnon, qui n'est âgé que de 24 ans, était pratiquement inconnu du public américain. Au cours de sa prestation qui ne dure que quelques minutes, il se livre à des imitations des chanteurs Joe Cocker et David Lee Roth. Gagnon offre ensuite son numéro fétiche, celui dans lequel il reprend une à une les voix des interprètes -Michael Jackson, Lionel Ritchie, Bruce Springsteen, etc.- qui ont participé à « We Are the World », une chanson qui a connu un succès international quelques mois auparavant. Ravi par ce numéro qu'il qualifie de « dynamite material », Carson invite le jeune imitateur à se joindre à lui, une marque d'estime que la presse soulignera le lendemain. Au cours des années 80 et 90, André-Philippe Gagnon s'imposera comme un des artistes québécois qui connaît le plus de succès ici et à l'étranger.
Source : La Presse, 13 novembre 1985, p.1 et A2, 14 novembre 1985, p.1 et A2.
Le 7 novembre 1986 Sortie du film « Bach et Bottine »
Dans le série « Contes pour tous », ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par André Melançon et produit par Rock Demers. Parmi les interprètes, on retrouve Mahée Paiement, Raymond Legault et Harry Marciano.
« Bach et Bottine » raconte avec humour l'entreprise de séduction d'une jeune orpheline qui veut être adoptée par son oncle, célibataire endurci. L'oncle est un passionné de la musique de Bach et veut prendre une année de congé pour se préparer à un concours d'orgues. Pour sa part, la petite fille elle est passionnée par les animaux et veut utiliser le hangar attenant à la maison pour recréer l'Arche de Noé. Après seulement dix semaines d'exploitation, le film a dépassé le cap du million de dollars en revenus aux guichets. Il remportera de nombreux prix, autant au Québec qu'à travers le monde, notamment le Grand prix du Festival international du film pour l'enfance et la jeunesse d'Alger, trois prix au Festival de Moscou, dont la médaille d'Argent du Jury international, et le Grand Prix du public au Festival international en Abitibi-Témiscamingue.
Source : Société générale des industries culturelles (SOGIC), Répertoire des films: 88, Montréal, s.e., 1988, p.5.
Le 20 novembre 1986 Première du documentaire « L'anticoste »
Ce documentaire en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Bernard Gosselin et produit par Jacques Vallée.
Bernard Gosselin nous fait découvrir Anticosti, une île où il y a de tout en abondance: chevreuils, saumons, oiseaux, fossiles, arbres, mystères, sans oublier les naufrages ou les canyons, qui peuplent son histoire et sa destinée. Il nous amène aussi à Port-Menier, village de 347 habitants. « L'Anticoste » est une ode à « cette île fabuleuse du golfe du Saint-Laurent, méconnue de la plupart des Québécois ». La première a lieu à Port-Menier.
Source : Site de l'Office national du film: http://cmm.onf.ca/
Le 1er novembre 1987 Première du documentaire « Les bleus au cœur »
Ce documentaire en couleur est réalisé par Suzanne Guy et produit par Aimée Danis.
« Les bleus au cœur » a été tourné à la maison Tanguay, un centre de détention pour femmes situé sur l'île de Montréal. Construit autour d'une série de témoignages révélateurs, où des femmes nous avouent pourquoi et comment elles en sont arrivées là, le film pose un regard pénétrant sur la vie des femmes en milieu carcéral.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.223.
Le comédien et metteur en scène Jean-Louis Roux reçoit le prix Denise-Pelletier pour les arts d'interprétation.
Les autres gagnants des prix du Québec sont l'écrivain Fernand Ouellette (prix Athanase-David), le producteur Rock Demers (prix Albert-Tessier), l'artiste Françoise Sullivan, (prix Paul-Émile-Borduas), le chimiste Pierre Deslongschamps, (prix Marie-Victorin) et le géographe Louis-Edmond Hamelin (prix Léon-Gérin).
Le 6 novembre 1991 Première du film « Montréal vu par...six variations sur un thème »
Ce long-métrage est réalisé par Denys Arcand, Michel Brault, Jacques Leduc, Léa Pool, Atom Egoyan et Patricia Rozema et produit par Nicole Robert. Parmi les interprètes, on retrouve Paule Baillargeon, Domini Blythe et Lorne Brass.
Six réalisateurs, six scènes différentes sur la vie à Montréal. Léa Pool, par exemple, nous fait suivre le trajet d'une femme du lieu de son accident à l'hôpital, alors qu'elle voit défiler quinze images de sa vie. Le lancement de « Montréal vu par.. » est fait en grande pompe au cinéma Imperial en présence du maire de Montréal, Jean Doré.
Source : La Presse, 7 novembre 1991, p.E1, 9 novembre 1991, p.C2. Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1999, p.524.
Le 19 novembre 1991 Première du film « Les lettres de la religieuse portugaise »
Ce film réalisé par Denys Arcand, met en vedette Anne Dorval.
« Les lettres de la religieuse portugaise » a originalement été mis en scène au théâtre. Une fois montée, la pièce a été filmée et présentée à la télévision. L'histoire, qui se déroule au XVIIe siècle, raconte le chagrin d'une religieuse portugaise qui écrit à son amant, officier de l'armée française, qui l'a abandonnée.
Le 28 novembre 1993 Obtention du prix Paul-Émile-Borduas par Armand Vaillancourt
Armand Vaillancourt, artiste peintre et sculpteurLe sculpteur Armand Vaillancourt reçoit le prix Paul-Émile-Borduas pour l'ensemble de son œuvre. En plus d'être innovateur dans l'utilisation des techniques et des matériaux, Vaillancourt poursuit une quête sociale en dénonçant l'injustice, la violence et le racisme dans le monde. Il le fait d'ailleurs lors de la cérémonie en déclarant: « Je veux crier mon désarroi face aux viols, aux inégalités, aux tortures et atrocités commises dans le monde (et plus particulièrement en Bosnie). »
La symbolique de la main tendue revient régulièrement dans les œuvres de Vaillancourt, exprimant la misère et l'injustice. Parmi les 3 000 créations de cet artiste, soulignons « L'Humain », monument contre la guerre érigé à Chicoutimi en 1959, « Justice », sculpture-fontaine dénonçant l'apartheid, érigée au Palais de justice de Québec en 1980, et « El Clamor », monument érigé à Santo Domingo, en 1985, en hommage aux peuples latino-américains. Le même soir, d'autres personnalités reçoivent un prix du Québec, dont les scientifiques Lionel Boulet et Brenda Milner, ainsi que Francis Mankiewicz, Gilles Hénault, Monique Mercure, Carmen Gill-Casavant et Gérard Bouchard.
Source : La Presse, 29 novembre 1993, p.A5. Denis Turcotte, dir., Reflets du Québec; des faits, des dates, des personnalités, Québec, éd. Association Québec dans le monde, 1990. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2563.
Le 5 novembre 1995 Obtention d'un Félix pour Judi Richards au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle du Québec
Album « Touche pas »Judi Richards remporte le Félix de l'année dans la catégorie country folk pour son album « Touche pas » au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ).
Après avoir travaillé comme choriste auprès des plus grands noms du showbusiness québécois, Judi Richards fonde le groupe Toulouse pour lequel elle écrit et chante pendant près de 10 ans. Après la dissolution du groupe, Richards poursuit une carrière solo, écrivant ses propres textes. Le succès remporté par son premier album, « Touche pas », lui vaut un Félix dans la catégorie country folk. Sa tournée dans plus de 70 villes québécoises lui permettra de prendre contact avec son public. La sortie de son deuxième album, « J'fous le camp! », suivi d'une deuxième tournée québécoise, lui apportera l'assurance que son message est bien reçu. Les textes de Judi Richards concernent les préoccupations des femmes, trente ans après la montée du mouvement féministe. La famille, la violence, le travail, le couple et le vieillissement constituent les principaux thèmes qu'elle aborde. Parallèlement à sa carrière de chanteuse, Judi Richards poursuivra son engagement social avec son conjoint, Yvon Deschamps, auprès des femmes vivant la violence ou la pauvreté. Parmi ses chansons, notons « Touche pas », « J'fous le camp » et « Ça vient de loin ».
Le 28 novembre 1996 Première du film « Joyeux Calvaire »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Denys Arcand et produit par Denise Robert. Parmi les interprètes, on retrouve Lorne Brass, Benoît Brière et René-Richard Cyr.
« Joyeux Calvaire » propose une plongée dans le monde des sans-abri. Dans les rues de Montréal, Marcel connaît tout le monde et est connu de tous. Pour sa part, Joseph vient d'arriver et cherche à percer les mystères du macadam. Ensemble, ils arpentent inlassablement la ville, à la recherche de Stanley, l'unique ami de Marcel, et y rencontrent une foule de personnages uniques qui arrivent et repartent dans un chassé-croisé d'histoires diverses. Au gré des promenades de ces deux hommes naîtra, peu à peu, l'amitié.
Source : Site de Téléfilm Canada: http://www.telefilm.gc.ca/ La Presse, 29 novembre 1996, p.B9, 30 novembre 1996, p.C1-C2.
Le 25 novembre 1997 Attribution d'un prix littéraire à Marie Laberge
La romancière québécoise Marie Laberge reçoit le prix du grand public décerné au Salon du livre de Montréal.
Auteur prolifique qui compte à son actif plusieurs romans et pièces de théâtre, Laberge a obtenu au fil des ans plusieurs récompenses, dont la distinction d'être nommée Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres par la France. C'est grâce à son quatrième roman intitulé « Annabelle » que cette écrivaine obtient la faveur du public au Salon du livre de Montréal. Marie Laberge avouera à ce sujet: « Ce qui est extraordinaire, c'est que les gens m'ont suivie après chacun de mes livres. Or, l'amour des gens, ce n'est jamais une chose acquise. Qui peut dire: je le mérite? C'est un cadeau immense! »
Source : La Presse, 26 novembre 1997, p.E2. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1361.
Le 30 novembre 1997 Première du documentaire « Tu as crié Let me go » dans le cadre de l'émission « Les beaux dimanches »
Ce documentaire en noir et blanc de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Anne Claire Poirier et produit par Paul Lapointe et Joanne Carrière.
Ce film d'Anne Claire Poirier se veut une réflexion sur le sens profond des faits et événements entourant la mort violente de sa fille Yanne, jeune toxicomane assassinée en octobre 1992. Ce film nous entraîne dans la rue avec ceux qui interviennent auprès des toxicomanes, prostituées et sidéens. Présenté en février à l'occasion des Rendez-vous du cinéma québécois, il est présenté à Radio-Canada, dans le cadre de l'émission « Les beaux dimanches », le 30 novembre 1997.
Source : La Presse, 19 février 1997, p.E1, 29 novembre 1997, p.3. Site de l'Office national du film: http://cmm.onf.ca/
Le 17 novembre 1998 Obtention du Grand Prix du livre de Montréal par l'écrivain Gaétan Soucy
Soucy remporte ce prix pour son roman « L'acquittement ». Accueilli favorablement par la critique, « La Petite fille qui aimait trop les allumettes », une autre œuvre de Soucy qui vient de paraître, deviendra une des œuvres littéraires les plus importantes de l'année. Des traductions dans plusieurs langues sont déjà prévues.
L'histoire met en scène deux enfants-adolescents qui vivent dans un hors-temps et dans un hors-lieu. L'action est narrée par un de ces enfants, que nous croyons un garçon, mais qui devient une fille au milieu du roman. Le roman débute par la mort du père, bouleversant l'univers des deux enfants. Dès lors, la narratrice doit se rendre au village pour acheter un cercueil, une aventure qui n'est pas sans heurts. Les enfants finissent par enterrer le père, début d'une série de bizarreries.
Source : La Presse, 18 novembre 1998, p.E1. Francine Bordeleau, «Gaétan Soucy ou l'écriture du pardon», Lettres Québécoises, no 97, printemps 2000, p.13 à 15. Gaétan Soucy, La Petite fille qui aimait trop les allumettes, Montréal, Boréal, 1998, 181 p.
Le 9 novembre 1999 Obtention d'un prix hommage par le pianiste de jazz Oliver Jones
La Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) présente un prix hommage au pianiste de jazz montréalais Oliver Jones.
Extrêmement prolifique, Oliver Jones a produit treize albums jazz entre 1985 et 2000. L'hommage de la SOCAN veut souligner le travail de ce grand pianiste québécois qui a accepté son prix avec une note d'humour: « Je ne sais pas si c'est parce que c'est ma dernière année de carrière, mais ça fait chaud au cœur. »
Source : La Presse, 10 novembre 1999, p.E1. http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html#P
Le 5 novembre 2000 Obtention de quatre trophées Félix par le chanteur Éric Lapointe
Éric Lapointe, chanteurAvec son album « À l'ombre d'un ange », Éric Lapointe reçoit quatre trophées Félix au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ). Il s'agit de l'album de l'année, catégorie rock, de l'album de l'année, meilleur vendeur, du spectacle de l'année, catégorie auteur-compositeur- interprète, et du vidéoclip de l'année, pour la chanson « Mon ange ».
Depuis le lancement de son premier album, « Obsession », en 1994 (plus de 210 000 copies vendues), Éric Lapointe connaît une grande popularité auprès du public québécois. Viennent ensuite « Invitez les Vautours », en 1996 (160 000 copies vendues), et « À l'ombre de l'ange », certifié double platine en septembre 2000 (225 000 copies vendues). Les trois premiers albums ont donc été certifiés « platine », une marque d'estime impressionnante. Gagnant du Félix de la découverte de l'année et de l'album rock au gala de l'ADISQ, en 1995, Lapointe accumule les nominations et les prix depuis ce temps. Parmi ses succès, soulignons « N'importe quoi », « Mon ange », « Ma gueule ».
Le 5 novembre 2000 Obtention du Félix de l'interprète féminine par Isabelle Boulay
Pour la deuxième année consécutive, Isabelle Boulay reçoit le trophée Félix de l'interprète féminine de l'année au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ).
Le dernier album d'Isabelle Boulay, « Scènes d'amour », connaît des records de vente avec 90 000 exemplaires vendus en quatre mois. « Scènes d'amour » présente un concept unique, comprenant 13 duos enregistrés avec une pléiade d'artistes. L'album s'est classé numéro 1 au palmarès pendant 10 semaines, du jamais vu pour un album du genre qui a valu à son auteure la reconnaissance au gala de l'ADISQ. Continuant son travail de collaboration entre artistes de la fancophonie, Isabelle Boulay s'entoure des grands noms de la chanson tels que Zachary Richard, Louise Forestier , Jean Fauque, Richard Cocciante, Serge Lama, Sylvain Michel, Diane Tell, Robert Goldman, Patrick Bruel, Didier Golmanas et Daniel Seff. Parmi les chansons popularisées par Isabelle Boulay, soulignons « Je t'oublierai, je t'oublierai », « La lune », « Le saule » et « J'enrage ».
Le 17 novembre 2003 Première du film « Nez rouge »
La comédie romantique « Nez rouge » est réalisée par Erik Canuel. Elle met en vedette Patrick Huard, Michèle Barbara Pelletier et Pierre Lebeau.
La première de « Nez rouge » a lieu au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Ce film raconte l'idylle qui se développe entre un critique et une auteure qui participent à Nez rouge, un service de transport offert pendant la période des Fêtes aux personnes en état d'ébriété. Leur relation part sur un mauvais pied puisque le critique a déjà tenu des propos assez durs à l'endroit de l'auteure qui ne les a pas oubliés. « Nez rouge » sera lancé pour le grand public le 28 novembre.
Source : Le Devoir, 22 novembre 2003, p.E9. La Presse, 18 novembre 2003, (arts et spectacles, S1; 27 novembre 2003, p.Lp2.
Le 15 novembre 2004 Première du film « Nouvelle-France »
Ce film réalisé par Jean Beaudin met notamment en vedette Noémie Godin-Vigneau, David La Haye et Juliette Gosselin.
La première de « Nouvelle-France », un film romantique dont l'action se déroule à l'époque de la conquête britannique, a lieu a la Place des Arts de Montréal. Cette co-production canadienne, française et britannique dont le budget s'est élevé à plus de 30 millions de dollars met en vedette des acteurs québécois ainsi que des acteurs étrangers dont la réputation est bien établie (Gérard Depardieu, Tim Roth, etc.). Fiction historique située à l'époque de la conquête britannique, l'intrigue de « Nouvelle-France » tourne autour de la passion d'une jeune femme, Marie-Loup Carignan, et de son amant, François Le Gardeur, passion qui se terminera de façon dramatique.
Source : Le Devoir, 16 novembre 2004, p.A4; 20 novembre 2004, p.E10 et F8. La Presse, 16 novembre 2004, Cahier Arts et Spectacles, p.1; 18 novembre 2004, p.LP23; 20 novembre 2004, Cahier Cinéma, p.4.
Le 16 novembre 2004 Attribution du Grand Prix de l'Académie Charles-Cros à Richard Desjardins
Richard Desjardins, auteur-compositeur-interprèteL'Académie Charles-Cros rend hommage à Richard Desjardins en lui remettant son Grand Prix du disque dans la catégorie « Chanteur » pour l'album « Kanasuta ».
D’autres grands de la musique québécoise comme Félix Leclerc et Gilles Vigneault ont déjà été récompensés par l’Académie dans le passé. La remise du prix, qui se déroule chez le délégué général du Québec à Paris, a été avancée de quelques jours afin de profiter de la présence en France de Desjardins qui doit revenir au Canada. L’ironie de la situation est soulignée par plusieurs puisque, quelques semaines auparavant, une controverse avait entouré l’absence de Desjardins lors de la remise des prix Félix à Montréal. Paru au Québec en 2003, « Kanasuta » sera lancé en France en 2005, juste avant une tournée qui amènera son auteur dans plusieurs villes européennes.
Source : Le Devoir, 17 novembre 2004, p.B12. La Presse, 17 novembre 2004, Cahier Arts et Spectacles, p.2.
Le 23 novembre 2005 Première du film « Maurice Richard »
Précédé d'un battage médiatique sans précédent pour un film québécois, le long-métrage « Maurice Richard », du réalisateur Charles Binamé, est présenté en grande première à la Place des Arts de Montréal
Après avoir fait l'objet d'une biographie et d'une série télévisée, la vie du célèbre numéro 9 du Canadien de Montréal est racontée dans un film qui met en vedette Roy Dupuis, dans le rôle de Maurice Richard, ainsi que Julie LeBreton, dans celui de son épouse Lucille. Bien que le hockey occupe une place importante dans ce long-métrage, Charles Binamé tente également de mettre l'accent sur le contexte social des années 40 et 50 et sur la place qu'y occupait le « Rocket », véritable source de fierté pour les Canadiens français. « Maurice Richard » a bénéficié d'un budget de 8,3 millions de dollars, une somme considérable pour un film produit au Québec. En plus de Roy Dupuis et de Julie LeBreton, on retrouve au générique Stephen McHattie, dans le rôle de l'entraîneur Dick Irvin, ainsi que plusieurs joueurs actifs de la Ligue Nationale de hockey (LNH) - Vincent Lecavalier, Stéphane Quintal, Ian Laperrière, etc. - qui incarnent des joueurs de l'époque.
Source : La Presse, 24 novembre 2005, Cahier Arts et spectacles, p. 1-2; 25 novembre 2005, Cahier Arts et Spectacles, p. 1-2.
Inspiré d'un scénario de Fred Pellerin, le conte fantastique « Babine » est réalisé par Luc Picard. Outre Picard, ce film met en vedette René-Richard Cyr, Julien Poulin, Isabel Richer ainsi que Vincent-Guillaume Otis, dans le rôle titre.
Les récits du conteur Fred Pellerin font le tour du Québec depuis quelques années. Leur succès est à l'origine de ce film, dont le scénario est de Pellerin. Il est centré autour de Babine, un simple d'esprit habitant le village de Saint-Élie-de-Claxton, en Mauricie, et d'autres personnages qui gravitent autour. Le genre fantastique ayant rarement été exploité au cinéma québécois, la première de « Babine » est attendue avec beaucoup d'intérêt. Celle-ci se déroule dans l'église du village, en présence de Pellerin et de plusieurs membres de la distribution. « Babine » étonne favorablement les critiques par la qualité de ses effets spéciaux. Le public est d'ailleurs nombreux à se déplacer pour le voir, ce qui lui permet de figurer parmi les films les plus vus par les Québécois à partir de son lancement en salle, le 28 novembre.
Source : La Presse, 29 novembre 2008, cahier Cinéma, p. 7, 2 décembre 2008, cahier Arts et Spectacles, p.3; Le Devoir, 29 novembre 2008, p. E9. http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/cinema/2008/11/06/001-babine-premiere.asp
Le 4 novembre 2009 Obtention du prix Médicis par Dany Laferrière
Le roman « L'énigme du retour » mérite à son auteur, l'écrivain Dany Laferrière, le prestigieux prix littéraire Médicis. Il s'agissait du dix-neuvième roman de Laferrière dont la carrière a débuté au milieu des années 1980.
Un natif de Port-au-Prince, en Haïti, Dany Laferrière arrive au Québec en 1976 alors qu'il a 23 ans. On publie en 1985 son premier roman, « Comment faire l'amour avec un nègre sans ses fatiguer », qui est suivi par une adaptation pour le cinéma. Il devient par la suite un auteur prolifique et une personnalité de plus en plus présente dans les médias où il livre des commentaires qui révèlent son humour et sa sagacité. Dans son roman « L'énigme du retour », Laferrière raconte de façon originale le retour d'un Haïtien dans son pays natal après la mort de son père. Son œuvre est saluée par le prix Médicis, un prestigieux prix littéraire français datant de 1958 que Marie-Claire Blais avait remporté en 1966 pour son roman « Une saison dans la vie d'Emmanuel ». Le succès de Dany Laferrière, qui est obtenu dès le premier tour de scrutin, est souligné dans la presse québécoise qui consacre plusieurs articles à retracer les grandes étapes de son parcours.
Source : La Presse, 5 novembre 2009, p. 1, Arts et Spectacles, p. 1 et 4; Le Devoir, 5 novembre 2009, p. 1 et A6. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2009/11/04/001-Laferriere-Medicis.shtml
Le 17 novembre 2020 Remise du prix littéraire France-Québec à « Kukum » de Michel Jean
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
L’écrivain Michel Jean récolte le prix littéraire France-Québec pour le roman « Kukum ». En plus d’obtenir la reconnaissance de la critique, ce livre de 224 pages reçoit également un succès populaire considérable, étant même considéré par l’Association des libraires du Québec comme le livre le plus vendu en 2021.
Un Innu de Mashteuiatsh, dans la région du Lac Saint-Jean, Michel Jean se fait d’abord connaître dans le monde des médias. Journaliste d’enquête pendant plusieurs années, il termine sa carrière comme chef d’antenne pour la chaîne TVA. Parallèlement à ce travail, ce diplômé en histoire écrit plusieurs ouvrages. Le 23 septembre 2019, il lance « Kukum », un livre dans lequel il raconte l’histoire d’Almanda Siméon. Cette Québécoise a décidé de suivre son mari Thomas, un Innu, et de s’adapter aux mœurs et aux coutumes de ce peuple dont elle partage l’évolution pendant une partie du XXe siècle. Ce personnage s’inspire de l’arrière-grand-mère de Michel Jean, Kukum signifiant d’ailleurs « grand-mère » en Innu. « Kukum » devient un grand succès en librairie. Selon la revue l’Association des libraires du Québec, il arrive près, ou au sommet des ventes dans la province en 2020 et 2021. En 2020, il se retrouve parmi les derniers candidats pour le prestigieux prix France-Québec avec, entre autres, « Sauvagines » de Gabrielle Filteau-Chiba et « Ta mort à moi » de David Goudreault. Les 543 membres, répartis en 32 comités de lecture en régions, optent à 58 % pour « Kukum ». Ce livre récoltera d’autres récompenses et sera même l’objet d’une adaptation théâtrale. Une tournée littéraire est également prévue en France. Michel Jean continuera sur sa lancée, publiant d’autres ouvrages permettant aux publics québécois et français, ainsi que d’autres pays puisque le livre est traduit, de découvrir l’univers des Première Nations sur le territoire québécois.
Source : https://revue.leslibraires.ca/actualites/les-prix-litteraires/kukum-remporte-le-combat-national-des-livres/; https://bibliothequedesameriques.com/programmation/rendez-vous-litteraires-jeunesse/kukum; https://www.gallimardmontreal.com/actualites_litteraires/michel-jean-remporte-le-prix-litteraire-france-quebec-2020-pour-son-roman-kukum-839; Ici Radio-Canada, 17 novembre 2020; La Presse+ Arts, 24 décembre 2020, p. 1 et 2.; Le Verdict, 24 mai 2021.
«...À travers des péripéties mettant en lumière le savoir ancestral des Innus, lire Kukum, c’est vivre le territoire. Pour les gens de la région, le lac Saint-Jean tout comme la rivière Péribonka sont des cours d’eau connus, mais qui ne sont pas reliés au cycle même de l’existence tel qu’il en fut le cas pour les Innus à une certaine époque [...] À un certain stade, le livre permet au lecteur de mieux comprendre les impacts de la sédentarisation forcée, le côté pervers de l’exploitation forestière et de l’élaboration de la drave et des barrages. Également, des passages du livre font état des pensionnats et des traumatismes qui s’en sont suivis. La lecture de Kukum permet de mieux comprendre l’histoire récente et de jeter un regard critique sur les grands projets ayant fait de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean ce qu’elle est aujourd’hui. C’est de façon malheureuse que le lecteur est amené à réaliser qui sont les grands oubliés de ce que certains ont appelé « le progrès ». »
Marc-Antoine Bolduc, « Une plongée sublime au cœur du Pekuakami », Le Verdict, 24 mai 2021.
«...Michel Jean compte maintenant sur les jeunes pour continuer à faire évoluer les mentalités, et estime que 2020 aura été une année charnière et somme toute positive, malgré le drame de la mort de Joyce Echaquan. « Nous lui sommes tous redevables. Si elle n’avait pas fait son Facebook Live, on ne l’aurait pas crue. Et on n’aurait jamais entendu ce que les Autochtones entendent tous les jours. Tout le monde a intérêt à ce que la situation avance. Les Québécois comme les Autochtones. » À sa manière, Michel Jean ajoute sa pierre à la réconciliation et à une meilleure compréhension mutuelle. Et Almanda, force de la nature qui est morte en 1977 à l’âge de 97 ans, était probablement le meilleur véhicule. Éprise de liberté, follement amoureuse de son Thomas pour qui elle a quitté la ferme dans laquelle elle vivait avec son oncle et sa tante, grande lectrice qui apportait dans le bois des romans pour les mois d’hiver, tête dure qui a refusé de faire déplacer sa maison pour laisser passer le chemin de fer, Almanda était un personnage hors norme. « Une originale », dit son arrière-petit-fils. « Si j’avais inventé Almanda, les gens trouveraient que j’exagère ! » »
Josée Lapointe, « La magie d’Almanda », La Presse+ Arts, 24 décembre 2020, p. 1 et 2.
Le 13 novembre 2020 Lancement de l’album « Acrophobie » de Roxane Bruneau
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Emanuel Urias Cordonero Urbina, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 13 novembre 2020, Roxanne Bruneau effectue un retour attendu sur la scène musicale québécoise avec « Acrophobie », son deuxième album. Trois ans après le succès retentissant de « Dysphorie », l’auteur-compositrice-interprète et sensation web fait face à la pression du succès et aux attentes d’un public québécois conquis, tout en cherchant à affirmer l’évolution de sa démarche artistique.
En 2017, la scène musicale québécoise assiste à l’émergence de l’autrice-compositrice-interprète et humoriste Roxanne Bruneau avec la parution de son premier album, « Dysphorie ». Propulsée au premier plan du paysage musical francophone, son ascension est confirmée par sa nomination au titre de révélation de l’année à l’ADISQ en 2018, suivie de l’obtention du Félix de la Chanson de l’année en 2019 pour le titre « Des p’tits bouts de toi ». Le 13 novembre 2020, Roxanne Bruneau signe son retour avec un deuxième album intitulé « Acrophobie ». Après avoir atteint des sommets trois ans plus tôt, elle s’efforce de répondre aux attentes du public. Au cours de sa tournée médiatique, l’interprète confie que le succès fulgurant de son premier album lui engendre «la peur de tomber dans le vide», ce qui fait écho au titre même de l’album. « Acrophobie », un terme désignant une peur excessive des hauteurs, est révélateur de la direction introspective et émotive que prend l’artiste originaire de la Rive-Sud de Montréal dans ce nouvel opus. Indépendamment des attentes qui entouraient la sortie de son deuxième album, l’artiste mentionne se trouver dans une situation bien différente de celle qu’elle vivait lors de la parution de « Dysphorie ». Roxanne Bruneau affirme que sa vie a profondément changé en l’espace de trois ans. Ces transformations l’ont amenée à apprendre les réalités du métier, mais aussi à développer une nouvelle manière d’écrire. Elle mentionne être en mesure de composer des chansons sombres ou introspectives sans nécessairement être plongée dans la souffrance. Elle confie également s’être délivrée du syndrome de l’imposteur qui l’habitait à ses débuts. Dès la sortie d’« Acrophobie », les critiques soulignent la maturité émotive de l’autrice-compositrice-interprète qui, selon eux, parvient à conjuguer sensibilité et maîtrise de son art, tout en conservant la sincérité qui avait caractérisé ses débuts.
Source : Radio-Canada, 30 octobre 2020, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1745873/roxane-bruneau-chanteuse-adisq-acrophobie-nouvel-album; La Presse, 18 novembre 2020, URL https://www.lapresse.ca/arts/musique/2020-11-18/la-mission-de-roxane-bruneau.php; leSoleil, 13 novembre 2020, URL https://www.lesoleil.com/2020/11/14/roxane-bruneau--rester-la-haut-468fbaa4e1a54ad80a49de7eb39ca7a8/; Le Journal de Québec, 14 novembre 2020, URL https://www.journaldequebec.com/2020/11/14/un-succes-vertigineux; La Presse, 23 novembre 2020, URL https://www.lapresse.ca/arts/musique/2020-11-23/acrophobie/roxane-bruneau-direct-au-coeur.php; Le Devoir, 11 novembre 2020, URL https://www.ledevoir.com/culture/musique/589505/roxane-bruneau-chante-pour-chanter
«...Ce n’est pas jojo, ce que raconte Roxane Bruneau sur Acrophobie. Ses chansons sont pétries de peurs. Celle de redescendre, celle de disparaître, celle de ne pas être entendue, celle de mal faire, celle d’aller trop loin. Elle mesure, sur ce deuxième disque, l’envers de la gloire. Les revers de l’amour. Elle s’ouvre sur l’angoisse de ne pas être à la hauteur et celle de ne plus être aimée. C’est net, c’est direct et… c’est fort. Roxane Bruneau ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis quand elle écrit. Ça fait partie de ses grandes qualités. Ce qui la distingue de quantité d’autres chanteuses et chanteurs pop, c’est justement cette authenticité. Elle écrit comme elle chante : avec ses tripes. Sans filtre. Le cliché veut que lorsqu’on est très personnel, on touche à l’universel. Roxane Bruneau se met totalement à nu. Elle chante au « je » tout le temps, mais elle ne sonne pas comme une égocentrique finie. Il se passe quelque chose dans ses chansons qui relève de la magie : en parlant d’elle-même, elle parle aussi des autres. »
Alexandre Vigneault, « Roxane Bruneau : direct au cœur*** 1/2 », La Presse, 23 novembre 2020.
«...La première chanson d’Acrophobie est une introduction présentant la chanson titre suivante, et finalement l’esprit de ce disque de chansons confessionnelles, aussi candides que celles du premier album, mais illuminées, ou surexposées, par le faisceau de la popularité. Sur des accords de violons synthétiques et des ponctions de guitares électriques, l’intro enchaîne un montage d’entrevues données à la télé et à la radio visant à souligner (à traits un peu gras...) combien elle est reconnaissante de l’attention que lui accordent ses fans : « Je viens vraiment des gens, je passe mon temps à les remercier. » Le phénomène musical Roxane Bruneau est proprement fascinant. Une jeune femme moderne, affirmée et assumée, drôle et curieuse, qui propose pourtant une chanson folk-pop-rock un peu hors de notre époque, ou en tout cas insouciante des tendances de la pop moderne. Bruneau a une image de 2020, mais une musique de 1990. « En ce moment, si t’écoutes les trucs qui se font aux States, les années 1980-1990 reviennent, donc je suis la vague! » rétorque Bruneau…»
Philippe Renaud, « Roxanne Bruneau chante pour chanter », Le Devoir, 11 novembre 2020.
Le 2 novembre 2020 Lancement du livre « Em » de Kim Thuy
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Avec « Em », l’autrice Kim Thuy plonge ses lecteurs dans l’univers trouble du Vietnam dans les années entourant la réunification de 1975. Ce contexte, avec lequel elle est familière, est prétexte à une histoire profondément humaine qui touche les lecteurs québécois et en fait un des succès littéraires de l’année.
Née en septembre 1968 à Saïgon, la capitale du Vietnam du Sud, Kim Thuy quitte son pays natal avec ses parents peu après que celui-ci soit passé sous le contrôle des communistes, au milieu des années 1970. Elle aboutit au Québec, où elle fait des études universitaires et pratique différents métiers avant de s’engager pleinement en littérature. Au fil des ans, et des œuvres, elle s’impose comme une des figures de proue de la littérature québécoise. Sa personnalité simple et chaleureuse en fait également une invitée, et même une animatrice, recherchée à la radio et à la télévision. Familière avec la réalité du Vietnam de la guerre et de l’après-guerre se terminant dans les années 1970, elle en brosse un portrait touchant dans son quatrième roman, intitulé « Em » (petit-frère). Au cœur de l’intrigue, on retrouve un bébé abandonné à Saïgon, pris en charge par un jeune garçon au centre de ce contexte chaotique. Séparés par l’opération « babylift », qui amène des milliers d’enfants vietnamiens en Amérique du Nord, ils vivent des destins à la fois différents et comparables chacun de leur côté. La plume sensible de Kim Thuy est de nouveau en évidence dans ce roman, comme elle le fut en 2009 dans « Ru », couronné du prix du gouverneur général et adapté au cinéma. Ce livre a été traduit en plusieurs langues et vendu à travers le monde. Un sort comparable semble attendre « Em », un ouvrage de 152 pages paru chez Libre Expression. En 2021, on estime d’ailleurs qu’il s’agit du roman le plus fréquemment emprunté à la Bibliothèque nationale du Québec. En 2023, il est même en nomination pour l’International Dublin Literary Award, qui sera finalement remporté par « Marzahn, mon amour » de Katja Oskamp ».
«...Kim Thúy a déjà écrit sur l’amour, la guerre, le Vietnam. Sans jamais se répéter. Avec Em, elle touche cette fois encore à cette triade. Le souffle du roman, tout en délicatesse et en finesse, porte indéniablement le sceau de son regard. On entend sa voix. Poétique, personnelle. On la reconnaît dès les premières pages. Et en même temps, on perçoit une note autre. Une nécessité de nommer certaines choses, peut-être. D’aller ailleurs. De mettre le pied et la plume en zone de guerre. Là où l’humanité s’incline sous les balles et la barbarie. Retour en mars dernier, arrêt sur images. Quand, dans la foulée du premier confinement, tout le monde était renvoyé à son cocon et se demandait de quoi serait fait demain, Kim Thúy passait ses nuits dans l’hier du Vietnam. Littéralement. Le documentaire The Vietnam War (20 heures qui racontent 20 ans de guerre) a habité ses heures d’après minuit, celles-là qu’elle consacre à l’écriture. Les images, les histoires, les aveux : tout frôlait l’indicible. Il fallait quand même trouver les mots pour dire, pour témoigner, pour bercer. »
Karine Tremblay, « Fil de soi », La Tribune, 7 novembre 2020, cahier M, p. 1 4 et 5.
«...Kim Thúy a passé des nuits blanches à lire des ouvrages et à écouter des documentaires pour raconter ces histoires, notamment celle d’un soldat américain qui défie les ordres pour sauver une femme vietnamienne ou encore celle d’un orphelin dont l’âge varie selon la mémoire intermittente des mendiants du quartier. À l’instar des personnages qu’elle a mis en scène, Kim Thúy ne s’en est pas sortie indemne. Ce n’est pas un cauchemar, c’est plus lourd que ça, ça vient nous chercher dans les trippes. On ne peut pas s’imaginer que les humains, entre nous, on soit capables de gestes aussi complexes, dit-elle. Et si les comportements humains sont souvent difficiles à cerner, il est aussi ardu d’en décrire toutes les subtilités dans un roman, raconte l’autrice. L’atrocité vient avec la beauté, la beauté est entremêlée avec l’horreur, l’horreur est dans l’héroïsme. [...] Il m’a fallu beaucoup de temps pour que je puisse décanter tous ces sentiments. »
Julie Tremblay, « Kim Thuy : raconter ce qu’il y a d’humain dans la guerre », Ici Radio-Canada, 5 novembre 2020.
Saint-Denis, Charles William JefferysLa bataille de Saint-Denis est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle a lieu le 23 novembre 1837 à Saint-Denis (Saint-Denis-sur-Richelieu), un village situé sur la rive sud de la rivière Richelieu. Elle oppose un groupe composé de 200 miliciens patriotes et de 600 civils sans armes, dirigé par le docteur Wolfred Nelson, à un contingent de 300 soldats de l'armée britannique, dirigé par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore.
Au mois de novembre 1837, la crise amorcée par la réponse négative de la Grande-Bretagne aux revendications patriotes atteint un point culminant. Le 6 novembre 1837, une bagarre éclate dans les rues de Montréal entre les Fils de la liberté et le Doric Club. Dix jours plus tard, le gouvernement lance des mandats d'arrestation contre 26 chefs patriotes. Plusieurs d'entre eux choisissent alors de quitter Montréal pour se réfugier dans les campagnes. Louis-Joseph Papineau et Edmund Bailey O'Callaghan, après un arrêt à Varennes, se rendent à Saint-Denis.
Sir John Colborne, le commandant en chef des forces armées dans les deux Canadas, décide d'envoyer deux détachements de l'armée pour arrêter les chefs patriotes visés par les mandats d'arrestation. Croyant que la plupart des chefs se trouvent à Saint-Charles (Saint-Charles-sur-Richelieu), un premier détachement, mené par le commandant George A. Wetherall, prend la route du sud par Chambly. Un second, dirigé par Charles Stephen Gore, prend la route du nord en direction de Sorel (Sorel-Tracy).
Papineau et O'Callaghan, qui ont rejoint Nelson à Saint-Denis, organisent alors la résistance aux arrestations prévues dans ce village et celui de Saint-Charles. Ils mettent en place des camps et ils réquisitionnent des armes. Au matin du 23 novembre, alors que le détachement de Gore se trouve à proximité de Saint-Denis, Papineau et O'Callaghan quittent le village en direction de Saint-Hyacinthe.
Lorsque l'armée de Gore arrive à proximité de Saint-Denis, les soldats sont épuisés par une marche qui a duré toute la nuit, le froid et la pluie. De leur côté, les patriotes ont vu venir les troupes et plusieurs sont barricadés dans des bâtiments de pierre à l'entrée du village. La bataille tourne à l'avantage des patriotes, qui bénéficient de l'effet de surprise et d'un meilleur positionnement stratégique. Après environ six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des patriotes s'élèvent à douze morts et sept blessés, tandis que les Britanniques comptent six morts, dix blessés et six disparus.
La bataille de Saint-Denis est la seule victoire des patriotes durant les rébellions de 1837-1838. Elle est suivie par leurs défaites lors des batailles de Saint-Charles (25 novembre) et de Saint-Eustache (14 décembre). Par la suite, plusieurs patriotes se réfugient aux États-Unis où ils s'organisent autour du docteur Robert Nelson.
Le chef militaire dispose de 1,700 soldats de l'armée régulière et de plusieurs centaines de miliciens volontaires, moins expérimentés mais souvent plus déterminés à écraser l'ennemi. Le 23 novembre, une partie des troupes de Colborne est défaite par les 1,500 hommes de Wolfred Nelson à Saint-Denis. L'affrontement dure plus de six heures.
gravure de la bataille Odelltown / Edgar Gariépy - vers 1930La bataille d'Odelltown est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle se déroule le 9 novembre 1838 à Odelltown (Lacolle), situé au sud-est de Montréal. Elle oppose un groupe de frères chasseurs, mené par Robert Nelson, Médard Hébert et Charles Hindenlang, à des volontaires loyaux, dirigés par le lieutenant-colonel Charles Cyril Taylor et le lieutenant Lewis Odell.
Après les batailles de 1837, des chefs patriotes s'exilent aux États-Unis. Un groupe de patriotes radicaux s'organise autour du docteur Robert Nelson. Pour obvier au manque d'organisation qui a mené à l'échec de l'incursion des patriotes au Bas-Canada au mois de février, l'Association des frères chasseurs est créée en mars 1838. Elle projette d'envahir le Bas-Canada par les armes et d'en proclamer l'indépendance. Elle passe à l'offensive au début du mois de novembre 1838. Après avoir pris la seigneurie de Beauharnois, certains membres de l'association retournent aux États-Unis pour se procurer des armes.
Dans les villages avoisinant la frontière américaine, des volontaires loyaux se sont organisés en milice pour contrer la menace insurrectionnelle. Le 9 novembre 1838, environ 700 frères chasseurs se dirigent vers Odelltown, où quelque 200 volontaires loyaux se réfugient dans l'église méthodiste. Les frères chasseurs assiègent l'église mais, après quelques heures, des volontaires loyaux en provenance d'Hemmingford et de L'Île-aux-Noix viennent en renfort et les obligent à se disperser. Les pertes sont relativement faibles d'un côté comme de l'autre.
La bataille d'Odelltown est la dernière bataille des rébellions de 1837-1838. De nombreux frères chasseurs sont emprisonnés à la suite de l'insurrection. Plusieurs participants à la bataille sont ensuite condamnés à mort par un tribunal militaire.
Durant ces semaines d'affrontements, plusieurs chefs du Parti canadien se réfugient aux États-Unis, dont Louis-Joseph Papineau, qui tente en vain de convaincre le gouvernement américain de soutenir la cause du Parti canadien. Cette absence de soutien explique son refus de prendre part à la seconde insurrection de novembre 1838. À Lacolle et Odelltown, deux villages situés tout près de la frontière américaine, la riposte patriote est écrasée par les milices locales fidèles à la couronne britannique. Cette seconde insurrection porte un coup fatal au mouvement canadien.
Attaque contre Saint-CharlesLe matin du 25 novembre 1837, 2 jours après la défaite de Francis Gore à la bataille de Saint-Denis et sa retraite sur Sorel, les troupes du colonel Wetherall (environ 350 soldats) quittent Saint-Hilaire et se dirigent vers le camp du manoir Debartzch et les retranchements environnants au sud du village de Saint-Charles. Le camp est alors défendu, entre autres, par quelque 100 hommes de la paroisse de Saint-Charles. En s'approchant, les soldats échangent des coups de feu avec de petits groupes de combattants.
Wetherall déploie ses hommes à une certaine distance des fortifications et leur ordonne de charger. Le combat est violent et inégal (les défenseurs sont au nombre de 60 à 80 tout au plus), fait de nombreuses victimes, particulièrement parmi les Patriotes, qui ne peuvent pas empêcher la prise des barricades et du manoir.
Deux jours plus tard, les troupes anglaises battent les Patriotes à Saint-Charles. Aux grands maux les grands moyens: le gouverneur Gosford lance plusieurs mandats d'arrestation contre les principaux chefs du Parti canadien. On promet 4,000 livres à quiconque mettra la main au collet de Papineau. La loi martiale est décrétée: plus besoin de mandat pour arrêter quelqu'un.
Le 11 novembre 1918 Dénouement de la bataille de Mons
La signature de l'armistice, le 11 novembre 1918, met un terme à la bataille qui opposait Canadiens et Allemands à Mons, une ville de Belgique située à une soixantaine de kilomètres de Bruxelles.
Cette bataille constitue le point d'orgue de l'engagement des troupes canadiennes. La période qui commence le 4 août et qui s'achève le 11 novembre 1918 est parfois appelée les « les cent jours du Canada » en raison des succès des troupes canadiennes dans plusieurs lieux: Amiens d'abord, la région d'Arras, Cambrai, puis le mont Houy avant de culminer à Mons. L'armistice vient interrompre la charge des nations alliées dans cette région. Depuis août, celles-ci ont repris le terrain perdu par les Français au début du conflit, fait plus de 30 000 prisonniers et effectué d'importantes percées en Belgique. La bataille de Mons met fin à l'implication des soldats canadiens dans ce que l'on appelle alors la Grande Guerre, mais que l'on rebaptisera éventuellement la Première Guerre mondiale. Ce conflit aura coûté la vie à environ 60 000 Canadiens. Les 277 000 soldats canadiens sous les armes en Europe à ce moment reviendront au pays au cours des mois suivants.
Source : Gérard Filteau, Le Québec le Canada et la guerre 1914-18, Montréal, Édition de l'Aurore, 1977, p.207-217. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1982.
Le 8 novembre 1944 Fin des batailles menant à la libération du port d'Anvers, en Belgique
La Première armée canadienne participe à la libération de l'estuaire de l'Escaut, en Belgique. Cette victoire permettra éventuellement aux Alliés de rétablir la circulation navale à leur avantage à Anvers, une ville portuaire d'une grande importance stratégique.
Le débarquement en Normandie, en juin 1944, est suivi par une rapide progression des troupes alliées vers l'est, en direction de la Belgique et des Pays-Bas. En septembre, une tentative par voie aérienne afin d'isoler les troupes allemandes de leurs ravitaillements échoue. En octobre, les forces alliées, dont la Première armée canadienne, composée de divisions canadiennes et de soldats d'autres nationalités, élaborent une offensive visant à rétablir à leur avantage la circulation navale dans la ville portuaire belge d'Anvers. Des soldats alliés occupent déjà cette ville, mais pas ses voies d'accès, ce qui nécessite une intervention massive. Les Canadiens livrent de durs combats tout au long du mois d'octobre pour libérer l'estuaire d'Escaut avant que, le 6 novembre, Middlebourg, capitale de l'île de Walcheren, ne rende les armes, ce qui entraîne la cessation des hostilités deux jours plus tard. La conquête de cette île, obstacle majeur sur la route des Alliés, mènera à la réouverture du port d'Anvers. Le 28 novembre, un convoi maritime y entre avec un navire canadien à sa tête, le Fort Cataraqui. Le prix à payer a cependant été énorme: des 12 000 victimes de la Première armée canadienne, 6 367 sont canadiennes.
Le 7 novembre 1900 Réélection des Libéraux de Wilfrid Laurier à la Chambre des communes à Ottawa
Les Libéraux de Wilfrid Laurier remportent l'élection générale avec 52,0 % des voix. Ils font élire 132 députés à la Chambre des communes contre 81 pour leurs plus proches rivaux, les Conservateurs de Charles Tupper.
La popularité de Wilfrid Laurier au Québec joue un grand rôle dans cette victoire puisque les Libéraux font élire 57 députés sur une possibilité de 65 dans cette province. Dans la presse du lendemain on peut lire que: « la leçon de cette élection saute aux yeux. C'est qu'en Canada, un homme ne peut être empêché d'occuper le plus haut poste que puisse lui confier le peuple à cause de sa race ou de sa religion (allusion au fait que Laurier est Canadien français et catholique). C'est qu'aucun parti ne peut, si ce n'est à son grand détriment, nier à aucune section du peuple canadien, les privilèges de droits de citoyens égaux ». C'est la première fois depuis le début de la Confédération, en 1867, qu'un gouvernement libéral est élu pour la deuxième fois consécutive à la Chambre des communes.
Source : La Presse, 8 novembre 1900, p.1, 9 novembre 1900, p.1. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.574-579. Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 400 p. Howard A. Scarrow, Canada Votes: a Handbook of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, The Hauser Press, 1961, p.24.
Le 3 novembre 1904 Réélection des libéraux de Wilfrid Laurier à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de Wilfrid Laurier remportent les élections générales fédérales avec 52,5% des voix. Ils font élire 139 députés à la Chambre des communes contre 75 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Robert Borden.
Le premier ministre Laurier récolte une troisième majorité consécutive à la Chambre des communes. Il est le premier libéral et le seul premier ministre canadien, à l'exception du conservateur John A. Macdonald, à réussir ce tour de force. Au Québec, les libéraux obtiennent 56,4% des voix et 54 sièges sur une possibilité de 65, confirmant l'emprise qu'ils détiennent sur cette province depuis une décennie.
Source : Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 400 p. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain: De la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.574-579. Howard Scarrow, Canada Votes: A Handbook of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, The Hauser Press, 1962, p.25.
Le 21 novembre 1911 Arrestation de 223 suffragettes à Ottawa
Les policiers procèdent à l'arrestation de 223 suffragettes qui tentent de s'introduire au Parlement, à Ottawa, afin de manifester pour l'obtention du droit de vote des femmes.
Après leur comparution, les femmes seront condamnées à payer une amende ou à passer entre 15 et 30 jours en détention. Elles choisiront toutes la prison. En 1913, des Montréalaises fonderont la Montreal Suffrage Association, organisation dont le but est l'obtention du droit de vote pour les femmes. Les hommes politiques, et une bonne partie de la population, continuent néanmoins de s'opposer au vote des femmes. Le premier ministre manitobain Rodmond Robin résume d'une certaine façon leur position lorsqu'il déclare: « Mettre les femmes sur un pied d'égalité politique avec les hommes causerait des querelles de ménage. La plupart des femmes sont émotives et, si elles pouvaient voter, elles constitueraient un danger plutôt qu'une aide. »
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise, 1867-1929, Montréal, Boréal Express, 1979, p.506-517. (citation dans) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.80.
Le 11 novembre 1916 Assermentation du duc de Devonshire au poste de gouverneur général du Canada
Gendre du marquis de Lansdowne, qui fut gouverneur général du Canada de 1883 à 1888, le duc de Devonshire est un riche propriétaire terrien qui a siégé à la Chambre des communes britannique de 1891 à 1908.
La nomination du duc de Devonshire, le 8 août 1916, entraîne une controverse. Celui-ci a en effet été désigné sans que le gouvernement canadien ait été préalablement consulté, une procédure qui rompt avec la tradition établie. Le duc écoulera malgré tout un mandat moins mouvementé que son prédécesseur, le duc de Connaught, avant de quitter ses fonctions en 1921.
Le 26 novembre 1926 Nomination de Vincent Massey comme ministre du Canada aux États-Unis
Le gouvernement canadien nomme le diplomate Vincent Massey comme envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Washington. Il est le premier à assumer ce poste.
Avant son entrée en fonction, en janvier, Massey sera reçu à Londres par le roi George V. En 1935, il sera nommé haut commissaire dans cette ville.
Source : Le Devoir, 26 novembre 1926, p.1. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 1999, p.1545.
Le 3 novembre 1927 Tenue d'une Conférence interprovinciale à Ottawa
Les principaux thèmes abordés lors de cette conférence sont la canalisation du Saint-Laurent et la question des ressources électriques de la rivières des Outaouais.
Le 2 novembre 1929 Adoption par la Nouvelle-Écosse du système de régie des alcools en vigueur au Québec
L'électorat de la Nouvelle-Écosse se prononce en faveur du contrôle des liqueurs par le gouvernement. Plus de 85 000 électeurs sont d'accord pour l'adoption d'un système semblable à celui en usage au Québec, alors que 61 000 préfèrent le maintien de la prohibition.
Le 2 novembre 1935 Assermentation de lord Tweedsmuir au poste de gouverneur général du Canada
Écrivain prolifique, lord Tweedsmuir (John Buchan) a siégé au Parlement britannique avant d'être nommé gouverneur général du Canada en 1935.
Arrivé par le navire Duchess of Richmond, Tweedsmuir est assermenté à Québec en présence du juge Lyman P. Duff de la Cour suprême, du premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King, du premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau, et du maire de Québec, Joseph-Ernest Grégoire. Lors de la cérémonie, qui se déroule dans la salle du Conseil législatif, le nouveau gouverneur général fait trois adresses, dont l'une destinée à Taschereau dans laquelle il déclare: « L'un de mes plus chers désirs en venant au Canada est de faire plus ample connaissance avec Québec et son peuple, courageux, laborieux et paisible. » Ce à quoi il ajoute: « Je n'envisage rien avec une plus vive satisfaction que mon retour ici (Québec), et la certitude d'apprendre à mieux vous connaître. » La cérémonie d'assermentation est radiodiffusée sur les ondes de Radio-Canada. Tweedsmuir participera sans succès à quelques initiatives de paix avant de quitter son poste, en 1940. Son successeur sera le comte d'Athlone.
Source : Le Devoir, 2 novembre 1935, p.3, 4 novembre 1935, p.2 et 3. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.373.
Le 15 novembre 1935 Signature à Washington d'un traité de réciprocité canado-américain
Le président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt, et le premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King, signent un traité réduisant les obstacles au commerce dans le but d'améliorer et de développer les échanges entre leurs deux pays.
Source : Le Devoir, 16 novembre 1935, p.8, 17 novembre 1935, p.3, 18 novembre 1935, p.6-7.
Le 26 novembre 1937 Nomination de l'archiviste du Canada
Le major Gustave Lanctôt, auteur de plusieurs ouvrages historiques, est nommé archiviste du Canada. Il est le premier francophone d'origine à occuper ce poste.
Lanctôt demeurera en poste jusqu'en 1940, mais il continuera à produire d'autres ouvrages historiques après sa retraite, notamment une « Histoire du Canada » qui sera publiée au début des années 60.
Le 12 novembre 1940 Accession d'Arthur Meighen au poste de chef du Parti conservateur du Canada
Quatorze ans après avoir quitté la direction du Parti conservateur du Canada, l'ex-premier ministre Arthur Meighen accepte à nouveau de diriger cette formation. Il succède à R.B. Hanson qui assumait l'intérim depuis la démission de Robert Manion, en mai 1940.
Trois hypothèses se présentent devant le caucus conservateur réuni à Ottawa depuis le 7 novembre: endosser une candidature de l'Ouest, supporter l'Ontarien George Drew ou demander le retour de l'ancien chef Arthur Meighen, âge de 66 ans, qui a été à la tête du parti de 1920 à 1926. Peu intéressés par la perspective de tenir un congrès au leadership pendant la durée de la guerre, les Conservateurs adoptent une résolution demandant à Meighen de les diriger à nouveau. Après quelques hésitations, celui-ci accepte. Favorable à un lien étroit entre le Canada et la Grande-Bretagne, Meighen prononce alors un discours conscriptionniste et demande la formation d'un gouvernement d'Union, comme en 1917, pour la durée du conflit. Selon lui: « Si l'on peut former un cabinet fort, organisé sur une large base nationale, le gouvernement de parti n'a plus sa raison d'être; il ne devrait plus être toléré. » Arthur Meighen, qui ne siège plus à la Chambre des communes, sera battu dans sa tentative d'y revenir lors de l'élection partielle du 9 février 1942. George Drew lui succédera à la tête des Conservateurs au mois de décembre 1942.
Source : Le Devoir, 8 novembre 1940, p.1 et 3, 13 novembre 1940, p.1 et 7.
Le 26 novembre 1941 Décès du ministre fédéral de la Justice, Ernest Lapointe
En plus d'être considéré comme un des proches conseillers du premier ministre William Lyon Mackenzie King, Ernest Lapointe a été pendant plusieurs années la personnalité dominante du Parti libéral du Canada au Québec.
Une des interventions les plus mémorables d'Ernest Lapointe, sa promesse que le gouvernement fédéral ne rendra pas la conscription obligatoire, a joué un rôle déterminant dans la victoire des Libéraux d'Adélard Godbout lors de l'élection provinciale de 1939. C'est un avocat de Québec, Louis Saint-Laurent , qui succédera à Lapointe à la tête du ministère de la Justice, le 10 décembre 1941.
Le 23 novembre 1944 Envoi outre-mer de 16 000 conscrits canadiens
Le gouvernement décrète par arrêté en conseil l'envoi outre-mer de 16 000 conscrits. Cette intensification de la participation canadienne à l'effort de guerre est liée à l'augmentation des besoins en Europe. Elle est à l'origine de tensions que le premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King, surmontera habilement avant d'être réélu, en 1945.
Quelques semaines plus tard, le 8 décembre 1944, le gouvernement libéral demande un vote de confiance à la Chambre des communes (« Que cette Chambre aide le gouvernement dans la poursuite d'un vigoureux effort de guerre »). Les deux tiers des députés (143 contre 70) lui accordent, dont des élus du Co-operative Commonwealth Federation (CCF) et du Crédit social. En revanche, des députés libéraux du Québec refusent d'appuyer leur chef.
Source : La Presse, 9 décembre 1944, p.1 et 46. Sous la direction de Craig Brown, Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.553-564. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357.
Le 14 novembre 1945 Adoption d'un arrêté ministériel faisant du Red Ensign le drapeau du Canada
Le premier ministre du Canada, le libéral William Lyon Mackenzie King, fait adopter un arrêté ministériel confirmant l'adoption du Red Ensign comme drapeau officiel du Canada.
Avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le premier ministre Mackenzie King manifeste l'intérêt de doter son pays d'un drapeau distinctif. La réélection des Libéraux, en juin 1945, permet de donner suite à ce projet qui récolte beaucoup d'appuis auprès des Canadiens français désireux de voir disparaître l'Union Jack, le drapeau britannique, comme symbole de leur pays. Le 5 septembre 1945, un arrêté ministériel est adopté. Il y est dit: « (...) il plaît à Son Excellence le Gouverneur général en conseil, sur la recommandation du premier ministre, d'ordonner par les présentes que le pavillon rouge avec les armes canadiennes dans le battant (Red Ensign) puisse être déployé sur les édifices possédés ou occupés par le gouvernement fédéral, dans les limites et hors des limites du Canada. Il plaît de plus à Son Excellence en conseil, sur la même recommandation, de déclarer par les présentes qu'il est convenable de déployer le pavillon marchand canadien, dans les limites et hors les limites du Canada, chaque fois qu'il y a lieu de déployer un drapeau canadien distinctif. » Loin de mettre fin aux débats sur le drapeau, cette décision relance les hostilités entre les nationalistes canadiens-français qui déplorent la présence de l'Union Jack sur un coin de leur nouveau drapeau, et plusieurs Canadiens anglais qui auraient préféré conserver l'Union Jack, symbole de leur attachement à la Grande-Bretagne. Pour trancher la question, un comité est formé, mais la majorité anglophone s'oppose à ce que l'on fasse disparaître l'Union Jack d'un éventuel projet de drapeau national. Des 2 400 propositions faites, on en retient finalement deux qui sont débattues avant que, le 12 juillet 1946, ne soit retenue par le Comité la version suivante du Red Ensign remanié: « portant une feuille d'érable aux teintes mordorées de l'automne sur un fond blanc avec bordure au lieu des armoiries dans le battant; l'ensemble du motif devant être proportionné de manière que les dimensions et la position de la feuille d'érable par rapport à l'Union Jack dans le canton le fassent reconnaître comme symbole distinctif du Canada en tant que nation. » Cette décision met à toute fin pratique un terme aux discussions sur le drapeau, ce qui crée un ressentiment dans les milieux nationalistes canadiens-français. Il mènera à l'adoption d'un drapeau Québécois en janvier 1948.
Le 19 novembre 1946 Dépôt d'une motion à l'Assemblée législative réclamant l'adoption d'un drapeau canadien
Cette motion fait suite au refus exprimé par le gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King de doter le Canada d'un drapeau distinctif sur lequel on ne retrouve aucune référence au Union Jack britannique.
Le 27 février 1946, l'Assemblée législative avait demandé à l'unanimité au gouvernement fédéral de choisir un drapeau canadien qui soit distinctif. La décision d'adopter une version remaniée du Red Ensign, sur laquelle on aperçoit encore l'Union Jack, en juillet 1946, déçoit donc les milieux nationalistes canadiens-français. Le 19 novembre 1947, le député indépendant de Québec-Comté, René Chaloult, fera inscrire au feuilleton une motion qui demande que « cette Chambre invite le gouvernement du Québec à arborer sans délai, sur la tour centrale de son hôtel, un drapeau nettement canadien et qui symbolise les aspirations du peuple de cette province. » En mars, un comité, auquel participeront notamment Chaloult et André Laurendeau, sera formé pour trouver une solution. Rapidement, les milieux nationalistes -« Le Devoir », la Société Saint-Jean-Baptiste, la Ligue d'Action nationale- font pression pour l'adoption du fleurdelisé, un drapeau bleu, avec une croix blanche, sur lequel on retrouve des fleurs de lis, symboles de l'origine française de la majorité des Québécois. La dissolution du comité survient le 23 avril. Il recommande l'adoption d'un drapeau distinctif à 7 votes contre 3. Le 2 décembre suivant, René Chaloult ramènera ce sujet au feuilleton. En janvier 1948, l'Assemblée législative adoptera unanimement le nouveau drapeau auquel on aura apporté une modification, soit la position des fleur de lis qui sont maintenant à la verticale.
Source : L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.862-863. Luc Bouvier, «L'histoire du drapeau», L'Action nationale, vol. LXXXVI, no.3, mars 1996, p.123-134. Luc Bouvier, «Vers le fleurdelisé», L'Action nationale, vol. LXXXVI, no.9, novembre 1996, p.97-107.
Le 25 novembre 1952 Publication du « President's Report on Raw Materials » (Rapport Paley) aux États-Unis
Ce rapport américain aura un grand retentissement au Canada. Il remet en question certaines données économiques en prévoyant une augmentation de la demande pour plusieurs denrées de base produites au Québec.
Mise sur pied à la suite du déclenchement de la guerre de Corée, en 1950, la Commission Paley recommande notamment au gouvernement américain de recourir à la production de pays alliés pour conserver un approvisionnement régulier et durable en matières premières. Au cours des années 50, les investisseurs américains participeront activement au développement des ressources naturelles du Québec, particulièrement dans le secteur minier.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.2. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert et François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.208-212.
Le 3 novembre 1956 Approbation de la création d'une force de maintien de la paix par l'Organisation des Nations unies
Le président de l'Assemblée générale des Nations Unies, le Canadien Lester B. Pearson, propose la création d'une force de maintien de la paix sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU). Celle-ci entraînera le retrait des Britanniques et des Français hors d'Égypte, et précipitera le dénouement du conflit survenu au canal de Suez à l'automne 1956.
En plus d'être président de l'Assemblée générale de l'ONU depuis 1952, Pearson, un diplomate de carrière, est également le ministre canadien des Affaires extérieures. La solution pacifique qu'il propose pour dénouer le conflit du canal de Suez ne plaira pas à tous, mais elle permettra d'éviter une confrontation à plus grande échelle qui aurait pu s'avérer coûteuse en vies humaines. En récompense de ses efforts, Pearson recevra le prix Nobel de la paix en 1957.
Le 26 novembre 1963 Tenue d'une conférence fédérale-provinciale des premiers ministres à Ottawa
La question du partage des recettes fiscales est au cœur de cette conférence qui réunit le premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, et ses homologues provinciaux, dont le premier ministre du Québec, Jean Lesage.
Avant la conférence, le premier ministre Lesage avait détaillé les demandes du Québec de la façon suivante: 25 % de l'impôt des particuliers, 25 % de l'impôt des sociétés et 100 % de l'impôt sur les successions. À ce moment, le Québec perçoit 18 % de l'impôt des particuliers, 9 % de l'impôt des sociétés et 50 % de l'impôt sur les successions. Le Québec plaide ses besoins grandissants pour justifier ses exigences, mais le gouvernement fédéral manifeste des réticences à lui accorder une part aussi importante de l'assiette fiscale. On en arrive finalement à un compromis. Des modifications aux calculs de la péréquation amènent Ottawa à retourner 87 millions de dollars aux provinces pour l'année 1964-65. De ce montant, le Québec recevrait 42,7 millions, ce qui est inférieur aux 70 millions réclamés. Le premier ministre Lesage exprime sa déception, mais tous s'entendent pour que cette question, et d'autres thèmes comme la sécurité de la vieillesse et la participation des provinces à la politique tarifaire et monétaire, soient abordés lors d'une conférence prévue pour le mois de mars.
Source : Le Devoir, 28 novembre 1963, p.1 et 8, 30 novembre 1963, p.9.
Le 25 novembre 1964 Annonce de la création d'une enquête fédérale sur la corruption
Le gouvernement libéral de Lester B. Pearson confie à Frédéric Dorion, juge en chef de la Cour supérieure du Québec, la direction d'une enquête chargée de faire la lumière sur une affaire de tentative de corruption et d'intimidation impliquant un avocat de Montréal et deux adjoints de ministres fédéraux.
Au centre de cette controverse, la décision de deux anciens adjoints ministériels du premier ministre Pearson d'accorder des pots-de-vin de 20 000 $ à un avocat s'occupant de la demande d'extradition de Lucien Rivard, un trafiquant de drogues. Le mandat du juge Dorion dans cette affaire consistera donc à « faire enquête de façon complète sur les allégations relatives à des incitations irrégulières ou des pressions abusives auxquelles on a eu recours en vue d'influencer l'avocat s'occupant de la demande d'extradition d'un certain Lucien Rivard ainsi que sur toutes les circonstances pertinentes à cette affaire... » Guy Rouleau, secrétaire parlementaire du premier ministre, annonce sa démission. L'homme qui a institué l'enquête, le ministre de la Justice Guy Favreau, fera de même le 29 juillet 1965.
Source : Le Devoir, 25 novembre 1964, p.1, 26 novembre 1964, p.1 et 23.
Le 8 novembre 1965 Réélection des libéraux de Lester B. Pearson à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de Lester B. Pearson remportent les élections générales avec 40,2% des voix. Ils font élire 132 députés à la Chambre des communes contre 97 pour leurs plus proches rivaux, les progressistes-conservateurs de John Diefenbaker.
Il s'agit d'un deuxième gouvernement minoritaire consécutif pour les libéraux de Lester B. Pearson qui viennent à quelques sièges de détenir la majorité à la Chambre des communes. Le scrutin de 1965 confirme à peu près les résultats de 1963, si ce n'est pour le Crédit social qui chute de 24 à 13 députés, dont 10 au Québec. Le Parti libéral fait d'ailleurs des gains aux mains des Créditistes dans cette province, obtenant 31,6% des voix et 56 sièges sur 75, soit neuf de plus qu'en 1963. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) fait pour sa part élire 21 députés à la grandeur du pays. De ce nombre, aucun toutefois ne représente une circonscription québécoise. Enfin, soulignons que les élections du 8 novembre marquent également l'entrée sur la scène politique des « trois colombes » (Pierre Elliott Trudeau, Gérard Pelletier, Jean Marchand ) sous la bannière libérale.
Source : Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 400 p. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.659-662. L'Encyclopédie du Canada, Montréal, Stanké, 2000, p. 1808-1810 et 1826-1827.
Le 17 novembre 1965 Signature d'un accord-cadre sur les échanges culturels et scientifiques entre le Canada et la France
Dans cet accord signé à Ottawa, il est établi que: « les échanges avec la France en ce qui concerne l'éducation et les relations culturelles, scientifiques, techniques et artistiques, pourront faire l'objet d'ententes conclues avec les provinces du Canada. Dans ce cas le gouvernement français en informera le gouvernement canadien... »
Cet accord d'une durée de cinq ans permettra la création d'une Commission mixte franco-canadienne qui siégera successivement en France ou au Canada. Elle suivra les applications de l'accord, étudiera les différentes actions à entreprendre pour ensuite les soumettre aux deux gouvernements. Dans le préambule, on dit que cet accord vise à: « développer les échanges entre les deux pays dans le domaine de la culture, de la science, de la technique et des arts, favoriser la diffusion de la langue française et contribuer ainsi à renforcer les liens traditionnels d'amitié entre le Canada et la France. » Selon le ministre des Affaires étrangères Paul Martin: « cette initiative (...) est conforme à la politique de coopération étroite qui existe entre les deux pays et (...) elle rejoint le vœu formulé par le président de la République française, le général de Gaulle, et le premier ministre canadien, Pearson, lors de leur entretien parisien de janvier 1964. »
Le 7 novembre 1967 Adoption par l'Assemblée nationale française de crédits relatifs à la coopération franco-québécoise
L'Assemblée nationale française adopte les crédits que la France consacrera à la coopération franco-québécoise. Ceux-ci seront quintuplés, passant de 1 250 000 $ en 1967 à 6 250 000 $ en 1968.
Les perspectives d'avenir sont également optimistes puisque l'on prévoit que les crédits augmenteront à 8 125 000 $ en 1969 et à 10 millions de dollars l'année suivante.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.75.
Le 27 novembre 1967 Tenue d'une conférence sur l'avenir de la Confédération canadienne
Les premiers ministres des provinces se réunissent à Toronto sur l'invitation du premier ministre de l'Ontario, John Robarts, pour discuter de l'avenir de la Confédération. À cette conférence, les provinces décident de reprendre les pourparlers constitutionnels interrompus en janvier 1966 avec le rejet par le Québec de la formule Fulton-Favreau.
Le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, met l'emphase sur la nécessité de réviser globalement la constitution canadienne. Il propose une décentralisation des pouvoirs fédéraux et l'accroissement des pouvoirs des provinces, ainsi que la reconnaissance de la dualité nationale et culturelle du pays. Johnson émet également l'idée de mettre sur pied une Commission fédérale-provinciale permanente sur les droits linguistiques. Dans son discours présenté à Toronto, Johnson soutient : « que la constitution actuelle comporte encore des éléments valables en ce qui concerne l'organisation d'un Canada à dix, il faut bien admettre que cet autre Canada, le Canada à deux reste largement à inventer. Voilà sans doute pourquoi notre pays est resté jusqu'à maintenant le Canada des deux solitudes (...) Il se trouve que des deux cultures canadiennes, c'est évidemment la française qui est plus menacée dans le contexte nord-américain. Dans ce pays comme le nôtre, il est fondamental que la constitution reconnaisse les droits collectifs des deux communautés culturelles (...) Voilà pourquoi notre gouvernement a reçu le mandat de militer de toutes ses forces en faveur d'une constitution nouvelle consacrant l'égalité juridique et pratique de nos deux communautés nationales. Nous ne voulons pas imposer notre langue indistinctement à tous les Canadiens; mais nous voulons que partout où ils sont suffisamment groupés, les Canadiens français puissent servir leur pays et en être servis dans leur langue comme citoyen à part entière (...) Il y a donc un rôle que seul le Québec peut jouer pour assurer l'égalité de la nation canadienne française. C'est pourquoi, il a besoin de pouvoirs accrus. » De leur côté, les premiers ministres des autres provinces voient mal l'utilité d'une réforme majeure de la constitution. Selon eux, il est plus urgent de régler la question des relations entre les deux paliers de gouvernement. Quant aux droits linguistiques et culturels proposés par Johnson, les autres provinces montrent de l'hostilité et du scepticisme.
Source : Le Devoir, 28 novembre 1967, p.1,7 et 17.
Le 7 novembre 1969 Dépôt à la Chambre des communes d'un Livre blanc sur la fiscalité
Le ministre fédéral des Finances, le libéral Edgar Benson, dépose un Livre blanc qui contient les principales orientations que le gouvernement entend prendre en matière de fiscalité.
Un des éléments les plus importants de ce Livre blanc est l'intention du ministre de taxer les gains de capital comme les autres sources de revenu. Benson aborde également la question de l'augmentation des exemptions personnelles d'impôt et la possibilité de sabrer dans les déductions accordées pour les subventions de recherche ou les frais de représentation des entreprises. Le ministre parle « d'une réforme fondamentale de notre système fiscal », ce qui risque de créer des frictions avec certaines provinces qui n'épousent pas nécessairement les conclusions de ce Livre blanc. Benson espère néanmoins que ses principales recommandations pourront entrer en vigueur en janvier 1971.
Le 20 novembre 1970 Tenue d'un congrès d'orientation du Parti libéral fédéral à Ottawa
Quelques semaines après le déclenchement de la Crise d'Octobre au Québec, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau fait état des principales réalisations de son gouvernement devant 2 000 libéraux réunis à Ottawa.
Une majorité écrasante -1 064 délégués contre 132- renouvelle ensuite sa confiance dans le leadership du premier ministre.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.39.
Le 30 novembre 1970 Publication d'un Livre blanc par le ministre fédéral de la Santé
Dans ce Livre blanc, le ministre fédéral de la Santé, John Munro, propose une réforme des allocations familiales et une hausse substantielle du supplément de revenu garanti consenti aux personnes âgées.
Ce Livre blanc suggère deux grandes innovations. La première concerne l'assurance d'un revenu garanti de 135 $ par mois pour les personnes âgées. La deuxième est une modification du régime d'allocation sociale qui devient un régime de sécurité du revenu familial. Ainsi, ceux qui gagnent moins que 4 500 $ recevront 16 $ par enfant. Ce montant diminuera graduellement jusqu'à 9 500$. De plus, ces allocations familiales seront désormais imposables.
Le 10 novembre 1971 Nomination de Renaude Lapointe comme sénatrice
Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, nomme Renaude Lapointe au Sénat. Après avoir fait carrière dans le journalisme, celle-ci agissait depuis 1970 comme agent d'information au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien.
Entre 1974 et 1979, Renaude Lapointe sera la première Canadienne française à occuper la présidence du Sénat. Elle quittera cette institution en 1987, à l'âge de 75 ans.
Source : L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 1999, p.1383. Grant Purves, Les présidents du Sénat, Ottawa, Bibliothèque du Parlement, 2001.
Le 10 novembre 1971 Recommandation d'un revenu annuel garanti
Un Comité du sénat qui étudie le problème de la pauvreté au Canada recommande au gouvernement d'envisager l'adoption d'une formule de revenu annuel garanti.
Le Rapport sénatorial sur la pauvreté recommande « l'institution par le gouvernement fédéral d'un régime de revenu annuel garanti comme moyen indispensable de vaincre le problème de la pauvreté. » Selon ce rapport, l'application d'un tel régime l'année dernière aurait coûté au gouvernement entre 800 et 900 millions de dollars, soit 1 % du produit national brut. De plus, le comité recommande que les citoyens qui ont un revenu inférieur au seuil de la pauvreté soient exemptés d'impôt. Il propose également la hausse du salaire minimum, la création de programmes de logements publics et subventionnés, etc.
Le 12 novembre 1971 Dévoilement d'un rapport gouvernemental par la revue « Canadian Forum »
La revue « Canadian Forum » publie le contenu d'un rapport du cabinet fédéral recommandant qu'une agence gouvernementale soit chargée d'étudier les activités des compagnies étrangères. Cette agence pourrait également être autorisée à bloquer les investissements étrangers au Canada.
La méfiance à l'endroit de la mainmise étrangère sur l'économie canadienne aboutira deux ans plus tard avec la création d'un nouvel organisme fédéral: l'Agence d'examen de l'investissement étranger (AEIE). Celle-ci changera de mission, puis de nom, au cours des années 80.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.14. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.32.
Le 15 novembre 1971 Tenue d'une conférence fédérale-provinciale sur les questions économiques à Ottawa
À cette occasion, les premiers ministres des provinces demandent une plus grande participation dans le processus de décision des grandes orientations économiques du pays.
Les provinces émettent haut et fort leur insatisfaction par rapport à l'économie canadienne. Elles demandent une augmentation de leur « participation à la définition, à l'organisation et la gestion de l'économie canadienne. » Conséquemment, elles proposent des consultations plus fréquentes et institutionnalisées ainsi que la création d'une commission fédérale-provinciale des affaires économiques ou d'une conférence économique annuelle.
Le 28 novembre 1973 Nomination de Jules Léger au poste de gouverneur général du Canada
Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, annonce que Jules Léger assumera les fonctions de gouverneur général du Canada à compter du mois de janvier 1974. Il succédera à Roland Michener.
Frère de l'ex-archevêque de Montréal, le cardinal Paul-Émile Léger, Jules Léger tâte du journalisme et de l'enseignement avant de faire carrière dans la diplomatie. Il est ambassadeur dans plusieurs pays européens, dont l'Italie et la France. Au début de son mandat comme gouverneur général, Léger souffre d'un malaise cardiaque qui le force à ralentir ses activités. Sa femme Gabrielle s'acquitte alors de certaines de ses fonctions, un fait plutôt inusité. Jules Léger restera en fonction jusqu'en 1979.
Le 7 novembre 1976 Élection d'André Fortin au poste de chef du Crédit social
André Fortin succède à Réal Caouette au poste de chef du Crédit social canadien. Ce dernier, miné par des problèmes de santé, avait annoncé son départ de la vie politique quelques mois auparavant.
Sept candidats sont sur les rangs lors de cette course au leadership qui se déroule à Ottawa, dont deux Québécois, André Fortin et René Matte. Les deux hommes représentent respectivement les circonscriptions de Lotbinière et de Champlain à la Chambre des communes. Ils se retrouvent face à face au troisième tour, après l'élimination ou le retrait des cinq autres candidats qui sont originaires de l'Ouest du pays. Fortin, qui est bilingue et qui met une percée dans l'Ouest au cœur de sa stratégie, triomphe finalement de Matte qui ne s'exprime pas en anglais et qui veut centrer l'action du Crédit social sur le Québec. Fortin obtient à cette occasion 615 votes contre 317 pour Matte. Parmi les objectifs du nouveau chef de 33 ans, soulignons l'étude d'une formule de revenu annuel garanti ainsi qu'une réforme du système monétaire. Malgré la situation difficile de sa formation, Fortin maintient que « le Crédit social n'est pas un phénomène régional et québécois, mais un phénomène national. » André Fortin décédera dans un accident de voiture en 1977.
Le 4 novembre 1977 Début du festival Musicanada en Europe
Le festival Musicanada « Présence de la musique canadienne contemporaine » a pour but de faire mieux connaître la musique canadienne en France et en Angleterre. Au cours des concerts qui se tiennent du 4 au 17 novembre 1977, on présente 41 œuvres de 32 compositeurs canadiens.
Parmi les compositeurs canadiens dont les œuvres sont interprétées lors de cet événement figurent Robert Aitken, Harry Freedman, Jacques Hétu, R. Murray Schafer, Roger Matton, André Prévost, Gilles Tremblay, Brian Cherney, Serge Garant, Bruce Mather, Donald Steven, Micheline Coulombe Saint-Marcoux, Kelsey Jones, Jean Papineau-Couture, István Anhalt, Clifford Ford, Claude Vivier, Clermont Pépin et François Morel. Financés par le ministère des Affaires extérieures et le Conseil des Arts du Canada, les concerts ont lieu à la salle Gaveau de Paris, au Grand auditorium de la Maison de Radio France et à l'église Saint-John's, Smith Square de Londres. Les œuvres sont exécutées par l'Orchestre symphonique de la British Broadcasting Corporation, par le Nouvel orchestre philharmonique ainsi que par des ensembles canadiens dont le Quintette à vent du Québec et l'Ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec. Selon Annick Poussart: « Il semble que la musique canadienne contemporaine ait surtout été perçue comme le reflet d'un milieu artistique créateur et libéral, milieu marqué davantage par les personnalités individuelles des compositeurs que par la préoccupation d'un style et d'une pensée caractéristiques d'une école nationale. »
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. (citation extraite de) Annick Poussart, «Musicanada, présence de la musique canadienne contemporaine / A presentation of Canadian contemporary music», Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Montréal, Fides, 1993 (1982), p.2250.
Le 5 novembre 1981 Entente entre neuf provinces et le gouvernement fédéral sur le rapatriement de la Constitution
Le gouvernement fédéral et neuf provinces s'entendent sur une formule d'amendement qui permettra le rapatriement de la Constitution. Seul le gouvernement du Québec s'oppose à cette démarche. Pour exprimer leur mécontentement, les négociateurs québécois donneront à la nuit qui a précédé cette entente le surnom de « nuit des longs couteaux ».
Depuis le 3 novembre, le premier ministre du Québec, René Lévesque, travaille avec les premiers ministres de sept provinces à la rédaction d'un nouveau compromis qui satisferait les exigences du Québec en matière constitutionnelle, tout en permettant au gouvernement fédéral d'obtenir une partie de la Charte des droits et libertés qu'il réclame. Quelques années plus tard, le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, décrira sa stratégie de la façon suivante: « Je pouvais prouver au public canadien que les huit premiers ministres étaient tout à fait déraisonnables et partir seul...ou je pouvais briser leur solidarité et obtenir l'appui d'un nombre important d'entre eux, c'est-à-dire entre cinq et huit. » Après d'intenses négociations et une rencontre nocturne des représentants-clés, le gouvernement fédéral et neuf provinces en viennent à un consensus que ne peut accepter le gouvernement du Québec. Le premier ministre René Lévesque se retrouve ainsi isolé, continuant d'opposer un refus total sur au moins trois points: l'absence de compensation financière lors de l'exercice du droit de retrait des programmes fédéraux, la conception des droits à la mobilité et les droits linguistiques en matière d'enseignement.
Source : Le Devoir, 6 novembre 1981, p.1. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.612-614. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.664-672. (citation extraite de) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada : une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.296.
Le 2 novembre 1982 Dépôt du projet de loi S-31 au Sénat
Le gouvernement libéral dirigé par Pierre Elliott Trudeau dépose devant le Sénat le projet de loi S-31. Il vise à interdire aux provinces l'acquisition directe ou indirecte de plus de 10 % des actions d'une compagnie interprovinciale ou internationale de transport de passagers ou de marchandises par rail.
L'Opposition à Ottawa manifeste sa désapprobation à l'endroit du projet de loi. De fortes protestations proviennent également du Québec alors que le gouvernement péquiste et les dirigeants de la Caisse de dépôt et de placement dénoncent ce qu'ils perçoivent comme une tentative fédérale de restreindre les moyens d'intervention des provinces dans le domaine des transports.
Le 21 novembre 1986 Tenue d'une conférence des premiers ministres à Vancouver
Réunis à Vancouver pour leur rencontre annuelle, les premiers ministres des gouvernements provinciaux et fédéral proposent d'intensifier les discussions constitutionnelles afin de permettre au Québec d'adhérer à l'entente constitutionnelle de 1982.
Plusieurs sujets sont à l'ordre du jour de cette conférence, dont l'agriculture, la situation économique des femmes, le commerce interprovincial et le développement régional. Le litige qui oppose les exportateurs canadiens de bois d'œuvre au gouvernement américain occupe aussi une bonne part des discussions, une entente survenant alors que la conférence bat son plein. Le premier ministre Robert Bourassa et son homologue fédéral Brian Mulroney annoncent également que des négociations portant sur la constitution progressent de façon positive, laissant planer l'espoir d'une adhésion éventuelle du Québec qui réparerait la brisure causée par le rapatriement de 1982.
Source : Le Devoir, 19 novembre 1986, p.2, 20 novembre 1986, p.2, 21 novembre 1986, p.1 et 8, 22 novembre 1986, p.1-2, 12.
Le 25 novembre 1986 Accession de Thérèse Sévigny au poste de sous-secrétaire général de l'Organisation des Nations unies
La presse annonce la nomination éventuelle de Thérèse Sévigny au poste de sous-secrétaire générale, responsable des services de l'information publique au sein de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Auparavant vice-présidente aux communications de Radio-Canada, Thérèse Sévigny est la première femme à occuper un poste de sous-secrétaire général à plein temps à l'ONU. Le mandat des services de l'information consiste à s'occuper « de la distribution de documentation sur les activités de l'ONU aux organes d'information et à diverses organisations à travers le monde. »
Le 21 novembre 1988 Réélection des progressistes-conservateurs de Brian Mulroney à la Chambre des communes à Ottawa
Les progressistes-conservateurs de Brian Mulroney remportent les élections générales avec 43,3% des voix. Ils font élire 170 députés à la Chambre des communes contre 82 pour leurs plus proches rivaux, les libéraux de John Turner.
Le Parti progressiste-conservateur (PPC) de Brian Mulroney obtient un second mandat majoritaire consécutif, un succès que même John Diefenbaker n'avait pas réussi à obtenir au cours des années 50 et 60. Le thème d'un nouveau traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis domine la campagne électorale. Les trois chefs, Mulroney, le libéral John Turner et le néo-démocrate Ed Broadbent, s'affrontent sur le sujet lors d'un débat télévisé qui suscite beaucoup d'intérêt. Malgré la victoire du PPC, libéraux et néo-démocrates font des gains substantiels par rapport au scrutin de 1984, gagnant respectivement 82 et 43 circonscriptions, contre 40 et 30 en 1984. Autre fait à souligner: 39 femmes sont élues à la Chambre des communes, un record pour des élections fédérales.
Source : La Presse, 22 novembre 1984, p.1. Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 400 p.
Le 29 novembre 1990 Adoption d'une motion à la Chambre des communes appuyant une résolution de l'Organisation des Nations unies
Le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney fait adopter par la Chambre des communes une motion appuyant une résolution de l'Organisation des Nations unies (ONU) demandant le retrait des troupes irakiennes au Koweït.
Cette motion se lit comme suit: « Que la Chambre, constatant que le gouvernement de l'Irak n'a pas observé les résolutions du conseil de sécurité des Nations unies relatives à l'invasion du Koweït et à la détention de ressortissants de pays tiers, appuie les Nations Unies dans leurs efforts visant à assurer le respect de la résolution 660 et des résolutions subséquentes du Conseil de sécurité. » Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique proposeront des amendements demandant qu'on retarde le plus possible une intervention armée, prévue par la résolution 660, afin de donner une chance aux sanctions économiques de faire fléchir le gouvernement irakien. Ces amendements seront toutefois défaits par la majorité des députés progressistes-conservateurs qui adopteront, à leur tour, la motion mise de l'avant le 28 novembre.
Source : La Presse, 30 novembre 1990, p.A1. Janin Desmarais, Mémoire de maîtrise à déposer sur la politique extérieure canadienne lors de la guerre du Golfe (titre indéterminé), Université de Sherbrooke.
Le 19 novembre 1991 Ouverture du quatrième Sommet de la francophonie à Paris
Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, effectue une visite en France dans le cadre du Sommet de la francophonie qui se déroule au palais de Chaillot.
Comme c'est la coutume, le gouvernement canadien, le gouvernement québécois et celui du Nouveau-Brunswick sont représentés à cet événement auquel participent 47 pays. La bonne entente entre le gouvernement libéral de Robert Bourassa et le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney est en évidence à cette occasion, aucun sujet controversé ne venant obscurcir ce sommet de deux jours. Le premier ministre canadien occupe d'ailleurs une place importante, abordant entre autres la question des Droits de l'homme -et des femmes- et celle de la démocratie. Cette dernière est au cœur de la déclaration finale des participants qui contient le passage suivant: « Convaincus que la démocratie est au cœur d'une répartition plus équitable des ressources matérielles et humaines et qu'elle est aussi fondamentale pour la prospérité économique des peuples que la dignité de l'homme, (nous) prenons l'engagement de faire avancer le processus de démocratisation, de consolider les institutions démocratiques et décidons de développer des programmes appropriés dans ce sens... » Malgré les intentions exprimées lors de ce sommet, la situation des droits démocratiques dans plusieurs pays francophones, dont Haïti, continue de susciter des inquiétudes.
Source : La Presse, 18 novembre 1991, p.B1, 20 novembre 1991, p.B1, 22 novembre 1991, p.A1 et B16. site internet du ministère des Relations internationales du Québec, http://www.mri.gouv.qc.ca
Le 17 novembre 1992 Versement de compensations financières à des victimes d'expériences psychiatriques
La ministre fédérale de la Justice, Kim Campbell, annonce que son gouvernement versera une somme d'argent compensatoire à environ 80 personnes qui ont subi des expériences psychiatriques à l'Institut Allan Memorial de l'hôpital Royal Victoria au cours des années 50 et 60.
C'est la Central Intelligence Agency (CIA) qui aurait financé ces expériences de « déstructuration » du cerveau -ou lavage de cerveau- qui auraient également profité des fonds fédéraux alloués à l'Institut Allan Memorial. Plusieurs « patients » ont conservé des effets néfastes de ces expériences qui ont fait l'objet de controverses lorsqu'elles ont été dévoilées publiquement.
Le 4 novembre 1993 Assermentation du cabinet du nouveau premier ministre libéral Jean Chrétien
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Marc-Olivier Jacob, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
À la suite des élections générales fédérales du 25 octobre 1993, le nouveau premier ministre du Canada, le libéral Jean Chrétien, annonce la composition de son Conseil des ministres. Le « p’tit gars de Shawinigan » décide de former un cabinet composé de 22 ministres. Il s’agit du plus petit des soixante dernières années.
Il s’agit de la première fois depuis 1984 que les libéraux fédéraux reviennent au pouvoir. Ce conseil ministériel, qualifié de « régime minceur », est rendu possible grâce à la mise sur pied de 8 postes de secrétaires d’État. Ainsi, Jean Chrétien s’inspire de l’approche du Royaume-Uni afin de lui donner une plus grande marge de manœuvre et rendre davantage efficaces les décisions du cabinet. Les secrétaires d’État ne pourront pas siéger au Conseil des ministres et profiter des nombreux avantages ministériels, comme le salaire ainsi que les ressources humaines et matérielles. Par conséquent, ce réaménagement ministériel devrait réduire les dépenses gouvernementales. Voulant donner l’exemple en matière de réduction des dépenses publiques, Jean Chrétien annonce que les ministères verront leurs budgets ainsi que leurs personnels diminués par rapport au gouvernement précédent de la progressiste-conservatrice Kim Campbell. Cependant, le changement le plus important est la création d’un ministère entièrement consacré à l’immigration. En effet, les dossiers d’immigration sont une chose du passé pour le ministère de la Sécurité publique. Ainsi, la gestion du processus d’immigration et de la sélection des immigrants est maintenant sous la juridiction du ministre de l’Immigration et de la Citoyenneté, Sergio Marchi. Malgré un Conseil des ministres réduit, la province de Québec compte 4 députés: Paul Martin aux Finances, Marcel Massé aux Affaires intergouvernementales, André Ouellet aux Affaires étrangères ainsi que Michel Dupuy au Patrimoine canadien. Pour leur part, les députés de l’Ontario occupent des sièges importants. Des 22 ministres, 10 sont en provenance de cette province, dont celui du Commerce international, de la Santé, de l’Industrie, de l’Infrastructure, du Conseil du Trésor, etc. Aussi, notons la nomination de Sheila Copps comme ministre de l’Environnement et vice-première ministre. C’est la première fois à Ottawa qu’une femme occupe le poste de second au premier ministre.
Source : Young, Huguette, « Un cabinet de format réduit », Le Nouvelliste, 5 novembre 1993, p.1 et 2, consulté le 08/06/2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3259298?docsearchtext=5%20novembre%201993%20la%20presse; Hébert, Chantal et Philippe Dubuisson, « Deux députés de Montréal feront partie du premier cabinet Chrétien », La Presse, 4 novembre 1993, p.A1 et A2, consulté le 09/06/2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2176702?docsearchtext=4%20novembre%20%201993%20la%20presse; Dion, Jean, « Le cabinet le plus mince en 60 ans », Le Devoir, 5 novembre 1993, p.A1 et A10, consulté le 09/06/2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2765911?docsearchtext=le%20devoir%20novembre%201993
Sans auteur, Enquête Chrétien, Hyperzoom, 30 mai 2018, URL https://www.youtube.com/watch?v=DpCudvJRnf4; Chrétien, Jean, Mes histoires, La Presse, Montréal, 2018, 256 p.; Rocher, François, « Les déterminants de l’élection fédérale de 1993 », Revue québécoise de science politique, numéro 27, 1995, p. 5–14. https://doi.org/10.7202/040368ar; Chrétien, Jean, Passion politique, Vintage, 2009, 448 p.
« La mécanique n’était pas tout à fait claire hier, mais il était acquis qu’on voulait réduire le personnel politique gravitant dans les bureaux de ministres et redonner plus d’importance aux fonctionnaires près des ministres. [...] La place qu’allait occuper le Québec retenait naturellement l’attention. Elle ne correspond pas à son poids démographique, mais les Québécois eux-mêmes avaient signifié qu’ils n’y tenaient pas. En incluant M. Chrétien, il y aura seulement cinq Québécois au cabinet. [...] Paul Martin a accepté le ministère des Finances, un des plus importants au pays. […] Si l’on excepte les Finances, on voit que les affaires économiques sont entre les mains de l’Ontario, qui après avoir octroyé 98 de ses 99 sièges aux libéraux, a eu la main haute pour obtenir 10 des 22 ministères, et notamment ceux qui tiennent les leviers de l ’ économie. [...] Il reste à voir comment va fonctionner ce parlement, et comment le Bloc québécois va réussir à influencer le cabinet dans le sens des intérêts du Québec, de l ’ extérieur plutôt que de l’intérieur. »
Bruneau, Claude, « Un cabinet qui allie expérience et nouveauté », Le Nouvelliste, 5 novembre 1993, p.6, consulté le 08/06/2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3259298?docsearchtext=5%20novembre%201993%20la%20presse
Le 22 novembre 1994 Nomination de Roméo Leblanc au poste de gouverneur général du Canada
Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, annonce que le sénateur Roméo Leblanc succédera à Ray Hnatyshyn au poste de gouverneur général du Canada.
Leblanc, le premier Acadien à occuper le poste de gouverneur général, entrera en fonction en février 1995. L'annonce de sa nomination en chambre incite le chef du Parti réformiste, Preston Manning, à émettre des réserves sur la fonction de gouverneur général et sur les coûts qui y sont rattachés.
Le 5 novembre 1995 Intrusion d'un inconnu dans la résidence du premier ministre du Canada
Dans la nuit du 5 novembre 1995, un inconnu s'introduit sans difficultés au 24 Sussex Drive, la résidence du premier ministre du Canada, Jean Chrétien.
Armé d'un couteau, l'homme de 24 ans, André Dallaire, se retrouve face à face avec l'épouse du premier ministre, Aline Chrétien. Celle-ci réussit à assurer sa sécurité et à entrer en communication avec les agents qui interviennent peu de temps après. Dallaire, qui n'est jamais entré en contact avec le premier ministre, n'opposera aucune résistance. Mais l'aisance avec laquelle il s'est introduit dans cette résidence officielle est à l'origine d'un débat sur la protection accordée aux politiciens, plus particulièrement au chef du gouvernement canadien.
Source : La Presse, 6 novembre 1995, p.1 et A2. Le Devoir, 6 novembre 1995, p.A3.
Le 14 novembre 1997 Ouverture du septième Sommet de la Francophonie à Hanoï, au Vietnam
En présence d'une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement représentant 49 pays, on procède à l'ouverture du septième Sommet de la Francophonie, le premier à se dérouler sur le continent asiatique.
Conformément à la coutume en pratique depuis le premier sommet, en 1986, le Québec et le Canada sont représentés par les premiers ministres Lucien Bouchard et Jean Chrétien. Parmi les décisions prises à cette occasion, soulignons l'accession de l'ex-secrétaire-général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Boutros Boutros Ghali, au poste de secrétaire-général de la Francophonie. Une résolution du Québec prévoyant des sanctions contre les pays commettant des accrocs à la démocratie, est également défaite. À un autre niveau, le gouvernement québécois accorde une aide de 16,5 millions pour des programmes qu'il juge prioritaires: les inforoutes, le programme Économie et développement et le programme Démocratie et droits de la personne. Le prochain Sommet des pays francophones aura lieu en 1999 à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Source : Le Devoir, 14 novembre 1997, p.A1, 15 novembre 1997, p.A8, 17 novembre 1997, p.A1. La Presse, 14 novembre 1997, p.B1, 17 novembre 1997, p.A1. site internet du ministère des Relations internationales du Québec http://www.mri.gouv.qc.ca/francophonie/bref_historique.html
Le 14 novembre 1998 Élection de Joe Clark au poste de chef du Parti progressiste-conservateur du Canada
Il s'agit d'un retour pour Joe Clark, âgé de 59 ans, qui a dirigé le Parti progressiste-conservateur (PPC) de 1976 à 1983 en plus d'être premier ministre du Canada de 1979 à 1980.
Clark succède à Jean Charest qui a quitté le PPC pour devenir chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Les Progressistes-conservateurs ont élu leur nouveau chef au terme de deux tours de scrutin auxquels ont participé tous les membres du parti. Après un premier tour qui s'est déroulé le 24 octobre, Clark menait clairement ses quatre adversaires (David Orchard, Hugh Segal, Brian Pallister, Michael Fortier), incitant trois d'entre eux à se retirer. En effet, seul Orchard décide de participer au deuxième tour. Clark, qui est devenu chef du PPC pour la première fois en 1976, n'a cependant aucune difficulté à le défaire le 14 novembre, se ralliant le support de 77,5 % des électeurs. Écartant la possibilité de conclure un pacte avec les Réformistes, une autre formation de droite qui compte beaucoup de partisans dans l'ouest du pays, Clark affirme que: « Notre priorité doit être de rebâtir la confiance des Canadiens dans leur sécurité financière et la façon dont les décisions politiques sont prises. »
Source : Le Devoir, 16 novembre 1998, p.A7. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.517.
Le 27 novembre 2000 Réélection des libéraux de Jean Chrétien à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de Jean Chrétien remportent les élections générales en obtenant 42,0% des votes. Ils font élire 170 députés à la Chambre des communes contre 68 pour leur plus proche rival, l'Alliance canadienne de Stockwell Day.
Cette victoire procure au premier ministre Jean Chrétien un troisième mandat majoritaire consécutif. Ce triomphe est acquis malgré l'entrée en scène du chef allianciste Stockwell Day qui n'a pas été en mesure de faire des gains substantiels en Ontario, fief incontestable des libéraux. En plus de conserver leur château fort ontarien, ceux-ci ont également réussi à reprendre du terrain dans les provinces de l'Atlantique et au Québec. Ces gains au Québec ont surtout été fait aux dépens du Bloc québécois. Cette formation souverainiste dirigée par Gilles Duceppe a vu sa députation réduite à 39 membres, la plus faible depuis la création du Bloc, en 1990. Enfin, le Parti progressiste-conservateur (PPC) de Joe Clark et le Nouveau Parti démocratique (NPD) d'Alexa McDonough gagnent respectivement 12 et 13 sièges, un résultat particulièrement satisfaisant pour le PPC dont on pronostiquait la disparition peu avant les élections.
Source : Le Devoir, 28 novembre 2000, p. A1, 29 novembre 2000, p. A4, La Presse, 28 novembre 2000, p.A1.
Le 15 novembre 2001 Découverte importante pour la recherche sur le sida
Des chercheurs d'Ottawa annoncent une importante découverte permettant d'espérer qu'il sera un jour possible d'éliminer entièrement le VIH de l'organisme des personnes infectées.
C'est à l'Institut de recherche en santé d'Ottawa que des chercheurs ont fait cette importante découverte qui donne espoir de pouvoir guérir complètement le sida (syndrome d'immunodéficience acquise) un jour. En effet, de nouvelles stratégies pourraient être mises de l'avant afin d'attaquer le virus et de le réduire à un niveau indécelable. Jusqu'à ce jour, les médicaments pour combattre le sida ne permettent que de prolonger la vie des personnes atteintes, en empêchant le virus de se reproduire. Celui-ci demeure cependant dans les cellules du patient et continue de s'attaquer au système immunitaire.
Le 28 novembre 2002 Dépôt du rapport de la Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada présidée par Roy Romanow
L'ancien premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, dépose à la Chambre des communes le rapport de la Commission sur les soins de santé au Canada qu'il a présidée. Ce rapport, qui a nécessité 18 mois à produire et qui a coûté de 15 à 20 millions de dollars, recommande l'injection de près de 15 milliards de dollars dans le secteur de la santé.
De ce montant, 8,5 milliards de dollars seraient injectés au cours des deux prochaines années dans cinq fonds déterminés précisément par le fédéral, ainsi que 6,5 milliards de dollars récurrents à compter de 2005-2006. Ces milliards devront aller entre autres aux soins à domicile, aux régions et à atténuer le coût des médicaments. Actuellement, Ottawa contribuerait à 14 % de la facture dans le domaine de la santé. Le rapport Romanow propose que cette contribution soit portée à 25 %. Selon Romanow: « Il est temps qu'Ottawa assume de nouveau une part plus importante du risque financier dans le domaine de l'assurance-santé. » Pour financer ce nouveau budget, le rapport Romanow ne prévoit pas de hausses d'impôts ni de nouveaux moyens de financement. Il compte sur la croissance économique et les excédents budgétaires du gouvernement qui devraient atteindre les 14,4 milliards de dollars pendant une période de trois ans. Les provinces sont assez satisfaites de ce réinvestissement des argents, mais elles craignent l'ingérence du gouvernement fédéral. « Tous les nouveaux fonds, conseils et autres organismes pancanadiens qui sont proposés par M. Romanow ne viendraient que rendre plus complexe la gestion de notre réseau de santé. L'approche proposée par M. Romanow est carrément une approche centralisatrice alors qu'au Québec, nous essayons justement de décentraliser la gestion de ce réseau », explique le ministre québécois de la Santé, François Legault. Fidèle à ses positions, le gouvernement dirigé par Bernard Landry veut forcer le fédéral à transférer les milliards sans condition. « Ce que nous voulons, c'est que le gouvernement central transfère sans condition et tout de suite les sommes dont nous avons besoin pour la santé. Nous verserons ces sommes dans une caisse santé et nous les mettrons au service des malades dans les semaines et les mois qui viennent, mais le temps presse », affirme Landry. Celui-ci compte rencontrer ses homologues des autres provinces afin de consolider le consensus pour les transferts sans condition.
Source : La Presse, 27 novembre 2002, p. A8, 28 novembre 2002, p.A1, A6, 29 novembre 2002, p.A7, 30 novembre 2002, p.A1, E5. Le Devoir, 29 novembre 2002, p. A4.
Le 3 novembre 2003 Annonce du ministre John Manley sur une aide aux provinces dans le domaine de la santé
Malgré une croissance économique inférieure aux prévisions, le ministre fédéral des Finances, John Manley, annonce qu'il s'engage à répondre aux demandes des provinces en injectant deux milliards de dollars supplémentaires dans le secteur de la santé.
Le ministre lie le versement de cette somme à la condition qu'elle ne compromette pas l'équilibre du budget fédéral qu'il considère comme « la pierre angulaire de notre planification financière ». Ce deux milliards n'est donc pas encore acquis puisque, selon Manley, la crise du SRAS, celle de la vache folle ainsi que le maintien de troupes canadiennes en Afghanistan ont amputé du tiers les 3,5 milliards de dollars de surplus anticipés par le gouvernement fédéral. Même si la situation de son gouvernement demeure difficile, le ministre des Finances du Québec, Yves Séguin, se dit satisfait des 472 millions de dollars que sa province devrait recevoir. Par contre, les députés de l'Opposition à la Chambre des communes continuent de harceler Manley qu'ils accusent de cacher une partie de ses surplus.
Source : Le Devoir, 4 novembre 2003, p.1 et A8. La Presse, 4 novembre 2003, p.1 et A2; 5 novembre 2003, p.A7.
Le 14 novembre 2003 Accession de Paul Martin au poste de chef du Parti libéral du Canada
Les militants libéraux réunis au Air Canada Centre de Toronto choisissent l'ex-ministre des Finances du Canada, Paul Martin, pour succéder à Jean Chrétien à la tête du Parti libéral du Canada. Chrétien demeurera toutefois le premier ministre jusqu'à une date qui reste à déterminer.
Il n'y a pas de véritable suspense puisque Martin, dont les intentions sont connues depuis plusieurs années, devance facilement sa seule rivale, la ministre Sheila Copps, en obtenant l'appui de 94 % des 3 454 délégués appelés à voter. Fils d'un ex-ministre libéral qui a déjà tenté de devenir chef du Parti libéral du Canada (PLC), Martin, dont le nom est associé au redressement des finances publiques fédérales survenu au cours des années 90, était en brouille avec son chef depuis quelques temps. Considéré par plusieurs observateurs comme le candidat de l'aile droite du PLC, il profite de son discours pour réaffirmer sa foi dans les valeurs libérales: « Ma vision à moi est libérale. Je crois dans la liberté des individus. Je crois que la liberté est mieux assurée lorsque nous reconnaissons notre responsabilité collective les uns par rapport aux autres, et je crois que le rôle du gouvernement est d'incarner et d'honorer cet idéal. » Ce congrès, qui est marqué notamment par la présence de Bono, le chanteur du groupe U2, permet également aux militants de donner un dernier coup de chapeau au chef sortant, Jean Chrétien. Celui-ci est sur le point de mettre un terme à une carrière politique qui s'étale sur environ 40 ans. Le 13 novembre, Chrétien fait l'objet d'une fête au cours de laquelle il rappelle à son successeur l'importance de l'héritage libéral légué par les chefs précédents (Wilfrid Laurier, Lester B. Pearson, Pierre Elliott Trudeau, etc.). Selon Chrétien: « Les Canadiens doivent se méfier d'une droite qui fait passer les intérêts de Bay Street avant ceux de la rue Principale (...) Mes confrères libéraux, si vous ne retenez qu'une seule chose de mes propos de ce soir, que ce soit ceci: ne perdons jamais notre conscience sociale. » Malgré les appels à l'unité, des tensions persistent entre le premier ministre sortant et le nouveau chef. À cet égard, la décision de Jean Chrétien de proroger le Parlement jusqu'au 12 janvier est perçue comme un obstacle à la volonté de Paul Martin de déclencher des élections le plus tôt possible.
Source : La Presse, 14 novembre 2003, p.1-A4; 15 novembre 2003, p.1-A3. Le Devoir, 14 novembre 2003, p.A3.
Le 30 novembre 2004 Début de la visite du président américain George W. Bush au Canada
Le président américain George W. Bush effectue une visite de deux jours au Canada. Elle le mène à Ottawa et à Halifax où il en profite pour remercier ceux et celles qui ont accueilli les passagers des avions détournés lors de la tragédie du 11 septembre 2001.
À son arrivée à Ottawa, le président Bush est accueilli par le premier ministre Paul Martin et une brochette de dignitaires. C’est la première visite qu’il effectue en sol canadien depuis sa réélection, en novembre 2004. La guerre en Irak et le projet de bouclier antimissile nord-américain sont deux dossiers qui influencent à la baisse la cote de popularité du président américain dont le passage à Ottawa et Halifax fait déplacer des milliers de manifestants opposés à ses politiques. Deux autres questions litigieuses, l’embargo sur le bœuf canadien et la controverse sur les exportations de bois d’œuvre, sont également abordées, mais sans résultats concrets. Après une réception donnée en son honneur à Ottawa, George W. Bush se rend à Halifax le 1e novembre, deuxième et dernier jour de sa visite. Il en profite pour remercier les gens de l’endroit pour leur hospitalité à l’endroit des passagers des avions détournés lors des incidents survenus le 11 septembre 2001. Lors du seul discours qu’il prononce au cours de ces deux journées, il manifeste également le désir de voir Canadiens et Américains coopérer dans le projet de bouclier antimissile qu’il perçoit comme un instrument capable de protéger leur espace aérien commun.
Source : Le Devoir, 1e décembre 2004, p.1 et A3; 2 décembre 2004, p.1 et A8. La Presse, 1e décembre 2004, p.1, A2-A4, A6 et A11; 2 décembre 2004, p.1, A6 et A10.
Le 27 novembre 2006 Adoption d'une résolution à la Chambre des communes reconnaissant la nation québécoise
Par un vote de 266 contre 16 - avec 24 absents - , les députés de la Chambre des communes adoptent une motion du gouvernement conservateur de Stephen Harper reconnaissant « que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ».
En se disant favorable à la reconnaissance de la nation québécoise, Michael Ignatieff, un des candidats les plus en vue de la course au leadership du Parti libéral du Canada (PLC), relance un débat qui fait boule de neige. En novembre 2006, l'éventuel dépôt d'une motion du Bloc québécois (BQ) demandant aux élus fédéraux de reconnaître « que les Québécois et Québécoises forment une nation », incite le gouvernement conservateur à déposer une motion de son cru le 22 novembre. Celle-ci impliquerait que la Chambre des communes reconnaisse « que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ». Cette motion suscite de vives réactions. Certains de ses opposants s'inquiètent de cette ouverture qui va à l'encontre de leur conception de la nation canadienne. C'est le cas du ministre des Affaires gouvernementales, Michael Chong, qui exprime son mécontentement en démissionnant de son poste. En revanche, d'autres opposants, comme le BQ, souhaitent pour leur part que les mots « forment une nation au sein d'un Canada uni » soient remplacés par « forment une nation actuellement au sein du Canada ». Une motion en ce sens est nettement battue par les députés (233 voix contre 48). Après de chauds débats, le vote sur la motion des conservateurs est finalement remporté le 27 novembre, par 266 voix contre 16. Ceux qui s'y opposent sont essentiellement des libéraux ontariens. La reconnaissance de la nation québécoise suscite d'ailleurs des réactions partagées au sein du PLC qui est en pleine course au leadership. Deux des candidats, Ken Dryden et Gerard Kennedy (ce dernier n'est pas député), s'expriment même contre la motion. Loin de prendre fin, la polémique se poursuit hors de la Chambre des communes. Alors que les sondages tendent à démontrer un faible appui à la résolution un peu partout au Canada, sauf au Québec, les experts s'interrogent sur les répercussions politiques et juridiques de cette reconnaissance. De son côté, l'Assemblée nationale du Québec, après de longues négociations, vote le 30 novembre en faveur d'une motion qui « reconnaisse le caractère positif de la motion adoptée par la Chambre des communes et (...) proclame que celle-ci ne diminue en rien les droits inaliénables, les pouvoirs constitutionnels et les privilèges de l'Assemblée nationale et de la nation québécoise ».
Source : Le Devoir, 24 novembre 2006, p. 1 et A12; 28 novembre 2006, p. 1 et A8; 1e décembre 2006, p. A3. La Presse, 23 novembre 2006, p. 1 et A6; 28 novembre 2006, p. 1-A4.
Le 27 novembre 2014 Nomination de Suzanne Côté à la Cour suprême du Canada
Le départ à la retraite de Louis LeBel, en poste à la Cour suprême depuis le 7 janvier 2000, ouvre la porte à la nomination d'un autre juge du Québec. Le choix du premier ministre Stephen Harper s'arrête sur Suzanne Côté, première avocate à passer directement d'un cabinet privé au plus haut tribunal du pays.
Un des trois sièges réservés au Québec à la Cour suprême du Canada devient vacant lorsque Louis LeBel, qui a 75 ans le 30 novembre 2014, quitte ses fonctions. Pour le remplacer, le premier ministre Stephen Harper nomme Suzanne Côté. Cette Gaspésienne d'origine, âgée de 56 ans, a plaidé devant toutes les grandes cours du Québec et du Canada au cours de sa carrière qui a été saluée par de nombreux hommages. Au moment de sa nomination à la Cour suprême du Canada, elle œuvre au sein d'un important cabinet privé de Montréal, Osler, Hoskin & Harcourt, où elle se spécialise en litiges civils et commerciaux complexes. C'est la première fois qu'un juge de la Cour suprême est une avocate issue directement de la pratique privée. Suzanne Côté s'est également fait connaître comme procureure du gouvernement québécois lors de la Commission Bastarache, chargée d'enquêter en 2010 sur le processus de nomination des juges au Québec. La nomination de la nouvelle juge est généralement bien accueillie dans les cercles politiques. Elle porte à 4 sur 9 le nombre de femmes siégeant sur le plus haut tribunal du pays, dont la juge en chef Beverly Mclaughlin. Les critiques viennent plutôt des mécanismes entourant la nomination des juges. Le premier ministre Harper a en effet discuté préalablement avec le gouvernement du Québec, mais n'a pas consulté les autres partis représentés à la Chambre des communes. À un autre niveau, Suzanne Côté fait également l'objet de critiques lorsque sont dévoilés de vieux différends l'opposant au fisc québécois dans les années 1990 et 2000. Ceux-ci portaient sur des déductions pour des dépenses de vêtements et de soins personnels qu'elle avait réclamées alors qu'elle était avocate et qui ont été contestées.
Le 30 novembre 2014 Nomination de Michaëlle Jean au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie
Après avoir occupé le poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 2003, le Sénégalais Abdou Diouf quitte ses fonctions. Son successeur est Michaëlle Jean, une Canadienne de 57 ans qui a été gouverneur général du Canada de 2005 à 2010.
Le XVe Sommet de l'OIF se déroule à Dakar, au Sénégal, sous le thème « Femmes et jeunes en Francophonie: vecteurs de paix, acteurs de développement ». En plus des différents sujets à l'agenda, l'OIF, qui regroupe 80 pays, dont 23 qui n'ont que le statut d'observateur, doit aussi trouver un successeur au secrétaire général Abdou Diouf. Celui-ci quitte ses fonctions après 11 ans. Plusieurs candidats sont considérés, dont la Canadienne Michaëlle Jean, l'ex-président burundais Pierre Buyoya, le Congolais Henri Lopes, l'ex-premier ministre mauricien Jean-Claude de l'Estrac et l'ex-ministre de la Guinée équatoriale, Augustin Nze Nfumu. Mme Jean semble partir avec une longueur de retard puisque les deux seuls secrétaires généraux de l'OIF, Diouf et son prédécesseur Boutros Boutros-Ghali, sont Africains, comme le veut une règle non-écrite de cette organisation. La diplomatie de son pays se range toutefois derrière celle qui a été chef d'État du Canada de 2005 à 2010. De plus, les Africains peinent à se rallier derrière un des quatre candidats du continent noir. Les jeux de coulisses s'étirent jusqu'à l'après-midi du 30 novembre. L'influence du président français François Hollande joue un rôle important dans la sélection de Michaëlle Jean qui se fait sans qu'un vote soit nécessaire. Des observateurs parlent d'elle comme d'une « candidate de compromis », alors que la principale intéressée se décrit plutôt comme un choix consensuel. D'origine haïtienne, Michaëlle Jean est la première femme et la première non-Africaine à occuper le poste de secrétaire générale de l'OIF. Son arrivée signifie que le diplomate québécois Clément Duhaime quittera le poste stratégique d'administrateur, le numéro deux de l'OIF, et qu'un Africain lui succédera. La déclaration de Dakar, qui comprend 48 articles et 9 propositions, annonce un agenda chargé pour la nouvelle secrétaire générale qui se promet d'être particulièrement active auprès des femmes et des enfants.
Le 4 novembre 2015 Assermentation de Justin Trudeau au poste de premier ministre du Canada
Après une absence de 9 ans du pouvoir, le Parti libéral du Canada (PLC) forme un nouveau gouvernement qui sera dirigé par Justin Trudeau. Celui-ci réunit un cabinet de 30 ministres dont une des principales caractéristiques est une parité entre le nombre d'hommes et de femmes, une première à Ottawa.
Beaucoup de spéculations entourent la formation du premier cabinet de Justin Trudeau qui devient, à 43 ans, le deuxième plus jeune premier ministre de l'histoire du pays. La cérémonie d'assermentation est d'ailleurs entourée d'un désir de rompre avec la tradition, le futur chef de gouvernement et ses ministres effectuant avant une courte marche à l'extérieur, devant le public, en direction de Rideau Hall. Composé de 30 membres, ce qui est moins que sous les conservateurs, le conseil des ministres est formé à part égale d'hommes et de femmes, une première canadienne. Parmi les têtes d'affiche féminines, soulignons les noms de Jody Wilson-Raybould (Justice et Procureur général) et Chrystia Freeland (Commerce international). En plus du premier ministre, le Québec est représenté par six ministres dont le titulaire des Affaires extérieures, Stéphane Dion, et celui des Transports, Marc Garneau. Plusieurs nommés en sont à leur première expérience ministérielle, ce qui contribue à l'image de renouveau que veut donner le gouvernement. C'est le cas par exemple du ministre des Finances, Bill Morneau, de celui de la Défense, Harjit Singh Sajjan, et de Catherine McKenna, à qui l'on confie le portefeuille de l'Environnement et du Changement climatique. Pour sa part, le premier ministre étonne quelque peu en se réservant les Affaires intergouvernementales et le ministère de la Jeunesse. Le nouveau gouvernement aura fort à faire pour être à la hauteur des attentes suscitées lors de la campagne électorale. Le premier ministre s'engage à faire de la réduction des impôts promise à la classe moyenne, une de ses priorités. L'agenda s'annonce également chargé sur la scène internationale puisque des rendez-vous d'envergure sont prévus avant la fin de 2015, notamment le sommet du G20 aux Philippines et la conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se déroulera à Paris, en décembre.
Le 24 novembre 2015 Dévoilement du plan d'accueil des immigrants syriens par le gouvernement fédéral
Le ministre de l'Immigration, John McCallum, et son homologue de la Défense, Harjit Singh Sajjan, dévoilent les grandes lignes du plan d'accueil du gouvernement fédéral pour les réfugiés syriens. Environ 25 000 d'entre eux entreront au Canada avant le 1er février 2016, soit deux mois plus tard que l'échéance prévue initialement.
La guerre civile en Syrie provoque un exode qui, combiné au flot d'immigrants d'autres pays désireux d'entrer en Europe, créé une situation de crise aigüe. Alors que les pays européens tentent de s'entendre sur la stratégie à suivre pour accueillir ces centaines de milliers de migrants, d'autres pays, comme le Canada, sont sollicités pour faire leur part. Ce dossier devient un thème de la campagne électorale fédérale. Le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, s'engage à ce que, s'il est élu, le Canada reçoive 25 000 réfugiés syriens avant le 1er janvier 2016. L'objectif est considéré ambitieux par plusieurs, mais Trudeau, qui est assermenté au poste de premier ministre le 4 novembre 2015, garde le cap. Les interrogations persistent. Elles s'accentuent même avec les attentats terroristes qui frappent Beyrouth, Paris et Bamako en novembre 2015. La crainte de voir des islamistes radicaux infiltrer le pays en s'intégrant aux réfugiés amène le gouvernement fédéral à rassurer les citoyens sur l'efficacité des normes de sécurité précédant l'arrivée des migrants syriens. Sur le plan logistique, le défi demeure énorme. Le 24 novembre, le gouvernement fédéral dévoile les grandes lignes de son plan. Il prévoit toujours que le Canada accueillera 25 000 réfugiés, mais la date limite est déplacée à la fin de février 2016. La grande majorité des 10 000 arrivants prévus avant janvier 2016 seront par ailleurs parrainés par des familles ou des organismes publics. Une priorité sera également accordée aux familles et aux femmes jugées « à risque ». Les coûts de cette opération sont estimés à plus d'un demi-milliard de dollars sur 5 ans. Pour sa part, le gouvernement du Québec s'engage le lendemain à recevoir 3650 immigrants syriens avant le 1er janvier 2016, 7300 en tout en 2015-2016, dont plus de 6000 à Montréal et dans les villes environnantes, notamment Laval et Longueuil. Le reste sera partagé entre une dizaine de villes. Le nombre pourrait même être augmenté avec un financement adéquat du fédéral. Le ministre de la Sécurité publique, Pierre Moreau, se fait rassurant en ce qui a trait aux garanties fournies par le gouvernement fédéral sur le plan de la sécurité. On estime que Québec injectera 29 millions de dollars par année afin d'accueillir et d'intégrer ces nouveaux arrivants.
Le 30 novembre 2020 Énoncé économique du gouvernement libéral fédéral
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La ministre des Finances du Canada, la libérale Chrystia Freeland, présente un énoncé économique de son gouvernement à la lumière de l’évolution budgétaire récente attribuable à la pandémie de la covid-19. Parmi les chiffres qui retiennent l’attention : un déficit anticipé de 381 milliards pour l’année en cours.
Pour contrer la propagation de la covid-19, les gouvernements exigent en mars 2020 la fermeture de plusieurs lieux de travail. Afin d’éviter l’asphyxie de l’économie, des mesures sont adoptées à l’endroit des individus et des entreprises. Avec les baisses de revenus, elles exercent une forte pression sur le budget des gouvernements fédéral et provinciaux. En juillet, on fait état d’un déficit potentiel record de 343 milliards de dollars à Ottawa. Le 30 novembre 2020, la ministre des Finances Chrystia Freeland présente un énoncé économique intitulé « Soutenir les Canadiens et lutter contre la COVID-19 ». Qualifié par des observateurs de mini-budget, il rappelle que le contexte actuel serait le pire économiquement depuis la crise des années 1930. À cet égard, le gouvernement prévoit venir en aide à plusieurs groupes de la société : femmes vulnérables, autochtones, personnes handicapées, immigrants, enfants, étudiants, petits entrepreneurs, etc. La construction de logements abordables, un support aux rénovations écoénergétiques ainsi que la pose de bornes de recharge pour les véhicules électriques sont parmi les projets avancés. Certaines mesures sont amorcées, d’autres sont à court terme et quelques-unes, comme un programme de garderies national, à venir. De plus, un plan de relance, s’enclenchant une fois la situation normalisée, est estimé à entre 70 et 100 milliards de dollars. La ministre Freeland anticipe un déficit de 381,6 milliards de dollars, peut-être plus si la situation de gâte. La découverte d’un vaccin impactera cette somme, que l’on pense ramener à 121 milliards en 2021-2022, puis à 50,7 l’année suivante. La dette du Canada passerait tout de même de 721 à 1378 milliards de dollars. On prévoit des entrées nouvelles, comme une taxation des géants du web, mais elles sont modestes par rapport aux dépenses anticipées, ce que les oppositions ne manquent pas de souligner.
Source : https://www.budget.canada.ca/fes-eea/2020/report-rapport/toc-tdm-fr.html; https://distribution-a617274656661637473.pbo-dpb.ca/95efcccb3e5a6188578f1e7190612315385a049d384d9d72fd66b73d2cfe02bd; La Presse+, 1er décembre 2020, Affaires, p. et 2; Le Soleil, 1er décembre 2020; Le Journal de Montréal, 1er décembre 2020, p. 4; Le Devoir, 1er décembre 2020, p. B1 et B3.
«...C’est bien plus qu’une mise à jour économique que vient de présenter Chrystia Freeland. À défaut de qualifier son exposé de budget véritable, on peut certainement le voir comme un mini-budget. En effet, on y trouve non seulement des prévisions économiques et un état des revenus et dépenses du gouvernement, mais aussi et surtout des prévisions budgétaires quinquennales, de nouvelles sources de revenus, des dépenses additionnelles et de nouveaux engagements. Malgré l’énorme déficit anticipé de 382 G$ pour l’exercice en cours, la ministre fait miroiter des dépenses additionnelles de 70 à 100 G$ au cours des trois prochaines années pour sortir l’économie de la récession. Ce plan de relance viserait à rendre notre économie « plus verte, plus novatrice, plus inclusive et plus compétitive », comme elle l’avait annoncé lors de sa nomination comme ministre des Finances en août dernier. Cette orientation correspond aux valeurs de Mme Freeland, mais c’est peut-être aussi un signe avant-coureur du prochain programme électoral du Parti libéral. »
Jean-Paul Gagné, « Mini-budget Freeland : entre espoir et incertitudes », Les Affaires, 1er décembre 2020.
«...Ces derniers mois, les économistes ont imploré la ministre Chrystia Freeland de fixer des cibles pour éviter qu’on perde le contrôle de nos finances publiques [...] Leur appel est compréhensible, sachant que le déficit et la dette fédérale ont explosé au Canada et que l’équipe en place n’a pas été exemplaire en matière de finances publiques avant la COVID-19. Que vous dépensiez pour la pandémie, soit, disent-ils, mais on a besoin de cibles de retour à l’équilibre, qui inspireraient confiance et imposeraient une certaine rigueur à l’appareil d’État. Établir de telles lignes directrices n’est pas si simple, car il est difficile de savoir jusqu’à quel point une aide de l’État est requise pour redresser une économie après un tel choc et quelle forme cette aide doit prendre. Dans son énoncé économique, la ministre a répondu à l’appel. Elle propose ce qu’elle décrit en français comme des garde-fous, qui « permettront de savoir quand la remise sur pied faisant suite à la récession causée par la COVID-19 sera terminée ». Fort bien. Le problème, c’est que ces cibles sont plutôt imprécises et discutables, si bien qu’on pourrait les appeler des « garde-flous ». »
Francis Vailles, « Les garde-flous de la ministre Freeland », La Presse+, 1er décembre 2020, Affaires, p. 1 et 3.
«...Si le gouvernement fédéral ne veut pas laisser tomber les Canadiens, comme il l’a promis, il devra continuer à délier les cordons de sa bourse. On serait mal venu de lui reprocher de vouloir aider les Canadiens à garder la tête hors de l’eau et de vouloir, pour la suite des choses, faire des investissements structurants. Il en a les moyens, bien que sa marge de manoeuvre rétrécisse rapidement. Le Trésor fédéral n’est pas un puits sans fond, comme le soulignait récemment la ministre des Finances, Chrystia Freeland. Où cela s’arrêtera-t-il alors ? La ministre, qui a hérité de ce casse-tête, n’a pas vraiment répondu lundi lors de la présentation de son énoncé économique. Bien des économistes attendaient d’elle des balises claires pour encadrer la gestion des finances publiques, alors que les partisans d’une relance verte et juste espéraient l’annonce d’un plan post-pandémie audacieux et généreux [...] Tout le monde restera sur sa faim. »
Manon Cornellier, « Le casse-tête », Le Devoir, 1er décembre 2020, p. B1 et B3.
Le 3 novembre 1908 Changement de statut de l'Église canadienne par le Vatican
Désormais, le Vatican ne considérera plus le Canada comme un pays de mission. Celui-ci ne relèvera donc plus de la Propagande, mais des diverses congrégations chargées d'administrer l'Église.
L'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, est reçu en audience privée par le pape Pie X le jour où est promulguée la nouvelle constitution apostolique. Le Canada compte à ce moment huit provinces ecclésiastiques - Halifax, Québec, Montréal, Ottawa, Kingston, Toronto, Saint-Boniface, Vancouver - et environ 3 millions de catholiques.
Source : La Presse, 3 novembre 1908, dernière édition, 4 novembre 1908, dernière édition. Nive Voisine, Jean Hamelin et Nicole Gagnon, Histoire du catholicisme québécois: le XXe siècle, tome 1, 1898-1940, Montréal, Boréal Express, 1984, p.64-65.
Le 11 novembre 1915 Fondation de l'Union catholique des ouvriers mineurs de Thetford Mines
Mgr Maurice Roy encourage la formation de l'Union catholique des ouvriers mineurs de Thetford Mines, un syndicat qui s'inspire de la doctrine sociale de l'Église.
La crainte de voir des mineurs en grève adhérer aux syndicats internationaux incite le clergé local à demander l'aide de l'évêque du diocèse, Mgr Maurice Roy. C'est l'abbé Maxime Fortin qui sera à l'origine de l'Union catholique des ouvriers mineurs de Thetford Mines, le premier syndicat confessionnel du diocèse de Québec. Le discours modéré de ce syndicat lui fera éventuellement perdre du terrain au profit d'un syndicat international, la Western Federation of Miners.
Source : Jacques Rouillard, Les syndicats nationaux au Québec de 1900 à 1930, Québec, Presses de l'Université Laval, 1979, 342 p.
Le 27 novembre 1927 Publication d'une lettre pastorale des évêques du Québec sur la sanctification du dimanche et les jours de fête d'obligation
Dans cette lettre, les évêques s'en prennent au travail et aux divertissements qui violent la sainteté du dimanche.
Les évêques profitent de cette lettre pour entretenir leurs fidèles sur le « grave sujet de la sanctification du dimanche. Le dimanche est à Dieu, c'est son jour et Il veut que nous l'observions parce qu'il est entre lui et nous le signe manifeste de notre alliance perpétuelle (...) Or il y a une tendance croissante que l'on remarque surtout dans les villes, à transformer le jour du Seigneur en un jour profane, en un jour de lucre et de péchés par l'organisation d'amusements qui parfois inoffensifs en eux-mêmes, deviennent répréhensibles le dimanche et jour de fête. Certains amusements ont une moralité douteuse qui offrent habituellement un aliment aux passions et n'ont d'autre but que de satisfaire la cupidité (...) Il s'agit en particulier des représentations théâtrales et cinématographiques qui remplacent pour plusieurs l'édifiant spectacle de nos offices liturgiques et qui se donnent chez-nous au mépris de nos lois ecclésiastique et civiles (...) C'est pourquoi nos très chers frères, nous faisons appel à votre esprit chrétien et à votre foi en l'autre vie. Nous vous prions de veiller avec soin à ce que dans votre famille et dans votre paroisse, les dimanches et les fêtes d'obligations soient religieusement observés par la cessation du travail, par l'assistance aux offices divins, l'audition de la parole de Dieu, la fréquentation des sacrements, la prière et les bonnes œuvres et aussi par la disparition des amusements qui offrent un caractère de lucre ou de dissipation inconciliable avec la sainteté de ce jour. »
Le 21 novembre 1933 Publication d'une lettre collective de l'épiscopat canadien sur le communisme soviétique
À la suite de leur réunion plénière tenue à Québec le 4 octobre dernier, les évêques et archevêques de la province veulent attirer l'attention des catholiques sur la menace que pose le communisme à l'ordre social.
Dans cette lettre collective, l'épiscopat constate « (...) avec regret dans ce pays, naguère si paisible, il y a des signes de mécontentement et d'agitation, suite naturelle de la crise économique qui fait naître chez plusieurs des préoccupations parfois douloureuses. Ce mécontentement et ces préoccupations ont été largement exploités, ici ou là par la propagande communiste (...) Ils regrettent surtout que trop de catholiques méconnaissent la puissance sociale des vertus chrétiennes (...) Le retour à la vie normale serait beaucoup plus rapide, si, pour leur part les catholiques remettraient courageusement en honneur les vertus chrétiennes. » À ce sujet, les évêques font trois mises en garde: « 1) Le communisme soviétique demeure interdit à un catholique. 2) Le socialisme n'est pas un remède efficace à nos malheurs. 3) Il importe enfin que prévalent des idées saines sur le capital. » Finalement, les meneurs religieux lancent un appel à la mobilisation des forces chrétiennes pour exercer et faire triompher le bien. Tout d'abord « la lutte contre le communisme doit être intense, par la propagande sous toutes les formes, par les œuvres de jeunesse, il faut préserver notre pays de cette contagion. Soyons soucieux de faire échec aux idées plus ou moins subversives et d'apaiser le malaise générale par la pratique personnelle des vertus chrétiennes. Les rapports entre le capital et le travail doivent être réglés selon les lois d'une exacte justice commutative avec l'aide de la charité (...) Notre jeune pays a besoin pour se développer de la paix sociable. Il est naturel que nous voulions y voir prédominer un ordre économique fondé sur la loi chrétienne de justice et de charité. »
Le 7 novembre 1941 Publication d'une lettre de l'archevêque de Québec, le cardinal Rodrigue Villeneuve
À la veille d'un congrès du Crédit social, le cardinal Rodrigue Villeneuve publie une lettre dégageant l'autorité de l'Église de toute responsabilité dans ce mouvement.
Cette lettre interdit aux fidèles d'allier les pratiques extérieures de la religion aux manifestations politiques du Crédit social. Elle fait suite au dépôt du rapport qu'une commission de théologiens, présidée par le père Joseph-Papin Archambault, avait remis aux évêques au sujet du Crédit social en novembre 1939. Comme l'écrit l'archevêque Villeneuve: « Il ne m'est pas possible d'abandonner aux gens simples d'impression que le Crédit Social est une confrérie de dévots (...) Tout le monde sait l'amour que l'Église porte au peuple, en particulier aux travailleurs. Je crois moi-même avoir donné des preuves de ma sollicitude à cet égard. Voilà pourquoi, je me vois obligé de ne pas paraître couvrir du manteau de l'Église ceux qui voudraient conduire le peuple à l'aventure. (...) à l'égard du Crédit Social, préconisé dans notre province, on peut distinguer trois aspects: une théorie économique, un parti politique en formation et enfin, des imprimés. (...) Quand les créditistes cesseront de jouer à la religion et qu'ils établiront clairement leur doctrine, alors, s'il y a lieu, on donnera l'appréciation voulue à leurs théories. »
Le 27 novembre 1942 Nomination de Mgr Arthur Douville comme évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe
Arthur Douville succède à Mgr Fabien-Zoël Decelles comme évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe. Il demeurera en poste jusqu'au 13 juin 1967.
Arthur Douville naît le 22 juillet 1894 à St-Casimir (Portneuf). Ordonné prêtre le 25 mai 1919, il est nommé évêque titulaire de Vita, puis auxiliaire de l'évêque de Saint-Hyacinthe, le 11 décembre 1939. Son sacre a lieu le 29 janvier 1940. Le 27 novembre 1942, Arthur Douville devient évêque de Saint-Hyacinthe. Il remettra sa démission le 13 juin 1967 alors qu'il est nommé évêque titulaire de Zattara. Son successeur à la tête du diocèse de Saint-Hyacinthe est Mgr Albert Sanschagrin.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.76.
Le 24 novembre 1945 Fondation du diocèse du golfe Saint-Laurent
Le nouveau diocèse du golfe Saint-Laurent est un suffragant de l'archidiocèse de Rimouski. Le 29 février 1960, il sera remplacé par celui de Hauterive.
Le vicariat apostolique du golfe St-Laurent est créé le 12 septembre 1905. Le 24 novembre suivant, ce vicariat apostolique est élevé au titre de diocèse du golfe Saint-Laurent, un suffragant de l'archidiocèse de Rimouski. Son premier curé sera Napoléon-Alexandre Labrie. Il restera en fonction jusqu'en 1956. Le 29 février 1960, le diocèse du golfe Saint-Laurent changera de nom pour devenir le diocèse de Hauterive. Il demeurera néanmoins un suffragant de l'archidiocèse de Rimouski. Le 14 juillet 1986, Hauterive changera encore de nom pour devenir le diocèse de Baie-Comeau.
Le 8 novembre 1950 Nomination de Mgr Joseph-Albertus Martin comme évêque du diocèse de Nicolet
Joseph-Albertus Martin succède à Mgr Albini Lafortune comme évêque du diocèse de Nicolet. Il restera en fonction jusqu'au 19 février 1988. Son successeur sera Mgr Raymond St-Gelais.
Joseph-Albertus Martin naît le 4 octobre 1930 à Southbridge. Après des études à l'Académie commerciale de Nicolet (1920 à 1927), au Séminaire de Nicolet (1927-1935), où il obtient le prix du Prince de Galles (1933), et au Grand Séminaire de Québec (1935-1939), il est ordonné prêtre le 18 mai 1939. Il fait ensuite une carrière en éducation, notamment comme chargé de cours en patristique à la faculté de théologie de l'Université Laval (1944-1946). Directeur des élèves au Séminaire de Nicolet (1946-1949), il devient aumônier diocésain de la Jeunesse étudiante catholique (JEC) en 1945 et donne des cours d'histoire du Canada, en rhétorique d'apologétique et de théologie chez les Sœurs de l'Assomption de 1947 à 1949. Devenu vicaire général du diocèse, le 18 juin 1949, il est élevé prélat domestique, le 11 octobre 1949, et doyen du chapitre cathédral, le 23 octobre 1949. Le 21 août 1950, il est nommé évêque titulaire de Bassiana et coadjuteur à Nicolet. Le 8 novembre suivant, il devient évêque de Nicolet en succession à Mgr Albini Lafortune. Mgr Joseph-Albertus Martin aura comme successeur Mgr Raymond Saint-Gelais le 19 février 1988.
Source : Denis Fréchette, Le diocèse de Nicolet 1885-1985, 1985, p.31-40. Bureau de l'Assemblée des Évêques à Montréal (514) 274-4323.
Le 9 novembre 1967 Annonce du départ imminent du cardinal Paul-Émile Léger pour l'Afrique
Après 17 années passées à la tête de l'archevêché de Montréal, le cardinal Paul-Émile Léger annonce qu'il quittera bientôt son poste pour entreprendre une œuvre dans les pays d'Afrique.
Le cardinal Léger sera officiellement relevé de ses fonctions le 20 avril 1968. Il visitera l'Afrique puis s'installera au Cameroun où il travaillera auprès des lépreux. Au fil des ans, il instaurera plusieurs fondations au Canada, dont celle qui portera son nom, en vue d'apporter une aide financière récurrente aux plus démunis d'Afrique.
Source : Micheline Lachance, Paul-Émile Léger: le prince de l'église, Montréal, Éditions de l'homme, 2000, 406 p.
Le 29 novembre 1973 Fondation du diocèse de Rouyn-Noranda
L'église saint-Clément de BeaudryLe nouveau diocèse de Rouyn-Noranda devient un suffragant de l'archidiocèse d'Ottawa, en Ontario. Lorsque l'archidiocèse de Gatineau-Hull sera créé, le 31 octobre 1991, Rouyn-Noranda deviendra son suffragant.
Depuis le 22 septembre 1908, Rouyn-Noranda appartenait au vicariat apostolique de Témiscaming. Ce vicariat apostolique est devenu le diocèse de Haileybury le 31 décembre 1915. En 1919, l'Ontario-Nord était enlevé. Le 10 décembre 1938, le nouveau diocèse d'Amos était retiré du territoire. Le reste, c'est-à-dire la partie francophone, devenait le diocèse de Timmins. Le 29 novembre 1973, on détache une partie de ce diocèse qui devient le diocèse de Rouyn-Noranda.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.68.
Le 29 novembre 1973 Nomination de Mgr Jean-Guy Hamelin comme évêque du diocèse de Rouyn-Noranda
Jean-Guy Hamelin devient le premier évêque de l'histoire du diocèse de Rouyn-Noranda. Il occupera ce poste jusqu'à la fin du XXe siècle.
Jean-Guy Hamelin naît à Saint-Sévérin-de-Proulxville, dans le diocèse de Trois-Rivières, le 8 octobre 1925. Ordonné prêtre à Trois-Rivières, le 11 juin 1949, il devient le premier évêque du diocèse de Rouyn-Noranda à sa fondation, le 29 novembre 1973. Son sacre surviendra le 9 février 1974.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.68. // rn.cablevision.qc.ca/diocese/
Le 21 novembre 1996 Nomination de Mgr Martin Veillette comme évêque du diocèse de Trois-Rivières
Martin Veillette succède à Mgr Laurent Noël comme évêque du diocèse de Trois-Rivières. Il occupe encore ce poste à la fin du XXe siècle.
Mgr Veillette naît à La Tuque, le 16 novembre 1936. Après son cours classique au Séminaire St-Joseph de Trois-Rivières, il poursuit ses études en théologie au Grand Séminaire de Trois-Rivières et est ordonné prêtre en 1960. Il complète ensuite des études en philosophie à l'Université St-Paul d'Ottawa et en sciences sociales à l'Université Laval, puis il enseigne au Séminaire et au Cégep de Trois-Rivières, où il occupe également le poste d'animateur de pastorale. Il est aussi curé de la paroisse Sainte-Thérèse à Trois-Rivières, avant de se faire confier plusieurs mandats sur le plan diocésain, tel que la direction de l'Office des vocations et le poste de supérieur du Grand Séminaire. Il est ordonné évêque le 13 décembre 1986. Dix ans plus tard, il succède à Mgr Laurent Noël comme évêque du diocèse de Trois-Rivières.
Source : Site du diocèse de Trois-Rivières: http://www.diocese-tr.qc.ca
Le 21 novembre 2007 Publication d'une lettre ouverte aux catholiques par le cardinal Marc Ouellet
L'archevêque de Québec, Mgr Marc Ouellet, cause une surprise en rendant publique une lettre ouverte intitulée « Pardon pour tout ce mal! » Il y invite les Québécois au dialogue et demande pardon pour certaines fautes commises par l'Église au Québec.
Cette initiative du cardinal Ouellet a un grand retentissement dans la presse québécoise. Reconnaissant les erreurs de l'Église, le primat du Canada déplore que ces fautes aient terni l'image qu'ont plusieurs Québécois de la hiérarchie catholique: « On accorde beaucoup plus d'attention au passif de l'Église qu'à sa contribution active à l'histoire et à la culture québécoises (...) Des erreurs ont été commises qui ont terni l'image de l'Église et pour lesquelles il faut humblement demander pardon. J'invite les pasteurs et les fidèles à chercher avec moi la manière de reconnaître nos erreurs et nos déficiences, afin d'aider notre société à se réconcilier avec son passé chrétien. » Cette lettre est publiée peu de temps après le passage remarqué de Mgr Ouellet aux audiences de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables. Ce mea culpa est accueilli avec un mélange de politesse et de scepticisme. Pour les Orphelins de Duplessis et les homosexuels, ces excuses sont insuffisantes et insatisfaisantes. Même son de cloche à la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) qui reconnaît l'importance d'admettre les erreurs passées, mais dénonce l'immobilisme des positions catholiques, notamment en matière de contraception. Pour sa part, l'Association des évêques du Québec (ACEQ), par la voix de son président, Martin Veilleux, ne s'oppose pas au contenu des excuses que Mgr Ouellet a d'ailleurs faites en son nom personnel. Toutefois, l'ACEQ se dissocie du message principal véhiculé par cette lettre ouverte, particulièrement en ce qui a trait au retour de l'enseignement religieux catholique et à l'abandon du nouveau programme d'éthique et de culture religieuse élaboré par le ministère de l'Éducation. En outre, certains voient dans ces excuses une stratégie politique pour raviver le débat sur l'enseignement religieux dans les écoles du Québec.
Source : Le Devoir, 21 novembre 2007, p. A3, A9; 22 novembre 2007, p. A3. La Presse, 21 novembre 2007, p. A2, A4; 22 novembre 2007, p. A6. -http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2007/11/21/001-eglise_laicite_ouellet.shtml
Le 23 novembre 1694 Décès de JEAN TALON, premier intendant de la Nouvelle-France
Jean Talon est le premier et le plus illustre des intendants de la Nouvelle-France. Lors de son premier mandat, de 1665 à 1668, il procède à une réorganisation de l’administration coloniale, en rétablissant le Conseil souverain et en restaurant la justice seigneuriale. Durant son second mandat, de 1669 à 1672, il s’intéresse à l’exploration du continent nord-américain et organise plusieurs expéditions visant à assurer les droits de la France sur ce vaste territoire. Il cherche aussi à relier la vallée du Saint-Laurent à l’Acadie. Mais c’est surtout par sa conception d’un plan de colonisation intégrale qu’il laisse sa marque.
Il favorise d’abord le peuplement par le recrutement d’engagés, l’envoi des Filles du roi et l’incitation de soldats démobilisés à s’établir dans la colonie. Il organise les premiers villages près de Québec, concède des dizaines de seigneuries afin de stimuler l’occupation du territoire et s’efforce de diversifier l’économie. En plus du commerce des fourrures, Talon est favorable à une exploitation de l’ensemble des ressources naturelles de la colonie, soit la forêt, les pêcheries et les mines. Il jette également les bases d’un commerce maritime entre la France, la Nouvelle-France et les Antilles.
Il parviendra à rendre la colonie moins dépendante de la mère patrie, notamment pour son approvisionnement en denrées agricoles et en produits textiles, mais la plupart des industries créées sous son impulsion vont péricliter après son départ. La France s’en tiendra à une application rigoureuse des principes mercantilistes, en limitant sa colonie d’Amérique au rôle de fournisseur de matières premières à la métropole. Talon, qui avait obtenu son rappel en France pour des raisons de santé en 1668, quitte définitivement la colonie en 1672. Il meurt à Paris en 1694.
Jean Talon a été désigné personnage historique le 12 septembre 2013.
Le 28 novembre 1698 Décès de LOUIS de BUADE de FRONTENAC, gouverneur de la Nouvelle-France
Frontenac est un personnage légendaire dans l’histoire de la Nouvelle-France. Le bouillant gouverneur est en fonction de 1672 à 1682, puis de 1689 jusqu’à son décès en 1698. En l’absence d’intendant, il cumule les deux responsabilités de 1672 à 1675. Il en profite alors pour poursuivre la politique d’expansion mise en œuvre sous l’intendant Jean Talon.
En 1673, il charge René-Robert Cavelier de La Salle d’établir un poste de traite des fourrures à Cataracoui (aujourd’hui Kingston, en Ontario) et il appuie les expéditions de celui-ci au sud des Grands Lacs. Mais ses conflits incessants avec le Conseil souverain, l’intendant et le clergé forcent son rappel en France en 1682.
Frontenac revient dans la colonie en 1689 avec la mission de lancer une expédition contre New York. Les circonstances l’amènent plutôt à se limiter à des raids contre des postes frontaliers au début de l’année 1690. Les colonies anglaises répondent à ces incursions par une offensive par terre et par mer qui tourne à l’échec. Cette victoire est décisive. Même si la guerre se poursuit jusqu’en 1697, elle est menée uniquement par les Iroquois alliés des Anglais.
Frontenac écoule les dernières années de sa vie en se préoccupant surtout de l’expansion du réseau de traite des fourrures. Reconstruit en 1693, le château Saint-Louis devient le cœur d’une vie de cour très animée. Frontenac meurt à Québec en 1698 et est inhumé en grande pompe dans la chapelle des Récollets.
Louis de Buade de Frontenac et de Palluau a été désigné personnage historique le 12 septembre 2013.
Source : Aucune référence.
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Le 16 novembre 1908 Décès de HENRI-GUSTAVE de LOTBINIÈRE, Premier ministre du Québec
Né à Épernay, en France, le 5 décembre 1829, fils de Gaspard-Pierre-Gustave Joly, marchand, et de Julie-Christine Chartier de Lotbinière. Son prénom s'orthographiait aussi Henry-Gustave. Ajouta de Lotbinière à son nom en 1888.
Étudia à Paris de 1836 à 1849. Fit l'apprentissage du droit au Bas-Canada à compter de 1850; admis au Barreau le 6 novembre 1855.
Exerça sa profession à Québec. S'occupa aussi de gérer la seigneurie de Lotbinière, propriété de sa mère qui, en 1860, lui en céda les droits. S'intéressa au commerce du bois, aux chemins de fer et aux sciences naturelles.
Élu député de Lotbinière en 1861. Réélu sans opposition en 1863. Rouge, s'opposa au projet de Confédération. Son mandat prit fin avec l'avènement de la Confédération, le 1er juillet 1867. Élu sans opposition député libéral de Lotbinière à l'Assemblée législative et à la Chambre des communes en 1867. Chef de l'opposition à l'Assemblée à partir de mars 1869. Réélu aux élections provinciales en 1871 et fédérales en 1872. Ne s'est pas représenté au fédéral en 1874. Réélu député libéral provincial en 1875. Refusa à deux reprises le poste de sénateur, en 1874 et en 1877, ainsi que celui de ministre fédéral de l'Agriculture dans le cabinet Mackenzie. Fut premier ministre de la province de Québec et commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics du 8 mars 1878 au 30 octobre 1879. Réélu en 1878 et, sans opposition, en 1881. Chef de l'opposition de 1879 à 1883. Démissionna de ses fonctions de député provincial le 25 novembre 1885. Élu député libéral de Portneuf à la Chambre des communes en 1896. Fut contrôleur du Revenu de l'intérieur du 13 juillet 1896 au 29 juin 1897, mais sans faire partie du cabinet. À sa nomination, son siège de député était devenu vacant. Réélu sans opposition dans Portneuf à une élection fédérale partielle le 30 juillet 1896. Prêta serment comme membre du Conseil privé et comme ministre du Revenu de l'intérieur le 30 juin 1897; détint ce portefeuille jusqu'à sa démission, le 21 juin 1900. Lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique du 21 juin 1900 au 25 mai 1906.
Fait conseiller de la reine en 1878. Cofondateur, en 1880, du journal L'Électeur de Québec, avec notamment Wilfrid Laurier. Président de la Compagnie du chemin de fer de Gosford, de la Fruit Growers Association of Quebec, de la Société d'agriculture du comté de Lotbinière, du Conseil d'agriculture de la province de Québec. Vice-président de la Human Society of British North America, de l'Imperial Federation League du Canada et de la Société de géographie de Québec. Reçut un doctorat honorifique en droit du Collège Bishop's en 1887 et du Collège Queen's de Kingston en 1894. Nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-George (sir) en 1895.
Décédé à Québec, le 16 novembre 1908, à l'âge de 78 ans et 11 mois. Après des obsèques célébrées dans la cathédrale anglicane Holy Trinity, fut inhumé dans le cimetière Mount Hermon, à Sillery, le 18 novembre 1908.
Avait épousé dans la cathédrale anglicane Holy Trinity, à Québec, le 6 mai 1856, Margaretta Josepha Gowen, fille d'Hammond Gowen, commerçant.
Petit-fils de Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière. Neveu de Robert Unwin Harwood. Cousin d'Antoine Chartier de Lotbinière Harwood.
Le 10 novembre 1912 Décès de l'homme fort Louis Cyr
Cyr, dont le prénom à la naissance était Cyprien Noé, décède à l'âge de 49 ans. Des centaines de personnes assistent à ses funérailles qui se déroulent à l'église Saint-Pierre de Montréal.
De descendance acadienne, Cyr, un natif de Saint-Cyprien de Napierville, avait 12 ans lorsqu'il a quitté l'école pour travailler avec ses parents. Sa famille se déplace ensuite à Lowell, aux États-Unis, où elle vit pendant quelques années. La force de Cyr commence à lui donner une certaine notoriété. Il décide de l'utiliser pour gagner sa vie en effectuant des tournées dans les petites villes. Au cours des années 1880 et 1890, il livre plusieurs rencontres, sans en perdre une, et fait de nombreux voyages (dont un en Europe) qui en font un des Canadiens les plus célèbres de son temps. Considéré comme l'homme le plus fort du monde, il réussit des tours de force qui tiennent de la légende, comme son lever à un doigt de 553 livres ou son lever à la plateforme de plus de 4 000 livres. Miné par la maladie, Cyr dispute un dernier affrontement contre Hector Décarie au parc Sohmer de Montréal le 26 février 1906. Au moment de son décès, plusieurs parlent de lui comme du premier véritable héros sportif d'origine canadienne-française.
Source : Paul Ohl, Louis Cyr : une épopée légendaire, Montréal, Libre Expression, 2005, 632 pages. Jean-Noël Dion, «Louis Cyr : Homme fort et amuseur public», Cap-aux-Diamants, v.69, printemps 2002, p.18-23.
Le 12 novembre 1939 Décès du docteur NORMAN BETHUNE
Le docteur Norman Bethune meurt en Chine des suites d'une septicémie. Médecin de renom originaire de l'Ontario, Bethune apportait son appui aux communistes depuis son arrivée en Chine, en 1938.
Norman Bethune arrive à Montréal dans les années 20. Après un passage à l'Université McGill, il s'intéresse au traitement de la tuberculose et à la chirurgie thoracique à l'hôpital Royal-Victoria, à Montréal, et à l'hôpital du Sacré-Cœur, à Cartierville. Innovateur, Bethune contribue de façon significative à la recherche médicale avant de quitter pour l'Espagne, en 1936, où il appuie la cause des Républicains. Il décide par la suite de se rendre en Chine, où il meurt en 1939.
L'ex-premier ministre du Québec, René Lévesque, meurt terrassé par un infarctus. Pour les médias, ce décès est une occasion de faire le bilan de la carrière de Lévesque et d'évaluer le chemin parcouru par l'option souverainiste depuis la démission de ce dernier, en 1985. De grandes manifestations de respect marquent les cérémonies entourant les funérailles de René Lévesque, un des hommes politiques les plus respectés de sa génération.
Né à New Carlisle, en Gaspésie, René Lévesque a eu un parcours jalonné d'étapes importantes. Correspondant de guerre, puis animateur de l'émission « Point de mire » à la télévision de Radio-Canada, il fait son entrée en politique avec l'équipe libérale de Jean Lesage (1960-1966). Avec la fondation du Mouvement souveraineté-association (MSA), puis du Parti québécois (PQ), dont il devient le premier chef en 1968, sa carrière est désormais associée à l'ascension du mouvement souverainiste. La victoire du PQ, en 1976, et les deux mandats qu'il assume à la tête du gouvernement québécois (1976-1985), font de lui une des personnalités politiques les plus en vue au Canada. La défaite du « Oui » lors du référendum de 1980 le prive toutefois de réaliser la souveraineté du Québec, laissant inachevé l'objectif premier du PQ lorsqu'il se retire de la vie politique, en 1985. Son décès, à l'automne 1987, semble constituer un tonique pour les tenants de l'option souverainiste déçus par le ton modéré utilisé par le chef péquiste Pierre Marc Johnson. Celui-ci démissionnera quelques jours plus tard, une décision qui pavera le retour de Jacques Parizeau à la vie politique. Pour l'ex-ministre Bernard Landry, le décès de Lévesque: « c'est comme la perte d'un père. C'est extrêmement pénible. J'ai mangé avec lui la semaine dernière et il m'est apparu comme un homme serein, calme, rempli de projets et extrêmement optimiste quant au destin du peuple québécois. Il pressentait que quelque chose de grand pour le peuple québécois allait se produire sous peu. Jamais un homme politique n'a été si près de son peuple. Il avait le réflexe de prendre pour le petit peuple. C'est tragique qu'il s'éteigne à 66 ans. Il avait encore beaucoup à apporter. L'homme n'était pas vidé. Un des grands, d'esprit et de cœur. »
En sortant d'une brasserie de Sainte-Anne-de-Bellevue, l'ex-champion olympique de natation, Victor Davis, est heurté violemment par une voiture. Après être resté plusieurs heures dans le coma, il décède le 13 novembre à l'hôpital Notre-Dame de Montréal.
Le témoignage du chauffeur, qui s'est rapporté à la police peu de temps après l'accident, tend à indiquer que la collision serait liée à une dispute survenue dans la brasserie au cours de la soirée. Champion olympique en 1984, ex-détenteur d'une marque mondiale à la brasse, Davis avait renoncé à la compétition depuis peu de temps.
Le 13 novembre 1991 Décès du cardinal PAUL-ÉMILE LÉGER
Hospitalisé depuis le 6 septembre, le cardinal Paul-Émile Léger meurt à la suite d'une longue maladie. Son corps est exposé à la Basilique Notre-Dame où de nombreux fidèles lui rendent un dernier hommage.
Deux jours avant sa mort, le Cardinal Léger s'était rendu rencontrer un groupe de gens d'affaires afin de les sensibiliser à ses œuvres, principalement l'aide aux plus démunis d'Afrique. Dans son hommage au défunt, le ministre Claude Ryan souligne qu'il fut l'un des principaux artisans du passage démocratique et ordonné du Québec vers de nouveaux modes d'organisation sociale. Paul-Émile Léger avait été nommé cardinal en 1953. Le 16 novembre, une foule imposante se masse aux abords et à l'intérieur de la basilique Notre-Dame pour rendre un dernier hommage au disparu. Parmi ceux qui assistent à cette cérémonie présidée par l'archevêque de Montréal, Mgr Jean-Claude Turcotte, on reconnaît le gouverneur général du Canada, Ray Hnatyshyn et plusieurs personnalités politiques importantes. Dans son homélie, Mgr Turcotte dit au sujet du cardinal Léger: « Quand on pense aux gestes du cardinal Léger (...), des images inoubliables nous viennent à l'esprit. Elles demeureront comme des icônes: le cardinal penché sur un malade ou serrant la main d'un lépreux; le cardinal caressant un enfant; le cardinal se faisant menuisier, voire opérateur de bélier mécanique, sur les chantiers qu'il avait lancés. À travers ces gestes on découvre son désir constant de rendre l'Église concrètement présente dans un monde en mutation. »
Source : La Presse, 14 novembre 1991, p.B1-B2, B9-B12, 17 novembre 1991, p.A1. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1398.
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Emanuel Urias Cordonero Urbina, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 14 novembre 2020 marque le décès de Max « Oné Onti » Gros-Louis, une figure majeure des Premières Nations, tant au Québec qu’au Canada. Membre du peuple huron-wendat de Wendake, dans la région de Québec, il laisse derrière lui un héritage politique et culturel considérable. Sa mort est suivie d’un deuil donnant lieu à de nombreux hommages, particulièrement au sein de la classe politique.
L’ancien grand chef de la nation huronne-wendate, Max Gros-Louis, est décédé à l’âge de 89 ans à Wendake. Son décès suscite une vague d’hommages parvenant à la fois de la classe politique autochtone ainsi que de la sphère politique québécoise et canadienne. Figure incontournable de la défense des droits des Premières Nations, Gros-Louis est unanimement reconnu comme un acteur central du dialogue entre les Premières Nations et les différents paliers de gouvernement. Il a contribué à inscrire la cause autochtone à la fois dans les débats nationaux et sur la scène internationale. À la suite de son décès, le 14 novembre 2020, le grand chef du peuple huron-wendat de 2020 à 2024, Rémy Vincent, écrit sur les réseaux sociaux qu’il s’agit de la perte d’un « grand guerrier », et d’un «grand Huron-Wendat». Il annonce qu’une cérémonie funéraire traditionnelle sera organisée afin de rendre hommage au défunt. L’ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, rappelle pour sa part que Oné Onti demeure une « figure marquante » dont l’action laisse une empreinte indélébile dans l’histoire des communautés autochtones. Les réactions sont également nombreuses au sein de la classe politique québécoise et fédérale. Le premier ministre François Legault, tout comme l’ensemble des chefs des partis d’opposition à l’Assemblée nationale, tiennent à souligner le leadership et l’engagement hors pair de l’ex-leader autochtone, le qualifiant d’homme « plus grand que nature ». À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau lui rend hommage en saluant sa « vision audacieuse » qui dépassait les frontières de sa propre communauté. Le décès de Max Gros-Louis constitue une marque de l’importance symbolique et politique de son héritage. Il représente également un moment de mémoire collective, rappelant les luttes politiques et culturelles menées par cette personnalité emblématique du peuple Huron-Wendat, tant au Québec qu’au Canada.
Source : Radio-Canada, 14 novembre 2020, URL https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1745870/max-gros-louis-deces-mort-grand-chef-wendake-huron; La Presse, 14 novembre 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/2020-11-14/wendake/l-ancien-grand-chef-max-gros-louis-n-est-plus.php; Radio-Canada, 14 novembre 2020, URL https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1745870/max-gros-louis-deces-mort-grand-chef-wendake-huron Le Devoir, 16 novembre 2020, URL https://www.ledevoir.com/actualites/societe/589768/max-gros-louis-est-decede; Journal de Québec, 15 novembre 2020, URL https://www.journaldequebec.com/2020/11/14/max-gros-louis-nest-plus-1; René Boudreault, La Presse, 17 novembre 2020, URL https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-11-17/hommage/mon-ami-max-one-onti-gros-louis.php; Serge Joyal, «Max Gros-Louis, ou la fierté autochtone retrouvée», Le Devoir, 18 novembre 2020, URL https://www.ledevoir.com/opinion/idees/589900/max-gros-louis-ou-la-fierte-autochtone-retrouvee; Bouchard, Alain, « Max Gros-Louis : le corbeau de Wendake », Éditions La Presse, 2012; URL https://www.leslibraires.ca/livres/max-gros-louis-le-corbeau-de-max-one-onti-gros-louis-9782897050375.html?srsltid=AfmBOooopBxTfUxjdxWY7qgnmEMvAiIxXr9yZikcD4Mk2vcbA-kt6FLx
«...Aujourd’hui, je suis triste. Mon ami Max est décédé. À sa demande, je lui ai parlé il y a quelques jours alors qu’il était sur son lit d’hôpital aux soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec. Sa voix était faible, mais il avait encore toutes ses capacités mentales, sa mémoire phénoménale et son humour sarcastique. Il était prêt pour le grand voyage et il considérait avoir vécu pleinement et longuement sa vie et sa responsabilité d’ambassadeur au Québec, au Canada et dans le monde de la nation huronne-wendat qu’il a chérie plus que tout, mais aussi des Premières Nations d’ici qui l’avaient adopté comme conseiller et ami, particulièrement la nation innue. [...] Max a été un immense personnage dans sa vie publique et un charmant ami dans la vie privée. Il parlait à tout le monde, petits et grands personnages. Sans nul doute, sa simplicité, son intelligence, sa perspicacité dans les nombreuses causes qu’il a défendues, son dévouement pour la justice et le respect des Premières Nations et son souci de tenir compte des Québécois resteront éternellement gravés dans nos mémoires. Merci, grand chef Max, pour ton œuvre, pour ton amitié indéfectible envers les Innus, envers la famille Malec et envers moi.»
René Boudreault, «Mon ami Max « Oné-Onti » Gros-Louis», La Presse, 17 novembre 2020, URL https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-11-17/hommage/mon-ami-max-one-onti-gros-louis.php
«...C’est contre cette négation de leur humanité que Max Gros-Louis s’est d’abord rebellé. Au lieu d’effacer les caractères de son identité, il a décidé de les porter avec fierté. [...] La prestance de Max Gros-Louis, l’assurance du timbre de sa voix, la fermeté de ses convictions, son idée claire de ce dont les Autochtones avaient été dépouillés au cours des siècles faisaient de lui un interlocuteur imposant et crédible [...]. Sa longue vie au service de la cause autochtone, sa personnalité jamais belliqueuse bien que ferme dans ses principes, « droit dans ses mocassins », comme il le disait lui-même, sa persévérance dans son bon droit, sa contribution essentielle et sa présence unique à des moments de haute visibilité, comme aux cérémonies de clôture des Jeux olympiques de 1976 à Montréal, auront fait de lui un personnage influent de l’histoire contemporaine au pays. [...] Max Gros-Louis aura été un pionnier prophétique de la Réconciliation dans laquelle le pays tout entier est aujourd’hui engagé. [...] Max Gros-Louis, nous t’honorons, et nous nous souviendrons combien tu nous auras rendus meilleurs, nous guidant au-delà de notre passé colonial vers une société humaniste.»
Serge Joyal, «Max Gros-Louis, ou la fierté autochtone retrouvée», Le Devoir, 18 novembre 2020, URL https://www.ledevoir.com/opinion/idees/589900/max-gros-louis-ou-la-fierte-autochtone-retrouvee
Le 6 novembre 2018 Décès de l’ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La classe politique québécoise salue unanimement l’engagement et la détermination de l’ex-premier ministre Bernard Landry, décédé le 6 décembre 2018 de complications pulmonaires. Une figure de proue du mouvement indépendantiste depuis les années 1970, celui-ci est également identifié à plusieurs réalisations, dont la paix des Braves de 2002.
Bernard Landry se distingue au sein des associations étudiantes, avant de se lancer en politique avec le Parti québécois (PQ) en 1969. Ce souverainiste convaincu est défait à deux reprises avant d’être élu dans Fabre (1976), puis Laval-des-Rapides (1981). Les premiers ministres René Lévesque et Pierre Marc Johnson lui confient d’importantes responsabilités ministérielles, notamment associées à l’économie. Il est identifié à deux documents d’envergure sur ce plan, soit Bâtir le Québec (1979) et Le virage technologique (1982). Battu en 1985, il revient à l’Assemblée nationale en 1994, cette fois dans Verchères. En plus d’être vice-premier ministre, il occupe plusieurs portefeuilles d’envergure sous Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Il est par exemple aux Finances lorsque la province favorise la croissance de l’industrie du multimédia, puis atteint l’équilibre budgétaire à la fin des années 1990. Landry succède à Bouchard à la tête du gouvernement en 2001. Parmi ses réalisations majeures, on compte la paix des Braves, conclue en 2002 avec la nation crie. En 2005, deux ans après la défaite du PQ, il quitte la tête de son parti, au terme d’un vote de confiance qu’il juge insuffisant. Une fois sa carrière politique terminée, il se consacre, entre autres, à l’enseignement. Le lendemain de son décès, le 6 novembre 2018, journalistes et politiciens sont unanimes à souligner l’engagement et la passion de l’homme de 81 ans. C’est le cas du premier ministre caquiste François Legault, qui l’a côtoyé dans le passé au PQ. Plusieurs personnes se déplacent pour rendre hommage à l’ex-premier ministre lors de chapelles ardentes à Québec et à Montréal, précédant la tenue de funérailles nationales. Même ceux qui ne partageaient pas sa fougue pour la souveraineté reconnaissent en Bernard Landry un homme politique chaleureux, dévoué entièrement au service public.
Source : Le Devoir, 7 novembre 2018, p. A2.; 10 novembre 2018, p. A8; Le Soleil, 6 novembre 2018; Jean-Yves Duthel, « Bernard Landry : L’héritage d’un patriote », Montréal, Libre Expression, 2019, 384 pages; Michel Vastel, « Landry – Le grand dérangeant », Montréal, Éditions de L’Homme, 2001, 444 pages.
«...Sa grande quête, celle de voir le Québec devenir souverain, a guidé sa longue carrière politique, le plus souvent menée dans les coulisses. Bernard Landry a été un homme d’influence peut-être davantage qu’un politicien populaire. Il a été une bête politique, entraîné dans l’appareil d’État par René Lévesque dès 1964, à l’âge de 27 ans [...] Sa plus grande réalisation, au poste de premier ministre, restera sans doute la Paix des Braves, signée avec les Cris en 2002 à Waskaganish. Mais la réelle influence politique de Bernard Landry est loin de se limiter à son seul mandat aux commandes du Québec. Dans les coulisses, puis dans les médias, où il est demeuré très visible après sa carrière politique active, le patriote a porté la cause de la souveraineté. Il fut longtemps l’éminence grise du Parti québécois, l’homme de " la patrie avant les partis ". »
Marie-Michèle Sioui, « La quête de toute une vie », Le Devoir, 7 novembre 2018, p. A2.
«...Bernard Landry a été un homme d’État, même s’il a été premier ministre du Québec relativement peu de temps. Cet homme, qui aimait se qualifier de patriote, a accompagné la modernité du Québec. Il était lui-même très moderne. Cet indépendantiste pur pouvait être bouillant. Ses adversaires, mais aussi ses compagnons de route et ses camarades du Parti québécois le savent. Sur le plan personnel, Bernard Landry était porté vers l’optimisme et la bonne humeur — et tout à la fois sensible. Très sensible. Beaucoup plus qu’il en donnait l’impression à travers les médias. Il a ainsi porté comme une vraie blessure au cœur sa démission du Parti québécois en 2005. Au Centre des congrès de Québec, en juin de cette année-là, il a tout quitté sur-le-champ — et la direction du Parti québécois et son siège de député de Verchères. Il n’avait recueilli «que» 76,2 % d’appuis au vote de confiance qui venait de se dérouler. Il estimait que son devoir était de céder sa place [...] Passionné, volontaire, déterminé. Tous ces qualificatifs décrivent bien Bernard Landry. Il était aussi un politicien entier et authentique. Il en avait tout naturellement fait un style. »
Jean-Marc Salvet, « Bernard Landry (1937-2018) : la blessure du patriote », Le Soleil, 6 novembre 2018.
«…Associé au centre droit au sein du Parti québécois, il sut concilier dans la même pensée les dimensions économiques et sociales. Sa vision des rapports entre l’entreprise privée et l’État n’a pas perdu un iota de sa pertinence. S’il appartient au privé de créer de l’emploi et de la richesse, il revient à l’État d’en faire la redistribution dans un souci d’équité et de justice sociale. La création du réseau de garderies à 5 $, les lois sur l’équité salariale, l’assurance médicaments et la lutte contre la pauvreté, autant d’initiatives auxquelles fut associé Bernard Landry, procèdent de cette réconciliation de l’économie et du social […] En dépit de son caractère parfois intempestif et bouillant, qui le rendait particulièrement abrasif pour les journalistes, Bernard Landry fut enfin un homme de principes comme il y en a peu. Il fut constant dans ses valeurs et dans ses convictions politiques. Là où d’autres envisagent la participation à la vie publique comme une occasion de se mettre en valeur et de se féliciter de leur magnanime prestance, il s’est investi en politique à des fins nobles d’avancement et d’émancipation de la nation québécoise. Servir, et non se servir. »
Brian Myles, « Un vrai patriote », Le Devoir, 10 novembre 2018, p. B8.
Le 7 novembre 2016 Décès du célèbre musicien Leonard Cohen
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le Québec apprend le décès de l’auteur-compositeur-interprète Leonard Cohen. Il a eu lieu le 7 novembre, mais ne fut rendu public que quelques jours plus tard. Connu pour ses paroles profondes et sa voix envoûtante, cet artiste de renommée internationale meurt à l’âge de 82 ans dans son sommeil, à la suite d’une chute au milieu de la nuit à Los Angeles.
Le décès de Leonard Cohen suscite une vague d’émotions à travers le monde, inspirant des hommages rendus à sa contribution dans l’univers de l’art et la culture. Même s’il habitait à Los Angeles depuis quelques années, son décès rassemble de nombreuses personnes devant sa résidence sur le Plateau-Mont-Royal où des bougies, des fleurs, des notes et des chapeaux sont regroupés. Même si son état de santé avait commencé à se détériorer depuis le début de 2016, son gérant, Robert B. Kory, affirme que sa mort a été soudaine et inattendue, mais tout de même paisible. Seuls les membres de la famille immédiate de l’artiste sont présents pour la cérémonie traditionnelle juive qui a lieu à Westmount. Un an après sa mort, un hommage à la hauteur de l’homme, « Leonard Cohen: Tower of Song », a lieu au Centre Bell, à la demande de Cohen avant sa mort. De nombreux autres hommages ont lieu dans la même semaine au Musée d’art contemporain et dans le Vieux-Port avec des extraits de poèmes, de chansons et d’autres écrits de l’artiste. Cohen était un des artistes québécois les mieux connus et les plus appréciés dans le monde.
Le Parti québécois (PQ), dirigé par Lucien Bouchard, remporte les élections générales avec 42,9% des voix. Il fait élire 77 députés à l'Assemblée nationale contre 46 pour son plus proche rival, le Parti libéral (PLQ) de Jean Charest.
La lutte s'avère intéressante entre deux anciens ministres conservateurs fédéraux, Bouchard et Charest, maintenant à la tête de deux formations œuvrant sur la scène provinciale. C'est la première fois depuis 1966 que la parti qui récolte le plus de voix ne remporte pas les élections générales au Québec. Le PLQ obtient en effet 43,6% des votes, contre 42,9% pour le PQ, mais ne réussit à faire élire que 46 députés. Ce résultat constitue une surprise car les sondages réalisés au cours de la campagne donnaient le PQ de Lucien Bouchard favori, tant au niveau des intentions de vote que de la répartition des sièges. L'Action démocratique du Québec (ADQ), dirigée par Mario Dumont, reçoit pour sa part l'appui de 11,8% des électeurs inscrits, mais ne fait élire qu'un seul député, soit le chef Mario Dumont. En tout, 77% des électeurs admissibles se prévalent de leur droit de vote, un pourcentage plutôt bas pour des élections générales au Québec.
Source : Le Devoir, 1er décembre 1998, p. A1-A6.
Circonscriptions : 125
Électeurs inscrits : 5,254,482
Abstentions : 1,139,319
Votes valides : 4,068,472
Taux de participation: 78,32%
Parti Québécois : 1,744,240 votes obtenus, 42,9%, 76 élus
Premier ministre: Lucien Bouchard (1996-2001) Bernard Landry (2001-2003)
Parti Libéral : 1,771,858 votes obtenus, 43,6%, 48 élus
Le Parti québécois, dirigé par René Lévesque, remporte les élections générales avec 41,4% des voix. Il fait élire 71 députés à l'Assemblée nationale contre 26 pour ses plus proches rivaux, les libéraux de Robert Bourassa.
Plus de trois millions de Québécois se rendent aux urnes lors de ces élections générales, les premières qui portent un gouvernement souverainiste au pouvoir. Les marchés boursiers et la classe politique canadienne attendent maintenant de voir quelles orientations le nouveau gouvernement adoptera au début de ce mandat qui s'annonce mouvementé. Par rapport au scrutin de 1973, les libéraux de Robert Bourassa subissent une perte de plus de 20% des voix et de 76 sièges. Bourassa lui-même est défait dans sa circonscription de Mercier. L'Union nationale, sous la gouverne de Rodrigue Biron, effectue quant à elle un gain de 13% et de 11 sièges. Un partisan du Parti québécois, Laurent Leclerc, résume en ces mots le courant d'enthousiasme qui accompagne la victoire du PQ: « C'était l'espoir. On avait l'impression que tout pouvait arriver. On avait le sentiment qu'on faisait arriver les choses (...) C'était la démence, la folie, et on voyait les résultats rentrer! » Il est toutefois entendu qu'une éventuelle accession du Québec à la souveraineté devra d'abord passer par la tenue d'un référendum qui sera tenu au cours du prochain mandat. Le 25 novembre, René Lévesque sera assermenté au poste de premier ministre.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.449-459. Susan Mann Trofimenkoff, Vision nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.423-443. (citation dans) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.282.
Circonscriptions : 110
Électeurs inscrits : 4,023,743
Abstentions : 592,791
Votes valides : 3,360,506
Taux de participation: 85,27%
Parti Québécois : 1,390,351 votes obtenus, 41,4%, 71 élus
Premier ministre: René Lévesque (1976-1985)
Parti Libéral : 1,135,056 votes obtenus, 33,8%, 26 élus
Union nationale : 611,666 votes obtenus, 18,2%, 11 élus
Parti créditiste : 155,451 votes obtenus, 4,6%, 1 élu
Les libéraux de Jean Lesage remportent les élections générales avec 56,4 % des voix. Ils font élire 63 députés à l'Assemblée législative contre 31 pour leurs plus proches rivaux, les unionistes de Daniel Johnson.
Le thème de la nationalisation de l'électricité, qui est le prétexte pour le déclenchement de ces élections précipitées, profite aux libéraux. Ils améliorent nettement leur résultat de 1960, passant de 51,4% à 56,4% des votes exprimés. L'Union nationale (UN), menée pour la première fois par Daniel Johnson, voit pour sa part son soutien chuter de 46,6% à 42,2 % des intentions de vote. Ce recul signifie que l'UN ne sera plus représentée que par 31 députés à l'Assemblée législative, sa plus faible récolte depuis l'élection générale de 1939. Cette domination des deux formations les plus en vue de la scène politique québécoise ne laisse que 1,3% des suffrages exprimés aux tiers partis. Soulignons aussi que la campagne est marquée, le 11 novembre, par le premier débat télévisé entre les chefs des deux principales formations, le Parti libéral et l'Union nationale, sur les rangs.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.648-651. Sous la direction de Craig Brown, Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.606-617. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.400-421.
Circonscriptions : 95
Électeurs inscrits : 2,721,933
Abstentions : 555,457
Votes valides : 2,136,967
Taux de participation: 79,59%
Parti Libéral : 1,205,253 votes obtenus, 56,4%, 63 élus
Premier ministre: Jean Lesage (1960-1966)
Union nationale : 900,817 votes obtenus, 42,2%, 31 élus
Les libéraux de Louis-Alexandre Taschereau remportent les élections générales avec 46,8% des voix. Ils font élire 48 députés à l'Assemblée législative contre 42 pour leurs plus proches rivaux, la coalition formée des conservateurs de Maurice Duplessis et de l'Action libérale nationale (ALN) de Paul Gouin.
La coalition entre le Parti conservateur et l'Action libérale nationale, qui est annoncée en cours de campagne, constitue la plus sérieuse menace à l'hégémonie libérale à Québec depuis 1897. Il s'agit néanmoins d'une onzième victoire consécutive pour le Parti libéral du Québec, un record qu'aucune formation politique ne réussira à approcher au cours du XXe siècle. Les élections de 1935 seront les dernières pour le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau qui cédera son poste à Adélard Godbout en 1936. Du côté de l'opposition, on retrouvera 42 députés, dont 26 de l'ALN et 16 conservateurs. Le succès de cette coalition mènera, l'année suivante, à la création d'une nouvelle formation politique: l'Union nationale.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.119-125. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.315-335.
Circonscriptions : 90
Électeurs inscrits : 739,300
Abstentions : 172,667
Votes valides : 536,361
Taux de participation: 75,91%
Parti Libéral : 249,586 votes obtenus, 46,5%, 47 élus
Premier ministre: Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936) Joseph-Adélard Godbout (1936)
Parti Conservateur : 101,544 votes obtenus, 18,9%, 17 élus
Les libéraux de Simon-Napoléon Parent remportent les élections générales avec 55,4% des voix. Ils font élire 67 députés à l'Assemblée législative du Québec contre sept pour leur plus proches rivaux, les conservateurs d'Edmund-James Flynn.
Malgré la présence de plusieurs candidats indépendants issus de leur parti, il s'agit d'une troisième victoire électorale consécutive pour les libéraux. C'est toutefois la dernière pour le premier ministre Simon-Napoléon Parent qui est contesté dans son propre parti. Parent sera d'ailleurs rapidement poussé à la démission par un groupe de ministres qui s'opposent à lui. Au sein de ce groupe figure son successeur, Lomer Gouin.
Source : La Presse, 26 novembre 1904, p. 16 et 24.
Circonscriptions : 74
Électeurs inscrits : 382,143
Abstentions : 99,487
Votes valides : 113,453
Taux de participation: 29,97%
Parti Libéral : 62,889 votes obtenus, 55,4%, 67 élus
Premier ministre: Simon-Napoléon Parent (1900-1905) Lomer Gouin (1905-1920)
Parti Conservateur : 30,331 votes obtenus, 26,7%, 7 élus
Le 21 novembre 1906 Tenue d'une élection partielle fédérale dans la circonscription de Sainte-Marie
Une élection partielle fédérale tenue dans le comté de Sainte-Marie offre l'occasion aux syndicats de présenter à l'électorat une autre candidature ouvrière. Il s'agit de Joseph Ainey, qui reconnaît le député de Maisonneuve, Alphonse Verville, comme le chef du mouvement ouvrier.
En plus d'être favorable à la laïcisation de l'enseignement et à la création d'un ministère de l'Instruction publique, le programme « ouvrier » réclame la séparation du ministère des Travaux publics et du ministère du Travail, de façon à donner plus d'importance au second. À ces exigences, s'ajoutent une assurance d'État contre la maladie et la vieillesse, la substitution de banques d'État aux banques privées, l'élection des juges par le peuple, l'abolition du Sénat, etc. Ainey fera bonne figure lors de l'élection partielle du 21 novembre, récoltant l'appui de 35,2 % des électeurs. Il sera néanmoins défait par le candidat libéral, et futur maire de Montréal, Médéric Martin, qui recevra 64,8 % des votes.
Le 13 novembre 1908 Annulation de l'élection de trois députés de l'Assemblée législative du Québec
À la suite des élections générales du 8 juin 1908, le gouvernement annonce l'annulation de trois élections, soit celles des Conservateurs Hospice Desrosiers dans Châteauguay et Denis Tansey dans Montréal no 6, ainsi que celle du libéral Joseph-Wenceslas Lévesque dans Laval.
Le 28 décembre, on procède à des élections partielles dans ces trois circonscriptions. Honoré Mercier (fils), Michael James Walsh et Joseph-Wenceslas Lévesque, tous trois du Parti libéral, sont élus à l'Assemblée législative, respectivement dans Châteauguay, Montréal no 6 et Laval.
Le 12 novembre 1909 Tenue d'élections partielles dans trois circonscriptions du Québec
Un candidat « ouvrier » fera son entrée à l'Assemblée législative. Il s'agit de Joseph-Alphonse Langlois, élu lors d'une élection partielle tenue dans la circonscription de Saint-Sauveur, à Québec.
Eugène Merrill Lesieur Desaulniers et Clément Robillard, tous deux du Parti libéral, sont quant à eux élus respectivement dans Chambly et Montréal no 2, communément appelé Saint-Jacques. Le premier ministre Lomer Gouin se dit « enchanté du résultat dans Saint-Jacques. La défaite de Saint-Sauveur était une chose certaine. Le point noir de la campagne c'était Saint-Jacques car nous savions que tous les ennemis du gouvernement, M. (Henri) Bourassa et ses amis en tête, feraient l'impossible pour vaincre. J'attendais le résultat avec anxiété. La décision donnée par le peuple, renversant le verdict du mois de juin m'apporte une grande joie personnelle et une immense satisfaction pour notre gouvernement ». À l'annonce de la victoire de Robitaille, Henri Bourassa prend la parole et dit: « Mes amis, nous recommencerons la bataille demain, après-demain et n'importe quand et nous parviendrons bien à renverser les farceurs qui gouvernent à Québec. »
Source : La Presse, 13 novembre 1909, p.11, 36. Phttp://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono1.html
Le 10 novembre 1913 Tenue d'élections partielles dans les circonscriptions de Saint-Jean et Huntingdon
La démission de Lomer Gouin et le décès de William H. Walker entraînent la tenue d'élections partielles dans les circonscriptions de Saint-Jean et Huntingdon. Le Parti libéral, formation qui détient la majorité à l'Assemblée législative du Québec, remporte la victoire dans les deux comtés.
Le premier ministre Gouin démissionne dans Saint-Jean pour ne conserver que le siège de Portneuf qu'il a remporté en 1912. Trois libéraux - Marcellin Robert, Télesphore Brassard, Stanislas Poulin - et un indépendant - Ludger Trudeau - se font la lutte pour lui succéder. C'est Robert, un cultivateur de Saint-Blaise, qui remporte la victoire avec 938 votes. Il devance Brassard et Poulin qui obtiennent respectivement 819 et 616 votes, alors que Trudeau ne reçoit l'appui que de neuf électeurs. La lutte est également corsée dans Huntingdon. Le libéral Andrew Philps ne devance le conservateur John Clarke Moore que par 161 voix (1 292 contre 1 131), une majorité nettement moins convaincante que celle obtenue par les libéraux en 1912. Rappelons qu'il s'agit de deux châteaux forts libéraux, Saint-Jean étant « rouge » depuis la Confédération et Huntingdon depuis 1875.
Le 21 novembre 1914 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Richmond
Le décès du député libéral Peter Samuel George Mackenzie entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Richmond. Elle est remportée sans opposition par un autre libéral, Walter George Mitchell.
Aucun candidat ne fait face à Mitchell, un libéral âgé de 37 ans qui est le fils d'un autre homme politique, le sénateur Walter George Mitchell. Mitchell, le fils, a été fait trésorier de la province de Québec par le premier ministre Lomer Gouin le 12 novembre 1914. Sa victoire le confirme dans ses fonctions. En plus d'être trésorier de la province jusqu'en 1921, Mitchell sera également ministre des Affaires municipales de 1918 et 1921, avant de siéger à la Chambre des communes de 1921 à 1924.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 796 pages.
Le 12 novembre 1917 Élections partielles sans opposition pour le Parti libéral
Joseph-Ferdinand Daniel et William Robert Oliver, tous deux candidats du Parti libéral, sont élus sans opposition à l'Assemblée législative, respectivement dans les circonscriptions de Montcalm et de Brome.
Un mois plus tard, le 15 décembre 1917, on procède à quatre autres élections partielles où le Parti libéral de Lomer Gouin, qui détient la majorité à l'Assemblée législative, sort encore vainqueur. Joseph Caron, Joseph-Alcide Savoie, Honoré Achim et J.-Charles-Ernest Ouellet sont tous élus sans opposition, respectivement dans Ottawa, Nicolet, Labelle et Dorchester.
Le 5 novembre 1924 Tenue d'élections partielles dans plusieurs circonscriptions du Québec
À la suite de quelques décès et démissions, le gouvernement se voit dans l'obligation de tenir plusieurs élections partielles au Québec.
Pierre-Émile Côté, Joseph Henry Dillon et Alphonse-Edgar Guillemette, tous trois candidats libéraux, sont élus respectivement dans Bonaventure, Montréal-Sainte-Anne et Saint-Maurice. Ludger Bastien et Armand-Charles Crépeau, du Parti conservateur, sont quant à eux élus dans Québec-Comté et Sherbrooke. Le Parti libéral continue malgré ces deux victoires de détenir une confortable majorité à l'Assemblée législative.
Le 28 novembre 1924 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Témiscamingue
Le décès du député libéral Télesphore Simard, le 1er octobre 1924, entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Témiscamingue. Elle est remportée par le libéral indépendant Joseph Miljours.
Miljours, un homme d'affaires de 46 ans, remporte une victoire serrée sur le candidat désigné par la convention libérale, Joseph-Édouard Piché. Miljours obtient le support de 1 237 électeurs contre 1 120 pour Piché. Le nouveau député ne remplira qu'un seul mandat à l'Assemblée législative. Il ne sera pas candidat en 1927 lors de l'élection qui sera remportée par son rival malheureux de novembre 1924, Joseph-Édouard Piché. Soulignons que la circonscription de Témiscamingue est représentée par un libéral depuis sa création, en 1912.
Source : Le Devoir, 29 novembre 1924, p.3; 1er décembre 1924, p.1.
Le 30 novembre 1925 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
Ces élections visent à combler des postes restés vacants dans Argenteuil, Jacques-Cartier, Berthier et Champlain.
Le Conservateur Joseph-Léon Saint-Jacques est élu dans Argenteuil et les Libéraux Victor Marchand, Amédée Sylvestre et William-Pierre Grant sont élus respectivement dans Jacques-Cartier, Berthier et Champlain. Pour le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau, il s'agit d'une grande victoire qui « démontre un grand changement d'opinion dans l'île de Montréal, et maintenant que la fumée de la bataille est dissipée, nous allons nous remettre à la besogne sans plus tarder ». Il parle cependant de la défaite dans Argenteuil dans ces mots: « Argenteuil, il est vrai, nous a fait défaut. Mais l'histoire s'écrira bientôt de la campagne que nos adversaires y ont menée, campagne regrettable sous plusieurs aspects... ».
Le 16 novembre 1929 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Montcalm
La nomination du député libéral Jean-F. Daniel au Conseil législatif entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Montcalm. Elle est remportée par un vétéran de la politique, le libéral Joseph-Léonide Perron.
La campagne est turbulente. Plusieurs têtes d'affiche du Parti libéral, dont le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau, se rendent dans Montcalm pour rencontrer les électeurs. Le chef conservateur Camillien Houde prononce également plusieurs discours, ce qui n'empêche pas la victoire du libéral Joseph-Léonide Perron par une marge confortable, 1 843 votes contre 886, sur le conservateur Albert Lévesque. Ex-député et conseiller législatif âgé de 57 ans, Perron sera ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Taschereau jusqu'à son décès, le 20 novembre 1930. Le premier ministre salue la victoire de Perron et la perte du dépôt du candidat « houdiste » en déclarant: « C'est une grande victoire pour notre parti et un triomphe personnel pour M.Perron. » Les conservateurs tirent une autre conclusion des résultats, mettant l'emphase sur le fait que la majorité libérale a été réduite de près de 700 voix par rapport à l'élection générale de 1927.
Source : Le Devoir, 15 novembre 1929, p.1 et 3; 16 novembre 1929, p.1 et 3; 18 novembre 1929, p.1 et 3.
Le 7 novembre 1933 Tenue d'élections partielles au Québec
À la suite de plusieurs changements au sein du gouvernement, on procède à la tenue d'élections partielles au Québec.
Alexandre Gaudet, candidat du Parti libéral, est élu dans Nicolet. La semaine suivante, un autre libéral, Thomas Lapointe, est élu dans Wolfe. Puis, le 21 novembre, le Parti libéral fera élire un troisième candidat, Théodule Rhéaume, dans Jacques-Cartier. Rhéaume est élu sans opposition. Ces trois victoires renforcent la forte majorité que détient déjà le Parti libéral de Louis-Alexandre Taschereau à l'Assemblée législative.
Le 2 novembre 1938 Tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions du Québec
À la suite de la démission du député libéral de Montréal-Saint-Louis, Peter Bercovitch, et de celle du député unioniste de Stanstead, Rouville Beaudry, on procède à des élections partielles dans ces deux circonscriptions.
Les députés Louis Fitch et Henri Gérin, tous deux de l'Union nationale, sont élus dans Montréal-Saint-Louis et Stanstead.
Le 19 novembre 1940 Tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions du Québec
À la suite de quelques démissions, le gouvernement libéral dirigé par Adélard Godbout procède à la tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions.
Le nouveau ministre Hector Perrier, qui avait été assermenté comme secrétaire de la province sans être député, est élu dans Terrebonne sous la bannière du Parti libéral. Dans Mégantic, c'est le candidat de l'Union nationale, Tancrède Labbé, qui est élu.
Le 21 novembre 1945 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Beauce
La démission d'un député du Bloc populaire, Édouard Lacroix, entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Beauce. C'est Georges-Octave Poulin de l'Union nationale qui succédera à Lacroix.
Cette élection partielle, la première depuis la générale qui a porté l'Union nationale au pouvoir en 1944, confirme la popularité du parti de Maurice Duplessis qui remporte la victoire avec une majorité record pour le comté de Beauce. Georges-Octave Poulin obtient en effet 11 204 votes, plus du double de son rival le plus sérieux, le libéral Henri-René Renault, qui se contente de l'appui de 5 410 électeurs. Joseph-Ernest Grégoire du Crédit social se classe loin derrière avec seulement 1 526 votes. Pour Poulin, c'est le premier de quatre mandats consécutifs comme député de Beauce.
Source : Le Devoir, 15 mai 1945, p.3; 21 novembre 1945, p.3; 22 novembre 1945, p.1 et 3.
Le 23 novembre 1960 Tenue d'élections partielles dans les circonscriptions de Rouville et Joliette
Le Parti libéral de Jean Lesage, au pouvoir depuis quelques mois, remporte deux élections partielles visant à remplacer l'ex-premier ministre Antonio Barrette et l'ex-ministre de l'Agriculture, Laurent Barré.
Les deux élus sont François Boulais et Gaston Lambert qui sont élus dans Rouville et Joliette. Ces deux victoires décisives, par 3 800 voix pour Boulais et par plus de 5 000 voix pour Lambert, comblent le premier ministre Lesage qui déclare: « Ces résultats nous encouragent à continuer notre œuvre dans la voie que nous nous sommes tracée... ». La défaite ébranle l'Union nationale qui détenait les deux circonscriptions depuis plusieurs années. En 1960, le premier ministre sortant, Antonio Barrette, avait même remporté Joliette avec une majorité supérieure à 5 000 voix. Le député de Bagot, Daniel Johnson, est pointé du doigt pour ces deux échecs. Principal aspirant à la succession de Barrette, Johnson aurait fait une erreur de calcul en faisant campagne sur des thèmes comme la « confessionnalité » menacée des écoles ou l'affaire des « faux billets » de 10$, une controverse qui devait éclabousser le Parti libéral mais qui s'est avérée sans fondements.
Source : Le Devoir, 24 novembre 1960, p.1-2. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 14 novembre 1979 Tenue d'élections partielles dans trois circonscriptions du Québec
Les candidats du Parti libéral remportent ces trois élections partielles contre les candidats du parti au pouvoir, le Parti québécois (PQ).
Georges Lalande, Solange Chaput-Rolland et Hermann Mathieu sont élus respectivement dans Maisonneuve, Prévost -deux circonscriptions que le Parti québécois avait gagnées en 1976- et Beauce-Sud. Moins de deux semaines plus tard, le Parti libéral remportera une autre élection partielle. Herbert Marx sera en effet élu dans D'Arcy-McGee. Il s'agit de bonnes nouvelles pour le nouveau chef libéral Claude Ryan qui se réjouit de ces victoires à l'approche de la campagne référendaire prévue pour le printemps 1980.
Le 17 novembre 1980 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
Les quatre candidats du Parti libéral du Québec remportent la victoire contre ceux du parti au pouvoir, le Parti québécois (PQ).
Fabien Bélanger, Pierre Paradis, Camille Picard et Pierre Fortier sont élus respectivement dans Mégantic-Compton, Brome-Missisquoi, Johnson et Outremont. Ces quatre victoires libérales constituent pour plusieurs observateurs un avant-goût des prochaines élections générales prévues pour le printemps 1981. Le Parti québécois minimise cependant leur impact en soulignant que les quatre circonscriptions appartenaient auparavant à l'Union nationale -trois- et au Parti libéral du Québec -un.
Le 26 novembre 1984 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Saint-Jacques
Le décès tragique du député libéral Serge Champagne entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Saint-Jacques. Elle est remportée par un autre libéral, Jean-François Viau.
Les temps sont difficiles pour le gouvernement du Parti québécois (PQ) dirigé par René Lévesque. Quatre jours auparavant, le 22 novembre, cinq ministres ont démissionné avec fracas du cabinet: Jacques Parizeau, Jacques Léonard, Gilbert Paquette, Camille Laurin et Denise Leblanc-Bantey. Plusieurs espèrent qu'une victoire dans Saint-Jacques, un comté qu'a représenté le péquiste Claude Charron entre 1970 et 1983, permettra de compenser pour les déchirements des dernières semaines. C'est toutefois le contraire qui se produit alors que le jeune candidat libéral de 26 ans, Jean-François Viau, obtient 7 890 votes, 1 237 de plus que le péquiste André Boulerice. Cette défaite ne laisse présager rien de bon pour le PQ, déchiré entre les tenants et les opposants à la ligne plus conciliante adoptée par le premier ministre René Lévesque depuis l'élection à Ottawa des progressistes-conservateurs de Brian Mulroney.
Source : Le Devoir, 26 novembre 1984, p.1 et 10; 27 novembre 1984, p.1 et 12.
Le 15 novembre 1999 Tenue d'élections partielles dans les circonscriptions fédérales de Hull-Aylmer et Mont-Royal
Des élections partielles ont lieu dans les circonscriptions de Mont-Royal et Hull-Aylmer. Elles sont remportées par les deux candidats du Parti libéral du Canada (PLC): Irwin Cotler et Marcel Proulx.
Dans Mont-Royal, le candidat libéral Irwin Cotler obtient 91,9 % des voix, ce qui lui donne une majorité écrasante sur le bloquiste Noël Earl Alexander (3,7%). L'avance des Libéraux est également confortable dans Hull-Aylmer où Marcel Proulx obtient 54 % des voix tandis que Robert Bélanger du Bloc québécois (BQ) arrive loin derrière avec 25,5 % des suffrages. Avant cette élection, le siège de Mont-Royal était occupé par la libérale Sheila Finestone qui a démissionné le 10 août 1999 pour occuper un poste au Sénat. Dans la circonscription de Hull-Aylmer, Marcel Proulx succède au libéral Marcel Massé qui représentait la circonscription depuis 1993. Massé est devenu directeur exécutif à la Banque interaméricaine de développement à Washington.
Source : La Presse, 12 août 1999, p.B1, 11 septembre 1999, p.B9. Bibliothèque du Parlement, http://www.parl.gc.ca/information/about/process/house/hfer/hfer-doc.asp?Language=f&Include=Y&rid=902
Le 27 novembre 2006 Tenue d'élections partielles dans la circonscription de Repentigny
La victoire du Bloc québécois (BQ) lors des élections partielles tenues dans la circonscription fédérale de Repentigny fait couler moins d'encre que la personnalité de son candidat, l'abbé Raymond Gravel. Celui-ci remporte d'ailleurs la victoire avec une avance considérable.
Ces élections partielles sont rendues nécessaires à cause du décès du député sortant, le bloquiste Benoît Sauvageau. Pour le remplacer, le BQ propose la candidature de Raymond Gravel, un prêtre au passé difficile qui s'est exprimé publiquement sur des questions controversées, approuvant le mariage des prêtres et celui des conjoints de même sexe. En entrant dans l'arène politique, Gravel accepte toutefois de ne pas voter sur les questions d'ordre moral entrant en contradiction avec les positions de l'Église afin de ne pas mettre celle-ci « dans l'embarras ». L'élection s'avère sans surprise alors qu'il conserve la forteresse bloquiste de Repentigny en obtenant plus de 65 % des voix. Le conservateur Stéphane Bourgon, le néo-démocrate Réjean Bellemare et le libéral Christian Turenne terminent loin derrière Gravel qui profite de l'occasion pour s'exprimer sur l'épineuse question de la « nation québécoise » qui est débattue à Ottawa: « Le Bloc, on est là pour rappeler qu'au Québec on est plus qu'une nation. Ce n'est pas juste des mots, il faut que ça devienne une réalité. »
Source : Le Devoir, 27 novembre 2006, p. A2; 28 novembre 2006, p. A3. La Presse, 27 novembre 2006, p. A8; 28 novembre 2006, p. A1.
Le 9 novembre 2009 Tenue de quatre élections partielles dans des circonscriptions fédérales
Sur les quatre élections partielles qui se déroulent au Canada, deux ont lieu dans des circonscriptions québécoises, soit celles de Hochelaga et de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup.
C'est le départ de deux députés du Bloc québécois (BQ), Réal Ménard et Paul Crête, qui provoque la tenue de ces élections. La victoire de l'économiste Daniel Paillé pour le BQ dans Hochelaga ne constitue pas une surprise. Par contre, le triomphe de Bernard Généreux du Parti conservateur (PCC) dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup marque un revirement important pour cette circonscription habituellement représentée par le BQ. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour le premier ministre Stephen Harper dont la popularité, ainsi que celle de sa formation, est à la hausse dans les sondages tenus à travers le pays. Le PCC fait également élire son candidat, Scott Armstrong, dans le comté de Cumberland-Colchester-Musquodoboit Valley, en Nouvelle-Écosse. En revanche, c'est un néo-démocrate, Fin Donnelly, qui est élu dans New Westminster-Coquitlam, en Colombie-Britannique. Ces résultats n'apportent pas de changement significatif à la Chambre des communes où le PCC forme un gouvernement minoritaire depuis les élections générales d'octobre 2008.
Source : Le Devoir, 10 novembre 2009, p.1 et A8; La Presse, 10 novembre 2009, p. A8-A9. http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2009/11/10/001-elections-partielles.shtml
Le 29 novembre 2010 Élection partielle dans la circonscription provinciale de Kamouraska-Témiscouata
La démission du ministre libéral Claude Béchard entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata. Les résultats confirment la baisse de popularité du Parti libéral (PLQ) de Jean Charest dont la candidate, France Dionne, est devancée par André Simard du Parti québécois (PQ).
L'année 2010 s'avère difficile pour le gouvernement qui est secoué par plusieurs controverses et talonné par les partis d'opposition qui réclament la tenue d'une commission d'enquête sur des allégations de corruption dans le monde de la construction. Le PLQ est de nouveau éprouvé en septembre alors que le ministre Claude Béchard doit démissionner le 3 septembre pour des raisons de santé. Une étoile montante du PLQ depuis sa première élection, en 1997, ce dernier décède quelques jours plus tard, soit le 7 septembre. La lutte s'engage pour sa succession. Le PLQ compte sur France Dionne, qui a représenté la circonscription à l'Assemblée nationale de 1985 à 1997, alors que le PQ mise sur André Simard et l'Action démocratique du Québec (ADQ) sur Gérard Beaulieu. Cette élection partielle est considérée comme un bon test pour le PLQ, en chute dans les sondages, mais aussi pour le PQ et son chef, Pauline Marois, qui profite d'un contexte favorable pour enlever ce siège aux libéraux qui le détiennent depuis 1985. La campagne est rude et les deux partis mobilisent leurs ressources. Les sondages annoncent un vote serré, ce qui se concrétise le soir du scrutin alors que les deux principaux candidats sont au coude à coude. C'est finalement le péquiste Simard qui remporte la victoire avec 7213 votes (36,8%), soit environ 200 de plus que France Dionne. Le taux de participation est révélateur de l'intérêt de cette campagne, puisque 57,6% des électeurs éligibles se sont présentés aux urnes à cette occasion.
Source : Le Devoir, 30 novembre 2010, p. A1 et al.; La Presse 30 novembre 2010, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2010/11/29/008-elections-kamouraska-resultats.shtml.
Le 25 novembre 2013 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions au Canada
Les Canadiens se rendent aux urnes afin de combler quatre sièges vacants à la Chambre des communes, un au Québec, un en Ontario et deux au Manitoba. Même si ceux-ci restent aux mains des mêmes formations, on observe au niveau des votes une progression du Parti libéral (PLC) et un recul du Parti conservateur (PC), qui forme le gouvernement.
Il n'y a pas de surprise dans Bourassa, au Québec, et dans Provencher, au Manitoba, alors que le libéral Emmanuel Dubourg et le conservateur Ted Falk remportent la victoire par des marges importantes. Ceux-ci succéderont respectivement à Denis Coderre, devenu depuis le maire de Montréal, et à Vic Toews, l'ex-ministre de la Sécurité publique. Une des luttes les plus corsées se déroule dans Toronto-Centre où la libérale Chrystia Freeland obtient 49,1% des voix contre 36,4% pour la néo-démocrate Linda McQuaig. La circonscription qui retient le plus l'attention est celle de Brandon-Souris, au Manitoba. Le vainqueur, le conservateur Larry Maguire, ne devance le libéral Rolf Dinsdale que par 389 votes (44,1% contre 42,7%). Au niveau des sièges, tous les candidats élus proviennent donc de la même formation que les députés sortants. Au niveau des votes, on constate toutefois une nette progression du PLC, et ce, dans toutes les circonscriptions, alors que le PC du premier ministre Stephen Harper est en recul par rapport aux résultats enregistrés lors des élections générales de 2011. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D'une part, le PLC connaît une embellie dans les sondages depuis l'avènement d'un nouveau chef, Justin Trudeau, le 14 avril 2013. D'autre part, une controverse majeure impliquant des sénateurs conservateurs mine le gouvernement qui est talonné quotidiennement par l'opposition à ce sujet. À un autre niveau, les résultats de ces partielles laissent présager une lutte intéressante entre les libéraux et le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui forme en ce moment l'opposition officielle. Ces deux formations cherchent à se présenter comme étant l'alternative au gouvernement conservateur lors des prochaines élections générales prévues pour 2015.
Le 9 novembre 2015 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
Le positionnement des partis à l'Assemblée nationale ne change pas à la suite de quatre élections partielles dont les gagnants sont issus de la même formation que celle du député sortant. Le Parti libéral du Québec (PLQ) conserve donc Saint-Henri/Sainte-Anne, Beauce-Sud et Fabre, alors que le Parti québécois (PQ) l'emporte dans René-Lévesque.
Le départ de plusieurs députés, un an à peine après la tenue des élections générales du 7 avril 2014, force la tenue d'élections partielles. Quatre d'entre elles ont lieu le 9 novembre 2015, peu de temps après les élections fédérales du 19 octobre. Cette décision suscite le mécontentement de l'opposition à l'endroit du premier ministre Philippe Couillard. Dans chaque cas, le parti du député sortant est reporté au pouvoir. Dans Fabre, la libérale Monique Sauvé succède à Gilles Ouimet avec 44 % des voix, contre Jibril Akaaboune Le François du PQ qui termine deuxième avec 28,6 %. Pas de surprise non plus dans Beauce-Sud où Paul Busque du PLQ l'emporte facilement avec 55,9 %, devançant Tom Redmond de la Coalition Avenir Québec (CAQ) avec 29,9 %. À Montréal, dans Saint-Henri/Sainte-Anne, les libéraux font élire Dominique Anglade, une ex-président et candidate de la CAQ. Elle succède à Marguerite Blais avec 38,6 % des voix, alors que Gabrielle Lemieux du PQ termine deuxième avec 29,9 % et Marie-Ève Rancourt de Québec solidaire 3e. Seule consolation pour le PQ, la circonscription de René-Lévesque, sur la Côte-Nord, où Martin Ouellet récolte 49 % des votes contre 39 % pour Karine Otis du PLQ. Les analystes rappellent qu'il est difficile de tirer des conclusions de scrutins au cours desquels le taux de participation a oscillé de 23,3 %, dans Fabre, à 43,2 %, dans Beauce-Sud. Ils soulignent toutefois les difficultés de la CAQ qui est en baisse, et ce, malgré la volonté récente du chef François Legault de redonner au parti une plateforme constitutionnelle la distinguant du PLQ et du PQ. Les victoires libérales et la faible participation sont également interprétées comme un signe que le ressentiment à l'égard des politiques d'austérité du gouvernement Couillard ne suffit pas à attiser la grogne à son endroit. Avec 71 sièges, le PLQ conserve d'ailleurs une nette majorité à l'Assemblée nationale.